‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 237 sur 292 · SE · texte numérisé non relu

SE

dans des. corbeilles ou glines, qu'Us ont sur leurs épaules ; mais cette gline , à la moitié de sa profondeur , porte un filet , qui forme comme un double fond y et les mailles de ce filet sont exactement de grandeur k laisser passer les équilles , qui le traversent comme quand elles s'enfoncent dans le sable. S'il reste dans le filet du frai ou du petit poisson , les pécheurs le rejettent à l'eau , ou plutôt il s'y précipite^de lui-même quand les pêcheurs se baissent pour continuer leur pêohe , au lieu que les équilles restent au fond de la gline.

On fait de plus petits collerets pour prendre les poissons qui sont restés entre des rochers ou des islets, dans des endroits qui n'assèchent pas de basse mer* Gomme ils ne diffèrent pas de ceux dont nous venons de parler , il nous suffira de dire que ces petits collerets tiennent lieu des grands haveneaux , qui servent aux mêmes usages.

On se sert encore de collerets semblables pour prendre des équilles et des hamilles ou lançons j seulement , comme ces poissons sont souvent fort petits , on fait les mailles de ces seines très-serrées, et sachant que ces poissons s'ensablent , on charge de beaucoup de plomb le pied du filet.

J 3. — Collerets traînés par des chevaux.

U est sensible qu'en se procurant une force plus considérable , on peut augmenter l'étendue des collerets : c'est aussi ce que font les pêcheurs flamands, en faisant traîner leur filet par des chevaux; ce qui est praticable sur leurs sables, qui sont fort unis.

Ils mettent ordinairement un cheval sur chaque bras, PL 36, 2V°. Il; mais quelquefois ils y en mettent deux ou même un plus grand nombre ; et plus ils se procurent de force , plus ils augmentent la grandeur de leur filet; au reste, cette pêche se fait précisément comme celle du colieret à pied. Ils finissent par tirer le filet sur le sable , et quand ik ont pris le poisson , ils recommencent un nouveau trait lorsque la marée le leur permet.

Cette pêche se fait ordinairement depuis le mois d'avril jusqu'à celui de septembre ; mais elle n'est praticable que par les beaux temps et lorsque la mer est calme. Inutilement voudrait-on la pratiquer lorsque les eaux sont froides , alors les poissons se retirent, dans la grande eau , et les pêches qu'on fait sur le rivage sont infructueuses.

On y prend, de même qu'avec les autres collerets, toutes sortes de poissons : comme ils ne s'eram aillent as , il est assez indifférent de quelle grandeur sont es mailles; mais il est essentiel d'éviter de les faire trop serrées 1 cette pêche, toujours destructive pour le frai et la menuise, le serait alors encore plus.

Comme le filet pour la pêche au colieret est traîne

Ï>ar des hommes ou des chevaux qui se mettent dans 'eau , il s'ensuit que ces pêches sont impraticables aux endroits où l'eau est profonde. Pour traîner le filet de dessus les bords , il faut que la nappe d'eatr ait une médiocre largeur ; sans cela, le filet ne pourrait pas l'embrasser. Ainsi , pour pêcher à la seine dans les endroits où il y a une grande profondeur d'eau , sur-tout lorsque la nappe est fort étendue . comme cela se trouve presque toujours à l'embouchure des grandes rivières et aux bords de la mer ,

SEI

on ne peut se dispenser de se servir de bateaux ; ce qui se fait de différentes manières , comme nous allons l'expliquer.

$ 4* — • Dé la pêche à ta seine avec des vireVâux

ou treuils.

La pêche dont nous venons de parler ne peut guère être pratiquée que par des gens qui ont des fermes auprès de la mer , le commun des pécheurs n'ayant pas de chevaux, et entre ceux-là il s'en trouve qui , ayant de grandes seines , ne sont pas en nombre suffisant pour les haler. En ce cas , après avoir engagé un des bras dans un treuil qu'ils ont établi sur le rivage , ils se mettent tous dans un bateau pour tendre leur filet ; puis ils amènent à terre le bras forain , et ils. l'ajustent sur un autre treuil qu'ils ont solidement établi sur le rivage, auprès du premier ; ensuite , tournant avec des leviers le cylindre du treuil , ils amènent peu & peu leur filet à terre. Cette opération , PL 36, N°. IV, est longue; mais elle a l'avantage de pouvoir être exécutée avec peu de monde.

