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la Loire, un filet du genre des folles : les mailles ont 3 pouces et demi d'ouverture.
TEMPLES. C'est le nom qu'on donne aux perches horizontales qui servent à construire les bourdigues. V. Bourdigue.
TENAILLE. C'est un poisson des Indes orientales, ainsi nommé parce qu'il a la bouche faite çn forme de tenaille; cette partie est dure et recourbée en haut. On pêche ce poisson près de Pile de Lions, voisine d'Amboine.
TENTES ou ÉTENTES A LA BASSE EAU.
On donne ce nom à plusieurs manières de pêcher qui se font au bord de ]a mer lorsqu'elle est basse : de ce genre sont la Cibaudière , les Etaliers ^ les Folles tendues sur piquets , les Hauts- Palis , les Palis f la Pêche au loup , les Ravoirs , les Rets traversans f les Rieux. V. ces mots, et pour les réglemens concernant ces pêches, l'article Pêche maritime ^ § 3.
TERRIR. Les pêcheurs disent que les poissons terrissent C[Uci.Yïà il fait chaud , pour dire qu'ils s'approchent de la terre, et quand les eaux sont froides ils gagnent la grande eau ou se retirent dans les grands fonds.
TESSURE. Les pêcheurs-cordiers appellent une tessure plusieurs pièces d'appelets jointes les unes au bout des autres. V. Corde.
TESTADOU. Piquet qui est tout près de celui qu'on appelle courrier , qui sont l'un et l'autre à la pointe de la pentière. V. Folles.
TESTACÉS. Ce mot, qui vient de ^e5 /a, coquille, a été appliqué à tous les animaux qui étaient couverts d'une enveloppe solide : ainsi les tortues , les crustacés et les coquillages étaient des testacés ; aujourd'hui on n'applique plus ce mot qu'aux coquillages. V. Coquillage et Coquille.
TÊTARD ou TESTARU. On appelle ainsi les petits ou plutôt les larves àes grenouilles et des crapauds) parce que leur tête est [dus grosse que le reste de leur corps. V. Grenouille.
On donne aussi le nom de têtard k plusieurs poissons qui ont la tète grosse, et plus particulièrement à la Chevanne. V. ce mot.
TÊTE-D'ANE. C'est l'un des noms du Chabot. V. ce mot.
TÊTE DE FILET. La tête d'un filet en est le haut lorsqu'il est tendu verticalement, et c'est par cette partie qu'on commence à le travailler. V, Filet.
TÉTRODON , tetraodon. Genre de poissons de la division des hranchiostéges , dont le caractère consiste à avoir les mâchoires avancées, osseuses, et divisées chacune en deux parties.
Ce genre , dont le nom signifie quatre dents ^ contient , dans V Histoire des Poissons par Lacépède, dix-neuf espèces , qui habitent exclusivement des mers étrangères à l'Europe, à l'exception des deux espèces suivantes :
Le Tétrodon croissant, tetrodon occellatus (Lin.) j qui se trouve dans les mers de la Chine et du Japon , et dans la Méditerranée, et qui remonte les rivières. Ce poisson est très-beau ; il a le dessous du corps blanc ; les nageoires jaunâtres , la partitsupérieure du corps d'un vert foncé, et sur le dos
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une tache avec une bande transversale large et en croissant, toutes deux noires et bordées de jaune : il n'a de piquans que sur le ventre. Daubenton lui avait donné, dans V£ncyc/opcdie, le nom de quatredents-petit- monde. Il passe pour être si venimeux , que ceux qui en luangent meurent, dit-on, a\i bout de 2 heures : c'est pourquoi il est défendu d'en vendre; mais comme sa chair est excellente, on prétend que les gourmands ont trouvé le moyen de la rendre moins malfaisante à force de la laver, après en avoir séparé la tète , les entrailles et les arêtes ; toutefois on doit se méfier de l'exactitude de ces faits. L'n naturaliste, Rumphius, indique comme contre-poison une plante qu'il a figurée sous le nom de rexamoris.
Le Tétrodon-Lune , que l'on connaît sous les dénominations de lune- de-mer, molle, meule, hout^ molle-bout, poisson d'argent et poisson -soleil. V. Lune-de-mer.
TETl,'. L'un des noms de la Clievanne.\ . ce mot.
THEATRE. Ceux qui mettent la morue en tonnes ou barils nomment théâtre une espèce de chantier qu'ils forment avec des membrures, pour mettre dessus quantité de morues qu'on vient de laver, pour qu'elles s'égouttent. V. Morue.
THEE. On appelle en Provence bois de thée du bois de pin bien sec , qu'on brûle dans le réchaud de la rissole.
THEL . Sorte de niche que les pêcheurs normands qui vont à la pêche de la morue établissent devant eux pour se garantir du vent. Les Granvillois n'ont point de theu; mais ils tendent devant eux une toile qu'ils nomment bonnette.
THON, scomher-thynnvs (Lin.). Poisson du genre des scombres, que l'on nomme ton sur quelques rivages de la France; Athon dans quelques provinces méridionales 5 Toun auprès de Marseille ; thonno en Italie ; albacore en Espagne ; cavala en Portugal ; thun , thunfisch en Allemagne; tunny-fisch en Angleterre.
