BON
côté au-dessous de la ligne latérale; les na thoracinea brunes , celle de l'anus argentée 5 l'intérieur de la gueule noirâtre ; l'iris , le dessous de la tète et même la langue d'un jaune doré ; la tète un peu en forme de cône, lisse et dénuée d'écaillés $ la nageoire supérieure garnie d'un simple rang de dents très-petites , ainsi que la mâchoire inférieure, qui est plus avancée que l'autre \ l'ouverture de la bouche asses grande , la langue petite , la voûte du palais très-lisse $ l'œil très-grand ; les écailles petites; les nageoires pectorales susceptibles de se replier, chacune , dans une cavité sur la poitrine 5 la na* geoire de l'anus plus petite-que les autres nageoires; la première du dos, faite en forme de taux, composée de rayons non articulés , et pouvant se replier dans un sillon longitudinal ; la seconde dorsale , placée
{presque au-dessus de celle de l'anus ; la nageoire de a queue forte et en croissant, dont les deux cornes sont égales et très-écartées ; entre cette nageoire et la secondé du dos, huit petites nageoires, et audessous sept autres semblables $ la ligne latérale s'avançant vers l'extrémité de la queue.
Habitation. — On trouve la bonite dans le grand Océan, aussi bien que dans l'Océan atlantique; mais on la voit communément dans les environs de la zone torride.
Nourriture. — Ce poisson se nourrit quelquefois de plantes marines et d'animaux à coquille; mais le plus souvent d'oxocets ou de triures.
Ennemis et maladies. — La bonite est victime de plusieurs grands poissons , et elle porte dans ses entrailles des ennemis très- nombreux . tels que de petits tœnia, des ascarides , etc.
Quotités. — Sa chair est d'un goût agréable, et ressemble à celle du maquereau.
Pêche. — Les bonites vont en troupes en pleine mer. On les prend à la fouine , au trident et de diverses autres manières. Quelquefois on attache une ligne à la vergue d'un vaisseau lorsqu'il vogue , et on l'amorce avec deux plumes de pigeon blanc ; on voit les bonites s'élancer sur ces plumes , qu'elles prennent pour un poisson volant, et elles se prennent ainsi à l'hameçon.
BONITE DE BLOCH, seomber sarda. Ce poisson, oui est figuré dans le Truite des Péckesà&Shihàmel , et que l'on trouve dans la Méditerranée et dans la mer Atlantique, est connu aussi sous le nom simple de bonite et sous celui de germon ; mais ce n'est pas le germon de Lacépède. (V. Germon.} Il a la tète comprimée et deux rangées de dents sur le bout de la mâchoire inférieure, et n'a d'écaillés que le long du dos et autour de la base des nageoires; son Corps est argenté, excepté sur le dos, d'où partent des raies noires , qui se perdent en se courbant sur les flancs. Il n'atteint pas au-delà de 2 pieds de lon-
gueur ; mais il pèse ordinairement de 10 à il livres. i suit les navires comme la véritable bonite, et se prend comme elle dans le 'grand Océan , pour la consommation journalière des marins ; mais sur les côtes méridionales de l'Europe on le pèche, comme le thon , au filet et à la ligne , pour ïe vendre frais ou salé. La jpéche de ce poisson est très-lucrative à Cadix , à Marseille et à Rayonne t elle dure depuis le printemps jusqu'au milieu de l'été. On y emploie
BOfl
des filets et la ligne t on va les chercher à 3o lieues des eûtes.
BONITERAS. Les Espagnols , sur la cote d'Afrique t nomment boniteras une pèche qu'on fait avec des tramaux pour prendre des bonites.
BONNETTE DE BANC. Les Granvillois qui font la pèche de la morue nomment ainsi une bande de toile qu'Us tendent devant eux pour se garantir du vent, aulieu deatheux dont se serventlesNormanda. V. Morne*
BONS-BOUSSEAUX. Ancien instrument de
Îtéche fait d'osier que l'on ne connaît plus, et dont *usage était défendu par les ordonnances citées dans Saint- Yon, page aa6, lorsqu'il était tellement serré qu'on ne pouvait y passer le petit doigt»
BOOT.Bateau-pécheur dont les Anglais se servent principalement à la pèche du hareng à Yarmouth»
BOBDAGE. On nomme ainsi les planches qui couvrent l'extérieur du navire , depuis la quille jus-i qu'au plat-bord; celui qu'on place tout près de la quille s'appelle gabord; celui qui couvre l'œuvre vive ou la partie qui est dans l'eau s'appelle bordage de fond.
BORDE. L'un des noms de VaM*.
BORDELLÈRE , cyprinus blicca (Rloch) , ou cyprmus lattis (Gmelin)» Ce poisson se trouve dans les lacs et les rivières à' cours lent de l'Europe. 11 a %S rayons à la nageoire , le corps large et mince , la tète petite et en cûne, la mâchoire supérieure avançant sur l'inférieure , la ligne latérale courbe et pointillée de jaune , le dos arqué et bleuâtre , le ventre blanc et les écailles minces et de médiocre grandeur. 11 parvient rarement à plus d'un demipied de longueur»
On prétend que le nom de bordelière lut vient de ce qu'il se tient au bord des eaux» On le trouve dans les lacs de Savoie, dans les étangs de la Bresse, dans le Rhône et la Saune*
Ce poisson porte une grande quantité d'eeufs, qu'il dépose sur les herbes des rivages. Le frai a lieu à trois réprises différentes» Les poissons les plus vieux de cette espèce commencent à frayer ; viennent ensuite ceux d'un âge moins avancé , et ensuite les plus jeunes, en mettant, disent ses pécheurs , un intervalle de 9 jours entre chaque ponte.
