LOT
très, qu'on remarque au tiers de la longueur des vers qui sont adultes. M. Bosc indique couime un bon moyen de rendre les vers propres à attirer le poisson, de les mettre, quelques jours avant de s'en servir, dans de la terre mêlée par moitié avec le résidu de la fabrication de l'iiuile de chenevis, qu'on appelle pain de chenevis. V. Achées.
LONGUE-OREILLE. L'un des noms du scombregermon. V . Germon.
LO^"TÉQL'E ou LONTEK. Poisson qui est commun au Croisic en Bretagne. Il a 4 pouces de long et 8 lignes <le large. On ne le mange point, parce qu'il est hérissé d'arêtes 5 mais comme il est de bon goût, on en fait de bons coulis. On ignore à quelle espèce il faut rapporter ce poisson.
LOPHIE, lophius. Genre de poissons de la division des branchiostèges f qui contient huit espèces connues, dont une seule, la baudroie y se trouve sur nos côtes. \ . Baudroie.
LOQUES (HARENGS). Ce sont ceux qui ont été mordus et blessés par des chiens de mer ou des poissons voraces.
LOTE ou LOTTE , gadus Iota. (Lin.) Nom spécifique d'un poisson du genre des gades, que l'on nomme en quelques contrées motelle , moutelle ou barbote.
Description. — Ce poisson s'écarte de ses congénères pour se rapprocher des blennies et des anguilles, soit relativement à sa forme, soit relativement à ses habitudes. Il a le corps très-allongé et serpentiforme ; les nageoires dorsales et anales trèsbasses et très-longues; les écailles peu visibles j la peau enduite d'une humeur visqueuse très-abondante 5 la couleur de son corps jaune, marbrée de brun en dessus et blanchâtre, également marbrée en dessous; sa ligne latérale est droite ; sa bouche est grande, presque toujours ouverte, garnie de sept rangées de dents aiguës à chaque mâchoire. Il parvient quelquefois à la longueur de 4 pieds, mais ordinairement à celle d'environ un pied.
Habitation. — La lote habite les mers, les rivières et les lacs de l'Europe 5 elle préfère les eaux claires et courantes à celles qui sont bourbeuses et stagnantes. Elle se trouve constamment , pendant le jour, dans les trous qu'elle se creuse ou qu'elle trouve creusés dans le rivage ou sous les pierres , et c'est là qu'elle saisit sa proie au passage. On dit qu'on trouve beaucoup de lotes dans l'Isère et la Saône.
Nourriture. — Elle se nourrit de vers, d'insectes et de petits poissons.
Fropagation. — Le temps du frai est le milieu de l'hiver, époque oii elle entre dans les fleuves pour y déposer ses œufs dans les endroits unis et peu profonds. Elle multiplie beaucoup et sa croissance est rapide : on a compté jusqu'à 128,000 œufs dans une seule femelle de grosseur moyenne.
Qualités. — Ce poisson , qui a la vie dure , peut se garder en vie hors de l'eau pendant plusieurs jours, si on |e tient dans un endroit frais. Sa chair est blanche, agréable au goût et facile à cuire; elle est très-esiimée des gourmets et convient aux estomacs faibles. Son foie sur-tout, qui est très-volumineux , est regardé comme un mets délicieux. Ses
LOU
œufs, au contraire, sont très-difficiles à digérer, et causent même quelquefois des purgations comme ceux du brochet. Sa vessie natatoire est extrêmement grande : elle est employée , dans quelques pays , pour faire de la colle de poisson.
Bloch rapporte que les pêcheurs de l'Oder en prenaient autrefois une si grande quantité, qu'ils ne pouvaient les vendre , et qu'ils les faisaient sécher après les avoir coupées eai lanières , pour s'en servir comme de chandelles. Leur foie se résout presqu'en entier en huile, qui est très-bonne pour assaisonner les alimens, pour brûler et pour les usages médicinaux.
On mange la lote accommodée de plusieurs manières, mais sur-tout en friture ; on la fait cuire au court-bouillon après l'avoir fait mariner ; on en met dans les matelotes et dans différons ragoûts de viande, auxquels elle communique un bon goût.
