PARIS
ARTHUS BERTRAND, Libraire-Éditeur, rue Hautefeuille , n°. 23, près l'École de Médecine; M"". HUZARD ( née Vallat la Chapelle ), Libraire, rue de rÉperon-St.-André-des-Arts, n^ 7.
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IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD (VÉE Vau,aT i.a Chapeu.e), rue de l'Éperon . n". 7.
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Nous n'avions, en commençant cette quatrième partie de notre Traité général des Forets, Chasses et Pèches, l'intention de n'y parler que de la pêche fluviale, qui est dans les attributions de l'Administration des forets ; mais nous nous sommes bientôt aperçu que cette pêche et celle qui se fait à la mer avaient entre elles des rapports si nombreux et si étroits , qu'il était presque impossible de traiter de l'une sans s'occuper de l'autre.
En effet , beaucoup de poissons de mer s'approchent de Tembouchure des rivières et en remontent le cours dans certaines saisons de l'année , pendant lesquelles on les pêche dans les eaux douces. Les instrumens et les procédés employés dans la pêche fluviale se retrouvent en grand Hombre dans la pêche maritime, et les réglemens relatifs à l'une et à l'autre sont basés sur les mêmes principes, et ont le même objet de police et de conservation.
Nons avons considéré en outre que les points de contact de rAdminisiration des forets avec le département de la marine , au sujet des deux sortes de pêches, pouvaient faire désirer un ouvrage qui pût être consulté dans l'intérêt commun des deux services , et qui présentât un corps complet d'instructions sous les rapports de l'art et de la législation.
Enfin, il nous a paru que la pêche en mer réclamait un ouvrage nouveau. Le grand Traité des Pêches de Duhamel, publié en 1770 , n'a conservé son mérite que sous le rapport de l'art de la pêche; mais la description des poissons s'y présente avec la confusion qui régnait alors dans l'histoire naturelle de ces animaux. Cette partie de l'ouvrage de Duhamel ne pouvait plus être consultée -, elle appelait la réforme que Lacépède et quelques autres naturalistes ont introduite dans l'ichthyologie.
Le Dictionnaire des Pêches, faisant partie de V Encyclopédie, présente les mêmes défauts que le Traité de Duhamel, dont il n'est que l'extrait.
Un savant distingué, M. ISoêl de la Morinière, avait senti la nécessité d'un nouvel ouvrage sur les pêches , et il avait tous les moyens de le faire. Il aurait traité ce sujet à-la-fois comme naturaliste, comme navigateur , comme expert dans tous les procédés de pêche , et comme littérateur •, mais malheureusement il a péri victime de son zèle dans un voyage qu'il avait entrepris avec l'autorisation du gouvernement, pour explorer des parages lointains. Il n'a laissé qu'un premier volume . consacré uniquement à l'histoire des pêches anciennes et du moyen âge.
Notre travail, beaucoup plus abrégé et sans doute bien moins parfait que ne l'aurait été celui de te savant, aura du moins l'avantage de se présenter enrichi des connaissances acquises depuis la publication des autres Traités de Pêche.
Nous avons consulté , pour la description des poissons , des cétacés , des crustacés et des testacés, les ouvrages les plus estimés , tels que V Histoire des Poissons par Lacépède , Y Histoire naturelle de Bujffon, édition de Sonnini , et le Dictionnaire d'Histoire naturelle, édition de Déterville, dans lequel le savant M. Bosc a rédigé tous les articles sur les poissons.
Nous nous sommes attaché , de même que nous l'avons fait dans notre Dictionnaire des Forets, à mettre un ordre rigoureux dans la rédaction de nos articles , parce que nous sommes persuadé que les sciences exactes ne peuvent se passer de cet ordre , qui malheureusement ne se trouve pas toujours dans les ouvrages de nos savans. Il est possible que la pompe du style ne s'accommode pas d'une étroite méthode 5 mais l'instruction y gagne , et les faits présentés dans un ordre naturel se p"ravent mieux dans la mémoire : ils se retrouvent bien plus facilement aussi dans les recherches.
Ainsi, dans la description de chaque poisson de quelque importance, nous faisons connaître, toujours dans le même ordre, son nom spécifique en français et en latin , le genre et la division auxquels il appartient dans la méthode de Lacépède, ses noms vulgaires et ceux qu'il porte dans plusieurs langues étrangères, ses caractères spécifiques, ses lieux d'habitation, sa nourriture, sa propagation , ses ennemis et maladies , ses qualités , les différentes manières de le pêcher , les moyens de préparation à l'aide desquels on le conserve pour le commerce et la consommation , enfin l'art de le préparer pour les tables.
