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Î>oint de quartier,* et qui sont plus multipliés dans es bas par rapport au voisinage de ht mer $ ils gagnent-tant' qu'ils peuvent le long des deux rives, parce que le courant v est d'ordinaire moins- fort et moins rapide»
Ce irai n'a d'ordinaire que 5 à 6 figues de long : on y distingue visiblement de très-petits crabes, de menues anguilles , de petites écrivisses , des têtards mentis et affilés j des hauts-dos milices , des mulets fort courts et fort petits et quantité d'antres poissons naissaas. L'espèce la plus commune est un petit poisson blanc , marqueté de quelques taches rouges, et dont la taille élégante est relevée par de petites empennures. Il signale parmi les autres sa célérité et sa vitesse : ce n'est également qu'un frai.
La pèche du tri-tri se fait connue Wa décrite le P. Labat : quatre ou deux personnes prennent un linge , qu'elles tiennent étendu par les coins aux en* virons de l'endroit où elles voient fourmiller une grande quantité de ces poissons , et l'élevant en l'air, elles en prennent des milliers. Lorsque le tri» tri se tient au fond de l'eau , il ne faut que marcher ou remuer dans la rivière pour le faire lever et le pêcher.
Quoique depuis aoo ans ou environ on en fasse, tous les ans et à plusieurs reprises, une pèche prodigieuse, sur-tout 4 ou 5 jours avant ou après la lune, depuis juillet jusqu'en novembre, le nombre de tri-tris semble n'avoir pas diminué. Sa délicatesse provoque l'appétit,' chacun en mange volontiers ^ on le fait frire , on l'accommode au court-bouillon. Le poisson pour lors est si jeune « ses écailles sont si petites, sa tête si tendre, sa queue et ses nageoires si molles, ses arêtes si faibles, qu'on le mange tout entier sans le vider ni le dépouiller* A mesure qu'il prend de l'accroissement , il change de nom suivant la conformation qui lui est propre, les marques caractéristiques , le genre et l'espèce qui les distinguent. Le tri*tri pris ensemble est blanc quand il est frais $ 3 noircit à vue d'oeil , et perd sa qualité hors de l'eau : il faut conséquemmetrt le faire cuire aussitôt.
Outre tant de divers poissons de rivière* dont le frai forme ce qu'on appelle le tri-tri, il s'en rencontre aussi de mer, qui ont été formés à faniboachure des rivières; ceux-ci ne remontent pas beaucoup, ils vont, viennent, coupent hardiment le fil de l'eau et les courans, de sorte qu'ils semblent jouer dans les eaux douces , qui sont les plus près des eaux salées ? c'est là qu'on lès enlève , et qu'on les force malgré eux à devenir tri-tri, pour servir d^ormment à nos tables. Le pisquet , petit poisson de mer qui n'acquiert jamais plus de 14 à i5 Hgnee de longueur, éprouve souvent ce triste sort , de même que le cailleu, le nrulet-de-mer, le eaiHon-taseart , 1* sardine , etc.
TROKCHON. Poisson du genre strotnaté. V. Fiatole.
TROUBLE. V. Tmbte.
TR0U1B , TROUCIE ou TROUETTB, Poisson. V. Doré.
TROUELLE. Petite baguette souple et pliante, qu'on passe entre les mailles de qsâsjiqeos filets à
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manche, comme les v«rvcux j pour faire un petit cercle qui tient le filet ouvert. Y.JFiht.
TROUILLOTTE. Sorte de petit filet qu'on nomme ailleurs Caudrette v* Câàudrêtêe. V* ces mOU.
TfiOUPILLE. Altération du mot» TùrpUle. V. ce mot. -
TROUTB. C'est la Trmiie* V* ce. mot.
TRUBLE ou TROUBLE. Le terme de tmUeeit en quelque façon générique t il signifie un filet en poche, dont l'embouchure ^st attachée à tm cercle de bois ou de fer qui porte un tnahabe$ mais il y en a de différentes grandeurs, et leur forme varie plus ou moins, ce qui peut avoir engagé à leur donner différent notas. •
En général , cfest, comme noua tenons de le dire, un filet en poche , et monté sur un cercle où sut un orale.
Lee grandes truble* , PL &4 , N^ VII>fig. io, que quelques pêcheurs nomment muniolles y sotît formées d'un cercle de bots, qui est' traversé par*uitfe perche , laquelle en forme le maneàie.
