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SECTION IV. — TRANSPORT DOUBLE PAR LE SUPPORT FLEXIBLE

§ 378. Le support flexible. — Ce support est spécialement préparé à l'aide du papier à simple transport que l'on recouvre d'un vernis à la cire (cire 1, benzine chaude 5 parties). Il est mat d'un côté, c'est l'envers ; ei brillant de l'autre, c'est le côté qui recevra l'image provisoire.

Le support flexible peut être utilisé plusieurs fois de suite, à la condition toutefois que, quand on s'en est servi et qu'il est bien sec, de le mettre à plat sur une table, l'envers en dessous, et de le frotter avec un tampon de flanelle imbibé d'un peu de la solution suivante :

Il faut frotter légèrement, de manière à rendre au papier son luisant primitif. Quelques secondes suffisent pour une épreuve extraplaque de 21 centimètres sur 27.

§ 379. Le premier transport et le développement. — Ces

opérations sont en tous points identiques à celles que nous avons décrites en détail pour transport simple, page 286 et suivantes. Le support flexible est d'abord immergé pendant une minute dans l'eau froide et placé sur une glace, le côté luisant au-dessus. Le papier au charbon est aussi immergé (et peut l'être dans la même eau qui vient de servir), puis appliqué sur le premier, le côté mixtionné en contact avec le côté préparé du côté flexible.

On recouvre le tout de la feuille de caoutchouc que l'on racle. Le caoutchouc enlevé, une éponge bien exprimée est passée sur le bord des épreuves pour enlever l'excès d'eau.

L'ensemble des deux papiers est suspendu pendant i/i d'heure, puis immergé dans l'eau chaude à 40 degrés, et l'image est développée de la manière que nous avons décrite page 289.

Le papier portant l'image est placé dans la solution d'alun et finalement lavé à plusieurs eaux, pendant 1/2 heure (plusieurs épreuves à la fois peuvent être développées, alunées, lavées, etc.).

Seulement, il n'est pas indispensable de laisser sécher Vimage{'^). Quand on enlève l'épreuve de la dernière eau, on la met à plat sur

(1) Mais on peut laisser sécher et opérer comme dans le procédé double transfert sur verre.

Benzine Cire .

100 grammes.

une glace épaisse, l'image en haut, et sans tarder on procède à l'opération suivante.

§ 380. Le second transport. — On se sert, pour le second transport, d'un papier spécial recouvert de gélatine à demi-soluble, qui porte le nom de papier transport double (\).

Le papier transfert étant coupé à dimension (toujours un peu plus grand que l'image) est immergé dans l'eau chaude à 40^ bien propre, le côté préparé en dessous, en évitant les bulles. Quand la couche de gélatine en est ramollie, on le sort de l'eau chaude en le saisissant par deux angles, le côté préparé vers soi, et ce côté on l'applique sur l'image au charbon : on fait d'abord toucher le bord inférieur, puis on abaisse régulièrement la feuille.

On recouvre le tout d'une feuille de caoutchouc rentoilée bien propre, qui ne sert quà cet usage, et l'on racle pour chasser toutes les bulles d'air qui pourraient se trouver entre les deux papiers. Il faut, après cette opération, que ces derniers ne forment qu'une seule feuille homogène.

Suspendez alors le tout pour sécher dans une chambre bien aérée et légèrement chauffée.

Évitez dans cette opération l'emploi de raclettes servant aux autres opérations, et opérez proprement, en éloignant les solutions de bichromate, etc., sinon l'épreuve définitive serait tachée.

Quand la feuille est bien sèche, introduisez à l'un des angles, entre les deux papiers, la lame d'un canif, puis saisissant chacun des papiers par leur angle ainsi rendu libre, détachez-les l'un de l'autre, ce qui est très-facile.

L'image est maintenant reportée du support flexible provisoire sur le papier définitif.

L'aspect de l'épreuve est semi -brillant, comme le papier albuminé.

La retouche se fait après le collage sur bristol, exactement comme nous l'avons décrit page 293.

