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PROCÉDÉS PAR IMPRESSION MÉCANIQUE ET VITRIFICATION

SECTION I. — HÉLIOPLASTIE. — PROCÉDÉ WOODBURY (2). — PHOTOGLYPTIE.

L'hélioplastie, dont l'idée première est due à M. Poitevin, et qui, depuis, est devenu un procédé industriel créé de toutes pièces par M. Woodburj, est actuellement exploitée en France sous le nom de photoglyptie.

Par ce mode d'impression, que nous allons décrire avec assez de détails pour qu'il soit bien compris de tous, on arrive à l'impression mécanique d'une épreuve absolument comparable aux épreuves dites au charbon. L'image est encore formée par de la gélatine, additionnée d'une matière colorante : seulement, on l'obtient par une sorte de moulage et sans aucune nouvelle action de la lumière. Cet agent physique ne sert qu'à former le relief à l'aide duquel se produit, par pression ou par contre-moulage, le moule en creux dans lequel on verse l'encre gélatineuse qui constitue l'image.

§ 394. Principe sur lequel ce procédé repose. — Le principe sur lequel repose cette nouvelle méthode d'impression est le suivant. Les couches de toute matière demi-transparente produisent, suivant leurs degrés d'épaisseur, différents effets d'ombre et de lumière. Par suite, si l'on a un moule en creux produit par l'action de la lumière sur la gélatine bichromatée, et si l'on remplit avec une matière demi-transparente le creux ainsi obtenu, on obtient un deuxième moule dans lequel les parties qui ont la plus grande épaisseur prennent une teinte foncée, tandis que les parties les plus minces correspondent à des parties de plus en plus blanches.

Si, dans le moule en creux, on verse un mélange de gélatine et de matière colorante, si ensuite on applique sur ce mélange gélatineux une feuille de papier, et si enfin on presse entre deux plateaux parfaitement dressés, l'excès de matière colorante se trouve complètement chassé; la gélatine, une fois prise, adhère au papier, et lorsque ensuite on arrache le tout, le moule reste parfaitement sec.

(1) Nous devons ce chapitre tout entier à l'obligeance de notre ami Léon Vidal qui a bien voulu se charger d'une partie dans laquelle il a acquis un renom si mérité. Nous l'en remercions vivement, tant en notre nom personnel qu'au nom de nos lecteurs.

(2) BuU. Soc. Fmnç. 1866, p. 51 ; 1870, p. 308.

ÉPREUVES POSITIVES SUR PAPIER

La partie photographique de l'opération porte sur la formation d'une gélatine, présentant des creux et des reliefs assez marqués pour donner la gamme des dépressions diverses du modèle à reproduire. Les opérations suivantes ne sont plus qu'un ensemble de manipulations et de tirages industriels auquels le travail photographique proprement dit est tout à fait étranger.

Voici les diverses opérations qu'exige ce procédé.

On forme d'abord la gélatine à l'aide d'un cliché négatif ; puis, on la comprime sous une presse hydraulique contre une feuille de plomb. Le moule en creux qui en résulte est placé bien horizontalement sur une presse photogljptique et il est alors prêt pour le tirage. On se sert, pour rimj)ression, d'une encre formée d'un mélange de gélatine étendue d'eau et d'une matière colorante appropriée au sujet.

Le papier employé pour cette impression reçoit aussi une préparation spéciale, dont nous donnerons la description.

§ 395. Clichés propres à la photoglyptie. — Quand on exécute un cliché négatif à la chambre noire, en vue de la reproduction photoglyptique, il convient de le pousser au développement, de façon à obtenir des tons plus intenses qu'il ne les faut pour les clichés destinés aux impressions au chlorure d'argent et au charbon.

On aura aussi tout avantage à faire un cliché pelliculaire, nous en donnerons plus loin la raison.

Les clichés, qu'ils soient ou non pelliculaires, ne conviennent que s'ils ne présentent pas de trop grandes surfaces blanches, des ciels étendus, par exemple. En ce cas, ils ne donneraient jamais un résultat satisfaisant dans un tirage photoglyptique.

