‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 156 sur 292 · PAG · texte numérisé non relu

PAG

très; le dos rougeàtrej le ventre argenté; le corps quelquefois pourvu de bandes longitudinales jaunes et de deux taches noires de chaque cAté , une audessus et une au-dessous des ouïes. On le trouve dans toutes les mers d'Europe et dans celles d'Amérique : la Méditerranée sur- tout en nourrit de prodigieuses quantités, qui vivent dans la profondeur de ses eaux pendant l'hiver , s'approchent des rivages pendant Pété et remontent même les rivières. Les anciens, qui l'ont connu, rapportent que son entrée dans le Nil est un des signes avant-coureurs de l'inondation de ce fleuve , et qu'en conséquence il avait été divinisé par les Égyptiens. Ce poisson était estimé des Grecs , qui le péchaient ta^jt sur les rivages que dans la haute mer.

Il se nourrit de crustacés , de petits poissons et de coquillages ; il aime sur- tout le frai de la sèche. La chair du pagre est moins délicate pendant la saison où il vit dans les eaux douces que lorsqu'il est pris dans les eaux salées de la mer. Cette différence est attribuée à ce que dans les eaux douces il éprouve plus de difficultés à se procurer l'aliment qui lui convient. En hiver, on pèche le pagre en mer avec des filets qui vont au fond de l'eau ; mais en été , on le prend à la ligne » dans les endroits sablonneux et peu profonds, avec des hameçons amorcés de crustacés, ou avec des filets et ordinairement près du rivage. Les pécheurs de l'île de Sardaijgne prennent des pagres en si grande quantité, qu'ils y sont au nombre des poissons les plus communs. On les mange cuits à l'eau salée, avec une sauce aux câpres , ou une sauce rousse , ou rôtis sur le gril et assaisonnés à l'huile et au vinaigre , ou bien frits et arrosés de jus d'orange épicé. On dit que, frits et ensuite conservés dans du vinaigre fort et épicé, ils fournissent un mets agréable et rafraîchissant en été.

PAGURE , pagurus. Genre de crustacés de la division des pédiocles à longue queue , qui a pour caractère quatre antennes, les intérieures courtes, bifides au sommet ; les extérieures longues et sétacées ; le corps oblong ; la queue molle et non testacée, ayant des crochets à son extrémité ; dix pattes, les deux antérieures munies de pinces.

Les espèces de ce genre, n'a van t pas le test assez dur pour être à l'abri du danger, s'emparent des coquilles univalves qu'elles trouvent vides et qu'elles traînent aveo elles : elles en prennent une plus grande lorsqu'elles veulent changer de peau. Il y en a qui vivent dans des trous ; mais toutes ne sortent de leur domicile qu'une fois par an, et c'est du fond de cette demeure qu'elles saisissent avec leur

f rosse pince les animaux dont elles font leur proie, •a femelle porte ses œufs sous la queue à -peu -près comme les autres crustacés.

Les pagures sont fort communs sur les côtes pendant l'été; ils sont souvent portés par les flots sur la grève , mais ils savent fort bien retourner à la mer. Ils s'enfoncent pendant l'hiver dans les profondeurs de l'Océan.

On mange les pagures ; mais comme ils sont généralement petits et qu'il est difficile de les faire sortir de leur coquille, on ne les recherche pas beaucoup.

Le nombre des espèces paraît considérable ; mais

PAL

elles sont peu connues. On dit qu'il y a une grande espèce dans les iles d'Amérique qui vit habituellement sur terre, et qui ne va à la mer que pour y dé* poser ses œufs et ensuite chercher une nouvelle coquille , avec laquelle elle revient sur les montagnes et dans les bois. Quand on la prend , elle jette un petit cri et tâche de mordre. Les habitans la mangent, et tirent de son corps, par sa décomposition au soleil , une huile jaunâtre qu'on regarde comme un remède souverain contre le rhumatisme. On trouve dans la coquille , d'où on la fait sortir par le moyen du feu , une cuillerée d'eau claire , que l'on regarde aussi comme un bon remède contre les pustules qu'excite sur la peau le lait vénéneux du mancenillier.

Les espèces les plus connues sont :

Le pagure-larron , qu'on trouve dans la mer des Indes;

Le pagure-Bernard-rErmite , V. Bernard •l'Ermite.

