TOA
ses œufs sont même plus délicats que ceux. des autres espèces de tortues marines.
On prend les tortues-carets comme les tortues franches , sur les côtes où elles viennent pondre ; en pleine mer lorsqu'elles dorment , et dans des filets tendus exprès. Leur dépouille en écaille pèse ordinairement de 3 à 4 livres, plus ou moins, suivant l'âge.
La Tortue - Couanb a la carapace ovale , en cœur, dentelée sur les bords, couverte de quinze plaques , dont les intermédiaires sont postérieurement bossues. Elle a été confondue par plusieurs auteurs avec la tortue-caret. Elle est assez, commune dans la Méditerranée , où l'on en prend de 3 à 400 livres ; elle n'est pas rare non plus dans les mers de l'Amérique. C'est la plus vivace de tontes les tortues marines. Elle se nourrit principalement de coquillages et de crustacés. Sa chair est coriace, rance, et a une odeur de musc très -forte,; aussi n'est-elle pas recherchée. L'huile qu'elle fournit est abondante; mais, à cause de sa fétidité, elle n'est employée que pour brûler, préparer les cuirs, ou caréner les vaisseaux. L'écaillé qui recouvre sa carapace est mince, remplie de plis et d'inégalités; ce qui (ait qu'on ne peut l'employer que comme écaille fondue. Il n'y a que les œufs de la couane qui soient estimés ; on les vend plus cher dans les iles de l'Amérique que ceux d'aucune autre espèce.
La Tortue- Luth, testudo coriacea (Lin.) , est connue des pêcheurs sous les noms de rat-de-mery tortue à clin, tortue mercuriale. Elle habite la Méditerranée et l'Océan atlantique. Sa longueur est de 7 à 8 pieds. On en prend de temps en temps sur les côtes françaises de la Méditerranée , et on dit que , lorsqu'elle est blessée , elle fait entendre des hurletnens d'une force prodigieuse, et que sa bouche, en ce cas, exhale une odeur, fétide. Sa chair est bonne à manger, et on retire de sa graisse une huile bonne à brûler.
Cette espèce est très-remarquable sous plusieurs rapports ; elle a sa carapace très-allongée , se terminant postérieurement par un long prolongement, couverte non d'écaillés, mais d'un vrai cuir, dur, noir et pourvu de cinq arêtes longitudinales; Ja tête, les pattes et la queue défendues par un cuir de même nature , et ne pouvant se retirer sous elle comme dans la plupart des autres espèces.; la partic supérieure du museau fendue pour recevoir l'extrémité de la mâchoire inférieure, qui est recourbée en haut. Les Grecs et les Romains ont connu cette tortue ; ils ont dit que sa carapace avait d'abord servi à supporter les cordes de l'instrument de musique dont on lui a donné le nom , et qui a conservé plus ou moins de sa forme. De nos jours, les peintres et les sculpteurs représentent encore la lyre des Anciens sous la forme d'une carapace.
2°. Tortues d'eau douce*
Les tortues de cette division ont aux pieds des doigts très-distincts , et terminés presque tous par des ongles crochus. Ces doigts sont palmés dans les uns, demi -palmés ou non palmés dans les autres..
Espèces qui habitent l'Europe* La Tqbtue jaune, testudo orbicuiaas (Lin. ) j
TOR
TOR
a la carapace.de 8 pouces au plus de long sur 5 de large, convexe, lisse, couverte de i3 écailles dorsales et de a5 écailles marginales, de couleur noirâtre , avec des points et àes lignes jaunes disposées en rayons. On la trouve dans les parties méridionales de l'Europe ; elle fournit plusieurs variétés qui ont été décrites sous les noms de tortue d'Europe , de tortue tu té la ire , de tortue ponctuée , de tortue ronde. Cette espèce vit dans les eaux bourbeuses et les marais, et se nourrit de petits poissons, de reptiles, de -coquillages et d'herbes. Sa chair est très -bonne à manger, et ses œufs sont de la grosseur de ceux d'un pigeon. On nourrit beaucoup de tortues de cette espèce dans l'Allemagne méridionale, pour les vendre sur les marcliés. La Tortue bourbeuse est la plus commune de toutes -celles de l'Europe , dont elle habite les contrées méridionales : elle a la carapace noirâtre , d'une seule couleur \ la peau noire et nùe, excepté •ur les pattes, qui sont écailleuses; la queue assez longue. Elle se nourrit de reptiles, d'insectes et de plantes. Elle attaque même les gros poissons, qu'elle jnord sous le ventre et dont elle occasionne la mort-; ce qui doit engager de les écarter des étangs. On la nourrit fréquemment dans les jardins du midi de la France , parce qu'elle détruit les limaces , les insectes et autres animaux nuisibles. L'accouplement de cette tortue a Eieu dansFeau et dure a ou 3 jours $ la femelle dépose -ses œufs dans un trou exposé au soleil, et au t>out de 3 mois il en sort des petits, qui vont tout de suite se jeter à l'eau. On fait venir cette tortue de la Provence , et on la vend â Paris pour faire des bouillons, qu'on regarde' •comme très-utiles dans les maladies de poitrine et pour réparer les forces épuisées par les plaisirs de l'amour.
Espèces qui habitent Us pays étrangers â l'Europe*
La Tortue molle, testudoferox ( Lin. ), la plus grande des tortues d'eau douce ; elle parvient â 3
Sieds de long et a 5o livres de poids. On la trouve ans les rivières de la Caroline méridionale., de la ffloride et de la Louisiane. Elle ne sort £uère de l'eau que ,pour faire sa ponte , qui est de 2.0 à 3o œufs. Sa chair est un très-bon manger; mais comme cotte tortue mord avec fureur quand on veut la saisir, et que sa morsure emporte la pièce, les pêcheurs la redoutent.
Les autres espèces étrangères à l'Europe sont :
La tortue serpentine , la tortue raboteuse, la tor-* 4ue réticulaire-, la tortue à bord en scie, la tortue à lignes concentriques «et la tortue odorante, que l'on trouve toutes dans les rivières ou les marais de la ^Caroline; la tortue ponctuée, la tortue peinte , la tortue. d botte à gouttelettes , et la tortue rougedtre, «que l'on trouve aussi dans l'Amérique septentrionale^ la tortue chagrinée, la tortue roussâtre et la tortue d-casque, que l'on trouve dans les Indes ; la' tortue-martinelle , que l'on trouve â Oayenne; la. tortue-matamata et la tortue d trois carènes, que l'on trouve dans les rivières de la Guiane ; la tortue de PEuphrate, la tortue à bec, que l'on trouve dans le Nil } la tortue d double épine, que l'on trouve.) /«e dentelée, qui se trouve en Virginie; enfin la
dans le Brésil ; la tortue Caspienne , qui se trouve dans les marais près de la mer Caspienne; la tortue à tête noire, qui se trouve dans les Moluques ; la tortue porphyrée, que l'on trouve dans la Nouvelle- Hollande ; la tortue <¥ Amboine y qui habite l'île ainsi nommée ; la tortue écailleuse , qui se trouve à l'Ile de Java; la tortue spenglerienne , là tortue d verrues, la tortue écrite , la tortue noirâtre et la tordue retzienne , dont on ignore la patrie.
