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SECTION IL — APPAREIL DYALITIQUE (M

§ 437. Porte-miroir. — La fig. 175 montre le miroir (2), monté entièrement en fer, que l'on fixe dans le volet de la chambre obscure.

Fig. 175.— Porte- miroir.

A l'aide de la manivelle G et du pignon F, on lui donne une position

(1) Voyez, pour une description plus complète de cet appareil : Traité d'optique photographique, par D. v. Monckhoven. Paris, 1867, Victor Masson et fils.

(2) Dans les appareils construits depuis 1867, le cadre qui supporte le miroir est entièrement en fer, et le pignon E agit directement sur la roue dentée D assise sur l'axe de rotation du miroir.

AGRANDISSEMENTS

§ 438. Chambre solaire dyalitique. — Les fig. 176 et 177

réprésentent la chambre solaire proprement dite; la fig. 176 nous la montre avec ses parois enlevées, afin que l'on juge mieux de sa disposition intérieure, et la fig. 177 nous fait voir la marche des rayons lumineux à travers les lentilles. Les mêmes lettres désignent les mêmes parties.

La lentille AB est le condensateur qui varie de diamètre avec la puissance de l'appareil. Ses courbures sont telles que son aberration sphérique est réduite au minimum. A une distance de cette lentille égale à son diamètre se trouve une seconde lentille très-mince, ayant

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Fig. 177. — Coupe de l'appareil dyalitique.

la forme d'un verre de montre et qui a pour objet d'enlever complèif l'aberration sphérique du système entier. Il en résulte d'abord, que le champ d'éclairage au lieu d'être plus puissant sur les bords du cliché qu'au centre (i), comme cela a lieu dans les anciens appareils, est maintenant parfaitement uniforme sur toute la surface

(1) Par l 'effet de l'aberration sphérique. Voyez page 120.

CHAMBRE SOLAIRE. 361

du cliché. Ensuite, les bords de ce dernier sont traversés par des rayons lumineux uniques émanés du bord du système éclairant, ce qui n'a pas lieu non plus dans les anciens appareils, et c'est précisément ici la cause de la grande finesse, sur les bords aussi bien qu'au centre, des épreuves agrandies produites par l'appareil dyalitique. Par l'adoption de la disposition représentée fig. 178 (1) que nous décrivons plus loin^to mmm clicJié ne casse.

§ 439. Objectifs grossissants. — Les

objectifs sont d'une construction particulière et munis de diaphragmes postérieurs qui éloignent la lumière diffuse, tout en n'enlevant rien de la lumière émanée du condensateur.

Fig. 179. — Appareil dyalitique installé.

§ 440. Disposition générale de l'appareil. — La fig. 179

montre la disposition générale de l'appareil. Dans une fenêtre blindée A se place le réflecteur B. La chambre solaire dyalitique C se place sur un pied DE. L'image agrandie se forme en LM sur un châssis mobile JK. La distance qui sépare la chambre solaire du châssis est de 3 mètres pour les feuilles de l'"20 de haut, de 2 mètres pour des

(1) Dans les appareils construits depuis 1867, les deux pattes horizontales sont supprimées. La patte supérieure est poussée en bas par un ressort, et la patte inférieure mobile par une vis de rappel. De cette manière, le cliché se dilate en soulevant la patte supérieure, et, constamment serré par cette patte, il ne peut se déplacer.

AGRANDISSEMENTS

feuilles de 90 cent., et de 1™10 environ pour des feuilles de 40 sur 50 centimètres.

section iii. — de la manière de se servir des appareils

d'agrandissement.

§ 441. De Finstallation et du maniement du porte-miroir.

