I. DE8 APPATS NATURELS
Les appâts naturels sont les vers de terre et de viande , la chair des animaux , différentes sortes de grains, et plusieurs espèces de pâtes ou de compositions.
Vers pour la pèche dans les rivières.
Les vers de toute espèce sont les meilleurs appâts : on estime sur-tout ceux qui se forment dans la chair corrompue, et que l'on nomme vers de viande et vulgairement asticots. Les vers de terre, de l'espèce des lombrics, sont appelés achées on aiches , dont les pêcheurs ont fait le mot aicher, qui signifie amorcer. V. Achées.
Manière de se procurer des vers. — Les fibres qui sortent des racines de l'iris aquatique renferment dans de petites loges des vers blancs ou jaunespâles, longuets, menu s, à tête rouge et les james distribuées le long du corps. Ces vers , suivant Walton , forment un excellent appât pour les truites , la tanche, la carpe , etc.
On trouve les vers de terre dans les jardins, sous les pots â fleur où il y a de 4 'humidité , et dans les prés un peu frais, où l'on enfonce un piquet en terre , que l'on tourne avec la main en lui faisant décrire un cercle ; la pression que ce mouvement fait éprouver à la terre oblige les vers â sortir. On en obtient de même en foulant fortement la terre avec les pieds , ou en la frappant avec une batte. Enfin , on réussit encore â les faire sortir, si on répand £ur la terre , aux endroits où de petits trous indiquent leur présence, soit de l'eau salée, soit une forte décoction de feuilles de noyer. Y. Achées.
Dans toutes les voieries, on se procure facilement des vers de viande ; mais à défaut de cette ressource , on peut en faire naître par les moyens suivans : on prend du foie de quelque quadrupède, que l'on suspend à un bâton en croix au-dessus d'un pot ou d'un haril à demi rempli d'argile sèche ; les mouches viennent y déposer leurs œufs , qui donnent naissance â des larves , et â mesure que les vers grossissent dans le foie, ils tombent sur la terre ; il s'en produit de la sorte assez long- temps. On peut aussi enfouir dans une terre humide et à l'abri de la gelée , s'il est possible , le cadavre d'un chat ou d'un oiseau de proie 7 au moment où les vers y seront bien vivans. Ces insectes se conservent jusqu'au printemps , où ils se métamorphosent en mouches, et on en retire à mesure qu'on en a besoin.
Dégorgement des vers. — Quelles que soient les espèces de vers que l'on emploie , il est bon de les faire dégorger avant de s'en servir. On peut obtenir prompte ment cet effet si on le s laisse dans
ît à l'égard des vers de terre , l'eau pendant une nuit, et ai
APP
on les place ensuite avec du fenouil dans le sac qui sert à les transporter au lieu de la pêche.
Quant aux vers qui proviennent de tannée ou du dessous des tas de fumier , on ne doit les laisser qu'une heure dans l'eau; on les met ensuite dans le sac avec du fenouil , et on peut les employer à l'instant.
Conservation des vers. — Si on a le temps et la volonté de garder davantage les vers, le meilleur moyen de les conserver est de les mettre dans un pot de terre garni de mousse , qu'il faut renouveler tous les 3 ou 4 jours en été, et toutes les se* mai ne* en hiver ; il faudra à cette époque retirer In mousse , la bien -laver , la presser entre les mains jusqu'à ce qu'elle ait rendu son eau , et la* remettre sur les vers. La meilleure mousse pour cet usage est le lichen fluviatile , que l'on trouve sur le6 pierres dans l'eau des ruisseaux.
Quand les vers commencent à devenir malades et à maigrir, sur-tout ceux de l'espèce qui vient dans la tannée ou sous les tas de fumier, on peut les rétablir en versant chaque jour environ une cuillerée de lait ou de crème , goutte à goutte , sur la mousse dans laquelle ils se trouvent. Si on ajoute à la crème un œuf battu qu'on a fait bouillir avec elle, on réussit à les engraisser et à les conserver long* temps.