Nous avons recherché dans l'ouvrage de Duhamel en premier lieu , et ensuite dans tous ceux qui ont traité de la pêche , les procédés employés dans cet art , et nous y avons puisé la plupart des méthodes que nous rapportons. Il nous a paru également nécessaire de vérifier les changemens que les procédés les plus importans avaient pu éprouver , et cela a été l'objet de notre correspondance dans quelques ports de mer ^ mais nous avons remarqué que les pêches décrites par Duhamel étaient, toujours pratiquées, à fort peu de différence près, de la même manière qu'elles ont été indiquées dans l'Ouvrage de cet auteur. Enfin, nous avons voulu voir nous-même ce qui se pratiquait sur les côtes de la Normandie, et nous y avons pris des notes qui ont servi ù améliorer nos articles.
La partie technique de notre travail eût été incomplète sans le secours du dessin ^ un grand nombre de figures font connaître les ressources de l'admirable industrie de l'homme dans la guerre qu'il fait aux habitans des eaux : ces figures représentent l'image de tous les instrumens de pêche , les usages si variés et si ingénieux auxquels ils sont employés, le mouvement et l'action de toutes ces machines ; elles nous font , pour ainsi dire , assister aux pêches qui y sont décrites.
Nous n'avons point eu à nous livrer à de longues recherches sur l'histoire de la pêche, l'ouvrage de Noël de la Morinière contient à cet égard tout ce qu'on peut désirer , et nous en avons profité pour donner, dans le cours de ce Dictionnaire, l'histoire de la pêche des poissons les plus importans.
Toutefois , nous ne pouvons nous dispenser de présenter ici des notions sommaires sur cet objet et un aperçu de la législation relative à la pêche en général.
L'éloquent auteur de V Histoire des Poissons , M. de Lacépède , dont les sciences regrettent la perte récente , a décrit en peu de mots les avantages , les agrémens et les ressources dq^la pêche ; qu'il nous soit permis d'emprunter ses paroles : « La pêche , dit ce célèbre naturaliste, a précédé la culture deschamps, elle est contemporaine delà chasse -, mais il y a cette différence entre la chasse et la pêche , que cette dernière convient aux peuples civilisés, et que , bien loin de s'opposer aux progrès de l'agriculture, du commerce et de l'industrie , elle en multiplie les heureux résultats.
M Si, dans l'enfance des sociétés, la pêche procure à des hommes encore à demi sauvages une nourriture suffisante et salubre ; si elle les accoutume à ne pas redouter l'inconstance de l'onde -, si elle les rend navigateurs, elle donne aux peuples policés d'abondantes moissons pour les besoins du pauvre , des tributs variés pour le luxe du riche , des préparations recherchées pour le commerce lointain , des engrais fécondans pour les champs peu fertiles : elle force à traverser les mers , à braver les glaces du pôle , à supporter les feux de l'équateur , à lutter contre la tempête ; elle lance
sur l'Occaii des forêts de mâts ; elle crée les marins expérimentés , les commcrçans audacieux , les
guerriers intrépides.
)) Mère de la navigation , elle s'accroît avec ce chef-d'œuvre de l'intelligence humaine. A mesure
que les sciences perfectionnent l'art admirable de construire et de diriger les vaisseaux, elle multiplie ses instrumens , elle étend ses filets , elle invente de nouveaux moyens de succès , elle s'attache un plus grand nombre d'hommes , elle pénètre dans les profondeurs des abîmés ; elle arrache aux asiles les plus secrets , elle poursuit jusqu'aux extrémités du globe les objets de sa constante recherche , et voilà pourquoi ce n'est que depuis un petit nombre de siècles que l'homme a développé sur tous les fleuves et sur toutes les mers ce grand art de concerter ses plans , de réunir ses efforts , de diversifier ses attaques, de diviser ses travaux, de combiner ses opérations, de disposer du temps, de franchir les distances, et d'atteindre sa proie en maîtrisant pour ainsi dire les saisons, les climats , les vents déchaînés et les ondes bouleversées.
» Mais si , au lieu de suivre Tordre chronologique de l'art de la pêche , nous voulons nous représenter ce qu'il est, nous examinerons sous des points de vue généraux ses instrumens, son théâtre , ses principaux objets.
» Nous pouvons diviser en quatre classes les instrumens ou les moyens qu'il emploie : premièrement, ceux qui attirent les poissons par des appâts trompeurs, et les retiennent par des crochets Pèche aux funestes -, deuxièmement , ceux avec lesquels on va au devant de leurs légions , on les cerne , on les hameçons, resserre, on les presse, on les renferme dans une enceinte d'où il leur est impossible de s'échapper; Parcs, raou ceux avec lesquels on attend ciue les courans, les marées, leurs besoins , leur natation , dirigés / '
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par une sorte de rivage artificiel, les entraînent dans un espace étroit dont l'entrée est facile, et toute espèce.
