‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 10 sur 292 · ALI · texte numérisé non relu

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ALBE. V. Ablette.

ALBELEN. C'est -un poisson qu'on nomme lavaret dans les lacs de la Suisse. Y. Lavaret.

ALBULE. Nom spécifique d'un poisson du genre des Mugiles f V. ce mot ) , qu'on trouve sur les côtes de l'Amérique septentrionale, et qui se rapproche beaucoup, pour le goût, des poissons qu'on appelle mulets en France. Les plus gros poissons de cette es* pèce ont 2 pieds.

ALENE. Nom vulgaire de la raie oxvrinque. V. Raie. ' H

ALEVIN. Du grec alieus, qui signifie pécheur. C'est le menu poisson dont on peuple les étangs.

L'ordonnance de 1669, tit. XXXI, art. 21, porte: a Pour l'empoissonnement de nos étangs, le carpeau aura 6 pouces au moins , la tanche 5 , et la perche 4 ; et à l'égard du brocheton , il sera de tel échann tillon que l'adjudicataire le voudra; mais il ne se jettera aux étangs , mares et fossés , qu'un an après leur empoissonnement ; ce qui sera observé pour les étangs, mares et fossés des ecclésiastiques et communautés, de même que pour les nôtres. Enjoignons aux officiers des maîtrises d'y tenir la main , sans pouvoir prétendre aucuns frais ni droits , à peine de concussion. » V. Etang et Pêche.

ALEVIERS. On nomme ainsi de petits étangs destinés à élever de l'alevin ou de petits poissons, pour peupler les grands étangs.

ALGUES. On comprend sous ce nom une famille de plantes rampantes, souvent aquatiques, d'une nature coriace , ou membraneuse, ou gélatineuse, ou filamenteuse. Elle renferme principalement les genres biçse, conferve, tremelle, ulve , varec, lichen , hépatique et jungermane.

Sur les bords de la Méditerranée, ce mot s'applique principalement à la zostère marine, et sur les côtes de l'Océan , il se donne généralement à toutes les plantes marines qui sont rejetées par les flots , c'est-à-dire une réunion de conferves, d'ulves, et sur- tout de varecs , dans laquelle il y a quelquefois de la zostère, des sertulains , des alcyons , et beaucoup d'animaux marins morts 9 et même en partie putréfiés.

Les habitans des bords de la mer , et sur- tout les pécheurs , emploient ces plantes à faire de la soude 9 en les brûlant , ou à former des engrais.

ALIGNOLE. Filet de Provence , qui est une simple nappe lestée et flottée , qu'on établit près de la surface de l'eau. On le fait avec un fil retors assez fort, parce qu'il sert à prendre des bonites, dès thons, des espadons, etc.

Ce filet , dont on fait usage à Fréjus, à Saint-Tro- , pez et ailleurs , n'a que a3 brasses de longueur sur i de chute. Il est fait d'un fil très-fin.

Le filet qu'on nomme à Alicante reclarà en diffère peu. Il parait qu'il est fait avec du fil plus fort. Il a 40 brasses de longueur. Deux hommes vont dans un petit bateau, à un quart de lieue en mer, par 6 ou 7 brasses d'eau. Ils amarrent un bout de leur filet à une corde à l'extrémité de laquelle est une baude ou càblière. Ils attachent ensuite une bouée à l'autre extrémité, et tiennent ce filet flottant près de la surface. Cette pèche ne se fait que durant les

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nuits obscures , depuis le commencement de novembre jusqu'en mai.

ALINETTES. Petites baguettes dans lesquelles on embroche les harengs qu'on veut saurir.

ALITER. C'est mettre les anchois le dos en haut dans des barils , entre plusieurs couches de sel.

ALLOCHE. Poisson qu'on croit, en Basse- Bretagne, être le grand Célerin. V. ce mot.

ALLEGE UR. On appelle ainsi le mousse qui , dans les balimens de pêcheurs d'Yarmouth , aide au ieveur à tirer le câble.

ALMADRABA. C'est la madrague en espagnol. Ce mot ne signifie pas toujours une enceinte de filets; il se dit aussi du massacre des thons.

