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PERLON ou TRIGLE-HIRONDELLE , triglahirundo. (Lin.) Poisson du genre des trigles , qui se trouve dans toutes les mers d'Europe , et que l'on nomme sur nos côtes cabote , galline , gallinetle , linette , grondin^ à Rome ^ capone ; en Angleterre , tub-jîsJi , et en Allemagne, knarr-hahn.
Ce poisson (voy. la PL d ^ fig, 1) parvient à la longueur de 2 pieds , et ressemble beaucoup à la trigle-lyre. Il a les nageoires pectorales larges ; 14 rayons à la nageoire de l'anus ; celle de la queue fourchue ou en croissant ; la ligne latérale garnie d'aiguillons; le dessus du corps d'un violet obscur , et le dessous argenté , et les nageoires pectorales d'un violet pur. Il nage avec une grande rapidité au moyen de ses nageoires pectorales, plus larges, proportionnellement à leur longueur, que celles des autres espèces , même des poissons qui volent. Sa chair est dure ; on la sale et on la fait sécher dans le Nord pour l'approvisionnement des vaisseaux. On prend ce poisson à la lign'e de fond. Lorsqu'il est pris , il jette un cri , que les anciens ont comparé à celui du corbeau , et qui lui avait fait donner aussi le nom de cet oiseau.
PERLON. C'est aussi l'un des noms vulgaires du grondin, poisson du genre des trigles. V. Grondin.
PERROQUET DE MER. On a donné ce nom à plusieurs espèces de poissons ,
A un coRYPHÊNE, coryphœna-psittacus {\An.)^ poisson qui habite les mers de la Caroline ;
A un LABRE, labrus viridis (Lin.), qui a la couleur générale verte , le dessous du corps jaune , une raie longitudinale bleue de chaque côté du corps, et quelquefois des taches bleues sur le corps;
A un TÉTRODON, tetrodon - testudineus (Lin.), qui habite les mers de l'Inde et de l'Amérique;
Et à tout le genre des scares. V. Corjphène , Labre et Se are.
PERTUIS. Passage pour les bateaux sur les rivières , où l'on serre et rétrécit l'eau par une espèce d'écluse qu'on fait à la maîtresse arche d'un pont, par le moyen de bâtardeaux et de palissades ou aiguilles mobiles^ qui élèvent l'eau d'un pied ou 2, quand les rivières sont basses.
\S'art. 42 du tit. XXVII de l'ordonnance de 1669 défend d'en construire qui soient nuisibles à la Navigation. V. ce mot et Rivière.
PETEUSE. L'un des noms de la Bouvière. V. ce mot.
PETITE MORUE FRAICHE. Nom qu'on donne à Paris au Tacaud. V. ce mot.
PETROMYZON, petromyzon. Genre de poissons dont le caractère consiste en sept ouvertures branchiales de chaque côté du cou , un évent sur la nuque, et point de nageoires pectorales.
Nous en avons décrit les espèces au mot haniproie. V. ce mot.
PETUT. Filet de Gascogne, qui ne diffère du leugeon que par la grandeur des mailles. V. Tramail.
PEUGNE. Pêche qu'on fait en mer, le long de la côte , près de la Teste-de-Buch. On y emploie les filets dits leugeojis , ou ceux dits petuts , ensuite ceux dits estoteyres ou bigeauraux , qui sont tous du genre des manets. V. Tramail.
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PEUPLADE. Ce mot , dans le langage des pêcheurs , est synonyme à^alvin. Il indique les petits poissons que l'on conserve lors de la pèche des étangs, pour les repeupler lorsqu'on leur rend l'eau. V. Alvin et Etang.
PHARILLON. Petit réchaud dans lequel on fait un feu de flamme pour attirer le poisson la nuit : c'est aussi la |)èche même qu'on fait au feu avec une fouane. V. Pêche.
PHASTIER ou PHASQUIER. Pêche au feu ou à la fichure ou avec la fouane. V. Pêche.
PHOLADE , pholas. Genre de coquilles de la division des multivalves, dont le caractère consiste à avoir deux grandes valves transverses , bâillantes, et une ou plusieurs petites valves articulées avec de grandes, et placées sur le ligament ou la charnière.
Les pholades , que l'on nomme aussi dactyles, pitans^ dails, etc. , et que l'on confond souvent avec les moules lithophages, forment un genre trèsnaturel , et sont fort célèbres par la faculté qu'elles ont de percer les pierres et de s'y loger à l'abri des , attaques de leurs ennemis.
