‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 115 sur 292 · LIN · texte numérisé non relu

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lité dans le temps qu'on nomme leur saison > et que «Uns d'autres temps ils sont mollasses et insipides, ce C'est peut-être pour cette raison, continue Duhamel, que les lingues qu'on prend en Amérique pendant les chaleurs sont peu charnus , et deviennent secs' et durs dans le sel; tandis que ceux qui ont été péchés pendant le froid, et principalement en Norwege, sont bien meilleurs. Nous pensons encore que la nature du sol et de leur nourriture influe beaucoup sur la qualité de leur chair : de là vient probablement que la plupart des lingues de Terre- Neuve , qu'on prépare en vert , sont mis au rebut lors du triage , au lieu que ceux qu'on prépare aussi en vert à Schetland sont mis sans distinction avec le poisson marchand, d'autant que la chair en est fort blanche, et que , fournissant de grandes pièces, ils deviennent plus utiles aux dé tailleurs. »

L'opinion de Duhamel est en effet celle que l'on doit admettre j et il est aujourd'hui constaté que , dans les mers qui baignent la Grande-Bretagne, les lingues jouissent principalement de toutes leurs ualités depuis le mois de février jusque vers le mois e mai, c'est-à-dire dans la saison qui précède leur frai. Ceux qu'on prend près du SpitzBerg et à Terre- Neuve ne sont pas auss^ estimés que ceux des mers de la Norwege et de la Grande - Bretagne. Ceux d'Islande sont si mauvais, que les habitans sont obligés de les consommer eux-mêmes, faute de pouvoir les vendre aux étrangers. Ainsi , la saison et les lieux influent sur leur qualité.

La chair du lingue contient une huile douce, facile à obtenir par le moyen d'un feu modéré , et plus abondante que celle que peuvent donner la morue et les autres poissons du genre des gades.

Pèche. — Cest au printemps, à l'époque du frai, et sur les bancs de sable qui sont à quelque distance des côtes, sur-tout à l'embouchure des fleuves, qu'on en nrend le plus.

On le pèche au débouché de la Manche , au nord de l'Angleterre, sur le Doggers'banck; les pécheurs dunkerquois , qui vont au nord des lies -Britanniques , depuis le mois de février jusqu'en mai , en prennent pêle-mêle avec des cabillauds et des égrenns. Ceux qui vont à la pêche de la morue dans l'Amérique septentrionale ne prennent quelquefois dans les mêmes parages que des lingues , et d'autres fois que des morues, suivant qu'ils tombent sur des bancs de ces différens poissons.

On prend encore beaucoup de lingues dans le nord de l'Europe, en Islande, aux îles Schetland, au Groenland, et sur-tout du côté du Spitzberg.

Ce poisson, naturellement vorace. se jette sur les haims amorcés de hareng , de sardine T etc. On en prend donc avec les haims y mais on en trouve aussi dans les filets qu'on tend sur nos côtes sédentaires et par fond, tels que les folles, tramaux , etc. , et dans les anses avec des seines qui ont 60 brasses de longueur sur une ou a de chute.

Préparation et commerce du lingue,— On le prépare comme la Morue. (V. ce mot.) Ainsi préparé, il se conserve beaucoup plus long- temps que ce dernier poisson dans les voyages de long cours : on en exporte, chaque année, de la Norwege environ 900,000 livres pesant j on en exporte aussi beau-

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