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férences aussi marquées dépendent de la qualité des eaux.
Pendant les mois de février, mars et avril, il monte dans la Rance une ])rodigieuse quantité de grados y de prestres et à'' épeilans bâtards; ce qui Tait une manne pour le pays, sur -tout pendant le carême, et dont Saint-Malo profite. On pêche ces petits poissons avec des seines épaisses.
La pêche des prestres, piestras, grados , éperlans bâtards, se fait à Brest avec le carreau et les haims, et elle se pratique principalement autour des vaisseaux où se rassemblent ces petits poissons. On en prend aussi avec une espèce de truble ou un sac de filets à petites mailles , monté sur un cercle rond : ces petits poissons, dout on fait peu de cas , servent d'appât pour amorcer les haims; ce cercle est emmanché au bout d'une perche. Entre les pêcheurs qui sont dans le bateau, les uns manient le filet, les autres le hissent avec une manœuvre, qui passe dans une poulie frappée au màt du bateau.
A l'entrée de la rade de Brest, on fait encore la pêche des grados ou crados avec une seine de i5 à ?)0 brasses de longueur ; elle est lestée de pierres distribuées de brasse en brasse sur la ralingue du pied du filet. Un homme dans un petit bateau porte le filet au large , et quatre qui restent à terre conservent le haliu , qui est amarré au canon du filet. Quand celui qui est dans le canot a mis le filet à l'eau, ceux de terre le halent et prennent les grados ou prestres.
PRIME (VOYAGE DE). Les pêcheurs de morue appellent ainsi le premier voyage qu'ils font dans l'année au banc de Terre-Neuve, et qui fournit une pêche plus abondante que le second.
PRIME. On appelle sardines de prime celles qu'on prend au coucher du soleil jusqu'à l'entrée de la nuit , et aube celles de la pêche du matin.
PRIMES. On appelle ainsi les encouragemens que le gouvernement accorde pour différentes pêches, telles que celles de la Baleine , du Cachalot, de la Monte. V. ces mots.
PRIN. On ïiO\a.n\& filet-prin une corde d'auffe qu'on emploie pour monter les bourdigues. V. Bourdigue.
PRIVILEGIES. Il y a des poissons qu'on nomm.e privilégiés, parce que, suivant la coutume, il est défendu de les prendre , ni pour le poisson bourgeois, ni pour autres redevances : tels sont les turbots, les saumons, les esturgeons, les marsouins.
PRUD'HOMMES -PÊCHEURS. Ce sont des juges spéciaux chargés de faire exécuter les réglemens sur les faits et procédés de la pêche dans plusieurs ports de mer. On b.s appelle aussi Anciens, ou Jiirés-Pâcheurs .
V., pour les juridictions des Prud'hommes-Pêcheurs, V article Pêche maritime , § 19.
PUCELLE ou PUCELOTTE. Nom f|ue l'on donne, au marché de Paris, à un poisson assez peu estimé , et qui n'est autre qu'une jeune alose qui a été prise avant d'être entrée en rivière. On le pêche dans la Manche 5 et comme il n'a ni laite ni œufs, on l'a nommé grand guy.
On donne aussi à Paris le nom de pucçUe à la feinte femelle. V. Feinte,
QUAL. Nom qu'on donne , sur les côtes de la Hollande, au frai des astéries , lequel est un poison pour l'homme et pour les animaux. C'est lui qui rend les moules dangereuses pendant l'été. Voy. Moule.
QUAPERVA. V. Guaperva.
QUARANTENIER. Petite corde grosse comme le doigt, qui sert à raccommoder les manœuvres, et à beaucoup d'autres usages.
QUARRE. Métier à faire à - la - fois plusieurs peilles ou piles. V. Corde.
QUENOUILLE. On nomme ainsi , sur la côte de Haute-Normandie, des bateaux qui sont d'un grand usage pour la pêche 5 il y en a de différentes grandeurs.
QUÊTE DE L'ÉTAMBOT, est la quantité dont l'étambot s'éloigne par en haut de la perpendiculaire à la quille, se portant en dehors.
QUEUE. V. Guidcau.
QUILLE. On nomme ainsi , dans le lac de Joux, en Franche-Comté, des morceaux de bois figurés comme des quilles, qui servent de signaux pour connaître les haims où les poissons ont mordu.
QUILLE. On nomme aussi de la sorte la pièce qui fait le fond du bâtiment, et sur laquelle sont assemblées les varane,ues.
QUINQUE-PORTE. Verveux dont le corps est comme cubique, et qui a quatre ou cinq entrées. V. Verveux.