Dans tout ce qui précède, nous avons toujours parlé d'une seule épreuve. Mais il est clair qu'on peut opérer le transport de plusieurs papiers mixtionnés sur un seul grand support flexible, appliquer dessus le papier double transport et obtenir ainsi un grand nombre d'épreuves à la fois.

(1) Voyez la section suivante où nous décrivons plus en détail la nature de ce papier.

ÉPREUVES POSITIVES SUR PAPIER

SECTION V. — DOUBLE TRANSPORT A l'AIDE DU VERRE.

§ 381. Préparation de la glace. — On se sert généralement pour cet objet de glaces polies de 4 à 5 millimètres d'épaisseur, si Von veut conserver aux épreuves tout leur brillant . Sinon, le bon verre ordinaire est tout aussi convenable.

Si l'on désire obtenir des épreuves mates au lieu d'épreuves brillantes, on se servira d'un verre finement dépoli, car il ne faut pas oublier que l'image au charbon prend exactement l'état physique du support provisoire sur lequel elle a été développée.

Le verre opale est-très employé pour cet usage. Il a l'immense avantage, étant blanc dans sa pâte, de permettre l'examen de l'image pendant le développement, ce qui est plus difficile avec le verre ordinaire. Seulement, il est d'un prix plus élevé.

Beaucoup d'opérateurs, et nous sommes de ce nombre, opèrent sur des verres de grande dimension, ce qui permet le transport de plusieurs épreuves à la fois et constitue une grande économie de temps. Mais d'autres opérateurs, et de fort habiles, prennent un verre pour chaque épreuve.

La glace est nettoyée à la manière ordinaire. Cependant les glaces ayant déjà servi ne doivent plus être nettoyées. Il suffit d'enlever à l'aide d'une lame de couteau, le collodion ou les pellicules de charbon qui pourraient rester à leur surface pour les rendre propres à servir de nouveau.

§ 382. Cirage de la glace. — Faites la dissolution suivante :

fôr^y^wwe raclée en petits morceaux. . . 1 gramme. Benzine de bonne qualité 150 cent, cubes.

En hiver, il est nécessaire de chauffer légèrement la benzine pour dissoudre entièrement la cire. A cet effet, la cire et la benzine sont mises dans un ballon en verre à fond plat que l'on met dans une terrine d'eau chaude. La solution est limpide et claire. Quand il fait froid, une partie de la cire se sépare du liquide et gagne le fond du flacon. On peut séparer ce dépôt en filtrant.

La glace bien nettoyée (l) est placée à plat sur une table, en face d'une fenêtre. On évite le voisinage des pissettes à eau, etc., pour que des gouttelettes d'eau ne se répandent pas sur la glace, etc.

(1) En hiver il est bon de conserver les glaces dans un endroit chaud, ce qui favorise beaucoup l'opération du cirage.

PAPIER AU CHARBON

En un mot, une table spéciale et des soins sont ici indispensables.

On prend un petit morceau de flanelle entre le pouce et l'index, et le plaçant sur le goulot ouvert du flacon qui contient la solution de cire, on renverse le flacon pendant une demi-seconde pour imbiber la flanelle. Puis on promène, en tournant sans cesse, cette flanelle sur la glace. Rne faut passer qvJune seule fois et éviter de mettre trop de cire, car une quantité extrêmement faible de cette substance doit rester sur la glace.

Il est bon, pendant que l'on opère, de regarder la surface de la glace au jour frisant, de cette façon on n'en oublie aucune partie. Il est tout à fait essentiel d'éviter la condensation de V haleine sur la glace, sinon l'épreuve ne s'enlèvera pas du verre.

La glace est maintenant mise sur le support à sécher pendant 1/2 heure. On cire toutes les glaces les unes après les autres, ce que l'on peut faire à l'avance. Inutile d'ajouter qu'à chaque glace que l'on cire, le petit tampon de flanelle doit être humecté de nouvelle solution de cire.

Ce petit tampon peut du reste servir jusqu'à ce qu'il soit devenu dur et sale.

