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Carbonate d'ammoniaque 6 v

Eau distillée 100 »

N° 4. Acide pyrogallique 6 "

Acide citrique. 18 33

Eau distillée 1 litre.

N" 5. Nitrate d'argent 10 grammes.

Eau distillée 500 „

Toutes ces solutions peuvent se faire à l'avance et se conservent très-bien, excepté la solution N"" 2.

La glace étant lavée et égouttée comme il a été dit à l'alinéa 259, versez dans une éprouvette une quantité de solution N'' 2 (acide pyrogallique) suffisante pour couvrir le cliché, additionnez-la de 6 gouttes de la solution N'' 1 (bromure) et répandez le mélange à deux ou trois reprises sur la glace, pendant une demi-minute. Recueillez la solution dans l'éprouvette et additionnez-la de 8 gouttes de la solution 3 (carbonate) et couvrez la glace de ce nouveau mélange.

Au bout de quelques secondes, si le temps de pose est convenable, les grandes lumières se relèveront et les parties les mieux éclairées apparaîtront.

A ce moment précis, redressez la glace, recueillez la solution et ajoutez-y une nouvelle dose, égale à la première, de carbonate et de bromure. Poursuivez le développement de cette manière : cette opération peut durer 10 minutes.

Le bromure soluble est un modérateur et doit être employé en plus fortes proportions si les caractères généraux d'une pose trop longue se manisfestent. L'acide pyrogallique alcalin est l'agent actif, dont on augmentera l'action, si les caractères d'une pose trop courte se manifestent, simplement en diminuant la dose de bromure.

Il arrive fréquemment que les clichés développés de cette manière atteignent toute l'intensité nécessaire propre à un bon cliché. Mais il arrive aussi que l'image développée manque d'intensité.

Alors la couche est bien lavée, couverte d'acide pyrogallique 4

COLLODION SEC

dont on recueille l'excès dans une éprouvette bien nettoyée. On y ajoute quelques gouttes d'argent (N" 5) et on arrête le renforçage quand l'intensité voulue est produite.

Plus les clichés se développent bien à l'aide du développement alcalin seul, et plus leur caractère se rapproche de celui des clichés produits par la voie humide.

§ 262. Fixage et vernissage. — Le fixage se fait à l'hyposulfite, suivi de lavages comme à l'ordinaire. Le vernis s'applique également de la manière ordinaire.

SECTION in. — COLLODION ÉMULSIONNÉ AU BROMURE d'ARGENT.

§ 263. Collodion bromure. — MM. Sayce et Bolton(i) sont les premiers auteurs qui aient préparé avec succès une émulsion de bromure d'argent dans le collodion même, en n'employant pas de bain d'argent. Ce collodion est versé sur la glace, lavé et recouvert de tannin. L'on a ainsi une couche de bromure d'argent qui conserve très-longtemps sa sensibilité à la lumière. Ce procédé a été perfectionné par M. Carey-Lea(2).

Plus tard M. Stuart Worthley(3) et M. Chardon W ont introduit un sel d'urane dans l'émulsion au bromure d'argent. Il paraît que cette addition accélère le développement et raccourcit fortement le temps de pose à la chambre noire.

Ces procédés ont donné de très-bons résultats, mais sont fort délicats. Aussi n'ont-ils jamais été universellement adoptés.

§ 264. Emulsions lavées. — Nous ne saurions dire quel a été le premier auteur qui ait eu l'idée de verser le collodion au bromure d'argent dans l'eau, dans le but d'en éliminer tous les produits étrangers, de manière à n'avoir que du bromure d'argent pur disséminé dans les fibres du pyroxyle. Ce produit est redissout dans un mélange d'éther et d'alcool et versé sur les glaces. On évite ainsi les lavages subséquents de la couche de collodion au bromure d'argent.

Tout ce que nous pouvons dire c'est que plusieurs auteurs éminents ont contribué à rendre ce procédé très-pratique. Citons surtout

(1) Sayce et Bolton, Bull, Soc. fr., 1865, pages 16 et 261. et Éritish Journal of Photography, 1865.

(2) Carey-Lea, Manual of Photography et British Journal of Photography, 1870; Bull, belge de Photographie, 1870, pages 201 et 205.

(3) Bulletins belge et français de Photographie, 1872.

(4) Id. id. id.

PROCÉDÉS NÉGATIFS

MM. Chardon, Warnecke, Abney, Bolton, etc. A notre avis, c'est à M. Chardon que l'on doit la meilleure méthode de préparation du collodion bromure.