sortie interdite 5 troisièmement, les couleurs qui les blessent, les lueurs qui les trompent, les feux Pèche
qui les éblouissent, les préparations qui les énervent, les odeurs qui les enivrent, les bruits qui les '^"^ *^"^' '" ^ 1 . . 1 1 . ,,.,.,.. clairon i
effraient , les traits qui les percent , les animaux exerces et dociles qui se précipitent sur eux , et ne préparations leur laissent la ressource ni de la résistance ni de la fuite ; quatrièmement enfin, les instrumens qui «"oi^'antes,
odeurs
se composent de deux ou de plusieurs de ceux que l'on vient de voir distribués dans les classes harpons. précédentes. Pèche aux
» Parmi les instrumens de la première classe , le plus simple est cette ligne flexible , au bout de *^^i'^^"^laquelle un fil léger soutient un frêle hameçon caché sous un ver, sous une boulette artificielle , filets, etc. sous un petit fragment de substance organisée, ou sous toute autre amorce dont la forme ou l'odeur frappe l'œil ou l'odorat du poisson trop jeune, ou trop inexpérimenté, ou trop dénué d'instinct, ou trop entraîné par un appétit vorace , pour n'être pas facilement séduit. Quels souvenirs touchans cette ligne peut rappeler! Elle retrace à l'enfance ses jeux-, à l'âge miîr, ses loisirs; à la vieillesse , ses distractions; au cœur sensible , le ruisseau voisin du toit paternel ; au voyageur , le repos occupé des peuplades dont il a enlevé la douce quiétude ; au philosophe , l'origine de l'art.
» Et bientôt l'imagination franchit les espaces et les temps ; elle se transporte au moment et sur les rives où ce roseau léger fait place à ces lignes flottantes , ou à ces lignes de fond si longues, si ramifiées , soutenues ou enfoncées avec tant de précaution , ramenées ou relevées avec tant de soin , hérissées de tous ces haims ou crochets , et répandant sur un si grand espace un danger Hameçons, inévitable.
M Dans la seconde classe paraissent les filets, soit ceux que la main d'un seul homme peut placer, Filets, soutenir , manier, avancer , déployer, jeter, replier , retirer , ou qu'on traîne , comme les dragUes et ganguis , après en avoir fait des manches , des poches et des sacs ,• soit ceux qui , présentant une grande étendue , élevés à la surface de l'eau par des corps légers et flottans , maintenus dans la
position la plus convenable par des poids attachés aux rangées les plus basses de leurs mailles , simples ou composés , formés d'une seule nappe ou de plusieurs réseaux parallèles, assez prolongés pour atteindre jusqu'au fond des rivières profondes , et assez longs pour barrer la largeur d'un grand fleuve , ou déployant leurs extrémités de manière à renfermer un grand espace maritime , composant une seule enceinte, ou repliés en plusieurs parcs, développés comme une immense digue, ou contournés en prisons sinueuses, sont conduits, attachés, surveillés et ramenés par une entente remarquable, par un concert soutenu, par des combinaisons habilement conçues d'un grand nombre d'hommes réunis.
Nasses. >, A la seconde classe appartiennent encore ces asiles trompeurs faits de jonc ou d'osier, ces
nasses perfides dans lesquelles le poisson , égaré par la crainte ou entrahié par le besoin, ou conduit sans précaution par le courant auquel il s'est livré , et croyant trouver une retraite semblable à celle que lui ont donnée plus d'une fois les grottes de ses rivages hospitaliers , pénètre facilement, en écartant des branches rapprochées , qui ne lui présentent , lorsqu'il veut entrer, que des tiges dociles, mais qui, lui offrant, lorsqu'il veut sortir, des pointes enlacées, le retiennent dans une captivité que la mort seule termine, rédie aux » Parmi les moyens de la troisième classe doivent être compris ces feux que l'on allumait, dès le f*""^- temps de Bélon (i) , sur les rivages de la Propontide, pour favoriser le succès des pêches de nuit. Lueuis Ces planches blanchâtres , vernies et luisantes , placées sur les bords de bateaux pécheurs de la rompeuscs. (^[jjj^g ^ gj q^j ^ réfléchissant les rayons argentins de la lune , et imitant la surface tranquille et lumineuse d'un lac, et trompant facilement par cette image les poissons , qui se plaisent à s'élancer hors de Feau , les séduisent au point qu'ils sautent d'eux-mêmes dans la barque , et pour ainsi dire Fouanes dans la main du pécheur, en embuscade et caché 5 ce?, fournies , dont on perce les coryphènes chrysurus, et tant d'autres osseux -, ces tridents , avec lesquels on harponne les redoutables ha])itans de Cormoran, la mer; CCS cormorans apprivoisés, dont les Chinois se servent depuis si long-temps dans leurs pêches , qui saisissent avec tant d'adresse le poisson , et qu'un anneau placé autour de leur cou contraint de céder à leurs maîtres une proie presque intacte.