Les côtes de la Normandie en nourrissent des quantités prodigieuses. On voit, aux environs de Dieppe, des troupes nombreuses de femmes et d'enfans, armés chacun d'un pic, briser les rochers et en tirer les pholades, soit pour les vendre, soit pour les employer, comme ajjpât, à la pêche des poissons qui mordent à l'hameçon. Les pêcheurs appellent mâles celles qui peuvent se renfermer entièrement dans les grandes valves, e\. femelles celles qui sont trop grosses pour cela; mais comme les pholades sont hermaphrodites , cette différence ne provient que du plus ou du moins d'embonpoint qu'elles ont acquis. On en trouve dans toutes les mers où il y a des rochers propres à les recevoir.
On mange les pholades assaisonnées à la sauce blanche , cuites au vin et hachées avec de fines herbes, de la chapelure de pain , du poivre, du sel, etc., cuites sous la tourtière ou autrement. On les confit dans le vinaigre pour les envoyer au loin : elles passent pour un manger fort délicat.
PHOLIS. Poisson du genre Blennie. V. ce mot.
PHOQUE, phoca. Genre de quadrupèdes de l'ordre des amphibies, qui a pour caractères : 6 incisives à la mâchoire supérieure j 4 à l'inférieure ; des canines longues, pointues; des molaires.
Description. — « hes phoques, dit Buffon, ont, en général , la tête ronde comuie l'horame ; le museau large comme la loutre ; les yeux grands et placés haut; peu ou point d'oreilles externes; seulement deux trous auditifs aux côtés de la tête ; des moustaches autour de la gueule ; des dents assez semblables à celles du loup ; la langue fourchue ou plutôt échancrée à la pointe ; le cou bien dessiné ; le corps, les pieds et les mains couverts d'un poil court et assez rude ; point de bras ni d'avant-bras apparens , mais 2 mains ou i membranes ; 2 peaux renfermant 5 doigts et terminées par 5 ongles ; 2 pieds sans ongles, tout pareils aux mains, seulement plus larges et tournés en arrière comme pour se réunir à une queue tiès-courte, qu'ils accompagnent des deux côtés; le corps allongé comme celui d'un poisson, mais renflé vers la poitrine, étroit à la partie du
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ventre, sans cuisses et sans croupes au dehors.
33 Les phoques ont le cerveau et le cervelet proportionnellement plus grands que l'homme ; les sens aussi bons qu'aucun des quadrupèdes; par conséquent le sentiment aussi vif, et l'intelligence aussi
prompte Aussi ces amphibies, quoique d'une
nature très-éloignée de nos animaux domestiques, ne laissent pas d'être susceptibles d'une sorte d'éducation ; on les nourrit en les tenant souvent dans l'eau; on leur apprendà saluer de latêteetdelavoix; ils s'accoutument à celle de leur maître ; ils viennent lorsqu'ils s'entendent appeler, et donnent plusieurs signes de leur intelligence et de leur docilité. »
Ils sont carnassiers ; leur voix varie suivant l'espèce. Les vieux aboient contre ceux qui les frappent et font leurs efforts pour mordre. Ils sont peu craintifs. Ils aiment à sortir de l'eau dans la tempête et à recevoir la pluie. Leur odeur est mauvaise ; et lorsqu'on les poursuit ils lâchent souvent leurs excrémens, qui sont jaunes et d'une puanteur insupportable. Ils aiment à dormir au soleil, sur les rc»chers, les glaçons, etc.; et c'est alors qu'on les approche pour les tuer à coups de bâton, en les frappant sur le museau ou en leur enfonçant un épieu dans la gorge ; ce qui est facile, attendu qu'ils ont toujours la gueule béante. Ils ont la vie dure, et il arrive souvent que, privés de leur peau , ils se roulent encore dans leur sang.
Habitation, — Les phoques vivent en société , ou du moins en grand nombre, dans les mêmes lieux. Leur climat naturel est le Nord ; mais on en trouve aussi sur les rivages de presque toutes les mers de l'Europe, jusque dans la Méditerranée et même dans les mers méridionales de l'Afrique et de l'Amérique.
Propagation. — La femelle met bas en hiver ; elle fait deux ou trois petits, cpi'elle dépose à terre sur un banc de sable, un rocher, ou dans une petite île et à cjuelque distance du continent , où elle les allaite pendant 12 ou 1 5 jours; après quoi, elle les emmène avec elle à la mer, où elle leur apprend à nager et à chercher à vivre ; elle les prend sur son dos lorsqu'ils sont fatigués.