3°. Tortues terrestres*
Elles ont les doigts des pieds non distincts ou réunis en un moignon écaill eux, d'où partent les ongles. Parmi les espèces de cette division , une seule habite l'Europe , c'est
La Tortue grecque ou Tortue terrestre commune , qui se trouve dans les parties méridionales de l'Europe, et principalement dans la Grèce, et dont on connaît nuit à dix variétés. Elle était connue des Anciens, qui la plaçaient aux pieds de Vénus comme symbole de la douceur. Cette espèce est hémisphérique ; elle a la carapace de 5 pouces au plus de long 9 de 4 pouces de large et de 3 de haut , ovale , et. couverte de i3 plaques supérieures et de %S plaques marginales , les unes et les autres d'une couleur jaune mêlée de noir, et entourées de stries nombreuses $ le plastron divisé par un sillon longitudinal, de couleur jaune, avec une tache noire sur chacune des 12 plaques dont.il est composé ; la tète un peu convexe en dessus , recouverte par quelques écailles ; les mâchoires dentées ; les pieds courts ; la queue conique et terminée par une corne recourbée en dessous et jaunâtre.
-On nourrit la tortue grecque dans quelques jardins en Italie et en Sardaigne, pour détruire les hélices et les insectes* elle vit plus de 60 ans; elle passe l'hiver dans la terre sans manger ; mais dès le printemps , elle sort de sa retraite ; et après avoir réparé ses forces, elle s'accouple et pond cinq à six œufs gros comme ceux d'un pigeon , qu'elle dépose dans le sable, où les petits éciosent à la fin de 1 été. Sa -chair est bonne à manger, et on en fait une grande consommation en Grèce pendant le carême , parce qu'elle est regardée comme maigre. Comme cette tortue est très-commune en Barbarie, on en apporte beaucoup de ce pays à Marseille, d'où on les envoie à Paris pour l'usage des pharmacies. Les bouillons, faits avec cette tortue passent pour être meilleurs dans les affections de poitrine que ceux de la tortue bourbeuse.
Les autres espèces de tortues terrestres sont : la tortue bordée, qui se rapproche de la tortue grecque et que l'on croit habiter l'Amérique méridionale ; la tortue d marqueterie, que l'on croit se trouver au Brésil ; la tortue ponctulane, qui se trouve au Brésil et-à la Guiaoe 5 la tortua-gopher, qui habite dans l'Amérique septentrionale ; la tortue géométrique , qui se trouve en Asie et en Afrique ; la tortue élégante et la tortue aréolée, qui habitent les Indes ; la tortue indienne, qui se trouve à la côte de Coromandel*; la tortue- cafre et la tortue-vermillon, qui se trouvent au cap de Bonne-Espérance; là tortue d faciès blanche , qu'on trouve à Ceylan ; la tor-
TRA
tortue-coui, la tortue lutéole et la tortue jouvencelle, dont on ignore la patrie.
TOUE^ Bateau grand ou petit, qui sert à passer les rivières, sur-tout la Loire. Les pêcheurs, vers Tours et Orléans, s'en servent poux pêcher l'alose.
TOUILLE. L'un des noms donnés au Requin. V. ce mot.
TOUILLE-BŒUF. Nom vulgaire du squale-nez dans quelques ports de mer. Y. Squale.
TOULÈTTE. Terme picard , qui signifie une espèce de poulie en bobine faisant partie du métier à faire \esj>eis ou piles , qu'on nomme carré*
TOULON. 11 y a dans cette ville une juridiction de Prud'hommes-Pécheurs. V. ces mots.
TOUN. Nom du thon à Marseille. "
TOUP1N. Morceau de bois , quelquefois de liège, figuré en cône tronqué, sur lequel on fait des rainures pour recevoir plusieurs fils ou tourons qu'on veut commettre , afin de régler leurs révolutions. V. Corde.
TOUR. Enceinte ronde des bourdigues, dans lesquelles le poisson se rassemble. 11 y en a ordinairement cinq : les deux qui sont les plus près de l'entrée s'appellent reculadous} celles du milieu requinquettes, et celle de la pointe est dite du dehors. V. Bour digue.
TOURD. Poisson du genre des labres* On donne aussi ce nom au labre-paon. V. Labre-Paon et Labre- Tourd.
TOURNE-DOS. On doit exposer dans les marchés les poissons un peu avariés dans un sens différent de ceux qui sont en bon état , pour que les acquéreurs les connaissent : c'est ce qu'on appelle exposer à tourne- dos. Cela se pratique particulièrement à Metz.
TOURNÉE. On donne ce nom, dans les environs de Saint-Brieuc , au colleret. On nomme aussi parcs à petite tournée des parcs ouverts et à crochets $ mais ceux à grande tournée sont les parcs fermés. Il y a encore des hauts et bas parcs à tournée, qu'on tend de haute mer. Enfin on appelle tournée une seine qui est tirée par deux bateaux. V. Parc, Seine.
TRABACOU ou TRABAUQUÉ. C'est ainsi u'on nomme maintenant aux Martigues le filet es grandes tartanes. V. Tartane.
TRA1LLET. Sorte de châssis sur lequel on roule la corde du libouret. V. Ligne.
TRAINE. On donne assez souvent ce nom aux seines. Les Provençaux disent trahines. Dans les environs de Caen, on nomme traîneaux les petites seines^ on nomme aussi traîne une pêche qu'on fait avec un crochet double, qu'on traîne sur le sable pour en tirer les coquillages qui s'y enfoncent. V. Pêche et Seine.
L'usage des traînes est prohibé par la déclaration du roi, du a3 avril 1 726. V. Pêche maritime, $ 4*
TRAINEAUX. V. Traîne.
TRAINEE. Espèce de ligne de fond. V, Ligne.
TRAINELLE. Sac de toile qu'on traîne sur le sable 9 comme une petite charrue , pour prendre des lançons. Ce terme est usité en Basse-Normandie.
TRAIT. On nomme trait l'espace qu'on parcourt avec un filet qu'on traîne : après avoir fait un trait,
TRA
on en fait un autre. On appelle quelquefois trait les ailes des filets en manche, apparemment parce qu'on les traîne par ces ailes. V. Aissaugue.
TRAITER ou TRAILLER une- ligne, c'est lui donner de temps en temps une secousse en la tirant vivement d'une brasse, soit pourvue l'haim entre mieux dans les chairs , soit pour engager les morues à saisir l'appât, qui pourrait leur échapper.
TRAMAIL; ou TRÉMAIL, ou TRAMAIL.
LADE. Ces différons noms viennent du latin très maculœ, trois mailles, et désignent un même filet, qui est composé de trois rangs de mailles les unes sur les autres, dont celles de devant et de derrière sont fort larges, et faites d'une petite ficelle. La toile du milieu, qui s'appelle la nappe, est faite d'un fil plus délié ; elle s'engage dans les grandes mailles , et elle bouche l'issue aux poissons qui y sont entrés*
Nous avons indiqué la manière de le fabriquer au mot Filet, et ses usages en parlant des £ tentes sur piquets et de la garniture des Parts. V. ces mots.
Ce filet est formé de trois nappes (/V.34, N°.IV)9 posées immédiatement les unes sur les autres, et montées sur une ralingue qui est commune à toutes, ab , cd, qui borde le filet haut et bas.
