‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 258 sur 292 · VEN · texte numérisé non relu

VEN

Pèche d* la vamloése. -

On prend la vandoise avec ton tes aortes de filets, en même temps que les gardons et «litres espaces de poissons. A l'époque du frai 7 on la pèche avec des nasses couvertes <r herbages.

La -pêche à la ligne se fait dans des fonds de gravier, d'une profondeur de 3 à 4 pieds, et dont Peau est vive et rapide. On se sert de la Ligne à gardon (voy. ces mats), en remplaçant les hameçons par ceux 2V*. VI > que l'on amoroe avec é%s vers de terre ou des 'vers de viande, on des fourmis ailées . M. Kres conseille de se servir d'un insecte connu des pécheurs sou&le asai de poHe-bvis, que l'on trouve sur l'eau des petits ruisseaux qui aboutissent à une rivière } ce* insecte est enfermé dans une coque en forme de tuyau de plume, dont on le retire par la tête, si l'on veut l'avoir entier et propre à la pèche. . Cfest dans le mois de juillet , époque où les vandoiset, ayant frayé, se trouvent affamées, que cette pêche se fait «vec le plus de succès. On ne la pratique que le matin, et sans mettre de plomb à la ligne \ on la cesse dès que le soleil paralç* Comme la vandoise es» adroite à emporter Les amorces, il faut la piquer prompte* ment ; du reste , on l'attire avec tontes espèces d'amorces. •

VANGBRON» Nom aoe l'on donne à un peleson des lacs de Lausanne et de Neu&hàtel, et qui parait être une espèce de cyprin , peut-être le gardon .11 a près des ouïes m nageoires couleur d'or$ a sous le ventre , qui sont jaunes $ un aileron derrière l'anua; un sur le dos ; celui de la queue est fourchu. Ce poisson a la figure et la chair semblables à celles de la carpe.

VARANGUES. Ce sont les membres qui sont posés immédiatement sur la quille, et forment la

Ïtartie la plus basse des couples. Quand on veut que es fonds du bâtiment soient fins, on donne d&Pao» enlement aux varangues 4 on lès mit plates quand on vent qu'ils tirent peu d'eau* Lee varangues de l'avant sont acculées , celles de l'arrière encore plus. On nomme maîtresse-varangue celle du maintecouple , qui est vers le milieu de la longueur du bâtiment»

VARGADELLE ou VERGADBLLE. Nom vulgaire du soupe, poisson du genre épure. V. Suupe.

VAR VOUTE. Filet À manche. V. Guideaiu

VASTANGUE- Vmt l* Rai*~ Postante me. Y oj. «es mots.

VAS-TU , Y1ENS-TU. Pèche qui se &tt a*ec un filet du genre des me mets ou des tramaux, qu'on tend de terre par le travers d'un courant, an moyen d'une manoeuvre passée dans une poulie de renvoi, qui est frappée à un rocher on ànn pieu- V. Tmmuil. VATROU1LLE. Tampon de laine attaché nn bout d'une perche, qui sert à laver les morues*

VAVA1N. Gros câble, qui sert tant au* Ws rivières que sur la mer.

VEAU MARIN. Nom que l'on donne an pàaqne commun. V. Phoque*

VENSTSw Espèce de petit ha* -parc du genre des courtines , (orme de fileté liinmi circulaires. V. Parc.

VÉR

VEMGERÔI*. V. Va»g*r#H.

VENGtJDE, C'est minai qu'on notante ra grande entrée d'une boutcBgtie du coté de l'étang. Voyez Bourdigue.

* VBïnTJRON. Ternie en usage au port deïréjus, pour désigner un filet appelé carrelet. V. Carreau.

VRRULE&i scomber-chloris. (Blocn.) Poisson du genre caranx de Lacépède, et que le docteur Bloch a appelé verdier, parce que les couleurs de ce poisson ressemblent à Poiseau que l'on appelle verdier.

Ce poisson (V. la 'PL $tjtg* 5) a le corps large ; la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure ; l'iris de l'oeil blanc ; point d'écaïïle sur la tête ni sur les opercules \ la langue lisse \ l'anus rapproché de la gorge ; îes nageoires pectorales longues , rougeàtres à la base , et violettes à ^extrémité, de même que la caudale 5 et la chair grasse, molle et agréable au goût. On le trouve sur les rivages de l'Afrique , auprès d'Acara.

VERDON (HAPPÉ LE). ïenne dont se sétt un batelier, qui, en arrivant dans Une îkj dit à son camarade : happe le veraon, pour dire ; prendstoi au bois.

PERDONS. On appelle ainsi, dans quelques endroits, le labre-lourd. V. Labre.

VER GABELLE. On donne ce nom , dans quelques ports de mer, aux jeunes spares-canlhères , et dans d'autres au gatte-merhtche. V. Merluche.

VERGAND1ER: On appelle ainsi, sur la côte de Normandie, un petit arbrisseau qu'on nomme ailleurs houx-frêlon, et en latin ruscus myrtifolius aculeatus.

VERGO. Poisson du senre scienne, qu'on appelle aussi corbeau, Y. Scienne- Timbre. *

TERGUËS. Pièces de bois plus grosses au milieu que vers les extrémités , qu*on attache au mât par le milieu , et sûr lesquelles sont tendues Où encapelées les voiles.

YÉRON otj VAIRON, iyjp/»t«r-pfc^f*7iiw(Lin.)î pisciculus varias (Rond.). Poisson dû genre cyprin, et dont le nom parait dériver du njot latin varhts , à raison de la diversité de ses couleurs.