On fait des tmble* matois grandes , fig* 1 1 , dont le cercle est de fer; en ce cas , il y a, à fe circonférence du cerele, une douille qui reçoit? un manche de bois.
La plupart des truble* sont rondes \ cependant on en fait de carrées , qui sont plus commodes pour prendre le poisson qu'on a renfermé dans des Kuches , boutiques, bascules 7 etc« , parée qu'a cause de leur forme elle» s'appliquent mieux sur les planche» qui forment le fond de ces aortes de réservoir*. - • A l'égard du filet; on mit la poche plue ou moine grande et le» mailles de différentes ouvertures, wri» vant l'usage qu'on se proposé d'en faire* Si c'est pour prendre des crabes et des homards dans les roches , les maille» peuvent être assea larges $ mai$ quand on se propose de prendre dea chevrettes ^ U est né-* ceasarre de tenir les1 maillée plus -serrées. On v6k, dans la. PL *4* -&*. HI* des nommes et dès femmes occupés à faire cette pêche.
A l'Ile d* Ré, les femme* et les filles pèeheni, entre les roches et dans les herbiers, de grosses chevrettes avec une espèce de trahie qu'elles- nomment treille -Ou tratot. Cet instrument, P/. a5> N». Vill, eet formé d'une longue perche , au bout* de- laquelle est assemblée à tenon, une traverse de bois , et1 à un pied de distance «ne 'antre traverse q<ai lui es* pa* rallèle v on attache' un bout de filet à ces timvèrseej qui, poilr cela* sdnt perséee de troua; les mailles n'ont que 4 ou 3: lignes d'ouverture , et sont faites avec de la ficellêv Les femmes pôussen|i<cette> espèce de «truble' devunc1 elles dans les roches et 'le gdê*1 mon lorsque1 la iner; est basse* > .,)»■:.
Dana l'Adoury près Bayonne, deux pêcheurs ee mettent dam «on petit bateau : Ifen rame, eteott*» duit le bateau >fôrtprès<lu bord; l'autre plonge dans» l'eau une grande» truble, PL *4, Ifi. Vil,}ig; rô* quM* nomment maniait* $ il le pousse devant 1*4 V etlcmi-svet -de cette- ifaçen*, il écume' tous les ptf~ rite poisson* q*i se sont tetirés'sju bet*d de J^éaaM' - Cette 'pê«he**ésj sstt quand ta* eau» sont troubles1 et tfeiicflesypjifte1 qu'alors* les poisson* approchent' des'bord»> eÛ'W «étirant est1 ferotaa rapide qu'au mi*
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linu d» la civière r tôt il* sont moin* effarouchés par la truble^ mais il faudrait que les mailles de ce filet eussent an moins un pouce en carré , pour ne pas prendre les poissons èa premier âge*
Dans la baie et même le port de Brest j on pêche des prétrots ou éperlans* bâtards, qui se tiennent autour des va*ss*km*>!Pouv cette pèche, on se met dans une chaloupe avec des espèces de grandes t ru blés , dont les unes, qu'on peut nommer matiiolles > sont emmanchées d'une1 perche, et d'autres, qui n'ont point de manche , se hissent au moyen d'un côf dage qui passe dans une poulie frappée au màt de la- chaloupe : ils les nomment/ pour cette raison^ huniern
11 y a de petites trublee , PL *4 * JV*. VU, fig. 6 et 7, qu'on nom me 'Volontiers lonets aux èmttreues, jAuiifeù<PèWr leur filet monté sut tin cercle rond, elles font sur un morceau de bois contourné comme celui desraquettes à jouer à la peutne : les unes" lont ufctnancjhe asse* long, rôj*.' 6, et le* autres seu* |leinent une poignée ^fig* 7* frusage de ces lanets3 est ponv prendre des' chevrettes et des sauterelles: idsns les- algues'. '
Dans la Garonne, on pédhe en bateau avec un .filet qu'on nomme toulette ou tlrv+ripcy espèce de' lamet dont Ut monture est comme celle. d'une raquette de paume , et a environ 3 brasses de diamètre. Le filet forme un sac qui petit avoir 4 ou 5 bras* ses de profondeur ; le poisson qui y entre se fait sentir par la secousse qu'il donne att filet; d'autant iplus qu'il y a une cordé attachée an fond du filet , eiêçnl le pêcheur tient le bout. On prend avec ce Ifilec toutes sortes de poissons , mais 'rarement des •saumons et des truitèa, et jamais âe^^réaès.