Il est cependant étrange que des observateurs tels que Carey-Lea, Chardon, Warnecke, n'aient point remarqué que le laboratoire obscur dans lequel doivent se faire les préparations au bromure d'argent, au lieu d'être éclairé par des verres jaunes, devait l'être par des verres rouges. Il est réellement surprenant que personne n'ait observé que, une glace au bromure d'argent exposée au spectre solaire, s'impressionne dans le jaune, l'orangé et même dans le rouge. Aussi la plupart des personnes qui se sont occupées de ce procédé n'ont obtenu que des images voilées.

Le procédé au gélatino-bromure d'argent, d'invention toute récente, dépasse tellement en rapidité, simplicité d'opération et économie le procédé au collodion bromure, que nous ne ferons qu'indiquer trèssommairement les détails de la préparation du collodion bromure, renvoyant d'ailleurs le lecteur aux publications spéciales (l), et, en ce qui concerne le développement, au chapitre du gélatino-bromure d'argent qui termine ce volume.

§ 266. Préparation de l'émulsion lavée et son emploi. —

Toutes les opérations relatives à ce procédé doivent être faites dans un cabinet obscurci à l'aide de verres rouges foncés. Le lecteur pourra lire avec fruit ce que nous disons à cet égard dans le chapitre concernant le gélatino-bromure d'argent.

Procurez-vous du pyroxyle préparé à haute température. Dissolvezen 12 grammes dans un demi-litre d'alcool et d'éther (à parties égales). Dissolvez -y 12 grammes de bromure de zinc cristallisé, puis, lentement et par très-petites fractions, agitant chaque fois fortement le flacon, 21 grammes de nitrate d'argent dissous dans 30 grammes d'eau plus 70 centimètres cubes d'alcool (2).

A chaque addition d'argent, il se produit du bromure d'argent, qui doit être à l'état fin et non à l'état grenu, voilà pourquoi il faut ajouter le liquide par très-petites fractions et bien agiter chaque fois.

Le collodion est maintenant blanc, il a la consistance de la crème.

(1) La meilleure est celle de M. Chardon, BulL Soc. franc, phot.^ et brochure spéciale du même auteur, éditeur Gauthier-Villars.

(2) M. Warnerke, et avec lui plusieurs opérateurs distingués, dissolvent dans le collodion d'abord l'argent et ensuite le bromure. Mais, dans ce cas, il se produit, à notre avis, plus fréquemment des épreuves voilées, surtout si la pyroxiline est impure.

COLLODION SEC

Il faut en précipiter une petite partie par l'eau et constater qu'il contient un très-léger excès de nitrate d'argent.

On abandonne le collodion pendant plusieurs jours à lui-même. Il s'opère ainsi dans le bromure d'argent une modification moléculaire qui le rend beaucoup plus rapide à l'impression lumineuse. Au bout d'un certain nombre de jours, 3 ou 4 par exemple, on ajoute au collodion 1 cent, cube d'une eau régale formée de 3 parties d'acide chlorhydrique sur 1 d'acide nitrique, et l'on agite bien. L'on a maintenant dans le collodion un excès de chlore.

On le verse alors dans un vase en verre contenant plusieurs litres d'eau distillée que l'on tient en agitation à l'aide d'une lame de verre. Le pyroxile se sépare du collodion à l'état spongieux et renferme aussi le bromure d'argent. On le recueille sur un filtre en mousseline, on le lave à l'alcool, et on le laisse sécher dans l'obscurité.

Le produit obtenu est l'émulsion sèche, on la redissout dans l'éther alcoolisé jusqu'à consistance convenable. On s'en sert, soit immédiatement, soit après plusieurs jours ou semaines.

Les glaces sont, d'autre part, bien nettoyées, frottées au talc (ce qui favorise l'adhérence de la couche dans ce procédé-ci) et recouvertes du collodion émulsionné. On peut laisser sécher la couche, soit spontanément, soit activer le séchage en posant les glaces sur des briques chaudes.

Les glaces ainsi préparées se conservent fort bien. On s'en sert exactement comme nous le décrirons au chapitre du gélatino-bromure d'argent, mais leur sensibilité à la lumière est de 20 à 40 fois moins grande.

On le voit, ce procédé est long et compliqué. Mais il a servi d'introduction au procédé au gélatino-bromure et mérite à cet égard une mention toute spéciale. Au point de vue de la pratique, on peut dire que son usage est presque complètement abandonné et le sera bien davantage quand le procédé au gélatino-bromure d'argent se sera répandu plus qu'il ne l'est aujourd'hui.

PROCÉDÉS NÉGATIFS

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