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ACIPE ou ACIPENSÈRE, acipenser. Genre de poissons de la division des cartilagineux, qui a pour caractères, l'ouverture de la bouche, située dans la partie inférieure de la tête, rétractile et sans dents, des barbillons, le corps allongé et garni de plusieurs plaques dures.

Ce genre ne renferme que quatre espèces, deux d'une grandeur gigantesque, et toutes d'une grande importance , à raison de la qualité de leur chair et des matières qu'elles fournissent aux arts : ces espèces sont V esturgeon , V acipensère-Jiuso ou grand esturgeon , ou ichthyocolle , Vacipensère-strelet et Vacipensère étoile. V, Esturgeon et Strelet.

ACON. Petit bateau plat très-léger et carré parderriére : il sert à aller sur les vases. Un homme met une jambe dans le bateau, il appuie ses deux mains sur les bords, et il pousse Vacon avec une jambe qu'il a dehors : de cette façon, il se transporte où il veut. V. Courtine.

ACQ ou ACQUIE. Terme de pêche en usage en Picardie pour signifier un haim : d'où peut venir acquer , pour dire amorcer les haims.

ACQUER. Synonyme à^amorcer.

ACOL. Nom que les pêcheurs donnent au fond des parcs du côté de la mer. V. Parcs.

ADANO ou ADENO, ADELLO , ADANE.

C'est , dit Noël de la Morinière , le poisson que les Romains appelaient attilus. Pline dit que l'attilus acquérait un grand volume dans le Po , oii il parvenait quelquefois au poids de 1,000 livres romaines. On le prenait avec un hameçon attaché à une chaîne de fer , et il ne fallait pas moins qu'une paire de boeufs pour le tirer à terre. Cette espèce d'acipensère paraît ne se trouver que dans les eaux du Pô , où elle est très-rare, si même elle existe aujourd'hui. On le vendait en Italie dans le moyen âge.

La chair de l'adano est, dit-on , molle et d'assez bon goût; mais il s'en faut qu'elle ait la délicatesse de l'esturgeon.

ADIPEUSE (NAGEOIRE). Espèce de membrane allongée , qui forme une seconde nageoire dorsale dans quelques poissons, tels que le saumon. ADJUDICATION DE LA PÈCHE. V. Pécha.

ADONIS. Poisson saxatile , connu des anciens sous ce nom, et des modernes sous celui de Gabot. V. ce mot.

AFFANER ou AFFAMER. C'est engager par un appât les sardines à s'élever à fleur d'eau, où l'on tend le filet.

On emploie la résure , rave ou rogue pour houetter, affaner ou affamer les sardines, c'est-à-dire pour les engaoer à s'élever du fond de la mer et à donner dans les filets qui dérivent à Heur d eau. V. Késure et Sardine.

AFFICHE. Les pêcheurs nomment affiche une perche de 10 à 12 pieds de long, au bout de laquelle est emmanchée une pointe de fer de 2 pieds de longueur, qui leur sert à enfoncer dans le sable ou la vase , pour arrêter leur bateau lorsqu'ils veulent tendre le verveux.

AFFLUER. Mot qui vient du latin affluere , formé de ad, à, vers, etàefluere, couler vers. Il se dit des eaux dont le concours et la chute se font dans le même endroit. La Loire est de toutes les ri-

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vïères celle où il afflue le plus d'eau par la quantité (le ruisseaux et de rivières qui s'y déchargent.

AGAYE. Nom que Linné a donné à Valoès qui fournit le fil de pitte pour les pêcheurs. V. Ligne. AGE DES rÉCHEURS. L'art. 2 du tit. XXXI de l'ordonnance de 1669 portait que nul ne pourrait être reçu maître-pêclieurqu'il n'eût l'âge de 20 ans. La loi du 14 floréal an 10, qui a rétabli le rét;ime de la pêche , ne fixe point d'âge pour les garde-pêches que les fermiers peuvent établir.

Quant aux garde-pêches établis par l'Administration, il semble qu'ils doivent avoir le même âge que les autres agens et gardes de cette Administration, rttendu que la loi ne fait aucune distinction.

AGOJN. Nom d'un poisson que l'on pêche en abondance dans les lacs de la Guarda et de la Côme, en Italie , et que l'on compare à la sardine pour la grosseur et la saveur. Ou pense cju'il appartient au genre cyprin , et que ce poun-ait bien être l'able.