— Choisissez une fenêtre blindée exposée au midi, et couvrez-la d'une forte planche d'un pouce d'épaisseur, dans laquelle vous ménagerez une ouverture de la grandeur du carré en fonte du porte-miroir. Laissez dans cette ouverture une battée et introduisez-y le cadre en fonte HIJK (fig. 175). Vous fixerez ce porte-miroir juste comme il est représenté dans la figure, et à 80 cent, au-dessus du plancher, à compter de sa partie inférieure JK. A l'aide de quatre taquets vous fixez le cadre en fonte. On peut encore fixer le porte-miroir dans un châssis qui s'ouvre comme une porte, de manière qu'après en avoir fait usage, on le rentre simplement en tournant le châssis à l'intérieur comme on le ferait du battant d'une fenêtre ; ou bien encore le fixer à demeure et le couvrir d'un petit toit mobile en zinc.

Le maniement du miroir est très-facile. Faites arriver, en vous servant de la manivelle G (fig. 175) et du bouton F qui commande le miroir, les rayons solaires dans l'axe de l'appareil. De vingt en vingt secondes communiquez à ce bouton F et à cette manivelle G un léger mouvement avec la main et tournez-vous du côté de l'épreuve à agrandir. Trois punaises en cuivre, fixées dans le cercle rouge terminant le disque éclairé qui se projette en LM (fig. 179), servent à tenir le faisceau de rayons solaires dans une direction constante. Quand l'épreuve est finie, communiquez à la manivelle un mouvement fajnde, dans le sens opposé à la marche du soleil et enlevez alors cette épreuve. Ou bien, si vous voulez immédiatement recommencer une autre épreuve, placez un verre jaune ou rouge contre l'objectif (on sait que le jaune et le rouge interceptent toute l'action chimique de la lumière) et remplacez le papier impressionné par un papier nouveau.

Il faut de temps à autre passer sur la glace du porte-miroir un blaireau pour en enlever la poussière, sinon l'impression durerait beaucoup plus longtemps qu'il ne faut. Huilez bien toutes les parties en fer du porte-miroir afin de les préserver de la rouille.

§ 442. Pied de la chambre solaire, rails, etc. — La première chose à faire est de bien s'assurer de la solidité du plancher de la chambre dans laquelle on veut installer l'appareil. Si ce plancher

CHAMBRE SOLAIRE

manque de solidité, on fait encastrer dans les deux murs, et à cinq o%i six centimètres du j^lancher^ sans contact avec lui, deux poutrelles de bois H, F, de 2 pouces sur G ou 8 de côté, comme le montre la %. 179. C'est là-dessus alors que vous placerez le pied DE de l'appareil C et le châssis JK sur lequel se dessine l'image agrandie. Dans ce cas, on peut marcher dans la place sans faire vibrer le châssis. Si le plancher est solide, ces poutrelles de bois sont inutiles. Il ne fant jamais placer V appareil sur des piiecls compliqués. Le pied reptrèsenté fig. \ld a été reco7i7m le meilleur dans la pratique.

Placez bien horizontalement votre chambre solaire C sur le pied DE, en ayant le plus grand soin que le centre du cercle B du portemiroir et le centre du condensateur (sépares par im intervalle de 40 centimètres couvert d'une toile noire) soient sur le même axe horizontal. Cela se voit de suite lorsque, l'appareil étant bien horizontal, on réfléchit le soleil sur la lentille de devant. Celle-ci doit être entièrement couverte (1) en même temps que la pointe du cone de rayons solaires passe par l'objectif.

§ 443. Maniement de la chambre noire. Mise au point. —

L'appareil est donc installé, voyons maintenant à le manier, et ceci demande de l'attention.

Vous commencerez toujours par couper, au diamant, de votre cliché toute partie qui ne doit pas se trouver sur T épreuve agrandie. Les meilleurs agrandissements se font d'après des clichés du format carte de visite ou cabinet.