Description. — • Ce petit poisson ( PL 9, Jtg. 9 ) , dont la longnenr dépasse rarement S pouces, a 10 rayons qui soutiennent lennageoires dorsales y anale et ventrale ; le corpa allongé, sond.ee couvert de petites écaillée et d'une matière visqueuse très-abondante ; la queue marquée d'une tache brUne \ la tète cunéiforme $ les deux, mâchoires égales efc bordées de ronge j la, ligne latérale droite» Se* couleurs sont diversifiées par raies -ou par taches. Sa tête est d*un vert foncé» Ches> les uns f on iwoit un mélange de bleu, de jaune et de noir 5 chea 4Mait>trea , 3e rouge, aie blanc et de bleu ; obe* la plupart, on voit des raies bleues ♦liant, du dtie àia ligne latémla» Leesmgeoirea sont bieuàtsesiet tachetéee de mngev

Habkatmm. «««Il se trouve dans les rivièrea* et les nnaseann de l'Europe, snj+toot dans les pays montagneux, et il est très*cam«min dans certains Keux du midi de la France. Il se plaît dans lès fonds sablonneux et dan» les» eaux vires» et. courante*, et vient aouuenftAilaawmace et mlr les bonde de>l?e*v 5

les eaux dormantes, et marécageuses lui sont mortelles ; il meurt aussitôt qu'on le sort de ^eau<

Nourriture; — Les végétaux qu'il trouve dans l'eau sont sa principale nourriture.

Propagation. — Il fraie dans le mois de juin, et dépose ses œufs sur les rivages des rivières et des ruisseaux. 11 multiplie beaucoup.

Ennemis* — Il a "un grand nombre d'ennemis, sur-tout parmi les oiseaux d'eau , qui en font une destruction d'autant plus considérable , qu'il habite des eaux peu profondes et qu'il aime à se tenir à leur surface et sur les rivages.

Sualités. — La chair de ce poisson est blanche , re, fine et de très- bon goût. Elle ne se mange qu'en friture, comme le goujon; mais sa plus grande utilité est de servir de nourriture aux gros poissons.

Pèche. — On le pêche avec de petits filets , l'épervier, le carrelet et la truble.

La pêche du véron à la ligne est une des plus agréables pour les femmes, parce qu'elle n'exige que des vers pour amorce, et que le poisson mord très - promptement à l'hameçon. On se sert de la ligne à ablette.

VERQUEUX. Synonyme ou corruption de Verveux. V. ce mot*

VERRAT. Nom que l'on donne au maquereau sur quelques côtes de France.

VERROT1ERS. On appelle ainsi les pécheurs qui fouillent le sable avec des pioches , louche ts , cous , râteaux ou herses, pour en tirer les vers. On les transporte en vie dans des sébiles pleines d'eau de mer. Y. Pêche.

VERS DES PÊCHEURS. On donne principalement ce nom au lombric terrestre, à l'arénicole des pêcheurs, à la larve de la mouche des charognes • mais presque toutes les espèces de larves peuvent être employées à la pêche et prendre par conséquent cette dénomination. V. Acïiée et Appât.

VERT ( SARDINES EN ). On appelle ainsi celles qu'on couvre d'un peu de sel, comme les harengs brailles.

VERTAULBT. Filet conique et à manche , qui sert, dans le comtat Venaissin, à prendre des truites.

VERTE ( MORUE ). On donne quelquefois le nom de morues vertes aux morues qui ont naturellement cette couleur; mais on entend communément par morue verte celle qui est talée et qu'on ne sèche pas.

VERVEUX ou VERV1ER, du latin verriculum. Les verveux qu'on nomme aussi renards 3 etc., sont des filets en forme de manche comme les guideaux, mais moins longs. Il y a des verveux. simples et doubles.

Le verveux le plus simple (PI. 36, iV». VI,Jlg. a) est un filet en forme de cloche et un peu conique , d'une ou de 2 brasses ( * à 4 mètres ) dé longueur, dont l'entrée a a porte 3 ou 4 pieds. Le corps de ce filet va un peu en se rétrécissant depuis a 'jusqu'à f9 et prend une-forme conique. A la pointe de ce cône, on fait un œillet, qui sert à fixer le verveux dans l'endroit où on le tend.

Le corps du filet a a e est' soutenu par 4 , 5,6 cerceaux menus et légers, qu'on met en dedans.

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Dans les environs de Nantes , oà l'on fait usage du verveux" qu'on nomme loup , pour joindre l'une à l'autre les gaulattes qui forment les cerceaux , on en passe les bouts dons des tuyaux de sureau « Ailleurs on fait cet ajustement plus proprement avec des révolutions d'un fil retors.

' Le cerceau de l'entrée a a est plus grand que tous les autres, dont les diamètres vont toujours en diminuant.

On ajoute presque toujours devant le principal cerceau a ce que l'on nomme la coiffe (V. la^£.3, N°.1V, PI. 26). Cette partie, qui s'évase beaucoup, est soutenue par une portion de cercle dont les extrémités sont assujetties par une corde ou une barre de bois qui s'étend de l'une à l'autre. Au moyen de cette traverse, le côté de la coiffe qui est en bas, ayant une forme plate, s'applique plus exactement sur le terrain ,

Le verveux, non compris la coiffe, est attaché à toute la circonférence du premier cerceau ; et comme le corps de1 ce filet est large, assez court, et soutenu en plusieurs endroits par des cerceaux, le poisson en* sortirait aisément si l'on ne mettait pas en dedans un goulet, dans lequel on ajoute souvent un petit cerceau, pour que l'entrée en soit plus accessible au poisson.

C'est ce goulet qui caractérise le verveux, et qui établit sa différence d'avec le guides u. Si quelques pécheurs mettent un petit goulet à l'embouchure des guideaux , comme nous l'avons dit, c'est une perfection qui est empruntée des verveux.

On conçoit que le poisson qui s'engage dans Je goulet passe sans difficulté dans le corps du Ter* veux par Les fentes qui sont vers la pointe du goulet ; il en écarte les fils et les herbes qui se présentent à son passage. Une fois qu'il est dans le verveux, il se trouve à l'aise et nage de tous côtés sans jamais reprendre, pour en sortir, la route qu'il a suivie en y entrant. On le trouve immanquablement entre le corps du verveux et le goulet ; et comme il n'est pas gêné , on le retire sain et en vie, ce qui donne aux verveux un grand avantage sur les guideaux.

