‹ Traité général des eaux et forêts, chasses et pêchesChapitre 22 sur 344 · ARR · texte numérisé non relu

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ARGYREIOSE, argyreiosus. Genre de poissons établi par Lacépède pour placer le zeus vomer de Linnceus , qu'il a reconnu devoir être séparé des autres Zées. V. ce mot.

Ce genre offre pour caractères un corps très-comprimé, une seule nageoire dorsale, dont plusieurs i-ayons sont terminés par des filamens très-longs, et accompagnés latéralement de plusieurs picpaans ; une membrane verticale placée transversalement au-dessous de la lèvre supérieure : les écailles très-petites j les nageoires ventrales très-allongées; des aiguillons devant la nageoire du dos et celle de l'anus.

L'Argyréiose- Vomer s'appelle en français doréle-coq. Jl se trouve dans les mers les plus chaudes, comme dans les mers les plus froides, c'est-à-dire dans celles du Brésil et dans celle de Norwege. Sa longueur est d'un demi-pied : il a peu de chair , mais elle est d'un bon goût. On le prend à l'hameçon et au filet.

ARMAILLADE. Filet en tramail pour la pêche dite cara. V. Battude.

ARME. Nom spécifique d'un poisson du genre silure , silurus militarls^ Lin., qu'on trouve en Asie, suivant Linnœus, et à Surinam^ d'après Bloch. V. au mot Silure.

ARQUE. Nom spécifique d'un poisson du genre chétodons , qu'on trouve dans les mers du Brésil.

ARONDELLE. C'est V Hirondelle de mer. V. ce mot.

ARONDELLE. Corde garnie de lignes latérales, qui porte des haims, et qu'on fixe sur le sable par de petits piquets. V. Ligne.

ARRAIN-GORRIA. Le poisson que les Basques nommentainsi, est suivant Duhamel, le même que celui qu'on nomme brème de mer sur les côtes de la Haute-Normandie. On trouve des poissons de cette espèce qui ont un pied et demi de longueur, et de plus petits, qui n'ont que 5 pouces. Ce poisson, demiplat, a les opercules des ouïes de couleur nacrée j le dessus de la tête et du corps de couleur changeante ; le dessous du ventre blanc avec des reflets argentés; la gueule petite , garnie de petites dents ; les yeux grands; un grand aileron qui règne depuis l'aplomb de l'articulation des nageoires branchiales , jusque près l'origine de l'aileron de la queue; les douze premiers rayons du côté de la tète épineux , les autres flexibles; Paileron de derrière l'anus n'ayant que lo à 12 lignes d'étendue à son attache au corps, les trois premiers rayons du côté de l'anus piquans , l'aileron de la queue fendu , une nageoire derrière chaque ouïe, et deux petites sous le ventre , dont le premier rayon est piquant. Ce poisson n'est pas fort abondant sur les côtes des Basques.

ARRET. ( T. de navig. ) On nomme arrêt nn empêchement par le moyen duquel on barre le milieu d'une rivière , pour retenir un flot au port où l'on a destiné de le retirer; ce qui se fait avec vannes , gauthiers , perches , chevalets^ ou autres instrumens. Les arrêts de perches se font en sciant les perches en deux; chaque moitié forme un pieu; on en enfonce une partie à demeure dans la rivière; l'autre , conservée dans toute sa longueur, est placée en travers , devant et derrière les pieux comme des espèces de chanlati;es.

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Les arrêts de chevalets , plus considérables , servent à arrêter les grands flots.

ARRÊTS ET ARRÊTÉS concernant la pêche. V. Pêche.

ARRETE-NEF. Poisson du genre des échénéis , qu'on nomme aussi pilote , sucet., et remore ou Rémora. V. ce dernier mot.

ART. Les pêcheurs des côtes du Roussillon nomment ainsi le filet appelé Boulier. V. ce mot.

ARUANA. Nom spécifique d'un poisson du genre diétodon , chœtodori aruanus , Lin., qu'on trouve dans les Indes.

A-SEC. Ud-sec des étangs est le temps qu'on laisse les étangs à vide d'eau, et sans être empoissonnés. Les marins disent qu'un endroit assèche quand il n'y reste point d'eau de basse mer. V. à l'article Pêche les différentes sortes de pêche qui se font à basse eau.

On appelle assec , en Bresse , tout le temps où un étang demeure à sec après avoir été péché.

