‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 113 sur 292 · XIE · texte numérisé non relu

XIE

. Pèche* —On prend des Ueua pendant. tobte l?anaé* sur Us côtes de Bretagne, et qui sont de toute grandeur. Quelquefois ces poissons vont de compagnie ) mais souvent Us sont seuls., ou confondus avec d'autres espèces, de poissons* Si Ton en prend une pluB grande quantité en été an' en hiver, c'est, à ce que l'on prétend , parce qu'ils «ont attirés par les sardines, qu'ils aiment beaucoup; cependant on interrompt la pèche du lieu pour ;faire celle des sardines*

Dans les endroits où l'eu ne fait pas une pèche expresse de ce poisson, on en trouve dans les gui* deaux, verveux eu nasses et dans, les parcs ; on en prend avec des filets flottés et lestés, ou avec des nUeta à manche que Ton traîne, et les petks se prennent aux filets qu'*on tend à la cote sur pâlots, ou dans les grands tonds quand la rigueur du froid lés y mit retirer. On tend des tramaux, des demi-folles, cibaudières , ou rets à colins , flottée et pierres par fonds >et sédentaires., autant qu'on le peut, par. le travers des anses 3 si ce sont des tramaux, les mailles de. la flue ont 6 à 8 lignes d'ouverture, et les ha* maux ont 4 & 5 pouces en carré. On met au bout de ces filets une .càbliàre ou petite ancre avec des haubans à a où 3 brasses les uns des autres, et on choisit , autant qu'on le peut , des fonds de roche couverte de varec. Quelquefois encore on prend de petits lieux dans les manets, lorsqu'on pèche' des maquereaux à là dérive* Enfin , on en prend à Oléron dans des «courtines et dans des. casiers*' On, prend encore des lieux avec des haims, les petits -avec lés tessures que les Normands tendent pour prendre des maquereaux, et qu'ils nomment gfiavetétte.Dsma le quartier de Brest , principalement dans le chenal du Cooquet et du Mingan , on en. prend toute Tannée avec des haims et des tramaux ; on en prend qui ont depuis 14 jusqu'à a4 pouces de longueur', et 4 à 5 pouces de largeur ; on amorce les . haims avec des lançons .

Toutes ces pèches peuvent être regardées comme accidentelles , puisqu'on ne les fait pas expressément pour prendre des lieux ; mais on en fait d'expresses à Audierne , à Pile des Saints et autres lieux eircon voisins. Elle commence après Pàque et ne finit qu'à la Saint» Jean, qu'on la cesse pour en faire d'autres.

On. emploie pour cela de petits bateaux de 3 à 4 tonneaux , dans lesquels se mettent 6 ou 8 hommes , appareillés d'une ou de deux voiles carrée*; car cette pêche se fait en filant à {la voile. Les lignes dont on se sert sont un diminutif de celles qui servent pour la morue ; elles ne portent qu'un haim de la grosseur dé ceux qu'on emploie dans le Nord pour la pêche de la morue. On les amorce avec une sardine , et souvent avec un morceau de peau d'anguille long de trois à quatre travers de doigt. Comme le bateau qui est sous voile file assez» vite, et comme les pêcheurs donnent continuellement des secousses à leurs haims, les lieux, qui sont voraces , prennent l'appât pour un poisson qui fuit ; ils se jettent dessus et se prennent à l'hâim. Quand on a halé le poisson à bord, on ««tire Ubaim, qui souvent est garni de son appât : de sorte qu'il sert quelquefois assez long- temps.

ma

On prend dans les mers du Nord beaucoup: de lieux et de colins $ on n?en\ mit point de cas lorsque la morne donne abondamment; mais quand cm trouve peu de môme, on sale les lieux et le* colins, et alors il faut être connaisseur pour les dis* tinguer des morues. Néanmoins , à la vente en France, les trieurs ne s'y trompent pas ; ils les met* tent avec le rebut , et on les vend moitié moins que les vraies morues.

