‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 254 sur 292 · TEU · texte numérisé non relu

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canne r pour avoir la facilité' de lancer l'hameçon plus commodément. Gela fait, il se promène le long du rivage , pour tâcher d'attraper un des insectes

n* y voltigent) et lorsqu'il en a saisi un, il cherche a les insectes artificiels dont il a fait provision celui qui ressemble le plus à l'insecte naturel dont il s'est emparé. 11 attache alors au bout de la ligne l'hameçon qu'il a garni de l'insecte artificiel. Ces précautions , quoique minutieuses, sont essentielles pour tremper le poisson qu'on veut attirer.

U faut avoir sein , lorsqu'on s'approche de l'eau, d'observer le plus grand silence , et de tâcher de se dérober à la vue du poisson , en se cachant, s'il est possible , derrière les arbres qui se trouveraient tfur le rivage. On jette alors la ligne à l'eau , en ayant l'attention de maintenir la mouche à la surface, et d'imiter , par les mouvemens qu'on lui conrmunfcque, les efforts que fait l'insecte naturel, qui , tombant à l'eau, cherche , par des sauts en différons sens , à se dégager et à conserver la vie.

Si use truite aperçoit l'insecte tombera l'eau , et si les sauta qu'elle lui voit mine; sont bien naturels, bientôt elle monte à la surface de l'eau , d'où elle s'élance sur cette amorce trompeuse, que le pécheur continue d'agiter. Lorsqu'elle saisit l'insecte , il faut se hâter de dérouler le moulinet , car elle s'efforcerait de Tompre la ligue; mais après qu'on a dévidé toute la ligne si cela est nécessaire , la truite , épuisée par ses efforts , ralentit ses mouvemens, et se laisse bientôt entraîner par le pécheur, qui l'attire à lui en roulant de nouveau la Hgne snr le moulinet. Lorsque ce poisson a été amené à sa portée , il achève , en se servant de VEpuisette (voy. ce mot), d'enlever sa proie, qui , sans toutes ces précautions, aurait échappé à soit adresse ou rompu la ligne.

On ne doit jamais rester long-temps à la même place : cette pêche se fait en se promenant sur le rivage , parce que , n'attirant le poisson par aucune amorce , il faut nécessairement changer souvent de position.

Pèche avec h véron .—Pour pêcher la truke avec le véron , on se sert de la même ligne que pour le brochet , et on s'y prend absolument de la même msniève*

• Pêche avec les louves et les nasses. — Quand en se sert de nasses ou de louves, on y place, pour attirer un plus grand nombre de poissons , un linge imbibé d'huile de lin on de chenevîs.. Quelques personnes conseillent d'y mêler du castoréum et du camphre fondue.

Au. reste , la pêche des traites se fait de k même nmnîèfeque celle des saunions. V., Saumon.

Pèche avec le trident* — Dans l'Arnon , auprès de Genève , on pique ces poissons avec nn trident lorsqu'ils remontent contre une chute d'eau produite pac une digue.

Bêche des truites, dans le Léman. — On fait une pèche considérable à l'endroit où le Rhône sort du lac Léman, dans lequel se jette la rivière d'Avnon.

Voici la description de cette pêche, qui se< trouve dams le Dictionnaire dos Pêches et dans le Buffbn deSonaûnâ, et qui est dma à M. Pictet de Genève :

ce Pour prendre les traites qui passent du lac dans le Rhône* ou du Rhône dans le lac j on

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ferme le Rhône, à sa sortie du lae , par un clayon* nage en bois disposé en mgsagp le» angles de ce grillage, alternativement saillant du côté du lac et du côté du Rhône, présentent de part et d'autre des espèces d'avenues triangulaires , dont chacune se termine par une nasse ou cage construite en fil de laiton , et arrangée de manière que les poissons qui y entrent ne peuvent pas en sortir. Celles de ces nasses qui répondent aux angles saillans des côtés du lac se nomment nasses de remonte , et les autres nasses de descente» Comme ces nasses sont très-pesantes , on se sert d'un tour pour les lever et en tirer le poisson , que l'on porte ensuite dans un grand réservoir construit au bord du Rhône. On laisse ordinairement tous les passage» libres dès la fin de juin , afin de donner aux truites la liberté d'aller frayer dans le fleuve; on les referme vers le milieu d'octobre, ce qui divise le temps de la pêche en deux saisons, celle du printemps, qui dure depuis la fin de janvier jusqu'en juin; et celle de l'automne, qui commence en octobre et qui finit avec le mois de janvier. Dans l'une et l'autre de ces saisons, on prend des truites â la remonte et à la descente, mais dans des proportions bien différentes ; sur 469 truites, on en pêche 36 à v la descente du printemps, 34 à la descente de l'automne, 16 â la remonte dit printemps, 4o3 à la remonte de l'automne.

