‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 14 sur 292 · AN G · texte numérisé non relu

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de la traînée , on attache une pierre un peu lourde, qn?on lance assez loin pour que la traînée soit bien tendue. H faut faire en sorte que cette ligne soit tendue dans un lieu dégagé de bois et d'herbes. Ces préparatifs se font également le soir, et c'est le lendemain matin qu'on relève la ligne. On peut tendre plusieurs de ces lignes, en ayant soin de cacher les piquets pour éviter les vols, et d'y faire un signal pour retrouver ces piquets.

Pèche avec la ligne à soutenir*— On pèche encore l'anguille avec la ligne à soutenir , dont on amorce l'hameçon avec des vers rouges , dans une eau dormante et profonde.

Pèche avec les jeux. — Pendant la nuit , on la prend aux Jeux (Y. ce mot) avec des vers rouges , et dans le mois de novembre lorsque l'eau est trouble et qu'il ne fait pas froid $ on la pèche* pendant le jour également avec des jeux amorcés de la même manière.

Pèche des anguilles à la nasse» — Cette pèche est celle qui est le plus employée i il est nécessaire que les osiers qui composent la nasse soient bien serrés les uns près des autres 5 car dès que les anguilles peuvent introduire leur queue ou leur tête, elles forcent tellement l'ouverture , qu'elles font plier les osiers , et qu'elles ne manquent pas de s'échapper. 11 faut, pour mieux retenir le poisson, faire un vrai goulet à la nasse, qui a quatre anses | les deux d'en-bas servent à attacher des pierres qui la font coller, et les deux d'en -haut à attacher les cordes qui servent à la relever.

On met pour appât dans les nasses des limaçons, des moules ouvertes, des vers de terre, des grenouilles déchirées, du foie, de la chair de différons animaux , du marc de raisin, des fèves, des haricots, des tourteaux provenant de la fabrication des huiles, le tout renfermé dans des canevas. L'anguille tourne autour de la nasse pour trouver l'appât qui y est suspendu , elle entre dans les goulets et se trouve prise. On tend un grand nombre de nasses dans les herbiers auprès des crones et des sourives. Ces préparatifs se font le soir, et on relève les nasses le lendemain matin , ayant soin de renouveler les appâts.

Quand on a à faire cette pêche dans une rivière peu profonde, on la barre avec des claies, qu'on arrête par le moyen de pieux. On met les claies en triangle, et dans le fond on laisse un espace pour faire couler l'eau de la largeur de l'embouchure de la nasse : cela fuit, on enfonce la nasse dans l'eau, on l'attache à la 1) aie dans l'endroit de l'ouverture, et on fait en sorte que l'eau passe par-dessus.

Le temps le plus favorable pour cette pèche est lorsqu'il fait chaud et que le temps est disposé à l'orage.

Cette pêche est très-destructive , sur-tout quand les anguilles descendent les rivières , soit pour gagner les eaux plus profondes , soit pour retourner à la mer. Peu de grosses anguilles échappent à ces pièges : aussi n'est-il pas permis , pour l'intérêt de la génération future et pour celui des propriétaires des eaux inférieures, de barrer ainsi toute une rit vière. L'ordonnance de 1669 1 tltt XXXI, art. 10, défend d'aller au barandage, c'est-à-dire de pra-

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tiquer aucune sorte de pêche qui consisterait à barrer une rivière pour arrêter le poisson en montant ou en descendant.

Pêche avec de -petits filets. — On prend aussi un grand nombre d'anguilles , soit dans la mer, soit dans les rivières , avec des filets mobiles de différentes espèces, tels que le bout-de-quièvre9 petit filet attaché à deux perches, que le pêcheur tient dans sa main , et qu'il pousse devant lui en marchant dans l'eau et en le relevant de temps en temps ; la trouble et V échiquier ou carrelet. De ces trois sortes de filets la trouble est préférable , et en conséquence plus généralement employée , parce que , sur - tout quand son cadre est en fer , on peut plus facilement l'introduire dans la vase , sous les mottes et les racines des arbres , retraites ordinaires des anguilles pendant le jour.

A la chute des feuilles , l'anguille se relâche, suivant l'expression des pêcheurs , c'est - à - dire qu'elles s'entortillent une trentaine ensemble , forment «une pelote, et dans cet état s'abandonnent au courant de l'eau : c'est alors qu'il est avantageux de tendre des guideaux , qui en reçoivent quelquefois trois ou quatre paquets.

Enfin , on prend des anguilles avec le vervenx , la louve , le quinque-porte et les gors , que l'on tend dans les trous, aux arches des ponts, aux vannes des moulins, et généralement dans toutes Jes eaux profondes.

Pêche des anguilles dans les étangs dont on a retiré Peau. — Jusqu'à présent nous n'avons passé en revue que les moyens employés pour prendre un petit nombre d'anguilles 5 il y en a d'autres qui , dans certaines circonstances, procurent des centaines de milliers de ces poissons. Certains étangs d'eau douce contiennent une si grande quantité d'anguilles, que lorsqu'on en retire l'eau on est obligé de les prendre lentement avec des troubles de ficelle, parce que par leur poids elles casseraient les seines, que l'on emploie ordinairement pour ramasser le poisson qui s'est réuni dans la poêle.

Pêche au moyen de barrages. — Dans les lagunes de Commachio , à peu de distance de Vérone , dont les eaux sont salées, on ; prend quelquefois, au rapport de Spallanzani , plus de 60,000 livres pesant d'anguilles en une seule nuit : c'est vers la fin de l'automne , lorsqu'elles cherchent à retourner à la mer, qu'on en prend en grand nombre. Pour cet effet, on harre toute la largeur du canal qui conduit les eaux à la mer Adriatique avec des roseaux , que l'on plante verticalement dans la vase et très - près les uns des autres , et qu'on appuie par d'autres roseaux placés en travers. On pratique en dedans plusieurs chambres, bâties avec les mêmes matériaux et dont l'entrée s'évase. Les anguilles, poussées par l'instinct qui les rappelle à la mer , enfilent les allées ; entrent dans les chambres, s'y accumulent et s'y entrelacent au point de former souvent une masse plus élevée que l'eau : c'est là qu'on en prend 9 avec des troubles et des paniers , des quantités plus ou moins grandes, selon les années, mais toujours très-considérables.

Dans les lacs et les étangs qui ne peuvent être mis entièrement à sec, sur-tout dans ceux où entrent

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