» Les grandes pèches, si remarquables par le temps (ju'elles demandent , les préparatifs qu'elles exigent , les arts qu'elles emploient, les précautions qu'elles commandent, le grand nombre de bras qu'elles mettent en mouvement, et qui donnent au commerce la morue des grands bancs , le hareng des mers boréales , le thon de la Méditerranée et les acipensères de la Caspienne , nous offrent de grands exemples de ces moyens composés , que Ton peut regarder comme formant une quatrième classe.
» Et tous ces moyens si variés, sur quel immense théâtre ne sont-ils pas employés par l'art perfectionné de la pêche ?
» Si du sommet des Cordillères, des Pyrénées, des Alpes, de l'Atlas, des hautes morttagnes de l'Asie, de toutes les énormes chaînes de monts qui dominent la partie sèche du globe, nous descendons par la pensée vers les rivages des mers , en nous abandonnant pour ainsi dire au cours des eaux qui se précipitent de ces hauteurs dans les bassins qu'entourent ces antiques montagnes, sur quel ruisseau , sur quelle rivière , sur quel lac, sur quel fleuve ne verrons-nous pas la ligne ou le filet assurer au pêcheur attentif la récompense de ses soins et de sa peine I'
» Et lorsque, parvenus à l'Océan, nous nous élèverons encore par la pensée au-dessus de la surface pour en embrasser un hémisphère d'un seul coup-d'œil , nous verrons depuis un pôle jusqu'à
fi) Vns ic mihcu flu seizième siècle.
l'autre de nombreuses escadres voguer pour les progrès de Tindustrie , raccroissement de la population , la force de la marine, protectrice des grands États, la prospérité générale et la renommée des grands Empires. Ah ! dans celle moisson de bonheur et de gloire puisse ma nation recueillir une part digne d'elle! Puisse-t-elle ne jamais oublier que la nature, en l'entourant de mers, en faisant couler sur son territoire tant de fleuves fécondans , en la plaçant au centre des climats les plus favorisés par ses douces et vives influences , lui a commandé dans tous les genres les plus nobles succès. /
» Quels prix attendent en effet au bout de la carrière le pécheur intrépide ! Combien d'objets peuvent être ceux de sa recherche, depuis les énormes poissons de dix mètres (3o pieds) de longueur jusqu'à ceux qui , par leur petitesse , échappent aux mailles les plus serrées j depuis le féroce squale, dont on redoute encore la queue gigantesque ou la dent meurtrière, lors même qu'on est parvenu k l'entourer de chaînes pesantes, jusqu'à ces abdominaux transparens et mous qu'aucun aiguillon ne défend 5 depuis ces poissons rares et délicats que le luxe paie au poids de l'or , jusqu'à ces gades , ces chipés et ces cyprins , si abondans en nourriture , si nécessaires à la multitude peu fortunée -, depuis les argentines et les ables , dont les admirables écailles donnent à la beauté opulente les perles artificielles , rivales de celles que la nature a fait croître dans l'Orient, jusqu'aux espèces dont le grand volume , profondément pénétré d'un fluide abondant et visqueux , fournit cette huile qui accélère le mouvement de tant de machines, assouplit tant de substances, et entrelient dans l'humble cabane du pauvre cette lampe sans laquelle le travail , suspendu par de trop longues nuits, ne pourrait plus alimenter sa nombreuse famille j depuis les poissons que l'on ne peut consommer que très-près des parages on ils ont été pris, jusqu'à ceux que d^s précautions bjén entendues et des préparations soignées conservent pendant plusieurs années, et permettent de transporter au centre des plus grands continens 5 depuis les salmones , dont les arêtes sont abandonnées, dans des pays disgraciés, au chien fidèle ou à la vache nourricière, jusqu'à ces gaslérostées , qui , répandus par myriades dans les sillons, s'y décomposent en engrais fertile 5 et enfin . depuis la raie , dont la peau préparée donne cette garniture agréable et utile , connue sous le nom àe beau galuchat , jusqu'aux acipensères , et à tant d'autres poissons, dont les membres, séparés avec attention de toute matière étrangère , se convertissent en cette colle qui , dans certaines circonstances, peut remplacer les lames de verre, et que les arts réclament du commerce dans tous les temps et dans tous les lieux.