Les Frovençaun nomment setkibres deux espèces d*£ftets,' dont un ressemble à la truble, PL ^4, JV*°. VII y fig* 10, excepté que la perche -dû milieu ine traverse' peint le cercle;, mais y tient seulement :par un endroit, comme on lé* voit a la truWe iV"*. //, \PL y, fig* i. Le cercle est cependant de* bois; oh lie fortifie, a Pend voit où à^attache le manche , avec jdenatpM^st courbes. Ce filet sert principalement à ip^endré de petits poissons appelés melétèy qu'on .sale pour la nourriture du peuple.
, L'avrine ^espèce, qu'on nomme sâùaàre de fond ± in'a point de niâtjche; son cercle est soutenu, comme le- plateau 4fnne balance > par trois: cordes qui se réunissent «tt une : c'est une espèce de oaudrttte. . Je reviens an saJaBre. Les pécheurs, apercevant du poftsson à une petite profondeur d'eau , pas* sentie salftbre ^ar-dessousV au moyen de son long manche (lorsqu'on relève1 le filet1, le poisson se j trouve ^*» danjs lapoche ) mais cette pêche ne réus*sit^qiU'entre les rochers, daMs les canaux et auprès <des piles^des pont» , après que la mer a été agitée ou Ibrsqu^on pêche au feu i • f
On se sert du- salabre à Narbonne ponr titer le poisson des bon rdigues. '
, On mit encore usa^e* d'utté petite trtiblë , qu'6n nomme tntbtèau oii tt&ubtèdit, pour prendre des
'écreviesës* :
' TRUBLE A BOIS. Instrument de pèche prohibé piér les o^dènnances de i3^6^ i386 , Moi , i5iè et> i36o> criée» par Sëint^en , p. *H\ et sju^quellés
Tau
se réfère l'ordonnança de 1669, tit. XXXJ, art. 10.
Toutefois l'usage de tous les instrument à bois était permis quand l'ouverture en était assez large pour qu'un homme pût y mettre tous ses doigta» ( Saint- Ybn,p. 225.)
TRUBLEAU,. Petite truWe*
TRUIE ou PLATE. Nom qu'on donne à Granville à la mprue préparée en jvsçt quand elle est maigre et plate.
T&UMPO. Ceat une espèce de Cachalot, V. ce mot.
TRUITE, salmo-trutta. Espèce de poisson du genre salmone, qu'on trouve dans presque toutes les contrées du globe , et particulièrement dans les lacs des* pays dq montagnes.
Description. — Le Dictionnaire des fâches de V Encyclopédie y qui est extrait du Traité des Pêches de Duhamel, contient une longue dissertation sur les nombreux rapports qui se trouvent entre le saumon et la truite <\ Ces deux espèces appartiennent en effet au même genre \ mais, elles se distinguent par des caractères, très-rinarqués. Il parait que Du* hamel a confondu avec la truite ordinaire plusieurs espèces de poissons du genre salmonç, telles que la truite saumonée , Comble-chevalier : c'est ce qui s.e remarque par la grandeur et le poids qu'il attribue à la truite des lacs de Genève et de Neufchàtel, et qui ne conviennent qu'à Zombie- chevalier, et par la propriété qu'il supposé à la truite de vivre dans la mer et de remonter les rivières , propriété qui appartient à la truite saumonée et au saumon f
Comme les poissons ont été bien décrits depuis l'époque où Duhamel écrivait , c'est principalement dans les ouvrages mqdernes, V Histoire des Poissons, par Lacépède, et le Nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle, que nous puiserons ce que nous allons rapporter sur ce poisson. .