Les deux nappes qui renferment entre elles une nappe intermédiaire s'appellent hamaux dans les ports de l'Océan, et entremeaux sur la Méditer* ranée. Ces nappes sont faites d'un fort fil retors; leurs mailles ont depuis 5 jusqu'à 9 et 10 pouces d'ouverture en carré ; le filet qui est renfermé entre les deux hamaux se nomme, en Ponent, Influe, la carte ou la nappe. Ce dernier nom est celui qu'on lui donne aux bords de la Méditerranée. Cettenappe est faite d'un fil plus ou moins délié , suivant l'espèce de poisson qu'on se propose de prendre. Ses mailles sont aussi de différentes grandeurs ; car, quoique les poissons ne doivent pas s'y mailler, comme dans tes manets, ce filet étant de nature à en arrêter de grosseurs différentes, il ne faut pas que les mailles soient aussi serrées pour prendre de fort gros poissons que pour en arrêter de petits*) mais elles sont toujours beaucoup moins ouvertes que celles des hamaux.
Comme il faut que la flue ou nappe €otte entre les hamaux, on la tient toujours plus grande que ceux-ci ; et s'ils ont 7 pieds de chute et 80 brasses de longueur, la flue doit avoir au moins 8 à 10 pieds de chute et une longueur de 100 brasses.
Par ce moyen, la flue, qui est d'un fil délié et qui flotte entre les hamaux, cède aux efforts que tout les poissons, et entre dans les mailles des hamaux, où elle forme des poches, d'où les poissons ne peuvent se dégager.
L'avantage de ce filet est d'arrêter les poissons qui s'y présentent, de quelque côté qu'ils lex rencontrent, sans avoir besoin qu'ils s'emmaiilent en s'arrètast par les ouïes, comme lorsqu'on se sert de manets. Les entremaillades de la Méditerranée sont ordinairement bordées par la tête d'une espèce de lisière hkf PL 34, iV°. IV, qu'on nomme sardon, et qui est formée de 3 à 4 rangées de grandes mailles, faites avec du £1 encore plus fort que ceLui des hamaux ; et c'est sur le sardon que sont attachées les .flottes
TRA
ou nattes de liège* Ces généralités suffisent pour rappeler ce que nous avons dit ailleurs sur "cette espèce de filet. A l'égard de la manière de s'en servir, nous avons déjà expliqué comment on le tend sur des piquets à la façon des Ravoirs, ou pour en former des Palis, ou encore pour en garnir les Parcs. (V, ces mots.) 11 s'agit maintenant d'expliquer comment on les tend sans piquets, pierres et flottés. On tend les trémails ou tramaux comme les autres étentes pierrées et flottées, ou à la mer basse sur les graves , ou dans Peau à une petite distance du rivage , ou dans les grands fonds. Assez souvent on tient ce filet sédentaire , d'autres fois on le laisse dériver au gré des courans; quelquefois même on le traîne. Ainsi, on pourrait substituer avec avantage le trémail à presque toutes les autres espèces de filets 5 mais il est beaucoup plus cher. Nous allons expliquer en détail ses diirerens usages.
4 t. — De la pèche aux trémails ou tramaux pierres et flottés, tendus sédentaires d te tasse eau sur les grèves»
Les petits pécheurs des côtes tendent des tramaux à la basse eau comme on tend les folles. Pour cela, à toutes les grandes vives-eaux, lorsque les sables découvrent beaucoup, et depuis le mois de mars jusqu'à la fin d'octobre, nombre de pécheurs étenaent sur le sable, PL 34, 2V°. II, des pièces de tramaux , le pied tourné à la mer. La tête du filet, qui est garnie de flottes de liège , est couchée vers la côte : ils attachent,' aux deux bouts de la corde qui borde le pied du filet , une grosse càblière a; ils mettent quelquefois des pierres sur cette corde; mais le plus souvent ils se contentent de l'enfouir dans le sable , et ils attachent à la tête du filet des bandingues b, terminées par des pierres qu'ils enfouissent dans le •sable.
Nous avons déjà eu occasion de parler des Bandingues. (V. ce mot. ) Ainsi, on conçoit que quand la marée monte, elle tend à soulever la tête du filet, à cause âes flottes qui y sont attachées ; mais le courant de la marée qui porte à la côte couche le filet tout près du terrain , et alors il s'y prend bien peu de poissons. Il n'en est pas de même au retour de la marée, parce que les bandingues b empêchent que le filet ne se renverse ; l'eau s'entonne dans le filet avec le poisson, qui quitte la côte au retour de la marée. Ce sont sur-tout des poissons plats, soles, limandes , carrelets , raies 5 on y trouve encore des roussettes et divers crustacés, tels que homards, langoustes , crabes, etc. Les poissons ronds qui don-1 nent dans le filet sont également pris* comme les poissons plats.
Les pécheurs, craignant que les poissons voraces n'endommagent le fruit de leur pêche , ont coutume d'aller avec des bottes prendre leurs poissons avant que Ja mer soit retirée entièrement. Ils* redoutent les crustacés, qui se portent en abondance à la côte dans les chaleurs; mais ils craignent encore plus les étoiles-de-mer, qu'on nomme ckaffbllesen quelques endroits., et qui , dit-on , dévorent même les crabes. '
Comme on ne peut pas ensabler le pied du filet : quand on est obligé de tendre sur des fonds durs, on le charge de beaucoup de pierres s on en met
TRA
même aux deux extrémités de la tête du filet , ce qui n'empêche pas qu'on ne fasse usage des bandingues, qu on termine par une grosse pierre, ou qu'on arrête avec des crochets que l'on fait entrer dans ces fonds.
Ces pêcheurs ne peuvent tendre que par un beau temps. Les vents forcés emplissent les filets de sable et de goémon 5 et le courant de l'eau étant arrêté par ces immondices, il rompt ou emporte les filets. Mais quand les bandingues sont bien disposées et que l'eau ne charrie point d'immondices, le filet fait une grosse poche à la marée descendante ; et s'abaissant vers la côte à mesure que l'eau se retire , il couvre le poisson qu'il a arrêté et qui se trouve ainsi pris entre le filet et le sable, comme on le voit PL 33 , N°, V.
On donne différons noms à ce filet : quelques-uns l'appellent rieux traînaillé, flotté et pierre ; d'autres cibaudière flottée , et ailleurs foue tramaillée.
Comme il y a de grandes plages de sable dans les environs du bourg a'Ault, on y pratique cette pêche, et le filet s'y nomme tramait, ou trémillon s'il est petit 5 et les lièges qu'on met à la tète, flotterons.
On voit que la tente de ces tramaux sur les grèves diffère peu de celle des folles, dans la même circonstance.
$ 2. — De la tente des tramaux sédentaires dans les rivières, dans les étangs et d peu de distance du bord de la mer*
Nous avons dit, en parlant de la manière de pécher à Vépervier, que quand on traîne ce filet dans un cours d'eau, l'on tend%ssez souvent en travers un tramail plombé et flotté , qu'on place à une certaine distance en avant de l'épervier pour prendre le poisson qui fuit devant les pécheurs. Voici d'autres usages auxquels on emploie les tramaux.
