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SECTION III. — INSOLATION DU PAPIER POSITIF

§ 319. Châssis-presse. — Le châssis-presse, aussi appelé cMssis à reproduction, sert au tirage des épreuves positives sur papier. Il se compose (fig. 148) d'un simple cadre en bois au fond duquel se trouve

Fig. 148. — Châssis à reproduction. F'ë« 1^3- — Cbâssis à reproduction.

une très-forte glace que l'on nettoie bien des deux côtés avant de s'en servir. Sur cette glace on met le négatif, la face non couverte de

Fig. 150. — Examen du progrès de l'image positive.

collodion touchant la glace, tandis que le côté sensibilisé du papier se trouve en contact avec la couche de collodion.

PAPIER ALBUMINÉ.

Pour maintenir ce papier bien en contact avec la glace qui porte l'image, une planchette, susceptible de se plier en deux, est maintenue par des barres transversales à vis (fig, 148) ou à ressorts (fîg. 149). Veut-on examiner l'effet de la lumière sur le papier, on ouvre l'une des barres transversales, et, en faisant plier la planchette, on soulève une moitié du papier et on l'examine comme le montre la figure 150.

Un excellent modèle de châssis à reproduction est représenté fig. 151. C'est un simple cadre ABCD, sur la planchette EE duquel se trouvent les ressorts o. La planchette repose sur le négatif et celui-ci sur la glace épaisse enchâssée dans le cadre. Sur ce ca*dre sont fixées deux pièces de bois SS qui servent d'attache aux fermoirs RR. C'est un modèle très-employé en Angleterre et réduit, comme on le voit, à sa plus simple expression.

Entre le papier et le bois de la planchette, l'on interpose toujours des doubles de papier buvard, ou du feutre épais sur les deux surfaces duquel on colle une feuille de papier, pour éviter les fragments de fil que le feutre abandonne si facilement.

On peut employer, pour égaliser la pression de la planchette, toute autre substance élastique, sauf toutefois le caoutchouc vulcanisé qui

Fig. 151. — Châssis à reproduction anglais.

dégage du soufre. On sait, d'ailleurs, que les épreuves sulfurées s'efiacent spontanément.

§ 320. Coloration du papier à la lumière. — Voici les couleurs successives que prend le papier albuminé sensibilisé sous l'influence de la lumière.

Bleu très-pâle, bleu pâle, bleu pourpre clair, pourpre foncé, noir, noir gris métallisé, noir olive.

On examine de temps à autre la venue de l'image dans le châssispresse, ce dont on juge d'ailleurs approximativement par les bords du papier qui dépassent le négatif.

L'image doit être imprimée peu plus vigoureuse qu'on ne la désire, le fixage et le virage enlevant une petite partie de son intensité.

§ 321. Exposition des châssis-presse à la lumière. — Les

châssis sont exposés au soleil ou à la lumière diffuse. Au soleil, on expose les clichés très-durs; à l'ombre les clichés plus faibles. On couvre même les clichés très-légers d'une feuille de papier. Les photographes de profession se servent, pour l'exposition à la lumière de leurs châssis-presse, de galeries vitrées construites exprès pour cet objet.

§ 322. Vignettes à fonds dégradés. — On connaît les portraits dits à fond blanc. On les obtient à l'aide de verres jaunes à fond incolore (fig. 152) qui, placés extérieurement sur le châssis-presse, empêchent la lumière d'imprimer le négatif ailleurs qu'au centre. Il en résulte, autour du portrait, un fond blanc qui fait un fort bel effet.

Pour se servir des verres jaunes à fond dégradé, on découpe dans un carton un peu plus épais que le verre jaune, un trou rectangulaire dans lequel il entre. On l'y colle avec du papier et on le fixe

Fig. 152. — Verre jaune à , ^ ^ *^ ^ ^ ^ ^

fond dégradé. a Textérieur du châssis à reproduction. La plupart des photographes ont abandonné l'usage du verre jaune à fond incolore pour le remplacer par un papier épais dans lequel on coupe un ovale à bords dentelés (fig. 153).

Cet ovale se place sur le châssis à reproduction étendu horizontalement. On le maintient, soit avec des bandelettes de papier gommé, soit avec deux lames de plomb. La lumière passe â travers le trou du papier découpé et la glace épaisse du châssis et produit sur le papier positif un très-joli effet dégradé. Mais il est nécessaire de retourner fréquemment le châssis, parce que la lumière est toujours plus forte dans une direction que dans une autre.

§ 323. Recommandations diverses. — Quand un cliché est récemment verni, n'en tirez pas immédiatement une épreuve par un soleil ardent. Si bon que soit le vernis, il colle toujours un peu

PAPIER ALBUMINÉ. 247

quand il est récemment appliqué. Au lieu d'exposer au soleil direct, exposez à la lumière diffuse, ou bien recouvrez le châssis d'une feuille de papier blanc.

Le papier positif doit être parfaitement sec pour tirer une épreuve positive, sinon, sous l'influence du soleil, l'humidité sort de ses fibres, se condense sur la couche, et le nitrate d'argent du papier ne tarde pas à noircir le cliché. Quand on les voit à temps, ces taches peuvent encore s'enlever avec le cyanure de potassium ; mais il faut, pour cela être très-adroit et très-prudent.

Jamais on ne doit laisser le contact entre le positif et le négatif se prolonger la nuit. L'abaissement de température condense l'humidité sur le cliché comme dans le cas précédent.

Le papier albuminé exige un surcroît de précautions ; il colle plus facilement au cliché et se tache aux endroits où on le touche. On le maniera seulement par ses bords.

Nous avons vu que l'on pouvait préparer une grande quantité de papier positif à la fois, à condition de le tenir renfermé dans des boîtes à chlorure de calcium. Il ne faut pas ouvrir ces boîtes à tout propos, mais en enlever assez de papier pour le travail du jour et celui du lendemain. On conçoit, en effet, que les papiers contenus dans la boîte reprendraient vite leur humidité naturelle et ne tarderaient pas à noircir spontanément malgré la présence du chlorure desséchant.

Nous avons toujours supposé que le tirage des épreuves positives s'effectuait d'après des négatifs sur verre, mais on opérerait exactement de la même manière d'après des négatifs sur papier.

Il ne faut jamais interposer de feuille de papier ciré ou huilé entre le négatif et le papier positif, dans le but de protéger le négatif du contact du nitrate d'argent du papier positif, parce que la netteté de l'épreuve en serait fortement altérée, surtout si l'impression se fait à la lumière diffuse.

Il est facile de produire sur l'épreuve positive un effet de nuages artificiel. Pour cela on peint, non sur la couche, mais sur l'autre côté de la glace, l'effet de nuages désiré.

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