La truite (PL 8 , fig? 4) & *4 rayons à la première nageoire du dos , 1 1 à celle de l'anus , i3 à chaque ventrale j la caudale peu échahcrée \ les écailles de couleur argentée et dorée ; les côtés de la. tète et du corps d'un jaune doré , mêlé de vert \ les. pectorales d'un brun mêlé de violet ; les ventrales et la caudale dorées; la nageoire adipeuse , de couleur. d'or, avec une bordure brune \ l'anale variée 4e pourpre, d'or et de gris de perle ; la dorsale parsemée de petites gouttes purpurines; le dos marqué par des ta* ches noires , et les côtés par des taches rouges entourées d'un bleu clair \ la tête grosse \ la mâchoire inférieure un peu plus avancée que la supérieure, et garnie , comme cette dernière , de dents pointues et recourbées; sept ou huit dents sur la langue; trois rangées de dents de chaque côté du palais; la ligne latérale droite ; les écailles petites. La longueur ordinaire de la truite est de 12 à i$ pouces (3 oit 4 décimètres); elle pèse alors de* \% à, j3 euçes (3 ou 4 hectogrammes) ; on en pèche cependant, dans quelques rivières , du poids de 4 à. 6 livres ( a ou 3 kilogrammes )• On parle d'une truite péchée en Saxe du poids de 8 livres (4 kilogrammes) ,.et de plusieurs individus pris dans le Gardon, qui pesaient j 8 livres (9 kilogrammes) •
Lieux que les truites préfèrent. — EJLles aiment une eau claire , froide , qui descende des montagnes
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élevées , qui s'échappe avec rapidité * et qui coule sur un fond pierreux. On en trouve rarement dans les eaux stagnantes ; dont le fond est boueux. Voilà pourquoi les traites sont très-rares daas la Seine, dont les eaux son t trop douces pou r elles et trop lentes dans. leur coure; et voilà pourquoi au contraire on en rencontre dans les lacs élevés , tels que ceux du Léman , da Joux , de Neufchàtel , et dans àes amas d'eau situés à près de 2,000 mètres (6,000 pieds) audessus du niveau de la mer , dans les Pyrénées.
Les grandes chaleurs peuvent incommoder la truite riu point de la faire périr : aussi la vouVon , vers, le solstice d'été, lorsque les nuits sont trèscourtes et qu'un soleil ardent rend les eaux presque tièdes , quitter les bassins pour aller habiter au milieu d'un courant , ou chercher près* du rivage Peau fraîche d'un ruisseau ou celle d'une fontaine. Elle peut d'autant plus aisément choisir entre ces divers asiles , qu'elle nage contre la direction des eaux les plus rapides avec une vitesse étonnante, et qu'elle s'é|ance au-dessus des digues ou des cascades de plus de a mètres (6 pieds) de haut,
Eil.e ne doit cependant changer <le demeure qu'avec précaution. On assure que, si pendant l'été les eaux sont très-chaudes y. et > qu'après y avoir péché une truite on la porte dans un réservoir trèsfrais , elle meurt bientôt , saisie par le froid soudain qu'elle éprouve.
Nourriture, — * La truite ae nourrit de petits poissons très-jeunes | de coquillages, de crustacés, de vers , d'insectes ,, et particulièrement d'éphémères et de phryganes, qu'elle saisit avec adresse lorsqu'elles voltigent auprès, de la surface de l'eau. Comme la truite ne mange point de végétaux , il faut, dans les étangs à truites , jeter, pendant l'hiv.er , les animaux morts qu'on peut se procurer , les viandes gâtées et les entrailles des volailles , etc. , que l'on consomme dans la maison.
Propagation, — Le frai de la truite , observe M. Draiet dans ses Considérations sur F Histoire des Poissons p commence avec les premiers froids, et l'époque en est plus ou moins avancée, suivant la hauteur des lieux où elle habite et à hauteur égale, suivant leur éloignement de l'équateur ; car tout le monde sait que l'hiver se fait sentir beaucoup plus tôt sur la cime des montagnes que dans lee vallées , et dans les vallées que dans les plaines 4 on sait aussi que la même progression se remarque à mesure que l'on s'éloigne des pôles» Il résulte de là que le frai de la truite, a lieu beaucoup plus t>t à la source d'une rivière qu'à son embouchure:, >et que dans deux lacs éloignés l'un de l'autre , c'est le plus septentrioJia} où le frai commencera plwatot. Cette observation de M. Draiet sur l'époque du frai de la truite, qui arrive avec les. premiers froids , tandis que celle du frai des autres poissons arrive avec le retour de la belle saison , se trouve d'accord avec les remarque,? que. nous trouvons 4eas lee ouvrages d'histoire naturelle,. En effet*. nous Yoyoaa que c'est depuis le mois de septembre jusqu'en: octobre ou'il entre le plus détruites dans le Rhfaaje; que, dans les contrées sur lesquelles Bloch a eu des observations 9 ces poissons fraiqnt dans l'automne; que* dans la ci-devant province du Limoviaia, lee truites
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quittent étalement, au commencement ou vers le milieu de l'automne, les grandes rivières pour aller frayer dans les petits ruisseaux» M. Dralet a luimême observé que la truite fraie près des sources de la Garonne dès le mois de septembre $ tandis qu'à Saint- Béat, dont l'élévation est de 5o2 mètres audessus du niveau de la mer, le frai ne se fait remarquer qu'en octobre ou au commencement de novembre, et environ un mois plus tard à Toulouse, qui n'est élevé que de 1 3a mètres.
