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rarement à plus d'un pied de Icuig; il a le dos buin et le ventre blanc ; la tèle renfermée dans une cuirasse osseuse , très-rude au loucher, et armée de (pielques épines, dont deux plus grosses sur le sommet ; l'ouverture de la bouche grande et en dessus ; la langue épaisse et hérissée de petites dents, les mâchoires garnies de dents peu saillajitcs, l'inférieure garnie en avant d'une membrane terminée par un long filament; les yeuxtrès-rapprcchés, très-saillans et placés sur la partie supérieure de la tête, ce qui tait qu'il a l'air de regarder le ciel et lui a valu le nom à''iiranoscope et de prêtre ^ l'ouverture des ouïes très-large , couverte d'un opercule dentelé et rempli par une membrane garnie de 5 rayons; le corps presque carré, couvert de petites écailles et pourvu d'une ligne latérale à deux courbures; la queue cylindrique ou plutôt conique; les nageoires ventrales placées près de la gorge ; deux nageoires dorsales , (jui se touchent , et dont la première a des rayons aiguillonnés; la nageoire de la queue ronde.
Habitation, nourriture et qualité. — Le raspecon liabite les mers de l'Europe et particulièrement de la Méditerranée , où il vit auprès des rivages, se cachant sous les algues et dans la fange, et ne laissant paraître qu'une partie de sa tète et le filament mobile qui est attaché à sa mâchoire inférieure et qui, ressemblant à un ver, sert à attirer les petits poissons , dont le raspecon fait sa nourriture; sa chair est blanche, mais quelquefois dure et de mauvaise odeur; on en fait peu de cas, quoiqu'on la mange fréquemment, sur-tout en Italie.
Pêche. — On prend ce poisson au filet et à l'hameçon.
RASOIR ou RASON, coryphœna-novacula. (Lin.) Poisson du genre des coryphènes ^ qui habite dans la Méditerranée, et qu'on a nommé rasoir, parce cpie sa partie supérieure est terminée par une arête aiguë. C'est un très-beau poisson comme tous ceux du genre auquel il appartient. (V. Dorade.) Il a sur la tête et sur plusieurs de ses nageoires , des raies qui se croisent, et d'une belle couleur bleue; il présente des nunnces rouges éclatantes et relevées par des teintes dorées; sa ligne latérale suit à-peuprès la courbure du dos, dont elle est très-voisine; chacun de ses opercules est composé de deux lames. La chair du rasoir est tendre, délicate, et assez recherchée sur plusieurs rivages de la Méditerranée.
RAT. L'un des noms du Raspecon. V. ce mot.
RATEAU. Les pêcheurs à la basse eau se servent de deux espèces de râteaux; les uns, semblables à ceux des jardiniers, les autres, beaucoup plus grands: tous ont des dents de fer ; on s'en sert pour amasser les coc^uillages cpii sont à la superficie, ou pour entamer le sable, comme avec les crochets. Quand on se sert du grand râteau pour prendre des touilles, on le nomme tonillière. On pêche aussi en bateau avec des râteaux qui ont de longs manches plians, et on rapporte des coquillages et des poissons qui s'ensablent. Enfin, on fait plusieurs pèches au feu avec la fouane. V. Pêche.
RATE-PENADE. L'une des dénominations de la Raie-Aiale et de V Hirondelle. V. ces mots.
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EATILLON. V. Raie bouclée.
RA"^'E des Basques, et rogue des Bretons et des NorjiiP7ids. Ce sont des œufs de morue ou de maquereau , qu'on sale pour fournir un appât pour les sardines. Ce mot est synonyme de résure. V. Résure et Sardine.
RAYOIRS. Ce sont des filets tendus par le travers des ravins ou courans d'eau. Oir tend en ravoir toutes sortes de filets, des seines, des manets, des folles , des demi-folles , des tramaux , etc., suivant l'espèce de poisson qu'on se propose de prendre.
Des ravoirs ou rets entre l'eau.
Les ravoirs sont de petites pêcheries qu^on établit aux embouchures des rivières , sur les écores des bancs et à la chute des marées; en un mot, dans les endroits où il se forme des courans ou ravins , qu'on nomme sur quelques côtes ravoirs , ainsi que les filets qu'on y tend.
§ 1 . — Ravoirs simples.
