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RÉMORA ou REMORE. Poisson du genre des échénëis f que l'on nomme aussi siicet , arrête-nef e[, pilote, et qui a joui autrefois d'une grande célébrité, parce qu'on liù attribuait, malgré ses faibles dimensiojis , la faculté de pouvoir arrêter un navire dans sa course. Pline a prétendu que c'était ce poisson qui, en arrêtant le navire d'Antoine au commencement de la bataille a' Actium , avait été la cause de la victoire d'Auguste 5 mais les récits qu'on a faits des prétendus prodiges opérés par le rémora sont aujourd'hui relégués au nombre des fables. Quoi qu'il en soit, c'est un poisson très - remarquable.
Description. — Le rémora parvient rarement à plus d'un pied de long. Il a le corps allongé , couvert d'une humeur visqueuse , et garni d'un grand nombre de petits enfonceinens; la tête de moyenne grandeur; une espèce de bouclier ovale sur la tête, qui se prolonge sur le dos, et qui est entouré d'un cartilage é pais, et partagé transversalement par deux rangs de lignes osseuses, courbées du côté de la queue , les unes enfoncées et les autres élevées 5 la bouche large 5 la mâchoire inférieure plus avancée que l'autre, et toutes deux garnies de plus ou moins de dents très-nombreuses, ainsi que la langue et le palais; le dos rond et d'un brun noir; le ventie blanchâtre; la ligne latérale droite; des nageoires petites, et qui ne lui permettent pas de nager facilement; mais ce poisson se fixe sur le corps des haleines, des marsouins^ des requins , des grandes tortues, et même sur les vaisseaux, au moyen de la plaque qui est sur sa tête, et il s'y tient collé avec tant deforce^ qu'il est souvent difficile à un homme, même vigoureux, de l'en détacher, à moins qu'on ne le tire de côté. On l'avait appelé sucet^ parce qu'on avait ima,giné qu'il suçait les animaux auxquels il s'attache; mais il n'y a aucune communication entre son bouclier et son estomac M. Bosc |)ense que c'est en faisant le vide que le rémora se fixe aussi solidement, et il assure au surplus que ce poisson nage sur le dos.
Habitation. — On le trouve dans la Méditerranée et dans toutes les mers des latitudes chaudes.
Nourriture. — Il se détache des corps auxquels il s'est fixé pour manger les ordures que l'on rejette des vaisseaux^ les excrémens des cétacés, les coquillages et les petits poissons qui se trouvent à sa portée.
Qualités. — La chair du rémora passe pour être sèche et de mauvais goût; cependant les matelots la mangent.
Autre espèce d'échénéis. —— Il y a une autre espèce d'échénéis , le naucrate , cjui se trouve dans les mêmes mers, et qui parvient quelquefois, dans celles des pays chauds, à la longueur de 4 â 5 pieds, et qui a les mêmes habitudes que le rémora : c'est cette dernière espèce qu'on appelle plus particulièrement le sucet f elle a 22 paires de lames à la plaque de la tête , et la queue arrondie. On s'en sert, au rapport de Commerson , pour faire la pêche des tortues marines ; et à cet effet, les pêcheurs attachent à la queue du naucrate un anneau qui est retenu par la caudale, et à laquelle est fixée une longue corde; on lâche le poisson dans la mer , et il va s'attacher
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fortement à la première tortue ([u'il aperçoit : on retire la corde , qui ramène le naucrate avec la tortue.
REMPOISSONNEMENT. V. VArt. 21 du titre XXXI de l'ordonnance de 1669.
RENARD. L'un des noms du squale llumantin. V. ce dernier mot.
RENARD. On donne quelquefois ce nom aux Verveux. V. ce mot.
RENARD MARIN, .s<7îm/a5-fK//7e5. (Lin.) Poissou du genre des squales, que l'on nomme aussi chien-de-mer , comme la plupart des squales, et spaso sur les côtes de la Méditerranée. Ce poisson parvient ordinairement à 7 ou 8 pieds de longueur, mais quelquefois à une longueur double, car on en a vu de \5 pieds. Il a le lobe supérieur de la nageoire de la queue de la longueur du corps ; la peau, qui est couverte de très-petits tubercules, bleuâtre sur le dos et blanche sous le ventre; la tête courte; le museau pointu; les mâchoires garnies de trois ou quatre rangs de dents triangulaires, comprimées, aiguës et non dentelées; la queue très-longue, et garnie d'une nageoire divisée en deux lobes, dont l'inférieur est très-court, et le supérieur en forme de faux, et plus long que le corps entier. Cette grandeur de la nageoire caudale donne à cette espèce une telle augmentation de puissance nageante, qu'il a toujours l'avantage sur tous les autres poissons , soit dans la poursuite, soit dans la fuite: aussi fait-il (legrands ravages parmi eux. Pline rapporte que lorsqu'il est pris à l'hameçon, il l'avale pour pouvoir ensuite couper la ligne avec ses dents.