Il est connu en Italie sous le nom A.''agoni ou sardine d'eau douce; car, quoique les eaux du lac de Guarda soient douces, on trouve à ce poisson un peu du goût de la sardine de mer : au reste, il en a tous les caractères, tant pour les nageoires que pour les ailerons.

Les agons du lac de Côme ne sont guère plus grands qu'une forte sardine ou un célerin \ mais ils ont le ventre un peu plus large. On ne transporte ordinairement cette espèce que jusqu'aux environs de Milan et de Mantoue , les dns secs, les autres en barils, où ils sont confits avec une saumure : il n'y a point , dans ces provinces , de poissons plus communs que les agons.

LPugon se dépouille aisément de ses écailles , qui sont assez grandes, minces et flexibles 5 elles sont noirâtres sur le dos, et argentées sur les côtés. On ne sent point de dents dans sa gueule; il y a sur le dos un ]-etit aileron flexible , deux nageoires derrière les ouïes, et deux sous le ventre : l'aileron de 1.1 Cjueue est fendu, et , dit Bélon , terminé comme un pinceau ; il a des aspérités sous le ventre, depuis l'anus jusqu'à la gorge; ses yeux sont grands et élevé» sur la tête. Cette courte description établit que Vagon lient beaucoup de la sardine , du célerin ou du hareng.

A1CHE. Synonyme d^appât. On dit aussi éc^/e. V. Achées.

AICiiER. Synonyme ^''arnorcer. Ce mot peut venir Cachées, vers de terre qui servent à amorcer. V, Appât.

AIGLE. Nom spécifique d'une raie des mers d'Europe , principalement de la Méditerranée, qui parviejit à une grandeiir telle, qu'on en a poché du j)oids de plus de 3oo livres. Elle est armée, au bout de la queue , d'un aiguillon dentelé , de 3 à 4 pouces de long, tres-redouté des pêcheurs. Cette raie a la rhair dure et d'une odeur désagréable; mais son foie, d'une grosseur considérable, est excellent à manger et fournit beaucoup d'huile. V. Raie.

AIGREFIN, EGLEFIN, AGLEFIN, ou ANON, glndua ng^lcflnus } en hollandais, schelvis ; en flamjrwiiul , (iaguet ; en suédois, kallie ; en anglais, haddock. Cy'est un poisson du genre des gades.

Descrij lion. — Ce poisson ( FI. 4 > /'S- ^^ ^ V^^

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est communément de la grandeur d'un pied , et du poids d'une livre et demie, a le dos brun tirant sur le bleu, bordé par une raie longitudinale noire, qui, avec les taches qui se trouvent sur cette partie, forme une espèce de croix semblable à celle qu'on remarque sur le dos et les côtes des ânes; ce qui a lait donner à ce poisson le nom d''ânon. L'extrémité des nageoires, et sur-tout de celle de la queue, est d'une coideur plus brune que le reste. La membrane branchiale excède l'opercule en dessous vers la gorge, et a 6 ou 17 rayons ou côtes. La vésicule du fiel est petite, placée le long de l'estomac, qui est long , et au-dessous on aperçoit beaucoup d'appendices vermiculaires. Les rayons des nageoires sont assez forts et sensibles du côté où ils sont plus longs ; mais ensuite ils deviennent plus courts et sont si fins, qu'il n'est pas possible de les compter.

Habitation, — LPdnon ou êglefin se trouve rarement dans la Manche; il est plus commun dans la mer d'Allemagne, où l'on en prend toute l'année de médiocre grosseur ; cependant il en paraît quelquefois l'été de petits bancs dans la Manche; mais ils ne sont pas gros et sont peu estimés; on fait plus de cas de ceux qu'on voit à Dunkerque, depuis novembre jusqu'en février, où on les prend, soit avec des fi.lets, soit avec des haims.

Les pêcheurs basques disent qu'il n'est pas fort abondant sur les côtes de Saint-Pierre, de Miquelon et de Port-à-Choix; mais qu'à l'Ile Royale il y en a de grands comme des morues.

Les pêcheurs anglais ont remarqué que depuis 1766, les aglefins se montrent avec exactitude vers le 10 décembre sur les côtes d'Yorck, où ils forment un banc d'environ trois milles en largeur.