Description. — Ce poisson {PI. V, fig. 2) a 8 ou 9 petites nageoires au-dessus et au-dessous de la queue ; les nageoires pectorales n'atteignant pas jusqu'à l'anus, et se terminant en dessous de la première dorsale; le corps très-allongé et semblable à Tine sorte de fuseau très-étendu ; la tête petite , l'œil gros, la bouche très-large; la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure , et toutes deux garnies de petites dents aiguës; la langue courte et lisse ; l'orifice branchial très - grand ; l'opercule composé de deux pièces; le corps épais et couvert, ainsi que la queue, d'écaillés petites, minces et faiblement attachées; le dos d'un gris d'acier et le ventre argenté; la première nageoire du dos bleuâtre et composée de i5 rayons; la seconde, jaunâtre et formée de 12 rayons; celles de la poitrine également jaunes, avec 22 rayons; celles du ventre grises, avec 7 rayons; celles de l'anus jaunâtres , avec 12 rayons; celle de la queue d'un gris noir, très-grande, en forme de croissant, et composée de 21 rayons; enfin les nageoires surnuméraires jaunes et très-petites.
Les thons parviennent à des dimensions considérables. Pline, et les autres auteurs anciens qui ont
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parl<^ de ces jwissons, les ont rangea parmi ceux qui sont les plus remarquables par leur volume. Le naturaliste romain dit qu'on en avait vu du poids de i5 talens (676 livres), et dont la nageoire avait 2 coudées et un peu plus de largeur* Les observateurs modernes ont mesuré et pesé des thons de 10 pieds de longueur et du poids de 110. à 1,20 livres. Duhamel dit qu'on «n pêche souvent dans le port de CoUioure qui pèsent 2 à 3 quintaux, et Pennant rajiporte qu'on en a péché un qui pesait 460 livres ; enfin le P. Cetti assure que les thons de i ,000 livres ne sont pas rares en Sardaigne , et! qu'on en a pris quelquefois qui ne pesaient pas moins de 1,800 livres j mais le plus ordinairement le thon n'a que de 2 à 3 pieds de longueur.
Habitation et mis-ration. ■ — • On trouve le thon dans presque toutes les mers chaudes ou tempérées de l'Europe, de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique; mais on ne rencontre pas un égal nombre d'individus de cette espèce dans toutes les saisons, ni dans toutes les portions de mer qu'ils fréquentent. Il en entre une quantité prodigieuse dans la Méditerranée par le détroit de Gibraltar.
Les thons appartiennent à la classe des poissons auxquels on a donné le nom de pélagiques ou pélagiens^ et qui se tiennent, pendant une grande partie de l'année à une grande distance des rivages. C'est presque toujours à la surface des eaux qu'ils se livrent au repos ou au mouvement. On les voit, réunis en troupes nombreuses , bondir avec agilité; et lorsque dans certaines saisons, et particulièiement dans celle du frai, ils s'approchent des rivages, ils serrent leurs rangs et se pressent les uns contre les autres, les plus forts et les plus audacieux marchent les premiers. Ils forment quelquefois une sorte de grand parallélogramme q»e l'on aperçoit naviguant sur la mer, et qui s'annonce de loin par le bruit que leur mouvement Occasionne. Il arrive quelquefois c[ue leur marche se trouve s-uspendue ou détournée, et qu'une légion se trouve dispersée par quelque bruit soudain, par un coup de tonnerre ou par des objets d'une forme ou d'une couleur propre à les effrayer. Pline rapporte, par exemple , que dans le printemps les thons passaient en grandes troupes de la Méditerranée dans le Pont-Euxin ou la mer Noire ; que dans le Bosphore de Thrace , qui réunit la Propontide à l'Euxin , et dans le détroit qui sépare l'Europe de l'Asie, un rocher d'une blancheur éblouissante et d'une grande hauteur s'élevait auprès de Chalcédonie sur le ri* vage asiatique; que l'éclat de cette roche, frappant subitement les légions de thons, les effrayait au point de les contraindre à se précipiter vers le cap de Byzance opposé à la rive de Chalcédoine; que cette direction forcée dans le voyage de ces poissons en rendait la pêche très-abondante auprès de ce cap de Bvzance, et presque nulle dans les plages opposées ; et c|ue c'est à cause de ce concours des thons auprès de ce promontoire qu'on lui avait donné le nom de Chrysokevas ^ ou de Corne d'or ou. de Corne d'abondance. C'est pour rappeler ce même concours que les médailles de Byzance présentent l'image>du thon.
Chaque année, à l'approche du printemps, ou
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dans une saison plus chaude , suivant le climat qu'ils habitent, les thons s'avancent vers les rivages pour y frayer, et après cette opération et lorsqu'ils ont repris des forces, il s quittent les côtes de l'Océan avec les beaux jours pour regagner la haute mer et rentrer dans leurs profonds asiles. Selon l'opinion générale, ils entrent dans la Méditerranée au printemps et n'en sortent qu'en automne. Quelques naturalistes pensent que la grande majorité de ces poissons ne fait, à l'époque de son apparition, que sortir des profondeurs de cette mer pour en parcourir les rivages , ainsi que cela paraît avoir lieu pour les harengs, •et que semble confirmer le témoignage du P. Cetti , qui assure qu'on a observé de grandes quantités de thons pendant l'hiver sur les côtes de Sardaigne. On ajoute que dans l'Océan, même entre les Tropiques, on n'en voit que rarement dans cette saison et par la même raison, quoiqu'ils dussent y être plus abondans que pendant l'été.