On le trouve non-seulement dans la Méditerranée , mais encore dans l'Océan. Il se tient, comme le Marteau (voy. ce mot) , dans les lieux fangeux ; il est très-vorace , et manoeuvre avec les mêmes ruses que le renard de terre, ce qui paraît lui avoir fait donner le nom de renard marin. Il se nourrit de poissons et de plantes marines. Il fournit beaucoup d'huile.
On donne aussi le nom de renard marin à la Chimère arctique. V. Ces mots.
RENCONTRE. Pièce de fer qui sert à fixer la longueur des fils c[ue l'on coupe pour faire les haims. V. Hameçon.
RENE. On donne ce nom, dans quelques montagnes et vers la source de la Moselle, aux truites noires (salnio alpinus , Lin.).
REPRODUCTION DES POISSONS. V. Poissons.
REQUIEM. On donne quelquefois ce nom au requin.
REQUIN , squalus-carcharias . (Lin.) Poisson du genre des squales, très-célèbre à raison de sa grandeur, de sa force, de sa hardiesse et de sa voracité, qu'on appelle aussi chien-de-mer , lamie, frax , requiem^ en hollandais, haye ^ en anglais, -v/hile shark.
Quelques auteurs, par allusion à la voracité de ce squale, qui transforme sa gueide en un véritable tombeau, ont pensé que le nom de requin était une corruption A\i mot requiem , auquel est attachée l'idée de la mort. M. Noël ne partage pas cette opinion; il pense que le nom de requin vient du mot
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norwégien haakierring , mot compost! qui signifie chien qui attrape ou saisit, et qui lut iiitroiUiit on France par les JSormands.
Desciiption. — Le requin {PL i-ifg. 7) a le corps très-allongé; la téie mince, Luge et terminée en pointe courte; les yeux à moitié couverts par une membrane; derrière les yeux, les cinq trous des branchies, et sous le museau les narines, qui sont à moitié recouvertes par un appendice de la peau j l'ouverture de la bouclie et du gosier tellement large , que les grands requins peuvent avaler un Iiomme tout entier ; les mâchoires arn\ces de plusieurs rangs de dents pointues, triangulaires, aplaties, dentelées et blanches comme de l'ivoire, et qui augmentent en nonibre avec l'âge ; la langue courte, épaisse et cartilagineuse; l'anus situé entre les nageoires ventrales ; la peau grise, très-rude au toucher, enduite d'une mucosité abondante et pliospliorique dans certaines circonstances; les nageoires brunâtres , fermes et cartilagineuses ; les pectorales plus grandes que les autres , et ensuite celles de la queue; toutes sont unies par des muscles puissans , ce qui donne à l'animal la faculté de n.iger avec la plus grande vélocité. La force du requin est telle, qu'un individu de petite taille, de 6 pieds par exemple , peut, lorsqu'il est hors de l'eau, casser les jambes d'un homme, et même le tuer d'un seul coup de queue.
»Ce formidable squale, dit Lacépède , parvient jusqu'à une longueur de plus de 3o pieds; il pèse quelquefois plus de 1,000 livres, et il s'en faut de beaucou|> que l'on ait prouvé que l'on doit regarder comme exagérée l'assertion de ceux qui ont prétendu qu'on avait péché un requin du poids déplus de4}000 livres.
3J Mais la grandeur n'est pas son seul attribut : il a reçu aussi la force et des armes meurtrières, et féroce autant que vorace, impétueux dans ses mouveniens, avide de sang et insatiable de proie, il est, véritablement le tigre de la mer. «
Les sens les plus perfectionnés du requin paraissent être l'odorat et l'ouïe.
Habitation. — On trouve des requins dans toutes les mers; ils sont sur-tout très-abondans dans la Méditerranée. Ils se tiennent ordinairement dans les fonds de la haute mer ; mais ils se montrent fréquemment ù la surface pour y chercher leur proie. Ils ne s'approchent des côtes que lorsque la faim les presse, ou qu'ils sont poursuivis par le grand cachalot, qui leur (ait une guerre d'extermination.
