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la Loire, an filet du genre des- foliés : tesméilles ont 3 pouces et demi d'ouverture.
FEMPLE8. C'est le nom qu'on donne aux perches horizontales qui serrent à construire les bourdigues. V. Bourdigue.
TENAILLE. C'est un poisson des Indes orientales , ainsi nommé parce qu'il a la bouche faite en forme de tenaille; cette partie est* dure et recourbée en haut. On pèche ce poisson près de Pile de Lions, voisine d'Amboine,
TENTES ou BTENTES A LA BASSE EAU.
On donne ce nom à plusieurs 'manières de pécher ni se font au bord de la mer lorsqu'elle est basse r e ce genre sont la Cibaudière , les JL tôliers , les Folles tendues sur piquets, les Hauts* Palis, les PaUs , la Pêche a» loup, les Ravoir* , les Rets trapersans, les Rieux. Y., ces mots, et pour les règlemens concernant ces pèches, l'article Pêche mari" time , § 3.
TERRIR. Les pêcheurs disent que les poissons terrisSent quand il feit chaud , pour dire qu'ils s'approchent de la terre , et quand les eaux sont froides ils gagnent la grande eau on se retirent dans les grandis fonds.
TESSURE. Les pecheurs-cordiers appellent une tessure plusieurs pièces d'appelets jointes les unes au bout des autres. V. Corde.
TESTADOU. Piquet qui est tout près de celui qu'on appelle courrier, qui sont Ptm et Poutre à la pointe de la pentière. Y. Folles.
TESTACÉS. Ce mot , qui vient de testa , eoqmller a été appliqué à tous les animaux qui étaient couverts d'une enveloppe solide : ainsi les tortues , les crustacés et les coquillages étaient des testacés ; aujourd'hui on n'applique plus ce mot qu'aux coquillages. V. Coquillage et Coquille.
TÊTARD ou TESTARD. On appelle ainsi les petits on plutôt les larves des grenouilles et des c/apauds, parce que leur tète est plus grosse que le reste de leur corps. Y. Grenouille.
On donne aussi le nom de têtard h. plusieurs poissons qui ont la tête grosse, et plus particulièrement à la Chevanne. V. ce met.
TÊTE~D*ANE. C'est Pun àta noms du Chabot. Y. ce mot.
TÊTE DE JP1LET. La tète d'un filet en est le haut lorsqu'il est tendu verticalement, et c'est par cette partie qu'on commence à le travailler, v . FMet.
TÉTRODON , tetraodon. Genre de poissons de 1a division des branehiostéges , dont le caractère consiste à avoir les mâchoires avancées-,- osseuses, et divisées chacune en deux parties.
' lie genre , dont le nom signifie qtuxtre'dentSy contient ,' dans V Histoire des Poissons par Lacépède, dhcneuf espèces , qui habitent exclusivement des mers étrangères à l'Europe f'iHtacej9ti<m lies deux espèces suivantes :
Le TrintoDow cndtssAyT, teinocËon occeMatu* (£in.) ; quî se trouve dans les mens de la Chine e* du Japon , et dans la Méditerranée ± e* qui remonté les rivières. Ce poisson est trèa*bean. } il a le -dessous du corps Manc ; les nageoires jaunâtres 9 la partie supérieure du corps d'un Vert foncé j àl sur le dos
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une tache avec une bonde transversale large et en croissant, toutes deux noires et bordées de jaune i il n'a de piquans que sur le ventre. Dauhenton lui avait donné, dans Y Encyclopédie, le nom de quatredents-petit-monde. Il passe pour être si venimeux ,
Îue ceux qui en mangent meurent , dit-on , au bout e a heures : c'est pourquoi il est défendu d'en Tendre; mais comme sa chair est excellente, on prétend que les gourmands ont trouvé le: moyen de la rendre moins malfaisante à force de la laver, après en avoir séparé la tête , les entrailles et les arêtes j toutefois on doit se méfier de l'exactitude de ces faits, Un naturaliste, Rumphius, indique comme, contre-poison une plante qu'il a figurée aoiis le nom -de rexamons.
Le T^trodom-Luke, que l'on connaît sous les dénominations de lune-de-mer, molle, meule, bout, molle-bout, poisson d'argent et poisson -soieiL V. Lune- de- mer.
T£TU . L'un des noms de la Chevanne* V. ce mot.