Il paraît qu'on estime beaucoup plus les truites qui descendent du lac que celles qui y entrent , et cela , parce que ces1 dernières ont éprouvé dans la rivière la fatigue du frai , et que probablement plusieurs ne sont pas encore rétablies.

Les truites que l'on prend dans le tac ou dans les rivières qui s'y déchargent se distinguent en truites du lac ou d*été, truites du Rhdneoude la ferme , et truites- des petites rivières. Les truites qu'on nomme du Rhône sent celles que l'on prend à l'endroit où le Rhône sort du lac. La pêche en appartient à la . ville de Oenève, qui l'afferme â des particuliers ; ce qui fait appeler truites de ferme celles qu'on prend à cette pêcherie^ : on nomme truites dfêté celles qu'on prend en toutes saisons dans le lac même. Enfin il y a encore des truites qu'on prend , soit dans le Rhône, soit dans de petites rivières, qui se rendent , lés unes dans le lac , et les autres dans le lit du Rhône.

Dans le mois de mat , il passe des truites du lac dans le Rhône 5 mais en petite quantité : c'est depuis le mois de septembre jusou'en octobre que la descente en est plus considérable, et qu'on prend les plue grosses. Parmi les truites qui descendent dans le Rhône, il y en a , sur-tout de» petites , qui, lors des chaleurs, entrent dans la petite rivière de l'Arve , pour jouir de la fraîcheur des eaux ; elles sont, comme on l'a dit plus haut, minces et effilées ; 'elles sont excellentes j on les nomme gaines, parce qu'elles diminuent, dit-on, de grosseur à proportion du- temps qu'elles ont resté dans cette petite rivière. On assure que les grosses truites, qui descendent dans le Rhône en septembre et en octobre, passent rarement dans l'Arve 4 et qu'elles restent dans le Rhône , où elles fraient.

La descente des grosses truites étant finie , les \ gaines commencent à remonter dans le lac dès le

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a5 octobre.: .alors, on ferme les nasses de descente i et fait rejaillir clés .pierres, qui, s'engageant enta* dont nous avons parlé , laissant cependant un pas-l des mailles, lient d'alitant plus forte menthe poisson.

sage libre pour entrer dans le Rhône , et on ouvre les trois ouvertures où sont placées les nasses de «ernonte. Cette, pèche dure à- peu -près jusqu'à la fin de. l'année ; mais le temps où elle est le plus considérable , soit pour le nombre , soit pour la grosseur des truites , est depuis le 10 jusqu'au 20 décembre, et cela ne varie que de peu de jours : on prend à celte époque des truites de toute grosseur. Le L)ictionnaire des Pêches, qui contient ces observations, dit qu'on en prend de ÔQ livres , poids de Genève , dont la livre est de 18 onces, et qu'il n'est pas rare d'en prendre de 20 4 s5 livres, de sorte que sur 3 à 4oo qu'on prend chaque année, il y en a bien 100 de ce poids; mais il paraît qu'il y a erreur. à cet égard, car les naturalistes que nous avons cités s'accordent, à dire que le plus fort poids de la truite est de 5 à 6 livres, et môme que les individus de ce poids sont rares.

Quant aux traitesjqu'on nomme du lac ou d'été, on, les prend dans le lac également dans toutes les saisons de l'année , et ce n'est point par des môjrens particuliers , mais pêle-mêle avec toutes les autres espèces de poissons, qui sont assez abondantes dans ce lac. Ces truites sont bonnes, mais pour l'ordinaire moins grosses que celles qu'on prend aux pêcheries établies soit au Rhône de Genève , soit à celui du Val lais.