» Quelque prodigieux que doive paraître le nombre des poissons que l'homme enlève aux fleuves et aux mers , des millions de millions de ces animaux échappent à sa vue , à ses instrumens , à sa constance. Plusieurs de ces derniers périssent victimes des habitans des eaux, dont la force l'emporte sur la leur; ils sont dévorés, engloutis, anéantis pour ainsi dire, ou plutôt décomposés. de manière qu'il ne reste plus aucune trace de leur existence. Plusieurs autres cependant succombent isolément à la maladie, à la vieillesse, à des accidens particuliers , ou meurent par troupes, empoisonnés, étouffés ou écrasés par les suites d'un grand bouleversement. Il arrive quelquefois, dans ces dernières circonstances , qu'avant de subir une altération très-marquée , leurs cadavres sont saisis par des dépôts terreux qui les enveloppent, les recouvrent , les durcissent , et préservant leur corps de tout contact avec les élémens destructeurs, en font en quelque sorte des mo7;2ie5 naturelles, et les conservent pendant des siècles. »
Après ce brillant tableau de la pèche, que nous devons au célèbre auteur de V Histoire des Poissons, il ne nous reste plus qu'à rassembler quelques notes historiques sur cet objet important.
Les anciens Grecs avaient observé les poissons beaucoup plus qu'ils n'avaient étudié les autres
animaux \ ils les connaissaient mieux ^ ils les préferaient pour leur table , même à la plupart des oiseaux les plus recherchés. Ils ont transmis cette connaissance particulière et cette sorte de prédilection , avec les moyens qu'ils avaient inventés, dans l'art de prendre et de conserver les poissons , non-seulement aux Grecs modernes , mais encore aux Romains. Ils devaient les avoir reçus dm antiques nations de l'Orient , parmi lesquelles ils subsistent encore : la proximité de plusieurs côtes et la nature des mers qui baignaient leurs rivages les leur auraient d'ailleurs inspirés.
On a cherché à connaître l'origine de la pèche , comme si cet art pouvait être l'ouvrage d'un seul homme. Walton , auteur anglais , en parlant de l'antiquité de la pèche à la ligne , en fait remonter l'origine au déluge de Deucalion-, d'autres auteurs prétendent que Seth , fils d'Adam, l'enseigna à son fils , et la laissa gravée sur des colonnes. On trouve dans Plutarque quelques observations sur la pèche , qu'il a empruntées à Homère : « Les animaux maritimes, tous en général, ont un pressentiment qui les rend soupçonneux de toutes choses, et les fait tenir sur leurs gardes contre les aguets qu'on leur dresse ^ ce qui fait que la pêcherie et l'art de les prendre et de les chasser n'est point une petite industrie ne simple et grossière*, ains a besoin d'un grand nombre d'engins , de toutes sortes de ruses et de finesses subtiles pour les affiner. » {Traduction dAmyot.)
Le même auteur trace la manière de faire la ligne. Homère présente l'image suivante de l'effet de la ligne: « Et Iris se précipite au fond du noir abîme, comme le plomb qui, placé dans une ligne à l'extrémité des crins d'un taureau , porte un appât fatal aux poissons avides. »
Il paraît que les Anciens reconnaissaient à-la-fois dans Sylvain le dieu des bois et de la pêche. U-P/istoire de la 'ville de Geiiève , par Jacob Spon , rapporte qu'il a été trouvé, en 16^8 , dans ladite ville , au pied de la tour de l'île , une inscription latine très-ancienne , qui était à la base d'une statue de Sylvain , que les bateliers honoraient comme étant le dieu des bois , et à cause de l'intérêt qu'ils avaient qu'il leur fournît de bons bois pour la construction de leurs barques et bateaux pour la pèche.
Plusieurs auteurs de l'antiquité ont écrit sur l'Histoire naturelle des poissons et sur la manière d'en faire la pêche. Aristote , le premier auteur connu qui se soit occupé de l'Histoire naturelle, a composé neuf livres de l'Histoire des animaux , dont le cinquième et le sixième sont plus particulièrement consacrés à l'Histoire des poissons. Théophrastea fait nnXxwe De piscibus in sicco viventibus. Yarron , savant illustre chez les Romains , a écrit sur l'agriculture un ouvrage où il parle de quelques poissons romains. Columelle a composé douze livres sur l'agriculture , dans lesquels il traite des viviers. Pline consacra son neuvième livre ainsi que son trente-deuxième à l'Histoire des poissons. Il y parle de la pêche et des viviers , et ce qu'il dit des viviers prouve combien les Romains mettaient de luxe dans ces établissemens. Un certain Sergius Orota , à qui l'on attribue l'invention des viviers d'huîtres , tira d'énormes revenus de cette industrie. Dans le même siècle, Lucius Muraena donna le premier exemple de faire des réservoirs d'autres poissons. La noblesse de Rome, les Philippes, les Hortensius suivirent cet exemple. Lucullus fit entrer la mer par un canal dans un réservoir , et pour cela il fallut couper une montagne près de Naples : c'est à ce sujet que le grand Pompée l'appelait le Xerxès romain. Après sa mort, les poissons de ce réservoir furent vendus quatre millions de sesterces (environ 4oo?ooo francs de notre monnaie). Caius Ilirrius s'avisa le premier défaire un réservoir pour les murènes en particulier, et il en prêta six mille à Jules César, lorsque celui-ci , étant dictateur , donnait des festins à l'occasion de ses triomphes. La maison de <;ampagne de cet Hirrius ayant été vendue quelque temps après, ses réservoirs en firent monter le prix également à quatre millions de sesterces. Après cette manie générale pour l'espèce, on en vint, dit Pline, à se passionner aussi j)Our telle ou telle autre murène.