QUINZE- VUS GTS. Filet du col du boulier, qui a des mailles de 6 lignes d'ouverture en carré: ainsi on pourrait l'appeler majour. V. Boulier.
QUIOULETTE. Manche de filet qui termina l'espèce de parc qu'on nomme pantanne ou paradière. V. Parc.
RABANS. Ce sont de petites cordes faites ordinairement de vieux chanvre. Il y en a qui n'ont que 6 fils, et d'autres plus gros. Ces cordages sont d'un grand usage pour la garniture des vaisseaux. Les pêcheurs s'en ser\ent aussi.
RABOT. C'est une perche à-peu-près semblable à l'instrument dont on se sert pour remuer et détremper la chaux, et que les pêcheurs emploient pour troubler l'eau et prendre plus lacilement le poisson. L'ordonnance de 1669, '*'■• XXXI, art. 1 j , défend de se servir de rabots |iour troubler l'eau, à peine de 5o fr. d'amende. V. Bouille.
RACINE. On empile ordinairement les hameçons sur crin ; boyau de ver à soie vulgairement appelé racine ; fil de pile formé de filamens d'une espèce d'aloùs qui croit en Amérique ; fil de laiton simple et double. V. Hameçon.
RACLARES. Filet de pèche en nappe simple, très-clair, pierre et flotté. Il a 25 brasses de long sur 3 de large : on le tend la nuit depuis le commencement de novembre jusqu'en avril.
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RACCOxMMODAGE DE FILET. V. Filet.
■RADEAU. Assemblage de plusieurs pièces de bois léger, fortement liées les unes aux autres, et qui forment un corps flottant, sur lequel on peut naviguer. On en fait en Chypre avec des tiges de fenouil , qui servent à pêcher aux lignes simples. V. IJgne.
RAF. Poisson, le même que le Flet. V. ce mot.
RAFLE. Verveux à plusieurs entrées. V. Vervenx.
RAGUETS. On appelle ainsi de petites morues.
RAIE, raia. Genre de poissons de la division des chondroptérygiens , qui renferme trente - deux espèces connues.
Caractère du genre. — Les raies ont cinq ouvertures branchiales de chaque côté du dessous du corps; la bouche située dans la partie inférieure delà tête; le corps très-aplati.
Ce genre se rapproche beaucoup de celui des squales, et se compose comme lui de poissons cartilagineux, qui ont le plus communément cinq ouvertures branchiales ; mais les squales ayant le corps rond, ces ouvertures sont des deux côtés, tandis que dans les raies elles ne peuvent se trouver qu'en dessous. Comme il y a des raies moins aplaties que les autres, et qu'il y a des squales qui le sont un peu , quelques espèces de ces deux genres sont assez peu caractérisées pour qu'on soit souvent embarrassé dans leur classification. V. Squale.
La plus grande partie des raies ont un corps de forme carrée , très-aplati, et qui se présente antérieurement par un de ses angles ; cet angle est la tête , qui ne se distingue pas du reste du corps dans la plupart des espèces, mais qui est indiquée en dessus par les deux yeux , les évents et les deux narines, et en dessous par la bouche, derrière laquelle sont les ouvertures branchiales ; les nageoires pectorales , dont chacune est presque toujours plus large que le corps proprement dit, sont presque triangulaires, et la partie la plus éloignée du corps forme les angles intermédiaires entre la tête et la queue ; la poitrine, en dessus, se distingue assez mal du ventre, mais en dessous leur séparation est bien prononcée.
Beaucoup de raies ont le corps garni en dessus d'épines recourbées , implantées dans leur chair , chacune par l'intermédiaire d'un mamelon plus ou moins gros. Quelques auteurs ont voulu établir des distinctions spécifiques sur le nombre de ces épines; mais Lacépède s'est assuré qu'on ne pouvait faire usage, pour cet objet, que de leur arrangement. Il est assez difficile de rendre raison de l'usage de ces épines.
Les raies ont l'ouverture de la bouche transversale , garnie de plusieurs rangées de dents , pointues chez les unes, émoussées chez les autres ; les ouïes dirigéesobliquement ; les yeux longs et garnis d\ine membrane clignotante , en avant les narines ressemblant à une large fente entourée d'une peau qui a l'aspect d'un réseau, couverte d'une membrane en forme de soupape , et sur laquelle on remarque des plis frangés; cette membrane est divisée par une cloison mitoyenne : aussi les raies jouissent - elles du sens de l'odorat à un degré très-éminent ; en ar-
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rière , deux ouvertures en forme de croissant , et terminées chacune par deux canaux , dont l'un se rend à la bouche et l'autre aux ouïes. Ce sont les évents qui servent à rejeter l'eau que l'animal avale en saisissant sa proie et celle qui entre continuellement dans ses ouïes. Ces ouvertures sont pourvues intérieurement d'une soupape, pour empêcher l'eau d'entrer dans la bouche et les alimens d'en sortir. Les ouïes sont conformées comme celles des autres poissons de cette classe.