THEATRE* Ceux qui mettent la monte en tonnes ou barils nomment théâtre une espèce de chantier qu'ils forment avec des membrures, poortnettre dessus quantité de morues qu'on vientde laver, pour qu'elles s'éaouttent. Y. Morue.
THÉE. On appelle en Provence bois de thée du bois de pin bien seç , qu'on brûle dans le réchaud de la rissole.
THEU. Sorte de niche que les pêcheurs normands qui vont à la pêche de la morne établissent devant eux pour se garantir du vent. Les Granvillois n'ont point de thenj mais ils tendent devant eux une toile qu'ils nomment bonnette*
THON \scomber4hy nnus (lin.). Poisson «lu genre des scombres, que l'on nomme ton sur quelques rivages de la France ; Atkon dans quelques provinces méridionales; Toun auprès de Marseille; thonno en Italie ; albacore en Espagne; cavala en Portugal; thun, thunfisch en Allemagne ; tunny-fisch en Angleterre.
Description. — Ce poisson {PL Vffig. .*) a 8 ou 9 petites nageoires au-dessus et au-dessous de la queue ; les nageoires pectorales n'atteignant pas jusqu'à l'anus , et se terminant en dessous de la première dorsale; le corps très* allongé et semblable à une sorte de fuseau très-étendu ; la tête petite , l'oeil gros, la bouche très-large; la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure , et toutes deux garnies de petites dents aiguës; la langue courte et lisse; l'orifice branchial très -grand; l'opercule composé de deux pièces; le corps épais et couvert, ainsi que la queue, d'écaillés petites , minces et faiblement attachées; le dos d'un gris d'acier et le ventre argenté; la première nageoire du dos bleuâtre et composée de iS rayons; la seconde, jaunâtre et formée de 1a rayons; celles de la poitrine
très-grande, en forme de croissant, et composée de ai rayons; enfin les nageoires surnuméraires Jaunes et très-petites.
Les thons parviennent à des dimensions considérables* Pline 9 et les autres auteurs anciens qui ont
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parlé de ces poissoos, les onirangtepetnù ceux oui sont les plus remarquables par leur volume. Le naturaliste romain dit qu'on en aiait vu du poids de i5 taleas ( 675 livres), et dont la nageoire avait a coudées et un peu plus de largeur. Les observateurs modernes ont meturé et pesé des thons de 10 pieds de longueur et du poids de 110 A ido livres. Du<hamei oit qu'on en pêche souvent dans le port de ÇqlUoure qui pèsent ,a à 3 quintaux, et rennant rapporte qu'on en a péché un qui pesait 460 livres ; enfin le P. Cetti assure que les thons de 1,000 livres ne sont nas rares en Sar daigne, et qu'on en a pris qnelque&is qui ne pesaient pas moins de 1,800 livres; mais le plus ofdinairemeat le thon n'a que de a è 3 pieds de longueur.
Habitation et migration. — » On trouve le thon dans presque toutes les mers chaudes ou tempérées de l'Europe, de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amer*»
3ue; mais on ne rencontre pasVin égal nombre d'iniyidus de cette espèce dans toutes les saiaons, ni daps toutes les portions de mer qu'ils fréouentent. 11 en entre une quantité prodigieuse dans la Méditerranée par le détroit de Gihsaitar.
jLes thons appartiennent à la classe des poissons auxquels on a donné le nom de pélagiques ou pé+ lagiensy et qui se tiennent, pendant une grande par* tie de l'année à une grande distance des rivages. C'est presque toujours à la surface des eaux qu'ils se livrent au repos ou jui mouvement» On les voit, réunis en troupes nombreuses , bondir avec agilité; et lorsque dans certaines saisons, et particulière» ment dans celle du frai, ils s'approchent des rivages, ils serrent leurs rangs et se pressent les uns contre les autres, les plus forts et les plus audacieux marchent les premiers. Us forment quelquefois une sorte de grand parallélogramme que l'on aperçoit navi»
tuant aux. la mer,, et qui s'annonce de loin par le mit que leur mouvement occasionne. Il arrive quelquefois que leur marche se trouve suspendue ou détournée, et qu'une légion se trouve dispersée par quelque bruit soudain, par un coup de tonnerre ou par des objets d'Une forme ou d'une cour leur propre à les effrayer. Pline rapporte., . par exemple , que dans le printemps les thons passaient en grandes troupes de la Méditerranée dans le Pont-Euxin ou la mer Noire ; que dans le Bosphore de Thrace , qui réunit la PropOntide À l'fiuxin , et dans le détroit qui sépare l'Europe de l'Asie, un rocher d'une blancheur éblouissante et d'une grande hauteur s'élevait auprès de Chalcédonie sur le ri* vage asiatique; que l'éclat de cette roche, frappant subitement les légions de thons, les effrayait au
S oint de les contraindre à se précipiter vers le cap e Bysance opposé à la rive de Chalcédoine; que cette direction forcée dans le voyage de ces poissons en rendait la pêche très-abondante auprès de ce cap de Bysance , et presque nulle dans les plages onpo* sées; et que c'est à cause de ce concours des osons auprès de ce promontoire qu'on lui avait donné le nom de Ckpysokeras , ou de Corne d'or ou de Corne d'abondance* C'est pour rappeler ce même concours
Jue les médailles de Bysance présentent l'image du son.