Vous voyez représenté flg. 178 le cadre ABCD à quatre pattes a dans lequel on insère le cliché E. Ces pattes. en cuivre ont à leur extrémité une échancrure qui prend le cliché. Le collodion est tourné du côté de l'objectif et non du côté du condensateur KA. Vous serrez le cliché entre ces pattes, et vous ne devez pas pour cela enlever ce châssis hors de l'appareil, ce qui constitue une grande perte de temps. Vous ouvrez les vis qui fixent ces pattes, faites glisser ces dernières en dehors, y placez le cliché E, et le serrez entre elles» Pendant ce temps, le manœuvre chargé du mouvement du miroir le dirige toujours convenablement, et vous voyez de suite sur le châssis LM

(1) Quand, en hiver, le soleil baisse sur l'horizon, le condensateur n'est plus entièrement couvert par les rayons solaires réfléchis, et le cercle rouge qui se projette sur le châssis n'est plus rond, mais irrégulier de forme. C'est que la ghace manque de longueur, et même fût-elle dix fois aussi longue, dans nos climats, en Europe, elle aurait encore trop peu de longueur.

On évite aisément ceci en inclinant l'appareil en hiver de 20 degrés. On rétablit, en avril, la monture horizontale, qui est plus commode.

(2) On peut tourner le collodion du côté du condensateur, mais alors l'épreuve agrandie est renversée. L'image toutefois est aussi nette que dans le cas précédent.

AGRANDISSEMENTS

(fig. 179) si le cliché est bien au milieu; s'il est trop haut, trop à gauche, etc., en ouvrant les vis du porte-cliché et mouvant le cliché, vous rectifiez la position. Du reste, comme vous ferez toujours les clichés à peu près de la même dimension, vous aurez vite l'expérience de ceci.

Maintenant (voici le point capital), vous faites mouvoir la pièce EF (fig. 177) à l'aide du bouton G de telle manière que le bord rouge qui termine le cercle de lumière que vous voyez sur le cliché, en le regardant par derrière, tombe presque sur les bords du cliché, mais en tous cas touche positivement ses angles. Car plus il j a de lumière à côté du cliché et plus l'agrandissement prendra de temps. C'est précisément pourquoi vous devez couper du cliché tout ce qui ne doit pas être sur l'épreuve agrandie, ceci est de la dernière importance. Sans cela, vos agrandissements se feraient en beaucoup plus de temps qu'il n'est nécessaire.

Le cliché étant donc placé, vous fermez fortement le bouton d'arrêt de la crémaillère, les taquets, etc., afin qiie rien ne se déplace par le jjassage des voitures, on antres canses de vibration dn sol, sans cela tous les contours sur l'épreuve agrandie seraient donUés, Même recommandation pour l'objectif et le châssis qui porte l'épreuve agrandie.

Il s'agit maintenant de mettre au point. Vous remarquerez tout d'abord (en ne vous préoccupant pas, pour le moment, de la mise au point) qu'en reculant et en avançant l'objectif M (fig. 177) et en examinant la trace de l'image solaire sur la plus petite des lentilles qui constituent l'objectif, il y a une place où cette image est la plus petite possible. C^est la place qne V objectif doit occuper poîir opérer dans les meilleures conditions. Si vous avancez ou reculez le châssis JK (fig. 179), bientôt l'image du cliché viendra au point. Mais ce serait un hasard que cette image occupât juste la dimension de la feuille de papier sensibilisé, vous êtes donc obligé de changer de place ou votre cliché, ou votre objectif. Mais nous avons vu qu'il ne fallait toucher au cliché, que si ses bords n'étaient pas éclairés, alors il serait exposé à casser, et que si la lumière l'entourait trop loin, alors l'agrandissement prenant un temps considérable. Donc, une fois le cliché placé, laissez-le immobile, ou tout au moins ne le bougez que lorsque vous ne pouvez faire autrement. C'est donc l'objectif et le châssis que nous devons mouvoir pour que l'image du cliché comre juste la dimension de notre papier sensibilisé. Chaque appareil est accompagné d'un objectif qui permet d'agrandir tout cliché un peu plus petit ou un peu plus grand que la carte de visite (8 1/2 cent, sur 6). Les grands appareils sont de plus accompagnés d'un second objectif de même diamètre, mais un

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peu plus court, permettant d'agrandir des clichés un peu plus petits (1). Néanmoins quand on a une distance suffisante, il vaut mieux se servir de l'objeciif le plus grand, l'image est plus nette ji^^).