Nourriture, — Comme ce poisson se nourrit de petits crabes, on le trouve fréquemment dans les roches; il se nourrit aussi de petits poissons ; il poursuit sur-tout les harengs et s'engraisse ra[Hdement à l'époque de leur passage. Sa voracité fait qu'il mord avidement à l'hameçon; ce qui désespère les pêcheurs, qui aimeraient beaucoup mieux prendre de la morue fraîche.

Propagation. — Il fraie en mars : alors les femelles viennent en grande troupe déposer leurs œuls sur la côte, parmi les varecs et autres plantes marines, et ensuite les mâles viennent séparément féconder les œufs.

Ennemis. — Les chiens de mer, les morues et les flétans lui font la guerre et le forcent â se retirer dans des anses, où l'on peut en prendre une grande quantité.

Qualités. — La chair de l'aigrefin est feuilletée comme celle de la morue, blanche, ferme, de bon goût, et facile â digérer. On l'apprête dans les cuisines comme le merlan.

Pêche. — On prend les aigrefins comme la morue, avec des lignes de fond amorcées de petits poissons. Les Groenlaiidais les prennent pendant l'hiver, à l.i main , à l'ouverture des trous qu'ils font dans l.i glace , et où ces poissons viennent respirer en fouit .

Quand les pêcheurs de morue manciuent de capi lans et de liarengs, ils amorcent leurs haims avec de petits églefins.

Lorsqxi'on prend de grands églefins sur les bancs,

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on les sale comme la morue; mais ils sont beaucoup iiioins estimés, leur chair devenant très-dure en se dessécliant : aussi ne se vendent-ils qu'avec le rebut.

Les petits, qu'on prend dans la IVIanclie avec le hareng, se mettent dans les mêmes paniers, et se vendent sans distinction.

AIGLILLAÏ, squalus acanthius. ( Lin. ) ( V. la PL "^f/ig- 5.) C'est le nom d'un ^^//a/c^ qu'on trouve dans presque toutes les mers et principalement dans la Méditerranée, et qui est connu aussi sous le nom de chien de mer sur les côtes de Provence et de Languedoc. H a un aiguillon à chaque nageoire du dos; le corps très-allongé ; la tête aplatie , cunéiforme et arrondie vers le museau 5 les dents disposées sur trois rangs, allongées et aigtiës 5 deux ouvertures à chaque narine; la ligne latérale droite; le dos bleu noirâtre et marqué de taches blanches ; les côtés violets ; le ventre blanc ; les aiguillons des nageoires épineux, très-gros j courts et blancs. Ce squale parvient rarement à plus de 5 à 6 pieds. Il vit de tout ce qu'il rencontre; il poursuit sur -tout la morue, les harengs , avec lesquels on en prend souvent plusieurs d'un seul coup de filet ; on le pèche aussi à la ligne.

Il met au jour quatre, six et peut-être un plus grand nombre de petits.

La chair de l'a/^K///ajf est fllamentexise , dure et peu agréable au goi^t; mais ses œufs sont très-recherchés dans quelques cantons du nord de l'Europe. Sa peau, comme celle de plusieurs autres espèces àii squales , est, sous le nom de c/^a^r/Vz, employée dans les arts.

AIGUILLE. Nom spécific^ue de plusieurs poissons de mer, qui sont allongés et minces comme l'instrument qu'on appelle ainsi. V. Syngnate -Aiguille.

AIGUILLE DE LACEUR'. C'est une espèce de navette de bois léger , sur laquelle on roule le fil qui doit servir à faire le filet. On charge , on emplit om l'on couvre l'aiguille de fil : ces termes sont synon^'mes. V. Filet*

'aiguille de mer, ou AIGUILLETTE.

C'est un poisson du genre ésoce. V. Bclone.

AIGUILLETTE. Morceau de fil de fer, terminé par une espèce de bouton qui sert à tirer du sable les coquillages qu'on nomme manchote ou manches de couteau. V. , au mot Pêche, le § Différentes sortes de pêches.

AlGUIIXIERE. C'est un filet qui ressemble assez ù la battude ou au sardinal. On le tend entre deux eaux; il sert à prendi'e des aiguilles et quelquefois des muges on des bogues.

A Marseille, sa maille est de quinze oudres au pan , c'est-à-dire qu'elles ont un peu moins d'un demipouce en carré. Il y a des tessures de 100 brasses sur 6 de hauteur. Les bagues de plomb , qui sont d'une demi-once, sont distribuées de quatre en quatre pans , et les ilottes à trois quarts de pan les unes des autres.