On recherchait avec empressement et à tout prix les poissons Icsphis délicats. Ce luxe fut porté jusqu'à la folie sous les empereurs romains -, on se disputait dans les marchés les plus gros et les plus beaux poissons, et Ton vit le peuple-roi, les sénateurs même s'inquiéter beaucoup plus à quelle sauce on mettrait un rouget , un turbot , que des affaires de l'Etat : du moins , ces extravagances démontrent que la pèche et la conservation des poissons formaient alors une industrie des plus lucratives.
Les historiens attribuent les richesses, la splendeur et la puissance des Tyriens, des Sydoniens , des Carthaginois, des Rhodiens , à l'art de la pèche, qui avait formé chez eux des marins intrépides. Les Vénitiens, les Génois, les Hollandais, les Anglais, dans nos temps modernes, sont redevables de leurs richesses à la même cause : c'est avec quelques navires pêcheurs que, enhardis sur les mers, ces peuples se sont bientôt accrus, fortifiés, agrandis, et que, de pauvres matelots qu'ils étaient , ils sont devenus les rois de la mer.
La France , par la situation de plusieurs de ses provinces sur les bords de la mer , et par la quantité considérable de fleuves, de rivières, de canaux et d'étangs qu'elle renferme, tire aussi d'abondantes ressources de la grande et de la petite pêche, et nous voyons, par les anciennes et les nouvelles ordonnances de nos rois, que cette partie de l'industrie nationale a été l'objet d'une constante sollicitude.
La pèche a, moins que la chasse, servi à la distraction des princes*, cependant les empereurs romains en ont fait souvent l'objet d'un amusement public. Festus dit : Fuisse quotannis mense jimio RoDice piscatorios ludos trans Tiberim. Chez les Romains, la mer et les rivières étaient publiques, et tout le monde pouvait y pécher : Flumîna autetn omnia et portas publica sunt, hoc est populi romani; quapropter jus piscendi omnibus commune est influminibus et por^ibus. (Instit,, De rerum divisione , § a.)
Nos rois n'ont point dédaigné non plus de prendre le plaisir de la pèche. Le président Fauchei rapporte qu'en l'an 834 Louis-le-Débonnaire alla chasser dans les Ardennes , et après la Pentecôte, pécher et chasser à Remiremont.
La pèche ne fut point interdite, comme la chasse, aux ecclésiastiques, parce que, suivant l'observation de Saint- Yon, elle a quelque chose de simple et d'innocent, qui ne répugne point à leur caractère : Non inveniriin scripturis sanctis, sanctum aliquern venatorem ; piscatores inveniri sanctos. (Esaii, C. 86.) Les religieux étaient invités à fuir l'oisiveté : Ut texantur ab eis lina capiendis piscibus.
En France comme chez les Romains, la pèche à la mer est libre et commune à tout le monde : « Déclarons, porte l'art, i". du V^ livre de l'ordonnance de i68i, la pêche de la mer libre et commune à tous nos sujets, auxquels nous permettons de la faire, tant en pleine mer que sur les grèves , avec lesfdets et engins permis par la présente ordonnance.
Mais il n'en est pas de même à l'égard de la pèche fluviale -, les fleuves et rivières navigables sont considérés , dans notre Droit français , comme appartenant au domaine de l'État : « Les chemins, routes et rues à la charge de T État, les fleuves et rivières navigables ou flottables , les rivages, lais et relais de la mer, les ports, les havres , les rades, et généralement toutes les portions du territoire fiançais qui ne sont pas susceptibles dune propriété privée, sont considérés comme des dépendances du domaine public. {Code civil, art. 538. ) Ces principes, à l'égard des fleuves et rivières navigables, avaient déjà été consacrés par les anciennes ordonnances, et s[>écialement par l'ordonnance de 1669 : de là la loi du \\ floréal an 10, qui a ordonné que la pêche dans les fleuves et rivières navigables serait affermée au profit de l'État. A l'égard des rivières non navi-
sables le droit exclusif d'y exercer la pèche a été considéré comme un droit féodal , aboli par les lois des 25 août 1792, 6 et 3o juillet 1798 -, et il a été décidé, par un avis du Conseil d'état, approuvé le 3o pluviôse an i3, que les particuliers peuvent pécher sur les parties des rivières non navigables et des ruisseaux auxquels aboutissent leurs propriétés. Mais il y a une distinction à faire entre les rivières flottables et celles qui ne sont ni flottables ni navigables. Le Gouvernement a le droit d'affermer la pêche des rivières qui sont navigables sur bateaux, trains ou radeaux, et dont l'entretien n'est pas à la charge des riverains, sans que ce droit puisse s'étendre en aucun cas aux rivières ou ruisseaux qui ne sont flottables qu'à bûches perdues, (ud^is du Conseil d'état , du 11 février 1822.)