M. Bosc a remarqué que les lotes prises dans la mer sont beaucoup moins savoureuses que celles qui vivent constamment dans l'eau douce , et il est même j^orté à croire qu'elles forment une espèce particulière , bien que, dit-il , il n'a pu leur trouver des caractères suffisamment distinctits.
Pêche de la lote.
Il y a quelques contrées de l'Europe, principalement en A-llemagne, où les lotes sont si abondantes, qu'on fait pour les prendre, pendant les nuits du printemps et de l'été, avec des seines et autres grands filets , une pêche spéciale ; mais en France on ne les pêche presque jamais que par hasard avec ces sortes de filets. Comme elles ne sortent de leurs retraites que pendant la nuit j elles entrent souvent dans les verveux, les nasses et autres engins qu'on tend à demeure dans les rivières ; mais c'est pi'incipalement avec des lignes de fond , munies de plusieurs hameçons et amorcées de gros vers ou de petits coquillages de marais, qu'on en prend le plus et de plus grosses.
On s'en procure aussi quelquefois en assez grand nombre avec des trubles qu'on promène contre le bord des rivières, en même temps qu'on en fouille les inégalités avec un bâton , ou en fourrant la main dans les trous où elles sont cachées; mais ces deux manières de pêcher ne sont pas praticables dans tous les lieux et dans tous les temps : ce n'est guère que pendant les chaleurs de l'été et dans les petites rivières qu'elles peuvent être mises en usage.
On ne fait aucune pêche particulière de ce poisson avec la ligne volante.
LOTE (GRANDE). C'est un des noms du gade molve ou lingue. V. Lingue.
LOTE FRANCHE. C'est la loche franche , cobitis barbatula. V. Loche.
LOTIER. Pêcheur qui, au moyen de sa part de filet qu'il fournit pour la pêche, jouit du plein lot.
LOTTE DE HONGRIE. On appelle ainsi, à Strasbourg, leglanis, poisson du genre silure, qu'on fait venir de la Souabe. V. Glanis.
LOUBINE. Nom vulgaire d'un poisson du genre centropome , ou loup ou bar. V. Bar.
LOUP. On donne ce nom à plusieurs sortes de filets, et dans la rade de Nantes, on appelle ainsi
LOU
un filet représenté PL XXXII , N°. III , et dont les pêcheurs se servent pour pêcher à une demilieue nu plus de terre. Ils emploient, ()our tendi'e ce filet klh, trois grandes perches ABC. 1/une^, qu'ils nomment perche de terre ou sédentaire y a 12 ou i5 pieds de longueur : elle doit toujours rester à la place où on l'a piquée, et c'est pour cette raisoit qu'on la nomme sédeutaire. Il n'en est pas de même des deux autres , qu'on dépique toutes les fois qu'on veut prendre le poisson qui est dans le filet. Ainsi la perche B , qu'on nomme perche de rade , se plante et se relève à tous les jusans , et de même la troisième perche C, i\'ite perche du milieu.
Ce filet présente à l'eau son ouverture AB, Il a, aux deux bouts qui répondent aux perches A et B, trois brasses de chute ; mais au milieu ou au fond, qui répond à la perche C , sa chute est de 8 brasses; ce qui fait qu'il forme en / une grande bourse ou foliée. L'ouverture AB est de 12 à i3 brasses.
Pour tendre ce filet, on amarre à la perche de terre A une aussière d, de 3o à 4o brasses de longueur. Une manœuvre /; s'étend de la perche ^ à la perche B^ sa longueur est de 12 à 14 brasses, et ainsi elle est un peu plus grande c|ue l'embouchure du filet. On mouille eu avant un j)etit grappiny^ dont le câblot ^ a 1 0 ou 12 brasses de longueur : il sert à retenir celte petite pêcherie contre l'effort du courant. Quand on a mouillé le grappin, on enfonce perpendiculairement dans la vase la perche de rade B, et on y amarre la corde H H, qui affermit les deux perches A et B. Enfin on amarre à ces deux perches les aussières d et h : celles h répondent à l'angle du pied du filet , et elles doivent être frappées à 5 pieds au-dessus; celles d, qui répondent à l'angle de la tète du filet , doivent être amarrées à 5 ou 6 pieds au-dessous de l'extrémité supérieure des perches.