Outre c|u'on cale ces filets comme les battudes , on s'en sert encore pour envelopper les aiguilles , lorsqu'on en aperçoit, en nombre , rassemblées dans un endroit. Alors le filet n'étant pas calé jusque sur le fond, parce qu'il a moins de plombée, on attache çà et là des énards au bout desquels sont des iioties de liège ; et, tenant les énards plus ou moins

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longs , on cale le filet à la profondeur qu'on juge à propos. V. la PL 33, fig. iV". ///.

On amarre un bout du lllet à une roche ou à une càblièie qu'on nomme bande, qui pèse au moins 60 livres, et en même temps un orin ou coulême, avec sa bouée ou signal, et le bateau décrivant une ligne circulaire , on essaie d'envelopper le plus d'aiguilles qu'il est possible ; puis le pêcheur rapproche le bout du filet qu'il tient dans son bateau, de celui qu'il a rendu fixe. Les aiguilles qui se trouvent ainsi enveloppées s'eflarouchent et s'emmaillent en grand nombre.

L'aiguillière du Martigue est faite avec un bon fil retors; les mailles sont de i3 ou 14 au pan, et la chute du filet est d'environ 60 mailles. Les tessures sont quelquefois de i5 brasses, d'autres en ont 60.

L'armure ou le gréement de l'aiguillière consiste en deux lignettes, d'un quart de pouce de circonférence, qui bordent ce filet haut et bas. Celle du bas porte 2 onces de plomb par brasse , séparées en deux bagues, et celle du haut environ un cjuarteron de liège divisé en six parties. Comme on veut que la nappe forme une bourse ou panse, on ne l'attache pas à la lignette de la tête , maille par maille ; on fait en sorte que, quand le filet est tendu , il y ait un espace de 3 mailles et demie entre chaque anneau ou pinpignon.

On ne prend avec ce filet, qui est flottant, que des aiguilles , et rarement quelques muges.

L'aiguillière de Provence se nomme sarcieta à Alicante. Ce filet, qui occupe un quart de lieue de longueur, s'étend à une demi-lieue de la côte sur 6 brasses d'eau. On y prend, outre les aiguilles, des bogues et d'autres petits poissons. Cette pêche commence en novembre et finit en février. Elle se fait ordinairement avec quatre hommes dans un petit bateau.

AIGUILLONS. Ce sontles osselets aigus et d'une seule pièce qui soutiennent les nageoires de plusieurs poissons. Ces nageoires s'appellent aiguillonnées ou épineuses . V. Poisson.

AILES DE FILET DE PÈCHE. Ce sont des bandes de filet qu'on ajoute aux côtés des filets en manche.

AINARDS. Petites gances qui servent aux pêcheurs à attacher le bord de leur filet sur une corde ou ralingue qui les borde. V. Filet.

AINETTES. Petites baguettes dans lesquelles on embroche les harengs qu'on veutsaurer. N .Hareng.

AISSAUGUE, EISSAUGUE, ESSAUGUE , ou ISSAUGUE. Ces différentes dénominations désignent un filet approchant de la seine ou senne, au milieu duquel il y a un sac de filet.

L'aissaugue est Ibrmée d'un sac, bourse, nas3(! ou manche, a // ( PL 3jy jV°. //) , qui fait le fonil du filet, et de deux longues bandes de filet ^ jambes , traits, ou ailes b b, qui en sont les côtés, et à l'extrémité desquelles on joint de longues cordes ou halins c , pour le traîner.

La longueur des ailes est de 90 brasses. Les 80 premières brasses de h en n ont leurs mailles d'un bon pied d'ouverture en carré, et la hauteur d'un filet en cette partie est au moins de 70 pieds. Au

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reste , toutes les proportions que nous donnons ici sont sujettes à variation.

Les lo brasses «û?, quisuivent les 80 donton vient de parler, sont nommées aiireras ; elles ont 2 pouces et demi d'ouverture en carré. La hauteur du lilet en cet endroit est d'environ yS pieds. Ces mailles, surtout celles des 80 premières brasses, sont trop grandes pour arrêter le poisson. Elles ne servent qu'à former comme une galerie, qui détermine le poisson à se rendre dans la poclie a. On tient néanmoins les autres mailles plus serrées à mesure qu'on approche du fond, parce que le poisson, qui s'aperçoit du piège qu'on lui tend, s'échapperait si des mailles plus serrées ne le retenaient.