La chair de la bordelière est blanche , mollasse et pleine d'arêtes, et par conséquent peu estime*; cependant elle est saine et a du goût» On se sert dea petits individus pour la pèche à la ligne des poissons voraecs. Il est très-avantageux de l'introduire dans les étangs où l'on élève de ces derniers poissons , à raison de sa grande multiplication et du peu de nourriture qu'il lui faut»
On pèche la bordelière toute l'année au filet, à la nasse et à, la ligne»
BORDER UN FILET. C'est passer tout autour Y avec du fil setore, danales mailles et sur les bords une corde ou ralingue qui le fortifie» Y. Filet.
BORDIGUE* V» Bomrdigue et Madrague*
BORGUE» C'est une eanèce de panier dont las* pécheurs se servent pour Doucher l'ouverture qui> est au fond d'un bouchot , du côté de la mer.
BORKiUfc. On nomme ainsi sur la Doedegno ce qu'ailleurs on nomme des nasses.
BOU
■OUCATJT. Nom que Pou donne à l'embouchure de la rivière des Basques et à quelques autres.
BOUCEL A ÉPÉE. Ancien instrument de pêche, que l'on ne connaît plus , et qui était défendu par les ordonnances de id88, i4oa et i5i5 , citées dans Saint-Ton y page 2^5 , et auxquelles se réfère l'ordonnance de 1669 , tit, XXXI , art. 10.
BOUCHBLLE. Entrée de la tour du dehors de la Bourdigue. V. ce mot.
BOUCHERELS A BRAS. Ancien instrument de pêche dont Pusage était permis par les ordonnances, et que l'on ne connaît plus.
BOUCHON. V, Ligne.
BOUCHOTS. Ce sont des parcs ouverts du coté de la côte , qui sont formés de deux grandes ailes de pierre, de pieux ou de clayonnages disposés en triangles , qui se réunissent en pointe, et sont terminés par une nasse ou filet en manche 9 qu'on nomme bourgin. Ils ressemblent beaucoup aux gords des rivières. Dans lé Poitou , on en met quelquefois trois au-dessus les uns des autres \ celui qui est plus près de la côte se nomme bouchot de la côte ou de terre; celui qui est plus bas, bouchot de parmi, et le plus bas, bouchot de mer* V. Parc, et pour les réglemens , Particle Pêche maritime, § 5 , et le Recueil h la fin de ce Dictionnaire.
BOUCLETTES. Anneaux de métal dont on borde un filet. V. Filet.
BOUCLIER. L'un des noms du Cfrfoptère-Lompe. T. ces mots.
BOUÉE. De l'espagnol boy a, dont les Anglais ont fait buoy. Cest en général un corps léger qui sert à indiquer l'endroit où l'ancre est mouillée > de même que les pieux, les débris de vaisseaux, les écuella et les passages dangereux que la mer couvre. Dans le premier cas , la bouée est amarrée à un cordage qu'on nomme orin ou drame, qui tient à la tète de l'ancre. Il 7 a des bouées qui sont faites comme des barils vides , d'autres sont formées par des morceaux de liège liés les uns aux autres. La PL 14 , fig. 27, représente ces deux sortes de nouées.
Suivant Part. 5 du tit. I du liv. IV de l'ordonnance de la marine de 1681 , les maîtres et patrons de navire (fui veulent se tenir sur leurs ancres dans les ports doivent y attacher une bouée ou gravUeau pour les marquer, à peine de 5o livres d'amende , et de réparer le dommage que le défaut de bouée aura pu occasionner.
L'art. 2 du tit. VIII du même livre enjoint aussi aux maîtres ou capitaines de navire que la tempête a forcés de couper leurs câbles et de laisser quelques ancres dans les rades, d'y mettre des hoirins, bouées va graviteaux , à peine d'amende arbitraire, et de pérore leurs ancres , qui doivent appartenir à ceux qui les pèchent.
Vatin observe judicieuse ment sur cet article qu'on ne doit en appliquer la rigueur qu'au cas où il serait prouvé que le capitaine , étant obligé de couper ses câbles , a néanmoins eu ' le temps et la facilité de mettre sur ses ancres des hoirins , bouées ou gra-
BOU
Cette opinion se trouve d'ailleurs fortifiée par Fart. 28 du tit. IX , suivant lequel les ancres tirées
du fond de la mer, et qu'on n'a point encore réclamées deux mois après la déclaration qu'on en a mite, appartiennent entièrement à ceux qui les ont pochées* Il est clair qu'il ne doit être question dans cet arbkle
3ue des ancres laissées sans bouées, attendu qu'A est éfetidu à tout autre qu'au propriétaire de lever celles auxquelles on a attaché des bouées. Ainsi , puisqu'il est permis de réclamer ses ancres f on doit conclure que l'art, a du tit. VIII n'a prétendu en priver que les capitaines qui, ayant pu y mettre des bouées, ne l'ont pas fait. En effet, il ne serait pas juste de punir un capitaine de navire pour n'avoir pas mit ce qu'il lui aurait été impossible de faire ; et comme on doit présumer que le même danger qui l'a forcé d'abandonner ses ancres ne lui a pas permis d'y mettre des bouées , il faut , pour l'exclure du droit de réclamer ses ancres , justifier qu'il a pu satisfaire aux dispositions de la loi , et qu'il se l'a pas fait.