PtéparatioTu-* Autant qu'on le peut, on vend ces poissons frais ; mais, quand la pêche est abondante, on en sale et on en sèche presque comme la morue. On leur trancfie la tète ; on les. fend par le dos dans toute leur longueur pour lea vider ; on les met au sel pendant deux foie 24 heures t ensuite on les lave dans l'eau de mer,' et enfin on les étend sur la grève pour les faire sécher au soleil. Des marchands viennent les acheter des pêcheurs , et ils en forment des paquets de a quintaux. Duhamel , qui donne ces dé* tailay dit qu'on en prépare dan* la Bretagne jusqu'à 4, 5 cfc 600 quintaux, qu'on envoie à la foire de Bordeaux. On en consomme aussi dans l'intérieur de la France, qu'on vend pour de là morue sèche à ceux oui ne s'y connaissent pas.

LIÈVRE DE MER ou BLENNIE, A MOUCHE, blennius accellanus* (Lin.) Poisson du genre bien-, nie, qui se trouve dans la Méditerranée, et dont la longueur est d'environ un pied. Il a. deux nageoires suc le dos et des filamens sur la tète ; un appendice non palmé au-dessus de chaque œil; une grande taehe œiliée sur la première nageoire du dos ; le corps allongé et comprimé , de couleur verdàtre , avec des bandes irrégulières, plus foncées , et enduit d'une mucosité très-abondante; les écailles très-pe>tites , et les mâchoires armées d'un seul rang de dents , sa chair est de médiocre qualité.

LIÈVRE DE MER. C'est aussi l'un des noms du CYcloptère»lompe» V . Cjcloptèie*

LIGNE , du latin linea. C'est, en terme de pèche, une ficelle ou un tissu de crin, de soie, de pite, de racine , ou à-la-fois de soie et de crin , auquel on attache un ou plusieurs hameçons pour prendre du poisson.

$ Ier. — DES LIGNES EX GENERAL , ET DB LA MA- NIÈRE DE LES 7AIRE.

Il y a dee lignes flottantes et des lignes dorman* tes : les premières sont celles dont les hameçons se trouvent attachés à des corps flottans : on les appelle lignes flottantes et sédentaires , si on les attache à des corps fixes , au lieu de les tenir à la main par le moyen de la perche ou canne; les-ltgnes dormantes sont celles qui sont garnies, d'hameçon* dans leur longueur, et dpnt l'extrémité inférieure est fixée au fond de l'eau, tandis que l'autre extrémité est attachée à un pieu ou à quelque chose.de solide sur le bord de l'eau.

Les lignes reçoivent d'autres dénominations, suivant les usages qu'on en fait pour pécher telle ou telle espèce de poisson : nous en parlerons plus loin*

Noue avons suffisamment parlé des perches ou cannes au mot Cannes, Nous devons dire quelque chose des lignes qu'on attache au bout dès perches , et qui portent à leur extrémité un haim*

LIG

Beaucoup de pécheurs, qui n'y pMumfent pas de fort près , font cea lignée avec un.fi! veto» bien travaillé, formé de trois ou quatre bon» AU à cou-

dre ; quelquee-uns , un peu plus

Lift à^

teinture est forte ; mais le vert pâle est préférable.

• D'autres poussent l'attention jusqu'à vouloir que le cria soit .jaune dans la saison où les herbes des eaux douces se fanent et se dessèchent. Four lut donner cette couleur , on augmentera le dose du souci, et l'on' diminuera considérablement celle de la couperose.

On apporte des îles de l'Amérique des filamens qu'on retire d'une espèce d'aloès eu aloïdes : on appelle ces fikmens fils dépite. Il y a de ces fils qui sont longs et très-fins; quand ceux-là sont bien préparés , ils sont préférables aux crins , et on s'en sert principalement pour empiler les haims.

