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devient très - dur et indigeste. Les pauvres gens viennent , dans Ja saison , foire cette pêche et en font une partie de leur nourriture.
Pêche des anguilles 4 pied sur les. vases*
Dans le Morbihan , près de Vannes , et sur plusieurs autres côtes vaseuses , les pêcheurs vont de basse mer , étant presque nus, avec un bâton à la main ; ils parcourent les vases , et ayant aperçu des trous qui sont évasés comme de petits entonnoirs, ce qui indique que les anguilles se sont enfoncées dans la vase en ces endroits , ils émeuvent le fond ar l'ébranlement de leur corps; ce qui fait sortir es anguilles. Ils les assomment avec leur bâton, ou ils les retirent à la main , les étourdissent , et même les tuent en les frappant sur leur bâton. Celte pêche ne laisse pas d'être avantageuse quand on la fait sur des vases fort étendues. Elle est représentée PL 18, N°. V.
Pêche des poissons plats, des congres, des anguilles à pied sur des vases et avec le harpon.
Des pêcheurs s'arment d'une fouane qui a 3 , 5 ou 6 branches, emmanchées au bout d'une perche longue de 5 à 6 pieds; et pour se soutenir sur les vases, ils ajustent sous chacun de leurs pieds un chanteau de fond d'une barrique, comme on le voit PL 18, N°. VI. Lorsque la marée est en .partie retirée, ils vont le long du rivage, et lancent de temps en temps au hasard leur fouane, qui ramène les poissons qu'ils ont piqués. Ce sont ordinairement des poissons plats, des congres ou des anguilles.
La fouane de la baie de Saint-Cado, amirauté de Vannes j est un trident ; elle sert à. prendre des poissons plats et des ronds.
Dans le Morbihan , les fouanes pour les anguilles ont 6 ou 7 branches longues de i5 à 16 pouces, qui se réunissent à une douille qui reçoit un* hampe de 10 à 12 pieds de long.
A Naroonne , on se sert d'une épée pour faire la pêche des anguilles et autres poissons qui s'envasent. Cette pêche , qui se fait dans la belle saison , est assez usitée le long des étangs salés , à un pied et demi d'eau tout au plus ; on pique aux endroits ou l'on voit remuer dans la vase»
Pêche sur les vases, à pied, d la fouane et quoi feux.
La pêche à la fouane , fouine , fougue , ou salins, se fait aussi de basse mer et à pied, durant les nuits obscures , avec le feu . Les pécheurs se transportent auprès des roches, dans des écluses, et aux endroits où il reste un peu d'eau de basse mer , tenant de la main gauche un flambeau de paille ou de quelque bois sec ; et quand ils aperçoivent un poisson , ils le dardent fort adroitement avec une fouane qui n'a quelquefois que deux dents. On pratique cette pêche en plusieurs endroits, et particulièrement sur les vases* dans l'amirauté de la Rochelle.
Les Languedociens, PL 18, N°. VU, poursuivent quelquefois à la course les poissons qu'ils aper- Î'oivent, et ils ont l'adresse de les. percer avec une buanè qu'ils tiennent à la xnalu , et qu'ils nom.ment meurtrier» ou Jfchoire ; car les pêches dont
nous parlons sont nommées fichures sur plusieurs de nos côtes de la Méditerranée.
Dans la belle saispn , la pèche de la fichure est assez usitée à Nar bonne le long des étangs salés. Les vieillards et les. jeunes gens portent à la main un petit fichoir à trois dents , lorsqu'ils se promènent au bord de ces étangs , et ils le dardent avec force contre tous les poissons qu'ils aperçoivent.
A Saint-Tropez, la pêche qu'ils nomment fasquier se fait au feu et avec un trident. Ils prennent des langoustes, des muges, des dorades et d'autres poissons quelquefois très-gros.
aeticle a. — Des pêches qui se font en bateaux , avec râteaux, digons etfouanes, pour prendre des coquillages et des poissons dans le sable ou dans la vase*
Les pêches dont nous avons parlé dans l'article précédent se font à pied , celles que nous allons exposer exigent l'emploi d'un bateau. A cela près , la plupart de ces pêches ont beaucoup de rapport entre elles.
Pêche' des coquillages dans un petit bateau, avec
râteau.
Les pêcheurs de l'embouchure de la Somme se mettent au nombre de quatre ou cinq dans un petit bateau qu'ils nomment gobelette, et se portent à quelque endroit où ils savent qu'il y a un banc de coquillages , de moules par exemple ; et , avec des râteaux semblables à ceux des jardiniers , qui ont de longues dents de fer avec des manches menus et de 3 à 4 brasses de longueur, ils ajustent à la tête un sac de filet, dans lequel s'amassent les coquillages à mesure que les dents des râteaux les détachent: ainsi c'est une espèce de drague. On la voit PL 18, N°, FUI.
On pratique cette pèche en plusieurs endroits,
Î particulièrement à Isigny, le long de la côte , où 'on en fait usage pour draguer des huîtres.
Les pêcheurs des environs de Grand-Camp pèchent aussi des coquillages et des moules en bateau avec des râteaux.
Pêche des huîtres au râteau f sans sac.
Deux hommes. se mettent dans une petite chaloupe , avec chacun un râteau dont la tête a environ 2 pieds et demi de longueur ; elle est garnie de î a dents de fer, longues de o à io pouces. Ces dents sont larges, émoussées par le bout, et fort crochues ; à cause de leur largeur , elles sont assez près à près pour retenir les huîtres. De plus, il y a sur la tète du râteau, le long du manche, une petite planche large de 4 pouces , pour retenir les huîtres quand le pécneur redresse le râteau. La forme des dents et cette planche tiennent lieu du sac du filet. Le manche est une perche menue et pliante, longue de 18 à>ao pieds $ elle est souvent faite de deux morceaux ; mais il faut qu'elle plie , pour que les dents du râteau raclent mieux le fond, comme on le voit PI. i o, N°. I. y'
Pèche avec un petit bateau sur les vases.
