‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 122 sur 292 · MA · texte numérisé non relu

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trouvée que i5 à 16 siècles plus tard par les pécheurs de Marseille $ il suffit de consulter Aristote , pour s'assurer que ce procédé était eu usage de «on temps.

Les habitans de Gadès, aujourd'hui Cadix, furent, suivant Suarez, les premiers de l'Espagne qui, dans les temps anciens , s'occupèrent de la pèche du thon , et donnèrent à ce poisson les préparations convenables. Ils se servaient, pour dette pêche, de madragues, dont l'usage leur avait été enseigné par les Phéniciens, qui le répandirent dans toutes les colonies qu'ils fondèrent saccessivement*depui8 Emnorias jusqu'aux colonnes d'Hercule y et qu'ils étendirent dans le grand Océan , sur la côte d'Afrique.

Ces établissemens se répandirent sur les côtes ditane et de Sicile. 11 y avait à Cosa sur-tout une tonnare célèbre, et réputée la plut productive de toute la mer Tyrrhénienne. Strabon , qui vivait dans le premier siècle de l'ère chrétienne , lait déjà mention des tonnares ou madragues de l'Ile d'Elbe $ d'autres établissenttna semblables étaient placés sur la côte qui lui est opposée, et en Italie*

Description de la madrague.

Nous avons dit que la madrague était un grand parc formé par des fileta assujettis sur le fond de la mer par des pierres, tenus verticalement par des lièges , et affermis eur les 'patois par des cordes \ et que caste .pêcherie y qui ae pratique en Provence, excitait à un haut degré la curiosité des voyageurs. C'est en effet un spectacle admirable que cette pèche lorsqu'elle' est abondante : on y voit quelquefois 7 à 800 poissons, dont quelques-uns pèsent i5o livres, rassemblés dans un seul compartiment (le corpou ou la mort, PL 40 , N*. HfjËg» 1 » op, tt)j dons lequel plusieurs de ces poissons, ainsi emprisonnés , font des efforts incroyables pour se défendre contre ceux qui veulent les prendre. On voit encore à cette pèche nombre de pécheurs qui se jettent dans le même filet où sont lea. poissons, pour les harponner, les assommer, ou les saisir à force de bras lorsqu'ils ne sont, pas fort gros ; car il y en a qui ne pèsent que a5 livres et môme moins. Le combat oui se fait entre les/ pécheurs at kspoissona$ les clameurs des spectateurs , . où <6e mêle soûventtiharmoniede plusieurs cors de chasse, joints à la Jég^rêté et à l'activité des pêcheuse provençaux, font un spectacle très -amusant, et qui ne sort point de la mémoire des voyageurs qui l'ont vu. Ils en parlent .toujours- avec une sorte d'enthousiasme; mais tonte leur. attende» s'est portée à. la.thambre du corpou ou de la mort, et à peine ontrils une légère idée du reste de la madrague, qui néanmoins est tout autrement digne d'admiration. Oserait-on effectivement imaginer, si on ne l'avait pas vu, qu'on puisse tendue dans la mer une enceinte de filets qui, pour les plua petites madragues , a i3o brasses de longueur sur a8 à 3o de largeur, et dont le pied, chargé de beaucoup de pierres, est calé dans l'eau à la profondeur de 20 ou a5 brasses, et la tète soutenue à fleur d'eau par Une. grande, quantité de nattes de liège? Joignons à cela nombre de compartimêos formée par.des filets d'aufFe, qui sont bordas à-la. tète et au pied par.de grosses cordes de même

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matière, et en outre une chasse ou queue formée des m'ornes filets , qui , s'étendant de la madrague à la terre, a depuis 200 jusqu'à 1,000 brasses et plus de longueur* Il faut pourtant, que ces grands établissemens, affermis seulement par des cordes qui. répondent à des ancres., soient établis avec asses de solidité pour résister aux vents , aux courans et aux efforts de ces gros poissons. De plus, il faut que ce

S arc soit asses exactement clos dans toute son éten* ue pour ne permettre à aucun poisson de s'échapper 5 car s'il s'en échappait un, il serait bientôt suivi de tous,. l'instinct ae ces poissons étant de se suivre les uns les autres.

Voilà une idée générale de ces belles et grandes pêcheries : les détails où nous allons entrer ne les rendront que plus dignes d'admiration.