Si les images doivent avoir le brillant de la glace elle-même, il faut polir les glaces cirées. Mais si ce hrillant ne doit pas être supérieur à celui du lean papier albuminé, on peut laisser les glaces cirées telles qu'elles sont, et les recouvrir de collodion comme nous le dirons à Valinéa suivant.

Le polissage peut se faire quelques minutes après avoir ciré la glace. On la pose à plat, évitant toute humidité, soit dans les polissoirs, soit par condensation de l'haleine, et à l'aide d'un morceau de flanelle blanche et souple, grand comme un mouchoir, et bien sec, on frotte légèrement sur la cire, de manière à la polir. Sur des glaces légèrement chaufl"ées cela va très-facilement. — Il faut de temps à autre retourner la flanelle, et éviter le grippement, qui produirait de petits bourrelets de duvet de flanelle mélangée de cire à la surface de la glace. Le même accident se produit si l'on frotte fortement. Alors la glace, examinée au jour frisant, n'est pas polie, mais recouverte d'une multitude de points qui formeront plus tard comme autant de crochets qui retiendront l'épreuve.

Une glace neuve est plus difficile à cirer qu'une glace ayant servi plusieurs fois. Avec une glace neuve il arrive fréquemment que l'épreuve y reste adhérente et qu'on ne peut plus l'enlever du tout. Aussi avons-nous pour habitude, quand nous nous servons pour la première fois d'une glace, d'y étendre la solution de cire comme du collodion, de laisser sécher et de nous en servir ainsi.

ÉPREUVES POSITIVES SUR PAPIER

Quand les glaces sont simplement cirées sans être polies, on peut procéder à l'opération suivante quand on le désire. Mais si les glaces sont cirées et polies, il faut éviter qu'elles ne prennent la poussière et s'en servir aussi vite que possible.

§ 383. CoUodionnage du verre. — Le collodionnage du verre n'est nullement indispensable, même pour obtenir des images émaillées. On peut procéder au transport directement sur les glaces simplement cirées, surtout si l'on fait usage du double transport émail.

Mais l'adhérence du papier au charbon est plus grande avec la couche de collodion et nous conseillons au commençant l'usage du collodion, quitte à en abandonner l'usage lorsqu'il est tout à fait au courant du procédé. Faites le collodion suivant :

Ether 1/2 litre.

Alcool 1/2 litre.

Pyroxyline 5 grammes.

Il ne faut vous en servir qu'après parfait dépôt, en décantant la partie claire dans un flacon spécial.

Les glaces sont époussetées, recouvertes une à une de collodion, immergées dans un grand baquet d'eau froide bien propre, exactement comme on le pratique pour faire le cliché avec le collodion ioduré et le bain d'argent. Il y a cependant cette différence, qu'il est parfaitement inutile d'activer le dégraissage de la glace en l'élevant et l'abaissant dans l'eau : il est, au contraire, préférable de laisser ce dégraissage s'opérer naturellement, ce qui prend 10 minutes. Du reste, les glaces peuvent séjourner longtemps dans l'eau sans aucun inconvénient, pourvu que cette eau soit bien propre, sinon ï image sera, plus tard, criblée d^une infinité de petites tacites rondes et Manches .

Après cela, on procède au transport. Mais il est indispensable, lorsqu'on retire la glace de l'eau, de la laver encore une fois sous le robinet d'une fontaine, afin d'enlever tout l'éther et l'alcool. Lean pure doit courir en nappe continue à la surface de la glace.

S'il restait de VètJier et de V alcool dans la couche, même à l'état de traces, ces liquides exerceraient sur le papier mixtionnné un effet de mouillage inégal, et les épo^euves dételoppèes seraient remplies de taches, sous forme de nuages surtout visibles dans les fonds unis. Ces taches seraient naturellement attribuées aux défauts du papier et elles ont cependant une toute autre cause.

La glace bien lavée est mise à plat sur une table spéciale, et l'on procède immédiatement au transport.