Il résulte de ces observations que la disposition de l'art. 6 du tit. XXXI de l'ordonnance de 1669, qui défend do pécher dans les rivières où la truite abonde depuis le 1er. février jusqu'à la mi-mars, parce que cette disposition suppose que c'est le temps du frai de la truite* n'est point conforme à ce qui a lieu le plus généralement s c'est depuis l'automne jusque vers la fin de janvier que ce poisson fraie le plus communément, et s'il y a des contrées où le Irai se remarque à d'autres époques , cela est beaucoup plus rare 5 il faut donc, à l'égard de la truite, comme pour quelques autres poissons dont l'époque du frai varie suivant les localités, que la prohibition de la pèche soit déterminée par des réglemens locaux.
Lorsque les truites veulent frayer , elles remontent dans les ruisseaux, et quelquefois dans les rigoles qui ne sont entretenues que par des eaux pluviales. Elles cherchent le rivage, se placent entre les racines d'arbres et entre les crosses pierres , ou sur un gravier couvert par un léger courant; elles s'agitent, se frottent et pressent leur ventre contre le gravier ou le sable, et y déposent leurs œufs, que le mâle arrose plusieurs fois dans le jour de sa liqueur fécondante. Ces œufs , à l'époque de la ponte, ont souvent la grosseur d'un pois, et il n'est pas surprenant que les truites en aient moins que plusieurs autres poissons d'eau douce 5 cependant elles multiplient beaucoup, parce que les poissons voraces, qui pourraient manger les jeunes truites, vivent pour la plupart loin des eaux froides, que préfèrent les truites. On -prétend que le plus dangereux ennemi de ce poisson est la truite elle-même , les grosses mangeant très-fréquemment les petites.
Qualités* — La chair de la truite est blanche , tendre , d'un bon goût et facile à digérer même par les personnes qui ont l'estomac faible. Elle est principalement recherchée quand elle est fraîche , que le poisson a vécu dans une eau claire et pure, et qu'il a été pris pendant l'été, époque où il est plus gras et rétabli de la fatigue de la ponte. Dans le temps du frai , la chair perd beaucoup de sa délicatesse , et il y a des rivières , la Touvre, par exemple , ou la truite est dans toute sa bonté depuis le mois de mai jusqu'au mois de novembre , et dans d'autres elle commence dès l'automne à perdre de sa qualité s l'époque du frai est donc à considérer non-seulement pour la pèche de ce poisson , à cause du tort qu'elle fait alors à la reproduction , mais encore à la qualité de la truite. Dans les pays où la pêche des truites est abondante , on les saie et on les marine comme Les saumons.
Pendant long-temps, ce poisson a été nommé dans plusieurs pays le roi des poissons d'eau douce. Du
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temps des Romains , il ornait déjà les tables les plus délicates. En Allemagne, quelques princes o'«n étaient réservé la pêche exclusive.
La truite parait ordinairement sur nos tables assaisonnée de la même manière que le brochet : on la fait cuire dans un court-bouillon , et on la sert à sec comme plat de rôt. Lorsqu'on veut la faire servir comme entrée, on met dessous une sauce aux câpres, un coulis d'écrevisses ou autre , au goût du consommateur. On peut encore la faire cuire sur le grii après l'avoir fait tremper dans de l'huile , et la servir avec une sauce grasse ou maigre. Souvent aussi on la fait entrer dans les pâtés de poissons, et c'est
K ut-être la meilleure manière de l'apprêter pour nvoyerau loin.
Les œufs de la truite sont très-gros au moment du frai, et d'une saveur excellente ; on les emploie pour prendre V ombre-chevalier.