Le législateur s'est constamment occupé de veiller à la conservation du poisson, tant à la mer que dans les rivières et ruisseaux, parce que cela est de l'intérêt public. Il a défendu l'emploi de ces filets et engins destructeurs, qui ne laissent aucun espoir pour la régénération, et sacrifient à l'avidité d'un gain momentané ou à une insatiable gourmandise les ressources et les espérances de l'avenir : Profunda et insatiahilis gula, dit Senèque, Idnc maria scrutalur, hinc terras, aliahamis, alia laqueis, alia retium variis generibus cuni magno lahore persequitur ; nullis animalibas , 7iisi ex faslidio , pax est.
C'est pour éviter les effets de cette destruction que les ordonnances ont défendu de faire usage d'un grand nombre de filets et d'engins qui y sont dénommés.
L'ordonnance sur la marine de 168 1 , et les réglemens qui y font suite et que nous ferons connaître à la fin de cet ouvrage, prononcent des peines contre ceux qui contreviennent aux défenses, et recommandent aux tribunaux d'en faire une sévèi^e application.
Les lois sur la pêche fluviale portent les mêmes défenses et les mêmes injonctions. Le roi Philippe IV, surnommé le Bel, en 1291 5 Charles IV, en juin 1826 5 Charles VI, en mars i388 et en septembre 1402; François I". , en mars i5i5, et Henri II, en i55o, spécifièrent par leurs ordonnances les engins dont ils entendaient interdire l'emploi, et qui sont aujourd'hui en partie ignorés. Dans ces défenses étaient comprises les lignes de fond , que les ordonnances désignaient sous le nom de jonchées lignées de long à menus hameçons. Mais, suivant Saint- Yon, la pêche à la verge à pied sec ( à la ligne flottante ) était permise, ainsi qu'elle l'est encore aujourd'hui : cette pêche n'est en effet qu'un amusement pour le riche, et elle est cependant une ressource pour le pauvre (i). Ces mêmes ordonnances défendent de battre aux arches et aux gors j déterminent les largeurs , mesurées avec les doigts de la main , ou la forme des monnaies du temps, que devaient avoir les nasses, les guideaux, les chausses, les mailles des filets-, ordonnent que les engins défendus seront brûlés, qu'il en soit fait perquisition de jour et de nuit 5 que les amendes pour les contraventions soient de soixante sous tournois, dont les deux tiers au Roi, et l'autre tiers aux sergens.
L'ordonnance de Charles V, de 1376, insiste avec force sur l'exécution des ordonnances précédemment rendues contre les instrumens et méthodes de pêche qui tendent au dépeuplement des rivières -, ses dispositions , fondées sur l'intérêt public , prescrivent la recherche et la destruction de tous les engins défendus. Les mêmes dispositions se trouvent renouvelées par les ordonnances de Charles VI en i4o2, de François I". en i5i5, et de Henri II en i554. Cette dernière ordonnance veut , article 33 , que les contrevenans soient punis d'amende arbitraire et de peine corporelle.
(t) Paupcr et ipscfitit , liiior/iic solehut cl hanm
Dcciperc , cl calanio salicntci ducerc pliccs. OviD.
DISCOURS PRÉLBUNAIRE. g
La poche de nuit pendant deux mois; savoir, depuis la mi-mars jusqu'à la mi-mai, fut sévèrement interdite par les ordonnances de juin i39.6, mars i388, septembre i/^oi et mars i5i5, par les motifs, est-il dit, que les poissons, pendant ce temps, laissent leur frai aux herbes , que les pécheurs de nuit les chassent et détruisent leur frai. La pèche fut également interdite le dimanche et les jours de fêtes, par les ordonnances de i453 et 1476. L'ordonnance de 1476 défendit de pécher au bùcheret et herbée avant le i". août, de mener plus de cinq douzaines de verveux à-la-fois, et de mettre des verveux le samedi après dîner, depuis la mi-mai jusqu'à la mi-août. L'ordonnance de Charles IX, de i563, détaille ainsi les engins dont les pêcheurs peuvent user : verveux, nasses à pécher les goujons, Irubles à loches, lignes dormantes, rets à ables , seines, trames à chausse, iramillons, bùcheret à bras, chalons et autres engins nécessaires, et tels qu'on en a dûment et justement usé et joui 5 mais l'ordonnance de Henri IV, de 1697 , statua qu'on ne pourrait se servir d'aucuns engins, quoique de bonne maille, s'ils n'étaient marqués.