Le pagure-Diogène , qui habite les mers d'Asie et d'Afrique $

Le pagure strié, qui aies pinces et Tes pattes striées transversalement, la pince gauche plus grosse que l'autre , à doigts courts , et obtusément dentées en dedans , et qui se trouve dans la Méditerranée;

Le pagine vitté, qui vit dans les mers de l'Amérique)

L>e pagure tubulaire, qui est presque cylindrique, avec des pointes enfoncées dans toutes ses parties. On le trouve dans la Méditerranée , dans des tubes de serpules.

PAlLLOlE. Filet d'usage aux Martigues. C'est une tisse d'entre-maillade dont les fils sont déliés et les mailles assez fines. Y. Tramaux.

PAL. Cest l'un des noms du cagnot bleu ou squale glauque, V. Squale.

PALAMlDIÉRE. Filet assez semblable aux courantilles; mais comme les palamides sont moins grosses que les thons, on fait les mailles, moins grandes.

PALAEMON. Genre de crustacés dont les espèces les plus connues sont la squille et le locuste. V. Chevrettes.

PALANGRE. Terme provençal , qui signifie une corde garnie de lignes ou bresseaux, et à/haims ou muscleaux. Cette façon de pêcher se nomme , dans l'Océan, pêcher aux cordes. V. Corde et Ligne.

PALANGRER. Pêcher avec la corde dite palanere. Y. Ligne.

FALANGHJER. Celui qui pêche avec la corde nommée palangre : on nomme aussi bateau-palan grier celui qui sert à cette pêche. Dans l'Océan , on appelle celui qui fait cette pêche péckeur-cordier. V. Corde et Ligne.

PALE , du latin palus. Petite vanne qui sert à ouvrir et fermer la chaussée d'un moulin ou d'un étang pour le mettre en cours. Quand on veut donner l'eau à la roue d'un moulin , on lève une pale, qui est différente du déversoir d'un moulin.

PALÉE. On nomme ainsi la partie plate de l'aviron ou de la rame qui entre dans l'eau*

PALÉE. Poisson du genre salmone, qui ressemble à la truite ou au saumon. 11 a le même nom-

PAL

bre d'ailerons et de nageoires i elles sont placées de même 5 mais ce poisson ne pèse jamais au delà de 3 livres. 11 est plus plat que le saumon } sa bouche est plus petite. Il ne se nourrit que de vers et d'insectes. On pêche la palée dans les lacs de Neufchâtel et de Brienne.

PALETOT. Casaque sans manches qui sert aux pécheurs de la Manche.

PALICOT DE LA TÊTB-DE-BUCH. C'est un petit parc tournant, que les pécheurs font aux endroits où ils jugent qu'il y a beaucoup de poissons par les traoes qu'ils laissent sur le sable. V. Parc.

PAL1NUAE. Genre de crustacés de la division des pédiocles à longue queue, qui contient plusieurs espèces, dont la langouste est la plus connue. Y. Langouste.

PALIS (HAUTS). Ce sont des filets du même genre que les manets , et qu'on tend sur des piquets. V. la PL 29 , JVo-. /, II, III.

Cette façon de pécher diffère des Ra#oirs(yoy. ce mot) principalement par la nature du filet, et parce qu'on le tend sur des perches plus longues.

Comme on se propose d'y prendre des harengs et des maquereaux daus la saison où ces poissons se

Sortent à la côte , on emploie des filets dont la graneur des mailles soit proportionnée à la grosseur des poissons qu'on veut qui s'y emmaillent. C'est pourquoi ces filets sont les mêmes que ceux qu'on emploie pour prendre les harengs ou les maquereaux en pleine mer, à cela près qu'on les tend sur piquets.

On les nomme, suivant les différentes côtes, mnets, marsaiaues , haranguyères , karangadesf et sur les côtes de Picardie, rets à rabiots, parce que les petits maquereaux ou les sansonnets des côtes de Normandie s'y nomment roblots. Ces différons noms , et plusieurs autres qu'on donne à la même façon de pécher, suivant la langue qui est en usage sur les différentes côtes, désignent les filets tendus sur des perches, et dont les mailles doivent être d'une grandeur proportionnée à la grosseur des poissons qui doivent s'y em mailler. Comme les perches s'élèvent de 8, îoou u pieds au*dessus de la surface du terrain, nous les appellerons hauts palis.