Voici sur les assecs l'extrait d'un ancien auteur, que M. Garran de Coulon a placé dans le Répertoire de jurisprudence.

ce L'étang, dit Revel sur les statuts de ce pays (la Bresse), a comme deux saisons, Vévolage et V assec. U'évolage est l'étang qui est rempli d'eau et appoissonné ; on appoissoune un étang ordinairerement aux mois de mars et avril; et on le pêche la seconde année , à l'Avent ou au Carême. La pêche faite , il demeure sec et à soleil le resie de cette année ; et nous l'a^îpelons un étang en assec.

33 II arrive souvent que tout l'évolage et les poissons sont à un seul ou plusieurs. Chacun se trouve à la pêche et y prend sa part.

33 II arrive aussi souvent que ceux qui n'ont rien à la pêche ont des portions en Vassec , que nous appelons pies presque parties j de sorte que, quand i'étang est péché et vidé, chacun va reconnaître ses pies , c'est-à-dire les cantons qu'il a dans le sol dudit étang, qui de dix copées, qui de quinze , etc. ; lesquelles sont distinguées par bornes ou par picots de bois : chacun laboure sa pie, la sème ou en fait comme il lui plaît , et en prend les fruits la même année , et quand les pluies arrivent , on ferme les bondes ou bouchettes , déchargeoirs ou daraises, et on fait remplir d'eau l'étang , pour être appoissonné ès-dits mois d'avril et mars. 33

Suivant le même auteur, « celui qui a une pie et une portion en Passée d'un étang , la peut clore d'une haie morte seulement, et non d'un fossé ni d'une haie vive , pendant le temps dudit assec, qui est seulement d'une année , à commencer à Fàque et à finir à la Toussaint, et à la faire labourer pour la semer d'avoine , orge et autres menus blés qu'elle sera propre de porter. 33 Cela est attesté par un acte de notoriété des praticiens du marquisat de Villars, du 26 juin i65j.

Celui qui a assec dans un étang , quelque petit qu'il soit , y a, par cela seul, le droit de parcours pour son bétail ; c'est ce qu'on appelle champéage et brouillage ^ c'est-à-dire le droit d'y mener paître son bétail quand l'étang est en eau.

11 y a encore le droit de naisage , c'est-à-dire d'y porter ou mener rouir son chanvre . ['ourvu qu'il ne

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le mette dans la pêcherie, et qu'il y ait de l'eau suffisamment; car en temps de sécheresse, lorsque le poisson souffrirait de la puanteur que rend le chanvre, ce naisiige ne lui serait pas permis. Revel cite encore à cette occasion un autre acte de notoriété des praticiens de Villars, du 2.4 avril lôS/, et un jugement arbitral pour la dame de la Bastia, où il était l'un des arbitres.

Enfin, dit-il, le maître d'un étang a derrière la chaussée ^e j ci c/c berce i, c'est-à-dire qu'il y peutgazonner et prendre de la terre dans l'espace de j pieds ou y pieds et demi pour réparer la chaussée , à moins qu'il V ait bornes et limites , ou possession au contraire, suivant un autre acte de notoriété, qui a été aussi donné par les praticiens de Villars, et qu'il rapporte en entier d'après Guichenon.

Les propriétaires des assecs contribuent aux réparations de l'étang pour un tiers, et les propriétaires de l'évolage pour les deux autres tiers, chacun néanmoins a\i prorata de ce qu'il possède. Le plus grand portionnaire ou copropriétaire d'un étang a le droit de l'empoissonner seul , et de fixer le jour pour faire la vente de la pèche, en en donnant avis aux autres portionnaires ; lors de la vente , il se fait rembourser des frais de l'empoissonnement. Il a encore la même autorité pour donner \q prix fait , c'est-à-dire l'adjudication des réparations de l'étang.

ASELLUS. Nom d'un poisson du genre des gades sous les Romains , qui en faisaient grand cas, ainsi que des diverses espèces de gades que possède la Méditerranée, les seules que les auteurs romains aient citées sous le nom à!'aseUus , de callarias , de bacchos^ ou sous telle autre désignation aussi incertaine. Ovide , parlant de Vasellus^ ajoute qu'un aussi bon poisson ne méritait pas un nom aussi ignoble. Suivant Oppien, les pêcheurs avaient observé que ce gade, redoutant les chaleurs de la canicule, se tenait caché dans les profondeurs de la mer, tant que l'étoile brûlante de Sirius se montrait sur l'horizon.

