ÉPREUVES SANS SELS D'ARGENT
ferrique (avec assez d'acide oxalique pour rendre cet oxalate ferrique aisément soluble) et de préférence 0.132 gr. de chlorure de plomb. On sèche ensuite le papier et on l'expose à la lumière sous le négatif ou autre objet pendant un temps suffisant, qui est généralement indiqué par l'apparition d'une trace d'image. On fait ensuite flotter le papier ou on le plonge, la face recouverte en dessous, dans une solution aqueuse, de préférence chaude, appelée solution développatrice et dont l'emploi dans le procédé constitue le point nouveau et essentiel de l'invention. 30 c. c. de cette solution renferment environ 7.888 gr. d'oxalate potassique et 0.460 gr. de chloroplatinite potassique ou d'un autre sel dont la nature est spécifiée plus loin. Cette solution noircit rapidement l'image produite sur le papier par l'action de la lumière. On lave alors le papier dans la solution diluée d'un acide (de préférence l'acide oxalique) et on finit par un lavage à l'eau pure.
On peut employer dans la solution qui sert à recouvrir le papier avant l'insolation d'autres sels de platine ou des sels de métaux autres que ceux mentionnés plus haut, tels que des sels d'or, d'iridium ou de palladium; mais il est essentiel, dans tous les cas, que l'oxalate ferrique entre dans la composition de la couche.
Les exemples suivants montrent de quelle manière M. Willis fait varier la composition de la solution qui sert à recouvrir le papier avant l'insolation.
Il emploie quelquefois, au lieu de chloro-platinate potassique, une égale quantité de chloride indique, ou remplace les 0.132 gr. de chlorure plombique par 0.264 gr. de chlorure mercurique. Dans d'autres cas, il supprime le chlorure plombique.
Au lieu de mélanger tous les sels, on peut quelquefois trouveravantageux d'appliquer les sels successivement et sécher le papier, si on le juge nécessaire, entre chaque addition.
Pour le développateur, on peut aussi employer d'autres sels de platine ou d'iridium ou encore de mercure, tels que le chlorure platinique, le chloro-platinate potassique, sodique ou ammonique, le chloro-platinique barytique, le chlorure iridique ou le chlorure mercurique. Mais, bien que tous ces sels, ajoutés à l'oxalate potassique, produisent de bons résultats, l'auteur préfère se servir de chloro-platinate potassique.
Les sels peuvent aussi être dissous dans un véhicule quelconque convenable, autre que l'eau.
Les proportions indiquées peuvent être modifiées dans certaines limites, suivant les résultats qu'on désire obtenir ou d'autres conditions.
Dans le traitement final du papier ou autre support on peut remplacer les acides par une solution quelconque capable de dissoudre les sels qui peuvent être restés dans le papier.
M. Willis revendique comme son invention le procédé perfectionné d'impression photo-chimique dans lequel il emploie la solution développatrice formée d'un sel de platine, d'iridium ou de mercure, mélangé avec de l'oxalate potassique ou ammonique.
§ 355. Procédé aux poudres (i) (au noir d'ivoire sur verre opale). — Ce procédé connu sous le nom de procédé aux poudres est basé sur la propriété que possède la lumière d'altérer les qualités hygrométriques d'un mélange de matières organiques et de bichromate de potasse ou d'ammoniaque.
Si l'on verse sur un verre une couche de ce mélange et qu'après dessiccation on en expose une moitié à l'action de la lumière, toute poudre impalpable dont on saupoudrera la surface adhérera uniformément sur toute la partie qui a été protégée contre le jour, alors que l'autre partie restera parfaitement transparente. Si donc on recouvre un verre opale d'une solution de :
Bichromate d'ammoniaque 3
Dextrine 3
Glucose 3
Eau 60
et qu'après dessiccation on l'expose sous une positive transparente à l'action de la lumière, toutes les parties correspondantes aux noirs de l'image happeront la poudre colorante dont on saupoudrera la plaque tandis que les clairs de l'image, qui correspondent aux parties transparentes de la positive, ayant subi l'action de la lumière ne retiendront pas de couleur et le verre opale restera à nu.
La couleur s'attachera proportionnellement à l'action de la lumière de façon à constituer toute la gradation des demi-teintes.
L'épreuve ayant atteint l'intensité voulue, il faut la débarrasser du sel de chrome qui lui donnerait une coloration verdàtre.
A cet effet on la plonge dans une cuvette renfermant parties égales d'alcool et d'acide clilorhydrique, jusqu'à ce que tout le bichromate ait disparu.
Après dessication la plaque est reprise par l'eau afin d'en éliminer l'acide et enfin l'image est définitivement fixée au moyen d'un vernis mince. Pour tous les détails du procédé nous renvoyons le lecteur à l'excellent traité des émaux photographiques de M. Geymet, ainsi
(1) Nous devons cet article à M. Alfred Géruzet.