ESPECES
On connaît six espèces de lamentins, et qui sont : Le Geahd -Lamentin des Ahtilles, qui a la peau rude , épaisse * de couleur d'ardoise et parsemée de poils ; plus de 3a denta molaires ; les pieds antérieurs ou les bras munis de cinq ongles fort courts 9 et assez semblables à ceux de l'homme ; 5a vertèbres.
Le GeAND-LaMBHTI^DuKaMTSÔHATKA, espèce
beaucoup plus grande que la précédente j et qui a a3 pieds de longueur, 1 9 pieds de tour et 8,000 liv. de poids. Elle est commune sur les côtes occidentales du nord de l'Amérique , et au tour ( des lies situées entre ce continent et le Kamtschatka. La graisse de ce lamentin enveloppe tout son corps ; elle a bon goût et bonne odeur : on peut l'employer aux mêmes usages que le beurre .et pour- suppléer à l'huile à brûler. La chair est fort dure, et a besoin' d'une longue cuisson pour être mangeable; mais son goût est Te même que celui de la viande de bœuf.
Le Geand-Lamentin db la mer. des Indes. Cette espèce , que M. Sonnini croit être la même que le lamentin des Antilles, se trouve aux Philippines et à l'Ile Rodrigue f elle a environ ao pieds de longueur, la peau noirâtre et parsemée de quelques poils rares; des dents molaires seulement aux deux mâchoires.
Le Petit-Lamentin d'Amérique, espèce nombreuse sur les côtes de l'Amérique méridionale, répandue dans les fleuves, les rivières et les lacs de cette partie du monde , et qui fréquente alternativement les eaux salées et les eaux douces. 11 y aune très-grande quantité de ces animauxle long des ri-
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vages bas etneyes de la Guiaj» , entre l'Oyapoek et lefleivte (les Amanoiies. Lear pèche peut devenir , pour la oôloaie de la Guiane, une nouvelle ressource et un objet de commerce d'une astei grande importance. Ce lamentin, appelé par les sauvages mnnotiy a ordinairement 8 à \% pieds et quelquefois 16 pieds de longueur ; sa tète est épaisse et ronde , son mu* seau plat; sa peau rude et parsemée de poils raides et rares; il n'a que de* dents molaires ; il mange l'herbe des fonds élevés et celle qui borde les tirages , quand il peut l'atteindre en avançant sa tète sans sortir entièrement de l'eau. Cet animal est fort gras , et sa chair, lorsqu'il est jeune, approche, pour le goût , de celle du veau. On la saie , et alors elle n'est plus qu'un aliment grossier , que les colons réservent ordinairement pour la nourriture de leurs nègres*
Le PtTit-LAMENTiN du Skhbgal ne diffère que très-peu du petit lametttin d'Amérique. 11 n'a que 8 pieds de long, et pèse environ 800 livres. Il a la tète conique et d'une grosseur médiocre ; les yeux ronds; des dents molaires aux deux mâchoires; le cuir épais et d'un cendré noirâtre ; la graisse blanche et la chair d'un rouge pâle. Il se trouve à l'embouchure du fleuve Sénégal. Les nègres Jolofes l'appellent lercom.
PÉcke du lamentin.
Qn attend mie le lamentin paraisse endormi, le mufle -à moitié hors de l'eau 3 on tfcche de s'en ap-
{>rocher avec un canot, et dès qu'on est à portée de e harponner, un des pécheurs lui jette son harpon de toute sa force , et laisse ensuite nier le cordeau qui y est attaché ; dès que l'animal se eent frappé , il s'euftrit, et emporte avec lui le croc et le oordeau, à l'extrémité duquel oa\ a soin d'attacher un gros rnorœau de liège pour servir de renseignement. Le canot suit le Inmentuv, et -quand on est à portée, on le darde une seconde fois, afin d'accélérer la perte de son sang. Quand on s'aperçoit qu'il commence à s'affaiblir 9 on reprend l'extrémité da cordeau, et on le roule jusque ee qu'il n'en reste plus que quelques brasses, et à l'aide de la vague on tire l'arrimai vers le bord, ou bien on achève de le tuer dans l'eau à coups de lance. Il faut souvent une Toiture attelée au moins de deux bornés pour le transporter.
Cette pèche n'est pas assea connue ; elle psmrrait faire l'objet d'an commerce asseï considérable.
LAMIB. Nom que l'on denne quelquefois au Requin. V. ee mot.
