RON
en dessus et en dessous {PI. i ,^/^. 9 et 10), a deux lobes aux narines j les nageoires du dos égales. Sa couleur varie beaucoup ; mais elle est cependant coninninément grise ou roussùtre , avec des taches noirâtres, rudes, inégales et plus grandes que celles de la roussette. Sa longueur est assez fréquemment de 4 à 5 pieds.
Il habite dans les mers d'Europe, au milieu des rochers, où il se nourrit de poissons, de crustacés et de mollusques, qu'il attend et qu'il surprend au passage. C'est ce qui lui a fait donner le nom de chat-des-rochcrs ou de chat-rochier.
Sa peau sert au même us.ige que celle de la roussette, et est généralement confondue avec celle-ci dans le commerce. On le prend de la même manière que cette dernière, mais plus rarement, quoiqu'il soit aussi abondant. On mange quelquefois sa chair, après l'avoir fait tremper dans l'eau pendant quelque temps : elle est un peu moins désagréable que celle de la roussette.
On pêche ce squale avec des haims, ainsi qu'avec des filets connus dans la Méditerranée sous la dénomination de roussettières , ou de bretellières , ou de bretelles. On le prend aussi dans les mêmes filets que le thon. Il y a des bancs d'algues où l'on trouve un nombre prodigieux de coques de rochier (petits rochiers qui viennent d'éclore). On prend le rochier pendant toute l'année ; mais la saison la plus avantageuse est, sur les côtes de Picardie et de la Haute-Normandie, pendantles mois de décembre, janvier, février et mars.
RODE. L'un des noms de la Dorée et du Zée- Forgeron. V. ces mots.
RODSCHIER. C'est ainsi qu'on appelle , dans le Nord, la morue préparée à-peu-près comvneXe flacfish ; elle est fendue en deux dans toute sa longueur, et les deux lanières qui se dessèchent ressemblent à deux cordes qui seraient réunies par un de leurs bouts.
ROGUE , RAVE ou RÉSURE. OEufs de poisson salés qui servent à attirer les sardines. V. Sardines.
ROI DES HARENGS du Nord et du Sud. Les pêcheurs ont donné ce nom à la chimère arctique et à la chimère antarctique , qu'ils croient destinées à conduire les harengs. V. Chimère.
On a donné aussi ce nom à la Dorée. V. ce mot.
ROI DES ROUGETS. C'est le Mulle- Surmulet. V. ces mots.
ROI DES SAUMONS. On croit que c'est une truite que l'on prend r|uelquefois avec les saumons , et qu'on suppose être leur conducteur. V. Saumon.
ROLANTlN. Sorte de pêche pratiquée à la côte de Valence. V. Ligne.
ROMATIERE. Pêche qui se fait en Provence avec une entremaillade, pour prendre des roms ou des turbots.
RONCE. V. Raie-Ronce.
RONDE ( MORUE). C'est celle qui n'est fendue que jusqu'à l'anus.
RONDELLE. L'un des noms vulgaires à\x grondin ^ poisson du genre des trigles. V. Grondin.
RONDFISH de Norwege. C'est un cabillaud qu'on n'ouvre que jusqu'à l'anus. On les pend deux à deux par la queue à des perches, et ce poisson, desséché, est rond comme un bâton.
i\otr
RON DOLE. V. Hirondelle.
RONDS ( FILETS ). Ce sont ceux qui ont la forme du corps d'iui blulcau ou d'une manche eu entonnoir. On ajuste ordinairement à l'entrée un ou plusieurs goulets. V. T'ilet.
ROQUETS. Petites roches peu élevées sur le fond, où se plaisent plusieurs espèces de poissons.
ROSE. Poisson. V. Doré.
ROSERET. A Caen , on donne ce nom à un petit poisson qui a deux nageoires sur le dos; le roseret est tout blanc, et sa chair est si transparente, qu'on apercoïc la grande arête dans toute sa longueur; il est vrai rju'elle est brune et assez grosse proportionnellement à la taille du poisson.