Les nngeoires pectorales qui entourent le corps, excepté à la tête et à la queue, sont couvertes d'une peau épaisse qui empêche de comj)ter leurs rayons; les ventrales sont réunies à celles de l'anus.
La queue est longue, souvent quadrangulaire et épineuse , toujours diminuant de grosseur jusqu'à la pointe , qui est garnie d'une ou de deux petites nageoires verticales.
Habitation. — C'est dans l'immensité des mers , loin descAtes , qu'habitent les raies pendant la plus grande partie de l'année : là , elles attirent l'attention, du navigateur par le vaste espace qu'elles couvrent de leur corps , lorsque , dans le calme , elles se [)romènent à la surface des eaux ; mais à l'époque du frai, elles se rapprochent des côtes, et c'est alors que l'on en prend le plus.
Nourriture. — Les raies, comme les squales, sojit des poissons très-voraces. Elles se nourrissent de crustacés, de coquillages, de poissons, et, dit-un, de varecs. Elles attendent leur proie, cachées dans la boue ou dans le sable, ou la poursuivent avec rapidité à travers les flots. Quelques espèces, telles que la raie-batis , et qui ont la queue terminée i)ar une pointe cornée et aiguë, se servent de cette arme redoutable par sa force et sa flexibilité, pour percer les poissons dont elles veulent s'emparer, ou pour se défendre contre ceux qui cherchent à les dévorer. Des voyageurs ont même rapporté que les raies attaquaient les hommes, les étouffaient en les pressant avec leur large corps ^ et les rongeaient après leur mort.
Propagation. — L'ouverture de l'anus est à l'extrémité du ventre, près de la queue. C'est derrière cette ouverture qu'on remarque , dans les mâles deux corps saillans qu'on a long-temps pris pour le.s organes de la génération , mais que Bloch a prouvé par le raisonnement et la dissection, ne servir qu'indirectement à cet acte. Ce sont des espèces de pied* pourvus chacun de trois os , qui , dans l'accouplement, prennent la forme d'une griffe et servent à saisir et arrêter la femelle , à quoi aide une sérosité glutineuse qui sort d'une glande et s'amasse dans une bourse située entre les os.
Cependant, comme les raies sont vivipares, il fallait qu'ail y eût un accouplement réel, et Bloch a encore prouvé que cet accouplement avait lieu mais sans intromission d'organes saillans. Dans cette opération , le mâle se cramponne avec force contre la femelle, fixe l'ouverture de ses vésicules séminales contre l'ouverture des ovaires de la femelle, et la féconde sans doute par suite d'un frottement extérieur.
Les femelles des raies sont beaucoup plus grosses que les mâles. Elles ont deux ovaires^ dans les-
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quels il y a des œufs à différens degrés de maturité ; de sorte qu'il n'en sort jamais qu'un à-la-fois : aussi, pendant le temps du frai, qui dure 3 mois sur nos côtes, y a-t-il de fréquens accouplemens.
Les œufs des raies sont gros comme ceux des poules, et renfermés dans un cartilage quadrangulaire, terminé par quatre filamens de même nature. Ces œufs, qui ressemblent à un coussin allongé, sont souvent, lorsqu'ils sont vides, rejetés sur le rivage , où ils sont connus sous le nom de souris-de-mer.
On observera sans doute avec surprise que l'on jjarled'œufs, quoique l'on ait dit que les raies étaient vivipares ; mais il est difficile de s'exprimer autrement. Ce ne sont point de véritables œufs, ce sont des matrices oviformes que portent les raies. Quelque temps après le premier accouplement , il sort de leur ovaire un de ces œufs ou une de ces matrices, qui reste attachée à la mère, et dans laquelle se développe un fœtus jusqu'à l'époque où il est assez fort pour briser les enveloppes qui le tiennent enfermé , nager et se pourvoir de nourriture. Quelques auteurs, et Lacépède suit leur avis , prétendent que les petits éclosent dans le ventre même de leur mère, comme ceux des squales {\oy. Squale) \ mais il est facile de croire que ces deux manières peuvent avoir lieu dans la même espèce , selon les circonstances. Cet œuf n'est pas plutôt débarrassé de son fœtus, qu'il se sépare de la mère, et qu'il s'en présente un autre déjà fécondé avec le premier, ou qu'il se fait un nouvel accouplement, qui donne la vie à un nouvel œuf pourvu d'un blanc ou d'un jaune comme le premier , et ainsi de suite.