On objectera peut-être que l'inconvénient dont il s'agit n'aurait pas lieu si, aussitôt après avoir jeté l'ancre dans une rade , les capitaines ou maîtres y mettaient une bouée 1 la réponse est que cela n'est pas d'usage , et qu'aucune loi ne les y oblige.
L'art. 5 du tit. IV du liv. V enjoint pareillement aux propriétaires des madragues de mettre sur les extrémités les plus avancées en mer des bouées on graviteaux, sous peine des dommages et intérêts , qui pourront avoir lieu faute de l'avoir fait , et de privation de leurs droits. V. Bourdigue et Madrague* BOUFFI. On appelle hareng bouffi une espèce de hareng saur. x
fiOUGUIÈRE ou BUGUIERE. Filet très-délié de l'espèce des manets, qui , en Provence , sert à prendre des bogues, des ob Iodes 9 etc. 11 diffère peu de ta battude : c'est ùbo simple natte à petites mailles. On s'en sert à Marseille, à la Giotat , Cassis , aux Antibes et dans d'autres ports. Il a assez commune* ment 80 brasses à Marseille , et trois ou six chutes $ mais la maille est tantôt de îa oudres et demi au
San , ce qui revient à environ 8 lignes en carré ; 'autres fois 1 5 oudres au pan, ce qui mit à-peu-prèe ?' lignes. On cale ces filets airs: mêmes endroits et de a même manière que les battades.
A Saint-Tropez, la pêche des bouguièree corn* mence en février , et finit au plus tôt en avril. A Cassis, elle commence en décembre, et finit an janvier : elle se fait la nuit*
A la Ciotat , la buguière a 10 brasses de chute , et ses mailles ont un pouce et demi d'ouverture,
A Antibes, le filet qui porte le même nom a 160 brasses de longueur sur 4 à 5 de chute , et ses mailles ont un peu moins d'un pouce dVnïvertwe.
On voit que ces filets , qui portent d'autres noms que celui des battudes , n'en diffère** pas essentiel* lement. V. Battude.
BOUGONS (HARENGS ) . Ce sont ceux qui ont
perdu la tête ou la queue.
BOUILLE, Les bouilles eont de longues perches, larges par le bout, en forme de rabot, avec les* quelles on remue la vase pour en faire sortir le pois* son. V. Souiller.
BOU1LLER. C'est battre Peau sous les chevrlns ou chantiers pour en faire sortir le poisson et le faire donner dans les filets. Cela est défendu à touses
BOU
personnes, en quelque temps que ce soit, se de 5o fr. d'amende, etc. (Ord. de 1669, tit.
sous peine XXXI,
art, 11.)
BOUILLEURS ou BOU LEURS. Ce sont des hommes armés d'une perche , qui battent Peau et fourgonnent dans les herbiers, les crônes ou les sourives, pour engager le poisson à donner dans les filets; ce qui est défendu par l'ordonnance de 1669, tit. XXXI, art. 11.
, BOULEROT ou BOULEREAU , gobius niger. (Lin.) Poisson du genre gobie , que l'on nomme aussi goujon noîry ou gobie noire , ou boulerot noiry parce que sur son dos, de couleur cendrée ou blanchâtre, s'étendent des bandes transversales très-brunes , et que d'ailleurs il est parsemé de taches, dont quelques-unes sont blanches ou jaunes , mais dont le plus grand nombre est ordinairement d'un noir plus ou moins foncé. La longueur de ce poisson est d'environ 7 pouces ; il a 14 rayons à la seconde nageoire dorsale , 10 à chacune des tho racines; la nageoire caudale arrondie et quelquefois de couleur bleue , ainsi que les autres nageoires* Aristote et quelques autres anciens naturalistes l'ont appelé Bouc, à cause de ses nageoires thoracines , qui ressemblent à une barbe. Il habite les mers de l'Europe , se nourrit de petits poissons et de vers marins , vient frayer au printemps sur les côtes et à l'embouchure des fleuves : c'est à cette époque qu'on en prend une grande quantité. Il vit aussi dans les étangs vaseux qui reçoivent les eaux salées de la mer , et lorsqu'on l'y pèche , il n'est pas rare dé le trouver dans le filet couvert d'une boue noire, qui n'a pas peu contribué à lui faire appliquer le nom de goujon noir. Sa chair n'est point désagréable au goût , on la compare à*celle de la perche.
BOULEROT BLANC. L'un des noms du gobiegoto. V. Gobie.
BOULETS. On appelle ainsi à Estrehan les petits bouteux. Y. Bouteux.
BOULEURS. V. Bouilleurs.
BOULIC DE PLAGE. Les Espagnols nomment ainsi une très-grande pèche qu'ils font au boulier. Ils y emploient jusqu'à quatre-vingts hommes.' V. Boulier.