On choisit ces fils très-fins : étant plies par pièce*, on les met dans un pot, et l'on verse dessus un peu de l'écume d'un pot où l'on a fait bouillir de la viande fraîche, et non pas salée; au bout de 3 eu 4 heure», on tire les pièces de pite les unes après les autres,

mettent en bout de cette ligne sa empilage de crin ; mais les lignes sent meilleures et plus propres, si on les mit dans-toute leur longueur avec un cordonnet de soie ou de crin*

H y a aussi des pécheurs qui font des empilages de crin en arrangeant les. bnne simplement les uns à côté des autres en marner» de «faisceaux, sans les commettre} mais cela ne se pratique guère que pour m* pèches à la mer , eur+tout lorsqu'on se propose deprendre de gros poissons.

Les pécheurs de rivière font pour leur usage des lignes avec des crins, qu'Us commettent ou tordent les une avec lea autres : pour cela , ils choisissent

les crins les plus longs de la queue d'un cheval. Ces ^ x T

crins doivent étee. ronds, claire, exempta de lentes, eton les passe entre le pouce et l'index pour ôter la

maladies; car un seul graisse qui pourrait y être restée adhérente, mais

gale et> autres semblables

crin bien: choisi est aussi fort que. le seraient trois

Ïii auraient les défaits que nous venons d'indiquer, es crins blancs sont plus sujets que lea noirs à avoir ce* défauts; cependant des pécheurs leur donnent la «référence, prétendant qu'ils paraissent moins dans l'eau. 11 faut encore, faire tout son possible pour les assortir d'égale grosseur , afin qu'ils se roulent plus régulièrement les uns sur les autres , et cpûiï* résistent de concert $ ce qui ne serait pas sHss différaient sensiblement de grosseur.

Certain» pêcheurs prétendent, comme noua venons de le dire y que les crins blancs paraissent moins dans l'eau ; d'autres soutiennent que les noirs s'y paraissent pas plus que lea blancs; quoi qu'il en soit,. cette «raison tait qu'on en teint quelquefois, et voici ce que Waltan dit à ce. sujet.

Pour teindre les crins des lignes, il faut prendre une chopine de bonne bière * mesure de Paris, use. demi-livre de suie, une petite quantité de jus de feuilles de noyer et un peu d'alun } en met le tout ensemble 4ans un pot de terre, et on le fait bouillir pendant, une demi-heure; ensuite on retire le pot du feu, et quand il est refroidi, on y met le crie , quton. laisse dans cette liqueur jusqu'à ce qu'il' ait acquis» une couleur verte, jtlus il reste dans la teinture, plus il verdit; mais il faut éviter qu'il ne devienne trop vert.

Quelques-uns cependant désirent que le crin soit fort vert, pour qu'il imite la couleur de l'herbe. En ce cas , il faut prendse une pinte , mesure de Paris, de petite bière et une demi-livre d'alun ; mettre l'un et l'aujbretavec les «crins dans un pot de terre , qu'on fera bouillir doucement pendant une demiheure ; après quoi , on en retirera le crin peur le laisses sécher. On mettra ensuite deux poignées de Heur dé souci dans 3 pintes d'eau, on couvrira le pot , et on le fera bouillir doucement pendant une demi-heure ; il s'y formera une écume jaune, et alors on ajoutera une eemî^livre de couperose concassée , avec le orin qu'on veut teindre ; on entretiendra la liqueur bouillante doucement jusqu'à ce qu'elle soit séduite à moitié $ enfin on ôtera le pot du feu, et 3 à 4 heures -après? on en retirera le crin, que. l'on trouvera bien vert* Plue on met de couperose r plus la

on ne les essuie point autrement; ensuite on étend chaque pièce de toute sa longueur , et quand ces fils sont secs, en en forme de petits éeheveaux. Par cette préparation, ils deviennent presque aussi fins, aussi ronds et pins forts que les crins les mieux choisis. Pour les conserver souples, on les roule dans un morceau de vessie huilée ; et avant d'en faire des lignes., il faut , ainsi que les crins, les mettre tremper dans de l'eau environ une demi-heure.