11 faut établir la madrague sur un fond d'algue , qui n'ait pas plus de ao à a5 brasses de profondeur s ce qui oblige de la placer tantôt plus loin et tantôt plus près de la terre.

oc J'ai vu, dit Duhamel , la grande madrague de Bandol, PL 40, N°- I; et quoique je n'aie pas été à portée d'examiner celles de Toulon, qui sont moins grandes , je me trouve en état d'en donner une description très-exacte , que je tiens de M. Bro-

Îuier, sous-ingénieur constructeur de vaisseaux à oulon. » Voici cette description :

Madrague de Toulon. — La madrague N°. II est placée au nord de la montagne des Signaux, qui est au midi de l'entrée de la rade de Toulon : elle est tendue à 200 brasses ou environ de la côte* Ainsi sa chasse ou queue doit avoir une pareille étendue. La longueur de cette madrague est de laa brasse* ; savoir, la chambre^ 16 brasses; celle p, 27 brasses \ celle o , ao brasses; celle cotée q, 28 brasses} et la cinquième y, 3i brasses.

Ces différons compartimens ont chacun leur nom particulier, et ces noms sont très-différens de ceux employés à Bandol, et que l'on rappellera en parlant de la grande madrague 2V°. 2.

La première chambre f se nomme à Toulon le bourdounoto $ la seconde p, qui forme la grande entrée, s'appelle lefaratîfU. troisième o, le gardy; la quatrième q, le pichou; la cinquième y est corn-, posée de trois parties, qui ont aussi leurs nome particuliers : la première ghyk, longue de 18 brasses* s'appelle le gradou; la seconde kzop, le gravi" cheli ou gravichelli : sa longueur, est de 8 brasses f enfin la troisième optt, quia 5 brasses, se nomme le corpou.

La grande entrée a e est de toute la longueur du farati. Cette partie n'est point garnie de filets, et ne se ferme jamais.

La largeur de la madrague en ut, en ad et en fe, .est de 28 brasses. Elle en a %5 en bc$ 18 en gh, qui est l'entrée du gradou \ et elle se réduit à 5 brasses à l'extrémité du corpou 1 1.

Quoique cette madrague ne soit établie qu'à \5 brasses de profondeur, on donne aux filets qui en forment les. murailles 21 brasses de hauteur,

Sopr qu'ils aient du jeu Sur un tiers de la hauteur u. filet. Ainsi 4 . lorsque le fond! a 16 brasses, le filet des murailles doit avoir de 23 à 24 brasses de hauteur.

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Le» mailles de ce filet sont de 11 à la brasse, qui est de 5 pieds 3 pouces. ' ' >

Les filets qui forment l'enceinte èéè madragues sont de simples nappes , dont le pied! est assujetti au fond delà mer peur des pierres , et la; tète retenue à la surface de Peau par des' nattes de liège.' Ainsi , il n'y a point de filet tendu sur le fortd de la mer d'une muraille à l'autre.

Leslibans ou ralingues qui bordent le filet ,hèut et bas , doivent être très- forts; ceux des ftrareiMës ". ont 6 pouces de grosseur. • N La hourdoWnoro f "et le gardy o ne sont séparés de la chambre de la grande entrée p que par une demi-cloison aq> em: de1 sorte *pie la partie dq^X celle fm sont tout-à-fait ouvertes. • i ■

L'ouverture 6 )z du ptéHôùq est fermée par un filet dont les mailles ont environ 18 pouces en carré: 11 doit être exactement tendu ; on ne le laisse jamais tomber; les poissons : traversent librement ses mailles. '•

Enfin, la porte de la dernière chambre g, h est fermée par un filet dont les mttiiles sont d'environ 10 à 1 1 à la brasse. On le fait tomber quand on veut faire passer le pedsson dans le corpou. Gomme l'arrangement de cette porte est asse* ingénieux , il convient d'insister un moment sur cet objet. * A chaque coin h et g, on place une pièce de filet triangulaire,^^. 2 et 3, qu'on nomme giron, et dont les trois côtés, qui sont égaux, ont chacun 18 brasses. Le côté gl est cousu perpendiculairement au filet de la muraille , à l'endroit où est la porte s en sorte que la pointe / est tout-à-fait au fond de la mer , et le côté /, s,fig. 2 , est cousu avec le côté vertical du filet de la porte, de manière que lorsqu'on laisse tomber celle-ci, les pointes s des girons l'accompagnent jusqu'au fond* de la met, et lorsqu'on veut la fermer, en halant sur les coràèsff,/ig. a, les cirons se reploient sur les côtés, et servent à joindre exactement la porte avec la muraille ] ce qui empêche que le poisson ne puisse s'échapper entre deux. La porte y, N°. III, est fermée , et les girons plies sur les côtés sont marqués par mn, nn.