Gomme on ne voit guère la truite séjourner naturellement que dans les lacs élevés et dans les rivières ou ruisseaux des montagnes , elle est très-chère dans un grand nombre d'endroits. Elle mérite par conséquent, à beaucoup d'égards, l'attention de l'économe, et voici les principaux soins qu'elle exige*
Des étangs à truites* — On a cherché à multiplier les truites dans les étangs ; mais souvent ces entreprises n'ont pas réussi. Il faut , pour former un bon étang à truites, une vallée ombragée , une eau claire et froide, un fond de sable ou de cailloux placé sur de la glaise ou sur une autre terre qui retienne les eaux, une source abondante ou un ruisseau qui , coulant sous des arbres touffus , et n'étant pas trèséloigné de son origine, amène, même en été , ime eau limpide et froide ; des bords assez élevés , pour que les truites ne paissent s'élancer par-dessus ; de grands végétaux plantés assez près de ses bords pour que leur ombre entretienne la fraîcheur de l'eau ; des racines d'arbres ou de grosses pierres , entre les-
Suelles les œufs puissent être déposés ; des fossés ou es digues, pour prévenir les inondations des ravins ou des rivières bourbeuses ; une profondeur de 3 mètres environ' ( 9 pieds ) , sans laquelle les truites ne trouveraient pas un abri contre l'orage, monteraient à la surface de l'eau lorsqu'il menacerait , y présenteraient souvent un grand nombre de points blanchâtres ou livides , et périraient bientôt; une quantité très-considérable de loches ou de goujons et d'autres petits cyprins , dont les truites aiment à se nourrir , où une très-grande abondance de morceaux de foie hachés , d'entrailles d'animaux , de gâteaux secs , faits de sang de bœuf et d'orge mondé ; des bandes garnies d'une grille assez fine pour arrêter l'alevin; enfin il faut avoir soin d'éloigner les poissons voraces, les grenouilles, les oiseaux pêcheurs , les loutres , et de casser pendant l'hiver la glace qui peut se former sur la surface de l'eau.
On empoissonne ordinairement les étangs à truites avec soixante truites par arpent, et on choisit le commencement de l'hiver , comme l'époque la plus favorable pour faire cette opération.
Lorsque , pour peupler Un étang , on est obligé d'y transporter des truite* d'un endroit un peuéloi-
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Des variétés de la truite* — Différentes eaux peuvent cependant être assea froide» et uses rapide*
Sourqve les truites y vivent, et avoir néanmoins es propriétés particulières qui influent sur ces aalntones au point de modifier leurs qualités, leurs couleurs', leurs formes et leurs habitudes, et de produire des variétés très-distinctes et plu* ou moins constantes.
M. Decandolle assure que les truites prises dans le Rhône diffèrent de celles que l'on .pêche dans le lac de Genève , par la grandeur de deux taches noires placées sur les joues. Suivant le même naturaliste , celles de l'Arre sont plus minces et plus allongées.
On en voit d'effilées et d'autres très-courtes. Le ruisseau appelé le Queyrou , près des Pénières, dans l'Auvergne, en nourrit qui sont arrondies et qui ont le dos voûté ; dans celui de Narbois , les truites sont comptes, arroadiesetd'unenuancepresque jaune; dans un autre ruisseau , nommé Enlan> elles sont allongées , grises et légèrement tachetées.
Suivant M. Noël , de Rouen , les truites de PaU luel ont une grande réputation en Normandie ; ce sont les plue délicates que nous possédions dans nos eaux douces. Après les truites de PaMuel , viennent celles de la rivière de Robec , qui se perd dans la Seine , à Rouen. On connaît, dans nos différentes rivières, sept ou huit variétés de truites, qui diffèrent entre elles par la couleur, les taches, etc. On dit" que la plupart des truites de la ci-devant Saintonge sont blanchâtres \ que celles du Languedoc sont , les unes jaunes, d'autres brunes; enfin que les unes ont peu et les autres beaucoup de mouchetures de différentes couleurs.
