‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 139 sur 292 · MOB · texte numérisé non relu

MOB

De la répartition des places â l'arrivée des bdtimens»

Autrefois le premier capitaine arrivé prenait le nom de capitaine-amiral de la pèche. Il avait le droit de prendre le poste ou le galet qui lui paraissait le meilleur; et ceux qui arrivaient ensuite choisissaient leur poste , chacun suivant l'ordre de son arrivée. S'il s'élevait des contestations y elles étaient portées devant le capitaine-amiral, qui dé* cidait. H y avait souvent des différens , sur-tout en ce que le premier arrivé voulait prendre place pour un autre vaisseau de même société , et il régnait en général peu de police dans tous les parages ; d'un autre côté , on compromettait la sûreté des équipages pour arriver le premier. C'est pour reméaier à ces abus que les nouveaux réglemens ont décidé que les havres et places aux côtes de l'île de Terre- Neuve ne seraient plus au choix du premier occupant. "V., à la fin de ce Dictionnaire, V Arrêté du 1 5 pluviôse an 10, et V Ordonnance du ai novembre 18a 1.

Des lieux convenables pour la pêche de la morue

sèche.

11 n'en est pas de cette pêche comme de celle de la morue verte , qui se fait en pleine mer et dont le produit se prépare sur le bâtiment même; tandis que la morue sèche se prépare à terre. Il faut choisir un endroit où la côte ne soit point escarpée , et où il y ait un bon mouillage pour le vaisseau, qui doit rester désarmé pendant toute la campagne. A l'égard de la grave où l'on doit sécher la morue , il faut qu'elle ne soit ni vaseuse ni sableuse, parce qu'elle rendrait la morue sale et même croquante; il faut au contraire une grave de roches, de pierres, de galet et de gros graviers. De plus, la plage doit être exposée au vent, et non à la grande action du soleil. Èjes vents frais et secs sont ce qu'il y a de plus favorable. Il est bon d'avoir, à la portée de l'établissement, du bois pour construire les échafauds et les cabanes , et de l'eau douce. Enfin, il faut que l'établissement soit à portée des bancs et des golfes poissonneux; car c'est un grand inconvénient quand tes chaloupes pêcheuses s'éloignent beaucoup de l'endroit où l'on prépare la morue , non-seulement à cause de l'expédition du travail , mais encore parce qu'il est important que le poisson soit tranché et mis au premier sel aussitôt qu'il sort de la mer. On place le bâtiment dans une anse ou une baie , le plus à l'abri qu'il est possible; on le désarme et on y laisse les vivres, le sel et une partie des ustensiles ; puis on s'occupe à construire l'échafaud et les cabaneaux, et à se pourvoir de chaloupes pour la pêche , d'un lavoir et d'un charnier pour les foies.

Des chaloupes pêcheuses.

Aussitôt que le vaisseau est amarré et désarmé , des charpentiers s'occupent à remonter les chaloupes qu'on a apportées en paquets, à radouber celles qu'on trouve sur le lieu ou qu'on loue. On compte qu'il faut quatre chaloupes pour un navire de 80 tonneaux, et vingt pour un navire de 400 tonneaux : c'est à raison d'une chaloupe pour 20 tonneaux. Elles sont elles-mêmes du port de 4 à 5 ton-

MOR

neaux. On les divise chacune en six places, trois pour les pêcheurs et trois pour mettre le poisson. Aussitôt qu'elles sont à l'eau, on leur met leurs agrès , qui consistent en une voile carrée et une latine, trois avirons, deux lignes -garnies d'un haim pour chaque matelot, et un compas pour que les pécheurs puissent retrouver leur chemin en cas de brume ou de mauvais temps. Enfin, comme les pécheurs ne reviennent à l'échafaud que le soir ou le lendemain, ils prennent un bidon rempli d'eau , ou de bière, ou de cidre, un corbilion rempli de biscuit, et des appâts. Lorsque les pêcheurs sont établis snr le fond où ils doivent pêcher, ils y mouillent un grappin. Cependant le maître de grave envoie des chaloupes pour reconnaître leur position, dans la vue de leur fournir des appâts et des vivres quand ils en ont besoin $ car si la pêche est bonne , ils ne reviennent à terre que le moins possible } et afin de ne pas prendre le change , les canotiers conviennent d'un signal pour se reconnaître.

Uéchafaud, PL 43, 2V°. V, est une espèce de théâtre dont on proportionne la longueur et la largeur à la grandeur du bâtiment qu'on a armé pour faire la pêche. Le bout C doit être assez avant à la mer pour que de mer basse les chaloupes pêcheuses puissent 1 accoster étant chargées de poisson $ l'autre bout doit être à sec lorsque la mer est haute , pour que ceux qui travaillent à la préparation du poisson puissent y passer sans entrer dans l'eun. Les échafauds se construisent avec de jeunes sapins que l'on place très-près les uns des autres, et qu'on enfonce dans le terrain. Les différentes pièces en sont assemblées avec de forts clous, et assez solidement pour que la bâtisse puisse résister à L'impétuosité de la mer. Pour former le plancher de l'échafaud , on lie la tête des pilotis par des lougrines et des traversines; et au lieu de planches, on met ordinairement dessus de jeunes sapins bien droits, ponr qu'ils se touohentsans laisser de vide entre eux. Lorsque l'échafaud est construit , on établit dessus la cabane 2s, F, PL 44> ^°- 772, qui consiste en une espèce de halle } et pour qu'on puisse s'y mettre à couvert des injures de l'air et y travailler la nuit à la lampe, on forme avec des rames vertes un clayonnage, PL 43, iVô. III, et on couvre la cabane avec des herbes sèches , ou des écorces d'arbres, ou avec les voilée du navire. C'est sous cette halle que sont les étaux pour trancher la morne, et l'endroit où l'on met la morue en premier sel. Il y a une es* pèce de grenier , où couchent les décolleurs , habilleurs, saleurs et mousses, en un mot ceux qui travaillent à l'échafaud, et qu'on nomme ckafaudiers.

L'échafaud, PI. 43, N°. V^ est représenté la mer étant haute. Il y a du côté de la mer comme un avant-bec cb, le long duquel les chaloupes pêcheuses peuvent aborder pour décharger leur poisson. C'est sur cet avant-bec qu'on met quelques petites pièces de canon , pour imposer aux pirates et aux partis de sauvages qui seraient tentés de prendre le poisson qu'on a préparé. A certains échafauds, on pousse les morues par-dessous la clôture de la cabane , sous laquelle on laisse un espace vide 5 le garçon de bord b est occupé à ce travail.

Les cabaneaux g, PL 43 j N°. V, sont faits

Page 1