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SECTION II. — MONUMENTS ET PAYSAGES

§ 273. Choix des objectifs. — Le meilleur objectif pour la photographie du monument est l'aplanat décrit page 134. Si le monument est très-rapproché, l'objectif grand angulaire décrit page 135 est indispensable, parce que, pour la même grandeur de l'image, il a un foyer beaucoup plus court.

L'aplanat convient aussi pour le paysage, mais V objectif simple lui est préférable.

Le lecteur relira, du reste, ce que nous avons écrit page 141 sur le choix des objectifs. D'ailleurs, il est bon de posséder plusieurs objectifs du même système, mais de foyers différents. En effet, on ne peut s'approcher, ni s'éloigner à volonté du sujet à reproduire. Il arrive alors fréquemment qu'on en est trop loin ou trop près. Dans le premier cas, on se servira d'un objectif à foyer plus long et dans le second cas d'un objectif à foyer plus court.

§ 274. Perspective aérienne. Obtention des nuages. — La

plupart des épreuves photographiques représentant des vues-panoramiques, des paysages, etc., manquent de perspective aérienne, et les nuages surtout se trouvent totalement remplacés par un ciel tout blanc.

PROCÉDÉS NÉGATIFS

En revanche, les premiers plans sont toujours reproduits trop noirs. Ce défaut provient de ce que le photographe, lorsqu'il reproduit un paysage, se borne à enlever le couvercle de son objectif, de manière à démasquer en une fois toute la surface du verre dépoli.

Or, il est évident que les premiers plans, situés très-près, envoient bien moins de lumière que les parties éloignées et surtout que le ciel.

Il faut donc donner des temps de pose très-courts à ces dernières parties, et un temps de pose beaucoup plus long à celles trèsrapprochées.

Pour réaliser ce but, on adapte à la chambre noire le cône représenté page 146.

Si l'on ouvre très-lentement l'obturateur, il est clair que le verre dépoli verra successivement les premiers plans, les parties moyennes, puis le ciel de la vue. Inscrivons sur le bouton extérieur à l'aide duquel on ouvre l'obturateur, des divisions en regard d'un index, et pendant la mise au point, faisons lire à un aide placé à côté de l'obturateur les divisions correspondantes aux parties susmentionnées de la vue(l).

Si pendant l'exposition de la glace sensible à la lumière l'on a soin d'ouvrir et de fermer très-lentement l'obturateur, de manière, par exemple, que le ciel reçoit une pose de une seconde seulement, l'horizon 2 secondes, les parties éloignées 5 secondes, les parties moyennes 10 secondes, et les tout premiers plans 30 ou 40 secondes, on sera tout surpris, au développement, de voir le ciel apparaître avec ses nuages, l'horizon, les avant-plans, avec leurs moindres détails, etc. L'image positive obtenue aura un effet de perspective aérienne étonnant.

§ 276. Chambres noires. —

Fig. 120.

Les chambres noires à souflet conviennent le mieux pour cet objet. Les figures 120 et 121 représentent le modèle le le plus employé.

Le point essentiel pour la reproduction d'un monument CBA (fig. 122) est de tenir la chambre noire DE parfaitement horizontale. Quel- ^ que fois la partie supérieure A du monument tombe hors du verre dépoli de la cham-

(1) Pour plus de clarté, nous prions le lecteur de relire la page 146.

ARTIFICES ET PROCÉDÉS DIVERS

bre noire : alors il faut hausser i^) la planchette qui porte l'objectif H de la quantité oo' jusqu'à ce que l'image cba du monument occupe la place voulue sur le verre dépoli.

Si l'on se trouve placé à une grande hauteur, il faut baisser la planchette qui porte l'objectif, sans faire plonger l'appareil. Ou si l'on fait plonger l'appareil il faut ramener le verre dépoli vertical à l'aide d'une bascule adaptée à la chambre noire.

Fig. 121. — Chambre noire de voyage.

Si, au lieu d'opérer ainsi, on inclinait l'objectif en le dirigeant vers le haut ou vers le bas, alors les lignes verticales du monument s'inclineraient entre elles, ce qu'il faut avant tout éviter.

Fig. 122.

Il est vrai qu'en opérant comme nous l'indiquons, une partie du monument manquera toujours de netteté, à savoir, dans le cas de la

(1) Dans la plupart des chambres noires, on ne peut monter ou baisser la planchette qui porte l'objectif que d'une quantité insuffisante. On remédie très-aisément à cet inconvénient en possédant plusieurs planchettes de rechange dans lesquelles l'ouverture de l'objectif n'est pas au milieu, mais plus haut ou plus bas.

PROCÉDÉS NÉGATIFS

ûg. 122, le sommet du monument, puisqu'on fait servir l'objectif pour une dimension plus grande que celle pour laquelle il est construit.

Mais mieux vaut sacrifier la netteté de cette partie de l'image que d'obtenir ces malheureuses images déformées dans lesquelles on voit les maisons tomber vers la rue, des tours penchées, etc., ce qui fait injustement accuser l'art photographique et les objectifs de déformer les images, reproche que mérite seul l'opérateur ignorant des préceptes de l'optique.

Les paysages n'offrant pas de lignes droites, il est loisible à l'opérateur d'incliner l'axe de son appareil vers le haut ou vers le bas sans produire de déformation sensible dans l'image.

§ 276. De riconomètre. — Il faudrait, pour bien juger d'un

point de vue, avoir toujours sa chambre noire avec soi. Vicommètre (fig. 123) est une petite chambre noire sous forme de lorgnette qui atteint ce but. La partie de devant contient l'objectif, la partie de derrière un verre dépoli sur lequel, par des carrés au crayon, on inscrit le champ embrassé par l'objectif que l'on possède.

On dirige ce petit instrument sur l'objet à reproduire et l'on juge ainsi avec certitude du point où l'on devra se placer plus tard avec ses instruments.

§ 277. Éclairage. — V éclairage du paysage on du monument k reproduire est évidemment de la plus haute importance. Un éclairage de face est favorable pgur copier les inscriptions et les petits détails d'architecture, l'éclairage latéral pour les bas-reliefs, etc. Mais ces circonstances sont tellement variables, que nous ne pouvons guère donner de conseils à cet égard.

Disons, en passant, que le grand secret de bien rendre un paysage consiste surtout dans une certaine exagération du temps de pose, de manière à permettre au veo^t d'agir, pendant que les couleurs plus photogéniques se solarisent et par suite s'affaiblissent. Mais, la connaissance parfaite de ces éléments si fugitifs constitue bien certainement une des plus grandes difficultés de la photographie.

ARTIFICES ET PROCÉDÉS DIVERS

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