Il reste à faire connaître, dans la^rg\ i du N*. II, la dernière chambre y, qui est celle de la mort du poisson , et qui devient par là la plus intéressante. ^ Nous avons dit qu'elle est composée de trois parties , qui sont formées de trois Sortes de filets joints bout à bout , les uns aux autres , par des nœuds qui en réunissent les mailles.

Le premier de ces filets jr, qu'on nomme le gfadou, a ses mailles de i5 à la brasse. Il est arrêté par un de ses côtés h,fig. 4, au fond delà mer , au moyen d'une corde , à chaque bout de laquelle est «né pierre qui pèse 2 quintaux, U,fig. 2. C'est à cette porte qu'est aussi arrêtée par le bas la porte dont nous venons de parler. A cette même corde enfin est cousu un troisième filet d'environ \5 brasses dé long, qui s'étend dans la chambre q dite du piT chou, et qui est destiné à empêcher que le poisson ne puisse passer par-dessous cette corde dans le cas où elle viendrait à se lâcher un. peu.

Ce gradou, dans la moitié de sa longueur, traîne au fond de la mer, et ftuitre moitié s'élève par dev gréa en faisant la coquille. %: ».; '•

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- ' Le graricbeili z, qui vient après >> et -, dont les maillés plus serrées sont de»i$ à Un Masse j s'élève touion 1* déplus en plus. *

Enfin le corpou o, dont les Vmaitlescaoïit pvesque entièrement fermées r vient se terminer' obliquement àk>«irf«c*del»mer, 0,^4. :,,.

Ces- trois filets forment «risemirie un «plan incliné un pep txmcave. Ilr faut -remarquer que, dans cette derrière chambre , lies : filets < des • untumilles doivJent suivre, quant à la grandeur des mailles y celles tdes fifots du; fond qwà leur correspondent», ou plutôt ce soucies mêmes filets Iqui forment' les murailles et le fond. •'. .',«•:. . , » .1

- Le corpou est ., quelquefois! de chanvre, mais le plus souvent d'craffe'f (comme tout Le reste , à la difrence près que lëa cordons en sont beaucoup plus forts. ■ ■

• ftnir péober'le corpou, on attend jque le poisson se soit rendu dans le pichou qt c'est dans. cette seule chambre que l'ouï frit la chasse. Oh se sert, pour cela , d'un filet d'environ .28 brasses :de lar«geur, lesté, par un de sesdôtés, avec des bagues de plomb, etqu'on place d'abord verticalement en cb, tout près de la ponte , de manière <jue> les 'plombs effleurent le fond sans s'appuyer dessus. On le -promène ensuite dans le pichou , en le faisant avancer toujours bien- tendu de b revtià etode c vers#> par le moyen de deux bateaux, «qui en retiennent les angles supérieurs. Le filet dont nous parlons^ s'appelle V&tgarre , et la.majtœuvre engarrer le poisson. Faut qu'on chasse ou 'qu'on engarre dans le pichou qf on tient la porte du gradou abaissée ou ouverte.

Le rey ou chef, pendant cette manœuvre , est en vedette sur un bateau cijfifr 15 pour observer l'entrée du poisson dans, le gradou^ et on ne relève le filet qui ferme lé porte que lorsq uHl en donne le signal . ■ Lorsque les bateaux qui chassent sont arrivés, l'un en k, l'autre en g, le bateau a commence à soulever le gradou 3 et pour eeltecp't àhuit hommes, qui sont tous placés sur le même btord^, ayant l'estomac appuyé sur le plat-bord, saisissent le filet avec leurs mains el baient dessus. Y. le N°. III àe

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Avançant toujours dans cette situation , ils rejettent à la mer la portion du filet qu'ils ont amenée à la surrace de l'eau, et le bateau passe par- dessus. Lorsque le bateau a traversé le gravicheui z,fig* 1, JV°. II y et qu'il est arrivé au corpou , on accroche le filet au plat- bord de ce bateau, comme il est déjà accroché au bateau qui est au bout du corpou et aux deux autres qui sont sur les côtés, ce que l'on voit à l&jtg* JV?* III Par cette manœuvre , tout le poisson qu'on a conduit dans le corpou se trouve prèsqu'à la surface de l'eaù , où on le prend quelquefois en le harponnant, ou en l'assommant, ou à bras; car* il y a àes pêcheurs qui se jettent dans le filet pèle* mêle avec Je poisson , pour le saisir à force de bras;