Chaque année, à l'approche du printemps, ou
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dans une- saiaep plu* chaude , suivant le climat qu'ils habitent , les thons s'avancent vers les rivages pour y frayer y et après cette' opération et lorsqu'ils ont repris desforces, ils quittent les côtes deVôcéan avec lés beaux jours pour regagner là haute mer et rentrer dans leurs profonds asiles. Selon L'opinion générale, ils entrent dans la Méditerranée an printemps et n'en sortent qu'en automne. Quelques naturalistes pensent que la grande majorité de ces poissons ne fait, à l'époque de son apparition, <que sortir des profondeurs de cette mer pour en parcourir les rivages , ainsi que cela paraît avoir lieu pour les harengs, et que semble confirmer le témoignage du P. Getti , qui assure qu'on a observé de grandes quantifiés de' thons pendant l'hiver sur les côtes de Sar daigne. On ajoute que dans l'Océan , même entre les Tropiques, on n'en voit que rarement dans cette saison et par la même raison, quoiqu'ils dussent y être plus abondans que pendant Pété.
Les thons nagent avec la plus grande rapidité , et ils se livrent a des voyages lointains, mais qui , différons de ceux qu'ils font pour s'approcher des cotes dans la saison du frai , ne sont déterminés par aucune époque régulière. Ils traversent avec facilité des golfes, des mers intérieures et même le vaste Océan. Un espace de plusieurs centaines de lieues ne les arrête pas; et malgré leur mobilité naturelle , fidèles à la cause qui a déterminé leur départ , ils continuent leur course avec constance. On rapporte que des troupes de thons et de bonites ont auivi des navires pendant i ,5oo lieues , et plusieurs marins allant d'Europe en Amérique, ou retenant d'Amérique en Europe , ont vu des thons accompagner leurs vaisseaux' pendant plus de 4° jours. Il paraît qne" leur assiduité auprès de certains navires est déterminée par leur avidité pour le» substances qu'on jette à la mer, et aussi, suivant l'observation de Commarson, par l'ombre qu'ils trouvent à l'abri de ces vaisseaux dans lés mers chaudes de l'Asie, de V Afrique et de l'Amérique, où ils ne peuvent exécuter, à la sar face des eaux, les niouvemeps qui leur sont. nécessaires. Quelques voyageurs rapportent que les thons interrompent leurs voyages pour plusieurs mois aux approches du froid , et que pendant cette saison ils préfèrent pour leur habitation les fonds limoneux;
Nourriture* — Ils se nourrissent ' de poissons , principalement de ceux qui vont en troupes, tels que les maquereaux, les harengs, les exocet», les petits scombres, et ils n'épargnent pas même les jeunes de leur espèce 5 ils sont très -goulus, et il arrive que , tourmentés par la faim , ils avalent avec avidité diverses espèces d'algues.
