SECTION I. — LES CHAMBRES NOIRES
§ 118. Chambre noire ordinaire. — La chambre noire est une boîte A (fig. 27) complètement fermée sur laquelle se fixe, par devant, l'objectif B, et par derrière, le verre dépoli D sur lequel on reçoit l'image. L'objectif doit être fixé sur nue ^lancJiette moUle dans le sens vertical, de sorte que son axe puisse se placer dans l'axe de la boîte ou plus haut ou plus bas, condition indisjpensalle dans les chambres noires 2^oîtr vues. La partie A est le corps de la chambre noire. C est le tirage : c'est une boîte qui entre tout juste dans le corps A dans lequel elle glisse à frottement doux. L'image des objets
extérieurs formée au foyer de l'objectif B est reçue sur le verre dépoli, et comme la distance focale de l'objectif varie avec la distance des objets, le tirage C est mobile. Le verre dépoli D doit pouvoir s'incliner sur l'axe optique de l'objectif, condition indispensaUe dans les chambres noires à portraits (non dans celles à vues).
Le châssis à glace E peut remplacer le châssis à verre dépoli. La fig. 28 montre le châssis à glace tel qu'on le construit ordinairement. Il est fait de telle façon qu'en ouvrant la porte ^ on peut y introduire
GÉNÉRALITÉS
la surface sensible à la lumière, et que, lorsque ce châssis remplace le verre dépoli, la planchette pliante peut s'ouvrir de l'extérieur.
La surface sensible doit se trouver exactement à la place du verre dépoli, sinon l'image nette sur le verre dépoli ne le serait plus sur l'épreuve photographique. Si la glace est plus petite que l'ouverture intérieure du châssis, on la place dans un diminutif, espèce de petit cadre en bois mince (fîg. 29). Comme l'objet â reproduire est tantôt plus haut que large, tantôt plus large que haut, la chambre noire
doit pouvoir se mettre sur le côté; aussi rend-on généralement la chambre noire carrée ainsi que le châssis et le diminutif. Alors les glaces, quoique de forme rectangulaire, se placent dans le châssis de manière que le plus grand côté de la glace soit horizontal ou vertical. On conserve ainsi, dans le même sens, le mouvement de bascule
Fig, 30. - Châssis à double glace. du VOrrO dépoH.
Souvent, à des chambres noires â vues, on joint des châssis en bois fort légers qui peuvent contenir deux glaces préparées â l'albumine ou au collodion sec. C'est un double châssis, A et B, s'ouvrant à charnière, avec une planchette C qui sert â maintenir les glaces en position pendant que l'on ouvre le châssis. On expose successivement les deux glaces en retournant le châssis.
§ 119. Chambre noire à soufflet. — Voici une description sommaire du modèle que nous possédons (fig. 31). La base AB est
Fig. 31. — Chambre noire carrée pour portraits, vues et reprodnctions, de 1 mètre de long, pour glaces de 3 5 ceutimàtres de côté.
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très-solide et divisée. La partie antérieure est mobile et se fixe par les boutons M. La planchette qui porte l'objectif peut monter et descendre, se remplacer par d'autres planchettes à cône extérieur ou
Fig. 32. — Châssis à verre dépoli. Fig. 33. — Châssis à rideau.
intérieur pour les objectifs à très-long foyer ou à foyer extrêmement court.
La partie antérieure est mobile par une crémaillière fixée sur toute la longueur de la base. Elle se fixe aussi par des boutons à vis de pression. Le cadre D à verre dépoli C est mobile sur la partie verticale E, de manière à pouvoir être légèrement incliné. Un repère indique la verticalité du verre dépoli représenté séparément, fig. 32.
La fig. 33 représente le châssis à glace qui est à rideau G, ce qui est d'une grande commodité et empêche le jour d'entrer. Il renferme les diminutifs pour glaces 21 X 27 c, 18 X 24, etc.
La chambre que nous avons décrite est en noyer poli et verni, coins en cuivre. Le poli du bois le préserve de l'humidité, et les coins en cuivre de la déformation par la chaleur.
§ 120. Chambres noires stéréoscopiques. — Il existe plusieurs modèles de chambres noires stéréoscopiques, suivant que l'on veut faire les deux épreuves en même temps, ou Ttme après Vautre. Pour le premier objet, la chambre noire stéréoscopique de M. Dallmeyer est le meilleur modèle que nous connaissions. La fig. 34 en fait comprendre la construction.
La partie antérieure F, portant les deux objectifs, est mise en mouvement à l'aide d'un pignon, travaillant sur deux crémaillières, fixées à une planchette E. La mise au point est donc très-facile. Pendant que l'on examine l'image sur le verre dépoli, on fait tourner le pignon C à l'aide de la main.
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Toute la chambre noire est en acajou poli. Elle peut s'étendre de 9 centimètres jusqu'à 18.
Les objectifs sont doubles, de 32 et 38 millimètres de diamètre, 0 centimètres de distance focale.
Ohtiimieîtr instantané. — Les objectifs de la chambre noire de
Fig. 34. — Chambre noire biiioculaiie avpc obturateur instantané.
M. Dallmeyer portent sur leur anneau extérieur, l'obturateur instantané, appareil destiné à produire une ouverture rapide des objectifs.