Les 5 dernières brasses c? e sont appelées yâ///e5^ et formées d'un filet qu'on nomme iiiajour, et dont les mailles n'ont que 5 ou 6 lignes d'ouverture en carré, et où les sardines commencent à s'emmailler. Cette partie du filet peut avoir 36 pieds de hauteur.

Il faut observer que les i5 dernières brasses des ailes sont bordées en haut et en bas d'une espèce de galon de filet qu'on nomme chape, et dont les mailles sont d'un fil retors en quatre. Celui du haut a 40 mailles de hauteur, et celui du bas, 60.

Ces chapes ne servent pas à prendre le poisson. Leur usage est de conserver le filet , qui est d'un fil plus délié , et truand les pêcheurs tirent les ailes hors de l'eau , ils ont soin d'enveloppper les aureras et les majours par la chape, dans la vue de les conserver, comme le font les pêcheurs ,4^ de lay^. N° , III. C'est pour cette raison que la partie inférieure delà manche est formée de mailles de chape capables de résister au frottement que le filet éprouve contre le fond de la mer.

Les termes ^aureras, àc failles et àe majours , sont en usage au port de Marseille.

A la Ciotat et à Antibes, les ailes sont formées de quatre pièces de filet. La première a 80 brasses de longueur, et ses mailles ont 21 pouces d'ouverture ; la seconde est longue de i3 brasses et a les mailles ouvertes de 2 pouces et un quart 5 la longueur de la troisième est de 5 brasses, dont les mailles ont un pouce d'ouverture 5 la quatrième, qu'ils nomment margue, et qui forme l'embouchure du filet, a 9 brasses, et ses mailles 6 à 8 lignes d'ouverture, ce qui n'est pas fort différent de ce qu'on pratique à Marseille. Ces petites variétés peuvent s'observer dans les divers ports, et quelquefois dans le même, suivant la fantaisie des pêcheurs.

L'embouchure du filet s'appelle maigue on gorge.

La poche ou manche a, N'^. 11^ a 9 brasses de longueur, depuis l'entrée jusqu'au fond ou cul-desac. L'entrée a 18 ou 20 brasses de circonférence.

Lorsque dans \in grand fond, elle est tenue ouverte par les lièges et les plombs, ses mailles sont en losange do haut en bas, et alors la manche a peu de profondeur, comme on le voiten ^, iNT". //,• elle ressemble en quelque façon à une voile enflée par le ventj mais elle s'allonge à-peu-près, comme l'indique la ligne ponctuée m, k mesure qu'elle s'emplit de poisson , quand l'eau s'y entonne avec force ou lorsque étant près du rivage, les lièges s'approchent des j)lombs ; et à proportion (pie la poche s'allonge, l'embouchure se ferme par l'affaissement des ailes j

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au moyen de quoi, le poisson ne peut s'échapper. Ainsi, la manche de l'aissaugue fait deux fonctions : en pleine mer , celle d'un filet qui arrête le poisson comme les seines ordinaires, et auprès du rivage, c'est une poche dans laquelle le poisson se trouve enveloppé. Aux approches de terre, le poisson effrayé s'enfonce dans la manche et en est plus sûrement pris. Quelc|ues-uns , qui se trouvent d'une grosseur proportionnée à l'ouverture des mailles, s'y arrêtent par les ouïes ; ce qui arrive pareillement aux seines, mais plus rarement.

On distingue cinq parties dans la manche 5 savoir, 1°. le cul-de-sac h, qui a une brasse et demie de diamètre. A Marseille, on le nomme cul-de-peivau ou chaudron. Il est fait d'un filet très-fort, et capable de soutenir le poids du jjoisson lorsqu'on le tire de l'eau. Ses mailles, dites de pin, ont un peu moins de 4 lignes d'ouverture en carré. Comme le fil retors en trois ou quatre se gonfle à l'eau , les mailles ont au plus 3 lignes d'ouverture lorsque le filet a servi.

2°. Dans la partie supérieure de la manche i, les deux brasses les plus proches du cul-de-sac sont d'une maille appelée clairets , qui a un peu plus de

4 lignes d'ouverture en carré, hes 7 brasses suivantes, cpii terminent l'entrée de la manche , sont des mailles dites majours, qui ont 6 lignes d'ouverture.