La grosseur des lignes doit être proportionnée à. celle du poisson que ron pèche; maie il est toujours avantageux qu'elles soient fines , sur-tout au bout qui tient à l'haim : c^est pourquoi ceux qui pèchent avec des insectes et des haims très-déliés font l'empilage avec un seul crin ; mais , en ce cas , il . faut être bien adroit pêcheur pour ne pas la rompre : ainsi il est mieux de faire de deux crins cette partie de la ligne.

11 est sensible qu'on ne peut pas trouver de crins assea longs pour faire une ligne , qui doit quelquefois avoir 5 ou 6 brasses de longueur \ il faut donc faire des pièces séparées ,. qu'on noué les unes an bout des autres pour en former une ligne sufi&sanvment, longue* Pour cela , oh met deux de ces pièces de façon qu'elles entament un-peu lhme sur l'autre^ on les unit par un nœud , en faisant faire deux révolutions aux bouts des crins. Quand on a serré le nœud , les crins ne peuvent plus se séparer > et l'on coupe alors avec des ciseaux ce qui excède le nœud : on en réunit ainsi un nombre suffisant pour faire une ligne de la longueur qu'on désire. :

Il y a des pêcheurs qui prétendent que , pour la pièce qui fait le bout de la ligne du côté de l'haim,, il ne faut pas commettre les crins $ qu'il vaut mieux se contenter de les tendre l'un à côté de l'autre , disant et qu

le plus commun est de les tordre l'un sur i'autre, comme noua l'expliquerons dans un instant.

Les lignes doivent toujours diminuer de grosseur depuis, l'extrémité de la perche jusqu'à l'haim , et pour certaines pêches les dénwêres pièees sont seulement formées par un crinT ou un fil de pitc très*délié , ou même .un fil simple de soie.

qu'alors les crins paraissent moins dans l'eau ; rils n'effarouchent pas. le poisson : mais l'usage

LIG

écrue n°. 4, que l'on trouvtfchez les fabricant d'ustensiles de pêche , ou chez les marchands de soie. On prépare cette soie en la faisant tremper pendant 2*4 heures dans l'huile grasse > pour l'empêcher de se mêler et lui donner une grande solidité. En sortant de l'huile, on la tend sur deux clous pour la faire séeher , et on ne s'en sert que lorsqu'elle Test parfaitement.

La ligne a 25 pieds de longueur; elle porte un hameçon n°. 1 /empilé sur deux brins de boyau de ver à soie , et à 24 pouces de l'hameçon est placé un plomb, jtg'. i3, JP/. 11.

On se sert encore, pour les barbillons, d'une autre ligne appelée ligne à pêcher dans les pelotes s elle se compose de la même manière , à l'exception que l'hameçon -doit être empilé sur la soie de la ligne , et que le plomb n'en est éloigné que de 2 pouces > parce que l'on renferme l'un dans l'autre dans une- pelote de terre grasse garnie de vers. On Se sert de cette ligne et de la première en l'attachant au brin de baleine, fig. 4-

Ligne à perches. -»- Cette ligne, qui doit avoir i5 pieds de longueur, se compose de crins; savoir, de 8 dans le premier tiers de sa longueur, de 6 dans le second , et de 4 dans le tiers inférieur ; on y attache cinq brins de boyau de ver à soie les uns au bout des autres , et sur le dernier brin est empilé un hameçon n°. 5. Cette ligne porte un bouchon , fig. 11, et un plomb à loup fendu, et resserré sur le boyau, est placé à 6 pouces de l'hameçon.