LAMPOTB. Nem vulgaire Aae patelles, coquillage dont on emploie la chair pour amorcer les lignes : delà le nom de lampote, qutan donne aux espèces d'appâts qui sont faits avec la chair de ce coquillage.
LAMFKBSSB. Nappe de filet dont les mailles n'ont qu'un pouce et demi d'ouverture* il est du genre des demi-folles. V. Lamproie et Polies.
LAMPROIE. Nom spécifique de plusieurs espèces de poissons du genre petromyton, et principalement de la plus grosse* espèce de ce genre.
La dénomination de lamproie vient du latin lampétra op lambteda, qui dérive' des mots lamhere ,
lécher, et oetat, pierre; dénomination qui a rapport à l'habitude commune à toutes les espèces de lamproies de s'attacher aux rochers avec beaucoup de force.
Les lamproies ont la forme générale et même quelques-unes des habitudes des eerpena. Leurs parties eolides se réduisent à une langue corde cartilagineuse, qui renferme la moelle vertébrale sans au* cuae côte $ leur canal alimentaire est sans sinuosités ou appendices. Ces poissons peuvent perdre, sans mourir, de très -grandes portions de leur corps.
Histoire* — La lamproie n'a point été connue des Grecs. Aristote n'en a point parlé , et il est probable que, de son temps, on la confondait encore avec ses serpens d'eau, ou qu'elle était très-rare dans les mers de la Grèce.
Les ëcrivuisiB coussins se taisent également sur ce poisson , et le nom latin sous lequel il est aujourd'hui connu lui fut donné dans le moyen âge, époque où il était pécbé en Angleterre, en France et en Espagne*.
On voit dans d'anciens actes rapportés par Noël, dans son Histoire des Pêches , qu*en Angleterre il était fait dea donations de ces poissons à des abbayes, et que les souverains de ce royaume en consommaient beaucoup pour leur table. On apportait aussi è Londres des lamproies salées; car il en est fait mention, en i3o6 , dans le tarif des droits de pontage de cette capitale . Henri 1er. mourut, diton , à Lyons-la-Foret en Normandie , pour en avoir mangé avec excès.
Il parait, d'après des actes de 1418 et »4a2j qui chargeaient des marchands de lamproies d'approvisionner la table du roi d'Angleterre et de fournir aux besoins de l'armée, qu'il y avait dans la Seine une pèche abondante de ce poisson, entre Hoafleur et Rouen , occupés alors par les Anglais : on y salait les lamproies , ainsi que cela se pratiquait en Bretagne dès 1200. Le goût, des Anglais pour la lamproie se perdit ensuite; et il parait que, sous le règne d'Elisabeth et même dès Henri Vlll, la nation anglaise ne recherchait plus ce poisson.
Il a joui en France d'une estime non moins grande. Il n'était permis de l'apporter à Paris qu'en plein jour; et il est seul cité comme poisson d'eau douce dans ^ordonnance de police de Charles VI *
en i4»$.
Il en est également parlé dans un acte de 1 «33 > relatif à la ville de Compostelle , en Espagne, dans lequel le prix de la lamproie et d'autres poissons est fixé par l'archevêque Gelmires.
Des différentes espèces de lamproies.
La Lampuoie proprement èàtoe, petromytim ma* rinus lin. ( V. la PL U9fig* 1. )
Description. — Ce poisson parvient à une gros*» seur considérable, 6 on S pieds de long et 4 pouces de diamètre. Il a le corps aJlnngé et cylindrique, comme celui du serpent^ la queue épaisse , .courte , arrondie, et «'amincissant à l'extrémité; la peau Jisse , dure, visqueuse , très-glissante, et d'un vert brun sur la tête , où l'on voit une tache ronde et blanche ; le ventre blanc; la couleur générale variée de taches bleues et blanche*;, quelquefois la
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couleur est jaune , et l'on y voit des membranes verdâtres. Le dos est recouvert de deux nageoires séparées et baasest dont la couleur est. d'un jaune
mêlé de rouge ou brun orangé ; celle de la queue est bleuâtre.