Dans le Morbihan, les pêcheurs vont de basse mer sur les vases avec de p«tita bateaux qu'ils nom-
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ment tignoUes, qui sont figurés comme une navette, mais dont une extrémité se termine carrément. Ils sont formés de trois planchés et si légers , qu'un seul homme les porte aisément sur son dos. Deux hommes dans une tignolle (et c'est tout ce qu'elle
Eeut contenir) lancent dans la vase leurs fouanes au asard; les branches qui la terminent sont au nombre de six ou sept, et ont i3 à 14 pouces de longueur 5 elles partent toutes d'une même douille de fer, qui reçoit un manche de 10 à 12 pieds de longueur, et elles s'écartent les unes des autres vers leurs extrémités. Quand le flot se fait sentir, les pécheurs cessent leur métier. On pratique cette pèche principalement depuis le mois de décembre jusqu'à la fin de février. V . la PI. 1 9, N°. II.
article 3. — Des pêches avec la fouane, en pleine
eau*
Par le moyen des poches dont nous avons parlé, on ne prend que les poissons qui se retirent dans le sable ou dans la vase. Voici comment on prend ceux qui nagent en pleine eau.
Pêche des poissons et autres, à la fouane et avec
bateau-
Les pécheurs se servent de fouanes en râteau , c'est-à-dire que les dents sont rangées sur une tête de bois, comme les dents d'un râteau : mais ces dents, au nombre de 8 ou 10, au lieu d'avoir une direction perpendiculaire à celle du manche, sont dans une situation qui lui est parallèle ) elles sont terminées comme un fer de lance. On se sert de cette fouane dans les rivières ainsi qu'au bord de la mer, et la façon de s'en servir est d'enfoncer les dents dans le fond , soit sable , soit vase. Comme la rangée des dents a une étendue assez considérable , elles peuvent d'autant mieux attraper les poissons. Quelques-uns trouvent plus commode de se servir de fouane dont les broches sont attachées autour d'une douille. (V. la PI. 10, N°. III.) On prend avec cette fouane des anguilles , des congres , des flets et autres poissons plats.
On pratique cette façon de pêcher dans l'amirauté d'Àbbeville. On s'en sert aussi, tant à pied qu'en bateau , à Isigny, et dons les Vays.
Pêche avec le trident, la fourche, etc.
A Agde , deux hommes se mettent dans un petit bateau qu'ils nomment bette, avec un trident et une torche allumée ; car cette pêche ne se fait que la nuit. Un des hommes vogue y l'autre tient le trident, avec lequel il perce les poissons qu'il aperçoit à sa portée. Cette pêche se pratique au bord de la mer, dans les étangs et dans les rivières.
Pêche au Jeu et à la fouane.
Les pêcheurs de Vannes ne font la petite pêche daa orphis ou anguillettes que pour avoir de quoi amorcer les haims , quand ils se proposent de pêcher de» tires ou postaux et des congres. Au reste, la pêche des orphis dure tant que ce poisson , qui va par bandes , donne à la côte : c'est ordinairement depuis le mois de mars jusqu'à celui de juin.
Quatre pécheurs se mettent la nuit dans ua petit
pic
bateau; l'un d'eux, qui est pfattiè à Pavatat , tietit un brandon de paille allumé, qui, par son éclat, attire les orphis. Les trois autres pêcheurs ont des fouanes en forme de râteau, qui ont au moins vingt dents barbelées , longues de 6 pouces, et fort près les unes dés autres, la tête du râteau n'ayant que i3ràNi4 pouces de longueur. Au milieu* est une douille de fer, qui reçoit un manche long de 10» à ia pieds. Quand les pécheurs voient les orphie £u anguilles attroupée», ils lancent leurs fouanes y et en.prennent souvent plusieurs d'un seul coup» Cette pèche est représentée PL 19, N°. IV* . Comme le bateau dérive lestement , la manoeuvre n'effarouche point les orphis. Lorsqu'il ne &it point de vent, et que les nuits sont fort obscures,! on en prend quelquefois 1000, 1,200, i,5oo dans une nuit.
On fait la même pêche en plusieurs endroits, particulièrement à Belle-Isle. Assez souvent ils allument deux torches , et les poissons se portent du coté où est la lumière. C'est aussi de ce coté-là qu'on lance les fouanes, et on en prend quelquefois jusqu'à 10 d'un seul coup.
Pêche des orpkis au pharffloh. '
Cette pèche se pratique dans le Poitou* Cin<| hommes et un mousse se mettent dans une chaloupe ; un de l'équipage est chargé d'entretenir le pharillon ou petit, phare qui est placé à Pavant. C'est une espèce de réchaud , qui a un manche de fer d'un pied de long , terminé par une douille , dans laquelle entre un manche de 4 pieds de longueur. On lait le feu avec des éclats de douves de vieux barils qui ont servi à contenir du brai ou du goudron.
Deux hommes nagent mollement, et trois lancent leurs fouanes dans les lits ou bouillons d'orphis que la clarté du pharillon attire près delà surface de l'eau; et ces poissons s'attroupent quelque* fois en si grande quantité , qu'on en prend des 5 et 6 d'un' seul coup. Comme le bateau avance lentement, les poissons ne sont pas effarouchés , même par le lancement des fouanes. Lorsque le temps est calme et que les nuits sont fort obscures, on en a quelquefois pris aussi , par cette autre manière de pécher, ia à 1,500 dans une nuit. Cette pêche est représentée PL 19, N\ V.
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Pêche à la fourche y en bateau et au feu.
A Toulon, les pêcheurs à la fourche ont de petits bateaux de 19 pieds de longueur sur 5 et demi de largeur, dans lesquels se mettent deux hommes. Ils pèchent à la fbuane ou £choire pendant toute l'année , à la lumière , et prennent des loubines , des mulets ou mujaux, des congres, des dorades, etc.
