Par leur dimension grande, petite, médiocre
4°. Par leurs tégumens, selon qu'ils sont nus, couverts on à demi couverts.
Lee yeux sont composés extérieurement de deux parties principales, qui sont la pupille et Piris.
La pupille varie de formes, toujours suivant les espèce»: eUe*storbicuhir*, ovale, ample, resserrée; anguleuse.
L'i'jqqr varie dans ses couleurs t il est doré, argenté , olivâtre , fauve , pointillé , nébuleux.
La mrinjBÊ. Les poissonstt'ont point de cou : leur tête se termine à la nuque, après laquelle commence immédiatement le tronc, qui comprend toutes les parties situées entre la tête et l'extrémité de la queue*
La nuque est la partie antérieure du tronc la plus charnue , qui s'étend depuis la première ou la seconde vertèbre {Pi »*«,, fe t»., Y) jusque sur le sommet de la tête , du tnoins dans* quelques poissons.
Le nos. Le dos est la partie supérieure du corps
ri s'étend depuis la nttque Y jusqu'à la queue A. est ou droit , eu arqué , ou dossu , aplati, convexe, ou» caréné; plus ou moins gros et plus ou moine arqué 'que l'abdomen; et chargé d'une, otf de deux ou de trois nageoires, ou sans nageoires.
Les eôrss. Ils détendent depuis l'ouverture des ouïes, FI. 1»., a«. partie, jjy. 2,*, jusqu'à l'anus Ç.
PÔI
La oomos. Elle est située entre les ouvertures des ouïeuv
La poitrine et le tentxx. La peitrine , que l'on nomme aussi iho$ma:> prend son origine à U base dos mâchoire», et s'étend, jusqu'à l'insertion des nageoires pectorales. Cette partie, qui est figurée se* parement, PL i»e«t i«. partie, oo,Jigi 7, ne renferme qu'un petit nombre de viscères; elle est fort petite et presque coutume dans la tête, étant terminée par en bas» et séparée du ventre par un diaphragma o o.
Le ventre est cette cavité qui règne, depuis la poitrine ou, le thorax jusqu'à l'origine de la queue ou de l'anus. On nomme abdomen la partie extérieure du ventre*
La capacité du, ventre 7», h,Jig. 7, est beaucoup plus grande que la poitrine ; elle contient quantité de viscères. Bile est formée , comme nous, l'a* vous dit ,, par des arêtes circulaires ou des c^tes {fig* 1), etc., qui sont articulées avec la colonne vertébrale»
L'anus ( Qj PL i**^ Ufi* partie) est situé entre l'extrémité du ventre et l'origine de la queue. Cette partie varie beaucoup par sa position, qui, dans, quelques poissons, est plus près de la tête que de, û nageoire de la queue; dans d'autres, au milieu de la longueur du poisson,, et 4&n& plusieurs plus rapprochée vers la queue.
La quxux est la partie postérieure du corps qui est charnue; elle, prend son origine à l'anus Q et termine le tronc* Nous avons déjà fait remarquer qu'il ne mut pas la confondre 9 comme on le (ait vulgairement, ayee la nageoire de la queue» Elle est plus ou moins grosse , plus ou moins Ion--
Sue, et son extrémité affecte une forme différente ans les diverses espèces dé poissons.
Des icAJuas. Les écailles sont des.^amea aplaties, de substance GOsUjé» et à demi transparente, dont le corpssdes poissons est; couvert en tout ou en partie * elles sont arrangées les unes. sur las autre% comme les ardoises des toits, et ne sont point adhé* rentes entre elles, du moins dans la plupart des, poissons; car il y a quelques espèces de ces animaux dont les écailles, très-serrées et unies, semblent ne former qu'une seule pièce. On a donné à cette es-' pèce de revêtement osseux le nom de cuirasse. D'autres sont couverts de ces mêmes écailles osseuses , mais distinctes , et cependant se tenant collées les unes aux autres : c'est ce qu'on appelle armure. 11 y a des écailles très-minces, et qui, en tout ou en partie , sont d'un brillant doré ou argenté ; d'autres sont tellement épaisses, que leur dureté* approche de Celle des os.
A raison de leurs formes , on les nomme arrondies, ovales, oblongues, anguleuses, carrées, crénelées, dentées, hérissées de pointes, ciliées. .
A raison de leur superficie , on les nomme glabres , rudes , striées en rond , raybnnées , inégales , tuberculeuses, ponctuées.