■ Les truites du poids d'une livre, qu'on prend dans les petites rivières qui se déchargent dans le lac ou dans le Rhône , ont, les unes , la chair blanche , et les autres la chair rouge ou saumonée.

On a dit qu'on péchait les truites tantôt avec des hameçons , tantôt avec des nasses ou des filets à inanche , ou avec des seines ; mais la pêche la plus considérable se fait avec ce qu'on nomme le grand filet, qui est formé d'un grand sac, à l'embouchure duquel sont ajustées deux ailes de filet fort Ion* gués, dont chacune est tirée par un bateau. On attache aussi -quelquefois le long d'une, corde plusieurs nasses ou verveux , qu'on cale au fond de l'eau.

i l y a une façon de pêcher qui se fait avec un filet qu'on appelle meni ou menia, dont la construction e6t fort simple : c'est une nappe faite avec du fil très-délié. La .corde qui borde la tête du filet est

tarnie de flottes de liège ; à celle qui borde le pied u filet est un, grand nombre de filets , auxquels on attache de petites pierres grosses comme des noisettes , . qu,i font un lest suffisant seulement pour maintenir le filet dans, une situation à-peu- près verticale. On forme, avec plusieurs pièces de ce filet, une enceinte à l'embouchure d'une - petite rivière ou d'un golfe ; quand le filet est tendu , on bat l'eau, dans l'enceinte , pour obliger le poisson à donner dans le filet , qui , quand il est dans l'eau , n'est pas tendu avec force ; de sorte qu'étant très-fin, il peut céder aisément aux efforts du poisson qui s'y embarrasse : la secousse qu'il occasionne fiait sauter les petites pierres; quelques-unes entourent le- poisson, et, passant dans une maille, le retiennent. Si le poisson s'agite dans ce filet, qui est très-délicat et

Cette pêche est connue et pratiquée également dans le» autres lacs de la Suisse , et principalement dans celui de Neufchàtel : les pécheurs la nomment étole, et ils U font aussi pour prendre de petite poissons destinés à des amorces. »

Dispositions réglementaires sur la pèche de la truite v

L'art. 12 du tit. XXXI de l'ordonnance do 1669 ordonne aux pêcheurs de rejeter en rivière les truites qui ont moins de 6 pouces entre l'œil et la queue, à peine de 100 fr. d'amende et de confiscation* Nous avons fait remarquer précédemment que la disposition de l'art. 6 du même titre, sur la prohibition de la pêche en temps de frai, avait mal déterminé cetteépoque.

TRUITE SAUMONÉE, salmo-trutta. (Lin.) On a prétendu que- la truite saumonée provenait d'un œuf de saumon fécondé par une traite, ou d'un oeuf de traite fécondé par un saumon ; qa'elle ne pouvait pas se reproduire ; qu'elle ne formait pas une espèce; mais cette opinion est contraire anx résultats àes observations les plus nombreuses et les plus exactes» Toutefois, la truite saumonée n'en mérite pas moins le nom qu'on lui. a donné; sa forme, ses couleurs et ses habitudes la rapprochent beaucoup du saumon et de la truite.

Description. — La truite saumonée a la tête petite et en forme de coin; les mâchoires presque également avancées ; les yeux petits, ainsi que lesécailles; la ligne latérale presque droite; le nez et le front noirs; les joues d'un jaune mêlé de violet; le dos et les côtés d'un noir plus ou moins mêlé de nuances violettes; la gorge et. le ventre blancs; la caudale et l'adipeuse noires; les autres nageoires grises; les taches noires de son corps quelquefois angulaires, mais le plus souvent rondes. Ces taches* varient au surplus, dans leurs formes et leurs nuances , suivant la nature des eaux.

On confond souvent avec. 1 s truite saumonée le saXmont-huch , qu'on pêche dans le Danube, le» grands lacs de la Bavière et de l'Autriche, et qui paraît habiter le lac de Oenève, mais qui parvient à une grosseur . bien plus considérable que la truite saumonée.

Habitation. — Elle habite un très-grand nombre de contrées et, de même que lé saumon., alternativement la mer et les fleuves \ on la trouve principalement dans les lacs des hautea montagnes et dans les rivières froides qui en sortent on qui s'y jettent ; elle aime les; eaux vives et courantes , et les fonds de sable et de cailloux./

Nourriture. — Elle se nourrit de vers , d'insecte* aquatiques et de très -petits poissons.