Les écailles de ce poisson sont petites, néanmoins épaisses, ce qui les rend sensibles; ses yeux sont grands et parfaitement ronds, et ses mâchoires garnies de dents extrêmement fines, que l'on sent pourtant avec le doigt; la mâthoire d'en bas est un peu plus longue que la supérieure; enfin la langue est pointue. Le goût de ce petit poisson est agréable.
ROSETTE. On donne ce nom , en Hollande , à un poisson du genre des trigles, et qui ne paraît être autre que le Rouget. V. ce mot.
ROSMARE. V. Morse.
ROSSE. Nom que l'on donne au Gardon. \ .cq moi.
Il est tait mention de la rosse ou blanche rosse dans un acte de i3i4. H était défendu de la pêcher si elle n'avait 5 pouces de long, et la pêche en était prohibée, en général, depuis le i5 avril jusqu'au \5 mai. Ces défenses furent renouvelées par l'ordonnance de 1387, et par l'ordonnance de 1669, tit. XXXI, art. 6 et 12.
ROTELE. Poisson de rivière et de lac, que l'on pêche dans le Rhin et dans plusieurs lacs d'Angleterre , qui parvient à i2 et i5 pouces de longueur, et dont la couleur est d'un brun jaune j il a la queue et les nageoires du ventre rouges et une tache rouge sur les ouïes ; il est plus large que la carpe , et plus épais que la brème.
ROTENGLE. Poisson du genre cjprin , qui se trouve abondamment dans le nord de l'Allemagne, parvient à la longueur d'un pied, a les nageoires rouges , et le corps et les yeux tachetés de la même couleur.
ROT-SCHAER. Nom étranger de la morue séchée. V. Morue.
ROUAILLE. Ancien instrument de pêche, qui n'est plus connu, et dont l'usage était prohibé par les ordonnances de iSaô, i358, i4o2, i5i5 et 1 55o , citées dans Saint- Yon , p. 224.
ROUBINE. Les Provençaux nomment ainsi dans la Camargue les canaux c|uicommunic|uent des étangs salés à la mer, ou qu'on fait pour introduire l'eau douce du Rhône dans les endroits bas. V. JBourdigue.
ROUCAO. Nom qu'on donne , à Marseille , au spare plombé , sparus lividus , poisson qui se trouve dans la Méditerranée, dont la longueur est d'un pied, et qui a 18 rayons aiguillonnés , terminés par de longs filamens, et 12 rayons articulés à la nageoire du dos; 3 rayons aiguillonnés et 10 rayons articulés à celle de l'anus; la caudale arrondie , des molaires arrondies, la ligne latérale courbe et en-
^fZ ROU
.suite droite; la couleur générale d'un brun livide, le dessous de la tête et le bord des nageoires d'un bleu foncé.
ROUGEATRE. Nom d'une espèce de poisson du oeiire cyprin , du cyprinus rutilus.
^ ROUGE-TUMBE. Duhamel dit que ce poisson , du genre des zées, de Linnaeus, est ainsi appelé sur les côtes de Haute-Normandie , ainsi qu'en plusieurs autres endroits, etcju'il ressemble au rougetgrondin par le nombre, la forme et la position tant des ailerons que des nageoires, et par les barbillons, <|ui sont au nombre de trois de chaque côté. A l'égard de la nageoire du dos, la partie voisine de la tête est formée de rayons très-piquans; ceux de la partie postérieure le sont beaucoup moins : cependant ils paraissent proportionnellement un peu plus forts que ceux de la plupart des rougets-grondins. On prend sur les côtes de Haute Normandie des rouges-tumbes qui ont 8 ou lO pouces de longueur. C'est vers le carême qu'on prend les plus grands , principalement sur les côtes d'Angleterre, près de Torbay.