A raison de leur disposition ou de leurs dimensions*, on les nomme imbriquées ou tuilées , imbriquées obliquement, contiguës, rares, cachées si etlett'scmf recouvertes par l'épiderme , grandes , petfces/*K»-petitu», imperceptibles.
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A raison de leur connexion 9 oa les nomme tombantes, si elles se détachent facilement, fixes, ai elles se séparent difficilement.
Des couleurs des poissons. Quoique les écailles détachées du poisson, étant interposées entre la lu* mière et l'œil, paraissent presque toujours de la couleur d'une feuille de corne tort mince , la surface extérieure des poissons offre cependant des couleurs souvent très- belles, et quelquefois si vives, qu'elles le disputent à l'éclat de l'or, de l'argent et des pierres précieuses ; mais la vivacité de ces couleurs diminue quand les poissons sont morts, lorsqu'ils sont malades , ou s'ils habitent certains fonds , tels que ceux où les eaux sont vaseuses. D'autres causes modifient les couleurs des poissons , telles que leur nourriture , les climats qu'ils habitent et la température qu'ils éprouvent. On peut remarquer particulièrement que ceux qui vivent d'animaux à coquille présentent des couleurs très-variées et trèséclatantes , sans doute parce que - ces animaux communiquent aux poissons qui s\n nourrissent le principe qui colore leur coquille. Dans toutes les mers renfermées entre les tropiques et où une grande quantité de lumière peut pénétrer dans le sein des eaux, les poissons se montrent parés des pins riches nuances. On rencontre aussi des poissons décorés avec magnificence au milieu des mers polaires , où des montagnes de glace et de neige rendent éblouissante la lumière que la lune et les aurores boréales répandent pendant les longues nuits , et celle que donne le soleil pendant les longs jours de ces contrées. Mais c'est sur- tout dans les eaux échauffées de la zone torride et où la lumière reçoit une nouvelle activité de la chaleur , que les poissons présentent les nuances les plus éclatantes et les plus diversifiées. Enfin leurs teintes éprouvent quelquefois des changement par suite de mouvemens violons, du sentiment de la crainte ou de la colère , du froid et du chaud ; mais ces changemens ne peuvent Avoir Heu que dans les teintes produites en tout ôu en partie par le sang et les autres liquides susceptibles d'être pressés ou ralentis dans leur cours.
Ligne latérale. On donne le nom de latérale à cette ligne qui se voit sur les côtés des poissons ; elle fait la séparation entre le dos et le ventre, et s'étend depuis les ouïes jusqu'à la nageoire de la queue. (V. PI. \**,} jfg. a , la figure d'une morue où cette ligne est bien marquée.) Elle est formée par une série continue de petits tubercules , qui sont les orifices d'une multitude de vaisseaux excréteurs qui y aboutissent , et d'où suinte une humeur visqueuse propre à entretenir la souplesse de la peau du poisson ) et à le défendre contre le froid et la compression de l'eau.
Sous les divers rapports de sa situation , de sa figure , de sa direction et de sa superficie , la ligne latérale varie suivant les espèces , et elle est dite élevée, moyenne ou basse) ponctuée, linéaire, annulaire , dentée ; droite , courbe , flexueuse , interrompue, descendante \ lisse , épineuse, imbriquée, en creux , en relief, poreuse , cuirassée.
Lignes interstitiaxes. Ce sont des raies, transversales ou longitudinales | que l'on remarque sur
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la peau nue de quelques espèces de poissons aux endroits où les muscles se joignent.
Matière visqueuse. Cette madère gluante et visqueuse dont le corps de la plupart des poissons est enduit et oui les* rend glissans dans la main, ne suinte-pas seulement des pores de la tête et du eorpa, ni des orifices des vaisseaux de la ligne latérale^ mais iljparait qu'elle est produite par des glandes excrétoires répandues sur toute la surface du corps* et qui la poussent à l'extérieur par des pores parti* culiers s on doit regarder cette sécrétion comme une espèce de transpiration que la nature a destinée soit à empêcher les écailles de se coller les unes contre les autres , ou de trop se dessécher , soit à s'opposer à l'entrée de l'eau par les pores dans l'intérieur des poissons ; soit enfin à les rendre plus souples et plus susceptibles d'exécuter leurs divers mouvemens dans l'eau* . .