Le filet est ainsi tendu de façon c|ue la marée s'entonne dans son fond; et pour cju'il fasse mieux le sac, on met au milieu la troisième perche C, ciui n'a guère que 12 ou i3 pieds de hauteur : elle s'enfonce aisément dans la vase, et communément le filet ne porte pas sur le terrain.
Cette pêche se fait assez ordinairement par un homme et deux femmes, fjui , lorsqu'ils ont tendu le filet, se tiennent dans leur petit bateau derrière la perche C.
Ce filet n'a, pour l'ordinaire, ni flottes ni lest : on le tend une heure après que la marée a commencé à se retirer, et, aux tiers du jusant, il en paraît 3 pieds hors de l'eau. On le relève une heure avant que la marée soit entièrement retirée : c'est dans cette position qu'il est représenté.
Pour prendre le poisson , on démonte la perche de rade B ; on dépique celle du milieu C , et on dégage les deux bras de la perche de terre A. On tire le niet dans le bateau, en le pliant en deux, suivant sa longueur, pour mieux retenir le poisson.
On fait cette pêche de jour et de nuit, depuis la Saint-Micliel jusqu'à Noël. Les temps calmes y sont les plus lavorables, ainsi que les grandes marées. On y prend toutes sortes de poissons ronds et même des poissons plats quand le fond du filet est près de la vase.
Comme les mailles ont ordinairement de 16 à
LOU
17 lignes en carré, elles ne se serrent point assez par la tension du filet pour arrêter le frai, et les poissons c^ue l'on prend sont d'une grosseur convenable pour la venle. D'ailleurs, le filet ne portant point sur le terrain , il n'empêche pas la menuise de passer.
Filet approchant du loup, mais moins grand , lesté, flotté , et qu'on tient à la main.
Dans les environs de Quimper, vers la côte d'Audierne , quelques riverains de la mer vont sur les sables, à la marée montante, et se servent d'un filet qui a, au plus, 3 ou 4 brasses de longueur, et une brasse et demie ou 2 de chute , PI. 02 , N°. V .
Chaque bout de ce filet est attaché à une perche A et B, qui a i5 ou 20 pieds de longueur. Deux hommes nus , tenant chacun une de ces perches , entrent à la basse eau le plus avant cpi'ils peuvent dans la mer, ayant souvent de l'eau jusqu'au cou; ils présentent l'ouverture de leur filet à la marée montante. Comme les lames sont alors presque toujours assez élevées pour les couvrir, quand ils voient arriver une grosse lame, ces pêcheurs s'élèvent au-dessus par le moyen de la perche qu'ils tiennent et dont le pied est enfoncé dans le sable ; ce qu'ils exécutent avec assez de facilité, parce que les hommes, comme l'on sait, perdent presque tout leur poids dans l'eau.
Lorsque les pêcheurs sentent que des mulets ou d'autres poissons ont donné dans le filet, ils rapprochent leurs perches l'une de l'autre pour envelopper le poisson ; et après l'avoir retiré du filet , ils recommencent la même manœuvre tant que la marée le leur permet, se rapprochant vers la côte à mesure c^ue la mer s'élève. Ils ne cessent de pêcher que quand la hauteur de l'eau les oblige de s'en aller.
On pratique cette pêcbe depuis le mois de ruai jusqu'au mois de septembre : l'on n'y prend que de gros poissons, les mailles du filet ayant 18 à 20 lignes d'ouverture.
La pêche que nous venons de décrire a quelcjue ressemblance éloignée avec le saveneau.
On fait une pêche à-peu-près pareille , mais un peu plus considérable, à Saint-Michel-en-l'Herme, avec un filet qu'on nomme vredelée. Il a environ i5 ou 20 brasses de longueur et une brasse de chute, qui augmente à mesure qu'on avance dans le milieu , où elle est au moins de 3 ou 4 brasses. En cet endroit, les mailles sont plus serrées que celles des extrémités; le filet n'est point lesté par le bas, mais le haut est garni de flottes de liège.