Les perches étant armées de dents , on doit mettre beaucoup de soin dans te choix du boyau de ver à soie, pour être assuré qu'elles ne pourront le couper. Quelques pécheurs empilent leur hameçon sur du ni de laiton; mais la raideur de ce fil a des inconvéniens , et il n'y a que lesperches affamées qui se font prendre. Il est préférable d'empiler l'hameçon sur une double Tacine. On peut prendre dès car* pes avec cette ligne, en remplaçant l'hameçon n°. 5 par un n°. 2.

Ligne à chevesnes. — Cette ligne, qui a 20 pieds de longueur , se compose de quinze crins en haut , de douze au milieu , de neuf aux deux tiers, et de six à l'extrémité inférieure ; elle porte un hameçon n°. o, empilé sur boyau de ver à soie double, attaché aux six crins ; un plomb plat et mince , roulé sur la jonction des crins et de la racine , dont il doit couvrir le nœud. Le plomb doit avoir un poids suffisant pour que le bouchon , fig. 12 , adapté a cette ligne , soit maintenu droit dans l'eau.

Cette ligne sert aux différentes pêches du meunier; on change seulement l'hameçon, suivant les appâts que l'on emploie. Ainsi, on mit usage de l'hameçon n©. o , pour les appâts composés de raisin, de cerises, de hannetons ou de grosses chenilles ; de l'hameçon n*. 2 pour les. appâts faits de sang, de sauterelles, de grillons; enfin de l'hameçon nY6 pour le* appâts composés de mô-iches, de vers.

Lignes à chevesnes à la volée. —On emploie encore pour la pêche aux chevesnes une ligne appelée ligne à ta itolée f dont la longueur est de 24 pieds, et qui se compose , de 4 pieds en 4 pieds , à partir de l'extrémité supérieure, de vingt-quatre, vingt, seize, douze , huit, et enfin quatre crins ; un hameçon n°. 3,

LIG

empilé su* un boyau de ver à soie, est attaché aux ooatre -derniers ^rin»% Cette ligne est garnie de huit flottes,, ^jg-< 9 * PL 1 1, placées de 2 pieds en 2 pieds pour soutenir la ligne sur l'eau : elle ne porte point de plomb.

Ligne à tanches et à carpes. — . Elle se compose avec de la «oie et du crin couleur d'eau ; elle dort avoir 24 fMs de longueur, et être terminée en» queue de rat. Elle porte un bouchon, jjg-. 12, une* balle de plomb percée et placée entre deux noeuds , dont le premier esta 2 pieds de distance de l'hameçon et le second à 4» et un- hameçon n*. 2, empilé* sur racine. v

Ligne à brvchets.— Elle est formée de soie écrue, n°. 1 j sa longueur est de 40 à 5o pieds 5 elle a un bouchon, 4Çp. 1 1 , et deux flottes ,fig. 9 , placées de 2 en 2 pieds , à partir du bouchon : on n'y met point de plomb $ elle porte un hameçon à brochet ,fig. 2, PL 11.

Ligne d truites avec des mouches. — fille se compose de Ane et de crin «ans noeud , couleur d'eau , grosse à l'extrémité supérieure , et très-fine à celle inférieure } «a longueur est de 40 à 5b aunes; il ne' faut ni plomb ni flotte : elle porte une mouche ar-' tifideUe.

On se sert d'une ligne semblable , mais plus forte* et plus longue, pour le1 saumon et la truite sau-' monée : la canne dont on se sert a aussi plue de* solidité.

$ 3. — Ligne* dormantes.

Nous avons déjà dit que les lignes dormantes sont1 celles qui sont garnies d'hameçons dans leur longueur, et dont l'extrémité inférieure est fixée au' fond de l'eau, tandis que l'autre extrémité est fixée' à un corps solide. Il y a plusieurs sortes delienes

corps dormantes.