Ouverture des branchies. Les branchies, qu'on appelle ouïes , sont , dans la plupart des poissons,, recouvertes par des pièces qu'on appelle opercules. (PI. i*>.yjfo. i,X.)
La situation , la forme, les dimensions et les tégumensdes ouvertures des branchies varient, comme toutes les autres parties, suivant les espèces de poissons*
L'ouverture est placée , ou sous la gorge , ou sur les cotés, ou près du derrière de la tête, ou vers Ja queue. Elle est ou arquée, ou en tube, ou tortueuse, ou droite , ou linéaire , ou oblique) elle est plus ou moins grande, et enfin elle se trouve recouverte en entier ou à moitié par les opercules , ou découverte * ou sans opercules.
AlOUlJLLONS ET TUBERCULES DE LA PEAU. Outre
les aiguillons ou rayons osseux , durs et piquaus des nageoires , il y en a d'autres, qui sont des tubercules osseux, implantés dans la peau du corps do quelques espèces de poissons $ ils sont différens des pointes dont la tête de quelques autres espèces est hérissée, et qui ne sont que des apophyses saillantes des os de la tête.
Appskdices. On trouve sur quelques espèces de poissons différentes appendices auxquelles on a donné les noms suivans : les barbillons ou cirrAetif. appendices des mâchoires, dontnous avons déjà parlé ( voy. PL !"•*,/%• a,^)$ iespiunules, petits reborda ou proéminences externes $ ressemblant en quelque sorte aux petites nageoires adipeuses ou. aux* bar*billons, et qui sont placées tantôt pues des. yeux-j tantôt près des narines et d'autres fois sur la queue de quelques espèces de poissons \ elles ne diffèrent de* cirrhes ou des barbillons que par la place qu'elles occupent, la crête, petite pinuule placée sur le sommet de la tête 5 les tentacules^ longs cartilage* cétacés, mobiles et implantés- sur le museau ou In front de certains poissons 5 les raclures y petites appendices fibreuses et molles, qui se trouvent souvent à l'extrémité des osselets ,. comme si la membrane dont ils sont recouverts avait été raclée; les épines j
Srolonaemens très -aigus, nus et immobiles de i'o» e, la tête et du front) les aiguillons ^ corps durs et pointus comme les épines, mais qui en difôrent en ce qu'ils sont mobiles, tandis que les, épines sont fixes (il ne Jaut pas confondre ces aiguillons ave*
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ceux des nageoires) ; les doigts, osselets flexibles , séparés et libres, placés, dans quelques poissons, entre les nageoires pectorales et les nageoires ventrales; le bouclier, espèce de disque ovale, plat, dur et rude au toucher, qui couyre la, tète et la poitrine; sa. suture , ligne rude ou à pointes , qui s'élève sur le dos- et l'abdomen,
La langue. Tous les poissons ont une langue; ils en ont du moins la base ou la raeâne ; elle n'est point d'un usage aussi indispensablement nécessaire aux poissons qu?aux quadrupèdes et aux cétacés ; car dans les premiers elle est imparfaite, ou cartilagineuse , ou ,preeaue immobile. La langue des poissons varie par sa figure , sa substance , sa surface et par les mouvejneas dont elle est susceptible* Ainsi elle est aiguë, en alêne, ou obtuse, entière ou éehancrée , convexe ou plane , charnue ou cartilagineuse, lisse ou rude, manielonsiée ou couverte de dents .égales ou inégales , Jibnp'Ou immobile.
Les branchies ou les ouïes. Ce sont les organes par lesquels les' poissons respirent, et qui sont situés entre la tête et le tronc; ila sont contenus dans l'ouverture. branchiale dont nous avons déjà
Eirié. Chaque branchie est formée d'un ou de deux uillets osseux , dont la figure varie suivant les espèces de poissons, et qui sont un peu arqués sur le plan dans la PI. *i fig* *>• On peut comparer ces juillets ou lames osseuses à des côtes; elles sont flexibles et recouvertes par une membrane cartilagineuse, qui, aux deux bords du feuillet osseux, qettgacnie de dents , comme xto le voit fig* 5. Ces branchies forment, par leur surface concave, comme la voûte du palais des poissons, et quelquefois, les éminences cartilagineuses p , fig* 1 1 9 étant dures , font l'office de dents; la partie convexe de ces fauillefts osseux est creusée .d'un sillon qu'on peut voir,i/&. 6; il y passe un tronc d'artère qui fournit une infinité de vaUseaux sanguins aux franges o, Jlg, 1 1 ; chaque frange se divise ordinairement en 4eux, comme on le voit en p$Jîg». ta s ainsi à cette figure 4 la lettre q représente la. coupe transversale d^me côte osseuse; la lettre r représente les appendices ou espèces, dedente : enfin, p est la bifurcation de la frange o de \kjig. 11. Ces branchies, au nombre de 4> 5 ou 6 , sont couchées les unes sur les autres sans adhérence entre elles.