: La lamproie .n'a point de nageoire pectorale ; elle a la tête arrondie ; les yeux petits , ronds et enfoncés $ l'iris jaune et pointillé de noir ; derrière la tète, un évent entouré d'une membcane saillante et communiquant avec la bouche ; les lèvres épaisses , charnues , déchiquetées et spongieuses; la bouche arrondie ; plusieurs rangées de cinq ou six dents , disposées en cercle ; ces dents recourbées, creusées, aiguës, de couleur orange, formées d'une matière osseuse, mais enchâssées dans la chair j la langue offrant aussi des dents eu forme de scie. Ce poisson n'a pas d'ouïe $ il respire par sept ouvertures placées de chaque côté sur une même ligne , et c'est par ces ouvertures qu'il rejette l'eau qu'il a avalée*
Habitation* — La lamproie habite les mers d'Europe, d'Asie et d'Amérique , d'où elle remonte dans les rivières, au printemps, pour y déposer son frai, après quoi elle retourne â la mer. Comme l'anguille, ave£ laquelle elle a de grands rapports , elle nage par .ondulations latérales, à la manière des serpens ; elle rampe aussi fort bien sur terre , où elle peut rester long-temps sans inconvéniens, pourvu qu'il ne fasse pas trop chaud. Elle s'attache avec tant de force aux corps solides, par le moyen de sa bouche, qu'on a enlevé, avec une lamproie de 3 livres, une pierre de i a livres contre laquelle elle était fixée.
Nourriture* — Les lamproies se nourrissent de vers marins et fluviatiles, de très-petits poissons, de charognes, etc.
Propagation. — Aux mois de mars , avril et mai , les lamproies quittent la mer, et entrent dans les fleuves et rivières } les femelles pour y déposer leurs œufs, les mâles pour les féconder; elles multiplient beaucoup, et il parait, contre l'opinion des anciens, qu'elles vivent long-temps, quoiqu'elles croissent assez prompte ment. A l'arrière-saison , les petits , qu'à Bordeaux on appelle pibales, gagnent la mer avec les vieilles lamproies qui ont échappé aux filets des pêcheurs.
Ennemis. — Les lamproies ont pour ennemis les brochets , les silures, les loutres, etc., contre les*
2uels elles n'ont pour moyens de salut que la vitesse e leur fuite et l'habitude de se tenir, pour la plu* part du temps, cachées dans la vase, dans les trous du rivage ou sous les dunes. On lenr .donne encore pour ennemis des insectes qui s'attachent â leurs yeux, en sucent l'humeur et les aveuglent.
Qualités* — La chair de la lamproie est délicate ; mais quand elle est trop grasse, elle est difficile à digérer. On dit qu'elle est un peu échauffante , et que celle du mâle vaut mieux que celle de la femelle. Lorsque la lamproie sort de la mer, sa chair est plus tendre et plus savoureuse que lorsqu'elle a séjourné long-temps dans les rivières. Les pêcheurs appellent lamproie cordée celle qui , étant prise en mauvaise saison, est devenue dure et sèche. On mange la lamproie ordinairement cuite dans l'eau et â la sauce blanche , ou cuite sur le gril et à la sauce piquante ; on en fait, aussi d'excefiens pâtés.
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Il est certaines rivières où les lamproies sont si abondantes , Qu'on ne peut les consommer fraîches s dans ce cas, if est avantageux, â l'exemple des pcV cheurs du nord de l'Allemagne , de les faire cuire sur le gril , et de les mettre dans des barils avec une saumure composée de vinaigre, de sel, de feuilles de laurier , de thym et de poivre \ elles se conservent très -bien ainsi pendant plusieurs mois, surtout lorsqu'on les tient dans une cave.
Pêche de la lamproie*
L'ordonnance de 1660, qui défend de pêcher en temps de frai, excepte de cette prohibition la pêche aux saumons, aloses et lamproies f que l'on peut prendre en tout temps. Cette exception est fondée sur oe que c'est princinalement dans le temps du frai que l'on peut prendre ces poissons voyageurs.
Comme la lamproie ne fiait que sucer, on n'en pêche aucune avec la ligne. y
On la prend â la main et avec In fouane, comme les anguilles , avec des nasses, des louves, et avec le filet dit lompresse.
Pèche â la main. —H y a des personnes exercées qui prennent ce poisson à la main, en jetant, dans les endroits où il se trouve une composition faite avec de la chair d'esturgeon , 8 drachmes de graine de rue sauvage, et autant de paisse de veau, mêlées ensemble, bien pilées et réduites en petites boulettes de la grosseur d'un pois* Cette amorce les étourdit et les enivre ) mais de semblables appâts sont défendus par l'ordonnance de 16/69.
Pèche d lajouane. -— Cette pèche se fait pendant la nuit, au moyen de fetuu
Pêche avec les nasses. — Les nasses dont se eer» vent les pêcheurs de Nantes pour prendre les lamproies ont la forme d'un. cône. A l'un des bouts , est un goulet qui.ee resserre beaucoup, et que l'on présente au courant le plus rapide.
