‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 248 sur 292 · TON · texte numérisé non relu

TON

T1T1RI ou THÇRI. Très-petit poisson qui remonte les rivières des Antilles en troupes si nombreuses, que les eaux en paraissent noires. 11 est blanc , tacheté de rouge , de vert et de bleu*

On le trouve aussi dans la Méditerranée , et il y est très-abondant autour des rochers , où il est facile d'en prendre une grande quantité d'un coup de

filet.

5a chair est très-délicate lorsqu'il est jeune; mais à mesure qu'il vieillit , elle perd de sa qualité.

On ne connaît point le genre auquel appartient ce poisson , et quelques personnes pensent que ce n'est autre chose que le frai de l'année de toutes les espèces de poissons de mer et de rivières. V. Tritri.

TOCAN. On appelle tocans les jeunes saumons ou saumoneaux qui ont moins d'un an. Ceux qui pèchent, dit Duhamel, delà menuise et du fretin avec des filets à manche dans les rivières où il remonte des saumons et des truites, prennent beaucoup de petits poissons qui en ont le caractère distinct if 5 et il est probable que les tocans sont en effet des saumoneaux ou des truitettes, c'est-à-dire de ces poissons éclos depuis peu de temps. V. Saumon.

TOCAN. On donne aussi ce nom à un poisson qu'on pêche dans l'Allier et autres rivières. Le Dictionnaire des Pêches de F Encyclopédie en donne la description suivante : il peut , pour la grandeur et la couleur , être comparé aux harengs de bonne saison . Son dos est vert d'olive, un peu plus foncé qu'aux harengs; cette teinte s'éclaircit sur les côtés et vers le tiers de sa circonférence; elle devient changeante et brillante comme la nacre de perle; ses écailles sont fort petites; le haut de son dos est un peu voûté; sa tête est petite, et quand sa gueule est fermée , la mâchoire supérieure excède un peu l'inférieure; l'extrémité du museau est d'un brun tirant au noir, et dénuée d'écaillés jusqu'au haut de la tète ; entre les yeux et l'extrémité de la mâchoire supérieure , on aperçoit deux petites •ouvertures, qui sont les narines; l'œil est petit, vif; la prunelle est brune et l'iris argenté ; les opercules des ouïes sont marqués des plus vives couleurs de nacre ; il a quatre branchies de chaque côté ; les ailerons, les nageoires et les lignes latérales sont semblables , et placés comme à la truite. Les écailles étant en losange , il semble , en regardant le poisson dans un certain sens , que son corps soit rayé ; ce qui contribue à le rendre plus brillant.

TOILE. Synonyme de /lue. C'est la nappe fine qui est entre les deux hamaux du Tramai/. V. ce mot.

TOMBEREAU. Retranchement qu'on fait derrière la bonde des étangs, pour pêcher lorsqu'on ne peut pas y faire une bonne poêle, ou lorsque la bonde perd l'eau. Y. Étang.

TON. V. Thon.

TON1LL1ÉRE. Râteau dont la tête est garnie d'une poche de filet. Cet instrument sert à prendre les coquillages qu'on nomme, à A i gués- Mortes , touilles, x

TONNELLE. C'est un gor qu'on, forme au bord de la mer avec des filets : on l'appelle ainsi , en le comparant aux tonnelles que les chasseurs tendent

TOR

pour prendre du gibier. Y. la description des tonnelles au mot Verveux, et les j/ig. ire., 2e; et 3e* de la/V. 5i.

Relativement aux réglemens sur l'emploi des tonnelles pour la pêche à la mer, voy. Pêche maritime.

TONNES. Ceux qui transportent le. poisson d'eau douce mettent sur lès charrettes de grosses tonnes remplies d'eau , et qui ont à la bonde une grande ouverture carrée, qu'on ferme avec un tampon d'herbe de marais. V. Poissent.

TORPILLE ou TORPÈDE. Espèce de poisson du genre des raies , qui jouit de l'étonnante propriété de frapper d'engourdissement la main qui le touche , ou , mieux, de lui faire ressentir une commotion semblable à celle que donne une machine électrique. Y. Raie-Torpille.

TORQUETTE ou TORCHETTE. Sorte de panier ou emballage fait avec de la paille longue ou de la élu , dans lequel on enveloppe quelques poissons de choix. Y. Emballage, ou plutôt Poisson.

TORSCH ou TORSR. Nom de la morue dans le nord de l'Europe.

TORTUE , testudo. Genre de reptiles dont fes caractères consistent à avoir le corps renfermé dans une boîte osseuse , recouverte de cuir ou de plaques écailleuses; quatre pieds pourvus de doigts, tous ou presque tous onguiculés.

