‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 223 sur 292 · SARDINES · texte numérisé non relu

SARDINES

On prend des sardines dans la Méditerranée et dans l'Océan, en Italie, dans le. pays vénitien, à Raguse , même dans l'Elire : on en fait de grandes pêches en Espagne, en Portugal; et pour ce qui concerne la France, en Languedoc, en Provence, dans la Guienne, i'Aunis, le Poitou, et principalement en Bretagne.

On ne fait point de pêche expresse de ce poisson sur les côtes de Flandre , de Picardie et de Normandie.

On en prend dans le nord de l'Burope, en Islande, et dans les parties les plus reculées de la Norwege, où les habitans les font sécher. Ce poisson se retrouve aussi en Asie, et Kœmpfer dit qu'il y en a beaucoup au Japon.

A l'égard de l'Afrique, Lopez dit qu'il y en a une telle quantité à Loango, que pendant l'hiver elles sautent sur le rivage, et que les nègres en font une partie de leur nourriture, en les faisant bouillir -avec des herbes et du poivre. Suivant Marc-Paul , il y a des cantons en Arabie où les habitans font une sorte de farine avec des sardines sèches qu'ils pilent , et dont ils forment des gâteaux qu'ils font sécher au soleil. Enfin il y en a au Brésil, à Constantinople et en beaucoup d'autres endroits.

Quoique les sardines soient des poissons de saison, qui, généralement parlant, procèdent les harengs, elles paraissent plutôt à certaines côtes qu'à d'autres $ et elles se plaisent particulièrement sur certains fonds, où elles se rassemblent en grand nombre, et y séjournent plus long-temps qu'ailleurs. Tout est pris généralement ; car des bancs de sardines comme ceux de harengs se portent quelquefois très-abondamment d'un côté et ensuite d'un, autre, et quelques années plus tôt, d'autres plus tard .

Il paraît qu'elles s'établissent volontiers aux endroits où il y a des herbiers, -que les Bretons nomment jaudns. C'est pour les en tirer que les pêcheurs bretons leur présentent un appât qu'ils appellent résure , au moyen duquel on ne bouleverse point le fond comme les filets traînans qu'on emploie en quelques endroits, qui font, pour cette raison , un tort considérable à la multiplication de beauccuM»

SAR

d'espèces de poissons , notamment des sardines* Néanmoins ,. ions les pécheurs ne conviennent pas que les sardines s'établissent sur les fonds ; plusieurs pensent , et ce n'est pas sans fondement , qu'elles se tiennent souvent entre deux eaux comme- les ha* rengs, pour éviter les poursuites de quantité de poissons qui s'en nourrissent. Étant prévenus qu'il y a beaucoup d'incertitude sur la marche des sardines , on peut dire que communément on en prend peu dans la Manche , -depuis la Bretagne exclusivement jusqu'en Flandre : néanmoins on en a vu , mais rarement , des bancs considérables vers, l'embouchure de la Seine. Cependant il y en* a sûrement quelques-unes dans la Manche , car on trouve sur les côtes de Caux quelques sardines confondues dans les manets avec les harengs et les célans.

On en fait dès pèches considérables .en Bretagne (i), et on en prend «ur presque toutes les côtes d'Angleterre. Les Portugais en prennent beaucoup à la céte des Algarves , et les Espagnols à Cadix 5 mais leur pèche la plus considérable est au .royaume de Grenade. Enfin ce poisson est trèsabondant dans la plupart des ports de 4a. Méditerrenée et dans ceux d'Italie.

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