BOULIECHE ou TRAHI NE S. On nomme, ainsi dans la Méditerranée de très-grandes seines, qu'il ne faut pas confondre avec les bouliers : on les nomme ailleurs bouyers. Comme il n'y a point de marée dans la Méditerranée, et que la mer y est rarement aussi agitée que dans l'Océan , on y fait les filets beaucoup plus grands , et tels sont ceux dont nous parlons. Il y a de ces filets qui ont jusqu'à iq5 brasses de longueur sur 9 brasses de chute , et qui sont chargés de 140 livres de plomb. Us ont des mailles de différentes grandeurs : les plus larges ont 4 pouces d'ouverture en carré , et les plus petites 2 pouces.
BOULIER, BOULLIERE, BOUILLETTE,BOU- LICHB, BOULECHE, BOULIECH. Ce sont les différens noms que l'on donne à des filets dont les mailles sont plus ou moins larges. .
Celui qu'on nomme grand boulier, à la cote de Narbonne, est, comme- l'aissaugue , formé de deux bras qui aboutissent à une. manche» Le tout est com-
BOU
posé de plusieurs pièces de filets, oui ont leurs mailles de différentes grandeurs. Les Iras sont formés, i°. de ta pièces dites a/as, dont les mailles sont de 2 pouces d'ouverture en carré ; a°. de 14 pièces dites de deux doigts, dont les mailles ont un pouce et demi en carré ; 3°. de 10 pièces depousal, pousaux , pouceaux , bupousaoul, dont les mailles ont 9 lignes d'ouverture ; le tout forme depuis 1 20 jusqu'à 180 brasses de longueur. Le corps de la manche ou bourse, qu'on nomme aussi le coup, est cora- {>osé, i°. de 6 pièces, dites de quinze-vingts , dont es mailles ont 6 lignes d'ouverture $ 20. de 8 pièces de brassade, dont les mailles sont d'environ 4 lignes.
Suivant l'ordonnance de 1728, les plus petites mailles de ce filet devraient avoir au moins 9 lignes ; mais depuis iy33 on a toléré celles de 6 lignes, à compter du ier. mai jusqu'à la fin dé septembre, pour .que les pécheurs puissent profiter du passage des sardines.
La totalité de cette tessure forme, en mer, une étendue, tantôt de 120, de a3o brasses, tantôt aussi de 36o$ car les bouliers ne sont pas tous de la même grandeur. Les bras ou ailes ont communément 7 brasses et demie ou 8 brasses de chute; cependant on la proportionne à la profondeur de l'eau : ainsi on la diminue pour pécher dans les étangs. Les bagues de plomb pèsent chacune une demi-* livre , et elles sont à 18 pouces les unes des autres; ce qui fait 2 livres par toise , excepté à l'ouverture de. la manche, où on les met de 4 en 4 pouces. Ce filet est donc beaucoup plus chargé de plomb que l'aissaugue. La longueur de la bourse ou sac n'est pas aisée à mesurer, à cause de l'allongement des mailles, comme nous l'avons aussi remarqué en parlant de l'aissaugue, avec l'étendue de laquelle elle a beaucoup de rapport. 11 y a des pécheurs qui mettent à l'avant de la bourse quatre plombs attachés tout près les uns des autres, et qui pèsent tous ensemble o livres. Us mettent encore à une petite distance, sur les ailes, quatre plombs, qui sont à 4 pouces et demi les uns des autres, et qui pèsent tous ensemble 2 livres et demie.
Sur la ralingue d'en haut, vis-à-vis de chaque plomb , est une flotte de liège àrpeu-près de même grandeur que celles de l'aissaugue , c'est-à-dire, environ de 9 pouces de largeur.
La pèche du grand boulier se fait à la mer et dans les étangs, depuis Pàque jusqu'à la fin d'octobre.
Les bateaux pour cette pèche à la mer sont ordinairement de petites tartanes, qui vont à la voile , et à la rame lorsqu'on est pris de calme. Dans ces étangs, on emploie de plus petits bateaux, PL ^j> N°. VI,fig* F K, souvent de ceux qu'on nomme bettes $ et quand on s'éloigne peu de la côte, on se sert , à la mer , de barques plates. En un mot,, chacun fait usage des bateaux qu'il a à sa disposition , pourvu qu'ils soient proportionnés à la grandeur du filet. a .
Pour faire la pêche, on embarque avec le filet 3,oqo brasses de corde, plus ou moins, suivant qu'on s'écarte de la côte. Chaque. pièce de cor/le. est. longue de 4o à 60 brasses.
Une partie de l'équipage tient à terre le bout d'us* des halins, pendant que ceux qui sont dans le ha—
BOU
teau s'éloignent du rivage pour aller chercher 6 à 8 brasses d'eau ; et chemin faisant, ils jettent à la mer Iff portion du halin qu'ils ont prise dans leur bateau, puis le filet, et ensuite le second halin, formant une enceinte d'environ i ,000 toises, pour revenir gagner la côte, où se trouve une partie de l'équipage. Les deux bandes de pécheurs , tirant chacune leur halin uniformément, se rapprochent l'une de l'autre et amènent le filet à terre. (V. la PL 37, N°, III. ) Il faut douze, quatorze, vingt et jusqu'à trente ou trente-cinq personnes pour tirer le tilet à terre. Mais on se sert indistinctement d'hommes, de femmes et de vieillards.
