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SECTION VII. — EMPLOI DU GÉLATINO-BROMURE D'ARGENT

A l'État humide.

§ 510. Avantages de ce procédé. — Certainement c'est un grand avantage de pouvoir se servir de plaques sèches, mais il peut arriver, et cela surtout chez les photographes de profession, il peut arriver, disons-nous, que l'on n'a pas toujours de plaques sèches à sa disposition, surtout dans les grandes dimensions.

Il faut ajouter que, non-seulement le transport des grandes glaces est chanceux, à cause de la nature cassante du verre, mais de plus les glaces de grande dimension sont d'un prix extrêmement élevé.

Il est certain que l'on peut aisément préparer les glaces soi-même, surtout si l'on a une provision prête d'émulsion sèche. Mais beaucoup de photographes de profession, surtout dans les grandes villes, reculeront devant les difficultés de préparer eux-mêmes leurs glaces. Nonseulement la préparation des glaces exige un certain espace, une certaine organisation, mais il est difficile de sécher convenablement les glaces, surtout de les sécher à l'abri de la lumière, et d'autant plus difficile que les glaces ont une plus grande dimension.

Il est certain que nous aurons bientôt du papier en rouleaux recouvert d'une couche de gélatino-bromure d'argent, et l'auteur de cet ouvrage fait en ce moment une étude tout-à-fait spéciale de ce papier ; mais nous ne l'avons pas en ce moment, et les arguments invoqués conservent toute leur valeur.

Or, il y a un moyen simple et facile pour avoir des glaces au gélatino-bromure d'argent de dimensions quelconques et en peu de temps : c'est de les préparer, soit au moment même où l'on en a

GÉLATINO-BROMURE D'ARGENT.

besoin, ou de les préparer quelques heures à l'avance, et pour les empêcher de sécher sur les bords, de les mettre dans une boîte en fer blanc, à rainures, contenant une éponge mouillée.

Les glaces au gélatino-bromure d'argent humide sont tout aussi sensibles que les glaces sèches, elles se développent tout aussi facilement, mais le fixage en est plus lent.

§ 611. Procédé opératoire. — Pesez exactement 50 grammes d'émulsion sèche coupée en petites bandes que vous mettrez dans un flacon de 1 litre contenant 500 cent, cubes d'eau distillée. Après une demi-heure, mettez le flacon dans de l'eau à 50 degrés centigrades (ou même davantage), secouez-le de temps à autre, jusqu'à dissolution complète de l'émulsion sèche. Filtrez celle-ci à travers une flanelle, et couvrez en une ou deux glaces, à la façon du collodion, et comme il a été dit page 400.

On peut laisser refroidir l'émulsion qui reste, et la laisser se prendre en gelée, pour la chaufler à nouveau plus tard et s'en servir encore; mais, si l'on fait cette opération trop souvent, la gélatine qu'elle contient perd la faculté de faire prise à la surface des glaces.

Veut-on conserver les glaces, on les renfermera dans une boîte en fer blanc comme nous l'avons expliqué plus haut.

Mais, dès que la couche a fait prise à la surface de la glace, ce qui a lieu quelques secondes après qu'on l'a versée, on peut faire usage de la glace, l'exposer à la chambre noire (elle a la même rapidité que sèche) et la plonger dans le fer.

Seulement ici, il est bon de prendre une précaution. Celle de tenir la cuvette constamment en mouvement, et même de favoriser l'imbibition de la couche (par le fer), d'éviter ainsi les tâches grasses qui repoussent le liquide, en promenant un pinceau à la surface de la couche de gélatino-bromure.

L'image se développe tout aussi vîte qu'au collodion humide, si l'on a de bonne émulsion sèche qui n'exige pas de bromure dans le bain de fer.

Quand le développement est achevé, on lave un instant le cliché avec de l'eau de pluie pour enlever la majeure partie du fer en excès qui imbibe la couche. On rend le cabinet obscur un peu plus clair en enlevant un des deux verres rouges que l'on place dans les fenêtres blindées et l'on examine bien, l'image par réflexion, pour voir si le modèle n'a pas bougé, si les ombres sont bien venues, etc., tout cela peut se faire aisément, si l'on en a quelque pratique.

Le cliché est maintenant immergé, la couclie en dessous, dans une cuvette horizontale en zinc, d'environ 10 centimètres d'élévation, munie d'un couvercle, et un des cotés du cliché est placé sur une

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cale en plomb. La cuvette contient de l'eau jusqu'à moitié de sa hauteur, Il faut une demi-heure de lavage pour bien enlever le fer.

Le fixage se fait de la même manière et dans la même cuvette, dont on aura évidemment laissé écouler l'eau. Ce fixage est très-lent, parce que la couche contient beaucoup plus,d'eau, et est ainsi bien plus épaisse, que dans le cas où l'on emploie des glaces sèches. Mais, ce fixage se fait en tous cas, d'une façon certaine. On lave alors, toujours dans la même cuvette, et on laisse sécher la glace.

Le procédé est d'une grande simplicité, mais présente, en pratique, une seule difficulté, la lenteur des lavages et du fixage.

Cette difficulté est bien compensée par l'avantage considérable de pouvoir se procurer facilement des glaces de gélatino-bromure d'argent de grande dimension, à un prix économique et au moment opportun.

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