Ces objectifs sont armés de diaphragmes que l'on ne doit employer que lorsque le soleil est couvert de légers nuages, mais que l'on peut enlever complètement si le soleil est pur.

Sur le châssis JK (fig. 179) l'on tend une feuille de papier blanc pour mettre au point, et cette feuille porte au crayon les dimensions des feuilles, soit 45 sur 57, 57 sur 90, soit telles autres dimensions que l'on désire. En glissant le châssis en avant ou en arrière, l'image est plus ou moins grande. Si l'image est trop grande, rapprochez le châssis JK de l'appareil C (fig. 179), et mettez au point à l'aide de l'objectif. Si cette image est trop petite, le châssis doit être éloigné.

Si ces instructions ont été suivies à la lettre, les bords rouges du cercle d'éclairage tombent près des angles du papier et alors l'épreuve se fait très-rapidement. La raison de tout ceci est très-simple. 11 faut que le cliché soit traversé par toute la lumière émanée du condensateur, excepté le bord rouge qui doit tomber en dehors. Si on laisse l'objectif immobile et si on fait mouvoir le cliché, ou bien le cliché a ses bords dans le rouge du cercle d'éclairage, ou bien beaucoup de lumière tombe à côté. Dans le premier cas, l'on perd une partie de ce que l'on veut agrandir ; dans le second, l'agrandissement dure plus longtemps qu'il ne le devrait.

§ 444. Construction du châssis à épreuves. — Le châssis se compose ordinairement de deux montants verticaux, placés d'équerre sur un pied très-solide. La fig. 179 ne représente qu'un seul montant vertical sur lequel se trouve une planche LM. C'est sur cette dernière que l'on fixe, à l'aide de punaises, le papier sensibilisé bien sec.

Nous avons placé dans les appareils de construction récente (sur la boîte de l'appareil et du côté de l'objectif) un châssis â verre jaune mobile, qui, glissé au devant de l'objectif, permet de placer convenablement le papier. Ce verre jaune se voit en Y (fig. 181). De plus, comme il est nécessaire de voir constamment dans l'appareil pour conduire convenablement le porte-miroir, nous avons fait garnir les côtés de l'appareil de verres verts, que l'on voit en Z sur la même figure.

Après la mise au point sur une planchette non recouverte de papier

(1) Voyez Traité d'optique photographique, page 205.

(2) Au cas où l'on veut agrandir des clichés format album, on enlève de l'objectif la plus grande des deux lentilles qui le constituent, et on se sert de la petite lentille seule pour agrandir l'image.

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sensibilisé, le verre jaune est glissé au-devant de l'objectif. On place alors convenablement le papier sensibilisé sur le châssis, ce que l'on voit aisément, puisque le papier est éclairé en jaune. Vous rectifiez la position du miroir, ôtez le verre jaune, et allez vivement placer les trois punaises dans le rouge qui termine le cercle d'éclairage qui se projette en LM, afin que, les jeux fixés sur ces punaises, vous puissiez toujours tenir le miroir dans une bonne position. Ajoutons qu'un coup d'œil sur l'objectif montre si l'image solaire j est bien au milieu, ce qui est nécessaire. Quand on désire voir si l'épreuve s'imprime, l'on place contre l'objectif un verre dépoli.

Si l'on veut se servir du procédé au charbon la feuille est attachée .simplement avec des punaises en cuivre sur le châssis. Que le papier gondole un peu, cela ne fait rien à la netteté des images. On couvre les bords du papier de lames de carton bristol que l'on fixe également avec des punaises. Le photomètre se place sur un des cartons bristol qui couvrent les bords du papier au charbon, en évitant qu'il ne reçoive la lumière rouge du bord du cercle solaire.