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Des verveux à plusieurs entrées*

Gomme les poissons nagent en tous sens dans les eaux dormantes pour chercher leur nourriture, et que rien ne les détermine à suivre plutôt une route qu'une autre , on fait des verveux qui ont plusieurs entrées, quelquefois jusqu'à quatre, pour que le poisson y entre plus facilement.

Nous nous . contenterons d'en représenter un , PL. 26, Afa. VIj JSg. 3, qui a deux entrées.

Ce verveux , qui est cylindrique , se nomme louve ou vèrveûx à tambour* Le corps du filet 7 qui est d'une égale largeur dans toute son étendue , est monté sur trois ou un plus grand nombre de cerceaux A C, m , B d. Ces cerceaux sont fermement attachés aux quatre perches A B, S h, C d* A» chaque bout de ce tambour, il y a un goulet *4 K. Ct B h d f de sorte que les poissons ont une égalé facilité à entrer dans Us verveux par un bout on par l'autre.

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On en fait de cubiques qui ont cinq entrées , et qu'on nomme , pour cette raison , qwnqueportes.

Dans tous ces ver veux, qui sont montés sur un bâtis de bois, il faut ménager une/porte pour en retirer le poisson.

i a. — De la manière de tendre les verveux ci-

dessus décrits.

Dans les rivières et les étangs, on se sert ordinairement de verveux semblables à celui de la PL 26, N°. VI, JSg* a, mais garnis de la coiffe. On cherche à les placer auprès des crônes ou dans des herbiers. Dans ce dernier cas , le pécheur coupe l'herbe dans l'endroit où il se propose de placer le verveux ; et comme les poissons qui se retirent dans les herbiers aiment à trouver une place nette d'herbes, il est avantageux d'y faire de petites routes qui aboutissent dans l'endroit où Von place le verveux.

Les pêcheurs ayant attaché, une pierre au bout du verveux ,^/Sy. 3, N°. IV, PL »6, et une à chaque extrémité du bâton de la coiffe, ils jettent le verveux à l'endroit qu'ils ont préparé 5 ils l'arran-

Sent avec une perche;, puis ils rassemblent- paressus les herbes qu'ils ont coupées, et qui alors flottent sur Peau. Le poisson y étant à couvert , il nage volontiers dessous, parce qu'il se trouve en liberté. Les pécheurs tendent ainsi une trentaine de verveux j et suivant différentes circonstances, ils vont les relever après les avoir laissés à l'eau plus ou moins de temps. Quand il fait frais, on peut les y laisser deux nuits sans les relever ; mais s'il faisait chaud , il faudrait ne les y laisser qu'une nuit, sans quoi ils seraient tnentôt pourris.

Lorsqu'on pèche dans une eau dormante , il est assez indifférent de quel coté on tourne la bouche du verveux ; et c'est le cas où il est avantageux de tendre des verveux à plusieurs entrées. Mais on n'est point d'accord sur la question de savoir s'il est préférable d'opposer la bouche du filet à un courant, ou la placer en sens contraire. Cette dernière situation semblé être la meilleure quand le courant a peu de rapidité, parce que les poissons refoulent ordinairement le courant quand ils sont effrayés. Mais il n'en est pas de même lorsque le courant est rapide $ car en ce cas il entraîne plusieurs espèces de poissons comme malgré eux..

Lorsqu'on tend des verveux au bord des rivières, l'usage le plus commun est de les placer, .dans des endroits où il y a peu de courant; et la plupart des pêcheurs opposent au courant le fond des verveux. Mais au bord de la mer, sur les grèves, on présente toujours la bouche du filet au courant. Quand on veut tendre ainsi les verveux {PL 26,^°. IV,fig. 3), on attache une càblière à la pointe du filet, et ron amarre au demi-cercle qui soutient la coiffe du filet une nerche, qui est pointue par le bout ; après avoir

I'eté la pierre à l'eau et avoir étendu le verveux sur e fond, on y fait entrer l'extrémité de la perche : le filet est alors tendu assez ferme pour résister au courant. Quelques-uns cependant attachant-, QU*re cola, une pierre à chaque bout de. la traverse.

VER

£emi-cercle oui soutient la coiffe, et on passe la perche dans l'œillet qui est au bout du filet', pour enfoncer le .bout pointu dans le fond, ainsi que le font les pécheurs, Jig. 1 . Comme le verveux va toujours .en s'évnsant, le courant contribue à porter la bouche du filet vers le Jbas de la rivière, ce qui aide à le tendre.

$ 3. — Manière de tendre les verveux doubles.

Pour tendre le verveux double et cylindrique ou en tambour, que quelques-uns nomment louve ( PL 26 ; jtf"0. Vif Jfg. 3 ) , on le porte ordinairement dans des herbiers, comme ceux qu'on voit représentés dans le 2V°. V. On y coupe les herbes avec un croissant, pour faire une route , une coulée ou une passée c d, précisément de la largeur du tambour; et cette passée sera d'autant' meilleure qu'elle sera plus . longue. Ensuite on attache des pierres le long d'un des bâtons du tambour , afin que le filet aille au fond de l'èau. On attache de plus une corde en e au milieu du bâton a b, opposé à celui c dy qui est chargé de pierres. Si l'on place le tambour auprès du bord de l'eau , la corde doit être assez longue pour qu'on puisse s'en servir à relever le filet. Mais quand on tend le tambour avec un bateau,, il faut mettre au bout de la corde une flotte de liège, comme on le voit' dans le bas de \&fig* 3, 2V°. VI } ou un signal de roseaux secs , qui indique l'endroit où le tambour est calé.

Pour mettre le tambour à l'eau , on le prend avec les deux mains par les bouts, et on met sur sa tête le bâton AB, qui est opposé à celui C d, qu'on a chargé de pierres. Etant à portée de. la passée qu'on a faite entre les' herbes, on jette le tambour à l'eau, en retenant le bout de la corde ; puis , avec une perche fourchue , on place le tambour exactement au milieu de la passée, de façon que s'il y a du courant, l'eau traverse le tambour' dans toute son étendue.