Pêche dite phastier ou fasquier.
Quand les bourdigues sont rompues, on fait une pêche plus amusante qu'utile, avec les petite bateaux qu'on appelle bettes marines? on les1 arme de deux ou quatre ramea sans gouvernail \ on élève à la poupe un morceau de bois arrondi , d'environ, 4 poucas de diamètre et haut de 4 pieds. Au haut.de ce morceau de bois, on établit une grille de fer r ou
une espèce de réchaud assez creux pour contenir les morceaux de pin gras qu'on doit y brûler.
Aussitôt qu'U fait irait, on sort pour faire cette pêahe; on allume le petit phare , qu'on nomme phas* tter. On a quelquefois le plaisir de se faire suivre par des troupe* de poissons qui «ont attirés par la lumière. Le pêcheur, armé d'un harpon à plusieurs branches, et qui est emmanché au bout d*une perche légère de 8 pieds de long, se place à la poupe sous le phastier, tandis que les rameurs le promènent dans les canaux des étangs de Berre et de Caronte j et en jetant les harpons au milieu 4e tous ces poissons, on en prend presque toujours plusieurs àla-fpis. On ne prend guère à cette pèche que des aiguilles 5 mais quand ce poisson de passage» faune abondamment * un seul homjne en prend quelquefois plusieurs quintaux. Cejte p$che ne dure guère que quinze jours., les aiguilles «assaut ailleitfs. Ce spnt ordinairement les bourgeois qui s>x/srceût 4 cette pêche j mais U se rassemble quelquefois plu* de quarante bettesy qui} ayant chacune leur feu , forment un specUtcJe. assez agréable i qui attire la curiosité des étrangers. On allume dans le phastier des éclats de coeur de pin gras ou très-résineux? •' ; Comme ceux qui font eerte pêche à Antibes, se rendent à voile sur le lieu de la pèche, i\e amènent leur mât, et le couchent vers l'avan.t sur un chaude-, lier. Les pêcheurs d'Antibes prennent quelquefois avec la fouane d'assez gros poissons , qu'ils auraient peine à tirer à bord : en ce cas, ils s'aident du £rap- " pin y, PL 17,2V*. IV. *
11 faut toujours attacher au milieu de la hampe de la fouane une ligne de plusieurs brassesdé Iongueur, pour pouvoir k rattraper si elle échappait au pêcheur, ou s'il la lançait sur un gros poisson qu'il ne pourrait retenir.
On fait cette même pêche à Saint-Tropez 5 on commence à pêcher le soir avant là nuit, et se portant auprès des roches, on y harponne des crabes et des homards $ ensuite, quand la nuit est venue, on allume le phastier, etonprend desdorades, desloups, des muges , des soleè , des rhombeé ou turbots, des anguilles, des maurénnes, des langoustes, desombtines | sorte de truite , etc. Le matin , à l'aube du jeur, on recommence à harponner des crustacés , comme le soir.
Tâche dite enceca en Catalogne.
Cette pêche se fait de jour ou au feu , avec le harpon ou la fichure , qu'on nomme kitora, On allume à la poupe un féu de bois de pin 5 on va , comme pour le phastier, à la rame terre à terre , et deux hommes ont à la main une fitora, avee laquelle ils percent les poissons qu'ils peuvent atteindre. Quand ils sont gros, ieé pêcheurs s'aident d'un grappin ou croc pour les tirer à bord ; quelquefois ils emploient un laça.
Les nègres de la Côte-d'Or attiraient du feu dans, leur canot , qui , étant percé die trois ou qûatvétrous sur les eètés , donne passage à la lumière, quiattjtfe le poisson, que les pêcheurs dardent avec on trident à long woncbet
Péché à la foscina oit fuscuia. '
A Ragusa, on ùdi la pécha avee un trident nonmé
fbseiuu <m/uscina , qui a une longue munpe bu rataehe ; elle se fait lé jour et la nuit* il y 'a des pêoheuré ai habiles, que, lorsqu'ils aperçoivent un poisson, ils ne manquent pas: de l'attraper avec la fascina. Quand on pèche ainsi pendant la «bit , on allume à Ui poupe un morceau de sapin. Elle est représentée PÏ. i a, AT*. FL
Pêche à-peu-près semblable f que < les Espagnols
nomment fit or a. '
Le trident est nommé en espagnotyfto/'û; il a ordinairement einq pointes. A Alicante, où cette pèche se fait par un seul homme dans un petit bateau, le manche dô l'instrument a 4 brasses de longueur; Chaque pointe est terminée comme le 1er d'une flèche. Lé rjêchteur est sur la protre du bateau ; il jette uit peu d'huile sur là surfacede la mer, ce qui lui fak mieux apercevoir les poissons qui sont au fend , et qu*il dajrde avec sa fitora; Cette pêche commence en mars- et finit en niai. Le moment le plus favorable est le matin, par un temps' calme. On la fait rarement de nuit à la lumière.
Pêche, de V Amérique septentrionale , qu'on nomme pêche A la rissole ouïwk feu. >
Elle ne diffère de celles que nous venons de décrire qu'en ce que celui qui doit harponner, tient (Tune main un bâton , au bout duquel il y a un pa- • quet d'écorce de bouleau, qui, étant allumé , fait
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et glissant cfessûs, fr tombe dans-la barque*. Ceci est tfaté de V histoire générale des voyages, «i~4°, f. VI, p* sai.
Pêche des Indiens au feu.
, On lit également dans \xBi$toire général* des voyages ^uey quand les Indien* pèchent au feu, ils ont dans un canot des tisons ardens , qui éclairent la surface dcHeau. Les- poissons , attirés par cette lumière , s'approchent du bateati du côte où elle paraît $ et les pécheurs , étant à l'eau, nagent de Vautre côté, à l'ombre du bateau j ce qui leur donne beaucoup de facilité pour darder les poissons $ mais il s'en rencontre de fort gros, qui attaquent eux-mêmes les pécheurs et quelquefois les dévorent.
