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mais que le plus grand nombre ne peut y travailler plus d'un demi-quart d'heure. Ce sont généralement des jeunes gens que l'on force, dès leur bas âge, à se consacrer à ce dangereux métier ; car la pêche des perles n'est pas permise à tout le monde : c'est un droit que se réservent les souverains de ces contrées, mais qu'ils afferment le plus souvent.
Lorsque ces coquilles sont tirées de la mer on les étend au soleil , où elles ne tardent pas à s'ouvrir et à permettre la recherche des perles qu'elles peuvent contenir. On n'en trouve que dans un petit nombre et rarement de bien formées : c'est ce qui fait que celles d'un certain volume se soutiennent toujours à une grande valeur. Il est des années où la dépense de la pêche est plus considérable que son produit. La quantité de coquilles qu'on sort ainsi de la mer est si considérable, que l'infection qu'elles répandent est meurtrière pour les ouvriers et les habitans à une certaine distance des bords de la mer.
La coquille de Vavicule perlière a plus d'épaisseur nacrée que la jilupart des autres coquilles, et fournit au commerce ce qu'on appelle la nacre de perle, matière que les joailliers et les tabletiers transforment en meubles d'agrément et en bijoux de plusieurs sortes.
On a attribué en médecine de grandes vertus aux perles et à la nacre de leur coquille ; mais elles se réduisent , en réalité , uniquement à celle de la terre absorbante ou calcaire , si commune dans la nature, et par conséquent sans valeur.
L'AvicuLE-HiRONDE est peu épaisse, plate, arrondie , et porte, dans la direction de ses charnières, deux prolongemens inégaux en forme d'ailes , qui augmentent sa longueur au point de la rendre double de sa largeur. La petite aile est arrondie et l'autre pointue ; la surface extérieure est lisse , jaune ou brune; l'intérieure est nacrée, et offre souvent des tubercules de perle. On la voit fréquemment dans les cabinets entièrement nacrée par le dépouillement de sa surface extérieure.
La Mulette margaritifère est ovale , et a le devant plus large et le sommet rongé. Elle est figurée dans V Encyclopédie ^ PI. /^%.,fig. 1. Elle se trouve dans les lacs et les étangs boueux de l'Europe : c'est elle qui fournit des perles.
La couleur des perles dépend absolument des sucs qui les ont formées; elles sont en conséquence d'un blanc argentin brillant dans les avicules pet" Hères., brunâtres dans les pinnes , verdâtres dans les mulettes ; mais il arrive quelquefois qu'elles sont jaunes , enfumées et même noires. Ces dernières , comme plus rares , se vendent beaucoup plus cher, quoique réellement moins belles que les communes. Il est possible que cette altération de la couleur naturelle soit produite par une maladie ou par la réaction des sucs de l'animal lorsqu'on laisse les coquilles trop long- temps sur la plage avant d'en ôter les perles ; mais on n'a point de faits qui le constatent d'une manière positive.
Réaumur a donné , dans les Mémoires de l'Académie des sciences j année 1717, la théorie de la formation des perles , appuyée d'expériences qui laissent peu de chose à désirer à cet égard.
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Les perles se trouvent dans toutes les mers et dans les eaux douces 5 mais les plus belles se pèchent dans les parties les plus chaudes de PInde et de l'Amérique , lieux qu'habite exclusivement Vavicule perlière , mytilus margantiferus de Linné.
Il a été dit plus haut qu'on trouvait fréquemment des perles dans la mulette margaritifère ; mais ces perles sont presque toujours adhérentes à la coquille .Lin nseus, qui avait remarqué que l'animal formait toujours ces tubercules pour mettre obstacle à la perforation de sa coquille par les versqui vivent aux dépens de sa chair, avait imaginé, pour leur en faire produire à volonté, de les percer avec une tarière. Ce moyen, dont le gouvernement de Suède a fait long-temps un secret, a réussi jusqu'à un certain point; mais le nombre des perles marchandes qu'il fournissait était si peu considérable à proportion des tubercules nacrés dont la vente n'était nullement avantageuse, que la dépense l'emportait sur la recette , et le projet a été abandonné.
Pour qu'une perle soit d'une grande valeur , il faut qu'à une grosseur considérable et une rondeur parfaite, elle joigne un poli fin, une blancheur éclatante et un luisant qui la fasse paraître transparente sans l'être : quand elle réunit ces qualités , on dit qu'elle est d'une belle eau , qu'elle a un bel orient.
On appelle loupe ou coque de perle un tubercule nacré composé de plusieurs autres ; les perles irrégulières sont appelées baroques , et les très-grosses paragones.
Les perles les plus grosses qu'on ait remarquées sont , celle qui fut présentée à Philippe II en 1^79 : elle était de la grosseur d'un œuf de pigeon , et venait de Panama. Sa forme était celle d'une poire. On l'estimait à cette époque 100,000 fr. , ce qui équivaudrait aujourd'hui à près d'un million, Tavernier a vu , en i633 , entre les mains de l'empereur de Perse, une perle qui avait été achetée , dit-il, 1 10,400 liv. sterling , somme si énorme qu'on n'ose la croire vraie. Pline évalue la fameuse perle que Cléopâtre but par vanité , après l'avoir fait dissoudre dans du vinaigre à un repas qu'elle donnait à Antoine , à une somme encore plus exagérée, puisqu'elle se porte à 25o,ooo liv. sterling, qui, à 22 f. la livre sterl., feraient 5,5oo,ooo liv. de notre monnaie. Les perles se montent en pendans d'oreilles; on les perce pour en faire des colliers , des bracelets et autres ornemens de*parure recherchés par les femmes. Les plus petites servent à broder des robes, des bonnets , etc. Il est vrai de dire qu'elles parent beaucoup mieux la beauté que les pierreries, qui, parleur éclat, lui nuisent presque toujours. L'art du joaillier sait tirer parti des plus difformes et des plus petites.
On se servait des plus petites perles en médecine; mais le progrès des lumières a appris qu'elles n'avaient pas plus de vertu que la pierre la plus commune, c'est- à - dire qu'elles ne sont qu'absorbantes.
On les employait aussi autrefois à faire du fard ; mais on leur a substitué la craie de Briançon et autres substances terreuses moins chères , et aussi appropriées à cet objet.