Nourriture . — Ils avalent toutes sortes d'animaux vivans ou morts, les coupent quelquefois en deux ou trois morceaux, maïs ne les mâchent ni ne les déchirent jamais. La position de leur bouche les oblige de se retourner pour saisir les objets qu'ils convoitent , et qui ne se trouvent pas au-dessous d'elle; ce qui favorise de beaucoup la fuite de leurs victimes. Ils attaquent les hommes, et sur-tout les nègres. Lorsqu'ils rencontrent un vaisseau dans la haute mer, ils l'accompagnent ordinairement plus ou moins long-temps pour profiter des restes de la cuisine qu'on jette à la mer, pour saisir les hommes
Ïui tombent à l'eau ou qu'on j jette après leur mort., .es vaisseaux négriers qui reviennent de la traite suri
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la côte d'Afrique sont ceux qu'ils suivent avec le plus de ténacité, parce qu'on leur jette les cadavres des malheureux esclaves que le désespoir, l'insalubrité de l'air ou la faim fojit périr journellement.
Propagation. — La fécondation des requins , comme celle des Haies (voy. ce mot), se fait par un véritable accouplement , mais cependant imparfait. L'époc|ue où les mâles recherchent les femelles est presque to\ijours le commencement du printemps : alors ils s'approchent des rivages, s'apparient et aj'pliquent leur ventre l'un contre l'autre, de manière que l'anus du mâle coïncide avec celui de la femelle. Ils sont maintenus dans cette position par le moyen des appendices crochus du mâle , ainsi que par le croisement de leurs nageoires. Cet accouplement se répète plus ou moins fréquemment jusqu'à ce que le mâle ait épuisé sa laite. Le même mâle peut s'unir successivement à plusieurs femelles différentes; il en résulte la fécondation d'une assez grande quantité d'œufs, qui éclosent à différentes époques et dans l'ordre de leur fécondation dans le ventre de la mère. Il en sort ordinairement deux ou trois à-la- fois, et dans des temps inégaux; mais cela a lieu pendant presque tout l'été. Lacépède pense que le nombre des petits qui naissent dans le courant d'une année va quelquefois au-delà de trente.
Les œufs des requins sont de la forme et de la consistance de ceux des Raies (voy. ce mot) ; on en trouve souvent qui sont très-entiers sur les rivages; il est probable que ce sont ceux qui n'ont pas été fécondés ou qui sont sortis du ventre de leur mère avant terme.
Les jeunes recjuins , en sortant du ventre de leur mère, n'ont c|ue 5 à 6 pouces de long ; mais à peine ont-ils acquis un rang de dents, qu'ils se livrent déjà à de grandes destructions. Ils n'arrivent que lentement aux derniers degrés de leur puissance, et il y a lieu de croire que les requins peuvent parvenir à une très-grande vieillesse , peut-être à plusieurs siècles, si on compare la grandeur gigantesque de cjuelques individus à la taille commune du plus grand nombre.
Ennemis. — Les re([uins ont pour ennemis quelques espèces de cétacés, et sur-tout les grands cachalots, c|ui leur livrent de furieux combats. On voit souvent des écliénéis attachés sur leur dos , comme on en voitcjui s'attachent sur les autres gros poissons et sur les vaisseaux; mais il ne paraît pas qu'ils leur causent aucune incommodité, si ce n'est quand ils s'attachent à quelque partie sensible.
L'intérieur des requins est souvent tourmenté par de petits vers.
Qualités. — La chair du requin est dure, coriace, difficile à digérer; cependant on la mange assez généralement , et on dit que celle des jeunes , et surtout de ceux qui sont pris dans le ventre de leur mère, est agréable au goût. La partie qui est immédiatement sous la peau , et dont la couleur est rougeâtre , passe pour la meilleure. Les nègres aiment beaucoup la chair du requin , et ils la préfèrent souvent à celle des autres poissons. Les peuples du nord de l'Europe la laissent corrompre à moitié pour la rendre plus tendre; ils la font sécher ou saler pour la conserver pendant l'hiver. Ils préparent
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la peau de ce squale pour en faire des harnais de chevaux , des souliers, etc. On tire de son foie jusqu'à deux et même deux tonnes et demie d'une huile bonne à brûler et à être employée dans les arts. On en tire également de sa graisse en la faisant bouillir à grande eau ou en la fondant à sec dans des marmites de métal. On fait encore de bons ragoûts avec son foie , et des omelettes analogues aux omelettes au lard. Comme la peau du requin est très-rude, on l'emploie à polir différens ouvrages de bois et d'ivoire. On s'en sert pour faire des liens et des courroies pour couvrirdesétuisetd'autres petits meubles. Elle est connue dans le commerce sous le nom de peau de chien de mer y tandis que celle qui est conjiue sous le nom de peau de requin appartient à la raie-sephen.