Les reproductions de paysages d'après nature, où il y a des façades de maisons entièrement blanches, des ciels sans nuages, et occupant une certaine surface sans offrir le moindre feuillage, ou tout autre accident naturel, ne peuvent guère convenir à l'impression photoglyptique.

Autre remarque importante : tout cliché fraîchement verni, bien que sec au contact des doigts, ne doit être employé à la formation de la gélatine que deux ou trois jours au moins après le vernissage.

§ 396. Préparation des couches de gélatine. — Voici la formule de la solution de gélatine qui sert à former les couches sensibles :

Gélatine Nelson, spécialité propre à la photoglyptie . . . 120 grammes.

Eau filtrée 480 v

Bichromate d'ammoniaque 20 n

Sucre raffiné 20 »

Glycérine 20 »

PHOTOGLYPTIE.

A cette solution l'on ajoute un peu d'encre de Chine pour colorer la couche, de façon à pouvoir suivre le modèle au moment du développement. La quantité de matière colorante employée produit des reliefs plus ou moins accentués.

Selon la saison, la quantité pour cent de bichromate d'ammoniaque peut varier de 3 à 5 : on en emploiera une quantité moindre au moment où la température sera élevée; en hiver, on peut aller -jusqu'à 5 pour cent.

Pour une même température, les reliefs sont d'autant moins saillants que la quantité de sel de chrome introduite dans la couche est plus grande : mais cette préparation exige une exposition moins prolongée à la lumière.

Pour faire cette solution, on met d'abord la gélatine à tremper dans 580 grammes d'eau. Douze heures après, on la fait fondre au bainmarie. On ajoute aussitôt après la matière colorante, le sucre et la glycérine, et, lorsque la dissolution s'est refroidie, on y introduit le bichromate d'ammoniaque. On filtre ensuite le tout à travers un morceau de fine mousseline dans un récipient bien propre.

Lorsque ce liquide est bien limpide, il est prêt à la formation des couches sensibles. Celles-ci sont obtenues de la manière suivante. On prend d'abord des glaces bien nettoyées, de la dimension voulue pour le travail que l'on veut exécuter. On les choisira de préférence avec une surface de 30 X 40, parce qu'on a la facilité de couper en fragments de dimensions diverses les pellicules de gélatine obtenues sur ce grand format.

On frotte ces glaces, sur une de leurs surfaces, avec un tampon enduit de cire en dissolution dans de la benzine, ou même simplement avec de la poudre de talc. Cette opération a pour objet d'isoler du verre les couches qui vont être posées sur sa surface et d'en faciliter la séparation au moment opportun. ;

On les recrouvre alors, en versant comme on le fait pour collodionner les plaques destinées aux impressions négatives, d'une couche de collodion normal bien filtré dont voici la formule :

Coton-poudre 2 grammes.

Ether à 62 degrés 50 »

Alcool à 40 degrés 50 n

Une ou deux gouttes huile de ricin.

Quand cette couche est bien sèche, on peut verser la gélatine, mais après avoir eu soin de poser chaque glace bien horizontalement, à l'aide d'un niveau à bulle d'air, sur des vis à caler qui traversent des règles en fer.

On fait tiédir la gélatine dans un bain-marie, maintenu à une

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température de 30 à 35 degrés, et on la verse sur le centre de la glace du côté du collodion. On verse avec précaution, de manière à ne pas répandre du liquide hors de la glace, et à produire une couche d'une épaisseur de 3 millimètres exempte de bulles d'air.

On laisse la gélatine se figer, sans toucher aux glaces ; puis, on porte celles-ci dans la boîte à dessiccation.

§ 397. Boite à dessiccation. — Pour activer la dessiccation d'une couche de gélatine aussi épaisse, on a recours à un produit chimique très-avide d'eau : le chlorure de calcium desséché.

On dispose une boîte de façon qu'elle puisse recevoir simultanément un certain nombre de glaces, posées chacune sur une cuvette remplie de chlorure de calcium. Chaque compartiment de cette boîte contient à la fois une cuvette en zinc et une coulisse dans laquelle s'engage, sur la cuvette et à quelques centimètres à peine au-dessus d'elle, une glace posée de façon que la couche à dessécher soit en dessous.