Dix ou douze hommes se réunissent ordinairement pour faire cette pêche ; ils portent le filet à l'eau dans un seul acon. Deux pêcheurs, un à chaque bout, se mettent à l'eau pour le tendre; ils tiennent des perches qui sont au bout du filet, qui fait une courbure. L'ouverture est du côté de terre et le fond du côté de la mer, parce c[u'on pêche à la niarée descendante. On le tend de marée montante une heure au plus avant la i)lelne mer ; car il faut commencer la pêcheavant le jusant, attendu que les poissons qui ont monté à la côte avec le flot se retirent dans l'instant où le flux se fait sentir. Cinq à six hommes se mettent à l'eau jusqu'au cou j et la
LOV
battent avec des perches, allant depuis le bord de la côte jusqu'au lilet pour chasser les mulets, qui sont les seuls poissons qu'on prenne ainsi sur cette côte. Quand le trait est fini, c'est-à-dire quand les bouleurs sont arrivés au filet , les deux hommes qui tiennent les perches du bout du filet le plient en joignant ensemble le pied et la tête, et ils en tirent e poisson, qu'ils mettent dans leur acon. Après quoi i!s recommencent un nouveau trait, si la marée le permet.
Cette pèche dure depuis la mi-juin jusqu'à la fin de septembre, parce que plus les eaux sont chaudes, plus les muges ou mulets rangent les côtes. Les vents d'est et sud-est sont les plus favorables : on fait toujoiirs cette pêche j)endant le jour.
LOUP. On donne ce nom à un poisson du genre des perches de Linnœus, que nous avons décrit sous le nom de Bar. V. ce mot.
LOUP MARIN. Nom spécifique d'un poisson du genre anarrliique , qui se trouve dans les mers du nord de l'Europe , oîi il parvient quelquefois à plus de i5 pieds de longueur. Il a reçu le nom de loup , à cause des ravages qu'il exerce parmi les autres poissons. Il a le corps très-allongé 5 la peau épaisse, dure et gluante ; la tête grosse et obtuse ; la bouche grande et armée de dents redoutables ; l'œil allongé ; les écailles minces et rares 5 le dos d'un gris ioncé, et ponctué de brun ou de blanc 5 le ventre blanc. Il nage à la manière des anguilles , et il n'approche des côtes que vers le printemps , pour y traver. On le i)rend facilement au filet, à l'hameçon et à la fouane. Ses morsures sont si fortes , qu'elles laissent leur empreinte sur le fer; ce qui doit engager les pêcheurs à être attentifs lorsqu'ils le tirent de l'eau. Sa chair est grasse et ferme j les habitans des pays septentrionaux la mangent avec plaisir , fraîche ou sèche. On fait avec sa peau , dans le Groenland, des bourses pour conserveries provisions de bouche.
LOUP MARIN. Dénomination que les navigateurs ont appliquée à plusieurs espèces de Phoques. ^ . ce mot.
LOUPASSON. On appelle ainsi , sur les côtes de la Méditerranée, le bar o\x loup. V. Bar.
LOUTRE MARINE ou LOUTRE DE MER.
C'est une loutre qui ressemble beaucoup à la loutre commune, et qui pèse de 70 à bo livres. Elle habite les bords de la mer de l'Amérique septentrionale , est commune au Canada , et on la trouve aussi sur les cc^tes orientales du Kamtschatka : elle se tient dans l'eau et sur le rivage. La peau de cet animal i'ait une Irès-bcl'e fourrure. Sa chair est meilleure que celle des phoques ^ celle des petits est trèsdélicate.
LOUVE. On donne ce nom aux verveux, principalement à ceux qui ont plusieurs ouvertures à chaque bout j ceux qui sont garnis d'ailes sont ajjpelés rajlcs. V. Verveux.
La louve est aussi une espèce de filet en nappe que nous avons décrit au mot Loup. V. ce mot.
LONEURS. Matelots qui rouent ou lovent les filets dans les bàtimens employés à la pèche du hareng dans la Manche.