Quand il y a beaucoup de crônes et d'herbiers au bord des rivières et des étangs poissonneux , les pécheurs entourent ces endroits avec un trémail pierre et flotté , ainsi qu'on le voit PL 34 , sur le devant de la fig. N°. III, Lorsque le filet est tendu , les pêcheurs boulent ou bouillent avec des perches, qu'ils fourrent dans les crônes et les herbiers qui se rencontrent entre la terre et le filet : ce qu'ils font à pied quand les bords sont praticables, sinon avec un petit bateau. Les poissons, effarouchés, se jettent alors dans le filet, s y embarrassent et sont pris.
Ce qu'il y a d'avantageux à cette pêche, c'est qu'on peut la pratiquer avec succès par les temps frais , quand les poissons se retirent dans les crônes.
Les mailles de la flue ont ordinairement 8 à 9 lignes d'ouverture , et celles des ha maux 5 pouces.
On tend aussi des tramaux par le travers des petites rivières dans lesquelles il y a beaucoup d'herbiers , et dans des étangs par le travers des canaux qui conduisent aux décharges, ou dans des routes qu'on forme en. fauchant l'herbe des étangs, comme a a, PL a6, JV"°. V$ et on boule au-dessus et audessous du filet, pour engager le poisson à donner dedans.
On traverse encore avec des tramaux les rivières où la marée remonte. On choisit par préférence les temps des mortes-eaux,; et on tend le filet immé-
TRÀ
diatement ayant que la mer commence à monter, pour le relever à l'instant du reflux. On peut aussi y tendre de pleine mer lorsqu'elle est étale, et relever avant qu'elle soit entièrement retirée.
Outre les plombs du pied du filet , on amarre de grosses cabiières aux angles d'en bas du filet.
La tête du filet est garnie de flottes; et on attache, aux extrémités B et H, PL 34* -#"*• V, deux lignes, qui portent chacune une bouée ou signal e e, qui sert à reconnaître l'endroit où est mouillé le filet, lorsqu'on veut le relever.
Un homme et un petit garçon dans un batelet suffisent pour faire cette petite pêche.
Le filet ne reste tendu qu'une heure et demie ou deux heures au plus, parce que si l'on a tendu la mer étant basse , il faut relever avant que le reflux se fasse sentir; et si l'on a tendu de pleine mer, il faut relever avant qu'elle soit entièrement retirée.
Pour le relever, l'homme qui est dans le batelet tire à bord son filet par le bout qu'il avait mis le dernier à l'eau, et le petit garçon rame, afin que le bateau résiste à l'effort que fait l'homme pour amener le filet à bord.
On voit de ces tramaux tendus en folles en remontant la Seine au-dessus de Quillebœuf ; ils y sont appelés rets dormans. Le tramail est d'un usage si commode, qu'on s'en sert dans beaucoup d'endroits, entre autres dans la rivière de i'Isle, près Libourne; au-dessus de Bordeaux , vers Pouillac ; et à l'entrée de la Loire , pour prendre plusieurs sortes de poissons, particulièrement des aloses.
A l'île de Trentemou, prés Nantes, on pêche à la mer avec un tramail qye l'on nomme sept-doigts, et qui est tendu en rets traversant entre les roches. Les pécheurs se mettent dans leurs barques entre la terre et le tramail , et battent l'eau avec leurs avirons pour faire lever le poisson plat et l'obliger à fuir dans le filet , ainsi que le poisson rond. Ils relèvent le rets aussitôt qu'ils ont cessé leur battue, et souvent ils font trois battues en une heure. Ils pratiquent cette pêche en tout temps, sur-tdut lorsqu'ils ne peuvent pêcher à l'embouchure de la rivière , à cTause des glaces, des lavasses et des débordemens.
En «Bretagne , dans les environs de Quimper , et en Normandie, prèsdePort-en-Bessin, on pratique une petite pèche que deux hommes peuvent faire sans bateau, et qu'on nomme communément rets roulant, ou vas-tu, viens» tu. Le filet peut être de l'espèce des manets ou des tramaux : si c'en est un du genre des manets, il faut que la grandeur des mailles soit proportionnée à la grosseur du poisson qu'on se propose de prendre ] et comme il peut s'y présenter des poissons de différentes espèces, , il vaut mieux tendre un trémail , parce que ce filet n'exige pas autant de précision dans là grandeur des mailles. Mais quand certains poissons, comme les maquereaux, les harengs ou les sardines donnent abondamment à la côte, on doit tendre des manets, parce que ces filets coûtent moins que les tramaux.
Quelques pêcheurs mettent un peu de plomb au 'bas du filet ; d'autres frappent quelques pierres sur la ralingue d'en bas , et seulement ce qu'il en faut pour que le filet soit tendu , car il ne doit pas traîner sur le fond.
TBA
La longueur du filet n'est pas déterminée : elle dépend de l'espace qu'on peut occuper, comme à la fig. N°. VI, PL 35 , de la côte à la roche J?. Sa chute dépend de l'élévation que prend la marée \ souvent elle est de 8 ou 10 pieds. Les pêcheurs portent le plus loin qu'ils peuvent à la basse eau une poulie, qu'ils frappent sur une petite • ancre , ou qu'ils amarrent à une roche telle que B,fig* JV°. VI, s'il s'en trouve à portée. Ils passent dans la poulie une corde c B, qui revient à la côte. Elle est donc double depuis là côte jusqu'à la poulie*, et ils la tiennent 'toujours plus longue que cette distance. On amarre le bout forain du filet à l'endroit de la corde. Lorsque ce point est près de la côte, en hâtant sur la corde c B , on oblige le point d'attache e d'aller tout auprès de la poulie B$ et on amarre à terre l'antre bout du filet, qui est tendu, mais qui forme une courbe, à cause du courant qui le frappe* On attend que la mer soit montée d'une quantité égale à la chute du filet, pour le tendre en halant sur la corde c B. Alors un pécheur tient une manœuvre qui répond à la ralingue flottée du filet; et quand il sent , aux secousses de cette corde et aux mouvemens des lièges , qu'il y a du poisson engagé dans le filet, uu pécheur haie sur la corde e, pour amener à la côte le bout forain du filet; puis ce bout étant près de la côte, on tire à terre tout le filet par les deux bouts, et on prend le poisson , dont une partie est maillée et l'autre embarrassée dans les plis. Ensuite en halant sur la corde cB , on tend de nouveau le filet et répétant cette même manœuvre} on continue la pêche jusqu'à ce que la mer soit assez retirée pour que le filet ne puisse plus flotter. Il y aurait de l'inconvénient à donner au filet autant de chute que la mer prend d'élévation; car, en ce cas, la pêche ne durerait pas long-temps. On prend à cette pêche toutes leé espèces de poissons ronds qui donnent à la côte , sur- tout quand on tend un trémail. Cette petite pêche est sur- tout avantageuse quand les marsouins rangent la côte ; car les poissons qui veulent fuir pour les éviter donnent dans le filet et se prennent. On commence cette pêche dans le mois de décembre, et on l'abandonne quand on peut aller à la grande pêche du hareng et du maquereau.
§ 3. — De ta pèche aux tramaux sédentaires en
grande eau.
Les pêches dont nous allons parler sont plus considérables que celles dont il a été question jusqu'ici. .
Les Gascons pèchent avec le trémail près de la côte, et aussi en pleine mer. Ils donnent à cette dernière pêche le nom de peugue. C'est la seule dont nous parlerons ici , celle qui se fait à la côte étant à-peu -près semblable aux pêches dont nous avons traité dans les paragraphes précédons.