On prend dans la Touvre, rivière de France, dans le ci-devant Angoumois, qui prend sa source dans des rochers , à environ une lieue et demie au-dessus de Ruelle , et dont lea eaux sont très-vives , une prodigieuse quantité de très-bonnes truites, qui ont la chair blanche , et d'autre» qui sont rouges , et qu'on appelle saumonées. Les pécheurs de cette rivière prétendent qu'on ne peut pas distinguer sûrement les traites saumonées des autres à l'extérieur, non plus que les mâles d'avec les femelles , excepté, disent-ils, dans le temps du frai, où la couleur dea mâles est plus brune et celle des femelles plus argentée ; mais ils distinguent une variété de truite r qu'ils estiment plus que toutes les autres s ils la nomment gardonnière , parce que , suivant eux, elle est très-friande de cardons , et qu'on lui en trouve fréquemment dans l'estomac. Les truites dites gardonnlères sont toutes saumonées, plus courte* et plus larges que les truites ordinaires, et leurs écailles sont plus fines et plue blanches.
On pêche dans quelques lacs, rivières ou ruisseaux d'Ecosse , plusieurs variétés de la truite : une jaune et beaucoup pins large ou plus haute que la truite ordinaire $ une autre , qui a la tète beaucoup plus petite, et les cotés tachetés d'une manière aussi élégante que brillante) d'autres enfin, auxquelles on a donné les nome de truite de mousse , truite de pe-
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tàs rivière , truite noire > truite blencke et truite rouge»
Bloch en a fait connaître- une , qu'il a désignée par la dénomination de truite brume, et qui a la tête et le ventre plus gros que la truite commune, la chair très-délicate et rouge lorsqu'elle est cuite, de même que celle du saumon et de la truite saumonée. Cette variété habite plusieurs des rivières qui se jettent dans la Baltique ou dans la mer qui baigne les côtes de Norwege.
De la pêche de la truite. ■— On la prend ordinairement avec la truble, à la ligne , à la louve ou à la nasse.
Si l'on emploie la truble ou trouble, il tant la lever très-vite lorsque la truite y est entrée, pour ne pas lui donner te temps de s'élancer et de s'échapper.
Pêche â la ligue. — La ligne doit être forte , afin que le poisson ne puisse pas la casser par ses motive m en s variés et rapides.
La manière de garnir l'hameçon n'est pas kt même dans différons pays. On y attache de la chair tirée de la queue ou des pattes d'une écrevisse ; de petites houles composées d'une partie de camphre , de deux parties de graisse de héron, de quatre parties de bois, de saule pourri et d'un peu de miel} des vers de terre \ des sangsues coupées par morceaux; des insectes artificiels , faits avec des étoffes fines de différentes couleurs} des membranes, de la cire , des poils , de la laine , du crin , de la soie , du fil , des plumes de coq ou de coucou. On change la couleur de ces fils , de tes plumes, de ces soies , de ces poils non-seulement suivant la saison et pour imiter les insectes qu'elle amène, mais encore suivant les heures du four , et on les agite de manière à leur imprimer des nteuvemens semblables à ceux des insectes naturel» les plus recherchés des truites. La pêche avec ces appâts factices réussit sur-tout vers te lever du soleil et pendant la nuit.
Quand l'eau est trouble , on peut pêcher lea truites avec la Ligne d perche (vey. ces mots) , dont on remplace l'hameçon n°. 5 par un hameçon n°- 1 . Voici , d'après le Pésheur français , la manière de
Îtrocéder à cette pêche : on sonde la profondeur de 'eau , et on dispose là ligne de manière que l'hameçon soit soutenu à % pouces du fond. On amorce ce dernier avec un gros ver de terre ou une sangsue, et on jette la ligne à l'eau. Un silence profond est une des conditions essentielles pour obtenir du succès; mais si l'eau est claire, le silence même ne trompera pas la truite, qui est méfiante, et rtrit dès qu'elle aperçoit la moindre chose d'extraordinaire.
Pour pêcher des truites avec des insecte* artificiels , on se sert de la canne d moulinet ( P/. ri, fig. 17), sur laquelle on monte la ligne d truite, dont la longueur doit être de 4<>à 5o aunes*
Le pêcheur, ainsi approvisionné, choisit un beau temps , et préférable ment l'époque du lever et du coucher du soleil; et arrivé à l'endroit où il -veut pêcher, il monte sa ligne sur la canne, après l'avoir passée dans tous les anneaux placés le long de cette canne, et il la roule sur le moulinet jusqu'à ce qu'elle n'ait qu'une longueur égale à celle de la