' Linnœus a divisé les tortues en trois sections :

Les tortues marines, qui nagent presque continuellement et qui ne vont à terre que pour y déposer leurs œufs ; elles ont les pieds aplatis en nageoires écailleuses; les doigts inégaux, allongés, élargis, réunis entre eux , pourvus de vrais ongles très-petits et terminés par des lames écailleuses , larges et aplaties.

Les tortues d'eau douce, qui vivent dans les rivières, les étangs, les marais, et qui sont la moitié de leur vie dans l'eau , et l'autre moitié sur terre. Elles ont les doigts des pieds très-distincts, terminés presque tous par des ongles crochus ; mais ces doigts sont palmés dans les unes, demi-palmés ou même non palmés dans les autres, selon qu'elles sont plus ou moins aquatiques.

Les tortues terrestres, qui ne vont jamais dans l'eau , et qui ont les doigts non distincts , c'està-dire réunis en un moignon écailleux, d'où partent les ongles.

Description. — Les tortues, en général , ont une organisation très - remarquable. Elles sont renfermées dans'un test très-solide, composé d'un bouclier supérieur, qu'on nomme carapace, et d'un inférieur, qu'on appelle plastron, lesquels ne sont attachés ensemble que par les côtés. Ils sont formés de plusieurs pièces réunies par des sutures dentelées , recouvertes de lames écailleuses, et dont la nature parait être car tilagi no-osseuse dans la plupart. des espèces.

La carapace, plus ou moins bombée, est soudée à l'épine dorsale de l'animal , et croit avec lui ; elle est recouverte, en dessus, de grandes plaques de la nature de la corne. «

Le plastron est ordinairement plat , et couvert de plaques semblables à celle de la carapace! il a quel-

TOR

TOa

quefois sas parties Antérieures et postérieures mobiles sur des chatières* .ce qui permet à l'animal de se cacher entièrement à la vue.

La peau , qui ne recouvre le corps que sur ses extrémités, et sur Ja portion qui se voit entre les deux parties de leur test, est ordinairement couverte d'écailles ou de tubercules écailleux plus ou moins rapprochés, etest si solide, qu'il est souvent difficile de l'entamer avec les inatrumens les plus acérés.

Les tortues ont» en général, la tête d'une forme pyramidale, quadr angulaire, et les yeux petits. Leur ne* est formé par deux troua oblongs t qui se voient à la partie supérieure du museau * et, dans quelques espèces, au bout d'une trompe courte et cylindrique, qui sort de cette même partie: la langue est mince et trois fois .plus longue que large ; les deux mâchoires ou gencives sont tranchantes et ressemblant beaucoup, parla forme et la consistance, au bec des perroquets ; quelquefois il y a des dents ou des aspérités enchâssées dans le palais , et plus ou moins nombreuses; le cou est cylindrique, susceptible d'une grande extension, et presque toujours recouvert d'écaillés fort dures ; et cependant cette partie est peu susceptible de défense , et c'est par elle que l'animal peut être tué le pLus facilement ; aussi la retire-t-ii au moindre danger. L&s quatre pattes sont rarement assea longues pour que la tortue puisse se retourner lorsqu'elle est renversée sur le dos ; et dans la plupart des espèces, ces pattes peuvent se replier sous la carapace. Le marcher des tortues est fort lent, et il a même passé en proverbe de toute ancienneté ; cependant quelques espèces courent assez vite. Celles qui habitent les eaux ont de plus la faculté de nager assez bien. Leur queue est ordinairement peu longue, toujours conique et garnie, en dessus, d'écaillés semblables à celles des pattes, et quelquefois terminée par une pointe piquante î elle se recourbe et se cache dans le danger sous les pattes postérieures. C'est sous cette queue que se trouve l'anus , qui est en même temps l'ouverture des organes de la* génération des mâles et des femelles*

Les tortues , par suite de l'organisation de leurs poumons , ont la faculté de vivre sans respirer au fond des eaux, ef même de ne périr qu'après un long temps dans leividede la machine pneumatique.

La circulation du sang dans ces animaux est trèslente j ils ont ce qu'on appelle le sang froid , par rapport à celui des mammifères et des oiseaux ; ce qui fait qu'ils peuvent rester engourdis pendant tout l'hiver, soit dans la terre , soit dans l'eau ; mais cet engourdissement n'est qu'une simple diminution des forces vitales, et non une suspension de quelques facultés, comme dans les mammifères hyi)ernans , tels que les reptiles, le loir et la mar-

motte. Au reste, la transpiration des tortues est presque nulle , et les seules pertes qu'elles éprouvent se font par les déjections. 11 a été constaté qu'au bout de 5 mois d'abstinence une tortue qui pesait 4 livres et demie n'avait perdu qu'une once. Lorsque les tortues de mer et d'eau douce sont demeurées hors de l'eau pendant un certain espace de temps , elles ont d'abord beaucoup de peine à s'y replonger, parce que les poumons renfermant

une plus grande quantité d'air, et leur carapace s'étant un peu desséchée , elles ont moins de pesanteur spécifique que celles qui ne sont point sorties de l'eau.

