‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 224 sur 292 · ART. II. — DE I.A. PÊCHE DES SARDINES DAMS · texte numérisé non relu

ART. II. — DE I.A. PÊCHE DES SARDINES DAMS

L?OCÉÀN.

,On prend quelquefois des sardines avec d'autres poissons dans les é tentes à la basse eau, dans quelques parcs et dans des filets à manche-; mais il .s'agit ici des pêches qu'on fait expressément pour ce poisson.

§ 1er- — Des filets qu'on y emploie*

On se sert, dans certaines provinces, de seines, qu'on tire à terre pour prendre le poisson, ou qu'on relève à la mer dans les bateaux qu* ont servi à les traîner.

. 11 s'est aussi introduit l'usage de pécher les sardines avec des drèges, dragues et autre» fileta tralnans; mais par l'ordonnance delà marine, de 1681, tit. III , art. 16 , il est défendu de le tire à une dis-

(i) On lit dans le B&btor , journal de Nantes (mois de janvier 1827)' l'article suivant sur la pèche de la sardine en 1 8*6 : « La pèche de la sardine, oui est une de* 'précieuses .branches d'industrie de notre département , a introduit cette année, à Nantes , 3o,j 96,000 de sardines, en vert . depuis le mois de mai dernier jusqu'au mois de novembre suivant , sur 70a barques , formant ensemble 3,58o tonneaux , et présentant un éauipage de 9,98a hommes.

» On sait combien la vente en détail de ce poisson , que Ton transporte journellement dans les rues, répand d'argent parmi le peuple.

» La seule ville de Port-Louis fait, dit-on ,v annuellement 4,ooo barriques de sardines ; fieuWle, 1,300, et ainsi des autres ports.

» On évalue À 2,000,000 fr. de bénéfice annuel la pèche qu'on fait sur les parages seuls de la Bretagne 5 on en prend quelquefois d'un seul coup de filet de quoi remplir 4c tonneaux.

a-4*,e mode de la pèche pour les sardines est le même que pour les harengs, seulement on emploie des filets à mailles plus étroites.

» Nos pécheurs ont trouvé le moyen de retenir les sardines pendant long-temps en répandant dans la mer, comme amorce, l'espèce de caviar qu'on prépare dans le Nord avec des oeufs de morue et antres poissons ,- et qu'on appelle rogue. n

tartçe moindre de 4 lieues des côtes, parce que ces filets bouleversent les fonds et sont très-destructifs.

La pêche des sardines , qui «et autorisée par les réglemens, est celle qui se fait avec des filets flottans et ordinairement dérivant Les, Bretons, qui fout principalement cette pêche dansi'Océan , attirent les sardines dans leurs filets avec un appât qu'on nomme rave , rogne ou résure; ce qui leur occasionne une dépense assez considérable, que ne font point les pêcheurs d'autres provinces, qui pèchent les sardines précisément comme ceux du canal pèchent les harengs, avec des manets qu'ils présentent en dérivant au passage des sardines, qui se maillent ou se broquent par les ouïes. .

La nêclte 6es sardines est encore plus incertaine que celle des harengs : il y a des années où l'on en prend une immense quantité, et d'autres où l'on n'en prend presque point. Dans ce dernier cas, la perte des pêcheurs est considérable, et sur-tout celle des Bretons, qui emploient :une Quantité -de résure d'autant plus grande que la" pêche est plus stérile»

$ 2. — Des appâts employés en Bretagne pour attirer les sardines 9 et qu'on appelle rave, rogue, résure, gueldre^ chevrons ou roaniguëtte.

La résure, xogue, rave, rabe, rêve, rebe ou graine, car tous ces termes sont synonymes ,• n'est autre chose que des œufs de morve qu'on sale dans des barils. Il est étonnant que les pêche»» français, à l'exception des Bretons et des Oloûnois, qui font usage de cet appât, jettent les œufs de morue à la mer au lieu de les. saler, puisqu'une barrique de résure du poida de 3 quintaux se vend en France jusqu'à 40 francs et plus. Les pécheurs hollandais et ceux du Nord, qui sont plus attentifs à tirer parti de tout, mêlent souvent dans un même baril des œufs de diverses sortes de poisse**. Bfautres pêcheurs en font avec, du irai ou de petits poissons qui viennent d'éclore, ce qui fait «un mauvais appât et occasionne une grande destruction de poissons. Cette résure est particulièrement défendue par les réglemens.

On emploie en Provence urne xésure dans laquelle il entre de la noix déballe et du musc, et peut-être aussi de la noix voimique. Cette composition, qui attire, enivre et tue souvent le poissoni, est expressément défendue par les lois.

On tire une grande quantité de résure du Nord. Celle qui vient de le Norwege, du Danemarck et de la mer Baltique, est en barils de sapin, qui pèsent a5o livrée | celle qui est apportée de Berghen vient dans des barils de 1 5o livres, et celle de firontheim dans des barils de 200 livres. La résure que.les Hollandais apportent des mers d'Allemagne et du Dcggers-Banck est dans des barils de chêne qui pèsent jusqu'à 3oo livres. Les Basques fournissent de la résure aux Espagnols , qui l'estiment plus que celle du Nord.

Comme la pêche du maquereau est très-abondante à llle-du-Bas , les pêcheurs en salent les œufs pour en faire de la résure , qui est irès-estimée $ mais quelquefois 9 après avoir, faât cuire les maquereaux, ils en écharpeiit la chair, qu'ils mêlent

juin et elle finit en août : ce poisson, au commencement de la saison, est si tendre, qu'on ne le peut saler qu'en petits barils et en saumure. Mais à Audierne , à Camaret, à Douarnenez , à Belle-Ile, au Croisic, elle commence en juillet et août ; le poisson est alors plus fort, et on peut le saler en grands barils pressés. Cependant on assure que dans la baie de Camaret, où la mer est tranquille, le fort de la pèche esl en novembre jusqu'à la mi -décembre 5 qu'alors elles sont fort grosses et très-grasses , et que passé la baie de Brest et l'anse de Bertheaume, on n'en prend plus sur les côtes de France que par hasard : c'est communément en ces endroits que se termine la pèche des sardines. On ne sera pas surpris de ces incertitudes , quand on fera attention aux variétés qui arrivent dans la marche de ces poissons.

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