Ces perches sont plantées à a brasses les unes des autres, sur les sables , entre les rochers , etc.) et les files de piquets sont toujours en ligne droite, un bout à terre et l'autre à la mer, pour croiser la marée. Ces* pourquoi on change un peu cette direction, suivant celle que l'eau prend au jusant, afin d'arrêter les poissons de passage lorsqu'ils donnent à la côte.

Chaque pièce de filet a 8 ou 10 brasses de longueur sur 2 ou 3 brasses de chute ; car la hauteur de ces filets varie beaucoup suivant l'intention des pécheurs, A l'égard de la longueur àee tessures, elle est arbitraire.

La fig. fl°. J9 PI. &o, représente de hauts palis : les filets sont tendus en palissades sur de hautes perches ; leurs mailles sont calibrées , en sorte que les harengs et les maquereaux s'y prennent par les ouïes.

Dans lajtijr. N°. II, sont des filets qui restent abattus au pied de leurs piquets jusqu'à ce que le

PAL

jusant commençant à ae hure sentir, on la relève avec des poulies et des manœuvres A B ,xpi*on voit à la tête de tous les piqueta.

On voit, dans \*fig. N°* III, un filet pour pren* dre des poissons nommés mulets : les lettres a bile représentent tendu 5 on le tend actuellement en a.

On ne peut pas régler précisément la grandeur des mailles de ces filets , parce que les pêcheurs sont obligés de les proportionner à la grosseur la plue commune des poissons qu'ils se proposent de prendre. Un filet pour les gros maquereaux ne prendrait point de sansonnets, et réciproquement 5 mais on doit exiger que le pied des filets soit éloigné du sable au moins de 3 pouces. Les pêcheurs, pour ménager leurs filets , devraient même en tenir le bas à un pied au-dessus du terrain \ mais afin d'arrêter des poissons plats, ils sont souvent tentés de les ensabler.

U est permis aux pêcheurs de tendre ces filets pendant les mois d'octobre, novembre et décembre, pour prendre des harengs concurremment avec les pêcheurs-parquiers, attendu que la pêche du hareng est permise clans cette saison. Mais les pêcheurs sont tentés de la continuer dans les mois de janvier, février, mars et avril , à cause de la grande quantité de harengs-gais qui se portent à la côte, et du débit qu'ils ont de leur poisson. Ce sont sur-tout les pêcheurs de Basse-Normandie qui insistent sur la prolongation de cette pêche, parce qu'on prétend qu'ils ne voient ces harengs à leur côte qu'an commencement de janvier. Ce n'est probablement pas dans la vue de prévenir la destruction du hasenc qu'on a défendu d'en faire la pêche après le mois de décembre ; ce n'est pas non plus pour favoriser la multiplication des poissons de toute espèce >, puisqu'on ne prend dans ces filets que des harengs , de petits maquereaux, des merlans, des carangues, et jamais de poissons plats ni de menuise quand le pied du filet ne porte point sur le terrain ; mais on a prétendu que, passé le mois de décembre , le hareng n'était plus de bonne qualité. Il paraît que c'est un prétexte , et que -cette défense a été faite pour favoriser le commerce du hareng salé. Si cela est, on interdit la vente du poisson frais pour favoriser celle d'un poisson salé que nous sommes fréquemment obliges d'acheter de l'étranger. Quoi qu'il en soit, le besoin que les pécheurs -cordiers ont de harengs pour amorcer leurs haims a fait tolérer la pêche du hareng jusqu'au mois de mai, faisant néanmoins défenses aux pécheurs de les vendre aux mareyeurs, et à ceux-ci d'en exposer dans les marchés, four contraindre même les pécheurs de vendre leurs harengs aux cordiers, il leur est ordonné de mutiler les harengs dans les bateaux, en leur coupant la tête et la queue ; c'est ce qui s'appelle tronquer de tête et de queue.

PALLETER UN HA1M. C'est en aplatir l'extrémité en forme de palette, pour l'attacher à la pile. Cela se fait sur un tas ou petite enclume. V.

PALLëTS DB GASCOGNE. Ce sont des filets qu'on tend comme les rets traversans, en les enfouissant dons le sable pour les relever lorsque la mer est haute, en haknt sur les lignes qu'on amarre

PAÏÎ

au haut des perches plantées auprès du filet. Y. Rets traversons.