Qualités. — La chair des phoques n'est pas mauvaise à manger; la peau de ceux du Nord servait autrefois de fourrure ; les Américains l'emploient aussi pour faire des outres , qu'ils remplissent d'air et dont ils se servent pour soutenir leurs radeaux. Leur graisse donne une huile plus claire et d'un goût moins mauvais que celle du marsouin et de la baleine.
Les Groenlandais se servent de la peau des phoques pour couvrir leurs tentes et leurs canots ; de leurs fibres pour faire du fil ; de leurs boyaux nettoyés et amincis pour remplacer les vitres ; de leurs vessies pour en faire des vases propres à contenir de l'huile. La chair, séchée et enfumée, donne à ces peuples une nourriture assurée lorsque l'intempérie des saisons ne leur permet plus la chasse ou la pêche.
Notes historiques sur les phoques.
M. Noël , dans son Histoire des Pêches, a recueilli un grand nombre de renseignemens historiques sur la pêche des phoques dans l'ancien et le moyen âge. Nous en présenterons un bref extrait.
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Les Grecs ne connurent qu'une seule espèce de la famille des phoques, celle qui habite la Méditerranée. Lorsque Protée est désigné comme le conducteur des troupeaux de Neptune, c'est toujours des phoques soumis à ses lois que les poètes entendent parler. Ces amphibies, possédant la faculté de produire des sons et étant doués d'une intelligence particulière, avaient, dans l'imagination ardente des Grecs, donné naissance aux Tritons, qui embouchaient leur conque argentine en précédant le char du Dieu des mers, et aux Sirènes qui faisaient retentir leur voix mélodieuse dans les déserts de l'Océan. Homère parle du vieux Nérée , qui mène paître ses phoques j et lorsque Hippolyte conduisait son char sur les bords de la mer, vers les murs de Trézène, ce furent des phoques qui, se portant brusquement sur le rivage , frappèrent ses coursiers d'épouvante. Homère cite encore les phoques en d'autres endroits de ses poëmes.
Aristote a décrit la conformation générale , les habitudes et les besoins particuliers du phoque. Elien a ajouté aux détails donnés par Aristote ; et Oppien, qui vécut plusieurs siècles après ce dernier, nous apprend que souvent les pêcheurs arrêtaient des phoques dans leurs filets, capture qui exigeait de leur part une manœuvre aussi prompte que laborieuse, pour les amener à terre. « S'ils n'ont l'a- « dresse, dit-il, de tuer de suite cet animal, il re- « double d'efforts 5 indigné, furieux de se voir cap- 3) tif , il déchire les filets avec ses ongles, et s'ouvre 53 un passage , dont les poissons profitent pour s'é- » chapper, au grand préjudice des pécheurs ; mais 33 s'ils parviennent à amener les filets jusqu'au ri- J3 vage , alors, s'armant de tridents et de bâtons, 33 ils peuvent s'en rendre maîtres, pourvu qu'ils 33 s'attachent à le frapper à la tête 5 car c'est la seule 33 partie où il puisse être atteint et blessé à mort. 33 Puisque, du temps d'Oppien, les pêcheurs prenaient ainsi des phoques dans les filets , il faut en conclure que l'espèce était encore commune dans la Méditerranée , quoiqu'elle l'eût été davantage à l'époque où Aristote écrivait.
Le phoque fut m.ieux observé par les Romains que par les Grecs. Pline remarque , au sujet de cet amphibie , qu'il était susceptible d'une sorte d'instruction, qu'on lui apprenait à saluer de la tête et de la voix, et à donner, suivant les ordres de son maître, plusieurs autres signes d'intelligence et de docilité.
On croyait que la peau du phoque avait la propriété d'écarter la foudre, et c'est pour cette raison que l'empereur Auguste en portait toujours une avec lui, et que Septime- Sévère en faisait couvrir ses tentes. Un supposait même, dans les campagnes d'Italie , que la peau des phoques avait le pouvoir d'écarter la grêle et l'effet malfaisant des intempéries de l'air, et qu'il suffisait d'en suspendre une à un cep de vigne pour garantir toute la plantation.
Tout ce que nous venons de dire s'applique au phoque de la Méditerranée. Il ne paraît point que la chair de cette espèce ait été recherchée à Rome 5 on la mangeait en Italie du temps de Galien, et elle y était réputée indigeste, si elle n'était salée comme celle des baleines, des dauphins et des autres céta-
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ces. Il paraît aussi que la graisse de cet amphibie était employée par les empiriques de Rome comme un excellent spécifique dans une maladie des femmes citée par Pline.
Dans le moyen âge , les Norwegiens distinguaient les phoques en espèces, d'après leur taille, la variété de leur couleur, leurs habitudes et leurs besoins. Un auteur de cette nation, dans un ouvrage écrit vers la fin du Xlle. siècle , et qui a pour titre, en français, le Miroir royal ^ nous fournit les noms de six espèces.