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§ 384. Premier transport. — Dans un bac en zinc versez de l'eau ordinaire, propre, exempte de corps étrangers (qui tous s'attacheraient à la mixtion de gélatine).

Cette eau doit être bien froide, et le lecteur relira avec fruit tout ce que nous avons dit pages 288 et 289.

Le papier mixtionné, placé dans une boîte, est apporté près du bac, en évitant la lumière. Le papier est pris par les bords, et immergé dans l'eau. Le plat de la main est rapidement passé sur le dos du papier mixtionné (un pinceau plat en martre peut également servir à cet usage), puis le papier est retourné et nettoyé de la même manière (toujours sous l'eau), en évitant de perdre dn temps, et, au bout de 1 à 2 minutes, placé sur la glace, la mixtion étant en contact avec le collodion.

Si l'épreuve à transporter est de grande dimension, il est préférable d'introduire la glace collodionnée bien lavée sous le papier mixtionné que l'on ajuste sur la glace. On les retire ensemble de l'eau pour les placer à plat sur la table et racler comme nous le dirons tout à l'heure.

Quand on immerge une ou plusieurs épreuves dans l'eau froide chaque épreuve se recoqueville d'abord en dedans. Il faut attendre qu'elle devienne plane, ce qui a généralement lieu après une minute, et alors on peut la faire adhérer à la glace. Mais on peut très-bien, si les épreuves sont de petite dimension, carte ou album, par exemple, laisser les épreuves 3 minutes dans l'eau très-froide et commencer le transport par celles qui sont planes, les retirer une à une, et les placer l'une à côté de l'autre sur la glace, en ménageant un intervalle de quelques millimètres entre leurs bords. Il est clair que c'est le côté gélatiné du papier qu'il faut placer en contact avec le côté collodionné du verre.

Une feuille mouillée de toile au caoutchouc, mince, de bonne qualité, et un peu plus grande que la glace, est alors étendue sur les épreuves ; la raclette de caoutchouc est promenée sur la toile, en procédant du centre vers les bords et en appuyant d'abord doucement, puis plus fort, de manière à chasser l'excès d'eau.

Sous l'influence du frottement, il s'opère une adhérence complète entre tous les papiers et la glace, et, au bout de peu de secondes de frottement, l'opération est finie.

En enlevant la toile, examinez bien la glace à un jour frisant. Toutes les épreuves doivent être bien planes. Un relief indiquerait une bulle sous la couche. Il faudrait alors appliquer de nouveau la toile et opérer un raclage local pour chasser la bulle. Toute bulle d'air interposée entre la glace et la mixtion colorée, constitue une tache après le développement.

ÉPREUVES POSITIVES SUR PAPIER

Il est très-important d'enlever avec une éponge bien exprimée (et faire cela avec prudence pour ne pas érailler la couche du collodion), toute l'eau qui reste adhérente sur les bords des épreuves. Sinon ces hords se satureraient d'eau et se soulèveraient lors du développement.

Quant aux glaces recouvertes de leurs papiers mixtionnés, on les met toutes les unes sur les autres, car il faut éviter qu'elles ne sèchent.

Toute cette opération peut se faire en plein jour, pourvu que l'on prenne soin de protéger les épreuves sèches, contre un jour trop direct, jusqu'au moment où on les plonge dans l'eau : car, le papier au charbon n'est sensible à la lumière que lorsqu'il est sec.

On peut procéder au développement 10 minutes après que le transport des épreuves sur glaces a eu lieu. Si l'on procède au développement après moins de 10 minutes, les demi-teintes ont de la tendance à s'enlever dans l'image, et le développement est inégal. Le photographe de profession, qui a beaucoup d'épreuves à tirer, fera mieux d'abandonner toutes les glaces les unes sur les autres jusqu'à ce que le développement puisse se faire sur une certaine quantité.

Nous avons toujours remarqué que nos fonds étaient plus unis dans les images, et que celles-ci étaient plus fines, en procédant au développement une heure après le transport, qu'en procédant à ce développement quelques minutes après le transport sur verre.