PALOT ou PALET. C'est une vieille bêche ou un louche t, avec lequel les pécheurs-verrbtiers labourent le fond du sable pour en tirer les vers , des coques ou vanets, des harailles et quelques autres poissons (voy. la PL 17 ). Ce mot signifie aussi des piquets sur lesquels les pécheurs tendent leurs cordes au bord de la mer ? ce qu'ils appellent tendre sur pâlots. V. Ligne,

PALOURDE ou PELOURDE. Coquillage bivalve qu'on pèche sur les côtes des anciennes provinces du Poitou 9 de la Saintonge et du pays d'Aunis : on en mange aussi beaucoup à Marseille et à Toulon. Les deux siphons de l'animai sont susceptibles de s'écarter beaucoup , et de jeter Peau à plus de i5 pieds. Sa coquille est d'un blanc sale tirant sur le jaunâtre, et elle est large d'un pouce et longue d'un pouce et demi. Cette coquille est ordinairement enfoncée dans un' fond vaseux.

PAN. Mesure d'usage en Provence , qui a 9 pouces de longueur ; la brasse a 7 pans et demi. Un filet de huit ourdres au pan. est celui dont huit nœuds font la longueur d'un pan ou de 9 pouces.

PANCHOS. Poisson qui se pêche sur les côtes de Gallice , en Espagne , et qui paraît être une espèce de sardine. 11 a la tête plus aplatie que la sardine , et deux aiguillons près de l'anus.

PANIERS. L'usage des paniers et de tous instrumens de bois est prohibé par les ordonnances de i32Ô, i388, i4o2j i5i5et i55o9 citées par Saint- Ton , p. 224 , et auxquelles se réfère l'ordonnance de 1669, tit. XXXI 9 art. 10, à moins que l'ouverture ne permette à un homme d'y mettre tous ses doigts. (Saint-Yon , p. 225.)

PANIERS DE BONDE. C'est ce que les meuniers mettent à leur vanne de décharge lorsqu'ils la lèvent pour laisser écouler l'eau qui pourrait endommager les chaussées; c'est un vrai guideau d'osier (P/. 27, N°. V,fig. 5.) Il n'y a pas de goulet ; mais le poisson n'en sort point , à cause de la vitesse du courant.

On tend aussi dans les courans d'eaux rapides des nasses qu'en Auvergne on appelle cannisses , qu'on tient longues, pour que le poisson n'en sorte pas , et dont l'embouchure est évasée , pour qu'elle embrasse une plus grande portion de courant d'eau ; quelquefois on y ajoute des ailes de clayonnage , PI. 37 , iV°. II, et on en fait des gords. V. Nasses. On emploie aussi des paniers pour la pêche à la mer. Y., pour les réglemens sur l'emploi de ces paniers , l'article Pêche maritime, § 3.

PANTANNE. Sorte de parc ou d'enceinte de filet qu'on établit dans l'étang de Leucate , près de Narbonne.

PANTENO. C'est une espèce de verveux qu'on met tout -à- fait à l'extrémité des bourdigues pour retenir les anguilles. V. Bourdigues.

PANTOUFLIER, squalus-teburo. (Lin.) Poisson du genre des squales , qu'on appelle demoiselle dans la Guiane française ; qui habite les rivages de la Guiane ot ceux du Brésil , et qu'on a rencontré auprès des côtes de la Méditerranée. Ce poisson ressemble beaucoup par sa forme et tes habitudes

PAR

au Marteau (voy. ce mot);, mais il parvient rarement à plus de 3 pieds de Longueur, et sa chair est de meilleure qualité.

PAON DE MER. On a donné ce nom à plusieurs poissons : à un Spare, perça sexatilis (Lin.); à un Labre, labrus-pavo ; à un Coryphène et à un Chétodon. V. ces mots.

PAPILLON. On donne ce nom, dans quelques endroits, à la raie bouclée, jet dans d'autres à la blennie-gunelle, V. Raie etBlennie.

PAQUER LES MORUES. C'est les arranger dans des tonnes ou barils avec du sel. Y. Morue.

PAQUJSR LES HARENGS. C'est également les arranger le plus pressés possible dans des barils après les avoir salés. Y. hareng.