On peut tendre ce filet le jour et la nuit $ mais si on l'a mis à l'eau a heures avant le soleil couché, on va le relever a heures après' le soleil levé. - Quand la passée est large , on ajoute au tambour des ailes ef, et des îCoifles cd,fig. i,,iV"«. V.

rant

Quand on oppose le fond, du filet f/Sg* sjf> a*,count de l'eau, on met une, pierre, à chagfce bout du

§ 4» — Des petits verveux nommés bertoulens en

Languedoc.

A Cette, en Languedoc, les pêcheurs font un grand usage de petite verveux qui n'ont guère que 20 ou 3o pouces de longueur, qu'ils nomment bertquie/is ou bertQulcUes , probablement parce que c'est un diminutif de bertaule, ;nojn. qu'on donne aux verveux dans quelques provinces.

wCes pêcheurs forment de petites voûtes dans les herbes qui remplissent les étangs aux endroits où il.y a. peu d'eau , et ils placent un herteulen à l'entrée de ces routes ou .canaux. Le* poissons trouvant un chemin libre données canan*, ils le suivent et entrent dans le bertpulen. On tient le filet en état avec trois bouts de roseau, que l'on pique dans le fond, et dont un assujettit la poûue -, tandis que les deux autres maintiennent en état l'entrée du bertoulen. Un seul homme en tend 5o ou 60 en différons endroits , et il peut seul suffit* à cette pêche %

VER

qu'on pratique toute if année , et à laquelle on prend des muges , dés dorades , des anguilles ^ etc. Les mailles des bertoulèns sont fort serrées.

§ 5. — Des verveux qu'on tend sur les grèves et

entre ces rockers.

Il y a deux façons d'arrêter les verveux ail bord de la mer. Les uns sont retenus par des pierres , les autres par des piqueta.

Pour pêcher avec le verveux au bord de la mer et entre les roches , où il reste de l'eau de basse mer, on fixe ces filets avec des pierres $ et en conséquence on les nomme verveux pierres ( P/# 26 , N°. lV,fig. 4)- Pour cela, on attache à la pointe du verveux une grosse pierre Ai on met à tous les cercles des lignes, auxquelles on attache des pierres 4/ on amarre au milieu du demi-cercle qui soutient la coifFe une corde e, à l'extrémké «te laquelle est une grosse pierre d, qui tient cette corde tendue. Ces amarres suffisent pour assujettir ie^ verveux contre les courans > il n'y a que le6 ouragans «, qui les emportent quelquefois et les jettent à la, côte.

Sur certaines cotes, on les affermit encore mieux, au moyen de piquets qu'on enfonce dans le sable (flg. 4, N°. ri). On en fourre un dans l'œillet qui est à la pointe du verveux , deux -vis-à-vis de chaque cerceau , un à la droite , l'autre à la gauche, et un troisième à l'avant de la coifFe* On amarre avec une ligne chaque cerceau aux pieux ini sont auprès , et avec une ligne plus longue e haut du demi-cercle du goulet au piquet qui est à l'avant. De cette façon, il n'y a guère de tourmente qui puisse emporter les verveux.

On ajoute quelquefois Aes ailes aux guideaux et aux verveux.

§ 6. — Des appâts qu'on met dans les verveux

simples.

Quoiqu'on ait grande attention de placer les verveux dans des endroits que le poisson fréquente, Auprès des herbiers et des souri ves, aux lieux* où il y a peu de courant , on choisit , quand il (ait froid , ceux qui sont exposés au soleil , et dans les grandes chaleurs ceux où il y a de l'ombre. Malgré toutes ces attentions, il est toujours utile, pour engager les poissons à entrer dans le filet , d'y mettre entre le corps du verveux et le goulet quelques poissons vivass, sur -tout de la même espèce que ceux qu'on se propose de prendre, rien notant plus propre à engager les poissons à y entrer. On attache aussi aux cerceaux , dans l'intérieur du filet, quelques appâts , tels que des os de porc salé, du tourteau de chêne vis 5 et on estime que pour se procurer un excellent appât , il faut faire cuire à demi à la broche un lièvre qui commencé à se gâter , et l'arroser avec du miel ; la chair de ce lièvre , ainsi que des rôties imbibées du jus qui en est tombé dans la lèchefrite , attire beaucoup les poissons.

Ces dlfférens appâts conviennent à tous les filets dormans.

Quelques pêcheurs prétendent qu'il est encore bon de mettre dans le verveux des fleurs qui aient

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de9 couleurs vives. Mais ce que nous disons de ces appâts n'exclut point les vers de terre et les autres dont nous avons parlé en différentes occasions. V. Appât et Achée.

$7. — Des guideaux et verveux avec des ailes*

Quand on tend des verveux simples , soit dans les étangs , soit dans les herbiers où il y a beaucoup de poissons, on peut espérer une pêche avantageuse, au moyen des appâts dont nous venons de parler. Mais lorsqu'il s'agit d'eaux courantes, il est tout autrement utile d'augmenter la vitesse du courant, et de déterminer le poisson à entrer dans les manches , en pratiquant des espèces de cloisons en forme d'entonnoir, qui y aboutissent. Il est évident que si l'on tendait un guideau ou un verveux au milieu d'un courant fort large , on ne pourrait pas espérer de faire une pêche avantageuse , parce [ue rien ne déterminerait le poisson à entrer dans e filet ; sa bouche ayant peu de largeur , tout le poisson qui passerait à droite et à gauche serait perdu pour le pécheur. C'est ce qui a déterminé à faire précéder le filet par des ailes qui, formant une espète d'entonnoir , rassemblent les poissons dans rembouchure des chausses.