L'ancienne médecine regardait la cervelle des requins, séchée et réduite en poudre, comme apéritive et diurétique, et les dents, également en poudre, comme propres à arrêter le cours de ventre , à guérir les hémorrhagies , à provoquer les urines , détruire les pierres dans la vessie , etc.; ces prétendues vertus ont disparu au flambeau de la raison. Des préjii"és encore plus absurdes avaient fait attribuer à ces dents , portées dans la poche , la faculté de guérir des maux de dents et de la peur.
On trouve des dents fossiles de requin dans un grand nombre d'endroits , et il y en a qui ont des dimensions telles, qu'on ne peut les attribuer qu'à des individus d'une grandeur énorme.
Histoire du requin dans l'ancien et le moyen âge. Le requin fut connu d'Aristote; mais il fut confondu par les Grecs et les Romains avec les cétacés (le petite taille.
Les peuples du Nord se livraient à la pêche des différentes espèces de squales. Ils trouvaient dans la capture de ces redoutables poissons la récompense de leurs périlleuses entreprises : l'huile qu'ils en tiraient, la chair, les intestins et la peau de ces grands habitans des eaux leur offraient des ressources précieuses. La chair du requin et du èrj'^rffigurait comme aujourd'hui sur la table des peuples norwégiensetislandais.
Si le requin était connu et péché dans la mer du Nord et la Manche pour l'huile abondante qu'on obtient de son foie, il était confondu avec d'autres espèces de poissons ou de cétacés dans la Méditerranée. Ludolphe nous apprend que c'était un poisson très-redouté des marins qui traversaient la Méditerranée sur de petits bâtimens. D'après l'opinion vulgaire , ce poisson n'était disposé à leur nuire que lorsqu'il était pressé par la faim; souvent, pour l'apaiser, il suffisait de lui jeter un pain; mais s'il ne s'en trouvait pas satisfait, il ne restait plus (ju'une seule ressource : il fallait qu'au moyen d'une corde un homme de l'équipage consentît à se laisser descendre jusqu'à la surface de l'eau ; le succès couronnait son dévouemejit, pourvu qu'il regardât le monstre d'un air menaçant: autrement, ce dernier saisissait la barque avec ses dents, et la mettait en danger, ainsi que les marins qu'elle portait. On voit jusqu'à quel degré les erreurs populaires prévalaient, ot combien , à certains égards , la connaissance des poissons avait fait peu de progrès.
Pêche du requin. — La voracité de ce poisson en
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rend la pêche facile : atlssi les matelots, lorsque dans le calme ils n'ont rien à faire, ne manquent-ils jamais de s'y livrer. Pour cet effet, ils attachent un morceau de viande , et même quelquefois un simple morceau d'étoffe , à un gros hameçon fixé à une chaîne de fer et attaché à une longue corde , et jettent le tout dans la mer. Le requin , sur-tout quand il a faim, ne manque pas de se jeter sur l'appât et de se prendre : alors on le hisse sur le pont , on' le tue à coups de hache, et on le dépèce pour le manger. On le prend aussi, lorsqu'on n'a pas d'appât à lui oftrir, avec le harpon : pour cela, un matelot exercé se tient sur le gaillard d'avant , et lorsqu'il en passe un à sa portée , il lui lance son arme sur le dos; le monstre, blessé, fait des bonds prodigieux, se tourne et retourne dans tous les sens pour se débarrasser du dard meurtrier, rejette souvent tous les alimens qu'il a dans l'estomac, et fuit enfin avec vitesse : alors on lui lâche , sur une longueur suffisante , la corde à laquelle il est attaché ; mais , pendant qu'il nage, il perd son sang, s'affaiblit, et bientôt on peut le rapprocher du vaisseau , et l'y faire monter sans danger.