Les pécheurs du cap de Gascogne ne vont à la grande mer avec des rets tré m aillés que depuis le commencement de novembre jusqu'au mois de mars. Ils donnent divers noms à leurs pêches.» quoiqu'elles ne diffèrent entre elles que par la grandeur des mailles ou par l'étendue et la chute des filets : il paraît qu'ils donnent à ces filets le nom de peugue , ainsi qu'à des rets qui sont du genre des Ma-
TRA
nets. (V. ce mot.) Chaque pièce a communément 3o brasses de longueur et une brasse ou une brasse et demie de chute ; la tête est garnie de flottes de liège, et le *pied de 3 onces de plomb par brasse* Quand les pécheurs se servent de ce trémail dans le bassin d'Axcançon, la tessure n'est composée que de 3 ou 4 pièces de filet : ils la nomment chasse. Chaque bout porte une câblière du poids de ao livres et une bouée.
Pour la pêche à la grande mer, ils joignent les unes aux autres 3o ou 4° pièces de trémail , dont chacune a 3o brasses de longueur; ce qui forme une tessure de 1,000 à 1,200. On met à chaque bout de ces grandes tessures une câblière du poids de 4° ou 5° livres. On en ajoute encore une, qui pèse 20 livres, au bout de chaque pièce, pour que la tessure demeure sédentaire. 11 y a alors trois bouées, une à chaque bout de la tessure et une au milieu. Ces filets ne restent guère plus de 10 ou 12 heures à la mer; souvent on les tend vers le soleil couché , et on les relève à minuit.
Les pêcheurs étant revenus à terre avec leurs poissons , ils étendent leurs filets pour les faire sécher, et recommencent ensuite la pêche.
Les mois de novembre et décembre passent pour être les plus avantageux à cette pêche , parce que les poissons quittent alors le bassin pour gagner les grands fonds. Elle est encore abondante dans le mois de mars , où les poissons , quittant la grande eau , vont frayer à la côte et dans le bassin d'Arcancon.
On cale les tessures depuis 10 jusqu'à 4o brasses; on mouille toujours une ancre au bout du filet, et elle reste à l'eau jusqu'à ce qu'on relève.
Durant le carême, on pêche tous les jours, et seulement trois fois par semaine pendant le reste de l'année.
En plusieurs endroits, et notamment dans les environs de Ma rennes , on appelle folles trémail* lées ou rets à raie des tram aux qui ont environ 80 brasses de longueur : on les tend sédentaires sur les fonds, précisément comme les folles, PL 34) N°* ym Cette pêche, qui se fait depuis le commencement d'avril jusqu'à la fin de juillet, exige que plusieurs matelots s'associent. Chacun d'eux fournit 4 pièces de filet. Le propriétaire du bateau a un lot pour sa part, et les matelots partagent le reste du profit proportionnellement à la quantité de filets que chacun a fournie. Les mailles des hamaux ont 10 pouces d'ouverture en carré, et celles de la flue 2 pouces 1 o lignes. On y prend des raies , des turbots et d'autres poissons plats.
Les folles trémaiuées de la Rpchelle ont les mailles des hamaux de 1 4 pouces d'ouverture , et celles de la flue sont de 18 lignes. La pêche avec ces tramaux se fait précisément comme celle avec des folles, et on 7 prend toutes sortes de gros poissons , principalement des poissons plats.
Les pécheurs de Brest prennent des lieux, des merlans , des rougets , des plies , des soles, des turbots , des poules-de-mer, des grondins , avec un trémail qu'ils tendent de nuit et qu'ils relèvent de jour. Dans les environs de Fécamp, on appelle t rémats, tramUlons et folles trémaHUes ges filets établis sé-
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dentaires à la mer, précisément comme les folles. Ce filet, qui est flotté et pierre, est donc garni aux extrémités de grosses câblières et de bouées; sa chute est ordinairement d'une brasse. On l'établit suivant le vent et le cours de la marée, quelquefois un bout vers la terre et l'autre au large , d'autres fois parallèlement à la cote. Chaque pièce a environ *2 brasses de longueur, et l'on en ajoute assez les unes au bout des autres pour former une tessure de 5 à 600 brasses.
Les mailles des hamaux ont 8 pouces d'ouverture en carré, et celles de la flue, qui est d'un fil trèsfin, en ont deux.
Les pécheurs se tiennent dans leur bateau , et ne s'éloignent guère de la côte que d'une lieue et demie.
On fait cette pêche toute l'année , et les pêcheurs attendent plusieurs marées avant de rapporter leurs filets à terre. Il s'y prend, suivant les différentes saisons , des soles, des carrelets , des raies , des turbots, des aloses, et autres poissons plats et ronds.
$ 4* — Pèche qu'on fait avec des tramaux qui ne
sont pas sédentaires.
Les tramaux qu'on nomme dans les environs de Marennes rets à meuilles ou à mulets, ou encore rets d'enceinte, ont les mailles, tant des hamaux . que de la flue , de différentes grandeurs, et l'on fait usage des uns ou des autres dans différentes saisons de l'année.
Les tramaux dont nous parlons ne peuvent pas être regardes comme sédentaires , puisqu'on ne les fixe point en un endroit par des ancres ou câblières ; on ne peut aussi les regarder comme déri vans , puisqu'on ne les tend point dans les courans, mais dans des endroits où l'eau est à-peu-près dormante. Il importe peu de quelle nature soit le fond. Quand les pêcheurs jugent qu'il y a du poisson rassemblé dans un bas-fond où il ne reste que 5 h 6 pieds d'eau, ils font une enceinte avec 3 ou 4 pièces de tramaux , dont chacune porte 5o brasses de longueur et environ 5 pieds de chute. Les poissons qui se trouvent renfermés par le filet se prennent dans sa flue.
On pêche, depuis Toulouse jusqu'à Agen, des saumons, dans la Garonne, avec des tramaux plombés et flottés , et deux bateaux , dans l'un desquels se mettent deux hommes , et trois dans l'autre, qui porte le filet. Après avoir fait un certain chemin , ils se réunissent : un seul homme lève le filet par le milieu du bateau , et le jette à l'eau par l'arrière. Quand les pêcheurs se rencontrent dans un lieu favorable, ils relèvent tous les quarts d'heure. %
$ 5. — Des pèches qu'on fait sur différentes côtes de P Océan et à P entrée de quelques rivières avec des tramaux flottons et dérivons.
A Villerville, près de Honfleur, on prend des soles, des limandes et d'autres paissons plats, depuis le mois de juin ou de juillet jusqu'à celui d'octobre , avec un trémail de 20 brasses de longueur. Oh le laisse aller à la dérive, après en avoir amarré un bout à un petit bateau que les pêcheurs nomment plate*
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Les tramaux de Lomariakec, à l'entrée du Morbihan, près Vannes, «ont presque ton jour» flottons . Chaque pièce a 25 brasses de longueur, et une brasse et demie de chute. Four l'ordinaire, quatre pécheurs s'associent, et chacun d'eux fournit une pièce , au moyen de quoi la tessure entière est de 100 brasses.