Pour former ces pêcheries, on plante sur le fond des piquets qui l'excèdent d'environ 3 pieds; ces piquets sont rangés en ligne droite , en forme de palissade, comme on le voit PI. 28, iV"». F^ on les dirige toujours de façon qu'ils soient perpendiculaires au courant ou [)arallèles à la laisse de basse mer. Assez souvent on en forme plusieurs rangées parallèles , qu'on place à une petite distance les unes des autres, pour que le second filet puisse arrêter le poisson qui aura échappé au premier, et qu'il en soit de même du troisième à l'égard du second.
Lorsque les pêcheurs plantent leurs piquets sur des sables mouvans , ils en garnissent le bas avec des torches de paille ou d'herbes sèches ; ce qui contribue à les mieux affermir.
Les filets qui garnissent les pêcheries sont de simples nappes, dont les mailles ont assez souvent 2 pouces d'ouverture. On en arrête la bordure de la tête par un tour-mort à l'extrémité d'en haut de tous les piquets , et on n'arrête le pied du filet qu'au premier et au dernier piquet de chaque file 5 mais , pour former au bas et dans toute la longueur du filet des espèces de bourses qui retiennent le poisson, on retrousse le pied du filet du côté d'amont ou de l'endroit d'où vient le courant, observant qu'il s'en faille de quelques pouces que lé filet ne porte sur le terrain.
Cette précaution est nécessaire pour que les herbes et autres immondices que le courant entraîne passent sous le filet. Si ces substances étaient retenues par le filet, elles arrêteraient le cours de l'eau, et les piquets , ne pouvant résister à cet effort , seraient arrachés et le filet déchiré.
Si l'on a pris une juste idée de la disposition de ce filet, on conçoit que, quand la mai-ée monte , le courant élève le filet prestpi'à la surface de l'eau , comme on le voit dans \afig. N°. VI , PI. 28, et il ne se prend aucun poisson ; mais quand la marée se retire, le filet s'appuie contre les piquets; l'eau, eu s'entonnant dans la portion du filet qui est retroussée , ouvre les bourses destinées à la recevoir, et ces bourses urrêLenl le poisson qui suit le cours de
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l'eau. Ainsi, plusieurs poissons s'enimaillent pendant que d'autres s'engagent dans les bourses.
Sitôt que l'eau est assez retirée pour qu'on aperçoive le haut des piquets, et avant qu'on puisse aller prendre le poisson, les pêcheurs vont avec des bottines relever le bas du filet, qu'ils accrochent d'espace en espace à la tête des piquets, et ils ne retirent le poisson que quand le filet est entièrement hors de l'eau.
En repliant ainsi le filet , les pêcheurs empêchent que quelque poisson ne se démaille , et qu'il n'en sorte des bourses qu'on a formées au bas du filet; enfin on évite que les crustacés voraces n'aillent endommager le poisson qui est arrêté par le filet.
On fait cette pêche durant toute l'année ; on ne l'interrompt que dans les temps de gelée et lorsque les rivières charrient des glaçons.
Quelquefois on joint bout à bout un assez grand nombre de pièces de filets, pour traverser toute une rivière ou l'ouverture d'une baie : alors il faut que les piquets tiennent bon, et que les filets soient assez forts pour résister. On tient aussi les mailles plus grandes , afin que l'eau les traverse plus aisément.
§ 2. — Des ravoirs tramaillés.
Il y a des pêcheurs qui, au lieu de rets simples, tendent des tramaux sur leurs piquets : c'est ce qu'on nomme des ravoirs tramaillés.
On tend ces tramaux comme les rets simples, ne les arrêtant aux piquets que parla tête; mais le bas n'est pas retroussé, il porte contre le terrain sans y être arrêté : c'est pourquoi , à la marée montante, il se relève presqu'à fleur d'eau, PI. 28, iV". VI.
Lors du rellux, le filet se rabat contre les piquets, et les poissons qui ont monté avec le flot s'emmaillent au jusant. Quoique la propriété des tramaux soit de prendre les poissons, de quelque côté qu'ils donnent dans le filet , il ne se prend guère de poissons dans ceux-ci à la marée montante; mais à la marée descendante , on y trouve emmaillés toute sorte de poissons et de toutes grosseurs.