Le ce* un des poissons est placé presque sur le sternum, au-dessous des branchies, e,jig. 7 ; il est souvent renfermé dans un péricarpe ,en partie libre et en partie adhérent. Le coeur et son péricarpe sont placés dans-une grande cavité; le cœur , dont les parois sont ridées , présente une multitude de petites cellules;, dan* sa»parrie supérieure r il se trouve un grifice qui répond à l'aorte , et sur le cAté , il s'en trouve un autre qui communique à l'preiilette;'sa situation est longitudinale, comme dans les quadrupèdes; sa forme n'est, point constante; il est. aplati dans quelques. espèces;. triangulaire ou pyramidal dans d'autres, et tronqué obliquement dans quelques-unes.
, L'oreillette pu cc£un, Il n'y en a qu'une seule, mais qui est tràs-grande, comparativement au volume du ccaur; c'esi un sac m. usculeux .très^mince , situé au côté gauche de ce viscère, et quie*^ percé
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de deux trous, au moyen desquels .il communique avec le cœur et le sinus veineux*
L'aorte est attachée a la pointe dit cœur et représente un petit cone,j%. 7, -.cf. Intérieurement elle est garnie de petites colonnes- ou cordes; *wytà|p elle se rétrécit, et donne, i°. de chaque côté un tronc, latéral fort court, qui se divise d'abord en deux vaisseaux, dont l'inférieur va se loger. dans la branchie postérieure , et l'autre va en droite ligne dans la troisième ou pénultième branchie; a°. Le tronc de l'aorte se divise ensuite d'une manière plus régulière en rameaux, qui vont à la seconde et à la première branchie. L'aorte descend jusqu'à, l'extrémité du corps ; elle est appliquée contre les verte* bres , et adossée à la veine-cave* Le sang que Par» tère a porté dans le ventre et dans les parties inférieures est repris par des rameaux veineux, qui, à leur tour , se réunissent et forment un seul tronc veineux ou veine-cave.
Le diaphragme, qû} fig. 7, consiste dans une membrane blanche assez forte, qui est attachée par sa partie supérieure vers la nuque et aux .premières vertèbres ; elle sépare obliquement la poitrine, et la sépare de l'abdomen comme elle sépare le cœur des autres viscères; elle est percée par l'oesophage , et c'est elle qui forme la face postérieure de la cavité de la poitrine. Cette membrane est très-apparente dans les grandes espèces de poissons.
Les viscères de l'abdomen et I'obsopuage. Les poissons ont les mêmes viscèreaque les quadrupèdes ; mais ils sont souvent moins nombreux.
L'œsophage est cexanal étroit qui est situé depuis le fond de la bouche jusqu'au ventricule; il ne se distingue du ventricule queparce qu'il est plus étroit, d'une couleur différente, et lisse sur sa surface ex* terne.
Le ventricule, ou I'estomac des poissons (Jig* 10), est un sac membraneux -qui n'a presque aucune chaleur. Sa situation est le plus souvent longitudinale, et iLn'esft-pastaembkbledans tous les poissons, .étant plus grand ou plus épais, cylindrique ou sphérique, ou partagé en deux lobes* suivant les espèces, . ,
Les PETITS INTESTINS OU APPENDICES DIX PYLORE.
