‹ Traité général des eaux et forêts, chasses et pêchesChapitre 144 sur 344 · MIR · texte numérisé non relu

MIR

MIGRATIONS DES POISSONS. V. Poisson.

MILAN. On donne vulgairement ce nom , dans quelques ports, à la raic-pastenaque. V. Raie.

MILAN DE MER , trigla-mihus OU trigla-lucerna. (Lin.) Poisson du genre des trigles, que dans plusieurs provinces méridionales de la France on appelle béluga, c'est-à-dire étincelle, gallinc. Ce poisson a été ainsi nommé , parce qu'il jouit de la propriété phosphorique , même pendant sa vie; il jouit aussi de la faculté de voler. C'est un spectacle agréable , dans les nuits d'été, de voir les milans de mer, lorsqu'ils sont poursuivis par un ennemi, s'élancer par centaines à-la-fois dans les airs, et dessiner des routes de feu qui se croisent, se séparent et se réunissent pour disparaître ensuite dans les flots. C^e poisson a les nageoires pectorales courtes , celle de la queue fourchue ; la ligne latérale divisée en deux vers la nageoii'e caudale. Il se trouve dans l'Océan et dans la Méditerranée. Sa chair est dure et sèche.

MILANDRE, squalusgaleus. (Lin.) Il est connu, dans les départemens méridionaux, sous les noms de cagnot et de milandre ^ dans quelques endroits de la France et de l'Italie sous celui de pal , et dans d'autres contrées de l'Italie sous celui de lamiola. C'est le chieji de mer milandre de Bonnatère ; la tope des Anglais ; le meersau et le hundsay des Allemands.

Description (voy. la PL \.,fig- i et 2).— Le milandre parvieiit aune lonj^ueur assez considérable, c'est-à-dire à environ 12 pieds. 11 a le museau aplati et allongé ; les dents nombreuses et placées sur plusieurs rangs ; la peau chagrinée ; la langue arrondie et assez large ; les évents très-petits et les nageoires pectorales longues.

Habitation . — Les milandres sont plus communs dans la Méditerranée que dans les autres mers, et ils se montrent rarement dans celles du Nord. Ils voyagent presque toujours en troupes.

Nourriture. — Ce squale est féroce et très-hardi. Il fait une guerre cruelle aux poissons; il déchire quelquefois les filets où il s'en trouve pour les dévorer. Sa voracité est telle, qu'il avale même des morceaux de bois s'ils sont enduits de graisse. C'est un redoutable ennemi de l'homme , et qui attaque les plongeurs occupés à la recherche du corail, des éponges et d'autres productions marines.

Qualités. — La chair du milandre est tiès-dure et répand une odeur désagréable : on la fait cependant quelquefois sécher ; mais l'abondance et le bon marché de cet aliment peuvent seuls déterminer des pêcheurs nffamés à s'en nourrir.

MILLE-CANTONS. Nom que l'on donne à de très-petites perches qui n'ont pas encore fait leur accroissement, et qui se prennent, au mois de juillet, dans le lac de Genève et dans celui de Neuchàtel ou d'Yverdon ; c'est un mets fort délicat; c'est ce qu'on nomme de la monté à Caen , de la sotteville à Rouen.

MIRAILLET ou MIRALET. Nom spécifique d'un poisson du genre des Raies. V. ce mot.

iNJIROIR. Sorte de pêche qui se fait avec un miroir , dans lequel, pour attirer le poisson, on reçoit la lumière de la lune, comme on reçoit celle du soleil

Page 1