ALMA1RADES. Filets en usage en Languedoc. Y. Amairades.

ALOÈS, aloïdes. Plante dont on tire le fil de pitte. V* Ligne.

ALOSE , clupea alosa. ( Lin. ) Poisson du genre des dupées, que l'on nomme à Bordeaux coulac; dans plusieurs parties du midi de la France, coin , douze, loche a étang} à Marseille, halachia; en Espagne, saboga; en Allemagne, aise , gold-Jisch ; en anglais, shad.

Histoire. — L'alose rut mieux connue des Espagnols qu'elle ne-l'avait été chez les Grecs. Les habitant de la partie occidentale de l'Espagne, que traverse le Bétis , la reconnurent solennellement comme l'une des espèces les plus utiles que renfermaient les eaux poissonneuses de ce fleuve. Plusieurs villes situées sur les bords du Bétis , telles que Caura , Uipa , Aria, Nema, etc., qui se livraient à la pêche de ce poisson , le firent graver sur leurs médailles comme un symbole de l'abondance et du commerce que leur procurait la pêche avantageuse qu'elles en taisaient.

Sur plusieurs de ces médailles, l'alose est surmontée d'un croissant et quelquefois de deux étoiles , signes qui, d'après l'opinion de M. Noël, auraient indiqué que la pêche réussissait mieux dans le croissant de la lune et pendant la nuit.

Description L'alose ( Pi. 8, fis. a ) parvient

à la longueur de 3 pieds ; mais elle est si mince que , même à cette longueur , elle ne pèse que 3 à 4 livres ; elle a beaucoup de ressemblance avec le hareng ; ce qui lui a fait donner le nom de mère des harengs. Les mâles sont plus petits et plus délicats que les femelles.

L'alose a la tête petite, la bouche grande, la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure , qui est garnie au bord de quelques petites dents , 1 9 rayons à k nageoire dorsale, 20 â l'anale, la caudale fourchue, la carène du ventre dentelée et couverte de bines transversales, le dos d'un jaune verdâtre, les côtés blancs, les écailles grandes et dures, les nageoires grises et bordées de bleu, celle de la queue grande et marquée de deux taches brunes. .

Habitation. — -» Les aloses habitent les mers du Nord et la Méditerranée , remontent dans les fleuves au printemps, et s'avancent communément trèsprès des sources de ces fleuves. Elles forment àea troupes dont le nombre varie beaucoup d'une année à l'autre. Par exemple, il y a des années où l'on fin prend i3 ou j 4,000 dans la Seine-inférieure ; et

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d'autres où l'on n'en prend que de i,5oo â 2,000. La Loire est la rivière, en France, la plus abondante en aloses} on en trouve dans le Rhône , le Rhin , la Moselle, et près de l'embouchure de la Seine. Elles retournent â la mer en automne.

Nourriture. — Elles se nourrissent de vers, d'insectes et de petits poissons.

Propagation. — Les aloses déposent leur frai dans les fleuves dès qu'elles y sont arrivées , c'est-à-dire en mars et avril. Lorsqu'elles fraient , elles font un bruit qui s'entend de fort loin. La laite et les ovaires sont doubles dans cette espèce.

Ennemis. — Les aloses ont pour ennemis, pendant leur jeunesse, les silures, les brochets et les perches.

Qualités. — Les anciens recherchaient peu l'alose, à cause de la grande quantité d'arêtes qui s'y trouvent; cependant on l'estime beaucoup aujoud'hui. Les Russes en font peu de cas et les rejettent même quand ils la pèchent , ou la vendent à des Tartares.

Les aloses, plus particulièrement que d'autres poissons, sont de bonne ou de mauvaise qualité, suivant la pureté des eaux où elles ont séjourné, et les alimens dont elles ont pu se nourrir. Elles sont ordinairement maigres et de mauvais goût en sortant de la mer; mais le séjour dans l'eau douce les engraisse , et elles deviennent délicates et de bon goût en se nourrissant de petits poissons.

Il faut aussi qu'elles aient eu le temps de se rétablir de la maladie que leur occasionne le frai ; ce qui arrive ordinairement dans les mois de mai et de juin.