Dans tous les cas, une fois les épreuves transportées sur glaces, pourvu que celles-ci ne sèchent point, elles ne continuent plus à s'impressionner; voilà pourquoi nous avons recommandé de faire le transport sur verre au fur et à mesure qu'une certaine quantité d'épreuves vient de l'atelier de tirage.

§ 386. Développement. — Dans une cuvette en bois, doublée intérieurement de cuivre, et beaucoup plus grande que la glace que vous voulez développer, versez de l'eau chaude (l) à 30 degrés de température, de manière à avoir une épaisseur de liquide de 1 à 3 centimètres.

Plongez-y la glace qui supporte l'épreuve ou les épreuves, cellesci étant au-dessus.

Opérez exactement comme nous l'avons décrit page 289 à propos du simple transfert.

Quand le papier charbon est arraché de la glace, celle-ci paraît

(1) Il est indispensable d'avoir de l'eau chaude propre, exempte de matières |

étrangères qui toutes s'attachent à la gélatine et forment autant de taches. I

Le procédé au charbon, ainsi qu'on en peut juger, exige certains soins de propreté j

Bans lesquels on ne saurait réussir. I

PAPIER AU CHARBON

toute noire, mais, si on la soulève hors de l'eau chaude et qu'on l'examine contre le jour, on voit les images par transparence, empâtées par un grand excès de gélatine colorée.

L'on prolonge le séjour de la glace dans la cuvette, en tenant le liquide toujours en mouvement. En plaçant la glace debout dans la cuvette et projetant avec la main l'eau chaude sur l'image, on en active le dépouillement. Il arrive bientôt un moment où l'image est entièrement dépouillée. On en est certain lorsque, plaçant la glace debout sur un support, on ne voit plus de trainées noires aux angles des images dans le sens de l'égouttement.

En général, l'épreuve est dépouillée et claire en 4 ou 5 minutes.

Mais en achevant ainsi le développement, par projection d'eau chaude à sa surface, les demi-teintes s'enlèvent facilement. Il vaut mieux procéder lentement, de la manière suivante :

On fait des cales ABC en plomb (l), et l'on pose un des côtés de la glace DE sur ces cales (après que l'on a arraché le papier charbon), naturellement la couche en dessous. On abandonne la glace à elle-même pendant plusieurs minutes, puis on la relève pour l'examen. Si l'on voit que le déve- b loppement est achevé, on la plonge un

instant dans de l'eau plus chaude, puis on la met dans l'alun.

Cette méthode a cet avantage, outre sa facilité, d'éviter que la matière colorante agrégée ne vienne se précipiter en points noirs sur la couche de gélatine, ce qui est très-fréquent.

Pour obtenir de très-belles épreuves au charbon, il est bon de les tirer un peu plus fort qu'elles ne doivent être, de les laisser développer d'elles-mêmes comme nous venons de le dire, puis de les finir en les aspergeant localement d'eau très-chaude là ou l'on désire les éclaircir. De cette façon, les images sont très-vigoureuses.

Pour ce qui concerne les épreuves sousexposées ou surexposées, et leur traitement, relisez ce que nous en avons dit page 291.

§ 386. Alunage. — La glace développée peut être directement immergée dans la solution d'alun décrite page 291, où elle doit séjourner au moins 5 minutes, mais où elle peut aussi séjourner un quart d'heure sans inconvénient.

(1) Pour cela on découpe d'un tuyau de plomb de 2 cent, de diamètre extérieur des bouts de 5 cent, de long et on en rabat les extrémités par un coup de marteau.

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L'effet de l'alun est de durcir davantage la couche, qui, autrement n'aurait qu'une consistance insuffisante.

La solution d'alun doit être renouvelée tous les trois jours. Si l'on s'en sert beaucoup, il est nécessaire de la filtrer 2 ou

3 fois par jour, car elle se remplit de filaments qui s'attachent à la couche.