Propagation,* — • Les thons ne fraient point à l'embouchure des fleuves comme la plupart des autres poissons; c'est près des cotés qu'ils viennent frayer, et comme mous l'avons dit, à l'approche du printemps; mais quelquefois beaucoup plus tard; car daus quelques ports ils n'arrivent que pendant l'été et à l'amere^saison. On a compacté* la grosseur de leurs œufs à celle des graines de pavot". Il faut que la multiplication de ce poisson soit considérable, d'après la grande quantité qu'on en prend chaque année. ." " ■ •î •
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Les anciens donnaient différens noms au thon suivant son âge. Pline dit cju'on appelait cordyles les thons très-jeunes, qui, venant d'éclore dans la mer Noire, repassaient, pendant l'automne, dans l'Hellespont etdans la Méditerranée, où ils portaient le nom de pélamides pendent les premiers mois de leur croissance \ et ce n'était qu'après un an qu'on les appelait thons. Ces différentes dénominations , adoptées par les anciens, ont donne lieu à des erreurs parmi des auteurs modernes, qui les ont mal appliquées*
11 parait, d'après les observations rapportées par Duhamel, qu'il y a des parages où ce sont les gros thons qui arrivent les premiers sur lèé cotes , tandis que ceux qu'on prend à Coilioure, dans l'arrière* saison, sont ordinairement plus gros que ceux qui n'arrivent*qu'au commencement de l'hiver.
Ennemis et maladies. — Ils ont pour ennemis les squales, l'espadon et autres grands poissons \ et de plus ils sont tourmentés par plusieurs animaux des genres lerné&et <allige, et par d'autres de la famille des ; crustacés suceurs, ainsi que par beaucoup de vers* intestinaux. Les anciens ont rapporté que souvent ces poissons éprouvaient , par suite des piqûres que leur faisaient les- animaux, des douleurs si cruelles, qu'ils en devenaient furieux et sautaient sur les vaisseaux et sur les rocfc&rs.
Qualités* — La chair du thon est grasse, rouge \ ferme, savoureuse, nourrissante et très-saine, et quoique les médecins aient prétendu qu'elle était de difficile digestion, elle a été recherchée de toute antiquité sur les tables les plus somptueuses. Les Romains estimaient principalement la tête et le dessous du ventre comme plus délicats, et ce sont eneore Les parties que l'on préfère aujourd'hui. On a remarqué il y a long-temps que la chair de ee poisson variait en qualité, qu'elle était molle ou* tendre, et qu'elle ressemblait à celle du veau ou - à celle du bœuf, selon la partie du. corps où l'on prenait*
Il est des mers où les thons se nourrissent de mollusques assez malfaisans pour faire éprouver des accidens graves à éeux qui mangent de ces poissons sans avoir- pris' la précaution de les faire vider avec soin.
Suivant Belon , cVst avec le thon que les ha bi tans de Byzance faisaient l'excellente sauce qu'ils nom* m&ÏQnt garum.
Pic HE DU THON.
Son ancienneté. — * ce La pêche du thon, dit M. Lacépède, remonte au radins au siècle d'Aristote. Au rapport de ce philosophe", les fameuses pèches de thons 'étaient celles qui Se misaient à la porte de Byzance, aujourd'hui Constant inople , qui, pour cette raison, portait le' nom de Corne d'or. Au second siècle de nôtre ère, Oppien a composé un péëmesûr la pêche, si estimé de' l'empereur Caracalla, que ce prince fit' donner un écu d'or pour chaque vers. On y remarque ce passage curieux. » ' » : »
à Les thons , dit le poëte , se jettent ert feule dans » les filets qu'on leur a préparés , et dans cette es- » pèce de labyrinthe d'où ils ne peuvent 'plus sortir. » ils sortsntdu grand Océan et Viennent 9 au prin-
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» temps, dans nos mers lorsque le mâle et Ja fin- » melle sont agités des mêmes désirs* Les fiers Es- » pagnols les attendent au détroit et les enlèvent » les premiers ; ils sont ensuite la proie des pécheurs » celtes , qui sont à l'embouchure du Rhône, et des » Marseillais r anciens habitait* de Phocée ; enfin » ils tombent dans les filets de ceux qui habitent » Plie de Sicile et les bords de la mer Thyrrénienne.
» Lorsque cette armée printanière est entrée 3» par le détroit, c'est une grande nouvelle pour les ao pécheurs ; ils choisissent, pour les attendre, un » lieu du rivage qui ne soit ni trop resserré, ni * trop exposé au vent, mais qui forme une retraite 3» commode. Là, sur la cime d'une montagne .voir 39 sine est assis ce^ui qui veille à là pêche $ aussitôt » qu'il voit venir les thons , il appelle ses compa* t> gnons : tous les filets sont tendus , et forment des » apparteniens dans la mer; car on y voit un vesti- 39 bule , des chambres , des portes et un corps-de- » logis enfoncé. 39
Voilà l'origine des Madragues* V. ce mot..