ROIJGET. Nom spécifique de plusieurs espèces
de poissons, dont le corps est rouge et dont la chair
est très-délicate. Les principales espèces sont : le
rnulle-rouget et le mulle-surmulet. V. Mulle et le
Trigle-Lyre. V. Lyre.
On a aussi di)nné ce nom au Grondin. V. ce mot.
ROUGET-GRUMET. Duhamel dit qu'on appelle ainsi, dans la Haute-Normandie, des rougets qui sont assez gros , proportionnellement à leur longueur, qui ont le dos d'un brun qui se change en un jaune clair sur les côtés, avec des reflets verdàtres, et dont le ventre est blanc; mais il pense qu'ils ne forment pas une espèce différente du rouget; seulement, observe-t-il, leur tête est plus allongée ([ue celle des véritables rougets-grondins , et leur nageoire caudale un peu plus fourchue.
ROUGET-GRUMELET. 11 y a, dit encore Duliamel, une autre espèce de rouget, qu'on nomme grumtlet, PL d ,fig. 3, et qui n'a guère que 6, 7 et au plus 8 pouces de longueur. Ce poisson a toujours l'air maigre et son corps menu fait souvent des inflexions; SA mâchoire supérieure est plus longue que l'inférieure , et son extrémité se relève en haut ; le crâne fait une bosse considérable au-dessus des arbitres ; la nageoire de la queue est fort échancrée , mais la nageoire dorsale est plus prolongée que celle du ventre.
ROUISSAGE DES LINS ET CHANVRES. Le
mot rouissage vient du latin barbare rossiare , dérivé de rivHS^ ruisseau, ou de ros^ rosée. 11 exprime l'action défaire rouir le lin ou le chanvre, c'est-à-dire de l'exposer dans un ruisseau , ou à la rosée , pour le faire macérer, et séparer le liber ou la filasse de la partie ligneuse.
L'art. 4^1 du tit. XXVII de l'ordonnance de 1669, porte ce que nul , soit propriétaire ou engagiste , ne pourra faire aucun amas de pierres^ terres ou fascines, ni autres choses qui nuisent au cours des fleuves et rivières navigables , ni y jeter aucune ordure , etc. »
De cette disposition on doit inférer qu'il n'est permis à personne de mettre les lins et chanvres dans
ROU
les rivières: premièrement, parcequelespierresouautres choses qu'on met pour couvrir et faire enfoncer les paquets et qui ne sont jamais retirées comblent les rivières; secondement, parce que la décomposition du lin ou du chanvre corrompt l'eau; ce qui fait mourir le poisson, et occasionne des maladies aux bestiaux qui y vont boire, et même auxhabitans.
Il n'y a pas moins de danger à mettre les lins et chanvres dans les ruisseaux ou mares qtii communiquent aux rivières, parce que l'eau qui en sort, étant corrompue, gâte bientôt celle avec laquelle elle se mêle.
On a reconnu ces inconvéniens dans tous les pays , et il y a peu de Coutumes qui n'aient quelque disposition à ce sujet.
La Coutume de Normandie^ cJiap. g, art. 209, porte que « rotours ou rotoueis ne peuvent être faits en eau courante, et si aucun veut détourner eau pour en faire, il doit vider l'eau dudit rotour, en sorte qu'elle ne puisse retourner dans-la rivière.