Au sortir de l'alun, examinez bien la glace. Elle est souvent remplie d'une multitude de grains de couleur qu'elle a pris à l'eau chaude du développement (l). Car cette eau contient nécessairement de la gélatine colorée, et souvent la couleur en grains agglutinés se précipite sur la couche molle de gélatine, si on oublie un instant de tenir la cuvette en mouvement. On peut, après l'action de l'alun, passer trèslégèrement sur la couche un pinceau de martre fine, mouillé, qui la nettoie. La glace est maintenant rincée à grande eau, et enfin, placée pendant une demi-heure dans un baquet d'eau froide. On la met alors sur le support afin qu'elle sèche, ce qui a généralement lieu en 6 heures. On aura toujours soin, quand deux glaces sont placées sur un seul support, que les couches de gélatine soient en dehors, sinon elles sécheraient difficilement.

Si les couches sèchent trop vite, elles s'écaillent et tombent de la glace. Ce défaut arrive par les temps très-secs.

Si on opérait immédiatement le second transport, tous les reliefs de la gélatine seraient écrasés : de là, perte totale de finesse. Il est donc préférable de les faire sécher. Mais, si l'on est pressé, le second transport peut se faire immédiatement de la manière suivante :

Faites un mélange de 1 litre d'alcool et de 1/2 litre d'eau et immergez-y l'épreuve, après le développement, pendant 3 ou

4 minutes. L'alcool enlève l'eau à la gélatine et abaisse les reliefs. On peut alors appliquer le papier double transport au sortir de l'eau chaude sur l'image, racler, laisser sécher et détacher comme il sera expliqué en détail au chapitre suivant.

Après le développement, on peut voir par réflexion les reliefs de la gélatine et alors l'image manque de finesse. Mais après dessiccation, les reliefs de la gélatine sont très-faibles, et l'image devient tout à fait nette. Voyez maintenant ce qùe nous avons dit de la réticulation page 292.

§ 387. Du papier double transport. — Le papier double

(1) Pour ce motif nous immergeons toujours les glaces dans l'alun la couche en dessous, un des côtés de la glace étant appuyée sur une cale en plomb.

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transport est couvert d'une couche de gélatine rendue à moitié insoluble par l'alun de chrome. Le papier couché (au blanc de baryte) recouvert de cette gélatine constitue le double transport émail.

Quand le papier double transport est récemment préparé, la gélatine qui le recouvre se ramollit aisément par de l'eau chaude à 35". Mais s'il est préparé de longtemps, cette gélatine s'insolubilise de plus en plus, et il faut, pour la rendre collante, de l'eau de plus en plus chaude, et même additionnée de quelques gouttes d'ammoniaque. Au bout de quelques années, il arrive même que la gélatine qui recouvre le papier double transfert est devenue complètement insoluble, même dans l'eau bouillante.

Voici la meilleure manière de se servir du papier double transfert.

Trempez le papier double transfert, coupé à dimension, quelques minutes avant de vous en servir dans Veau froide où il peut rester sans inconvénient une ou deux heures. Immergez le support provisoire (glace ou papier) portant les images, également dans l'eau froide, mais un instant seulement et mettez-le à plat sur une table.

Enlevez de l'eau froide un papier double transfert et immergez-le dans Teau c^^^^<^^ jusqu'à ce qu'il soit complètement ramolli, ce qui doit avoir lieu en quelques secondes et ce que l'on reconnaît en frottant le papier entre le pouce et l'index. La gélatine doit pouvoir s'en enlever facilement, sinon l'adhérence entre le transfert et les images, serait insuffisante et ces dernières pourraient se détacher quand l'épreuve est collée. Alors les Uancs des contours auraient une apparence argentée,

La température de cette eau chaude doit varier suivant la nature du double transfert employé. Si celui-ci est récemment préparé, une eau chaude de 30 degrés centigrades suffit. Mais s'il est vieux, cette eau doit avoir 50 et même 60 degrés. Si cette température ne suffit pas encore, ajoutez un peu de carbonate de soude ou quelques gouttes d'ammoniaque dans cette eau.

Si l'eau est trop chaude, ou si l'on y laisse le double transfert trop longtemps, la gélatine en est enlevée.