a II ne faut pas être surpris, dit Athénée, qui » écrivait dans le même siècle , si les Théotiens sa- 39 crifiaient aux dieux de grosses angnill es, puisque 30 les pêcheurs, dans le. temps où ils prennent les 30 thons , après avoir retiré leurs filets , immolent » un de ces poissons à Neptune) ils avaient aussi 39 coutume de lui offrir un pareil sacrifice avant x> la pêche, pour le prier d'éloigner de leurs filets le » xipliias (l'espadon), qui les déchirait, s»
Temps de la pêche du thon* — oc Selon le même historien, observe M. Laoépède, on ne péchait ce poisson dans l'Hellespont, la Propontideet le Pont* Euxin, que depuis le commencement du printemps jusque vers la fin de l'automne. Du temps de Rondelet, écrivain du XV1«. siècle, c'était au printemps, en automne et quelquefois en été, qu'on prenait une grande quantité de thons , près des côtes d'Espagne , et sur- tout vers le détroit de .Gibraltar.
» Quoique, depuis le. tremblement de terre de j744t 1°8 thons se jettent en. plus grand nombre vers la côte d'Afrique,. il'n?en .est pas moins vrai qu'à l'issue de l'hiver r ces poissons abondent vers les rivages d'Espagne et dans toute la longueur du détroit. On en pêche en très-grande quantité à Conil, village à 7 lieues de Cadix, dans le mois de mai. On m'assure, dit Guys, qu'autrefois le duo de Médina Sidonia s'était fait, à Conil, une rente annuelle de 80,000 ducats en thons $ cependant ce poisson n'est pas recherché chez ce peuple $ il est communément plus gros et beauroup moins délicat en Espagne et en Portugal qu'en Provence* (Lettres sur la Grèce.) .
» Sur plusieurs rivages de France et d'Espagne, voisins de l'extrémité occidentale de la chaîne des Pyrénées, on s'occupe de la pêche des thons depuis les derniers jours 'd'avril, jusqu'en octobre; et dans les autres parties dn territoire français ox.est assuré que l'arrivée des maquereaux annanse celle des thons, qui les poursuivent pour en faire leur proie.
30 L'avidité du thon pour les maquereaux est si marquée et si connue , qu«? pour L'attirer, il suffit de lui présenter un leurre, qui imite même grossièrement la forme de ce poisson. Sa voracité le
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porte aussi vivement sur plusieurs autres espèces 7 et particulièrement sur les sardines , au point que le simulacre imparfait de ces petits poissons devient entre les mains du pêcheur un appât assuré , Îui entraine le thon avec la plus grande facilité, tons les environs de fiayonne stir-tcHit^ on fiât un très*keureux usage de ce moyen : un bateau allant à la voile traîne des lignes dont les haims. ou hameçons sont recouverts d'un morceau de linge ou d'un petit sac de toile en forme de sardine. » .
Des différentes manières de pécher les thons.
Comme ces poissons sont très-vorexes, on en prend beaucoup avec les haims, soit à la canne, soit au doigt, soit au libouret ou au grand couple.
On en prend aussi dans. des filets avec plusieursautres poissons; mais les pêches les plus importantes sont celles qui se font avec la thonnaire, la madrague et Vencesa* Comme, nous parlons de ces différentes pêches aux mots qui sont ci-dessus indiqués, nous nous bornerons Len rappeler succinctement l'objet en renvoyant aux articles spéciaux.
Pêche au doigt» — La principale différence qui existe entre cette façon de pêcher et celle qui se fait avec une ligne au bout d'une perche ou d'une canne, c'est que, dans la pêche au doigt, on tient à la main la corde même, qui peut avoir 1 % ou 1 5 brasses de longueur $ tandis qu'elle ne peut être que d'une longueur médiocre lorsqu'elle est attachée à . une perche. La nuit parait être le temps le plus propre à celte espèce de pêche. Alors deux hommes s'embarquent dans un léger bateau , ayant chacun à la main une ligne,<au bout de laquelle sont des haims amorcés soit avec des paissons, soit 'avec des appâts factices , comme nous l'avons dit* Les pêcheurs la tirent à bord quand ils sentent qu'il y a du poisson pris.
Pêcheà la canne* — Cette pèche consiste à attacher au bout d'une perche une. ligne garnie d'un ou de plusieurs hameçons, qu'on. retire en soulevant là perche quand In poisson a mordu l'appêt; Y. Eame-\ con et Ligne* .