Les Pennes ou Lapons acquittaient une partie de leurs tributs avec des fanons de baleines et des cordages de peaux de phoques. Les Islandais faisaient commerce de ces peaux et des vêtemens qui en étaient composés.
La peau de tous les phoques n'était pas également propre à être tressée et façonnée en cordages \ mais celle du groen-selr ou phoque barbu était convertie en câbles plus ou moins longs et d'une grande force, et elle est encore em|)loyce aujourd'hui au même usage par les Groenlandais. On la divise en lanières étroites qui servent de lignes de pêche, de cordes, de harpon , et remplissent en général le service des autres espèces de courroies qu'on ne fabrique en Europe qu'avec des substances animales ou végétales. La pêche des phoques avait lieu non- seulement en Norvvege et en Islande, mais encore en Ecosse et sur les côtes méridionales de l'Angleterre.
Les auteurs du moyen âge , qui ont écrit en Allemagne et en France , n'avaient qu'une connaissance vague des phoques, parce qu'ils habitaient loin des bords de la mer. Néanmoins ils en distinguaient plusieurs espèces.
En Asie , la pêche des phoques avait lieu chez les peuples sauvages qui habitaient la côte sablonneuse opposée à la Nouvelle-Zemble, lorsque les Moscovites parvinrent à les subjuguer. Les peuples voisins de la mer Glaciale péchaient des phoques et des baleines, et avec leur peau ils composaient des bottines, des bourses, des sacs. La graisse de ces animaux était une substance dont ils faisaient des échanges , ou qu'ils conservaient pour leurs propres besoins. L'usage des peaux de phoques, employées comme vêtemens , s'était singulièrement maintenu dans le nord de l'Asie et de l'Europe; et l'on voit, dans un ouvrage de sainte Hildegarde , qui vivait au Xle. siècle, qu'on leur attribuait des vertus particulières.
On connaissait l'art d'extraire l'huile de la graisse des phoques 5 elle était un objet de commerce au commencement du XlVe. siècle , et se vendait en tonneaux. 11 est fait mention de cette huile dans des actes de 1292, i3i5, iSyo, etc.
Lorsque la religion chrétienne eut été prêchée dans le Nord , l'usage de la chair des phoques fut défendu dans les jours d'abstinence, tandis qu'on pouvait en tout temps user de celle des baleines. On considérait les phoques comme de véritables quadrupèdes.
ESriCES DE PHOQUES ACTUELLEMENT CONNUES.
On connaît aujourd'hui onze à douze espèces de phoques.
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Le Phoque a capuchon, phoca cristata (Lin.), que les Groenlandais nomment neitscrsoak, et qui a pour caractères particuliers im capuchon de peau , dans lequel il peut renfoncer sa tète jusqu'aux yeux; le poil blanc , mais entouré à sa base d'une sorte de laine noire, co qui le fait paraître d'une belle couleur crise. Il se trouve très-abondamment au détroit de Davis.
Le Phoque-Calpmatch , nom donné par les Anglais à une espèce de phoque des îles Solkiand , qui paraît être la précédente.
Le Phoque-Cocuox-marin , qui ne paraît être qu'une simple variété de Vours marin.
Le Phoque commun, phoca vitulina (Lin.), qui est l'espèce la plus répandue et qui se trouve nonseulement dans la mer Baltique et l'Océan atlantique, depuis le Groenland jusqu'au cap de Bonne- Êspéraiice, d'une part, et de l'autre jusqu'aux terres Magellaniques et aux îles de cette partie méridionale de l'Amérique , mais encore dans la Méditerranée, la mer Noire , et même, à ce que l'on dit , dans la mer Caspienne et dans le lac Baïkal^ ainsi que dans les lacs Onega et Ladoga en Russie.
Le phoque commun a 5 ou 6 pieds de longueur ; la partie antérieure de la tète ayant beaucoup de rapports avec celle de la loutre : le museau large et plat et le nez peu saillant 5 les oreilles marquées seulement par un très-petit tubercule qui s'élève sur le bord antérieur de leurs orifices j les yeux placés plus près des oreilles que du bout du nez ; la partie postérieure de la tête très-grosse ; le cou très-court j la poitrine plus grosse que le ventre j le corps d'une figure conique , diminuant de grosseur depuis la poitrine jusqu'à l'extrémité de la queue ; le bras et l'avant-bras courts et cachés sous la peau de la poitrine ) le poignet seul saillant au dehors 5 les doigts au nombre de 5 , renfermés dans une membrane qui sert de nageoire 5 les pieds de derrière sans hanches ni cuisses apparentes, bien que cachées sous la peau, et pourvus aussi de 5 doigts également enveloppés dans une membrane ; les ongles plus grands aux pieds de derrière qu'à ceux de devant j le poil court, couché en arrière, raide, et néanmoins fin et luisant , brun ou noirâtre jusqu'à la pointe , qui est d'un gris jaunâtre.