Le papier étant ramolli, appliquez-le sur l'image au charbon et raclez. Puis laissez sécher et détachez.

Il arrive fréquemment que, dans les blancs, l'image reste adhérente au verre. Cela arrive surtout si l'on a enlevé la cire de la glace avec un tampon de flanelle humide.

§ 388. Épreuves émaillées. — Quand le papier portant l'image est enlevé de la glace, l'image a le brillant du verre. Veut-on la coller sur bristol, elle perd la moitié de ce brillant, et conserve, après le satinage, le brillant du papier albuminé ordinaire.

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Si l'on veut conserver un brillant absolu, il faut opérer sur des glaces dont la surface est bien polie, et, au lieu de coller seulement un papier transfert comme nous l'avons dit, opérer comme nous allons l'expliquer.

Quand la première feuille de papier double transfert (sortant de l'eau chaude) a été rendue adhérente à la glace par la raclette, on mouille bien, avec de la pâte à l'amidon (colle ordinaire) du papier commun, et on le colle sur le papier transfert en raclant, tout l'excès de colle. Puis on colle une 3"" et 4^ feuille de papier, pour faire carton sur la glace, et on laisse sécher le tout.

Pour bien réussir, il est nécessaire que la première feuille de papier appliquée sur le dos du papier transfert soit un peu plus grande que la glace. On en rabat l'excédant sur l'autre côté de la glace, sinon, il arrive fréquemment que le carton formé se détache spontanément du verre, et commence à se détacher par un coin seulement. L'on a alors une inégalité dans le brillant de l'image qui la fait rejeter.

Il est encore nécessaire que les papiers dont on se sert pour faire carton sur l'image soient bien imbibés préalablement d'eau, afin qu'ils soient bien distendus, et alors seulement on applique la colle à l'amidon. Sinon des bulles se forment entre les papiers, et l'image est inégalement brillante là où les bulles se sont formées.

Le séchage doit s'opérer très-lentement, sinon il arrive qu'un bord se soulève, et alors l'on n'obtient pas, en cet endroit, un brillant parfait.

Quand le tout est rigoureusement sec, on incise les bords, et le carton portant l'image doit se détacher à l'instant même. Si le papier était humide, il faudrait employer un certain effort pour l'enlever, et le brillant serait perdu.

Le carton ainsi formé ne doit plus être collé sur bristol, mais doit être directement mis sous passe-partout.

§389. Retouche. — La retouche des épreuves peut .se faire sur la glace, avant le double transport, avec un mélange-^de couleurs à l'huile en tubes (noir et rouge).

Pour opérer commodément, on pratique cette opération sur le pupitre à retoucher des négatifs.

En appliquant un papier blanc contre la glace portant l'image et en contact avec celle-ci, on peut juger de sa vigueur. Si certaines parties en manquaient, il suffirait de passer une estompe imbibée de couleur sèche broyée finement, sur ces parties. L'estompe mord avec une étonnante facilité sur la couche rugueuse qui constitue les noirs de l'image.

Comme couleurs à l'estompe, on se sert d'un mélange convenable de noir de fumée et de laque de garance en poudre impalpable. Ce mélange a le ton même de l'épreuve au charbon.

La retouche n'est nullement enlevée par l'eau froide lorsque la glace est plongée dans l'eau avant le double transport. En opérant ainsi, on peut conserver le brillant de l'image alors que l'on fait carton sur la glace, comme nous l'avons expliqué à l'alinéa précédent.

Mais si l'on ne tient pas à ce brillant, on peut très-bien retoucher l'image comme à l'ordinaire, après que l'épreuve a été collée sur bristol, et exactement comme on le fait sur papier albuminé. Seulement il est toujours bon dans ce dernier cas, lorsque la retouche est finie, de passer un peu d'encaustique à la cire sur l'épreuve et de la polir avec le tampon de flanelle.

Le satinage des épreuves au charbon se fait exactement comme celui des épreuves à l'albumine.

SECTION VL — PROCÉDÉS divers concernant le procédé

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