On doit préférer les aloses dont la tête parait petite et le dos épais, parce que ce sont des signes qu'elles sont charnues et grasses; les écailles- claires et brillantes indiquent qu'elles ont séjourné du temps dans l'eau douce, où elles se sont engraissées. Quand les ouïes sont vermeilles et les yeux clairs , on peut compter qu'elles sont fraîches ; si , outre cela , elles ont été pêchées en bonne eau, en bonne saison, et qu'elles soient d'une bonne grosseur , ce sera partout un poisson excellent.

Pèche des aloses. — La pêche des aloses dans les rivières de France commence dans le mois de mars et finit vers la fin de juin. Celles que l'on pêche à cette époque sont meilleures que les autres. On les trouve en abondance dans les anses et les baies , et généralement dans les eaux tranquilles. Les temps , les plus convenables sont les nuits obscures et ceux pendant lesquels les eaux sont troubles. Si le temps est chaud , l'alose se retire au fond de l'eau ) lorsque le temps est à l'orage , elle s'enfonce encore davantage, et c'est dans les grands fonds d'eau qu'il faut alors la chercher.

On pêche les aloses avec la seine, les nasses, les troubles et le tramai! . On pêche assez ordinairement en descendant, attendu que l'alose remonte, et l'on tend , suivant les circonstances , le filet à fleur d'eau, et dans les fonds quand on s'aperçoit que les aloses y sont retirées.

Comme ces poissons se rassemblent à l'embouchure Aea rivières pour passer dans l'eau douce , il est sensible qu'on doit en prendre davantage dans les parcs et les étangs qu'on y établit , et pour cette même raison, les pécheurs les chassent avec de grandes seines qu'on traîne avec de petits bateaux.

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On n'établit, pas ordinairement da»n s le lit des. rivières des pêcheries expressément destinées à prendre des aloses; maie on en prend. beaucoup dans, quel-, ques-unes de* pêcheries établies,pour les.saumons.

On se sert , pour cette pêche ,. de nappe» simples ou de seines | dont la tête est. garnie de flottes de liège , et le pied de lest de plomb : ordinairement .les mailles, de. ces filets ont 2 pouces, d'ouverture en carré ; mais plus communément on se sert de tramaux dont la ûue ou nappe a. les mailles assez ouvertes pour ne pas retenir les petits poissons.

11 faut, comme on vient de le dire, que le filet soit tendu , tantôt à fleur d'eau , et tantôt à. une profondeur plus ou moins* grande, suivant le lieu que les poissons occupent dans l'eau ; car lorsqu'il lait très-froid ou fort chaud , et que les eaux sont claires, ils se tiennent éloignés de la superficie; au contraire! ils s'en approchent quand l'air est doux, ou lorsque les eaux sont troubles. Pour établir le filet relativement au lieu que le poisson occupe dans l'eau , les pêcheurs mettent plus on moins de flottes de liège à la ralingue qui borde la tète du filet y et pour mettre Ou ôter facilement et plus promptement ces flottes, ils taillent les lièges comme.de petites, roulettes.

Quoiqu'on pêche beaucoup d'aloses dans la Loire, on n'en prend presque point dans le Loiset; mais il y a d'autres rivières qui s'abouchent à la Loire, où l'on en prend beaucoup: tels sont la Mayenne, qui passe à Angers fia Vienne, le Cher, etc. Ces rivières franchissent de petites chutes d'eau ; mais elles ne remontent pas les cataractes, comme font les saumons et les truites.

L9S aloses entrent dans la Moselle à la fin du mois d'avril , et la pêche de ce poisson cesse à la fin de juin. : on y en prend de très-grosses. On les pêche avec un grand filet qu'on nomme raie.

La pêche des aloses se fait à Quillebeuf , petite ville à 7 lieues du Havre, du côté de l'embouchure de la Seine , depuis le commencement de mars jusqu'à la fin d'avril ; on se sert quelquefois de guideaux , qu'on tend au bord des bancs , ou bien de morte eau; et lorsque la mer est belle , on fait la pêche avec des seines.

lies aloses de l'embouchure de la Seine sont ordinairement grasses et de bon goût , parce qu'elles y trouvent quantité de petits poissons, particulièrement deséperlans, qui leur fournissent une bonne et abondante nourriture ; mais on estime plus celles qu'on prend en remontant la Seine, que celles qu'on prend yers la mer. Cette pêche commence en février ou mars , et finit en mai.