PAQUERESSE. Ouvrière qui paque ou arrange les harengs dans des barils.

PARADIERE. Comme il n'y a point de flux et de reflux sensible et réglé dans la Méditerranée , on ne peut y faire usage des parcs qu'on construit suc les côtes de l'Océan \ mais les pêcheurs ont eu l'industrie d'en établir en pleine eau , qu'ils nomment paradière ou aiguillière. Y. Parc.

PARAGE. Se dit d'une étendue de mer ordinairement peu éloignée des côtes. On dit : Dans ce parafe le mouillage est bon ou mauvais,

PARAM1TTE. Les Génois appellent ainsi ce que les Provençaux nomment palangre.

PARANCHUSO. Les Napolitains nomment ainsi une pèche semblable à la Bellée. Y. ce mot*

PARC. Ce mot , que l'on dit provenir du saxon pearroc ou flamand peark, clôture , signifie une étendue de terrain entourée de murs, ou de palis, ou de fossés , pour la conservation des bois, pour le plaisir de la chasse ou pour la commodité de la promenade. Il se dit aussi d'une enceinte close où l'on conserve des animaux.

PARCS POUR LA PÊCHE. Ce sont des pêcheries qu'on établit au bord de la mer, en formant des enceintes au moyen desquelles on retient le poisson qui, après s'être porté à la côte, veut retourner à la mer.

Yoici la description de ces pêcheries , telle qu'on la trouve dans le Traité des Pêches de Duhamel :

Pour se former une idée générale des parcs, il faut se représenter une grande enceinte , dans, laquelle le poisson entre à la marée montante , et où celui qui n'a point suivi le premier flot de la marée baissante reste enfermé et en la possession du pécheur. Il se rencontre assez souvent au bord delà mer, sur-tout entre les rochers et derrière les bancs, des endroits où la marée monte dans les grandes vives eaux , et dans lesquels il reste de mer basse des mares ou des réservoirs d'eau , où les pêcheurs vont prendre, avec des trubles et d'autres petits filets, les poissons qui y sont restés. Ce sont là des parcs naturels, qui ont probablement fait naître 1 idée d'en construire d'artificiels : les uns avec des pierres, et auxquels on donne volontiers le nom à? écluses ; d'autres avec des palis ou pieux joint ifs , ainsi qu'avec des clavpnnages , et qu'on appelle assez souvent bouchots. Enfin , on fait aussi ces enceintes avec des filets» et alors on les nomme comrtmnénient courtines , tournées , etc. Il y a de ces parcs qui res-

PAR

tent ouverts du côté de la terre > et d'autres- sont fermés de toutes parts, à l'exception d'une entrée assez étroite': nous nommerons les premiers parcs ouverts , ; et les autres parcs fermés.

Parmi les uns et les autres , il y en a qui ne s'élèvent au-dessus du terrain que de 2 'ou 3 pieds, ou même moins : on les nomme bas parcs, et on appelle hauts parcs ceux dont l'enceinte s'élève de 5, io, 12 ou 18 pieds au-dessus du terrain. La plupart des hauts parcs sont formés avec des filets * tantôt semblables par leurs mailles, ou aux seines } ou aux manets, etc., tantôt disposés comme les folles ou autrement , enfin avec des tramaux. Souvent on a l'attention d'établir les parcs sur une plage j qui , ayant une pente* vers la mer , assèche à la mer basse ; mais il y en a aussi où il reste de l'eau à la basse mer, et en, ce cas les pécheurs se mettent à l'eau pour prendre le' poisson avec de petits filets. Us ne regardent pas cela comme un inconvénient, puisque quelques-uns font à dessein des fosses dans leurs parcs pour que le poisson s'y rassemble. Nous n'estimerions point que cette industrie fût une mauvaise pratique , si la fosse était assez profonde pour qu'il y restât de l'eau d'une marée à l'autre, en sorte que le frai et la menuise y pussent vivre; car, à la marée suivante, cette menuise pourrait retourner dans la grande eau , ou au moins elle serait rafraîchie par de l'eau nouvelle ; mais ordinairement les mares se dessèchent et la menuise y périt ainsi que le frai 5 souvent même les pécheurs ont l'indiscrétion de prendre cette menuise pour la vendre aux pêcheurscordiers, ou pour en nourrir des cochons, ou pour en fumeries terres.

Page 1