On frappe une bouée à chaque extrémité. Gomme ce filet ne porte pas sur le fond t les pécheurs n'y prennent que fort rarement des poissons plats. Il n'y a que les grands froids qui fassent interrompre cette pèche»
On pèche les saumoné, sur la Dordogne, avec un trémail qu'on y nomme brêge, et dont les mailles sont fort larges. Cette pèche se mit en novembre , et se continue ordinairement jusqu'à la fin de mars. Quoique le filet soit garni de plomb par le bas, il pas de flotter, parce que les lièges soulèvent
ne
les plombs, qui ne servent qu'à tenir le filet tendu, y ayant seulement 3 onces de plomb par brasse.
Deux pécheurs jettent à l'eau un bout du filet, où est amarrée une bouée; ils retiennent l'autre dans le bateau, et se laissent dériver avec le filet, soit que la marée monte, soit qu'elle se retire. Après avoir parcouru environ 200 toises , ils relèvent leur filet. Ils ne prennent guère à cette pèche que des aloses outre les saumons.
Les tramaux de la Garonne appelés brèches se gouvernent de même. Ils ont de 40 à 5o brasses de longueur.
On pèche quantité d'éperlans, à l'entrée de la Seine, avec des filets nommés tramillons ou tramaillons. La flue est faite de fil très-fin ; ses mailles ont 4 à 5 lignes d'ouverture , et celle des hamaux de-
Suis 3 jusqu'à 5 pouces; le pied du filet est garni e plomb, et la tête de flottes de liège: de plus, on ajoute une bouée au bout forain. Ces filets ont 7 ou 8 pieds de chute. Comme on les établit dans des endroits où l'eau a tantôt plus, tantôt moins de profondeur, les pécheurs emploient des énards, a, PL 34, N°. Fil, pour prendre comme des ris, et augmenter ou diminuer à volonté la chute des tramillons proportionnellement à La profondeur de l'eau ; ce qu'ils exécutent en bouclant ou débouclant les énards a, qui répondent à la tète du filet.
On fait cette pêche lorsque la marée monte ou quand elle se retire. On ne peut , si l'eau est claire , pêcher que de nuit ; mais lorsqu'elle est trouble, le jour et la nuit sont également avantageux.
Un homme et un garçon de bord suffisent près* que toujours pour pêcher ainsi : le premier tend et relève le filet ; l'autre rame , pour soutenir la dérive du Blet, dont un bout tient à la barque.
Le pécheur est ordinairement propriétaire de sa barque ainsi que de ses filets 9 et il pèche pour son compte. S'il a besoin d'aides , il les loue , soit à la journée , soit à la saison : car on fait cette pêche en deux saisons ; savoir, depuis la fin de février jusqu'à la mi-avril, et du commencement de novembre à celui de janvier, auquel temps la plupart des éperlans se retirent dans des endroits où l'on ne peut aller que difficilement les chercher.
Quelques-tins de ces filets restent blancs , d'autres son; tanné»;. :
On tend à la Hougue, à Grand-Camp et ailleurs,
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des tramaux d'une autre manière , suivant laquelle ils dérivent à la marée, reposant légèrement sur le fond, qui doit être sain, comme sont les sables de presque toutes les côtes de Basse-Normandie. En quelques endroits , on appelle ce filet petite drége.
La tessure , PL 35 , N°. II, est composée d'autant de deux pièces de tramaux qu'il y a d'homme» dans l'équipage, et d'une de plus, qui est fournie par le maître. Tous les pécheurs s'associent et se mettent dans le même bateau.
Chaque pièce de filet a 14 ou \5 brasses de Ion* gueur, et 4 à 5 pieds de chute ; la tète est garnie de flottes de liège, et le pied chargé d'environ une livre de plomb par brasse : ce qui est suffisant pour faire caler le filet jusque, sur le fond, qu'il doit toucher légèrement*
Les pièces ne sont pas immédiatement jointes les unes aux autres , mais séparées par xxnjunin a, gros comme le pouce , et qui a environ 8 brasses de longueur. On attache au milieu de chacun de ces fumes une ligne assez fine , à laquelle on donne communément une longueur de 1 s brasses ; et chaque ligne répond à un assez gros morceau de liège ou à une petite bouée B. Ainsi, outre les flottes de la tète , ces filets sont encore soutenus par les bouées , ou par des barils vides B B, etc. Les lignes doivent être d'une longueur égale , pour que tous les filets soient soutenus à une même profondeur dans l'eau. Mais l'intention de* pêcheurs étant que le pied des filets porte légèrement sur le fond , ils allongent ou raccourcissent les lignes des bouées , suivant qu'ils sont près ou loin des vives-eaux. Pour cela , les pêcheurs ne passent pas une marée sans visiter leurs filets $ ils savent par habitude de combien à-peu-près l'élévation de la marée a changé; et pour Tordinaire , à la seconde marée , ils carguent de a brasses leurs lignes de bouées , et de même successivement à mesure qu'ils approchent de la morte-eau, jusqu'à ce qu'enfin les lignes n'aient plus qu'envi roi 6 brasses de longueur.
C'est toujours quand la marée est étale qu'on relève le filet pour prendre les poissons, qui sont le plus -souvent des poissons plats, tels que barbues, soles, turbots, limandes, carrelets, petites raies; quelquefois aussi des rougets, des vives, etc.
Ces pécheurs s'établissent toujours de travers à la marée, comme pour les autres filets qu'ils nomment cachants, par corruption de chassants. Il n'y a que
. La
les gros vents qui les empêchent de pêcher meilleure saison est depuis le mois de juillet jusqu'à la fin d'octobre , et par les vives-eaux , quoiqu/on pèche aussi de niorte-eau.
On porte dans chaque bateau 16 ou 18 pièces de tramaux, disposées comme nous l'avons expliqué.
Quand les pêcheurs arrangent ainsi leurs filets, ils ne font pas beaucoup de tort à la multiplication du poisson ; mais il n'en est pas de même lorsqu'on charge le pied des filets avec beaucoup de plomb , et qu'au risque de les endommager, on les laisse beaucoup traîner sur le fond. Cependant ils fout toujours moins de dommage en hiver qu'en, été, lors de l'abondance du frai. .
Il est sensible que quand on veut prendre beau-
les
né*
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coup de poissons plats sans «'embarrasser de la destruction du poisson , l'on n'a qu'à tendre par fond, comme nous l'avons dit , ou. mettre assez de plomb sur le pied du filet pour qu'il remue le sable} de sorte néanmoins que le courant puisse entraîner la tessure. Mous avons déjà eu l'occasion de parler des tramaux, en traitant en particulier de ce qui concerne la pêche des mulets, des saunions, des aloses, etc»
§6. — Des maillades, tramaillades , etc., de la
Méditerranée .
Comme il n'y a point de flux et reflux réguliers dans la Méditerranée , il est évident qu'on ne peut pas y tendre à pied des tramaux à la basse mer) ainsi qu'on le fait dans l'Océan \ mais on y fait grand usage de filets , auxquels les pécheurs des côtes donnent les noms de mailiades, entremaux È trémaillades , entremaillades , et qu'ils tendent pierres et flottés. Quoique leurs pêches ne diffèrent pas essentiellement de celles qu'on fait au bord de l'Océan, il nous a paru convenable de rapporter, sous un titre séparé , celles de ce genre qui sont d'usage dans les ports de la Méditerranée, d'autant qu'elles nous mettront à portée de faire observer quelques circonstances qui leur sont particulières, et d'indiquer diverses dénominations qu'on leur donne dans les ports où ces pêches sont usitées»
Le terme* de tisse simple équivaut , en Provence , à celui de rets ou tessure , dont se servent les Ponentois \ mais ce que les Provençaux nomment tissa 4F entremaillades est le trémail de l'Océan. Dans quelques endroits, les pêcheurs suppriment le surnom i? entremaillades , et alors le mot tis ou tisse signifie un trémail : c'est assez l'usage des Martigues.