Propagation et accroissement. — Elle fraie dans l'eau douGe au milieu de l'hiver, et parvient à la grandeur d'un saumon moyen, c'est-à-dire à 3 ou 4 pieds de long, et à 8 ou 10 livres de poids.

Qualités. — La chair de la truite saumonée est en général, et sur-tout avant le frai, tendre, exquise et focile à digérer. Elle devient.rongeàtze par lia cuisson, comme celle dm saumon. Sa qualité, an

tendu mollement, il s'y embarrasse de plus en plus, | surplus , peut s'altérer quand la -rivière oô la truite

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saumonée se trouve reçoit une gitonàe quantité de saletés; et on dit qu'un grand volume de sciures- de bois > introduit dans Veau- par des usines > lui couimunique une maladie à laquelle on a donné le' nom de consomption.

Pêche. — On pêche les truites saumonées avec' des filets , des nasses et des lignes de fond , auxquelles on attache ordinairement des vers. Les procédés sont les mêmes que pour la truite ordinaire , seulement on emploie pour la pêche à la ligne des instrumens plus solides.

Conservation des truites saumonées. — Dans les endroits où l'on en prend une grande quantité, on les sale, on les fume et on les marine.

Four les fumer, on élève sûr des pierres un tonneau sans fond et percé dans plusieurs endroits 5 on' y suspend ces poissons , et on les y expose pendant 3 jours à la fumée de -branches de chêne et de graines 4e genièvre. '

Pour les mariner f il but les vider, ses mettre dans du sel y les en retirer au bout de quelques heu* re8) les faire sécher, les arroser de beurre ou d'huile d'olive, et ensuite les faire cuire sur le gril. 11 ne s'agit plus alors que de les mettre dans des barils, alternativement sur des lits de feuilles de laurier, de romarin , de tranches de citron , de clous de girofle , de poivre, et de remplir les interstices de fort vinaigre qu'on a fait bouillir. .

On les marine aussi dans l'huile, c'est-à-dire qu'après les avoir vidées, lavées et fait cuire, on les coupe par morceaux , dont on ôte les principales arêtes, et on les met dans des vases pleins d'huile.

TRUMPO. C'est une espèce de Cachalot. V. ce mot.

TUCA. Nom que l'on' donne à un poisson du genre gade, plus court, plus plat et plus large que le merlan. Duhamel pense que- c'est un tacattd ou un lieu.

TUNIN, Nom que' l'on ^oane au nvarsoutn- dans quelques contrées du Nord. V. Marsouin.

TURfilNÉJBS. Les coouîttes rurbinéeSsôntuâÛvalves et roulées en spirale comme lefe limaçons.

TURBOT, pleuronectes-tutbo t. Poison du genre pleuroneote, que l'en nomme aussi faisan d'eau ou faisan de mer, caHleteau et bertônneau^tk anglais, breet; en hollandais,1 tarboth ; en allemand',' éteinbotte ou £irtt; en italien, rhdmbô, et dans plusieurs provinces méridionales de la France ,* rhômbe. >

Description.- — Le turbot ( Pi. 7 ', fig< 8) a ltt •forme approchant àé eélle d'an losange, d'Où lui est venu le nom de rhombe, qui lui a été donné par plusieurs auteurs. H parvient à 5 ou 6 pieds de ong, et on en prend quelquefois 'sur les c6tes de France et d'Angleterre, qui pèsent dé a5 à 3o Hvres. Il a 67 rayons à la nageoire du dos > 4^ a l'anale; la caudale arrondie"; le côté^gaucî^ nfarT bré de brun et de jaune, et parsemé de tubercules osseux et pointus 5 le côté droit} qui est Pfriferieiîf} blanc avec des taches brunes? la mâchoire»' rjifé-. rieure plus avancée qnéia supérieure, et -garnie, de même que cette dernière,1 de plusieurs rangées'de

Setites dents; lartène kttéValè- se courbant 'autour e la pectorale, et le» nageoires jaanutrës avec Iles tacbes et des points bruns. • » * '

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