En général, les raies peuplent peu, quand on les compare aux autres poissons 5 car on ne peut pas présumer qu'il en naisse plus d'une ou deux douzaines de chaque femelle par année.
Qualités. — La chair de la raie est saine et savoureuse, quoiqu'en général un peu coriace. Celles qui sont transportées loin de la mer acquièrent de la qualité par les secousses du voyage : aussi en mange-t-on de très-bonnes à Paris. Le foie de ce poisson est regardé comme un mets très-délicat, et en conséquence t/ès-recherché des gourmets.
On a attribué aux œufs des raies de grandes vertus, uniquement à raison de leur forme extraordinaire; et encore aujourd'hui, selon Forskal , les habitans des îles de la Grèce en font respirer la fumée à ceux qui sont attaqués de fièvres intermittentes.
Pêche. — C'est, comme nous l'avons dît, à l'époque du frai que les raies se rapprochent des c^tes et qu'on en prend le plus. On les prend à l'hameçon amorcé de crustacés , de coquillages ou de poissons. On les prend aussi, lorsqu'elles viennent sur les côtes et qu'elles nagent à la surface de l'eau, avec des fouanes et autres engins pointus. A leur sortie de la mer, elles ont toutes une odeur désagréable, qui fait soulever le cœur à ceux qui n'y sont pas accoutumés 5 mais ils la perdent peu à peu à l'air Cette pêche est assez lucrative sur nos côtes.
Préparation, — On prépare la raie de plusieurs manières dans les cuisines françaises. La plus commune est de la faire cuire simplement dans l'eau
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avec son foie, après l'avoir lavée et avoir ôtéle fiel , et de la servir avec une sauce blanche aux câpres, une sauce au beurre noir , une sauce à l'huile ou une sauce piquante , dans laquelle on aura écrasé le foie. On la fait aussi frire ou cuire dans un courtbouillon semblable à celui des carpes. Y. Carpe.
histoire des raies dans l'ancien et le moyen âge. — Les Grecs distinguaient les principales raies de la Méditerranée, autant que le permettaient les observations faites avant le siècle d'Alexandre et sous ses successeurs. Aristote se contenta de les diviser en raies pourvues d'aiguillons sur le corps et en raies lisses , et il ne décrivit aucune d'elles avec précision. Ce naturaliste n'eut d'ailleurs sous les yeux que les raies de la Méditerranée orientale, de telle sorte qu'il ne put décrire celles de l'Océan.
La puissance électrique de la raie-torpille était connue des Grecs. Aristote et Oppien en ont parlé. Ils connaissaient aussi l'effet de la piqûre occasionnée par le dard de la raie-pastenaque désignée sous le nom de trygon par Aristote. Cet effet est exagéré par Elien, qui prétend qu'il est toujours mortel.
Il paraît que les Grecs ne recherchaient point la chair des raies comme aliment. Elle fut également peu estimée des Romains, si l'on en excepte peutêtre celle de la pastenaque et de la torpille. Du reste, les raies, si rapidement indiquées par Aristote, ne furent pas mieux décrites par Pline, qui se contente de les citer en faisant l'énumération des poissons cartilagineux.
Les raies ne sont point citées dans les ordonnances des rois de France avant le XIV*. siècle. Nous savons seulement qu'on salait alors les raies et qu'on les faisait sécher, ainsi qu'on le fait aujourd'hui sur quelques rivages de la France occidentale. Dans les contrées , en Islande , par exemple , où les raies s'introduisent dans des pièces d'eau cjui communiquent avec la mer , et où elles sont en quelque sorte sous la main de l'homme , la pêche de ces poissons , devenue extrêmement facile et n'exigeant que les instrumens les plus simples , était exploitée avec succès par tous ceux c^ui voulaient s'y livrer. Les raies multiplient avec la plus grande facilité dans les eaux où elles n'ont point à redouter les espèces voraces qui ne se plaisent que dans les eaux salées , et où , à raison de la grande surface que présente leur corps, elles sont à l'abri des atteintes de tous les poissons d'eau douce. Nous savons aussi que la pêche des raies avait lieu en Angleterre sous les rois de la dynastie saxonne : un acte de 866 fait une donation de 6,000 raies à l'abbaye de Barton.
L'ordonnance de i35o défendait de mettre les chiens de mer ou squales et les raies avec d'autres poissons dans les paniers de mai'ée destinés pour la capitale ; et cette ordonnance était empruntée du règlement de police de 1262, pour la vente du poisson à Rouen. L'espèce de raie appelée pocheteau sur les côtes de la Vendée est déjà citée sous ce nom dans un acte du monastère de Talmont , de i366.