Dans la plus grande partie des poissons, le* pylore est» garni de plusieurs appendices creuses, semblables à de petits-intestins ccecum, et qui paraissent concourir à la digestion. Ces appendices diffèrent entre eux soit par le nombre, qui' varie depuis un jusqu'à &>, 100 et au-delà, soit par la forme, '<qni est longue ou courte* large ou étroite-; il n'y »en a point dans la plupart des cartilagineux <
L'intestin rectum. Le paquet intestinal des poissons estplacé en long (P/. i^^fig* *j>*é)S le rectum est situé sous la vessie urinaire; sa tunique intérieure est quelquefois garnie de valvules ou soupapes , • et plissée en volute. Il est , i °. par sa forme, ou droit ou simple lorsqu'il va en ligne droite du ventricule à l'anus /; ou à une seule révolution à sa partie supérieure, ou faisant plusieurs sinuosités; »°. par ses dimensions, comparées au volume du corps, il a moins de longueur«que le- corps, ou environ la même longueur,- ou il est beaucoup plus long. #
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L'on nomme ouverture branchiale. Dans le plus grand nombre des poissons, il n*y a qu'âne ouverture branchiale de chaque côté de la tête ; mais dans les raies et dans presque tous les squales , il y en a cinq ; dans une espèce particulière de squale , six , et dans une autre sept , ainsi que dans tous les pétromiaons.
* D'autres fois , l'eau est introduite par les ouvertures branchiales, et passe par les éventa ou par la bouche; ou, si elle pénètre par les évents, elle trouve une issue dans l'ouverture de la gueule ou dans une des branchies.
L'issue branchiale de chaque côté du corps n'est ouverte ou fermée, dans certaines espèces, que par la dilatation ou la compression que l'animal peut faire subir aux muscles qui environnent cet orifice \ mais communément elle est garnie d'un opercule ou d'une membrane | et le plus souvent de tous les deux à-lafois.
L'opercule est plus ou moins solide , composé d'Une ou de plusieurs pièces, ordinairement garni de petites écailles et quelquefois hérissé de pointes; la membrane, placée en tout ou en partie sous l'opercule, est presque toujours soutenue, comme une nageoire , par des rayons simples, qui, mus par des muscles particuliers , peuvent , en s'écartant ou se rapprochant les une des autres, déployer ou plisser ta membrane. Lorsque le poisson veut fermer son ouverture branchiale , il abat son opercule •
Telle est l'organisation des branchies. Exposons en quoi consiste la respiration.
Dans les poissons, de même que dans les animaux qui pnt des poumons, l'acte de la respiration n'est que 1 absorption d'une quantité plus ou moins grande de ce gazoxigène qui fait partie de l'air atmosphérique, et qui se retrouve jusque dans les plus grandes profondeurs de la mer. C'est ce gaz oxigène qui, en se combinant dans les branchies avec le sang des poissons, le colore et lui donné, par la chaleur qui se dégage , le degré de température qui lui est nécessaire; et comme les corps ne -brûlent que par l'absorption de ce même; oxigène , la respiration des poissons , semblable à celle des animaux à poumons, n'est qur'upe combustion plus ou moins lente*
L'oxigène, amené par l'eau* sur les surfaces si multipliées, et par conséquent 6\ agissantes,, que présentent les branchies , peut aisément parvenir jusqu'au sanç contenu dans les nombreuses ramifications artérielles et veineuses dont nous avons parlé: cet élément de la vie peut, en effet, pénétrer facilement au. travers des membranes qui composent ou recouvrent ces petits vaisseaux sanguins \ il peut passer au travers des pores trop petits pour les globules du sang» On ne peut plus en douter d'après l'expérience' de Priestley, qui a prouvé que du sang renfermé d'ans une vessie couverte même avec de la graisse , n'en était pas moins altéré dans sa couleur par l'air de l'atmosphère , dont l'oxigène fait partie, et l'on sait de plus , par les expériences de Monro , que lorsqu'on injecte , avec une force modérée , de l'huile de térébenthine colorée par du vermillon dans l'artère .branchiale de plusieurs poissons, et particulièrement d'une raie récemment morte, une portion de l'huile rougie transsuda au
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travers des membranes qui composent lea branchies , et ne les déchire pas.
M. de Lncépède, dont noua analysons les dissertations , a examiné le premier la question de savoir si les poissons tirent cet oxigène de l'air atmosphérique disséminé dans l'eau , ou de l'eau même, dans les élémene de laquelle on compta l'oxigène. Moue ferons connaître plus loin son opinion sur cette importante question.