Sur la côte digues-Mortes, la bourse ou le coup est formé de mailles plus serrées que celles qu'on emploie à Narbonne. Ôny nomme jambes ou traits ce que d'autres appellent bras. Les halins y sont sommés mailles, de même qu'en quelques autres endroits.
Aux environs de Cette , on pêche depuis le mois d'avril jusqu'en novembre , avec un filet nommé boulier 011 boûlicÂe, qui ressemble beaucoup à l'aissaugue-.de Marseille. Chaque aile a ia5 brasses et plus de longueur sur 7 à 8 de chute. La tête du filet est garnie de flottés , et Je pied l'est de plombs. A l'extrémité des ailes, sont des halins, faits de cordes me* nues, ordinairement de chanvre, qui. ont jusqu'à i5oo brasses de longueur. Pour faire la pêche , on laisse, comme à Narbonne, le bout d'un halin à terre entre les mains de quelques hommes, et le patron s'embarque avec des matelots dans un bateau: ils se portent au large en lâchant toujours du halin. Lorsqu'ils sont au bout, ils jettent le filet à la mer
Kr le travers de la côte. Ensuite ils ramènent à terre utre halin, et se partagent sur les deux cordages pour tirer, le filet à terre et prendre le poisson.
Comme la pêche dont il s'agit se fait la nuit, on allume des feux sur le rivage pour guider ceux qui sont dans la bette /quoiqu'il soit dangereux , à cause de k navigation; de faire du feu à la côte. Ils mettent deux fois le filet à la mer dans une nuit , et font en sorte que le second trait finisse au point du jour, pour profiter des chasse-marées , qui se trouvent à cette heure au bord de la mer. Ce - que nous venons de dire est pour faire apercevoir que la bouliche de Cette ressemble beaucoup au boulier de plusieurs côtes et à l'aissaugue de Marseille ; ce qui nous dispense d'entrer dans de plus longs détails.
' On défend de faire usage de toutes les espèces d'aissaugue et de boulier à l'entrée des rivières , des étangs et des Anses, pendant les mois de mars, avril
BOU
«en rusonnaoïes, quon devrait interdire l'usage de ces filets d'ans les étangs , au moins depuis le mois de mars jusqu'à celui de juillet ; et assurément si l'interdiction était pour toute l'année, les étangs salés seraient des pépinières de poissons qui se répandraient dans tout le voisinage. C'est à quoi on riTa pas fait assez d'attention , puisqu'on tolère dans les étangs des pêches qu'on défend à la mer, comme si ces étangs étaient un trop petit objet pour mériter l'attention du législateur.
- Les Espagnpls font une très-grande pêche , qu'ils
nomment arte real de peschera, ou quelquefois boulic de plage, pour laquelle ils emploient jusqu'à quatre-vingts hommes. Elle peut être regardée comme un très-grand boulier.
Sur les côtes de Roussillon et en Catalogne , la pêche du grand boulier (qu'on y nomme art ou œuvre ) est la même que celle de Narbonne quant au filet et à la manœuvre. Seulement l'équipage de chaque bateau n'est que de quatre hommes , parce que les gens des lieux voisins leur aident à tirer le filet à terre : hommes, femmes, filles et garçons, tous sont admis à faire ce travail, et ont quelques poissons pour récompense. A l'égard de l'équipage , il est à la part.
À Gibraltar, on pêche les sardines avec un filet de même genre, qui a deux bras de i3o brasses chacun , lesquels aboutissent à une manche d'environ 10 brasses de long, que les Espagnols nomment couvo, et tout le filet havega ou reade s- reaies. Les mailles de cette manche sont très- serrées , et celles des ailes auprès de la manche jusqu'à la moitié de sa longueur ont environ un pouce d'ouverture en carré ; elles vont en augmentant toujours d'ouverture jusqu'à l'extrémité des filets , qui forment les ailes.
Au lieu de plomb , la ralingue du pied du filet est garnie de boules de terre cuite , grosses comme des œufs de dinde et enfilées comme des grains de chapelet. La tête du filet est garnie de flottes de liège*
On se sert ordinairement, sur les plages sablonneuses de toutes les côtes du royaume de Naples , de filets longs de 100 pas ou environ, suivant la situation des endroits où on les tend, ils sont faits de fil de chanvre, et leurs mailles sont d'une médiocre grandeur. Aux deux extrémités sont attachées de longues cordes, grosses comme le doigt. On tend le filet à deux ou trois mailles au large. De distance en distance, sont attachés à la tête du filet des morceaux de liège, qui indiquent l'endroit où le filet est établi,' et le pied du filet est lesté de plomb. Ces filets se tendent en demi-cercle > les deux bouts vers la terre. Au milieu est un grand sac de 8 à xo pieds de profondeur. Deux barquettes, armées chacune de cinq à six hommes, halent le filet vers le rivage, où elles se rapprochent l'une de l'autre à une distance de 3o ou 4° P*8» kes hommes descendent Jk terre pour y tirer le filet et ensuite le sac , où presque tout le poisson se trouve rassemblé. Le poisson se partage entre l'équipage. Le propriétaire des barquettes, ainsi que celui du filet, ont une part beaucoup plus forte que les autres.
Après avoir parlé de quelques pêches étrangères ui ont rapport au boulier , nous revenons à celles u royaume.