L'entremaillade {PL 54, N°. IV,fig. hh) a ses deux nappes extérieures formées de grandes mailles, dont le fil est gros. Au lieu de nommer ces nappes hamauxy comme en Ponent, on les appelle entremaux dans les ports de la Méditerranée* Le filet du milieu, oui est fait de fil fin, dont les mailles sont asses petites, et qui s'appelle fine dans l'Océan , n'a pas d'autre nom sur les côtes de la Méditerranée que celui de nappe*
Dans les ports de ces deux mers , le pied de ce filet est lesté «de plomb et de pierres, et la tête est garnie de flottes ou nattes de liège , qu'on attache aux ralingues nommées bruimes en Provence.
Quelques pêcheurs provençaux ajoutent au haut de. leur filet trois rangs de fort grandes mailles, h h, iV°. IV y PL 34 , et dont le fil est très-gros. Us nomment cette espèce de lisière gancette ou sardon.
La longueur et la chute de ces tisses, de même que la grandeur de leurs mailles, varient beaucoup, suivant l'espèce de pêche qu'on se propose défaire. Cependant les pièces d'ëntremaiiUdes ont assez souvent 3o ou 40 orasses de longueur $ quelquefois 6 à 7 pieds de hauteur, fermées par dix mailles ; d'autres fois une brasse et demie de Yhute. Il arrive aussi, selon l'intention qu'on a en faisant cette pêche, qu'on joint bout à bout tantôt 4 pièces de tisse , tantôt jusqu'à %5 , et qui sont assemblées • par >des attaches que les pêcheurs nomment estaquets.
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Im mailles de lit nappe eut assea souvent un pouce d'ouverture en carré, ou, .comme, on dit en Provence , neuf oudres au pan , et celles des entremaux ont quelquefois plus d'un pan d'ouverture.
La longueur commune de la nappe est de 60 à 65 brasses $ mais on la réduit à la même longueur que les entremaux , c'est-à-dire de 3o à 4o brasses , par la manière dont elle est montée s un fil nommé trentraUle passe dans chaque maille de cette nappe, et est attaché sur le.bruiate du haut et celui du bas , ainsi qu'aux deux entremaux ou nappes extérieures, par le- moyen de plusieurs anneaux du même £1 qu'on nomme pinpimons, et qui sont dis* tri bues de trois en trois mailles sur les entremaux, mais de six en six sur la nappe pour former les bourses.
Quand on veut que ces filets soient sédentaires, on amarre à un de leurs bouts une pierre ou baude, et une bouée à l'autre extrémité qui est au large , et qu'on laisse flotter au gré du vent et des courans. Quelquefois aussi l'on attache des bouées aux deux bouts, afin de retrouver plus facilement les filets. On les cale en ligne droite, ou, comme disent les pêcheurs, tous d'une filière; mais ensuite ils prennent toutes sortes de directions, par l'effet des courans et du vent. auxquels on les abandonne* Cette manière de tendre se nomme à poste, terme qui répond en partie à celui de sédentaire. 11 y a d'autres circonstances où tout le filet s'en va à la dérive.
On peut établir les entremaillades à poste sur des fonds de roches , à différentes profondeurs , quelquefois jusqu'à 5o ou 60 brasses , même jusqu'à 80. 11 y a des pécheurs qui essaient de le faire, autant qu'il leur est possible, entre deux pointes ou avancemens de rochers, pour fermer l'entrée des petites anses ou calangues qui sont le long du rivage..
En nombre d'endroits de ces côtes , après avoir tendu le filet, on resaioue, c'est-à-dire qu'on jette des pierres, qu'on bat l'eau et qu'on fait du bruit, afin que les poissons, effrayés, viennent se jeter dans le filet.
Suivant les règles, les pêcheurs devraient ne laisser leurs filets à l'eau qu'une seule nuit , ou les visiter deux rois par jour ; mais ils sont quelquefois plusieurs jours sans les visiter. Les filets et le poisson souffrent de ce délai : c'est pourquoi les pêcheurs attentifs ne vont pas relever un filet sans en mouiller un autre, qu'ils ont porté dans leur bateau, afin de sécher et de réparer celui qu'ils auront relevé.
Ce qu'on appelle aux Martigues la tisse ou le tis est semblable à V entremail de ce port, le même que nous venons de décrire , à cela près que les mailles sont de sept au pan.
A ce filet et à l'entremail , on laisse un espace de trois pinpignons entre chaque natte de liège, qui pèse environ une demi- once. Chaque pièce porte aussi i5 livres de plomb, partagées en bègues de i4-àla livre.
On se sert de ces filets durant 9 mois de l'année, à compter du i«, d'avril. ,
11 est évident que, si l'on se proposait d'arrêter seulement les poissons qui viennent d'un côté, au lieu de vouloir les prendre des deux côté*, on pour-
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rait y réussir1 arec um filet qui n'aurait que deux nappes) savoir, un hamau ou entremau, et une tlue ou nappe à mailles serrées, pourvu que cette dernière nappe fût placée du côté par où le poisson doit venir : car la flue étant alors reçue et embrassée par les grandes mailles , elle ferait bourse ; mais nous ne sommes pas bien certains que l'dn fasse constamment usage de cette sorte de filet. 11 y a cependant quelques seinches ainsi disposées, oui servent à pêcher des muges dans les canaux des bourdigues.
Les filets qu'on nomme entremaux à Saint-Tropez , et tramaillades ou trémaillades à la Ciotat , ne diffèrent presque pas de la tisse d'entremaillade décrite ci-devant 5 et après tout, les différons filets de ce genre dont on se sert en Provence et en Languedoc se ressemblent beaucoup \ mais des changemens souvent peu considérables ont donné lieu de diversifier les noms.
La pèche appelée à Narbonne tramaillade ne se fait ordinairement que dans le cours des mois de février, mars et avril. Les pécheurs s'établissent sur des bancs de roche, tels que ceux qui bordent la côte de Leucate. On emploie des bateaux dont le port est communément de 4 à 5 tonneaux , et qui vont à voiles et à rames. Quatre matelots et un garçon de bord suffisent pour faire cette pêche.
Ils joignent les unes au bout des autres 10 à 12 pièces de filet, pour en former des enceintes autour des rochers, et on n'aperçoit que les flottes et les bouées qui nagent sur Peau.
Les flottes de liège garnissent la tête des filets, et le pied est lesté de plomb. Ces filets ont au plus 4 pieds de chute. Les mailles des hamaux ou filets extérieurs ont 8 pouces d'ouverture en carré, et celles de la nappe du milieu 3 pouces.
On visite le filet soir et matin, pour en changer la situation, après avoir retiré le poisson qui s'y trouve. Cette pêche fournit beaucoup de crustacés.