Pêche de nuit qu on pratique sur la côte du Sénégal*
Le même ouvrage porte , tome II , page 1 79 , que
sur les côtes voisines du Sénégal il y a des pécheurs , qui, durant les nuits obscures, tiennent d'une' main une longue pièce de bois très-combustible , qui les éclaire , et de l'autre un dard. , dont ils ne manquent guère les poissons qui s'approchent de la lumière. Lorsqu'ils en prennent de fort gros , ils 'les attachent à l'arrière du canot avec une ligne, et ils les remorquent à terre.
Pêche au harpon, dite, foscina.
Sur ta côte de l'État ecclésiastique , on pèche de
au moins autant de lumière que les flambeaux de jour, et pIusrsoiivent à la lumière, avec un harpon
poing dont on fait usage en France. L'autre pécheur conduit le canot.
Pêche de là Guadeloupe au feu et 4 la fouine.
On assure que les pêcheurs de .cette lie prennent ainsi les poussons nommas perroquets 9 les uns'verts, les autres jaunes , des vieilles , des crabes et de gros homards. ...
JDfe la pêche au -miroir.
Comme c'est la lumière qui détermine les poissons à s'approcher du miroir dont nous allons perler , il ne sera pas hors de propos d'en dire ici quel* que chose. Dans les nuits calmes et. obscures , on prend un morceau de bois taillé en bateau \ on en garnit le dessous avec de petits morceaux de glace semblables -à ceux qu'on emploie pour amuser les alouettes. Les sèches, apercevant la lumière de la lune réfléchie par ces glaces, s'approchent,. et on les saisit ordinairement. avec une truble, que les Provençaux nomment salabre.
Pêche chinoise, qui approche de la précédente.
Lee Chinois Ont île longs bateaux, auxquels ils at-
tachent des deux côtés une planche' large de 2 pieds , qui sJéjend'dei l'avant à l'arrière. Cette planche est
cauvflrée d'un vernis fort blanc et fort luisant; un detf jcôtas est de niveau avec le bprd dû bateau ^l'autre «'incline en pente douce jusqu'à 1* surface de Veau. Pendant la nuit, la lumière dsfHa lune étant réfléchie par .cette -surface, blanche, Je poisson qui s'ébat sur l'éâu'prènd probablement la couleur de 1s planche pour Peau même ; il saute sur cette planche,
en forme de trident, ay PL 1 9, JV°. VI, qu'on nomme •foscina. On l'attache au bout d'une corde qui est fort longue ; on le* darde , tenant le manche à la main ; .mais quand les poissons sont gros , les pécheurs détachent le harpon du manche , et s'en vont avec lqi ^mais il n'est pas perdu; on le retrouve, ainsi qùè le poisson , au moyen de la ligne qui y est attachée. On fait cette pêche l'été, autour des roches.
auticxë 4* — Dés péchés qui se font au harpon . volant ou qu'on jette au poisson.
Dansles pêches à la fouane, on n'abandonnepresque jamais la hampe pu la perche quisert de manche à cet instrument. On plonge le fouane sur le poisson ; et en la retirant par le manche qu'on n'abandonne point, on retire avec elle le poisson quia été piqué. Pour les
f>êches dont nous. attons parler, et qu'on peut appeer le harponnage, on lance le harpon, on l'abandonne entièrement , et l'on né retient qu'une ligne, dont un bout est amarré au manche ou au fer du harpon.
• Pêche du marsouin avec le harpon.
Ainsi, on se sert pour la pêche des gros poissons, et particulièrement des marsouins, de liarpons dont le fer, qui se; dégage du roaadiey est retenu par une ligne que l'on file à mesure que le poisson piqué s'agite et s'éloigne.
Le harpon é, PL ro, ivX VII, a'î pieds dé long, y compris la pointe , la verge* et la âouitte , dans laquelle* entré là pioche qui forme le màhcbe , et c-ui a 5 ou 6 {necTs deTongueur; Le té téBeltë harpon a là forme d*inn fer dé lance , 6u d'un demi-fer de Unte, et est épaisse de 4 * 5 lignes à son • échan-
PÊC
entre. Il n'est pttinécémire quête Iharpcm soit biénj affilé^. parc* qu'on ne s'ejuser* guar»qtre •quand lé marsouin ettpiàs du bond dada &*toùpe,iet il entre! 4,Vvt«4t dIii» fatileanfl&ty^e'k peam ,-Ja graisse et la chair du marsouin sont jmsqujéausflà tezi&ro^tt'à Jabaleufe* . « • :•'-:.!; . .. ■ /. v»î '
. taifu>itspn>ieninMte le»ha rsônjj dqnble manche reste au pécheur? au plus «sauvent AmqbaÀi Af nier ç mais il y a 4 la verge ou tige du harpon une ligne ]
Îjue le pêcheur nie jusqu'à ce îjue le poisson soit affaibli. On Toit ce tarpon èur son manche en 2? et en ^ P/, jo, #9. ^ij. ^^rpcMiSr qui servent à la pêche Au.'maygflijin , ^^.seanWaWes au*4ar& dont on fait usage pour la pèche de la baleine ; ils soati,qeule/meftfc beaucoup pfau :petiiB/,:mais -on. le* lance de même* . •, " • .i a r :