Le filet qu'on nomme à Narbonne petit boulier est , à la grandeur près , tout comme le grand boulier, et la manœuvre de sa pêche est la même. Quand on se sert de bateaux, ils sont plats et se nomment bettes : alors il y a huit hommes d'équipage , tous à la part, fournissant une égale portion de filet, et il n'y a que le garçon de bord qui , n'ayant point de filet , a moins de profit.
* On distingue cependant trois sortes de cas filets, dont 011 fait usage dans des temps et des lieux diffé-
BOU
rena» Le plus grand , dont on se sert en mer près des oôtes , depuis le mois de mars jusqu'à ta mi-aoùt , a ses ailes composées de 20 pièces de deux doigts, de 6 te pousal, et de a de quinze-vingts, ayant en tout 80 Brasses de longueur et 5 de chute. La manche est faite de a pièces de quinze - vingts et de 2 Îûèces de brassade. Elle se termine en pointe; on a lie par le bout avec une petite ligne, qu'on dénoue quand on veut retirer le poisson. On emploie, pour lester ce filet, 80 livres de plomb , et on met 5o livres de liège sur la ralingue d'en haut. Les halins sont beaucoup moins longs que ceux des grands bouliers.
Depuis la mi-août jusqu'au commencement de novembre , on pèche dans les étangs avec de petits bateaux : alors les ailes du filet sont formées de 20 pièces de pousal misant 40 brasses de longueur sur 4 de hauteur. La manche est pareille à celle qui sert au bord de la mer. Il ne faut, pour la garnir de lest et de flottes, que 40 livres de plomb et 20 livres de liège. Les halins n'ont que a5 à 3o brasses de longueur.
An commencement de novembre , on va pécher en mer à l'ouverture des étangs, avec un filet dont les bras sont formés de 14 pièces de deux doigts et "6 de pousal, et ont ainsi 60 brasses de longueur sur 6 de chute. La manche est semblable aux précédentes^ il faut en tout, pour le lester et le flotter, 60 livres de plomb et iS livres de liège. Les halins sont formés d'une, de a ou 3 mailles ou pièces de cordages pour tirer le filet à terre.
Les pécheurs se servent encore , dans les étangs , de pins petits filets, qui n'ont pour halins sur chaque bras qu'une demi-pièce de cordage. Ils les traînent à pied , et pour cela ils mettent des bottes, et entrent de plus de 2 pieds dans l'eau,
A la côte d'Aigues-Mortes , en Languedoc, on pèche au boulier depuis le mois d'avril jusqu'à celui d'août, pour prendre des maquereaux.
A Cassis , en rrovence, on distingue le boulier de l'aissaugue, et on se sert de l'un et de l'autre. Cependant ce sont mêmes bateaux, même équipage, même manœuvre. Il y a seulement une petite différence dans la grandeur des mailles , et ils pèchent des sardines avec leur boulier , depuis le mois de juin jusqu'en septembre ; au lieu que ce qu'ils nomment l'aissaugue ne leur sert à en pécher que depuis le mois d'août jusqu'en décembre, les sardines étant plus menues à leur arrivée qu'à la fin de la saison.
On donne quelquefois le nom de traînes à ces différons filets ; mais comme il convient à quantité d'autres, nous avons évité de nous en servir ici.
Il y a des côtes du Languedoc où on appelle gorges les ailes du boulier.
( Y., pour les régie mens sur la pêche avec le boulier, l'article Pêche maritime, J 4 y et *8 Recueil, à la fin de ce Dictionnaire .
BOULIGON. C'est le nom qu'on donne , à Cette, à une espèce de bregin^
BOULONNOIS. Y., pour les réglemens concernant la pêche sur les côtes du Boulonnois, l'article Pêche maritime, J3, et le Recueil , à la fin de ce Dictionnaire.
BOU
BOUQUE ou CONTRE-BOUQUE. Goulets qui séparent iesBourdigues. V. ce mot.
BOUQUETON, BOUQUETORT. Petit bouteux dans les environs de Coutances.
BOURAQUE , bourache, bourague, panier, cage, claie, casier f etc. Tous noms synonymes qui signifient une sorte de nasse qui ne diffère de la Caudrette { Y. ce mot ) qu'en ce que la bouraque est faite avec de l'osier \ elle a la forme de ces paniers de basse cour qu'on appelle mues , et sous lesquels on élève la jeune volaille, avec cette" différence que la bouraque a un fond de claie que n'ont point les mues, et au - dessus une entrée en goulet formée par des osiers, qui font un entonnoir dont la pointe est en dedans de la bouraque ( A , PL 34 1 fig* a )• Les osiers qui forment ce goulet se terminent en pointe. Ainsi , on peut comparer les bouraques à certaines souricières de fil de fer , et on voit que le goulet permet aux poissons d'entrer facilement, mais qu'il s'oppose à ce qu'ils en sortent.
Il y a des bouraques de différentes grandeurs. Les grandes ont un pied et demi de hauteur sur 4 de diamètre } elles ont a et souvent 3 anses d'osier b, où l'on attache des cordes ce, qui se réunissent à une corde d, laquelle est plus oumoins longue, suivant la profondeur de l'eau où l'on pêche. Cette corde est terminée par une flotte e, oui indique où est calée la bouraque lorsqu'on veut la tirer de l'eau , et on amène. la corde à bord comme on fait les caudrettes^ avec une fourche qu'on passe sous la flotte de liège.