D'un autre côté, comme on a Teconnu que plusieurs 'espèces de poissons se laissaient entraîner par la force du courant, on s'est proposé d'augmenter la vitesse de l'eau par des cloisons qui obligent une grande masse d'eau à passer par une ouverture assez étroite $ c'est ce qu on nomme des gors.

$ 8. — Manière d'ajuster de* ailés aux vemeox doubles, qu'on nomme louves.

Avant de tendre une' louve dans les herbiers, il faut couper l'herbe, pour faire au travers une pas~ sée on une coulée ( Pi. 26 , N°. V). En ce cas. les herbes qui bordent la passée forment en quelque sorte des ailes pour conduire le poisson dans la louve. Mais quand on veut placer le filet dans un endroit où il n'y a point d'herbe , et où la nappe d'eau est large, on ajuste , aux deux extrémités du corps de la louve a b, deux grandes coiffes cd, et outre cela des ailes , qui sont des bandes du filet e f, qu'on soutient verticalement par des piquets, et qui s'étendent depuis la coiffe du filet jusqu'aux rives de l'eau.

Lorsque ce filet , ain si ajusté , est dans une rivière où la maréeiremonte , on prend le poisson qui entre avec le flot , et celui qui veut retourner à la mer loré du jusant. C*est pour cette raison que quelques-uns ont donné le nom de rafle à cette espèce de filet, où se trouvent arrêtés les poissons qui montent contre le courant; comme ceux qui suivent le fil de l'eau.

59. — Des verveux pierres et flottés, tendus dans des flaques d'eau ou des mares.

On a dit ei-dessus qu'on fait au bord de la met , entre les rocher», principalement aux endroits où il ree*e de l'eau à mer basse, irtie pêche avec Je* verveux qafan nomme pierres, parte quSts sont as-

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sujetti* arec êes pierres (Pi. a6 , JV**. iKjfy- 4)- On ajoute à la bouche de ce verveux des ailes e e, quand cm tend ces filets soit sut des grèves , sait dans des endroits où la nappe d*eau est large. Supposé

Svfon établisse le verveux dans un endroit où il reste e IVau tle basse met, on n'arrête point ces ailes avec des pieux ; on se contente de mettre à la ralingue qui borde le bas dtr*rHet des pierres qui le fassent porter sur le fond, et au bout en e une grosse ciblière ; puis on attache des Sottes de liège à la corde, qui bordent le filet par en haut. <5*s ailes, qui se tiennent à^peu-près droites , et qu'on a soin de suffisamment écarter l'une de l'autre, forment un entonnoir, qui dirige le poisson vers le vervenx.

On tend aussi de ces verveûx sur des sables à pied sec. En ce cas, on arrête les ailes plus régulièrement, ou avec des pieux, ou en les attachant à quelque roche , ou enfin en les amarrant à de grosses câblières , dirigeant toujours la bouché du filet de façon qu'elle reçoive l'eau de quelque courant. On fait maintenant peu d'usage de cette espèce de filet.

§ 10. — . Des guideaux eu verveux tendu* dans t des flaque* d'eau ûù il y a peu de cour a fit*

Dans les mares et les étangs où il y a peu de courant, on emploie quelquefois des pieux et des filets pour former des palissades en zigzag {PL 26 , N°. F, fig. % ) , qui couvrent toute retendue du terrain , et on place des guideaux ou des verveux aux angles saillans, quelquefois même aux angles rentrans. Ces grandes ailes ou palissades servent à conduire le poisson dans les filets. Il est sensible au 'on peut ajuster ces ailes en bien des façons différentes , pour les rendre convenables aux terrains sur lesquels on les tend 5 et souvent on a aJoin de diriger l'embouchure des guideaux ou des verveux en plusieurs sens , pour qu'ils reçoivent les poissons qui nagent suivant différentes directions.

§ 1 1 . — Des moyens de rendre la pêche aux guideaux et verveux plus abondante.

Nous avons dit qu'il était avantageux de tendre les guideaux et les verveux dans des courans , et que cette pèche devenait plus utile , à proportion que Peau avait plus de rapidité. Il est sensible que c'est pour arrêter au passage les poissons qui suivent le courant, qu'on y place ces filets; et on fait l'embouchure des filets fort large , pour qu'une plus grande masse d'eau en traverse la manche.

Les meuniers qui ont plus d'eau qu'il ne leur en Amt pour faire tourner leur moulin parviennent à élargir l'embouchure de leurs filets et à augmenter la vitesse du courant, en plantant des files de pieux qui s'entretouchent, da, c a {PL %6j N°. III). Ces files rétrécissent le cours de l'eau et l'obligent de traverser les manches que l'on a ajustées en c et en d. Le bout f de la manche c est fermé par un lien , et celui de la manche d aboutit à un panier #, dans lequel se rassemble le poisson.

Mues meuniers font aussi des ouvertures dans la chaussée qui conduit l'eau vers leur moulin, pour

VER

y ajuster un verveux *. Farces induttâes, union peut varier de différentes manières, toute l'eau d'une petite rivière traverse les filets, où se trouvent arrêtés tons les poissons qui en suivent le cours.

H faudrait , pour ne point altérer la qualité du poisson , employer des verveux , ou soutenir l'intérieur dea guideaux ouvert avec des cerceaux , comme on le voit à celui qui est coté e. Pour ne* pôipt faire de tort à la multiplication du poisson f on devrait aussi donner 2 pouces d'ouverture aux mailles, même au bout des manches : c'est ce que ne font pas 'les meuniers. •

4 1a. — De la tente des guideaux et verveux dans

les gors.

Il arrive assez souvent qu'il se rencontre des fies ou îlots dansles rivières navigables {PL 26,^°. //) : alors on laisse le grand bras libre pour la navigation, et les pêcheurs font dansles petits bras ce qu'ils nomment des gors. Ce sont de grands entonnoirs c y faits avec des pieux jointifs, le bout évasé étant du côté du haut de la rivière, et ils ajustent au sommet de l'angle des guideaux ou des verveux e. Il est sensible qu'au moyen de ces gOrs , on prend tout le poisson qui peut passer par les petits bras, et que le poisson qui se trouve engagé entre les files de pieux est déterminé à entrer dans les manches , qu'il y esr même en quelque façon forcé par la vitesse du courant, qui est beaucoup augmentée par le rétrécissement que forment les gors.