La Coutume d'Amiens^ tit. XI, art. 243, porte ce qu'on ne peut rouir lins, chanvres et autres choses, aux rivières ou marais publics, du haut ou moyen justicier, ni autrement empêcher lesdits marais ou rivières, sans le congé du seigneur, et sans encourir l'amende de soixante so\s parisis. y>
Celle de Hainaut , chap. io3, art. 16, porte ce qu'on ne pourra mettre ni lins, ni chanvres èsrivières et eaux courantes , sous peine de cinq sols d'amende et de confiscation des lins et chanvres. »
Celle de Moris^ chap. 53 , art. 6 , porte que ce nul ne peut mettre lin ne chanvre, ou rouir en rivières courantes , ne en rivières et fossés rapissonnés, sur loix de cinq sols blancs et le lin ou chanvre acquis au seigneur. 33
Celle de la Sale-sur-Isle , tit. \^^. , art. 1 1 , porte ce que l'on ne peut rouir lin en l'eau d'autrui sans son gré , à péril de soixante sols d'amende , vers le haut justicier ou vicomtier, et de réparer le dommage. »
Celle de Bourbonnais ., chap. i4> art. 162, porte qu'on ne peut mettre ce chanvres ni lins ou autres choses portant poisson , en étangs , pêcheries , gords et marais appartenant à particuliers , sans leur vouloir et congé; autrement on est tenu envers le seigneur haut-justicier et de l'intérêt de la partie, w
Par arrêt des juges en dernier ressort, du 26 juillet i557, pour le comte de Saint-Fargeau contre les habitans de Saint-Fargeau, il leur fut défendu de mettre à rouir leurs lins et chanvres dans les rivières sous peine de privation des droits de pêche qu'ils pourraient y avoir et d'amende arbitraire.
L'ordonnance du roi d'Espagne , du mois de juillet 1627, portant règlement pour la pêche au bord de la mer et dans les rivières de l'Escaut, la Durmé, la Lys , la Deuille et autres coulans ou canaux de Flandre , porte , art. 4 ■> « plus que personne ne s'ingère aussi à rouir du lin dans les mêmes rivières ni dans les mares et larges fossés, ni ès-écarts d'iceux ayant communication avec lesdites rivières, à peine de fourfaire chaque fois la somme de vingt florins, a
Avant l'établissement des maîtrises en Flandre , le sieur de Bagnols, intendant, fit défense aux ha-
ROU
bilans des lieux aux environs de la haute et basse Deuille , marais et cananx y nftluens, d'y taire rouir leurs lins et chanvres, à peine de confiscation et de lOO llorins d'amende, sauf ù faire rouir dans les eaux ilormantes, cjui ne se déciiargent point dans lesdites rivières et aux lieux où il n'y avait d'autres commodités que des rigoles ou canaux, dont les eaux avaient communication avec les rivières j permettait de se servir desdites rigoles, à la charge de boucher les ouvertures de chaussées de terre forle, larges de lO pieds au moins, qui ne pourraient être ouvertes avant la fin du mois d'octobre. {Arr. du Cons. du 4 tïvn/ 1702.)
La défense de faire rouir le lin et le chanvre dans les rivières et ruisseaux, est réitérée par les arrêts du conseil des 77 juin 1702, 17 décembre 17195 11 septembre 1725, 26 février 1732 et 28 décembre ijSù.
Par l'arrêt du conseil du ?.6 février 1732, portant règlement pour la rivière des Gobelins, art. 3o, il est expressément défendu à toutes [>ersonncs de faire rouir des lins et chanvies dans les eaux y afiluentes, à peine de 5o livres d'amende et d'un mois de prison contre chacun des contrevenans pour la première fois , du double pour la seconde, etc.
Par celui du 28 décembre 1756, le Roi a confirmé une sentence rendue en la maîtrise de l'ile- Jourdain contre les consuls de la ville de Grenade, pour des chanvr3s trouvés dans la rivière de Save.
11 y a deux arrêts du parlement de Bretagne: le premier du 6 août 1735, qui ordonne que l'art. 42 du tit. XXVII de l'ordonnance de 1669 sera bien et duement exécuté 5 en conséquence, fait défense à toutes personm s de jeter des immondices et mettre des lins ou chanvres à rouir dans les rivières, à peine de confiscation et de 5o livres d'amende, même de plus grande peine en cas de récidive ; le second, du 3i janvier 1757, rendu sur la requête de messire Ange-Anuibal de Bedée , qui fait défense à toutes personnes de mettre lins et chanvres à rouir dans les rivières et étangs sous les peines qui y échoient. V. ces arrêts dans notre Recueil des B.églemens forestiers^ Qt ST^éciAernanl CGUy. àe 1702, 1735, 1737, 1756, 1757 et une sentence de la maîtrise de Paris de lySç.