Une porte bien ajustée ferme hermétiquement cette boîte, où il ne doit pénétrer aucun courant d'air venant du dehors. Grâce à la température très-sèche que produit la présence de chlorure de calcium, la dessiccation des couches s'opère en douze heures au minimum pendant la bonne saison, et en hiver, en vingt-quatre heures.

Dès que la couche est sèche, elle est sensible à la lumière : il faut donc tenir cette boîte à dessiccation dans un lieu déjà assez sec naturellement et éclairé seulement par un carreau de vitre de couleur jaune.

A mesure que l'on doit se servir d'une couche ou plaque de gélatine, on sort une glace de la boîte ; et en soulevant avec une pointe l'un des coins de la couche, on la détache par un mouvement continu. Le collodion est enlevé en même temps, et il sert à préserver un des côtés de la couche dans l'opération ultérieure du développement à l'eau chaude.

§ 398. Insolation. — L'exposition à la lumière a lieu comme pour tous les autres procédés. Le cliché est posé sur la glace d'un chàssis-presse, muni de traverses et de ressorts de pression assez forts, ou mieux encore de vis de serrage qui permettent de graduer la pression suivant les épaisseurs soit du cliché, soit de la couche de gélatine. Il faut, par une forte pression, bien assurer le contact de la couche et du cliché.

Le côté du collodion de la plaque de gélatine doit être appliqué contre la surface préalablement talquée, qui porte l'image négative;

PHOTOGLYPTIE.

il est essentiel de ne pas omettre cette opération, sans quoi l'image formée sur l'autre côté de la plaque de gélatine disparaîtrait tout entière sous l'action de l'eau chaude.

Il faut, en un mot, que la lumière, après avoir traversé le négatif, vienne agir sur la gélatine bichromatée, en passant à travers la couche de collodion qui recouvre cette gélatine.

L'insolation peut avoir lieu en plein soleil, ou en lumière diffuse.

En plein soleil direct, elle dure, en moyenne, de dix minutes à un quart d'heure ; en lumière diffuse, il faut poser un temps suffisant pour réaliser l'effet des dix minutes de plein soleil. Un photomètre est un très-bon guide pour mesurer ces effets équivalents, surtout quand il est gradué pour des temps déterminés de plein soleil.

§ 399. Développement à l'eau chaude. — Quand les plaques sont insolées,on doit procéder au développement à l'eau chaude, c'està-dire à la formation des reliefs. Mais tout d'abord, on doit fixer, sur des supports provisoires, toutes les plaques insolées. On les fixe sur des glaces, recouvertes d'un enduit poisseux, insoluble dans l'eau chaude. C'est une dissolution saturée de caoutchouc naturel dans de la benzine,

Cet enduit est d'abord versé sur un certain nombre de glaces, posées bien horizontalement sur des barres, munies de vis calantes comme celles qui servent à la préparation des couches de gélatine sensible.

On verse l'enduit sur chaque glace, de façon à l'en recouvrir en entier, sans se préoccuper, d'ailleurs, de l'excès qui pourrait s'échapper par les bords; on laisse le dissolvant se volatiliser, et quand il l'est suffisamment, on peut se servir de ces glaces ainsi préparées.

On y applique les plaques insolées, de manière que le côté du collodion porte contre l'enduit de caoutchouc; on facilite l'adhérence des deux surfaces à l'aide d'un cylindre en verre ou en métal, revêtu d'un tube en caoutchouc vulcanisé.

On roule ce cylindre en appuyant fortement sur la plaque de gélatine, et l'on constate bientôt que cette plaque se trouve parfaitement fixée à son support provisoire.

Ces résultats acquis, on introduit les glaces, dans les rainures verticales d'une cuvette en zinc, toujours alimentée par de l'eau chaude, à un degré assez élevé, 60 à 80 degrés centigrades environ.