$ 5. •— Pêche avec une seine dont un bras est amarré

d terre*

D'autres pécheurs sont encore parvenus à pêcher avec peu de monde, par un moyen bien simple; ayant amarré un bras de leur seine à un pieu au bord du rivage , ils embarquent le filet dans un bateau, en le pliant sur une planche ; puis ils attachent l'autre bras au bateau, et nagent au large pendant qu'un d'eux met peu à peu le filet à l'eau , à mesure que le bateau s'éloigne de la côte , PL 36 , 2V"J. V* On essaie de former comme un demi-cercle , et on décrit une ligne circulaire aussi grande que le filet et même ses Dras peuvent le permettre ; les pécheurs ramènent ensuite le- bateau à l'endroit où est amarré, au Dord de l'eau, un des bouts du filet : alors les pêcheurs du bateau mettent pied à terre , et se joi- Eant avec ceux qui se trouvent au bord de l'eau , tirent de concert le filet à terre et prennent le poisson. Vers l'embouchure de la Vilaine, et en remontant dans cette rivière, on voit un homme seul, OU aidé d'un petit garçon , faire la pêche dont nous venons de parler ; mais en ce cas les seines sont très-petites.

$6. — Pêche à la *eine, où une partie de P équipage haie à terre un bout du filet, pendant que le reste haie P autre bout avec un bateau, PL 7.

Cette pêche 4a fait quand on a plus de monde que pour la précédente; au reste, elle en diffère peu. Au lieu d'attacher un des bras à un pieu au bord de Peau , cinq ou six hommes le tiennent; d'autres

SEI

tion de cercle , ils nagent à-peu-près parallèlement au bord de l'eau. Quand ils ont fiât un certain chemin pour se rendre par le travers de ceux qui sont à terre , oeux de terre et ceux du bateau agissent de concert , haiant chacun sur un bras du filet ; ils traînent ainsi une longueur de a à 3oo brasses $ puis

le bateau se rapprochantpeu à peu du rivage et de ceux qui sont à terre , les deux bandés de pêcheurs se réunissent à un endroit où les bords soient peu escarpés , PL 36 y JV<>. VI. Ceux du bateau se débarquent, et tous tirent de concert, le filet à terre , haiant d'abord sur les bras, puis sur le filet; pour cela, joignant la tête et le pied du filet , ils le doublent , et forment un sac , dans lequel se ramasse le poisson»

Cette façon de relever le filet est sans contredit la meilleure, et on la pratique autant qu'on le peut : sans quoi , il s'échapperait beaucoup de poisson au moment que le filet sort de l'eau* Quelque précaution qu'on prenne , il y en a toujours qui se sauvent; ' pour les rattraper , aux grandes pèches , quand le filet est prêt à sortir, deux pécheurs se' mettent à l'eau, PL 36, N°. VII, et traînent un colleret derrière le fond de la grande seine : de plus , le bateau se tient derrière le colleret , battant l'eau avec ~ ses avirons. Par cette manœuvre, le poisson, qui s'est échappé de la seine , tombe dans le colleret. On appelle cette pêche , à la grande seine, soutenue par un colleret j on la nomme aussi en plusieurs enàrohë pêche ê la traîne. C'est la tratta de Senigaglia, et encore ce qu'on nomme xabegas sur les côtes d'Espagne.

Voici comment les pêcheurs de la baie d'Arcançon font pendant toute l'année la pèche à la traîne au bord ne l'Océan.

Douze à quinse hommes s'associent pour faire leur métier à la part. Us construisent eux-mêmes des cabanes du coté du bassin , et ils les adossent aux dunes de sable qui bordent la cote. Au moyen de ces cabanes , ils sont toujours à portée de faire leur pêche avec des seines, qui ont quelquefois plus de 70 brasses de longueur et seulement une on 2 brasses de chute au milieu , et au plus une brasse aux deux bouts* Quand ils veulent pêcher dans le bassin et les chenaux, ils se servent de petites seines et seinettes, qui n'ont quelquefois que 4 brasjes de longueur. Le pied des grandes seines est garni de plomb; niais les petites sont lestées avec des pierres percées.

Les mailles de leurs filets sont de différentes grandeurs , suivant l'espèce de poisson qu'ils se proposent de prendre ; car, à la Teste-de-Buch , ils prennent des dorades , des loubines , des maigres , des soles , etc. ; et dans le bassin, des barbeaux , des aiguilles , des sèches, des congres , des sardines, des carrelets , des tirés , etc.

Quand la pinasse et les filets sont préparés, le chef des pêcheurs se promène au bord de l'eau , et lors* • qu'il aperçoit des poissons dans les brisans , il en avertit par un coup de sifflet : alors les matelots qui sont à la pinasse viennent le joindre à force de rames; ils amarrent à terre un des Dras de leur seine, puis se portent an large, un matelot jetant à l'eau , pli par pli , le filet qui est rangé sur une planche ; puis en décrivant une ligne circulaire , ils gagnent le rivage , et se jettent à terre pour tirer le filet de concert avec ceux qui sont restés à terre , à ^peuprès comme nous l'avons représenté PL 36, 2^. VII

A Arles , les seines ont environ 200 brasses de longueur mt 3 ou 4 de chute , et les brts sont longs-

5ao

Page 1