A l'égard des qualités de poissons qu'il était défendu de pécher ou ordonné de rejeter à l'eau , elles sont déterminées par les ordonnances de i3o2, i326, i388, i4o2 et i5i5, tantôt d'après leur valeur commerciale , tantôt d'après leur longueur et grosseur. Il était défendu, par l'ordonnance de 1291 , aux marchands de poissons d'en vendre qjui ne fussent pas des qualité et longueur requises. Les instructions voulaient aussi que les ouvriers qui fabriquaient des engins défendus , ainsi que les marchands qui vendaient des poissons n'ayant pas les qualités exigées , fussent punis des mêmes peines que les pêcheurs -, et pour cet effet , l'ordonnance de 1 597 prescrivit aux procureurs du roi des sièges des tables de marbre et à leurs substituts de se transporter une fois par semaine aux joura de marclics , sur les places publiques , pour faire recherches des poissons exposés en vente.
Les anciennes ordonnances s'occupaient aussi du repeuplement des étangs et viviers, et de la vente des poissons. Celle de i3i8 voulait que les dons de poissons des étangs ou viviers fussent faits à prix d'argent ,• que la pêche en fût faite aux dépens de celui qui les recevait ; mais qu'avant tout, les étangs et viviers fussent suffisamment peuplés. Celles de i346, i388, i4o2 et i5i5 ordonnaient que les maîtres des forêts visiteraient les étangs, les feraient peupler, et vendraient le poisson en temps et saison, après toutefois les fournitures faites aux hôtels du roi et de la reine; mais comme les ventes qui en étaient faites de la même manière que pour les coupes de bois occasionnaient de grands frais, l'ordonnance de i544 statua qu'il serait fait des baux à ferme pour la pêche des étangs, eaux et rivières tant grandes que petites, dans lesquels la pêche appartenait au Roi ; enfin les anciennes instructions s'occupaient des pêches tant royales que seigneuriales (i).
Ces anciennes ordonnances ont été remplacées par celle de 1669, dont les dispositions, en ce qui concerne la police de la pêche fluviale, continuent d'être en vigueur. Cette police est exercée par les gardes et lesagens de l'Administration des forêts, non-seulement à l'égard des fleuves et des rivières navigables et flottables, mais encore à l'égard des petites rivières et des ruisseaux, pour y empêcher l'emploi des filets, engins et instrumens destructeurs que les lois ont prohibés.
Comme nous avons, dans notre Recueil des Réglemens forestiers , rapporté le texte entier des lois, réglemens, arrêts et instructions sur la pêche fluviale,^ et que d'ailleurs nous en donnons l'analyse raisonnée dans l'article Pèche du présent Dictionnaire , et dans les articles spéciaux sur chacun des objets de la loi, nous ne pousserons pas plus loin Thistoire de cette partie de notre législation.
(i) Voyez dans Saint-Yon le texte de ces lois et instructions.
lo DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
La pêche maritime est régie par des lois spéciales, dont l'ordonnance de 1681 forme la base principale. Cette ordonnance a été confirmée ou modifiée dans plusieurs de ses dispositions par des déclarations de nos Souverains , des arrêts du Conseil , des lois , et un grand nombre d'arrêtés et d'ordonnances royales. Nous n'avons point dû nous en occuper dans notre Recueil des Réglemens forestiers j mais il nous a paru d'autant plus utile de les réunir et d'en présenter le recueil à la suite de ce Dictionnaire , qu'il est difficile de se les procurer, étant épars dans les volumineuses collections de nos lois.
Indépendamment de ce Recueil, nous donnerons, comme pour la pêche fluviale, une analyse raisonnée des lois sur la pêche maritime , dans l'article Pêche de ce Dictionnaire et dans les différens articles spéciaux suivant l'ordre alphabétique, de sorte que le lecteur aura sous les yeux, d'une part, le texte entier des réglemens, et de l'autre l'explication des dispositions actuellement en vigueur.
En réunissant ainsi dans le même ouvrage les dispositions réglementaires, tant sur la pêche fluviale que sur la pêche maritime , avec les principes sur la manière d'exercer ces deux sortes de pêche, nous avons voulu, comme dans nos ouvrages sur les forêts, que le précepte de la loi fût toujours à côté des règles de l'art. Si, comme nous sommes autorisé à le croire, le Gouvernement fait refondre la législation sur la pêche en général, il nous suffira d'ajouter à nos recueils les lois qui auront été promulguées.
Par cette réunion d'objets, le pêcheur de profession, l'amateur qui ne cherche dans l'exercice de la pêche qu'un paisible amusement, les propriétaires d'étangs ou de pêcheries, les agens du Gouvernement préposés à la police des pêches, et les juges chargés de l'application des lois, trouveront dans cet ouvrage tout ce qui peut intéresser leur amusement, leurs droits, leur industrie, leurs devoirs et leurs obligations.