Deux ordonnances du roi, du 16 janvier 1822 (au Recueil des Ré^lemens forestiers) , avaient décidé que le rouissage dans une rivière navigable constaté par un agent forestier, ne pouvait être considéré comme une contravention ordinaire en matière de grandf? voirie 5 que c'était un délit de pêche prévu par l'ordonnance de 1669 , passible des peines portées par celte ordonnance , et dès-loi s de la compétence des tribunaux de police correctionnelle, et non de la compétence des conseils de préfecture.
Deux autres ordonnances, l'une du 4 février et l'autre du 4 novembre 1824, ont déridé au contraire qu'un dépôt de < hanvre dans une rivière navigable doit être considéré comme faisant obstacle au libre cours de la navigation et constituant dès-lors un délit de grande voirie, qui, d'après la loi du 29 floréal an 10, l'article i i 2 du décret du 16 décembre 181 i, etl'art. jer. du décret du loavril 1812, ne pe'it être poursuivi et jugé que par l'autorité administrative.
non
Il nous semble que le rouissage doit êlro considéré sous deux rapports:
1°. Comme occasionnant l'encombrement du lii des rivières et nuisant au libre cours des eaux et .1 lu libellé de la navigation : sous ce rapport , la contravejilion est dans \^s attributions de l'autorité administrative j
2°. Comme infectant les eaux et occasionnant la mort du poisson : sous ce dernier rapport , le délit devrait être de la compétence des tribunaux de police correctionnelle 5 mais les ordonnances que nous venons de citer ne distinguent point, et il paraît dès-lors que, lorsqu'il s'agit de rivière navigable, le conseil reconnaît que l'autorité administrative est seule compétente.
Lesagens forestiers n'en doivent pas moins veiller à l'exécution de l'ordonnance , dresser et faire dresser par les gardes des procès-verbaux des contraventions, et remettre les procès- verbaux au préfet ou au sous-préfet.
ROULEE. Nappe de filet qui sert dans la Loire à prendre des lamproies.
ROUSRET. C'est le nom qu'on donne à Calais aux folles ou bouteux qui servent à prendre des chevrettes et des sauterelles.
ROUSSABLE. Etuve où l'on dessèche et enfume les harengs et sardines qu'on prépare en saur. \'. Hareng Q\. Sardine.
ROUSSAILLE, Les pêcheurs donnent ce nom à tous les petits poissons qui tombent dans leurs filets et qui ne sont bons qu'à servir d'appât.
ROUSSE, clupea rufa. Poisson du genre des dupés, qui a 18 rayons à la dorsale, 24 à la nageoire de l'anus, 10 à chaque ventrale, la caudale fourchue ; une cavité en forme de losange sur la sommité de la tête. Les pêcheurs distinguent deux variétés de ce poisson : celle que l'on prend dans le printemps, qui est plus petite , mais qui a les écailles plus grandes que celle que l'on pêche en août et septembre. Les deux variétés présentent quelquefois des taches noires ou brunâtres comme celle de l'alose. On prend peu de rousses dans la Seine; on ne les pêche même que depuis la pointe de Hode jusqu'à Aisiers, c'est-à-dire dans les eaux saumâtres de l'embouchure de la rivière. Il paraît; qu'elles fraient dans les grandes eaux; elles ont les (cailles plus fines, la chair plus délicate et moins blanche que l'alose \ leur peau est d'un blanc de crème , légèrement cuivrée; on ne consomme guère le i)oisson que dans les endroits où on le pêche. On en a pris dans le lac du Tôt, cjui pesaient de 4 à six livres. Dans le mois de septembre, elles sont assez grasses pour éteindre, comme les harengs d'été de la Manche , les charbons sur lesquels on cherche à les faire cuire.