On attache au fond ou aux côtés des bouraques quelques cailloux h , fig. 4* Pour Ie* ûûre «l» au fond de l'eau , et dans l'intérieur quelques appâts , tels que de petits crabes ou des morceaux de viande et de poisson , ou même une pierre blanche qui ait une forme un peu allongée, telle que gifig* *•
Les grandes bouraques ont chacune leur ligne d et on les cale une à une. Quand on se sert des petites, on en attache plusieurs le long d'une corde, qu'on tend en long , comme nous l'expliquerons à rarticle Nasses.
Cette pêche se fait tantôt à pied , tantôt avec de petits bateaux, tels que ceux qu'on appelle picoteux, sur la côte de Normandie, entre les rochers > depuis Bayeux jusque par le travers de là Hogue.
Four pêcher à pied, on va de basse- mer entre les rochers , dans les endroits cù il reste peu ou point d'eau, placer les bouraques, comme on le voit en A, PL *4, iV*. VI y et on va les relever à la marée suivante.
Si on place des bouraques sur des rochers couverts, à basse-mer, de 6, 8 et 10 brasses d'eau , deux ou trois hommes se mettent dans un petit bateau ( même N°. ) avec un nombre de bouraques , qu'ils calent jusque sur le fond ; chaque bande Àe pécheurs a soin de marquer les bouraques qui lui appartiennent , pour ne s'approprier que le poisson, qui s'est pris dans ces bouraques.
Quand les bouraoues sont placées, les pécheurs vont à terre) mais ils reviennent les visiter à toutes les marées, pour en retirer le poisson pris : c'est ce que l'on fiait au moyen d'une porte qu'on a ménagée sur les côtés.
Cette pêche est plus avantageuse après Les motu—
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ras et lorsque l'air est chaud , que quand il est frais et le ciel serein. Communément on ne trouve dans les bouraques que des crustacés , tels que des homars, des crabes, quelquefois aussi des congres et des anguilles.
Au retour de la pêche, on met les crustacés dans des réservoirs formés de claies, où on les couserve en vie dans de Peau de mer , jusqu'à ce que les pécheurs, trouvent à les vendre.
La bouracke est un des engins dont l'emploi dans les rivières est défendu par les anciennes ordonnances de i3a6, i388, 1402, i5i5et i55ô, dont les dispositions , en ce qui concerne les instruisons prohibés, sont maintenues par l'ordonnance de 1669, lit XXXI, art. 10.
BOURDIGUE ou BORDIGUE. C'est un espace retranché avec des claies sur le bord de la mer pour prendre du poisson, ou de grands gords qu'on fait dans les canaux qui communiquent des étangs à la mer. 11 y en a qui ont jusqu'à 5o et 60 toises de longueur sur a5 à 3o de largeur.
A l'époque du frai, le poisson "passe de la mer dans les étangs ; et quand cette époque est passée et que les fraîcheurs commencent à se faire sentir, le poisson sort des étangs pour gagner la mer et la grande eau. A cette époque , on fait avec des cannes des nasses qui occupent toute la largeur du canal , dans lequel on forme encore , avec des cannes , de grands goulets, qui arrêtent le poisson à son retour à la mer. Telle est l'idée générale que l'on doit se faire des bourdigues.
Duhamel , dans son Traité des Pêches, donne les détails suivans sur ces pêcheries.
|i. — De t établissement et de la construction des
Bourdigues,
On établit les bourdigues dans des canaux a m, PL %jy JV"o. VI 9 qui communiquent d'un étang salé si à la mer b. On commence par dresser une partie de ce canal cd ny Axf mais on perfectionne surtout la partie cdn, parce que c'est de ce côté qu'on doit établir l'entrée m et les autres ouvrages qui forment les bourdigues.
On revêt ce côté cden, suivant les matériaux que fournit le pays , avec des pierres , des pieux , et des planches ou des fascinages.
On creuse cette partie du canal pour que l'eau ait 8 à 10 pieds de profondeur, et ce qu'on en retire est employé à régaler les bords cden, ainsi que "autre côté hxxz. On les nomme en Provence cèdes, ou, mieujLjsèdes, du latin sedere} et, à cause de l'éboulement des terres et des récrémens qui sont charriés par l'eau qui coule de la mer à l'étang, ou de l'étang à la mer, on est obligé de les curer tous les ans ; ce qui fait une dépense considérable.
On construit en r sur un endroit un peu élevé le logement des pêcheurs : il consiste en une petite maison ou cabane, une espèce de halle , qui est faite avec des poteaux et des traverses menues , sur lesquelles on couche de mauvaises cannes \ ce qui est suffisant pour mettre les ouvriers qui fabriquent les claies de cannes à l'abri du soleil, qui est très^ardent dans les provinces méridionales.
