AGRANDISSEMENTS PAR LA CHAMBRE NOIRE
SECTION I. — AGRANDISSEMENT d'aPRÈS UN POSITIF SUR PAPIER.
§ 431. Choix des objectifs. — Étant donnée une épreuve sur papier d*un format quelconque, carte de visite, album, plaque entière, on la place bien verticalement sur un châssis, et on Téclaire d'autant plus vivement qu'on veut en faire un négatif plus grand.
On choisit alors une chambre noire très-longue, que l'on munit d'un objectif d'un diamètre et d'un foyer tels qu'il donne, lorsqu'on le dirige sur des objets éloignés, une image nette de la dimension de celle que l'on veut agrandir. Ainsi, veut-on agrandir une épreuve carte, on fera usage d'un objectif propre à produire directement des cartes.
Il est, de plus, absolument indispensable de retourner l'objectif, c'est-à-dire, de l'employer de telle façon que la lentille qui regarde ordinairement l'objet à reproduire, regarde à présent le verre dépoli, Il n'y a d'exception que pour les objectifs symétriques, tels que l'aplanat ou le globe-lens.
On peut, d'ailleurs, se servir de n'importe quel système d'objectifs, mais les aplanats et les triplets conviennent le mieux. Le plus important, c'est de ne pas se servir d'objectifs à trop long foyer, sinon, il faudrait une chambre noire d'une longueur énorme, pour peu que l'amplification de l'épreuve soit un peu forte.
§ 432. Méthode opératoire. — L'épreuve étant fixée sur un châssis vertical, la chambre noire est placée sur une table bien horizontale, dirigée sur l'épreuve et l'image mise au point sur le verre dépoli. Si l'image est trop petite, il faut rapprocher l'objectif de l'épreuve à reproduire et augmenter le tirage de la chambre noire ; si elle est trop grande, il faut faire le contraire. Après quelques tâtonnements, on arrive à produire ainsi une image de grandeur convenable sur le verre dépoli.
On couvre l'épreuve à reproduire d'un morceau de papier blanc qui facilite la mise au point, par la netteté de ses contours. Ce papier s'enlève dès que la mise au point est terminée.
Après la mise au point, l'objectif doit être muni d'un diaphragme
AGRANDISSEMENTS
d'autant plus petit, que l'on désire plus de netteté sur les bords de l'image agrandie. Toutefois, si l'agrandissement est un peu considérable, il ne faut pas faire usage d'un diaphragme trop petit, car le temps de pose serait trop considérable.
Cette méthode convient très-bien à l'agrandissement des épreuves positives dont on ne possède pas le cliché. Mais elle est imparfaite, à cause de l'apparence grenue (due à la texture du papier) que possèdent toujours les épreuves positives sur papier, et qui est d'autant plus fortement marquée sur l'épreuve agrandie que l'amplification a été plus forte.
SECTION II. — AGRANDISSEMENTS d' APRES UN NEGATIF SUR VERRE.
§ 433. Méthode opératoire. — Faites du négatif un positif sur verre, soit à l'aide d'un des procédés secs actuellement en usage, soit à l'aide du procédé charbon.
Le positif sur verre doit à présent être agrandi par la chambre noire. Pour cela, on l'encadre d'un papier noir, et on le place contre une fenêtre qui reçoit le jour de l'horizon. Ne possède -t- on pas un pareil moyen, on place extérieurement un miroir incliné à 45° qui projette le jour direct du zénith à travers le positif par transparence.
On procède alors à l'agrandissement, exactement comme il a été dit à la section précédente, mais on fera bien de se servir de l'aplanat muni d'un petit diaphragme.
Pour éviter que l'épreuve obtenue ne soit voilée, il faut empêcher que la lumière réfléchie par le miroir ne passe à côté du positif transparent à agrandir, car cette lumière est rejetée par les parois de la chambre noire et produit ainsi un voile sur la glace sensible. C'est pour cela que le positif transparent doit être entouré d'un large cadre noir.
On obtient ainsi un négatif agrandi, que Ton peut retoucher, et dont on peut alors tirer des épreuves positives sur papier, suivant les méthodes ordinaires.
§434. Procédé Carette. — La méthode décrite dans le paragraphe précédent, très-simple en théorie, est compliquée dans la pratique. En effet, il est très-difficile d'obtenir un positif par transparence d'intensité convenable, et si quelques défauts mécaniques existent dans ce positif, ils sont impitoyablement exagérés dans l'agrandissement subséquent.
Pour éviter cet inconvénient, M. Carette, de Lille, agrandit le petit cliché directement au format dont on désire les épreuves définitives, de manière à obtenir un grand positif par transparence.