11 examine aussi la question de savoir pourquoi les poisson* ne peuvent vivre dans l'air que pendant un temps tort, court, et il la résout ainsi: {wemièrement , on peut dire que l'atmosphère, en eur abandonnant l'oxigène avec plus de promptitude ou en plus grande quantité que l'eau, est pour les branchies ce que l'oxigène très-pur est pour, les poumons de l'homme, des quadrupède», des oiseaux et des reptiles ) l'action vitale est trop augmentée au milieu de l'air , la combustion trop précipitée, et l'animal,, pour ainsi dire, consumé $ -secondement, les vaisseaux artériels et veineux , disséminés sur les surfaces branchiales, n'étant pas contenus dans l'atmosphère par la pression d'un fluide aussi pesant que l'eau, cèdent à l'action du sang devenue beaucoup plus vive, se déchirent, produisent la destruction d'un des organes essentiels dea poissons et causent leur mort : voilà pourquoi , lorsque ces animaux périssent pour avoir été long-tempe horade l'eau, on voit leurs-branchies ensanglantées? troisièmement, enfin, l'air, en desséchant tout le corps des poissons , et particulièrement le principal siège de leur respiration , arrête le jeu de plusieurs ressorts , hâte la rupture de plusieurs vaisseaux et notamment deceuxqui appartiennent aux branchies.
Dès muscfas.—Gtoi organe* intérieuxa d e mouvement ne présentent , dans les poissons, qu'un trèspetit nombre de différences générales et sensibles avec ceux des autres Animaux à sang rouge. On peut cependant les distinguer par la forme des fibres qui les composent, et par le degré de leur irritabilité. En effet, ris peuvent se séparer encore plus facilement que les muscles des animaux plus composés en £bse* très-déliées, et comme ces fibrilles, quelque ténues qu'ellessoient, paraissent toujours aplaties et non cy«liadriques, on peutdirequ'elkiasepeéten^moinsàia division dans un.se us que dasfs un Autre, puisqu'elle* conservent toujours deux diamètres inégaux , ç£ que l'on n'a pas remarqué dans les muscles de l'homme., des quadrupèdes, aes oiseaux ni des* reptiles. >,, . - Oe plus, l'irritabilité dea muscles des ^poissons parait plus grande que celle des antres animaux à sang rouge $ ils cèdent plue aisément A des stimutans égaux. En voici les motifs : les fibres musculaire* contiennent deux principes, une matière ferreuse et une matière slutineuae, L'irritabilité parait dépendre de cette dernière substance, qui est. plue abondante dans les poissons que dans les animaux plus parfaits.
De l' huile çontenue.ïlùns les poisson*.— *Le tissu cellulaire des poissons, contient avisai plus de gravisse huileuse ; toutes les parties de leur corps, et parficur lièrement leur -foie, en, sont pénétrés. :C'e»fc de cette huile que dépend la iranqparencç plus, ou moins grande que présentent ces animaux.. . j4 , , , ,
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Phosphorescence. «— Un autre phénomène trèsdigne d'attention doit être rapporté à cette huile dont les poissons sont pénétrés f c'est leur phosphorescence* En effet, non-seulement leurs cadavres peuvent , comme tons les animaux et tous les végétaux qui se décomposent, répandre, par une suite de leur, altération et des diverses combinaisons que leurs principes éprouvent, une lueur blanchâtre que tout le monde connaît ; non-seulement ils peuvent , pendant leur vie , et particulièrement dans les contrées torrides, se pénétrer , pendant le jour, d'une vive lumière solaire qu'ils laissent échapper pendant la nuit , mais encore ils tirent de cette matière huileuse la faculté de paraître revêtus d'une lumière qui , dans les endroits où ils sont réunis en grand nombre , parait avec plus d'éclat à la surface de la mer* Cette clarté parait de très-loin , et on l'aperçoit très-bien lors même que les poissons se trouvent à une assez grande profondeur. Cette huile ne sert pas seulement à donner aux poissons l'éclat phosphorique dont nous parlons; elle les maintient dans Peau contre l'action altérante de ce fluide.
Matière visqueuse. — Indépendamment de cette huile conservatrice , une matière visqueuse est élaborée dans des vaisseaux particuliers , transportée sous les tégumens extérieurs, et répandue à là surface du corps par plusieurs ouvertures. Dans presque tous les poissons, cette humeur gluante suinte particulièrement par des. orifices distribués sur différentes parties de la tête , et par d'autres orifices situés le long du corps et de la queue, placés de chaque côté, et dont l'ensemble a reçu le nom de ligne latérale*
Cette substance visqueuse , souvent renouvelée , enduit tout l'extérieur du poisson , empêche l'eau de filtrer au travers des tégumens, et donne au corps, qu'elle rend plus souple, la faculté de glisser plus facilement au milieu des eaux*