NOI
mâts, gréé et constrxiit dans la forme des vaisseaux de ligne et des frégates 5 mais il se dit plus ordinairement des vaisseaux marchands.
NAZIÉRE. Endroit d'une rivière où l'on tend des nasses pour prendre du poisson.
NEF. C'est le nom qu'on donne au corps du bateau qui traîne la dreige.
NEGRE. Nom spécifique d'un poisson du genre des scombres {scomber niger)^ qui est tout noir, et qui a la figure d'une tanche : il se trouve dans les mers de l'Amérique.
NEPTUNE, dieu de la mer. Les anciens lui consacrèrent le dauphin. Suivant la Mythologie des Grecs , Neptune voulant épouser Amphitrite, la déesse avait repoussé ses vœux et s'éttiit cachée aux extrémités de l'Atlantique 5 c'est au dauphin c|ue Neptune fut redevable de la découverte de son asile et du bonheur de triompher de ses refus : de là , les dauphins furent nommés les ministres, les couniers du dieu de la mer. Conformément à cette croyance, Neptune même fut adoré en plusieurs villes , notamment à Argos, à Corinthe, à Sunium, sous la forme d'un dauphin , et il fut souvent représenté debout sur ce cétacé, ou l'ayant à côté de lui.
Les p)êcheurs faisaient des saci'ifices à Neptune et aux autres divinités de la mer , pour que leurs filets fussent respectés par les espadons, qui, lorsc[u'ils s'y introduisaient , les déchiraient avec leur redoutable armure.
NERFS. Les pêcheurs donnent ce nom aux cordes attachées au bout d'un épervier , qui servent à le serrer quand le poisson y est enfermé.
NESARNAK. Cétacé du genre des dauphins, qui habite les mers du Groenland, qu'on ne rencontre jamais qu'en haute mer, et qu'il est difficile de prendre. Sa chair, son lard et ses entrailles servent d'aliment aux Groenlandais, comme les mêmes parties du marsouin.
NIGROIL. Nom de l'oblade., poisson du genre desspares. V. Oblade.
NIVEAU DE MER. C'est \e squale-marteau. V. Marteau.
NOEUDS. Les fils des filets sont joints les uns aux autres par des nœuds. On en distingue entre autres de deux sortes ; savoir, le nœud sur le pouce, et celui sur le petit doigt. Pour constater la grandeur des mailles d'un filet, on compte combien il y a de nœuds dans une longueur, comme par exemple d'un pied. V. Filet.
NOGAT. Les pêcheurs gascons donnent ce nom aux pains de noix ou au marc de noix dont on a exprimé l'huile : il leur sert d'appât.
NOIR-BRUN. Nom spécifique d'un poisson du genre Gobie. V. ce mot.
NOIRE ( MORUE ). C'est celle qui a reçu peu de sel, qui a été séchée doucement, et qui a éprouvé, étant en pile, une petite fermentation.
NOIX VOMIQUE. C'est la graine d'un arbre de l'Inde, qui lui-même s'appelle -vomique , et qu'on emploie pour empoisonner les loups.
Cette substance enivre et tue les poissons cjuand on la jette dans l'eau , et c'est pour cela que l'ordonnance de 1 669 , tit. XXXI , art. 1 4 , défend d'en jeter dans les rivières, sous peine de punition corporelle.
Il est pareillement défendu, par la déclaration du roi , du 23 avril 1726 (voy. à la fin de ce Dictionnaire)^ de jeter dans les mares et étangs salés aucune chaux , noix vomiqua , noix de cyprès ^ coques de Levant , momie , musc et autres drogues , pour servir d'appâts, à peine de 3oo liv. d'amende.
NONNAT, du latin non natiis. Ce mot se dit de petits poissons qui sont à peine nés : c'est ce qu'on appelle aussi menuise ou meslis. V. Menuise.
NORD-CAPER, balœnaglacialis {^onnA.t.), balœna islandica (Brisson) , baleine-sarde des Basques. Le nom de nord-cape r vient du promontoire le plus septentrional de la Norwege , où l'on a commencé à pêcher cette baleine.
Elle a , de même que les vraies baleines , des fanons à la mâchoire supérieure et deux évents sur la tête. Son caractère particulier est d'avoir une taille moins grande que la baleine du Groenland , et une couleur blanchâtre sur le dos. Ses fanons ne sont ni aussi forts ni aussi longs que ceux de la première espèce. Elle a la mâchoire inférieure égale en longueur à la supérieure , arrondie à son extrémité , et large vers son milieu ; la tête plus petite et le corps plus mince que la baleine franche^ elle n'a point de nageoire sur le dos. On distingue deux variétés de nord-caper , celui des mers du pôle austral, qui a le dos très-aplati , et celui du Nord , qui l'a beaucoup moins. Cette baleine est très-commune sur les côtes d'Islande , et les habilans en tirent de grands avantages. Elle est la plus agile de toutes ; sa nage est d'une rapidité extrême. Elle tient toujours la queue relevée sur l'eau , et la remue avec une force et une rapidité inconcevables. Quoiqu'on ne l'approche qu'en tremblant pour la harponner , elle n'est cependant ni courageuse ni hardie; un seul homme en nacelle suffit pour la faire fuir de toutes ses forces ; jamais elle n'attaque sans être provoquée, mais les dangers la mettent dans une grande fureur, et la nécessité de se défendre la rend farouche et cruelle 5 d'un seul coup de queue elle fait voler une chaloupe en éclats. Aussitôt qu'elle est harponnée, elle plonge et fuit avec tant de raideur, qu'elle entraîne jusqu'à tjOOO brasses de ligne. Son excessive rapidité fait voler la chaloupe sur mer avec tant de vitesse , que la respiration manque aux pêcheurs, et qu'ils ne peuvent se tenir debout.
Le nord-caperne produit ordinairement que 20 à 3o tonneaux de graisse.
Anderson rapporte que le nord-caper ayant une grande horreur du sang , les Islandais tirent parti de cette crainte pour faire échouer l'animal , en versant derrière lui quantité de sang dont ils ont fait provision , ce qui l'oblige à se jeter sur la côte; mais Horrebows contredit ce fait, et suivant ce dernier auteur , l'unique moyen dont on fait usage consiste en ce qu'une l)arque s'approchant de la baleine, un harponneur lui darde un grand harpon de fer et se retire promptement. Le harpon porte la marque de celui qui l'a lancé , et si le coup a bien porté, et que la baleine jiérisse sur les côtes, où elle vient échouer assez souvent, celui à qui est le harpon a, suivant la loi d'Islande , une certaine portion de la baleine, et le reste appartient à celui sur le fonds duquel elle a échoué.