On arrête souvent ces squales dans les filets qu'on jette pour prendre des harengs et autres poissons , dans ceux tendus à demeure pour emprisonner les thons; mais c'est toujours contre le vœu des pêcheurs, qui se trouvent par là exposés à manquer plus ou moins leur but et à perdre leurs filets, et qui en sont rarement dédommagés par la vente de l'huile qu'ils peuvent retirer du foie ou de la graisse de ces poissons , et par celle de leur peau.
On a dit qu'il y avait sur les côtes d'Afrique , dans les mers des Indes et de l'Amérique des hommes assez hardis pour aller attaquer le requin corps à corps au milieu de la mer ; mais ce fait est démenti par un voyageur moderne, M. de Grandpré , qui assure que c'est un conte.
RESAIGLIER. En Provence , c'est jeter des pierres auprès du filet qu'on a tendu , pour engager le poisson à donner dedans. V. Tramail.
RESEGUE ou RESSAIGUE. C'est une grande tessure de tramail , dont on se sert dans la Méditerranée : elle diffère de la ségetière en ce que ce filet est fait avec du fil plus délié , et que les mailles sont moins ouvertes. V. Tramail.
RÉSERVOIR. Lieu rempli d'eau , où l'on met le poisson qu'on a péché, pour le prendre dans le besoin; les grands réservoirs s'appellent -viviers et les petits s'appellent huches,
I. DIFFÉRENTES MANIÈRES DE CONSERVER EN VIE LES POISSONS DE MER ET LES COQUILLAGES.
Il est souvent très-avantageux aux pêcheurs de marée de pouvoir conserver quelque temps en vie le poisson de leur pêche , pour profiter des circonstances où la vente est plus avantageuse.
Si les pêcheurs qui ont des barques à vivier , comme on en a construit à Dunkerque , n'ont point éprouvé de gros temps en se rendant à leur destination, leur poisson étant en bon état, ils peuvent le conserver quelque temps dans leur barque en lui donnant quelque nourriture.
Les pêcheurs conservent quelquefois les thons
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dans des enceintes ou parcs de filets qu'ils font près de la c6te, et où ils conduisent les thons par des espèces de canaux formés de filets.
§ ler, __ £)(; la conservation des raies en vie.
Quand les pêcheurs ont pris beaucoup de raies et qu'ils veulent les conserver en vie pendant quelques marées, ils les placent dans le fond d'un parc qui ne sèche point \ ils amarrent une ligne fine à un des pieux de ce parc 5 ils la passent dans la gueule et dans un des trous des ouïes d'une raie , et la lenant fort lâche, ils en arrêtent l'autre extrémité à un pieu un peu éloigné du premier; les raies étant ainsi en quelque façon à l'attache , et ayant néanmoins la liberté de s'ensabler, vivent pendant jjIusieuis jours.
§ 2. — De la conservation des poissons de mer dans des viviers.
Il V a des pêcheurs qui conservent du poisson en vie dans des paniers couverts qu'ils nomment viviers; ils calent ces paniers entre des rochers, dans des enfoncemens où il reste toujours de l'eau; ils les chargent avec de grosses pierres, ou "t)ien ils attachent des cùblières pour qu'ils restent à l'endroitoù ils les ont calés; et afin qu'on ne leur dérobe pas leur poisson , ils ne le quittent que quand la marée est montée. Ils conservent ainsi leur poisson en vie plusieurs marées, jusqu'à ce qu'ils jugent à propos de le retirer pour le vendre.
§ 3. — Mares servant de réservoirs au bord de
la mer.
Il se trouve naturellement, ou bien l'on fait à bras d'homme au bord de la mer des enfoncemens où l'eau entre à toutes les marées , et qui ne sèchent point. Non-seulement les riverains y déposent des moules qui s'y groupent, mais ils y jettent aussi des poissons plats, turbotins, barbues, soles, limandes , etc. Ces poissons y prennent même un plus prompt accroissement qu'à la mer, trouvant dans ces mares quantité de vermisseaux et d'insectes, dont ils se nourrissent. Quoique quelques-uns bordent ces mares d'un clayonnage du côté de la mer, on ne peut y conserver les poissons ronds, qui , quittant le fond et nageant en pleine eau, s'échapperaient , au lieu que les poissons plats s'envasent ou ?>'ensablent, et se tiennent toujours sur le fond.
Ces mares étant toujours suffisamment profondes p.iur qu'elles ne sèchent jamais de basse mer, le frai et la menuise s'y conservent jusqu'au retour de la marée, qui leur donne la facilité de regagner la grande eau.