‹ Traité général de versification françaiseChapitre 9 sur 54 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

En composant cet ouvrage , nous n'avons jamais oublié que Fart de la poésie exige le concours des deux organes de la fdfdlt %t de Yôme. C'est la voix humaine qui forme les sons, les assemble et leur imprime un mouvement ; mais c'est Toreille qui juge de leur harmonie, de leur ordonnance et qui seule possède k. mesure du temps. En outre, nous avons dû souvent iâ|iercher ^es éclaircissements dans Jes rapp<Ml;s étï'oits qui unissent l'art de la versification à jcelui de la déclamation. Les phénomènes métriques reçoivent de cette méthode une clarté inattendue; et d'ailleurs, puisquelfi êéclamatioft n'est en quelque sorte qu'une exécution musicale, les difficultés rythmiques ne peuvent se résoudre mieux qu'en le? soumettant au jugement de notre oreille. Ces deux arts obéissent aux mômes lois. Si nous parlons en prose sur des rythmes inégaux et incessamment variables, la musique et la poésie ont cela de commun que toutes deux soumettent le langage des hommes à des rythmes égaux.

Ce traité s'adresse donc non seulement aut

PRËFAGË. XIII

poètes, désireux de posséder la théorie scientifique cfe leur art, mais encore à toutes les personnes qui disent des vers, et en particulier aux acteurs, que leur goût naturel ne soustrait paâ toujours adi conséquences fâcl^ses d'une éducation imparfaite. En6n les musiciens, qui devront nous pardonner de toujours nous exprimer en littérateur (ne possédant que les premières notions de leur art), trouveront peut-être à profiter de quelques-unes de nos observations sur les relations élémentaires de la musique et de la poésie.

Nous aurions pu éclairer souvent nos démonstratimis par des rapprochements plus nombreux soit avec la versification grecque ou laline> soit avec celle des peuples étrangers. Mais nou^ée goûtons véritablement bien que les vers composés dans notre langue maternelle. C'est notre intelligence, beaucoup plus qué^otre oreille, qui jouit, non de la sonorité des mots, mais dm rythme d'un vers grec ou latin, allemand ou anglais. En de tellep questions, il faut se résoudre à ne parler

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