Pour terminer cette instruction, qui est du reste commune à toutes les chambres solaires, il nous reste à dire comment se fait le cliché destiné à l'agrandissement.

§ 445. Du cliché destiné à l'agrandissement. — Les clichés destinés aux agrandissements par la chambre solaire doivent être extrêmement transparents, sinon ils s'échauffent très-fortement. De plus les clichés intenses exigent un temps extrêmement considérable pour donner des images par voie d'agrandissement à la chambre solaire; et enfin, comme dernier désavantage, ils ne donnent jamais d'images nettes, leurs contours se doublant facilement sur l'épreuve agrandie par l'effet de la diffraction.

Les clichés peuvent être faits sur verre ordinaire bien plan. Les glaces ne sont point indispensables.

Le collodion humide convient pour les clichés destinés à l'agrandissement. Il faut se servir d'un collodion et d'un bain d'argent ordinaire, et après le fixage diminuer le cliché d'intensité par la méthode décrite page 190. Il est surtout indispensable, si l'on veut produire de belles épreuves agrandies, que le cliché soit bien exempt de voile.

Si l'on se sert du procédé au gélatino-bromure d'argent, on prendra un temps de pose trop long, et dès que l'image sera venue dans les ombres, on arrêtera le développement en plongeant la glace dans l'eau froide et en fixant. Le gélatino-bromure d'argent donne d'admirables clichés d'agrandissement, beaucoup plus beaux que les clichés obtenus au collodion humide.

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En un mot, le cliché examiné par réflexion ne doit j[)as offrir de Toiïe dans les omhres, et, examiné par transparence, être extrêmement léger.

Quant aux objectifs propres à la production de clichés, le 2 B Dallmejer est le plus convenable pour les portraits. Pour les vues et les monuments, tous les objectifs sont bons, dès qu'ils produisent des images nettes.

§ 446. Fonds blancs. — Pour produire les fonds blancs sur les épreuves agrandies, découpez un petit ovale dans un grand carton et mouvez-le entre l'objectif de l'appareil et le châssis qui porte l'épreuve agrandie. Alors l'impression de l'image est limitée au centre, ce qui donne lieu au fond blanc.

Pour éviter l'ennui de mouvoir constamment le carton, et cela pendant toute la durée de l'impression, on peut le suspendre à deux ficelles attachées au plafond, et imprimer au carton un mouvement d'oscillation, mouvement qu'il conserve pendant plusieurs minutes et qu'on accélère de temps à autre.

§ 447. Agrandissements directs sur toile à peindre. — On

obtient facilement des épreuves sur toile à peindre à l'aide du procédé au charbon, en se servant de cette toile exactement comme du papier simple transfert, et en y développant l'image à l'eau chaude comme à l'ordinaire. Inutile de la fixer à l'alun, puisque la peinture à l'huile doit recouvrir l'image.

SECTION IV. — APPLICATION DE l'héliostat a la chambre

SOLAIRE

§ 448. Héliostats. — La nécessité dans laquelle on se trouve de toucher constamment aux vis de rappel du porte-miroir pour maintenir dans une direction constante les rayons solaires réfléchis, a fait chercher à beaucoup de personnes le moyen de faire cette opération à l'aide d'un mécanisme d'horlogerie. Pour atteindre ce but, il faut que les axes des pièces qui constituent le porte-miroir tournent avec une vitesse déterminée, et se trouvent dans des positions assignées par les lois qui président au mouvement de la terre autour de son axe. De tels instruments portent le nom à' héliostats.