Il faut que les lignes de tous les harpons soient faites de. bon chanvre , bieft 'travaillées , et jfett ior- ■es,' pour quelles soient 'fôrtes-et songes. ' ', ." - Le harpon E, qui e^d'aiW construction' fort 4.MU eé«ieiis69a ârpiedflfde longueur, yconrfrfs la p'oihteV la verge et Jâ douille . daiwr laquelle * VrifcrancHe t|he perche de & à 6 preërde:lohguéVrr>k forme oVttj. tète es* une espèce de couteau ldn g1 d'environ 8 ponces , et large à-peu-près d'un police \àt demi; elle se termine -ein pointera son extrémité ? et est épafsse ^ar bdotf. Gette lame est percée, au milieu de sa ldn-j goeur, d'un trou ; etl'éktréinké dêia tige,'c[ui a!48 à 2:4 ponces de longueur , se termine pftrtm ceiPou* entre tin clou rivé, qui traverse cet œil, ainsi qnè le trou delà lame; ce qtd permet à la lame un- m ouveméntde Charnière. ■
• Pour se servir de ce harpon , on arrête à la tige le fcas de la lame par un anneau détorde, qui glisse le long de la lame lorsque le pêcheirr a lancé Je harpon- dans le corps du poisson; car la résistance dés chairs est' suffisante potir'pousser Vers le bas de la tige cet anneau dé cordé: alors Pelïbrt que" fait le poisson pour se dégager'; staefçant sur respèce de charnière , la lanitè tourne sur le clou,1 et au lieu d'être placée, comme on lé voit en .F/elle forme relativement à latîge comme un T, ainsi qu'on le Toit en G. Daris cette position , lé frarpBh forme dans les chairs du poisson "une espèce4 dé grappin, dont le poisson ne peut se dégager. Àli bas de la tige est-nue douille qui reçoit un manche '9 ïequèF'-h'y est poijit arrêté $ maîé il y a thie Kgrre , dpnt un bout est aniarré
PÊC
parce quia leaKpcttde lumières te plomb t»prouteni unie réf motion >en passant «Ptjn miKeu dans un autre, et k quantité dis ces deM réfractions' n'eèt pasaisée àdétemitter»
liés Chinois prennent le poisson avec des flèches qui tienne* t>àf i'ârc au moyen *df un fit, autant pour autyêcfcer qu'elles ne soient perdait* y <Jue pour attirer ià «qx le poissoii qui en est ^erfcé. - '■» AirteTsm*Mpborte,dans \*f$isMre nuturèttk £*/*-. fonda r quetQswoenlaâdais se servent, pour la pèche, ie flèche» et dé dards dù'âs arment Je fer quand- ilsj «en ' ont ; attf démut de métal % ils7 se servent'de cailloux -appormis, d'os, de dents dVpoi*sôn , jeté. y '-qu'Ile attachent à l'extraite' 'de lai flèche àv*e ides 'lanières de cuir ou des barbes de baleines.
An-iiçju&S • m* Fécke qu'on fait aveedes oi9ùàux\
Il y a beaucoup d'oiseau? qui font la chasse aux
(ipissons. Les. uns ; , m,unis de grapaps jambes, de ongs Cous et de grands becs, • Font; Jeu^s pèches ou bord r
rVjLtesse qù^ils 'p^rvië'niiénî;] à les prendre à la (p,agej mais cojTune tous ces animaux ne pèchent que pour leur propre cbmjtfe,vnpus p^ devons point en parler j il convient de tp'6às borner à ceux .qui pèchent poux leurs maîtres. ' '
Pêche avec U. cormoran. > . f
• Quand le cormoran est dressé, on s'en sert pour la pêche, et "Voici comme on \\ vu pratîtiuër sur le canal dé Fontainebleau avec des oiseaux de* cette ès-
Sèc&é On leur serrait le bas du, cou avec une espèce e jarretière, pour les empêcher' d'avaler entièrement le poisson ; ensuite on les laissait aller à Peau, où ils chassaient le pdissony nageârft avec vitesse1 et plongeant jusqu'au fond.* Ils avalaient tout le poisson qu'ils prenaient y mais à cause de la "jarretière .qu'on leur avait mise, ils ne pouvaient pas le digérer; ils en emplissaient seulement leur œsophage,
avtantjqa>ii est nécessaire) pour retrouver le poisson quasi il *st affaibli parle aangqti'il à perdu'.
PécAt{ à fa jlàcfy.ep avec le fusil* ' . .»
■Il est dit dans V&fctàifiè générale âés voyages, iu-4° , tome 7/, page 455 J quelles Maures du Gap- Blanc prennent des poissons avec des flèches, commue nousen tv'1-' ~ ", — r-?- * : %* v yr *•* *» ' * ' chasseurs
sonar feav
sahle. Ils en mettaient à part quelques-uns pour eux , et voici comme ils s^y prenaient pour donner le reste aux cormoran», après leur avoi* ôfcé la jarretière q»rl les empêchait d'avaler entièrement le poisson. \ Ayant une baguette à la main, ils les obligeaient dé1 se ranger sur une ligne; puis ils leur jetaient un poisson , quçre cormoran saisissait en l'air, comme un chien saisit un morceau de pain-. SHls le prenaient par la queue on par le milieu du corps, ifs avaient l'adresse de lé* jeter en l'air, et dé le retenir par latête pour l'avaler. Si un cormoran voulait s'avancer pour prendre' le poisson; à la ma^n , on lui donnait un coup de baguette; car si cet oisetfu ttès-vorace , en voulant prendre le poisson, avait saisi le doigt,
il t'aurait beaucoup endommagé. V, Cormoran.