Pêche au. libouret* — Le libouret .est un instrument composé. d'une corde ou ligne principale $•& l'extrémité de la queue, est suipeadu un poids de plomb. V. Ligne*
Pêche au grand couple* — Les Basques font la
Îéche du thon avec un instrument approchant assez u libouret, et qu'ils appellent le grand couple. V. Ligne»
Pêche à la thonnaire* — La thonnaire est un filet sédentaire ou dérivant, qui s'emploie,, en Provence, à la pêche du thon. Nous décrivons ce Met) au mot Thonnaire* (V. ce mot.) Il nous reste à, parier de la manière dont se fait la péehe du thon avec ce filet. % •)
- Les habitans de Collioure et des environse'occupenf; beaucoup de la pêche. Il y. a, dit Duhamel, plus de 100 bateaux employés toute l'annéeà'la faire avec le Sardinalou le Palangre* les Tr*amaillades, le Boulier qï la Tàonnaire,(voy*ce& jnots) ; et il n'y a point de parage où l'bn fasse* cette pêche avec autant d'attention etde succès que dans ce port.t celle du thon ne s'y kit; d'ordinaire qu'en juin, juillet, août et
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On fait cet rets avec de gros fil de chanv»e, formé de trois brins commis ensemble; le calibre des mailles est de o pouces en carré.
Le bas du filet n'est pas plombé; mais on attache, de 10 en 10 brasses , à la corde qui la borde des çàblières .qui pèsent chacune 10 à 12 livres. On laisse quelquefois 19 brasses de distance d'une càblière à celle qui la suit. La tête du filet est soutenue par 160 nattes ou flottes de liège, distribuées à une brasse, et demie ou deux brasses les unes des autres. On établit ce filet, un bout à la côte et l'autre au large, d'abord en ligne droite, et ensuite on lui fait décrire un crochet à-peu-près comme on le yoit PL 33, N°. II.
Le bout qui tient à la terre est fixé par un grappin ou amvin de fer. qui pèse environ un quintal, le reste de la tessure flotte au gré du courant : comme les thons suivent ordinairement les côtes , lorsqu'ils rencontrent le filet, ils le côtoient dans sa longueur ; et quand ils sont parvenus au contour de l'extrémité , ils s'eflarouchent , s'agitent et s'embarrassent dans le filet , où quelquefois viennent aussi se prendre d'autres gros poissons.
L'autre espèce de thonnaire qu'on nomme cou~ rantille est abandonnée à elle-même et dérive au gré du courant. Ce filet est de la même nature et aies mêmes mailles que le précédent 5 mais il est communément plus long, étant composé de trois ou quatre pièces ; sa chute est de 6 ou 7 brasses. La tête est garnie de .quelques nattes de liège pour la soutenir , ainsi que d'un quarteron de liège distribué en 6 pièces sur chaque brasse , mais il n'y a point de baudes ou çàblières au pied ; un seul liban d'aufFe de 3o brasses (ait descendre le filet dans la mer , en sorte qu'il y en a une partie qui flotte, tandis que l'autre est à quelque distance au fond. Comme ce filet doit faire une panse ou bourse , les mailles ne sont attachées à la monture que de quatre en quatre.
On jette la couran tille en droite ligne au gré des courans, en observant de faire en sorte qu'ils puissent la prendre de plein et l'entraîner. Un bateau monté par quatre hommes s'attache à un bout du filet, et se laisse dériver et emporter par les courans , de manière qu'on relève quelquefois à a ou 3 lieues de l'endroit où l'on avait calé : c'est ordinairement de nuit que l'on cale , et on relève le matin.
Dans le golfe de Messine , comme en Provence , cette pêche n'est permise que depuis environ la mijuin jusqu'au commencement d'avril*
La pêche de la courantille se pratique aussi à Leucathe, près Narbonne. Le filet est composé de huit pièces, chacune de 3o ou 40 brasses de longueur. 11 y a toujours dans le bateau un pêcheur de veille , qui tient la corde à laquelle le filet est attaché , et quand il s'aperçoit que des thons ont donné dans le filet, il éveille ses camarades , qui saisissent la tête du filet, se halent dessus, jusqu'à ce qu'ils sentent le poids ■ et les efforts des poissons pour se dégager : alors ils soulèvent le filet pour les prendre, et dès que le filet est débarrassé , ils le replongent et vont reprendre leur amarre et continuer leur pêche.