Il y a des gors à quelques lieues au-dessus de Rouen, en allant vers Paris $ mais on ne peut en placer plus bas , à cause de la marée qui remonte dans la Seine avec beaucoup dé rapidité.

§ i3. — Tente des verveux dans les haies.

Les haies ou arrêts sont des files de pieux a 6 {PL 27, N°. III), qu'on met sur le bord des rivières pour diminuer le courant de l'eau. On a -donné le nom de haie au remou ou tournoiement d'eau qui est occasionné par ces pieux. Les pêcheurs placent des verveux, en sorte que l'embouchure regarde d'un peu loin l'endroit où se rapprochent deux files de pieux, afin que les poissons qui vont s'y ranger pour être à l'abri du courant en-' trent dans le filet. Ainsi, ces verveux se placent dans la haie des gors, au lien que ceux dont nous avons parlé se tendent la plupart à la pointe et dans le fort du courant : c'est pourquoi les verveux qu'on met dans les haies ne font aucun tort à la multiplication du poisson, et les poissons qui entrent dans ces filets y restent long-temps en vie.

Quand on tend des verveux à l'embouchure des rivières où la marée monte , on place la bouche des verveux à amont ou à aval , suivant le cours de l'eau.

On voit, dans hiflg. N°. III, que la pointe des verveux est retenue par des piquets d, et l'ouverture c par des câblières e e , qui sont aux pointes des cerceaux de la coiffe : cela suffit quand on n'oppose pas la bouche du filet au courant ; mais quand on les pose en sens contraire , il est bon de mettre des piquets au lieu des câblières.

VIB

f 14. — Des gors, verveux au guideaux sur Us grèves au bord d& la mer*

Ce que nous venons de dire des gors sert pour en établir au bord des rivières 5 mais on en tend aussi au bord; de la mer, sur les grèves, que la mer recouvre. Leurs palissades peuvent être formées de pieux ou pâlots ( PL 26*, N°. II) ou avec des clayonnages {PL 27, 2f°* H)9 qu'on nomme en quelques endroits des braies, ou avec des filets soutenus par des piquets ( PL 27, N°. I) , et qu'on nomme volontiers tonnelles} toutes ces choses sont assez Indifférentes, pourvu que l'ouverture du filet soit du côté de terre , et sa pointe du côté de la mer. 11 faut aussi établir le gor dans un endroit d'où la marée se retire avec vitesse. C'est pourquoi l'embouchure des petites rivières est favorable, et les grandes vives-eaux sont avantageuses pour cette pèche, ainsi que les chaleurs, parce qu'alors les poissons donnent à la côte plus abondamment. Mais il arrive quelquefois des. tourmentes qui bouleversent tous ces filets»

Comme les verveux et leurs ailes ont peu de hauteur , la marée recouvre tout cet appareil ; et lorsqu'elle se retire , le poisson qui n'a pas passé pardessus les ailes est pris 1 ce qui arrive au plus grand nombre. ,

Les ailes des gors , qui sont presque réunies par un de leurs bouts a ( PL 27, Nos. /et II) y s'écartent, du côté c b , de 20 ou 3o toises. . .

Sur les côtes où il y a beaucoup de pierres plates, on forme les ailes àts gors ou avec des murs à pierres sèches^, ou avec des pierres lonues et minces qu'on plante debout dans le sale : ces divers moyens reviennent au même pour l'effet.

A l'égard des tonnelles formées avec des filets, il y a des pécheurs qui affermissent le bas des ai le 6 avec des pierres et un petit ciayonnage. Cela est défendu , parce que l'intérêt public exige qu'il reste un peu de jour au-dessous des ailes, pour laisser échapper les petits poissons.

Quand les bars et les mulets approchent du verveux , et que les ailes sont assez rapprochées l'une de l'autre, ces poissons ont l'adresse de sauter par-

tu'ils ne leur échappent , tendent d'une aile à

dessus. 11 y a des pêcheurs qui > pour empêcher

qu'ils ne U

1 autre, en cet endroit, un filet horizontal : c'est

ce qu'on appelle verveux avec jambe» et chasse

couverte.

Régie mens^

Les verveux sont des instrumens de pêche dont l'emploi dans les fleuves et rivières est permis \ mais les rcglemens ont fixé la distance à mettre entre les baguettes ou brins d'osier qui les composent. Nous en avons parlé au mot Engin ( voy. ce mot), et à l'article Pèche.

Quant à l'emploi des verveux pour la pêche à la mer, il faut consulter la déclaration du roi , du 18 mars 1727, qui est à la fin de ce Dictionnaire.

Y1BORD. Partie du vaisseau qui s'élève au-dessus du pont le plus élevé , et forme avec ce pont une espèce de coffre.

VI v

VIEILLE. Poisson du genre dfs labres » que l'on trouve sur les côtes de France , et notamment sur celles de Normandie et de Bretagne, où il est connu sous les noms de vieille-de-mer 9 de vrac, de crahate, et de carpe-de-mer. Sa longueur est de 10 à i2 pouces au plus, sur 9 à 10 de largeur verticale. H. a 16 rayons aiguillonnés et i3 rayons articulés à la dorsale ; 3 rayons-, aiguillonnés et 1 1 rayons articulés à l'anale ; 6 rayons à la membrane bran- . chiale ; le museau dénué d'écaillés semblables à celles du dos; de petites écailles sur la caudale,, qui est arrondie ; la tête rougeâtre ; le dos couleur de plomb} les côtés jaunes et tachés ; les thoracines, l'anale et la caudale bleuâtres et bordées de noir 5 des taches arrondies et petites sur l'anale , la. caudale et la dorsale. La chair de ce poisson est de bon goût et susceptible d'être salée» On le prend au filet et à la ligne.