Pfchedrjxu^fés semùlàJ&rquisefaitiLia Chine*
uOn. dît, dans V Histoire générale des voyages, ih^if\xtbiHe'V%> page 260 , que les Hollandais avaient
eûf Je spectacle d une pêche singulière, qui, se fait avec un orseau nommé lôàwa, un peu moins gros
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qu'une oie, et peu .différent dû corbeau pi a le cou long9 le bec approchant de celui de l'aigle*- Cette description diffère p£u de celle du, cormoran. •
Les Chinois se mettent dans un petit bateau de cannes de bambou, et placent l'oiseau sur le bord.1 Quand il aperçoit un poisson, il s'élance desafcis^ le poursuit à la nage, mime sous Peau 5 il rapporte sa proie au bateau, et là cède aux pécheur*, qui lui font recommencer, la. même chasse ; mais, pour empêcher qu'il n'avale ^a proie,, ils lui. passent le cou dans un anneau de fer, tes maîtres sont quelquefois obliges d'aller au secours/ de l'oiseau quand.il* pris un poisson trop gros, J-orsque l'oiseau efrt fatigué, ou que les maîtres soflt cotitens de b pêche qu'il a faite, ils lui 4.tent -,lVnn$an , et, le laissent pêcher pour lui-même. Le droit de faire cette pêche s'achète de l'empereur, pour un an seulement: *
Un oiseau bien dressé est si estimé , qu'on le v^nd i5o florins de Hollande.
Dans le même ouvrage,' au tome VI* page 221 j il est encore dit' qu'il est d'usage, dans plusieurs provinces , d'employer pour la pêche une sorte de cormoran assez semblable au corbeau , qu'on mène avec soi , comme on fait un chien pour la chaise du lièvre. Au lever du soleil , on voit sur les rivières un grand nombre de bateaux, et plusieurs de ces oiseaux perchés sur l'avant; au signal qu'on leur donne , en frappant l'eau d'un aviron , ils se jettent dans la rivière. Chacun plonge de son côté ; et saisissant un poisson par le milieu du corps, ils retournent à la barque avec leur proie. Le pêcheur prend l'oiseau , lui baisse la tète , passe la main le long de son cou, et lui fait rendre le poisson qu'il a avalé tout entier lorsqu'il est petit, et qui serait entré dans son jabot si on ne lui avait pas passé le cou dans un. anneau; ensuite on lui donne quelques poissons pour récompense. Lorsque le poisson est trop gros, plusieurs oiseaux travaillent de concert à l'amènera bord.
article 6.' — Pêche sous la glace.
Quoique dans les pays froids, où les eaux sont glacées pendant une grande partie de l'année , on puisse conserver le poisson gelé tant que le froid dure, on en prend cependant beaucoup sous la glace.
Pèche sous la glace dans ? Amérique septentrionale.
Les filets dont on se sert ont souvent 5o brasses de longueur 9 sur un peu moins d'une brasse dp chute; les meilleurs sont faits de bon fil de chanvre qu'on tire d'fiuropg; Us sont bordés d'un bon bitord , qui sert de maître ; on les leste avec des pierres qu'on attache au pied du filet avec un gros ni d'écorce de bois blanc
Au lieu de liège, ion fait les flottes arec des bâtons de bois de cèdre, qui ont un pied et demi de longueur, et seulement un pouce de largeur , diminuant un peu vers les extrémités. On prépare le filet, et on ajuste le lest et les flottes le long de quelque rocher ; ensuite on perce la glace jusqu'à Peau , faisant une ouverture de 2 ou 3 pieds de diamètre. A environ 4' brasses de ce trou , on en fait un autre , puis un troisième, un quatrième, etc. , plus ou moins, suivant la longueur du filet qu'on se propose de tendre..
PÊC
Alors, on tend le filet qu'on lait pâmer sous la glace, au moyen d'une perche légère, à laquelle on attache une ligne de moyenne grosseur et qui a plus de longueur que le filet»; On cuit, du reste, le* procédés oixhnaires de la pêche*
Il y a encore plusieurs autres manière» de pêcher sous la. glace , et qu'on pratiquedans le* paya froids , mais qui ne peuvent pas intéresser.
article 7. — JDe la pèche du nonnat,tde laguildrey
1 Ou menuise.
Nous parions de etkte> péeèe aux articles. Blanchaille , Guildre , Menuise ,'Nbnnat. V. ces mots.
$#..»*- »ECHA*OBMEW(riE« TftAVStORT DU P0I8SO1T, TANT DE MER QUE d'eàU DOUCE , MORT OU EN VIE.
Quanti lés pécheurs ont fini leur pêche, >si c'est sur les grèves ou au bord de la mer > comme ce qu'ils rapportent est peu important, ils le vendent à la , cote à d^a, marchands, qui les y attendent « Quant aux grandes pêches, nous allons expliatter ce qui se pratique} % sur rtout dans les ports delà Haute- Normandie; mais auparavant nous dirons un mot de la qualité du poisson frais.
On sait qu'en général Ja plupart des poissons , tant de mer que d'eau dquçe, sont infiniment meilleurs au sortir ,$e l'eau que quand ils ont été gardia morts pendant quelque temps. Sénèque nous spr prend que les anciens étaient si délicats sur ce point, que les poissons n'étaient pas regardés par eux, comme suffisamment frais, si les convives ne les voyaient pas vivans en se mettant à table. Pour cela , on tenait dans les salies à manger des vases de verre' pleins d'eau, où les poissons étaient en vie, et ou, se faisait une grande gloire de recevoir ses amis, avec ces poissons vivans, qu'on tirait de l'eau' en présence des convives, et -qu'on apprêtait sur-le-. champ. Sans doute qu'on ne prenait pas cette précaution pour certains poissons, tant de mer oue, d'eau douce, qui sont plus délicats quand on les a conservés morjfcs, plus ou moins de temps, suivant leur espèce et leur grosseur; ces poissons font une exception 4 la règle générale; mais si nous' étions aussi recherchés sur ce point que le rapporte Séityà,- que * tous ceux qui sont éloignés de la mqr seraient, privés de l'usage de la marée, et les pécheurs en souffriraient par le ,vil prix ou l'abondance ferait tomber le poisson au bord de la mer.
ARTICLE i«r. — DECHARGEMENT , VENTE ET TR ANS- * " PORT DES POISSONS MORTS.
Ls> plupart des poissons,; sur* tout céui de mer, meurent peu de temps après qu?Sls sont sbrtis.de l'eau ; ainsi il faut Ad presser de les transporter ? promptest&eat au*' lieux de tonsommation } et snal- . gré toutes les précautions qu'on peut prendre , il y a des poissons très-délicats qui se corrompent si promptement, qu'il faut les consommer dans le voisinage 3 es ports où ils ont été péchés.