Le Phoque a CRiNiènE , de Forster. C'est le phoque-lion-marin.
Le Phoque a croissans, phoca groenlandica ( Lin. ) , qui change de nom dans le Groenland, à mesure que son poil prend des teintes différentes , suivant son âge. Ce poil est tout blanc sur le fœtus, un peu moins blanc à un an, gris à la seconde année, un peu plus gris dans la troisième, tacheté dans la quatrième , et d'un beau gris blanc dans la cinquième , époque où l'animal a sur le dos deux croissans noirs dont les pointes se regardent.
Ce phoque a sous la peau une couche épaisse de graisse , dont on tire une huile qui, pour le goût , l'odeur et la couleur , ressemble assez à de vieille huile d'olive.
On trouve le phoque à croissans non-seulement au détroit de Davis et aux environs du Groenland, mais encore sur les côtes de la Sibérie et jusqu'au Kamtschatka. A en juger par un passage de Char-
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levoix, cette espèce doit se rencontrer aussi près des côtes orientales de l'Amérique du Nord.
Le Phoque -Gassigiak. Buffon regarde comme espèce distincte le phoque nommé gassigiak ou kassigiak par les Groenlandais, et dont la peau estj dans les jeunes, noire sur le dos et blanche sous le ventre , et ordinairement tigrée dans les vieux. Les noraenclateurs ne l'ont point séparé du phoque commun.
Le grand Phoque de l'île de Saint-Paul , décrit par M. Fleurleu dans sa. Relation du voyage du capitaine Marchand , avait été observé par John-Henri Cox dans les îles solitaires et inhabitées d'Amsterdam et de Saint-Paul, jetées à environ looo lieues du cap de Bonne-Espérance et 600 lieues de la côte occidentale de la Nouvelle - Hollande. Il est de la taille du phoqtie à museau ridé } mais il n'a point de trompe formée par la peau de la lèvre supérieure comme lui , et l'absence d'oreilles externes le fait distinguer du lion- marin. Sa longueur est de 20 pieds anglais et sa circonférence de 21 pieds ; sa couleur est d'un blanc sale tirant sur le gris. Ses habitudes n'ont rien de remarquable.
Le Phoque - Laktak du Kamtschatka, qui est rapporté par Erxleben à l'espèce du phoque à ventre blanc ^ ne se prend qu'au-delà du ^t^, degré de latitude, soit dans la mer du Penglna, soit dans l'Océan oriental.
Le Phoque-Lion-marin, p^oca/wèa^a. (Lin., Erxleb. ) Le lion-marin, confondu mal à propos avec le phoque à museau ridé , s'en distingue principalement par la présence d'oreilles externes et l'absence de cette crête que l'on remarque sur la tête de cette espèce. Il a de particulier une crinière de poils épais , ondoyans , longs de 2 ou 3 pouces , et de couleur jaune foncé, qui s'étend sur le front, les joues , le cou et la poitrine. Cette crinière se hérisse lorsqu'il est irrité et lui donne un air menaçant. La femelle, qui a le corps plus court et plus mince que le mâle , n'a pas le moindre vestige de cette crinière ; tout son poil est lisse , luisant, poli, court, et d'une couleur jaunâtre assez claire ; celui du mâle, à l'exception de la crinière, est de même luisant, poli et court 5 seulement il est d'un fauve brunâtre et plus foncé que celui de la femelle 5 au reste , la couleur de ces animaux varie selon l'âge.
Ce phoque pèse de i5 à 1600 livres, et sa longueur est de JO à 12 pieds français lorsqu'il a pris tout son accroissement. La femelle est plus petite que le mâle.
L'un et l'autre sexe ont la tête très-petite 5 le museau semblable à celui d'un dogue ^ la lèvre supérieure pendante sur l'inférieure ; les moustaches longues, disposées sur cinq rangs j les oreilles coniques et longues seulement de 6 à 7 lignes 5 les yeux grands et proémlnens ; l'iris vert ; la langue couverte de petites fibres tendineuses, et un peu fourchue à son extrémité.