ROUSSETTE, 5^wa//«-ca^M/«5et canicula. (Lin.', Poisson du genre des Squales (voy. ce mol), que l'on nomme aussi , sur nos côtes , chat marin , roussette tigrée^ et en Normandie 'uache-de-mer : la femelle est beaucouj) plus grande que le mâle et elle a d'ailleurs les couleurs difléremnicnt disposées, et les nageoires ventrales beaucoup plus écartées; ce qui l'avait fait prendre pour une espèce dislinclt
ROU
fjue l'on avait décrite sous le nom àe grand chat-demer ou de grande roussette.
Description. — Ce poisson {PL "i-ffig- 8) a lesnal'uies garnies d'un appendice vermiculaire j les dents dentelées et garnies, aux deux extrémités de leur base, d'une pointe dentelée.
Le mâle parvient ordinairement à la longueur de
3 pieds; il a la tète grande, le museau demi-transparent, quatre rangs de dents; les nageoires ventrales si rapprochées, qu'elles semblent réunies; le dos d'un gris brunâtre mêlé de nuances rouges ou rousses et parsemé de taches irrégulières, blanches ou très-foncées.
La femrlle, dont la longueur est ordinairement de
4 pieds, a la tête petite ; les nageoires ventrales écartées ; les taches du dos rousses ou noires et mêlées à d'autres taches cendrées.
Habitation. — Ce poisson se trouve dans les mers d'Europe et dans celles des Indes. Duhamel dit qu'il n'est pas rare d'en trouver aux environs de (Jaen, et qu'on en prend dans l'Amérique septentrionale pêle-mêle avec les morues.
Nourriture. — Il est très-vorace ) il se nourrit de poissons et en détruit un assez grand nombre ; il se iette même sur les pêcheurs et sur ceux cjui se baignent dans la mer ; mais comme sa force ne répond pas à son appétit, il est obligé d'user de ruse, en se tenant presque toujours caché dans la vase^ comme la plupart des raies, pour saisir, de cette retraite, les poissons qui passent à sa portée.
Propagation. — La roussette est très-féconde et met au jour ses petits successivement, comme les ^^utres espèces du genre des squales.
Qualités, — La chair de ce squale est dure et
I tq^and une odeur musquée qui n'est pas agréable.
II n'y a que les gens les plus pauvres qui s'en nourrissent. Les mareyeurs ont coutume de mettre ce poisson tremper dans l'eau quelque temps avant de l'exposer en vente; ce qui lui donne , disent-ils, un air plus appétissant. Le foie de la roussette peut fournir, par la cuisson, une assez grande quantité d'huile; mais il paraît qu'il est très-dangereux de se nourrir de ce viscère, ainsi que le prouve un fait rapporté par Sauvages, dans sa Dissertation sur les animaux venimeux. Quatre personnes composant une pauvre famille des environs d'Ade , qui avaient mangé un de ces foies, tombèrent, une demi-heure après, dans un assoupissement qui dura trois jours, el fut suivi d'une démangeaison universelle, accompagnée de rougeurs, qui ne se termina que par l'exîoliation complète de l'épiderme ; mais si la roussette n'est pas recherchée pour sa chair, elle l'est beau- < (jup à raison de sa peau. C'est celle qui est principalement répandue dans le commerce sous le nom ue peau-de-chien de mer, de peau de chagrin , de jieau de roussette , et qui sert à polir les ouvrages en bois, en ivoire, en métal, et à couvrir différens meubles. Lorsqu'on a usé les tubercules hérissés qui la rendent propre à ces usages, et qu'on l'a teinte en vert, elle prend le nom de ^a/wc/ia^ et sert à couvrir des étuis et autres petits ustensiles plus précieux. Les gaîniers l'appellent galuchat commun ou galuchat à petits crains , pour la distinguer du galucliat plus précieux que fournit la raie-sephcn.