C'est une sim})le planchette que l'on voit abaissée dans la fig. 34 et ouverte dans la fig. 35. La partie CB se fixe sur les objectifs. Elle est d'acajou poli. Une tige munie de deux têtes en cuivre Jjl) porte la
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plcincliette OR. Un grand avantage de ce couvercle, c'est que le ciel est moins de temps exposé à la lumière que le dessous de l'image. Aussi obtient-on aisément une vue instantanée où les nuages se trouvent représentés. On croirait que dans l'acte d'ouvrir et de fermer l'objectif un mouvement peut se connnuniquer à l'épreuve, il n'en est rien, si la plancJiette OR est très-légère. Mais il faut une certaine adresse pour manier convenablement cet obturateur.
§ 121. Chambre noire stéréoscopique à multiplicateur. —
La fig. 38 fait voir que sur une chambre noire ordinaire, munie d'un
Fig. 37. — Glace dépolie ro
seul objectif, il y a une pièce en bois additionnelle (fig. 37) dans laquelle peut glisser, soit le châssis à glace dépolie, soit le châssis à épreuves (fig. 36). Dans la partie supérieure de cette pièce existe un ressort, et quand, après j avoir glissé le châssis à épreuve d'une moitié, on a fait l'épreuve de droite, en appuyant sur le ressort, on peut glisser le châssis de la seconde moitié pour faire la deuxième épreuve. Ce châssis s'appelle multiplicateur. Il permet de reproduire, avec un seul objectif, deux épreuves d'un même objet sur une seule glace.
§ 122. Chambre noire pour cartes de visite à un seul objectif. — La fig. 39 représente le meilleur modèle que nous connaissions. On en comprend le jeu à la seule inspection de la figure.
C'est une chambre noire M dont le tirage L se porte en avant par le bouton L La partie P reste donc fixe, ce qui est très-commode pour la mise au point.
Cette partie P porte le verre dépoli N, glissant de gauche à droite. Le châssis à glace 0, permet de faire 2 ou 3 poses successives.
Sur le devant de l'appareil s'adapte un cône dont le but est d'éviter l'introduction de la lumière dififuse dans la chambre noire.
Un obturateur très-léger, analogue â celui représenté fig. 35 et dont on voit le bouton en H, permet d'ouvrir l'appareil sans que la
Fig. 38. — Chniflhrp sti'iéoscopique pour deux épreuves.
GÉNÉRALITÉS
personne qui pose s'en doute. L'intérieur de ce cône est garni de velours noir.
Le cône est muni à sa partie supérieure d'une porte G qui sert à introduire les diaphragmes dans l'objectif (qui est le N"2B Dallmeyer). Une porte latérale permet de toucher à la crémaillière de l'objectif, mais n'est pas indispensable.
La pièce P peut s'enlever, se remplacer par un cadre recevant un
Fig:. 39. — Appareil à cartes de visite, à un seul objectif.
châssis assez grand pour le portrait-album, que d'ailleurs l'objectif N" 2 B Dallmeyer muni du diaphragme 3 couvre encore très-bien.
Tout l'appareil porte sur un pied léger, dont la figure 39 fait parfaitement comprendre la construction.
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§ 123. Chambre noire panoramique. — L'appareil de MM, Johnson et Harrison, de Londres, est le plus employé.
Le principe de cet appareil repose sur la rotation automatique d'un objectif projetant l'image sur une glace plane, montée verticalement, laquelle glace, tout en suivant le mouvement de rotation de l'objectif, est animée d'un mouvement de translation calculé de manière qu'elle présente constamment une surface nouvelle pour recevoir l'image au fur et à mesure de sa projection par l'objectif.
L'appareil panoramique se compose : P d'un socle monté sur un trépied et sur lequel l'appareil opère sa rotation ; 2" d'un objectif avec chambre noire pivotant sur le socle ; 3" d'un châssis avec glace monté sur un chemin de fer dépendant de la chambre noire, et 4" d'un mouvement d'horlogerie transmettant le mouvement de rotation à la chambre noire et au châssis, ce mouvement de rotation servant aussi, indirectement, à produire le mouvement de translation du châssis. La chambre noire est munie d'une diaphragme placé entre la glace et l'objectif et composé de deux joues en matière mince, pouvant être rapprochées ou écartées l'une de l'autre et déterminant ainsi l'ouverture de la fente verticale livrant passage aux rayons lumineux. Pour reproduire les nuages, il suffit de rapprocher ces joues à la partie inférieure, et en ce cas la fente présente une ouverture triangulaire. Indépendamment du diaphragme, qui sert à régler la somme de lumière produisant l'image, le mouvement d'horlogerie est construit de manière à pouvoir marcher à des vitesses variant de 1 à 8; ainsi, dans un appareil destiné au procédé humide, la pose peut varier entre 1 et 8 minutes, et pour le procédé sec, entre 10 minutes et 1 heure 20 minutes, suivant l'intensité de la lumière ou la sensibilité du collodion employé.
Avec ces appareils il n'y a pas de limite à l'étendue des vues, qu'on peut prendre depuis un nombre quelconque de degrés jusqu'à un tour complet. En pratique, on a préféré limiter l'étendue des vues à 120 degrés; l'appareil présenté, ayant environ 15 degrés centigrades de foyer avec 120 degrés d'ouverture, donne des vues d'une longueur de 30 centimètres sur une hauteur moyenne de 12 centimètres.