Le lion-marin ^ au lieu de pieds de devant, a, de chaque côté de la poitrine , des nageoires qui sont lisses et de couleur noirâtre, ayant la forme d'un triangle allongé, et sans apparence de doigts, quoiqu'elles en renferment cinq. Les nageoires posté-
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Heures sont, comme celles de devant, couvertes d'une peau noirâtre, lisse et sans aucun poil; mais elles sont divisées à l'extérieur en cinq doigts fort longs et aplatis, terminés par une membrane mince, comprimée , et qui s'étend au-delà des doigts. Les petits ongles qui sont au-dessus de ces doigts ne servent à l'animal que pour se gratter le corjjs.
Les lions- marins , qui ont beaucoup de rapports avec les ours-marins , présentent cependant avec ces animaux quelques différences notables dans les habitudes. Ils sont indolens et fort lourds, et ne marquent que peu d'attachement pour leurs petits, tandis que les ours - marins sont très -vifs et donnent les preuves d'un grand amour pour leur progéniture.
Le lion-marin est assez commun sur les côtes du Brésil , et on l'a trouvé aussi sur les côtes des Patagons , dans le grand Océan boréal , dans les îles Kuriles et au Kamtschatka, aux îles Malouines, aux îles du Nouvel-An, etc.
Les lions-marins marchent de la même manière que les autres phoques , c'est-à-dire en se traînant avec les pieds de de%'ant , mais encore plus pesamment ; il y en a même qui sont si lourds , et ce sont probablement les vieux, qu'ils ne quittent pas le roclier sur lequel ils sont établis, el où ils passent le jour entier à dormir. Mais ces animaux, si pesans sur terre, déploient, lorsqu'ils sont à l'eau, une étonnante vitesse.
Les lions-marins se tiennent par grandes familles, ordinairement composées d'un mâle adulte, de dix à douze femelles et de quinze à vingt jeunes des deux sexes. La présence ou la voix de l'homme les fait fuir et se jeter à l'eau ; car, quoique ces animaux soient bien plus grands et bien plus forts cjue les ours-marins, ils sont néanmoins plus timides. Lorsqu'un homme les attaque avec un simple bâton, ils se défendent rarement et fuient en gémissant. Jamais ils n'attaquent ni n'offensent, et l'on peut se trouver au milieu d'eux sans avoir rien à craindre; ils ne deviennent dangereux que lorsqu'on les blesse grièvement ou qu'on les met aux abois: la nécessité leur donne alors de la fureur; ils font face à l'ennemi et combattent avec d'autant plus de courage , qu'ils sont plus maltraités. Les chasseurs cherchent à les surprendre sur la terre plutôt que dans la mer, parce qu'ils renversent souvent les barques lorsqu'ils se sentent blessés. Comme ces animaux sont puissans, massifs et très-forts, c'est une espèce de gloire parmi les Kamtschatdales que de tuer un lionmarin mâle. Les mâles se livrent souvent entre eux des combats longs et sanglans , soit pour défendre leurs femelles, soit pour conserver la place que chaque mâle occupe toujours sur une grosse pierre qu'il a choisie pour domicile.
L'accouplement est précédé , dans cette espèce, de plusieurs caresses étranges : c'est le sexe le plus faible qui fait les avances.
Ces animaux choisissent toujours les côtes désertes pour y faire leurs petits et s'y livrer aux plaisirs de l'amour. Il paraît qu'ils ne prennent aucune nourriture pendant leur séjour à terre, qui dure quelquefois plus d'un mois ; aussi deviennent-ils maigres. Us ont alors l'habitude d'avaler un certain nombre de grosses pierres qui tiennent leur estomac tendu.
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Le temps de la gestation est d'environ i i mois ; les voyageurs ne s'accordent pas sur le nombre de petits que la femelle produit à chaque portée.
L'odeur de ces animaux est forte ; leur chair est noire et mauvaise.
Le Phoque - Loup - marin. C'est le phoque commun.
Le Phoque de la Méditerranée, de Rondelet. C'est le petit phoque noir.
Le Phoque a museau ridé , ou le lion-marin de Dampierre, ou loup-marin d'Ulloa , ou lion-marin de Buffon , phoca leonina. (Lin., Erxleb. ) Ce phoque, dit Anson , quand il est parvenu à toute sa taille, peut avoir depuis 12 jusqu'à 20 pieds anglais de longueur, et sa circonférence depuis 8 jusqu'à i5. Son corps, dont la plus grande épaisseur est vers les épaules, va en diminuant jusqu'à la queue. Il a le poil rude, très-court et d'une couleur cendrée, mêlée quelquefois d'une légère teinte d'olive; la queue et les pieds noirâtres; la lèvre supérieure avançant de beaucoup sur la lèvre inférieure, et la peau de cette première lèvre, qui est une espèce de crête , mobile , ridée et bouffie tout le long du museau ; cette grosse crête pendante en avant du nez et ayant de 5 à 6 pouces de longueur ; le museau chargé de moustaches très-longues ; les yeux gros, et la gueule armée de dents très-fortes.