& 1er. —pèbaTcpïement du poisson , et transport au 1 ■ marché. '
Quand une .Iwque de Jêcfceurs, arrive dans le
port y des hommes et dés femmes Tiennent, avec des hbrtes de quai, a, ou des mannes , on des paniers, PL 20, N°. H It recevoir le poisson, que les pêcheurs tirent de leur bâtiment pour le porter sur la place du marché. Les raies, les tires, les anges se portent dans des hottes ; les petits poissons , comme les merlans , maquereaux, harengs, etc. , se portent de toutes sortes de façons; mais les beaux poissons très-estimés se portent à la main ou dans des mannes.
Dans presque tous les marchés, il est défendu de vendre aux marchands, aubergistes et regrattiers, qu'après un temps fixé , qu'on accorde aux bourgeois pour leur provision. C'est ordinairement une heure pendant l'hiver et une demi-heure pendant l'été; et souvent le temps de la vente libre est annoncé par une cloche.
Quand le poisson est transporté au marché , les pécheurs l'arrangent à terre sur des claies, espèce par espèce; les poissons plats, tels que les soles, s'arrangent deux à deux , posées l'une sur l'autre ; les raies, les morues , etc* , se mettent aussi sur des claies; les vives, les rougets, se mettent dans de
{»etites mannes ; quand les carrelets , les barbues , es poules de mer et les turbots sont gros, on les vend à la pièce.
Dans certaines villes, il y a des inspecteurs de police , qui visitent le poisson ) s'il est gâté, ils le font jeter ; s'il est avarié , l'inspecteur permet de le vendre à part, et, comme l'on dit, à tourne-dos, c'està-dire qu'on le met sur l'étal dans un sens contraire à celui qu'on lui donne ordinairement , pour indiquer à l'acquéreur la qualité de ce poisson. Ces usages, ainsi que les réglemens de police sur la vente, ne sont point les mêmes dans tous les marchés.
$ 2. — ■ Livraison des poissons de redevance.
Quand le poisson est ainsi exposé , le bourgeois propriétaire du bateau , que les pécheurs appellent quelquefois leur hâte , se rend avec le maître-pêcheur pour lever son droit, qui consiste , outre le sou pour livre qu'il aura du produit de la vente , à prendre , à chaque marée , un poisson qu'on nomme bourgeois, et qu'il choisit. Ce même propriétaire du bateau prend encore trois autres poissons , qu*il partage avec le maître-pêcheur , et comme celui-ci a le choix d'un sur les trois , ils partagent ordinairement
Îtar moitié le produit de ces trois poissons. On fait a vente du reste, et le produit se partage par lots : le maitre a deux de ces lots; chaque matelot de l'équipage en a un, mais aussi le maître fournit une fois plus de filets qu'un simple matelot ; en outre , c'est le maître qui doit payer le garçon de bord , qui a quelquefois un demi-lot , suivant sa force.
Comme le poisson de choix vaut presque toujours un ou deux lots, il s'ensuit , lorsque les pêches ne sont pas heureuses , que le maître est mieux traité que les autre copartageans. .
Outre les droits du propriétaire du bateau , il a encore quelque profit sur la vente des vives, proportionnellement à la quantité qu'on en prend; mais cette pêche est maintenant bien peu abondante.
Les turbots, les saumons, les esturgeons et les marsouins , sont des poissons qu'on nomme privilégias, parce qu'ils ne doivent pas être compris
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dans les poissons de choix , et pour favoriser les pêcheurs, il est spécifié, dans quelques ports, quelle sera l'espèce de poisson qu'on pourra choisir pour le poisson bourgeois , et celui du maitre : ce sera , par exemple , une raie*.
Nous ne parlons pas des poissons qu'on appelait poissons de coutume, et qui se prélevaient autrefois' au profit du roi ou des seigneurs.
Quand on a pris des crabes , des homards , des langoustes, des araignées de mer, en un mot des crustacés , ils appartiennent au matelot propriétaire du filet ou ils ont été pris ; ainsi, ces crustacés n'entrent pas dans la vente générale.
A chaque démarrage , le propriétaire du bateau compte avec les matelots pour se rembourser peu à peu des avances qu'il a faites , et des avaries communes; ce qui finit quand ces matelots se sont acquittés avec lui.
Dans d'autres ports, le partage se fait différemment. Lors du transport, par exemple, l'équipage commence par choisir les deux plus beaux poissons; le propriétaire du bateau prend ensuite le poisson bourgeois. Les deux beaux poissons que l'équipage a choisis rentrent dans la masse, ppur être vendus au profit du commun.
§ 3. — Vente du poisson.
Quand les redevances sont prélevées , le propriétaire du bateau avec le maitre et quelquefois leurs femmes font la vente du poisson. Les turbots, les esturgeons, les gros saumons et d'autres poissons de prix se vendent â la pièce ; les petites raies , ainsi que plusieurs autres poissons , se vendent à la douzaine, ou bien on forme des lots dans des paniers, des mannes ou sur des claies, qu'on vend en bloc : c'est le parti qu'on prend ordinairement quand on a fait la vente des poissons estimés. Si dans les comptes ou lots il se rencontre des poissons blessés , meurtris, tachés, on les rebute 7 à moins qu'on ne soit convenu du contraire.
Quand la vente est faite , tout le poisson est porté chez les acquéreurs par les matelots , ou â leurs dépens.
§ 4. — Emballage du poisson par les chassemarées.
Quand le poisson est rendu chez l'acquéreur , on le met dans de grands baquets ou cuveaux e, où on le lave à grande eau pour le rafraîchir et le bien nettoyer avant de le mettre en paniers. On fait cette opération avec la main , si ce sont de petits poissons qu'on puisse manier sans crainte de les blesser ; mais si ce sont des poissons épineux , tels que les vives et les raies bouclées , on se sert de petits gafots pourles laver.