A l'embouchure de quelques rivières, comme celle de la Loire , on construit en bois et en pierres des chaussées, sur lesquelles on établit les nasses f à^s pieux. enfoncés en travers de la rivière, dans les endroits où le flot se fait sentira chaque marée, maintiennent des pierres sèches que l'on jette entre eux, et qui en surmontent la tête d'un pied au moins. On profite, pour se livrer à ce travail , des eaux basses de l'été ; mais â l'époque de la pêche des lamproies, qui commence â Noël, si le temps est convenable et s'il n'y a point de glace , il y a sur ces chaussées jusqu'à 10 , 1 a , 1 5 et même 20 pieds d'eau.
Ces pêcheries s'appellent duits : on y place des nasses d'environ 6 pieds de long , à ventre fort gros et à large ouverture. Les baguettes ou tiges dont elles sont formées doivent être asses serrées pour qu'on ne puisse placer les doigts entre deux sans les forcer un peu. Le dessous doit être plat, et le goulet, qui commence dès l'entrée, va presque Jusqu'au bout , où la nasse forme une petite gorge , et où il y a une espèce d'anse ou d'organeau aussi d'osier.
Il y a tout-à-fait au fond une ouverture, bouchée, dans les unes, avec un tampon de paille on de foin, dans les autres avec une petite porte d'osier arrêtée avec une cheville: c'est psr laque les pêcheurs tirent hors des nasses les lamproies qui s'y sont prises*
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sur les cotes de la Méditerranée. On vend pendant a mois, juin et juillet, dans le marché de Marseille, des langoustes avec leurs œufs, qu'on appelle corail de la langouste, et c'est alors qu'elles se paient plus cher.
LANGOUSTIER. Filet à mailles très-larges, qui sert à prendre des langoustes. V. Tramait.
LANNES. On appelle ainsi, dans l'Océan, les lignes fines qui partent de la maîtresse corde \ quel* ques-uns les appellent semelles» V. Cordes*
LANSON. V. Lançon.
LARDE. Duhamel dit que c'est un poisson que l'on pêche au Havre, et qui ressemble exactement à Vumbre cV Auvergne.
LARGE. Aller au large , se porter au large , c'est s'éloigner de la côte vers la grande mer*
LASSINS. Filet à manche peu différent de tous les autres.
LAST ou LEST. On appelle ainsi un lot de harengs formé de 10 à ia milliers, suivant la manière de compter qui est en- usage.
LATINE. Voile latine x c'est une voile triangu-
% laire qui est d'un grand usage sur la Méditerranée.
X^s tartanes portent des voiles latines, des fbques,
des coutelas, bonnettes en étai, des voiles d'étai :
toutes ces voiles sont triangulaires* V. Tartane.
LAVANDIÈRE. Nom vulgaire de la Lyre. V. ce mot.
LAVARET, salmo lararetus. (Lin.) Poisson du genre salmone, que Lacépède a réuni an genre corégone. On le nomme fera ou ferrât dans plusieurs lacs de la Suisse.
Description. — Ce poisson a la mâchoire supérieure plus longue que l'inférieure, et *4 rayons à la nageoire dorsale; la tête petite, cunéiforme et demi- transparente \ les joues et les opercules couleur gorge de pigeon ; le dos rond et d'un bleu gris; les côtés bleuâtres ec le ventre argentin \ la ligne latérale droite et indiquée par quarante-cinq points ; les écailles légèrement échancrées; les nageoires inférieures jaunâtres ou bleuâtres et à rayons blancs; la caudale fourchue*.
Les poissons de cette espèce varient un peu dans leurs formée et leurs habitudes, suivant la nature de leur séjour. Voilà pourquoi les lavarets du lac Léman ne ressemblent pas tout -à -fait aux autres lavarets.
Habitation. — On les trouve dans les mers du nord de l'Europe, dans plusieurs lacs, et notamment dans celui de Genève.
Les lavarets se tiennent habituellement au fond de la mer. Us n'en sortent que deux fois l'année , lorsque le hareng- fraie, pour manger ses œufs, et Lorsqu'ils fraient eux-mêmes.
Migration et propagation. •>— Ce poisson, dans ses migrations, suit une marche régulière. 11 remonte les rivières sur deux rangées, qui se réunissent sur le devant de manière à former un angle, au sommet duauel est un. seul individu , qui mène la troupe , quelquefois composée de plusieurs centaines d'individus. Quand il survient une tempête , les lavarets rompent leur marche et se cachent où ils peuvent ; puis quand elle est passée , ils reprennent leur ordre régulier. Ils ne s'avancent pas beaucoup dans