' Ligne dormante pour les anguûles. — Cette ligne, qu'on appelle aussi traînée OU cordeau, consiste en une corde de la grosseur au plus du petit doigt , sur laquelle on attache de distance en distance , par exemple de 2 pieds en 2 pieds, quelques cordelettes , d'un à 2 pieds de long au plus , munies à leur extrémité d'hameçons d'un pouce de longueur, qu'on amorce d'ablettes, de goujons , de loches et d'autres petits poissons, et même plus avantageusement de petites lamproies et de gros vers de terre*

Lorsqu'on veut faire Usage de cette ligne , soit dans l'eau douce, soit dans l'eau salée, on attache à une des extrémités de la corde un pieu planté sur' le bord de l'eau, et l'autre à une pierre, que l'on jette dans l'eau aussi loin qu'il est possible.

Quelquefois les pécheurs , pour éviter les vols , oui dans ce cas deviennent 'très-faciles , fixent les deux -extrémités de leur ligne à deux pieux enfoncés' dans l'eau à quelque distance , mais toujours cependant disposés de manière que la corde traverse la rivière, et soit perpendiculairement au courant. '

On place ordinairement la ligne dormante lé soir, et on va la relever le matin pour détacher et emporter les anguilles qui s'y trouvent prises; mais certains pêcheurs, pour économiser le temps, la laissent pendant presque tout l'été , époque de l'année où cette pèche est la plus fructueuse ,* et secon-

Lié

tentent, chaque matin, an enlevant le poisson pris pendant la nuit , de remettre de nouveaux appâte , et de réparer les dommages quelle peut avoir éprouvés.

En Allemagne et dans d'autres contrées du Nord, les pécheurs vigilans ne jettent leurs lignes que vers minuit , et vont les retirer au point du jour, parce qu'ils ont remarqué que, s'ils laissent les anguilles se débattre long-temps , elles rompent souvent les ficelles , cassent les hameçons et s'échappent.

Pour qu'une ligne dormante, ainsi abandonnée dans des eaux ordinairement bourbeuses, puisse durer plus d'un été, il faudrait qu'elle fût de soie ; mais peu de pécheurs sont en état de faire les avances nécessaires pour se munir des enchins ordinaires , et par conséquent ne sont rien moins que disposés à se livrer à des dépenses inusitées , quelque avantageuses qu'elles soient. Les lignes et les filets en soie, outre une durée quadruple , ont une force double sous le même volume et absorbent moins d'eau; ce qui leur donne une supériorité inappréciable dans beaucoup de circonstances.

Lime dormante pour les étangs. — Elle est formée de soie écrue n°. 3, apprêtée par le même procédé que pour la ligne à barbillons ; sa longueur est de 2>4 pieds. Elle porte un fort bouchon, fig. ia, PL 1 1 , pour qu'il puisse être vu de loin, et trois hameçons n°. 5, empilés sur boyau de ver à soie et placés de 10 en 10 pouces : entre le premier et le se* eond hameçon, on fixe quatre grains de plomb à loup.

On se sert dp cette ligne pour les carpes et les tanches et pour les brochets, en remplaçant les hameçons du n°. 5 par un du n°. 1 à brochet, PL 11,

fig- *-

On attache cette ligne à une gaule de noisetier eu autre bois flexible.

Bricoles. — Ce sont de longues lignes qui , au Beu d'être attachées à une perche , le sont à une branche d'arbre , à un pieu ou tout autre corps solide et fixe. V. Bricoles.

Cerceau. — On attache des lignes «impies et dormantes à la circonférence d'un Cerceau* V. ce mot.

Lignes dormantes attachées à des plombs.

Il y en a de plusieurs «ortes : nous avons déjà parlé de la ligne de fond appelée Jeu. V. ce mot.

Ces lignes sédentaires , au lieu d'être attachées à un cor ps ilôt tant, sont amarrées à un corps pesant, qui tombe au fond de l'eau.