L'eau se renouvelant sans cesse, à l'aide d'un tube de surverse qui part du fond de la cuvette et vient émerger à sa partie supérieure, la gélatine, qui n'a pas été rendue insoluble par l'action de la lumière, est entraînée au fur et à mesure de sa dissolution. — Au bout de quelques heures, et, quelquefois, d'un ou même de plusieurs jours, le relief est complet. On s'en assure soit par le contact des

ÉPREUVES POSITIVES SUR PAPIER

doigts, soit en voyant si toute la gélatine soluble a bien été enlevée par l'eau chaude. Ce résultat est atteint quand les clairs les plus forts sont lavés jusqu'au fond. On rince alors à une dernière eau chaude bien propre, puis à l'eau froide, on laisse enfin égoutter un instant la plaque de gélatine posée sur un support à glaces vertical, puis on la met à tremper, pendant cinq minutes, dans une cuvette contenant de l'alcool, et on la laisse enfin sécher. — L'alcool en prenant dans la gélatine la place de l'eau, permet d'obtenir la dessiccation bien plus rapidement.

Il est essentiel, après le bain d'alcool, de poser les plaques dans un endroit où elles puissent se sécher en dehors de tout courant d'air ; autrement l'effet de contraction trop rapide de la gélatine amènerait la rupture de la pellicule de collodion.

Il n'y a plus, pour terminer l'opération de la formation de la gélatine, qu'à enlever celle-ci de son support provisoire. Au moyen de la pointe d'un canif, on coupe tout autour la couche de caoutchouc et l'on arrache le tout. Puis, par une sorte de friction des doigts contre le caoutchouc, en partant d'un des bords extrêmes, on le roule et on l'enlève par petits fragments. On peut, en l'humectant avec la benzine, faciliter cet enlèvement, qui ne demande qu'un peu d'habitude. Cette opération est surtout délicate, lorsque la gélatine contient des surfaces très-épaisses à côté d'autres parties très-minces, et sans aucune demi-teinte servant de transition. Si l'on a eu soin d'introduire un peu d'huile de ricin dans le collodion épais, il est moins cassant et cela vaut mieux pour les gélatines d'un maniement difficile.

Les gélatines sont aussitôt mises, bien à plat, entre les feuilles . d'un cahier de papier buvard, disposé de façon à les classer avec ordre et à les conserver en dehors de toute atteinte de l'humidité, des insectes, et, aussi, d'une chaleur trop grande.

Pour compléter l'ensemble du procédé photoglyptique, il reste à nous occuper de la formation de la planche d'impression, ou moule métallique en creux et de l'impression à l'aide de ce moule.

§ 400. Du moule métallique en creux. — La pellicule en relief de gélatine est pressée entre une plaque d'acier et une plaque de métal mou (lame de plomb de 6""" d'épaisseur), celle-ci se trouvant en contact avec les reliefs de la gélatine. Il faut une pression de 500 kilogrammes par centimètre carré de surface. Pour faire de grands moules, on doit donc recourir à des presses hydrauliques puissantes. M. Kurbutt, à Philadelphie, a fait des surfaces de 40 cent, sur 50. M. Goupil, à Asnières, peut faire 30' X 40^ Le reproche que l'on faisait donc à M. Woodbury de ne pouvoir produire que de petites épreuves n'est pas fondé.

PHOTOGLYPTIE.

La pellicule de gélatine résiste parfaitement à cette pression. Mais le moule en métal mou cède, et prend en creux tous les reliefs de la gélatine.

§ 401. Impression. — Le moule légèrement graissé avec une flanelle imprégnée d'huile verte est placé sur le plateau d'une presse fig. 167 analogue à une presse à copier les lettres à levier. On verse au milieu de ce moule, une gélatine colorée tiède, on pose au-dessus une feuille de papier bien satinée, et on abaisse le plateau supérieur de la presse.

La presse chasse l'excès de gélatine colorée ; celle-ci se case dans les creux du moule. L'on attend alors quelques instants pour que la

Fig. 167. — Presse photoglyptique,

gélatine se solidifie en se refroidissant. Alors la presse est ouverte, la feuille de papier revêtue du relief de gélatine coloré, enlevée, immergée dans l'alun, et satinée.

Ce dernier satinage écrasant les reliefs de l'image, celle-ci perd un peu de sa netteté. C'est le seul reproche que l'on puisse faire à la belle invention de M. Woodbury.

On a la faculté de changer facilement le moule quand celui dont on se sert ne donne plus des résultats satisfaisants. Ça n'est qu'une question de pression hydraulique et de calage d'un nouveau plomb. Opérations très-rapides.