Au sortir de l'eau, on les met dans des paniers pour les transporter.
Ces paniers , PL 20, N°. III, sont de différentes grandeurs ; celui n est des plus grands; on le nomme deux au cheval* parce que deux suffisent pour en faire la charge. Les moyens b sont dits trois au cheval, parce qu'il en faut trois pour faire la charge. Il y en a de plus petits , c, qu'on accole deux à deux , et quatre font la charge d'un cheval; ceux d se
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nomment ctoyères} on y met assez souvent un assortiment de poissons pour quelque provision particucuUère. Enfin on emballe quelques beaux poissons dans de la paille longue , et cet emballage se nomme torchette ou torque t te»
Les emballeuses assortissent et arrangent avec soin les différons poissons dans les paniers qui leur conviennent; elles mettent ordinairement les turbots , lès grandes barbues et autres poissons précieux entre deux raies, pour que ces poissons se conservent mieux. Il est vrai que la fraîcheur des raies contribue à leur conservation \ mais quand les poissons précieux se gâtent, les raies, quoique fraîches et encore coriaces, contractent un trè 3- mauvais,goût. Les emballeuses béchevettent les poissons longs et ronds, et elles mettent les uns sur les autres les poissons plats. Communément elles couvrent les paniers avec une ou deux raies et elles rejettent soigneusement les poissons tachés et meurtris, qui pourraient se gâter eu route, et endommager ceux qui se trouveraient dans leur voisinage. Ces poissons ne sont pas perdus $ des hommes les achètent à bon compte , pour les transporter à petites distances, dans des hottes et sur le dos.
On met depuis six jusqu'à douze raies marchandes ou franches dans un grand panier dit deux par che* valf dans les paniers moyens, trois au cheval, on met trois Taies blanches et deux grises; moins, si elles sont très-grosses.
Les anges et les tires suffisent quelquefois pour remplir un panier , et communément on choisit des paniers proportionnés à la grandeur d'un ou deux de ces poissons : au reste , on conçoit bien que le nombre des poissons qui tiennent dans un panier dépend de l'espèce et de la grosseur des poissons qu'on y enferme.
Quand les paniers sont remplis , on les couvre de paille longue^ PL 20, A°. 1ÎI, qu'on nomme glu, et on forme ce qu'on appelle le chaperon f qu'on arrête avec de la ficelle G , tels que sont les paniers H, ainsi que les cloyères I, et avec la même paille on forme les torchettes.
Les femmes , qui font très-adroitement ce travail , n'ont pour outils qu'un couteau et un épissoir K. L'épissoir • est un poinçon de fer, figuré comme le bout d'une corne ; et il sert à écarter les osiers, pour avoir la facilité de passer les ficelles. Il semble qu'une aiguille d'emballeur serait plus commode. Deux. grands paniers, comme nous l'avons dit, font la charge d'un cheval ; on les attache des deux côtés du bât.
Un cheval porte trois moyens paniers , deux qu'on attache aux côtés. du bât, et un qu'on met pardessus.
A l'égard des petits paniers , on les accouple pour en mettre quatre aux côtés du bât et un cinquième par-dessus, ou bien on y met une cloyère avec quelques torquettes.
j 5. — Transport du poisson par les chasse-marées.
Nous.avons dit déjà qu'il y avait des hommes qui transportaient de la marée sur le dos à de petites distances : on en voit un dans le lointain, PI. 20 J JVô. IV} mais la marée qu'on transporte au loin se'
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chasse ou à dos de cheval , ou dans des fourgons. Quand les chevaux sont chargés comme nous l'avons expliqué, les chasse-marées partent pour leuw destination, comme on le voit, PL 20, N°. IV* Us font ordinairement 60 lieues en 35 ou 40 heures, et l'été , quand ils chassent jour et nuit , ils font cette même route en 24 heures \ mais alors ils ont des relais.
Quand il y a beaucoup de marée , sur-tout lorsqu'il fait frais, et que les chemins sont praticables, on chasse sur des fourgons , dont on proportionne les dimensions à la grandeur des paniers , pour mettre sur une charrette trente paniers , qui feraient la charge de i5 chevaux ; soixante à soixante-quatre moyens paniers et des petits à proportion»
§ 6. — Transport du poisson (F eau douce, mort.
La plupart des poissons d'eau douce se transportent en vie, comme nous l'expliquerons dans la suite $ mais comme ce transport exige des frais, on préfère pour les éviter, lorsqu'on n'a pas une grande quantité de poissons, de les transporter morts : pour cela , on les assomme au sortir de l'eau , et on les arrange en les couchant tout leur long dans des paniers, avec de la paille fraîche, ou des orties; quelques personnes les vident et mettent dans le corps nn morceau demie de pain trempé dans du vinaigre. Quand il ne fait pas chaud , les gros brochets peuvent être conservés 4 ou 5 jours, et les grosses carpes 2 ou 3. Ces poissons n'en sont que plus délicats ; mais les petits ne sont jamais meilleurs que quand on les apprête au sortir de l'eau»
Le moyen 4e conserver les poissons long-tempe pour les transporter fort loin est de les saler, de les sécher, de les fumer, de les mariner. Nous rapportons tous ces moyens de conservation dans les articles des anchois, du hareng, de la morue, du saumon , du thon, etc.
Dans le nord , on fait de grandes pêches lorsque les gelées commencent à être constantes, et le poisson gelé se conserve tant qu'on veut.
A la Chine , on charge des bateaux avec des poissons et de la neige; on les couvre d'une épaisse couche de paille , et on les conserve dans ies glacières fort long-temps , et quelquefois on les transporte à des distances considérables.
ARTICLE 2. — i TRANSPORT DES POISSONS QU'ON VEUT