PROCÉDÉ CARETTE
Pour cela, il place le négatif original contre un miroir incliné à 45" qui renvoie le jour direct à travers le dit négatif, puis, à l'aide de la chambre noire munie d'un aplanat, il fait, au collodion humide, un grand positif par transparence. Seulement, il emploie ici un moyen très-ingénieux, il prend un temps de pose franchement trop long, de sorte que le révélateur fait ressortir immédiatement l'image dans toutes ses parties. Dès qu'il juge qu'il a tous les détails dans les ombres, il arrête le développement par un lavage à l'eau et fixe.
De cette manière, que le négatif original soit doux ou dur, le grand transparent obtenu est très-doux, très-fouillé, mais généralement peu intense et manquant de la densité nécessaire pour être imprimé par la voie que nous décrirons plus loin. Pour corriger ce défaut, il renforce son transparent par l'acide pjrogallique et l'argent, et cela en pleine lumière, jusqu'à ce qu'il en juge l'intensité suffisante.
Il procède alors à sa retouche suivant les procédés connus.
Il s'agit maintenant d'obtenir de ce positif par transparence un grand négatif. Pour cela, il se sert du procédé au charbon.
Il emploie le papier préparé exprès pour cet usage, et qui porte le nom de « papier pour négatifs. » C'est du papier au charbon ordinaire contenant une très-forte quantité de matière colorante. Ce papier est sensibilisé au bichromate, comme à l'ordinaire, et exposé derrière le transparent dans un chàssis-presse, le double ou le triple du temps nécessaire pour obtenir une épreuve positive ordinaire. On le mouille et on le fait adhérer sur verre, puis on développe l'image.
On obtient ainsi un grand négatif qu'on peut renforcer par les moyens indiqués page 306.
Ce négatif est retouché, et sert alors de cliché pour en obtenir des épreuves positives ordinaires.
Ce procédé, bien employé, produit de très-belles épreuves agrandies. Il n'a contre lui qu'un reproche : la difficulté de préparer de grandes glaces au collodion humide. Mais la difficulté disparaît si l'on se sert d'émulsion au gélatino-bromure d'argent, qu'il est aisé d'étendre sur de grandes glaces.
AGRANDISSEMENTS