Propagation, croissance, moyens de défense, longévité. — Il parait que, dans l'accouplement, le mâle monte sur la femelle. C'est vers le milieu du printemps que les tortues marines font leur ponte ; elles vont sur le rivage pendant la nuit, y creusent un trou, hors de la ligne des plus hautes marées, avec leurs pattes antérieures, et y pondent un certain nombre d'œufs, qu'elles recouvrent de sable. Cette opération se répète trois fois , à i5 jours, dit-on, de distance. On n'est pas d'accord sur le nombre d'oeufs qu'elles font à chaque fois. Des auteurs ont porté ce nombre à 90 ; ce qui serait énorme, La ponte se fait avec tant de préoccupation, que les tortues, jusqu'alors extrêmement craintives , ne voient plus le danger : c'est alors qu'on les retourne . et qu'on s'en empare. Comme les femelles vont seules â terre et qu'on met une grande ardeur à les prendre ainsi que leurs œufs , il n'est pas étonnant que les tortues deviennent rares.

Les œufs des tortues sont plus ou moins ronds , selon les espèces, et pourvus de blanc et de jaune; leur enveloppe est souvent molle. On apprête ces œufs comme ceux des poules, et leur saveur n'est guère inférieure à celle de ces dernières : aussi sontils fort recherchés. Ceux des tortues marines, abandonnés dans le sable à l'influence vivifiante du soleil, n'éclosent pas régulièrement à une époque fixe. A Saint-Vincent, l'une des îles du cap Vert, les petites tortues sortent de leurs œufs au bout de 17 jours. Ailleurs, c'est plus tôt ou plus tard, suivant la température du climat. Les petites tortues sortant du sable vont directement à la mer 5 et comme elles éprouvent d'abord quelque difficulté pour s'enfoncer dans l'eau, un grand nombre devient la proie des oiseaux aquatiques, et lorsqu'elles sont dans l'eau , elles sont recherchées par les poissons voraces , les crustacés , etc. , de sorte que la plupart périssent.

.Les tortues d'eau douce déposent aussi , en général, leurs œufs, à la fin du printemps, dans le sable, à l'exposition du soleil} mais elles en pondent bien moins : celles de terre, en Sardaigne , n'en pondent que cinq à bix.

L'accroissement des tortues parait être assez rapide. Valmont de Bomare rapporte qu'un habitant de Saint-Domingue , partant pour la France , embarqua dans un baquet une tortue de mer pesant 25 livres | et qu'en un mois il fallut la placer deux fois dans des vases plus grands , parce qu'elle ava}t cru d'un pied.

11 y a tout lieu de croire que les tortues vivent long-temps. Cetti en cite une, en Sardaigne , qui avait 70 ans, et qui ne paraissait pas plus vieille que beaucoup d'autres qu'on prenait dans la campagne-

Les sensations des tortues sont. bornées au plu* strict nécessaire, et il paraît que ces animaux ne prennent de la vivacité qu'à l'époque de leurs amours , où les mâles se battent avec acharnement. Hors de là, ils ue savent que se contracter et atten-

tor

dre, pour faire usage de leur redoutable bec et de leurs doigts , qu'on leur fasse éprouver uu mal trèsaigu. Mais si les tortues ne mordent pas facilement, elles mordent cruellement: il n'y a aucun moyen de leur Jaire lâcher prise , la mort même ne suffit pas; il faut qu'elles emportent la pièce, ou qu'on leur brise complètement les mâchoires. M. Bosc rapporte qu'en Amérique il tirait parti de cette disposition pour travailler avec sécurité sur les tortues qu'il voulait empailler. 11 lui suffisait de leur présenter un morceau de bois à mordre , pour qu'elles ne cherchassent plus â le mordre lui-même, il n'en usait ainsi que parce qu'il n'aurait pu les tuer sans détruire leur organisation générale, et qu'il fallait, pour remplir son objet , conserver leur peau et leur carapace sans les altérer. La ténacité de la vie dans ces an i m au* est extraordinaire, et on a vu, à Paris, une tortue affaiblie par un voyage de aoo lieues et une jeune de plusieurs mois , vivre une journée entière après avoir eu la tête coupée.

Les tortues peuvent rester un temps considérable sans manger. Blasius en cite une qui fut 1 o mois sans prendre de nourriture. Toutes celles qui habitent au-delà des tropiques passent ainsi 4 ou 6 mois enfoncées dans la boue des marais ou dans le sable des collines. ,

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