Outre les aloses' qu'dn trouve dans les parcs qu'on construit au bord de l'eau, on en prend avec des seines qui ont 60 à 80 brasses de longueur $ les pécheurs nomment alosières celles qui servent à prendre des aloses.

Les tramaux dont on se sert sont faits de fil trèsfin j à mailles de 8 pouces d'ouverture en carré. Ces filets sont mis à l'eau , conduits et quelquefois relevés au moyen de petits bateaux.

Il y a ordinairement dans chaque bateau quatre hommes \ deux nagent, un gouverne , et le quatrième met le filet à l'eau.

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Le*, bateaux, qu'on emploie pour la pêche des aloses , et que l'on nomme barges à l'embouchure de la. Loire., et loues vers Tours et Orléans, se terminent en pointe par les deux, bouts, comme une navette y ils sont ordinairement armés de deux hommes j leur port est d'un ou deux tonneaux) ils ont un petit màt et une voile dont les pêcheurs se servent rarement , et qu'ils amènent toujours quand ils sont en pêche.

Les. pécheurs, mettent leurs filets à l'eau le soir ; ils dérivent toute la nuit au gré. de la marée, et ils les. relèvent le jour pour* revenir, si le temps le leur permet y sinon ils amarrent leur barge à terre, et étendent leurs filets sur des arbres pour les faire sécher, jusqu'à ce que la marée leur permette de gagner la ville pour y vendre leur poisson.

La saison la plus favorable pour la pêche de l'alose dans la Loire est depuis la fin de mars jusqu'à la mi-juin; et on regarde Nantes comme un peste avantageux, depuis 4 lieues au- dessus de la- ville jusqu'à 4 lieues au-dessous.

On prend encore beaucoup d'aloses depuis le mois de. février jusqu'en juin, dans les grandes rivières- de la Guienne.

Cette pêche se fait avec des seines de 80 brasses de longueur sur 3 de chute , qui traversent quelquefois presque, toute la largeur de l'Adour; les mailles ayant a pouces d'ouverture en carré, elles sont assez, ouvertes pour laisser les petits poissons/ s'échapper.. En quelquos endroits de la Loire, les pécheurs finissent leur pêche en tirant leur filet sur le rivage ; cela ne se peut faire sur les rivière*, de Bordeaux et de Bayonne , parce que les bords n'en sont pas praticables : ainsi ils sont obligés de pêcher avec deux bateaux, et d'y relever leurs filets-

On sait que la ville d'Â gde est située sur la rivière d'Hérault, à une demi -lieue de la mer : or, dans la saison où les aloses remontent cette rivière, les pécheurs en prennent beaucoup à la seine , et en ce cas les pécheurs s'arrangent entre eux pour pêcher chacun à leur tour, comme cela se pratique dans la Loire.

Il y a des pêcheurs qui tendent, parle travers de la rivière, des tramaux qu'ils nomment alosats; et quand les aloses, effrayées par ces filets, veulent descendre le courant, elles tombent dans des nasses qu'on y a établies, et qui présentent leur ouverture au fil de l'eau. Quand, malgré tous les pièges, quelques, aloses arrivent jusqu'à une chaussée de moulins qui traverse la rivière au-dessus de la ville, elles y trouvent un grand nombre de pêcheurs , qui les prennent avec des éperviers, des filets à manche, ou ui les harponnent avec de* fouanes ; car elles font es efforts pour franchir la chute d'eau qu'occasionne cette digue.

Manière de préparer les aloses. — On sert les aloses sur les tables , ou comme rôt , ou comme entrée. Dans le premier cas , on les fait cuire entières au court* bouillon sans les écailler , et on les place sur une serviette piiée et garnie de persil. Dans le second cas, on les écaille , on les fend longitudina iement en deux ç on les fait cuire dans l'eau, et on les sert avec différentes sauces , comme sauce blanche aux câpres, à l'huile, à la moutarde, etc., oti

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