§ 402. Pratique du procédé. — 11 faut des ouvriers adroits pour l'impression au procédé Woodbury et une direction habile. Sous l'impulsion énergique et intelligente de M. Rousselon, directeur de l'établissement Goupil, à Asnières, l'invention de M. Woodbury

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est devenue complètement pratique, et peut réaliser des tirages photographiques nombreux et très-parfaits. L'auteur de cet ouvrage saisit ici l'occasion de remercier publiquement M. Rousselon, au nom de tous ceux qui s'intéressent à l'avenir de la photographie, de son dévouement et de sa persévérance.

Le procédé de M. Woodburj vient de tomber dans le domaine public et il est à présumer qu'on en usera désormais plus qu'on ne l'a fait tant qu'il était l'objet d'un privilège.

M. Woodburj vient de le simplifier en vue de son emploi plus général, en supprimant l'obligation de recourir à une presse hydraulique à cause des frais élevés qu'entraîne l'usage de cet outil.

Le nouveau matériel photoglyptique créé par M. Woodbury est à la portée de tous puisqu'on pourra se le procurer avec quelques centaines de francs.

Un simple laminoir à satiner les épreuves photographiques sert désormais à comprimer des feuilles minces d'étain ou de plomb contre les reliefs de la gélatine, et on cuivre ensuite à la pile le dos de la feuille métallique que l'on soude à une glace à l'aide d'un enduit ramolli par la chaleur et susceptible de durcir. L'on obtient ainsi un moule prêt à fournir des impressions tout comme ceux que l'on produit par la compression directe de la gélatine contre une lame de plomb épaisse.

§ 403. Applications diverses du procédé Woodbury. — Ce

procédé a encore l'immense avantage de permettre l'impression sur verre, sur bois, sur métal, et par suite de la transparence de l'encre dont on 'se sert, il devient très-pratique pour faire des épreuves sur du papier qui aurait reçu des teintes plates ou modelées préalables de diverses couleurs, ainsi que cela a lieu dans le procédé de photochromie de M. Léon Vidal où, pour l'obtention des reproductions d'objets métalliques, la photoglyptie joue^ un rôle si important. Le tirage photoglyptique est alors effectué de façon' à se repérer avec le dessin en couleurs diverses, préparé lithographiquement avec toutes les valeurs' polychromes voulues, pour rendre l'effet chenîhé.

Ainsi que nous l'avons dit en débutant, ce procédé ne convient guère aux impressions d'images où il y a de grands blancs; il ne permet pas non plus de tirer des épreuves avec des marges propres ; il y a donc lieu de rogner et de monter les épreuves une fois qu'elles ont été fixées dans un bain d'alun et vernies au tampon. Voir pour ce vernissage la manière de le faire dans le chapitre relatif à la phototypie.

§ 404. Papier photoglyptique. — Il est nécessaire avant d'en

ziNcoGRAPHiË. ân

finir avec ce remarquable procédé, d'indiquer la façon de préparer le papier imperméable qui sert aux impressions.

Prenez du beau papier de Rives (de 50 frs. la rame) et faites flotter chaque feuille, que l'on retire aussitôt qu'elle a porté sur toute la surface du liquide, sur un bain composé de :

Gomme laque blanche 100 grammes.

Carbonate de soude g „

Borax 27 „

JEau 500 5,

on fait bouillir le tout assez longuement et l'on filtre. Le papier doit être préparé sur ce bain dans une pièce chauffée à environ 30" C. Quand il est sec, on le lamine fortement contre des lames d'acier de façon à le bien glacer et l'on pose le côté préparé contre l'encre gélatineuse; pour que celle-ci y adhère plus sûrement, on laite le papier avant le laminage avec un liquide tenant en suspension du benjoin ou de la résine précipitée. On obtient ce liquide, en faisant dissoudre de la résine en poudre dans de l'alcool, et en ajoutant de l'eau à la dissolution à consistance voulue ; on passe ce lait avec un tampon sur toute la surface du papier et du côté déjà recouvert de gomme laque, puis on procède au laminage entre des plaques d'acier ou de zinc.

Du papier gélatiné d'abord, puis fixé à l'alun, peut également servir aux impressions photogljptiques, mais la première préparation donne de plus beaux résultats.

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