Comme on s'est aperçu que les mailles des entremaux ordinaires ne pouvaient pas arrêter les langoustes , les homards et d'autres gros crustacés , on a imaginé de faire des tisses d'entremaillades dont les mailles de la nappe fussent de quatre oudres au pan. . Les homards et les langoustes passent leurs pattes dans ces larges' mailles , restent embarrassés dans le filet. On donne à cette entremaillade , selon les différentes côtes, les noms de langoustière et croupatière.
On pratique cette pêche tant en Provence qu'en Languedoc, notamment à Cette et à Agde. Les pécheurs d'Agde appellent le filet armaillade.
Les pièces ont ordinairement 3o brasses de longueur et une de hauteur. Chaque bateau ou bette porte 5o ou 56 pièces , dont la plus grande partie est fournie par le patron et le reste par l'équipage.
On cale ces filets le soir, entre des roches, sur dix ou 12 brasses d'eau, et on les relève le lendemain de grand matin.
Ce qu'on nomme paillole aux Martigues ne diffère de la tisse commune d'entremaillade qu'en ce que son fil est plus fin et. souvent de soie \ que les mailles sont plus serrées, et que les pièces ont moins de chute.
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Lorsqu'elles sont de fil , la nappe du milieu a les mailles de 9 au pan, à —peu -près comme dans la tisse d'entremaillade $ mais quand cette nappe est de soie, les mailles sont de 10 au pan.
La ségetière ou sagetière est encore très-ressemblante à la tisse d'entremaillade. Chaque pièce de ce filet a 3o brasses de longueur et plus d'une brasse de chute. Les mailles de la nappe sont de cinq oudres et demi au pan \ celles des entremaux ont un pouce et demi d'ouverture. 11 faut souvent trente pièces jointes ensemble pour former une ségetière.
Pour caler ces filets, on choisit de grands fonds où il y ait 5o à 60 brasses d'eau , et par préférence ceux de vase , de sable ou d'algue. On met à chaque extrémité du filet une bouée, où tient un orin, qui a plus de longueur que l'eau n'est profonde. Les plombs du pied , qui pèsent chacun 4 onces , sont distribués à un pied et demi les uns des autres ; les lièges qui bordent la tête sont espacés de même.
On prend avec ce filet les différentes espèces de poissons qui se tiennent dans les fonds indiqués cidessus : tels sont les merlans , les soles , etc.
Comme les endroits où l'on cale les ségetières sont les mêmes que ceux où les pêcheurs tartaniers traînent leur filet, et qu'ainsi les uns pourraient respectivement faire tort aux autres , on a réglé le temps et les places où ces pêches peuvent être faites; ce qui doit varier suivant les lieux.
On estime que la saison la plus favorable à la- pèche de la ségetière est pendant les mois de janvier, v février et mars. Aux Martigues, on tend les ségetières toute l'année dans la grande mer; mais dans les étangs , on ne le fait que depuis le mois d'août jusqu'en avril. Il arrive souvent que les ségetières demeurent 2 jours à la mer : car, comme on tend ces filets assez loin du rivage , on ne peut pas tou-
I'ours les relever fréquemment. En allant relever, es pêcheurs portent un autre filet pour le caler à la place du premier, qu'ils emportent avec eux.
L'équipage est assez ordinairement composé d'un* patron , de six matelots et d'un mousse. Ils s'exposent à se perdre, étant obligés de relever leurs filets. à une assez grande distance, et pat» toute sorte de temps.
Le filet que l'on nomme resègue ou ressaigue, tant à Marseille que sur plusieurs autres côtes de Provence, et qui sert pour une pèche qui porte le même nom, diffère de la ségetière en ce qu'il a communément les mailles moins ouvertes ; celles de sa nappe sont de 9 au pan, et celles des entremaux ont trois quarts de pan d'ouverture. Le filet a 6 pans de hauteur. lies plombs dont il est garni sont de huit à la livre, et distribués à un pan les uns des autres. Les lièges sont arrondis et larges d'un tiers de pan.
La resègue peut être tendue soit près de terre , soit en pleine mer : on l'emploie depuis le commencement d'avril jusqu'à la fin de décembre.
La pêche du tréma/las ou trémail, d'Alicmnte , se fait dans de petits bateaux montés de sept hommes, qui sent à la part. Ils vont à 2 lieues en mer chercher 20 brasses d'eau, et y tendent leur filet , qui occupe environ une demi-lieue de longueur, et qui est soutenu par des flottes de liège. On prend à
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cotte pèche diverses sortes de poissons, particulier rement des dauphins de toutes grandeurs. Le temps le plus favorable est durant le mois de mars 9 lorsque la mer est peu agitée.
On nomme soltas, à Alicante , une pèche au tré* mail , pour laquelle quatre .hommes dans un bateau tendent leurs mets pendant les nuits obsures à une petite distance du rivage. Ces pécheurs effraient les poissons en jetant des pierres dans Peau. Ce sont particulièrement des muges qu'on prend ainsi* Cette pêche commence en septembre et finit en mai : le mois de mars y est le plus avantageux. Le maître du bateau a le tiers du profit , et les matelots partagent le reste.
A Ceuta, situé à l'embouchure du détroit de la Méditerranée, sur la côte d'Afrique, on se sert de bateaux, pendant toute l'année, pour pêcher avec des filets que les Espagnols nomment boniteras, parce qu'on n'y prend que des bonites et quelques autres gros poissons estimés. Ces filets sont des tramaux qui ont seulement 3o à 4° brasses de longueur, et que l'on cale par 6 ou 7 brasses d'eau. Les bateaux ne sont armés que de trois à quatre homr mes , qui sont à la part.
En parlant des Batudes (voy. ce mot) de Provence et des armaillades de Languedoc, nous avons dit qu'il y en avait de trémaillées : on les tend comme celles qui sont à simple nappe. Les batudes trémaillées de Catalogne ont a ou 3oo brasses de longueur sur 4 brasses de chute : elles restent toute la nuit tendues en pleine mer.
Lorsque nous avons traité des étentes sur piquets, nous avons dit qu'il y en avait dont un bout du côté de terre était tendu, en ligne droite pour former une espèce de chasse , et que le bout qui était vers la grande eau se terminait par une espèce de spirale. Nous avons encore observé, par rapport aux manets , qu'on essayait d'imiter cette façon de pêcher avec des filets pierres et flottés. On suit ces mêmes dispositions avec des tramaux , qu'on tend en croc ou crochet, à- peu «près comme on. le voit dans la PU 33 , N». 11$ mais le plus souvent il n'y a que la partie qui forme le crochet qui soit trém aillée.
Quand on tend ces filets à pied sur un fond de roche , on. garnit le bas du filet avec des cailloux , auxquels on ajuste, de distance en distance , des câblières, pour affermir le filet dans la situation qu'on veut lui faire prendre. v.
Si le fond est de sable, on y enfouit les cailloux et les càbliôres. Malgré toutes ces attentions, la volute ou. le crochet n'a jamais une forme aussi régulière, que quand on tend sur des piquets. 11 y a encore bien moins d'exactitude lorsqu'on tend ces filets en pleine eau avec un bateau ; mais pourvu que le filet fasse des révolutions, le poisson, conduit par la partie qui est droite, s'engage ordinairement dans la partie trcmaitlée qui est en crochet.
On pratique quelquefois cette pêche , à Port-en- Bessin , avec de fort longues tessures, dont la chute est de 6 pieds.
Réglemens.