§ 449. Héliostats de Monckhoven. — Cet héliostat a l'avantage d'être simple, et d'avoir par là une marche régulière. De plus, il peut servir aussi bien le 21 décembre, époque où le soleil est le plus bas, que le 31 juin, époque où il est le plus élevé, et cela

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dans tous les pays du monde. En revanche, il exige que les appareils optiques soient places dans le plan du méridien et inclinés sur l'horizon d'un angle égal à la latitude du lieu, ce qui est souvent difficile à réaliser, mais ce qui une fois réalisé, l'est pour toujours.

Un plateau en métal N (fîg. 180) porte tout l'héliostat qui peut tourner autour d'un axe vertical, et être fixé par la vis a. Une pièce coudée en fer KLM porte l'axe polaire A. L'arc JK permet de donner à l'axe A une inclinaison de 30*" à 60°, mais est fixé convenablement par le constructeur pour la latitude à laquelle l'héliostat est destiné.

L'axe polaire A est terminé à sa partie inférieure par une pointe qui repose sur la vis B, de bronze dur. Cet axe porte un cercle d'heure D en bronze, un cercle denté C, aussi en bronze, de 360 dents, et un anneau à collet I en cuivre.

Un mouvement d'horlogerie G, se remontant en h et mù par un ressort puissant, agit par son pignon H sur le cercle C, de manière à faire faire à l'axe un tour complet en vingt-quatre heures. La boîte du mouvement d'horlogerie est en cuivre poli, et le mouvement est à

CHAMBRE SOLAIRE A HÉLIOSTAT.

ancre, tous les trous en rubis. Le pignon moteur H peut à volonté se séparer du mouvement d'horlogerie, et alors on peut tourner librement l'axe A sans devoir arrêter ni enlever le mouvement G, ou bien faire corps avec lui, et cela simplement en ouvrant ou en fermant la vis H. Le mouvement lent de l'axe A se fait en serrant le collet I et en tournant la vis J, qui fait tourner lentement l'axe A dans tel sens que l'on désire. En desserrant la vis I, l'axe est entraîné par le mouvement d'horlogerie,

La fourchette PQ porte le miroir SL qui pivote sur deux tourillons de bronze. Le cercle P, fixé à l'extrémité d'un des tourillons, indique la hauteur du soleil dans le méridien. Deux pinnules X et Z, fixées sur le miroir, servent à l'orienter. Une règle TU sert à arrêter le miroir dans telle position exigée. Le gros mouvement s'obtient en ouvrant la vis V, et en mouvant le miroir à la main. La vis V fermée le mouvement lent se fait avec la vis de rappel T.

Tout l'instrument est en bronze, cuivre et acier. Le miroir est rectangulaire, à coins coupés, et argenté avec soin.

L'appareil est très-solide, et ne prend pas le vent à cause de son poids considérable et de son petit volume.

Pour V orienter, on rend d'abord le plateau NO horizontal, à l'aide d'un niveau. On tourne Taxe A jusqu'à ce qu'il offre l'heure vraie en regard de l'index E. On fait marquer la déclinaison du jour au cercle P, en faisant tourner le miroir sur ses tourillons, et on le fixe alors à l'aide de la vis V. Dans cet état, les rayons solaires entrant par le trou de la pinnule Z doivent former une image ronde au centre de la pinnule X, et, si cela n'a pas lieu, on tourne tout l'instrument sur le plateau NO, jusqu'au moment où cela se réalise, puis on ferme la vis a. Désormais l'instrument est orienté.

§ 460. Appareil horizontal à héliostat. — L'héliostat est assis sur un fort pied de fer QR (fig. 181) et réfléchit les rayons solaires dans le cube FBD sur la grande lentille H. Les rayons solaires convergents sont réfléchis horizontalement par la glace argentée intérieure BD sur la lentille négative U, puis traversent le portecliché V et l'objectif X. Le tout est porté sur le pied S qui fait corps avec le pied de fer QR.

Comme l'axe hkH fait avec la partie horizontale he du pied un angle égal à la latitude pour laquelle l'instrument est construit, son orientation est des plus faciles, puisqu'il suffit que l'ombre d'un fil à plomb tombe à midi vrai exactement sur la ligne noire qui divise le cube BCD en deux et l'extrémité h de l'héliostat.