VIEILLE. On donne aussi ce nom à une espèce de poisson du genre Batiste. V. ce mot.

VIGNEAUX. On appelle ainsi des banquettes faites en pierres sèches ou avec du bois , et sur lesquelles on étend les morues au bord de la* mer pour les faire sécher, lorsqu'on n'a pas de bonne grave ou grève. V. Morue.

VILAIN. L'un des noms de la Ckevunne. V. ce 'mot.

VIPÈRE MARINE. On donne ce nom à plusieurs poissons dont le corps a la forme de ceux, des serpens, tels que les Murènes p les Cépolesp les- Syngnates. V. ces mois.

VIREVAU. Cylindre de bois qui est percé horizontalement , et qu'on fait tourner avec des leviers. V. G an gui et Moulinet.

VIRURE DE BORDAGE. Cest une bande de borda ces qui s'étend tout autour d'un bâtiment.

VIVAIS O FRANC. On nomme ainsi un poisson* du genre des spares , dont on ne connaît pas bien l'espèce. Duhamel dit qu'on le prend à la ligne dans des fonds qui ont plus de 8 brasses de profondeur : pour cela cinq nègres se mettent dans une pirogue , deux nagent ; deux qui sont vers l'arrière tiennent , avec leur rame , lieu de gouvernail , et le cinquième jette à la mer une corde qui porte à son extrémité plusieurs lignes garnies d'haims , et • amorcées de petits poissons. Le vwano, étant trèsvorace, se jette avec avidité sur ces appâts, et souvent on trouve des haims qu'on a mis à la mer, garnis de ces poissons de différentes grandeurs*

Sa chair est blanche et de bon goût, quand le poisson est nouvellement péché. H y a de ces poissons qui pèsent jusqu'à 3o livres. Outre ce vivano qu'on nomme franc, on en pêche plusieurs au-* très, entre autres un qu'on nomme mombain , qui ne diffère du précédent que parce que sa tête est plus arrondie , et que le rouge est plus foncé ; un autre qu'on nomme variole, parce que sqs écailles sont variées de différentes couleurs } le vivana gris, dont les lignes latérales sont jaunes ; enfin le i>ivano à oreilles noires , qui a des taches noires à la nais-, san ce des nageoires pectorales.

VIVE, trachinus-araco. ( Lin.) Poisson du genre. trachine et de la division des jugulaires , que l'on nomme aussi dragon-de-mer ou dragon marin., %>içer,

et quand il est jeune , araigne ou araignée-de-mer, ùranéole, saccreiîle , bois de reau et dois de roc; en allemand , petermannchen ; en hollandais , pietermann ; en anglais , weever. Ce poisson était appelé dragon-de-mer dès le temps d'Aristote , et il a été, chez les Anciens, l'objet d'un grand nombre de fables , à cause de ses couleurs souvent brillantes) de la vivacité de ses m ou ve mens, et du danger des blessures qu'il fait avec ses aiguillons.

Description. — La vive (PI. 4 9 f*g* 3 ) est un poisson qui parvient rarement à plus d'un pied de long , et qui a la tête de moyenne grandeur , comprimée et garnie de petites aspérités ; la bouche large } les mâchoires garnies de dents pointues ; la langue étroite ; les yeux vifs , peu éloignés du museau et du sommet de la tète ; un enfoncement entre ces organes; un fort aiguillon à chacun des opercules ; le dos d'un jaune brun ; le ventre blanc , et les côtés fasciés obliquement de lignes brunes et fréquemment dorées; deux nageoires dorsales, la première noire et formée par cinq aiguillons trèsrobustes et très - pointus , la seconde très - longue ; les nageoires ventrales petites; l'anale aussi longue que la seconde dorsale ; la caudale arrondie et tachetée de brun ; l'anus très-près de la tête.

Habitation, — La vive habite non - seulement dans la Méditerranée , mais encore dans l'Océan $ elle se tient presque toujours, dans le sable , ne laissant paraître qu'une partie de sa tête. Lorsqu'elle est ainsi retirée, elle n'en conserve pas moins la faculté de frapper autour d'elle avec force et promptitude par le moyen de ses aiguillons : aussi doit-on se garder de marcher nu-pieds sur le sable ou le limon au-dessus duquel on peut supposer des vives. Leurs piquans font des blessures très-douloureuses. Nourriture. — Ce poisson se nourrit d'animaux à coquille, de mollusques ou de crabes, et de poissons, qu'il attaque avec agilité et frappe de ses aiguillons.

Propagation. — Pendant la fin du printemps et le commencement de l'été , les vives s'approchent des rivages pour y frayer.

Qualités. — L*. chair de la vive est de très-bon goût, facile à digérer, et se conserve bien; et comme ce poisson a la vie très- dure, on peut le transporter à de grandes distances : on l'apprête dans les cuisines de plusieurs manières; mais la plus ordinaire est de le faire griller sur des charbons ardens, après l'avoir écaillé, vidé, lavé et taillé transversalement. On l'arrose de beurre frais ou d'huile, pour l'empêcher de se trop dessécher, et on le setf avec une sauce blanche, une sauce piquante, ou telle autre que l'on préfère.