ASOTE. C'est le nom spécifique d'un poisson du genre silure qu'on trouve dans les mers d'Asie.

ASPIDOPHORE , aspidophorns. Genre de poissons établi par Lacépède aux dépens des cottes de Linnaeus.

Ce genre présente pour caractères une sorte de cuirasse écailleuse couvrant le corps et la queue; deux nageoires sur le dos; moins de 4 rayons aux nageoires ventrales.

Les deux espèces qu'il renferme sont Vaspidophore armé {cottus cataphractus) et Vaspidophore lisiza ( cottus japonicus) .

Lapremière, qui est très-remarquable par sa forme elles boucliers qui recouvrent son corps, a plusieurs barbillons à la mâchoire inférieure, une cuirasse à huit pans , deux verrues échancrées sur le museau, et 6 rayons à la membrane des ouïes; la tête large, aplatie par en bas et garnie de pointes en dessus ; la mâchoire supérieure avançant sur l'inférieure , et toutes deux, ainsi que le palais , armées de plusieurs petites dents pointues, l'ouverture de la bouche en dessous et courbée en demi-lune, la langue large et mince, le dos brun et le ventre blanchâtre, l'anus peu éloigné des nageoires ventrales ; les nageoires

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pectorales grandes, rondes, parsemées de taches noires ; les ventrales étroites et longues ; l'anale, qui est fort éloignée de la queue , ayant 148 rayons ; sa caudale ronde; les nageoires du dos grises, tachées de noir, et l'antérieure épineuse.

Ce poisson ne parvient qu'à la longueur de 6 pouces. Il se trouve dans les mers du Nord , sur-tout à l'embouchure des grands fleuves. 11 se nourrit de crustacés et de coquillages. On le prend au filet et à l'hameçon. On le mange après lui avoir coupé la tête et enlevé la cuirasse. Il est connu, sur les côtes de France et d'Angleterre , sous le nom de pogge.

L'AspiDOPHORE LISIZA n'a point de barbillons à sa mâchoire inférieure , et sa cuirasse, octogone, a des boucliers épineux.

ASSECHER. Mettre à sec. Ce mot se dit des étangs , mares et marais dont on retire l'eau après avoir été péchés. Il est d'usage en Bresse principalement. V. A-Sec.

ASSOUVER. Mot qui n'est plus guère en usage. Il se disait d'un étang qui s'empoissonne de luimême , qui produit de lui-même du poisson. Un étang assouve aisémejit quand une rivière y passe.

ASTÉRIES. V. Étoile-de-mer.

ATHERINE , atherina. Genre de poissons de la division des abdominaux , dont le caractère consiste à avoir deux nageoires au dos , une raie argentine aux côtés , la tète aplatie en dessus dans sa partie antérieure, et 6 rayons à la membrane branchiostège.

L'athérine-joële , atherina hepsetus , Lin., a 12, ou i3 rayons à la nageoire anale ; elle se trouve dans les mers d'Europe et dans la mer Rouge , fraie au milieu du printemps, et atteint rarement plus de 4 pouces de longueur : elle est presque diaphane , brunâtre en dessus, argentine en dessous, et grise sur les côtés.

On la prend souvent en immense quantité au filet. On la mange principalement frite : elle forme un très-bon appât pour la pêche à la ligne des poissons voraces. On l'appelle aussi prester ou prêtre dans quelques ports de mer. V. Prestre.

ATHON. V. Thon.

ATTRAIT ( T. de pêche). Synonyme à.'' appât ou d''amorce.

AUBUSSEAU. On pêche en Poitou et en Aunis ce petit poisson, qui a 3 à4 pouces de longueur. Ses écailles ou sa peau sont argentées , excepté au dos, où il y a une bande d'environ 3 lignes de largeur d'un bleu clair et brillant, qui règne dans toute la longueur du poisson. La mâchoire inférieure, qui excède la supérieure , forme un crochet qui se recourbe en en haut. Ce poisson est assez bon à manger quand il est frit.

La pèche des aubusseaux se fait avec un filet qu'on tend en courtine sur les vases. Pour tendre le filet et prendre le poisson , les pêcheurs se portent sur les vases avec un petit bateau ou une espèce de traîneau qui glisse sur la vase ; avec ces petits traîneaux qu'ils nomment acons , ils s'éloignent quelquefois de la côte de plus d'une lieue ; et lorsque leur pêche est abondante , ils marinent de ces petits poissons.

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