La femelle diffère du mâle en ce c^u'elle n'a pas la crête ridée de la tête, et que sa lèvre supérieure est fendue; elle est d'ailleurs moins grande et moins grosse que le mâle.
Ces phoques se trouvent également dans les deux hémisphères. Us sont en très-grand nombre à l'île de Juan - Fernandez ; Bougainville les a trouvés communément aux îles Malouines, et Cook à l'île Georgia (l'île Saint-Pierre). Us passent l'été dans la mer, et tout l'hiver à terre. C'est dans cette saison que les femelles mettent bas ; les portées sont de deux petits. Ils se nourrissent de poissons et de l'herbe qui croît sur le bord des eaux courantes.
Le Phoque-Neit-Soak, joAoca hispida. (Erxleb., Lin.) Ce phoque^ sans oreilles externes, est plus petit que les précédens; son poil est mêlé de soies brunes et aussi rudes que celles du cochon ; la couleur en est variée par de grandes taihes, et il est hérissé comme celui de Vours-marin. 11 se trouve au Groenland.
Le Phoque noir ( petit ) , phoca pusilla. ( Lin. , Erxleb. ) Ce phoque est long de 2 ou 3 pieds ; sa forme est celle de Vours-marin ; son poil est noir en dessus , blanc en dessous , ondoyant et long. Il se trouve dans l'Océan, dans la Méditerranée et à Pile de Juan-Fernandez, et non aux Indes com.me l'a dit Buffon. Il paraît être le phoca des Anciens.
Le Phoque-Ours-marin, /7^oca ursina. (Erxleb., Syst. mamm. ; Lin. , Sjst. nat. , cdit. Gm. ) Le phoque-ours-marin est , après le lion-marin, la seule espèce du genre phoque qui ait des oreilles externes; il est plus commun que le lion-marin, et les voyageurs l'ont reconnu dans tous les Océans ; ils l'ont trouvé dans les mers de l'équateur et sous toutes les latitudes, jusqu'au 56fi. degré dans les deux hémisphères. Dampier est le premier qui en ait parlé sous
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le nom A'ours-mann ; quelques autres navigateurs l'ont appelé phoque commun, parce qu'on le trouve en eflet très -communément dans toutes les mers australes et boréales 5 mais ce nom est mal appliqué, puisqu'il appartient spéciliquement au phoque qui se trouve sur les côtes d'Europe , qui n'est pas , à beaucoup prés , aussi grand , et qui, de plus , n'a pas li'oreilles extérieures.
h'ours-mart'n, qu'il ne faut pas confondre avec Vours blanc de mer, qui est un plantigrade, ressemble beaucoup, pour ses formes extérieures , au lionmarin ; il en a la tète, les oreilles externes; son corps a la même proportion avec la tête 5 ses membres sont conformés de la même manière \ sa queue est aussi courte, etc. ; mais il en diffère par la taille et par le pelage.
Le j'oids des plus grands ours-marins des mers du Karatichatka est d'environ 800 livres, et leur longueur n'excède pas 8 à 9 pieds. Ils ont le poil hérissé, épais et long, de couleur noire sur le corps , et jaunâtre ou roussàtre sur les pieds et les flancs , et sous ce long poil une espèce de feutre fort doux , et qui est aussi de couleur roussàtre; mais dans la vieillesse, les plus longs poils deviennent gris ou blancs à la pointe, ce qui les fait paraître d'une couleur grise un peu sombre. Ils n'ont pas autour du cou de longs poils en forme de crinière , comme les lions-marins. Les femelles diffèrent si fort des mâles par la couleur ainsi que par la grandeur, cju'on serait tenté de les prendre pour des animaux d'une autre espèce. Leurs plus longs poils varient; ils sonttant<!)t cendrés et tantôt mêlés de roussàtre. Les petits sont du plus beau noir en naissant ; on fait de leur peau des fourrures Cjui sont très-estimées; mais dès le quatrième jour après leur naissance, il y a du roussàtre s'.ir les pieds et sur les côtés du corps : c'est pour cette raison que l'on tue souvent les femelles qui sont pleines, pour avoir la peau du fœtus qu'elles portent, parce c[ue cette fourrure des fœtus est encore plus soyeuse que celle des nouveau-nés.