On tend des ravoirs tramaillés sur les vases du Mont-Saint-Michel. Les pêcheurs vont tendre ces filets, et prendre leur poisson avec de petits bateaux plats, carrés par-derrière, qui glissent sur la Vase , et qu'on nomme acons : ils se servent aussi de ces acons pour aller battre l'eau avec des perches lorsque la marée se retire, afin d'engager le poisson à donner dans le filet.
Les pêcheurs du Poitou et des Sables-d'Olonne pratiquent aussi cette pêche sur les vases de la côte. Leurs piquets ou pâlots ont 5 k 6 pieds de longueur; ils les enfoncent de 2 pieds et demi ou 3 pieds dans la vase ; leurs tramaux ont environ une brasse de chute; mais il n'y en a de tendu sur les piquets qu'environ un pied et demi ou 2 pieds ; ce qui leur donne lieu de faire une vaste poche.
La grandeur des mailles varie suivant les côtes ; quelquefois les mailles des tramaux ont 7 ou 8 pouces en carré, et celles de la Hue 27 lignes.
Cette pêche se fait depuis la Saint-Michel jusqu'à la fin de l'année. Les pêcheurs vont, à chaque marée, pr-ndre leur poisson , et toutes les semaines ils
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rapportent à terre leurs filets pour les laver , les faire sécher et les tanner.
§ 3. — Des folles tendues en ravoir^ qu'on appelle quelquefois grands ravoirs.
Les filets qu'on nomme folles sont des rets simples , à larges mailles, qui, de quelque façon ([u'oii les tende , doivent luire un grand sac et difterens replis, oii s'embarrassent les gros poissons.
Les filets nommés demi-folles dilfèrent des folles uniquement en ce que leurs mailles sont moins grandes^ ce qui fait qu'on ne prend avec les folles que des raies, des tires, des turbots et d'autres gros poissons, au lieu qu'avec les demi-folies, outre ce poisson, on eu prend de plusieurs autres espèces, pourvu qu'ils soient d'une certaine grosseur.
Comme la dénomination de folles vient en partie de ce que les filets qu'on nomme ainsi doivent, par leur essence , faire des plis et poches dans lesquels s'enveloppe le poisson , on a quelquefois nommé folles irarnaillées les ravoirs tramaillés , parce que , comme nous l'avons dit , on les tend de façon qu'ils fassent un grand sac, ou, comme disent les pêcheurs, une foliée. Ces folles, tramaillées ou non , se tendent de la même manière , et le seul avantage que procurent les tramaillées, c'est qu'on y prend , encore plus qu'avec les demi-folles, des poissons de différentes espèces.
Les folles sont établies en droite ligne, un bout à terre et l'autre à la mer, pour que les raies et les autres poissons plats, qui vont en troupe suivant la côte, se prennent de ilôt et de jusant.
Les piquets ne sont élevés au-dessus du terrain que de 2 ou 3 pieds au plus , parce que les poissons plats ne s'éloignent guère du fond , et ces piquets sont à 2 ou 3 brasses les uns des autres. La tête du filet est arrêtée au haut des piquets par un simple tour croisé. Les pêcheurs les tendent le plus ferme qu'il leur est possible. Les folles et les demi-folles ont environ 2 brasses de chute, et le pied est arrêté aux piquets à un demi-pied du terrain : ainsi, le filet fait un grand sac , qui se replie en dehors ou en dedans , suivant le cours de la marée.
l^es mailles des folles ont au moins 5 pouces d'ouverture en carré.
Le temps le plus favorable pour faire la pêche avec les folles montées en ravoir est durant le printemps et l'automne , parce qu'alors les raies bordent la côte par troupes , et elle serait infructueuse pendant les chaleurs, à cause de la quantité de tourbes, d'orties de mer et de crustacés, qui , fréquentant la côte durant l'été, en chassent presque tous les poissons. Celte pêche serait également désavantageuse en hiver , parce que les poissons gagnent alors la grande eau , pour chercher une température plus douce.
Les folles flottées font une très-grande pêche , dont nous parlerons ailleurs.
§ 4- — Demi-folles tendues en ravoir.
Les demi-folles ne diffèrent des folles dont nous venons de parler que par la grandeur des mailles , qui n'ont que 3 ou 4 pouces d'ouverture en carré. On tend les demi -folles comme les ravoirs, dans les