Les thons nagent avec la plus grande rapidité, et ils se livrent à des voyages lointains, mais qui, différens de ceux qu'ils font pour s'approcher des côtes dans la saison du frai , ne sont déterminés par aucune époque régulière. Ils traversent avec facilité des golfes, des mers intérieures et même le vaste Océan. Un espace de plusieurs centaines de lieues ne les arrête pas 5 et malgré leur mobilité naturelle , fidèles à la cause qui a déterminé leur départ , ils continuent leur course avec constance. On rapporte que des troupes de thons et de bonites ont suivi des navires pendant 1 ,5oo lieues , et plusieurs marins allant d'Europe en Amérique, ou revenant d'Amérique en Europe, ont vu des thons accompagner leurs vaisseaux pendant plus de 4o jours. Il paraît que leur assiduité auprès de certains navires est déterminée par leur avidité pour les substances qu'on jette à la mer, et aussi, suivant l'observation de Commerson, par l'ombre qu'ils trouvent à l'abri <le ces vaisseaux dans les mers chaudes de l'Asie , de l'Afrique et de l'Amérique, où ils ne peuvent exécuter, à la surface des eaux, les niouvemens qui leur sont nécessaires. Quelques voyageurs rapportent que les thons interrompent leurs voyages pour plusieurs mois aux approches du froid, et que pendant cette saison ils préfèrent pour leur habitation les fonds limoneux.
Nourriture. — Ils se nourrissent de poissons, principalement de ceux qui vont en troupes, tels que les maquereaux, les harengs, les exocets, les petits scombres, et ils n'épargnent pas même les jeunes de leur espèce ; ils sont très-goulus, et il arrive que , tourmentés par la faim , ils avaient avec avidité diverses espèces d'algues.
Propagation. — Les liions ne fraient point à l'embouchure des fleuves comme la plupart des autres poissons; c'est près des côtes qu'ils viennent frayer, et comme nous l'avons dit, à l'approche du printemps; mais quelquefois beaucoup plus tard; car dans quelques ports ils n'arrivent que pendant l'été et à l'arrière-saison. On a comparé la grosseur de leurs œufs à celle des graines de pavot. 11 faut que la multiplication de ce poisson soit considérable, d'après la grande quantité qu'on en prend cha- (jue année.
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Les anciens donnaient différens noms au thoti suivant son âge. Pline dit qu'on appelait cordyhs les thons très-jeunes, qui, venant d'éclore dans la mer Noire, repassaient, pendant l'automne, dans l'Hellespont et dans la Méditerranée, où ils portaient le nom àe pélamides pendant les premiers mois de leur croissance ; et ce n'était qu'après un an qu'on les appelait thons. Ces différentes dénominations, adoptées par les anciens, ont donné lieu à des erreurs parmi des auteurs modernes, qui les ont mal appliquées.
Il paraît, d'après les observations rapportées par Duhamel, qu'il y a des parages où ce sont les gros thons qui arrivent les premiers sur les côtes , tandis que ceux qu'on prend à Collioure, dans l'arrièresaison , sont ordinairement plus gros que ceux qui n'arrivent qu'au commencement de l'hiver.
Ennemis et maladies. — Ils ont pour ennemis les squales, l'espadon et autres grands poissons ; et de plus ils sont tourmentés par plusieurs animaux des genres lernée et callige , et par d'autres de la famille des crustacés suceurs, ainsi que par beaucoup de vers intestinaux. Les anciens ont i-apporté c[ue souvent ces poissons éjîrouvalent , par suite des piqûres que leur faisaient les animaux, des douleurs si cruelles, qu'ils en devenaient furieux et sautaient sur les vaisseaux et sur les rochers.
(Qualités. — La chair du thon est grasse, rouge , ferme, savoureuse, nourrissante et très-saine, et quoique les médecins aient prétendu qu'elle était de difficile digestion , elle a été recherchée de toute antiquité sur les tables les plus somptueuses. Lesi R-Omains estimaient principalement la tête et le dessousdu ventre comme plus délicats, et ce sont encore les parties que l'on préfère aujourd'hui. On a remarqué il y a long-temps que la chair de ce poisson variait en qualité , qu'elle était molle ou tendre, et qu'elle ressemblait à celle du veau ou à celle du bœuf, selon la partie du corps où l'on prenait.
Il est des mers où les thons se nourrissent de mollusques assez malfaisans pour faire éprouver des accidens graves à ceux qui mangent de ces poissons sans avoir pris la précaution de les faire vider avec soin.
Suivant Belon , c'est avec le thon que les habitans de Byzance faisaient l'excellente sauce qu'ils nom-
maient ^arttOT.