3°. La partie inférieure de la manche a pareillement deux sortes de mailles; les 7 brasses les plus proches du cul-de-sac sont d'une maille appelée grand majeur, qui a 7 lignes d'ouverture en carré, et qui est faite avec un fil plus fort que les majours ordinaires. Les deux autres brasses, qui sont à l'ouverture de la manche, sont appelées tirassadour^ elles sont formées de mailles de chape qui ont i5 lignes en carré.

4". Les deux flancs de la manche , qu'on appelle penches on pointes , ont une figure jiresque triangulaire , et sont formés de mailles qui tiennent le milieu entre les majours et les clairets. Ces mailles ont environ 5 lignes d'ouverture en carré.

On ne peut pas, à cause des fausses coupes, établir exactement la mesure des différentes mailles à un nombre fixe de lignes. Cependant on peut direàpeu-nrès cjue les mailles de pin sont de 3 lignes d'ouverture , franches de nœuds ; celles dites clairets , au moins de 4 lignes; celles des pouches ou flajics, de

5 lignes ; et les mailles dites majoui's , de 6 lignes. Les pêcheurs à l'aissaugue ont trois sortes de manches , qu'ils ajustent aux mêmes ailes ou bras ; savoir, 1". la potinière , 2". la tiersière , 3". la claire. Ces trois manches ne diffèrent C|ue par le filet appelé majeur; elles sont les mêmes quant aux clairets, aux pouches et au cul-de-sac lu

La manche potinière a les majours de 5 lignes. Cette manche est destinée à prendre de petits poissons, anchois, sardines , etc.

La manche tiersière est celle que nous avons décrite , et dont les majours ont 6 lignes d'ouverture. C'est la plus commrnie.

La manche claire a ses majours de 7 lignes d'ouverture. Cette manche n'est guère d'usage; les pêcheurs ne s'en servent que lorsqu'ils s'aperçoivent qu'il passe des sardinesd'une grosseur extraordiimire.

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Nous avons dit que, pour établir la situation du filet à la mer, le pied est chargé de plomb, et la tète garnie de liège. Or, chaque bande de grandes mailles a 236 bagues de plomb, d'environ 3 onces 6 gros cliacune, et toutes ensemble pèsent à- peu-près 55 livres, poids de marc. Il y a sur la ralingue de la tête 32 nattes ou flottes de liège , qui pèsent une livre et demie chacune 5 ce qui lait en tout de 4^ ^ 49 livres, poids de marc.

Autour de la manche, en y comprenant les majours et les aureras de chaque bande, il y a i23 nattes ou Hottes de liège pesant chacune une livre, et 36o bagues de plomb, qui pèsent toutes ensemble 90 livres, poids de table, lesquelles reviennent à environ 68 livres, poids de marc.

On peut remarquer que ces filets étant appareillés comme nous venons de le dire, il y a beaucoup de liège proportionnellement au lest; ce qui est trèsavantageux : car il en résulte que le plomb ne faisant presque auciine impression sur le fond , le filet le drague peu, et ne l'endommage pas autant que nombre d'autres filets qui ont beaucoup de plomb et peu de liège. Ainsi, on peut dire que , quoicjue tous les filets qu'en traîne détruisent beaucoup de poissons, l'aissaugue , lestée et flottée comme nous l'avons dit, est beaucoup moins préjudiciable que la plupart des autres filets qu'on traîne :

1". Parce que la quantité de flottes qu'on y met contrebalance en quelque sorte l'effort que font les pêcheurs en tirant le filet, et qui naturellement doit allonger et fermer les mailles; et celles de l'entonnoir de la chausse restant assez ouvertes pour que quantité de petits poissons puissent s'échapper , il ne s'accumule au fond de la chausse que ceux qui sont entraînés par les herbes. 11 est vrai que ceux-là sont perdus; mais dans la grande eau, la manche étant peu profonde et fort ouverte, le dommage n'est pas considérable; 2°. parce que ce filet est traîné lentement par un petit bateau armé de six à sej^t hommes ; ce qui permet au poisson de passer entre les mailles , au lieu de s'entonner dans la chausse.