£>e la pêche des vives, et des blessures faites par ces poissons. — Vers .les mois de juin et de juillet, époque où les vives s'approchent des riva-

S es , on en trouve dans les manets qui ont été tenus pour la pêche des maquereaux. On emploie aussi pour les prendre, lorsque la nature des fonds le permet, des drèges ou espèces de filets qui reposent sur ces fonds et peuvent dériver avec la marée. Quand il fait chaud , ce poisson mord aux hameçons. Les pécheurs de l'Archipel grec se servent ordinairement de ligues de soie qu'ils font "des-

cendre jusqu'au fond de Peau. I)ès qu'ils ont attrapé une vive , ils lui fracassent la tête , afin d'éviter les blessures de ses aiguillons. Ces blessures sont très- graves, et redoutées par les pêcheurs. Biles font ressentir de fortes douleurs, qui occasionnent quelquefois la fièvre. Les pêcheurs , pouf les éviter , rompent ou arrachent les aiguillons aux poissons qu'ils tirent de l'eau. On vante beaucoup de remèdes pour la guérison de ces blessures $ mais, observe Duhamel, l'expédient qui parait le meilleur est de mettre sur la piqûre le foie nouvellement tiré de l'animal. Quelques pêcheurs, après avoir lavé la plaie, emploient une décoction' de ientisque ou les feuilles mêmes de cette plante , ou des fèves de marais ; d'autres ont recours à l'urine chaude ; le plus souvent on y substitue du sable mouillé , dont on enveloppe la tumeur, en tâchant d'empêcher tout contact de l'air. On avait pu croire que- la vive lançait dans la plaie un poison actif; mais Lacépède a reconnu qu'elle n'avait aucun ins-' trument propre à déposer une humeur vénéneuse dans un corps étranger, aucun réservoir pour la' contenir , aucun organe pour la filtrer.

Règlement sur la pèche des vices.

L'ordonnance de 1681 , livre V, titre II , art. 4 j portait : Permettons toutefois de faire la pèche des vives avec des mailles de i3 lignes en carré, depuis le \ 5 février jusqu'au \5 avril.

Mais comme l'intention dû roi n'avait été d'accorder cette pêche que pendant le carême , un arrêt du conseil, du 24 mars 1687, en interjetant l'article dont il s'agit, a ordonné qu'à l'avenir cette pêche commencerait deux jours avant le carême , et durerait jusqu'à la veille de Pàque , et a fait défense à tout pêcheur de commencer cette ■pêche plus tôt et de la continuer plus tard , à peine de confiscation des bateaux , chaloupes et équipages , et de 100 livres d'amende.

VIVELLE. On- donne ce nom à la- scie dans quelques ports de mer. V. Scie.

VIVIER , du latin vivarium > qui provient du verbe vivere, vivre 5 c'est un parc, une enceinte, où l'on nourrit des poissons.

Anciennement le mot vivier signifiait indifféremment les lieux où toutes sortes d'animaux , tant terrestres qu'aquatiques, étaient réservés en vie 5 aujourd'hui ce mot est particulièrement employé pour exprimer un réservoir d'eau ou un trèspetit étang attenant à l'habitation , et dans lequel' on conserve les poissons pris dans les rivières ou les étangs, afin de les trouver au* besoin. On mit aussi des viviers sur le bord de la mer, pour la conservation des poissons d'eau salée.

Comme nous avons déjà parlé avec détail des viviers dans les articles consacrés aux Étangs et aux Réservoirs ( voy. ces mots ) , nous aurons peu de chose à dire ici des viviers.

Les Romains avaient construit à grands frais des viviers d'eau douce et d'eaii salée, où ils nourrissaient beaucoup de poissons pour en améliorer la chair et en avoir en tout temps.

Les viviers sont aujourd'hui beaucoup trop négligés, et il en résulte que lorsque la pêche est

abondante , le poisson se vend à vil prix, et qu'on en perd une grande quantité , tandis qu'aux époques où la pêche est moins fructueuse 9 il devient rare et se vend fort cher.

L'intérêt des propriétaires d'étangs , de tous les pécheurs des grandes rivières et des pécheurs à la

que L'on apporte à ce genre tion toute particulière*

Ils étaient autrefois beaucoup plus communs qu'ils ne le sont aujourd'hui , parce qu'il existait un grand nombre de communautés religieuses à qui l'usage de la viande était interdit , et parce qu'on observait avec plus d'exactitude dans le public les jours d'abstinence. Mais le retour des pratiques religieuses donnera de plus en plus un nouvel accroissement au commerce du poisson , et rendra par conséquent une nouvelle importance aux viviers.

La dépense de ces établisse mens est en général peu considérable, et il y a un grand nombre d'endroits qui y sont propres ; une source , un ruisseau , un petit canal alimenté par une rivière , sont les premiers élémens d'un vivier. On doit éviter la stagnation des eaux ; car si elles' ne se renouvellent constamment, le poisson y perd de sa qualité. Il faut aussi éviter de placer un vivier sur un fond de terre de nature séléniteuse , et de l'alimenter par des eaux de même nature , circonstances qui pourraient faire mourir les poissons. U mut encore qu'on puisse le vider facilement , soit pour le nettoyer tous les ans, soit pour en prendre le poisson.

Comme les viviers contiennent ordinairement plus de poissons que ne le comporte leur étendue , if est indispensable de pourvoir à leur nourriture , surtout au printemps et en été. On doit jeter dans les rivières où l'on conserve des carpes et autres poissons du genre cyprin , des anguilles, etc. , les restes de la table , de l'orge , des fèves , des pois bouillis , les fruits gâtés , etc. , etc. , et cela aussi fréquemment qu'on le pourra ; car plus les poissons auront une nourriture abondante, et plus ils grossiront et engraisseront. Dans ceux où l'on met des brochets, des perches * des truites et autres espèces voraces , îl faut jeter de petits poissons , des grenouilles, leurs têtards , des tripes de volailles , des morceaux de basse viande hachée menue. V. Etang.

Lee viviers qu'on fait au bord de la mer sont ordinairement des mares que l'on creuse en terre; l'eau y est stagnante , ou ne se renouvelle qu'aux grandes marées, ou par des conduits qui aboutissent à la mer.

On conserve encore le poisson d'eau salée dans des paniers qu'on dépose dans des endroits où il entre de l'eau de mer. Y. Etang et Réservoir.

Réglemens.

Le vol de poissons dans un vivier n'est pas un simple délit , c'est un crime de la compétence des cours d'assises , et punissable de la peine de réclusion , aux termes de l'art. 588 du Code pénal*

VIVIPARE. On appelle animaux vivipares ceux qui mettent bas des petits vivans , par opposition à

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