Les pécheurs ont un plomb , fig. 1 1, PL i5, qui est percé à sa pointe , ou qui a en cet endroit un anneau , auquel on attache une ligne b. qui porte au bout opposé au plomb une flotte de liège, ou un. petit fagot de roseaux secs t ce signal sert à trouver la corde au moyen de laquelle on retire le plomb. Autour de ce plomb sont des lignes de crin ou des empiles e. qui portent des haims rf, et l'on ajuste à chaque ligne un petit morceau de liège, pour que les haims n'entrent pas dans la Tase. 11 est bon que les lignes soient de différentes longueurs.

Le soir , a heures avant le soleil couché , on cale le plomb au fond de l'eau , et on le retire le lendemain , a heures après le soleil levé.

On voit que le plomb fournit un point qui résiste

LtÔ

au courant et qui retient toutes les lignes. Il ne faut pas en' mettre en aussi grand nombre qu'elles sont représentées dans lajfy; 11 , quand on tend dans une eau courante , parce que les hameçons se mêleraient.

Pêche avec des lignes dormantes, qui se pratique en

Bretagne.

On fak à la mer des pêches assez approchantes de celle dont nous Tenons de parler.

Sur les côtes de Bretagne, quelques pêcheurs attachent au bout d'une corde , PL \5,jîg. 16 , un morceau de plomb c , qui a une forme allongée et un trou à chaque bout. Un de ces trous sert à attacher le plomb à l'extrémité de la ligne , qui a 20 ou 3o brasses de longueur, plus ou moins, suivant la profondeur de l'eau ; à environ une brasse au-dessus du plomb est attachée quelquefois une pile longue à-

Ku-près d'une brasse 5 et au trou qui est à l'autre ut du plomb c, on amarre deux ou un plus grand nombre de piles , qui sont de différentes longueurs. On pêche avec ce plomb entre les roches \ et les poissons qu'on prend le plus communément sont des congres, des crabes, des homards et d'autres poissons saxatiles.

Pêche d la fourquette.

La ligne qu'on appelle dans la Méditerranéey&iirquette yPL i59Jîg. i3, est une croix de fer ou de cuivre a, qu'on attache au bout d'une longue ligne ou corde b, à l'extrémité de laquelle est une bouée c, et aux bouts de chaque bras de la croix sont attachées nombre de piles d } garnies d'haims. On descend cette croix au fond de la mer; la bouée c, qui est au bout de la corde opposé à celui qui tient à la croix , sert à reconnaître où elle est , quand on veut la retirer de l'eau pour prendre les poissons qui ont mordu aux appâts : ce sont ordinairement des poissons plats.

Couffe depalangre.

Dans le fond de la Provence , du côté de Nice , il y a des pêcheurs qui ajustent des haims et lignes d au bord d'un panier a , qu'ils nomment couffe ; ils suspendent ce panier comme un plateau de balance

Er trois cordes b 9 qui se réunissent à une seule c , quelle a 25 ou 3o Drasses de longueur et qui est terminée par une bouée. Ils remplissent de pierres ce panier et le descendent à une grande profondeur en mer ; ils le retirent de temps en temps pour prendre le poisson , qui est des mêmes espèces que celles qu'on prend avec la fourquette.

Pèche à F archet.

On fait antre les roches, sur les côtes de Poitou , une pêche que l'on nomme d F archet, et qui est peu différente de celle dont nous venons de parler : ces pêcheurs, PL riyfig* 17* prennent une baleine ou un rotin , qu'ils plient en rond \ la ligne dépasse la partie circulaire, et porte à son extrémité un plomb qui pèse a ou 3 livres. A chaque bout de l'archet, sont frappées une ou deux piles, dont chacune porte un haim, On attache au bout de la ligne un

LIG

•umer que Pon prendrait à cette pêche plus de poisson dans les temps de chaleur que par le froid , on ne la pratique point durant Pété, parce que tout le poisson qu'on aurait pris serait dévoré par les crabes , les araignées , les bourbes, qui , dans cette saison , se portent en grande quantité à la côte.

$4, piCHBS AVEC DBS LIGNES SIMPLES QUI NE

Page 1