On choisit, pour tendre l'aissaugue, des endroits éloignés de la côte de 800 à 900 brasses, où il y ait une plage unie, fond de sable et d'algues, exempte de roches, et où il se trouve une profondeur d'eau considérable. On attache aux extrémités des ailes des pièces de cordages, qui sont quelc|uefoisde chanvre, presque toujours d'auffe, qu'on nomme sortis. Chaque pièce, qui estasse/ souvent appelée maille en Languedoc, doit avoir 40 brasses de longueur ; on en ajoute jusqu'à vingt bout à bout, ou ce qu'il en fautpour gagner la côte, etsur chaque maille ou pièce de cordage, on met un signal de liège, qui sert à soutenir le halin et encore à indiquer la tente des filets aux autres pêcheurs et aux barques qui longent la côte, afin qu'on ne l'endommage point.

Les pêcheurs, au nombre de cinq à huit, se mettent avec le filet et ces cordes (que nous nommerons hras ou halins , pour éviter l'équivoque du terme de maille') dans un bateau A, N'^. IV, PL 3/, qui est un sardinal, et vont à environ trois quarts de lieue au large, plus ou moins, chercher un fond qu'ils savent être sain, pour y tendre leur tessure, de manière qu'elle soit à-peu-près parallèle à la côte. Ils

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reviennent, avec leur bateau ou leurs bateaux, porter à terre le bout des bras, en sorte qu'ils soient éloignés l'un de l'autre au bord de la mer, de 200 à 3oo brasses. L'équipage se partage en deux bandes, et chaque matelot prend une sangle qu'il met de travers sur ses épaules en forme de bandoulière; l'extrémité des sangles se réunit à un bout de corde , à l'extrémité de laquelle est une petite rondelle de bois que les matelots font tourner par une secousse , sur la circonférence du bras qu'ils doivent haler, comme font les mariniers qui traversent les rivières avec les bacs. Chaque bande de pêcheurs tire son bras à terre; puis , se rapprochant iin peu les uns des autres , ils font ainsi décrire aux ailes du filet une portion de cercle de plus en plus petite , PI. ^']ifig' N° . III y et tirant le filet sur les grèves, ils y amènent tout le poisson qui est pris, gros et petit. Plusieurs de ceux qui se trouvent de grusseur proportionnée à l'ouverture des mailles des différens filets qui forment la chausse s'y emmaillent; les autres s'accumulent dans la chausse comme dans les manches des gors. On prend quelquefois des marsouins et des thons dans ce filet; mais cela n'est pas commun.

On voit que ce filet ressemble beaucoup à une grande seine qui aurait une manche au milieu de sa longueur. On peut faire cette pêche avec un bateau même assez petit, tel que B, Jig. N° . IV j mais il est plus commode d'en avoir deux.

Quand le filet est tendu à terre, il faut, pour le haler, seize à dix-huit personnes, hommes ou femmes, plus ou moins, suivant la grandeur du filet.

Si le temps est favorable, les pêcheurs peuvent caler leur filet jusqu'à quatre fois dans un jour. En ponant, on dirait c[\i''on Jait quatre iraits.

A la Ciotat et à Marseille , on pèche à l'aissaugue pendant toute l'année. A Cassis , cette pêche commence en août et finit en décembre. 11 serait bon de l'interrompre par - tout pendant les mois de mars, avril et mai , parce c[ue c'est la saison où les poissons déposent leur frai , sur-tout dans les provinces méridionales.

Les pêcheurs ont destiné certaines heures aux différentes espèces de pêches, afin que chacun pxlt gagner sa vie sans porter de préjudice aux autres. Ces conventions , qui d'abord étaient libres , ont pris force de loi depuis que les prud'hommes , en vertu du pouvoir qui leur a été donné sur les pêches, ont autorisé les conventions précédemment établies. Sur quoi il est bon de remarquer que les pêcheurs qui se servent des filets de la jilus ancienne invention, ayant la possession pour eux, ont fait la loi à cmix qui ont voulu introduire de nouvelles façons de pêcher. Ainsi, lorsqu'on imagina l'aissaugue, les pêcheurs aux sardinaux prétendirent que cette nouvelle pèche ne pouvait être introduite au préjudice des filets plus anciens, et dont on était en possession. Pour éviter toute contestation , il fut ordonné que l'aissaugue ne pourrait caler que d'un soleil à l'autre : de sorte que si le sardinal ou d'autres filets se trouvaient avoir occupé un jîoste, le pêcheur à l'aissaugue ne pouvait les obliger de relever leurs filets qu'après le soleil levé. Mais l'aissaugue pouvait caler à toute heure aux postes qui n'étaient pas occupés par d'autres filets. Cependant il»s

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