Les habitudes de V ours-marin diffèrent peu, quant au fond, de celles du lion-marin. Ils vivent en familles ; chaque chef se tient à la tête de la sienne , composée de ses femmes au nombre de huit ou dix, quelquefois de quinze ou de vingt, el de tous leurs petits des deux sexes; chaque famille se tient séparée , et quoique ces animaux soient en certains endroits par milliers, les familles ne se mêlent jamais. Les mâles se battent entre eux pour se disputer la
fiossession des familles; et après un combat cruel , e vainqueur s'empare de la famille du vaincu, qu'il réunit à la sienne.
XJ ours-marin craint seulement le lion-marin ; du reste , il fait une guerre cruelle à tous les autres animaux de mer, et notamment à la saricovienne. Il n'est ni dangereux ni redoutable pour l'homme ; il ne cherche même pas à se défendre contre lui , et il n'est à craindre que lorsqu'on le réduit au désespoir etqii'on le serre de si près qu'il ne peut fuir. La femelle de Vours-marin n'a pas l'indifférence qu'on reproche à la lionne-marine pour son petit ; elle lui témoigne un attachement si vif et si tendre , que, même dans le plus pressant danger pour sa propre personne^ elle n'abandonne jamais son our-
PHO
son } elle emploie tout ce qu'elle a de force et de courage pour le défendre et le conserver, et souvent, quoi([ue blessée elle-même, elle l'emporte dans si gueule pour le sauver.
Le cri des ours-marins est plaintif, mais il varie selon les circonstances. En général , le bêlement d'un troupeau entier de ces animaux ressemble de loin ù celui d'un troupeau composé de moutons et de veaux.
Les femelles mettent bas au mois de juin sur les rives désertes de la mer du Nord ; et comme elles entrent en chaleur dans le mois de juillet suivant, on peut en conclure que le temps de la gestation est au moins de 10 mois; les [lortées sont ordinairement d'un seul, rarement de deux; les mères les allaitent jusqu'à la fin d'août.
LePHOQUE-URiGNE,p^ooa/«p//;a. (Molin., Hist. nat. du Chili.) Ce phoque , sans oreilles externes, se trouve sur toute la côte et aux environs des îles du Chili; les Français et les Espagnols le nomment loup-marin. Sa forme est celle de tous les phoques. 11 a la lèvre supérieure un peu cannelée comme celle du lion-marin / la gueule si grande , qu'une boule d'un pied de diamètre pouri'ait y entrer ; les extrémités comme celles au phoque commun, à l'exception qu'il n'y a que quatre doigts aux pieds de devant. Ces phoques s'accouplent à la fin de l'automne. La femelle met bas au printemps; elle fait un ou deux petits, rarement trois. Elle est plus belle que le mâle ; sa taille est plus swelte et son cou plus long. U'urigne marche très-mal et nage avec une extrême rapidité. La voix des vieux peut être com|)arée au mugissement du taureau ou au grognement du cochon : celle des jeunes ressemble plutôt au bêlement des agneaux. On tue chaque année une quantité prodigieuse de ces animaux sur les côtes du Chili. Leur peau sert à faire des outres pour soutenir des radeaux; ou en fait aussi des souliers et des bottes imperméables à l'eau. Lorsqu'elle est bien apprêtée, elle ressemble à du maroquin à gros grains. Leur graisse sert à préparer les cuirs et même à brûler; les matelots s'en servent pour la friture; et lorsqu'elle est fraîche, elle n'a rien de désagréable.
Le Phoque-Veau-marin. V. Phoque commun.
Le Phoque a ventre blanc, phocabarbata (Lin., Erxleb.j p/zoca maccima). Le corps de ce grand jc/zoque , comme celui de toutes les autres espèces, est de forme presque cylindrique, plus amincie vers la queue. Son poids peut être de 6 à 700 livres ; sa longueur est de 7 pieds et demi à 8 pieds; sa circonférence, à l'endroit le plus épais du corps, est de 5 jjieds, et seulement d'un pied 9 {)0uces près de l'origine de la queue. Il a la peau couverte d'un poil court, très-ras, lustré et de couleur brune, mélangé de grisâtre principalement sur le cou et la tête, où il parait comme tigré ; le poil plus épais sur le dos et sur les côtés du corps que sous le ventre , où l'on remarque une grande tache blanche, qui se termine en pointe en se prolongeant sur les flancs ; les yeux grands, bien ouverts, assez semblables à ceux du bœuf; la gueule assez grande et environnée de moustaches semblables à des arêtes de poisson; les àchoires garnies de 32 dents, dont 20 molaires,
8 incisives et 4 canines; les oreilles consistant en