Pour orienter l'instrument avec précision, il faut enlever préalablement le miroir intérieur BD. Le miroir A étant parfaitement

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horizontal, le petit cercle doit marquer le complément de la déclinaison du lieu pour lequel l'instrument est construit, ce qui aura lieu si le pied QR est horizontal, ce dont on s'assure en plaçant un

niveau sur le plateau de l'héliostat. Puis l'index du cercle horaire est placé sur midi.

On prend alors l'heure vraie et la déclinaison du soleil et on procède à l'orientation de l'héliostat, comme il a été dit page 369. Seulement il ne faut point enlever l'héliostat du pied de fer QR, et si un déplacement de l'héliostat en azimuth est nécessaire, c'est tout l'appareil qu'il faut déplacer.

Dn reste, si ïimage cVun fil à plomb (dont on fait plonger la boule dans l'eau pour éviter les oscillations du fil par un courant d'air) tombe, à midi mai, sur le milieu de l'axe de l'héliostat et du cube, si de plus le niveau indique l'horizontalité du plateau de l'héliostat, l'instrument est suffisamment orienté pour la pratique ordinaire.

Mais il faut aussi orienter le second miroir BD. Pour cela le condensateur est couvert d'un carton percé bien exactement au centre

CHAMBRE SOLAIRE A HELIOSTAT.

d'un trou circulaire de 5 centimètres. On dirige les rayons solaires AH réfléchis par le miroir de l'iiéliostat sur un repère circulaire placé exprès par le constructeur au centre de la paroi carrée qui fait face au condensateur. Puis, on ferme les vis de pression de Tliéliostat, et on le laisse fonctionner deux heures. Si l'image solaire se tient bien immobile sur le repère susmentionné, c'est que l'appareil est convenablement orienté.

On laisse fonctionner l'appareil, et on introduit alors le miroir BD, en assujettissant les vis qui le maintiennent de telle façon que l'image solaire tombe exactement au centre de l'objectif X. (Il est bon de toujours maintenir le carton circulaire sur le condensateur.)

Il faut avoir soin, lorsqu'on fixe définitivement le miroir intérieur BD, de serrer légèrement les vis qui maintiennent ce miroir en place, sans tordre celui-ci par des efforts pour amener l'image réfléchie dans l'objectif. Cette torsion rend le miroir courbe, et alors l'image solaire n'est plus ronde. Une fois l'appareil ainsi placé, il est désormais orienté.

Pour s'en servir, il suffit, à une heure quelconque du jour, de diriger les rayons solaires réfléchis par le miroir de l'héliostat sur le condensateur, de telle manière que l'image du soleil tombe exactement dans l'objectif X. Alors l'héliostat est maintenu, en marche, et désormais toute la journée les rayons solaires restent en place, malgré la marche apparente de l'astre lumineux.

Une légère déviation se produit-elle? sans arrêter la marche de l'appareil, on peut modifier les vis de rappel de manière à ramener les rayons solaires réfléchis dans leur position normale

Le maniement de l'appareil optique est identique à celui de l'appareil mû à la main dont nous avons parlé page 362.

L'appareil horizontal à héliostat se place sur une terrasse ou à un balcon et occupe beaucoup moins de place que l'appareil mû à la main.

§ 461. Avantages des appareils à héliostat. — Les avantages des appareils à héliostat sur les appareils mus à la main, sont les suivants :

P Point d'aide pour manœuvrer le miroir qui s'oriente toujours de lui-même avec une précision qu'aucune main humaine ne saurait atteindre ;

2'' Le miroir est toujours assez long, hiver ou été, et cela dans tous les climats du monde, ce qui n'a pas lieu avec les appareils mus à la main ;

3° La netteté des épreuves est plus grande que celle donnée parles appareils à la main;

AGRANDLSSEMENTS.

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