. Les bateaux qu'on met à la tête et aux deux côtés du corpou sont destinés à empêcher que le poisson m s'élance lorsqu'il se sent resserré , et qu'il ne tombé à la mer $ précaution nécessaire , puisqu'il arrive souvent que des poissons qui s'élancent pour franthik le filet retombent dans les bateaux.

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Seàtre;les dorsale* brunes, et dèift raies longkuinale* et blanche* sctr la «seconde nageoire du dos.

- Habitation. -*vOn trouve le maigre ou umbre dans la Méditerranée , où- je»' poisson a été observé du . temps dTAristote $ mais on le trouve aussi dans les Antilles* 11 se plaU>dafi*4es endroits pierreux , et.:se retire pendant l'hiver dans le» profondeurs voisines des rivages. * ■•! • ■■

• > ' Nourriture. — Il 30 nourrit dfalgueff 6t de vers , et vraisemblablement aussi de^petks poissons.

- Propagation, .-** lii arriva sotrvenc qu'il ne ftaie qu'en automne. 11 aime £ déposer ses œufs ou sa laite sur les éponges «Jut croissent près* des cotes.

Qualités. — 8a chai» est ferme ,» mais raôiie i digérer, et il parait que sa tête était três~reoherchée par lès anciens Romain**,

Pèche* — Dubnmel) dails B&^^Tràité dès Pêches^ consacre-un long article à un poisson qu'on apparie maigre sur le*' côtes* du > Poitou «et d'Aunis , peis^ref ou poisson royal en Languedoc , et \duine à Nar^ bonnes il pemeoque cîest la lotus de-Rondelet. C'est* dit~iL, un gvo* poisson qui parvient jusqu'à ô pieds de longueur , et qui est d'une excellente qttaMté* Mais il paraît que, sou» les noms de maigre et de poisson royal-$ on a désigné souvent le *Ao«, et d'autres fois Hèstargeon et même le saumon, Voici, au surplus , un extrait de l'article de Duhamel.

On pèche à Narboane, dit-il 4 un gros poisson qu'on nomme daine, et qui, d'après béa* notices «qu'on a pu se procurer, est r^otre maigre; non-seulement à cause de sa grosse taille j niais encore parce qu'on le. regarde comme un fort bon poisson. Ce poisson est d'une force extraordinaire; car «euvent^

Suand il est en vie dans Une barque'4 il renverse 'un. coup de queue un matelots Four prévenir cet accident et éviter qu'il ne déchire les filets, les pêcheurs les assomment avant de (es tirera bord. Ces poissons pevveut, à leur volonté , coucher tous les rayons des ailerons ver* l'arrière, où ils se logent dans une gouttière , de sorte qu'on né les aperçoit

Îiresque plus t il faut; pour reconnaître leur forme , es relever avec une pointe. La chair-du- maigre- est blanohe j tendre, délicate 1 ce poisson est estimé $ la hure, est sur- tout regardée comme un* excellent manger. Les maigres sont.de passage, et de plus il est rare qu'ils t estent 'un temps tin peu considérable dans un même parage.

On en prend peu dans le mois d'avril : c'est dans les mois de mai-, juin ei juillet qu'ils viennent par bandes , et c'est dans cette maison qu'on en fait la pêche dans le Pevtuis , entre Tîle de Ré et la rivière de Saint-Benoit, où on va les chercher sous l'eau jusqu'à 10 et 12 brasses. On assure qu'il reste de ces poissons jusqufc.Ia fin d'août , mais qu'alors on y en prend peu, parce- quêtant effarouchés, à ce qu'on prétend, par les pécheurs, ils* se séparent, et n'étant plus rassemblés , il est fort difficile dé les rencontrer ç car quand ces poissons sont rassemblés en troupe, ils avertissent du lieu* où il faut les aller chercher par un mugissement plus fort que celui des grondins , et qui se fait entendre d'assea loin. Il est arrivé que trois pécheurs dan^une barque, étant guidés par ce bruit, ont pris ao maigres d'un seul coup de filet 5 mais cela est fort rare, surtout depuis

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