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Ceux qui vendent les cannes aux propriétaires des bourdigues, les livrent avec leurs feuilles; et la première opération, qui se fait par des femmes, consiste à ôter ces feuilles avec des couteaux , à couper les petites branches, enfin à les nettoyer comme celles de la^. 4 , PU 28 , JV*<>. h A mesure qu'elles les nettoient, elles les arrangent par faisceaux. Les belles cannes doivent avoir 8 ou 1 o pieds de longueur, plus ou moins \ ce qui dépend de la profondeur des canaux où on établit les bourtjigues : car il faut que les cannes entrent d'environ 9 pouces dans le fond , pour résister aux efforts de l'eau et du vent dans les temps de tourmente \ et -elles doivent excéder d'environ 5 pieds la superficie de l'eau , pour que les muges ne puissent pas sauter par-dessus. Au reste , elles doivent être droites, fortes et point filandreuses* 11 y a de l'économie d'en employer de plus courtes, qu'on entre-mêle avec les grandes , ce que certains ouvriers font plus adroitement que d'autres \ mais le clayonnage est toujours alors moins solide.
Pour monter les cannes et en former des nattes assez semblables aux paillassons que les jardiniers font avec de la paille longue , les ouvriers tendent sous la halle trois cordes d'auffe assez grosses , de, fig* 5, PL 28, JV°. I, qui sont fermement assujetties à àes piquets : de sorte que les cordes soient assez élevées pour que les ouvriers , étant assis par terre, puissent passer leurs jambes dessous ; 4 ou au plus 5 pouces suffisent. Ils tendent de même entre les grosses cordes de des cordes menues g h, qui sont aussi d'auffe. Les cordes de ne servent qu'à soutenir les cannes qu'on posera dessus , et c'est sur les cordes g h qu'on liera les cannes. L'ouvrier, assis par terre, fait, avec les ficelles fines qu'on voit entre les cordes h e , un nœud sur les cordes g h , simplement pour en arrêter le bout : il pose de travers une canne, comme lm$ il l'entoure avec la ficelle qu'on voit en he\ il l'arrête sur les cordes # h par un nœud coulant. Celle-ci étant arrêtée sur les deux cordes , il pose une autre canne , puis une troisième , une quatrième, etc., jusqu'à ce qu'il soit arrivé au bout de la halle opposé à celui par lequel il a commencé. Il roule ensuite cette natte de cannes pour en faire une botte , et il en fait une quantité suffisante pour garnir toutes ses bourdigues. On verra , à l'égard de celle que nous donnons pour exemple , qu'il y en a plus de 200 toises courantes.
Pendant que des ouvriers travaillent aux nattes , d'autres préparent et appointassent environ trois cents piquets , plus ou moins , suivant l'étendue de la bourdigue. Ces piquets doivent avoir 12 ou i5 pieds de longueur sur 6, 7 ou 8 pouces de circonférence au milieu. Ils sont ordinairement de bois de pin. On prépare aussi environ 200 toises courantes de perches, qui peuvent avoir 3 pouces de circonférence.
11 faut que les piquets soient plus longs que les cannes , parce qu'à la partie qui excède les cannes on attache en hiver des cordes , qui sont amarrées à de gros piquets qu'on enfonce dans le terrain qui borde le canal.
Ces approvisionnemens et d'autres, comme des liens , qui sont indispensables, étant faits , il faut monter la bourdigue ; et pour avoir la direction des
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cloisons qu'on nomme murailles, on plante, PL 27, iVo. VI, un fort pieu en m , un autre en n et un en o. Il y a souvent de m à n 5o à 60 toises 9 et 100 toises de m à ô. L'ouverture de la pointe du triangle en q a environ 4 pouces ; celle des pointes x, 3 pouces; et les autres 2 pouces et demi, el même moins dans la saison des anguilles : alors on ajoute à la tour o une espèce de nasse q eh verveux, pour recevoir les anguilles, qui y entrent par une très- petite ouverture \ on nomme cette nasse pentenne, etc. Ces espèces de jalons donnent l'alignement de la file des piquets m o, no } on en met un en £ , où doit éftre la grande entrée 9 puis on en met en x. Ces premières dispositions étant faites, on plante les piquets de 6 en 6 pieds, suivant l'alignement des premiers jalons , de m eno, de m en g , de n en o , de n en q.
■ Ces pieux étant plantés bien d'alignement , et enfoncés d'environ 2 pieds dans le terrain , on pose les perches no,fig. j, PL 28, JY°. /, horizontalement à-peu-près vers le milieu de la partie des pieux qui paraît au-dessus de l'eau. Ensuite, ayant porté une botte de cannes sur le lieu, on la déploie; on pose les pièces de cannes le long des perches ; on en enfonce le bout inférieur d'environ 6 pouces dans le terrain, et on affermit les cannes en les liant sur les perches. L'été, on peut laisser deux doigts d'intervalle entre les roseaux ; mais l'hiver, on en ajoute , pour qu'ils soient serrés au point de ne pas laisser passer les plus petits poissons.
on fait ensuite, avec des pieux pareils et des claies, les petites séparations en goulets xxx, PL 28, N°. VI. Enfin, on forme encore avec des
Îûeux et des claies semblables des réservoirs circuaires , qu'on nomme des tours , o , s, t, m, n. Quelquefois, pour décharger la tour o, où il se rassemble plus de poissons qu'ailleurs ,' on fait à côté un réservoir y, qu'on nomme la serve , et dans laquelle le poisson de la tour o peut entrer. Quelques pêcheurs en font autant auprès des tours s t.
11 ne faut pas que les bourdigues interrompent une petite navigation qui se fait de l'étang à la mer, et pour cela on ne met point de pieux ni de claies à l'endroit z , mais un fort filet qu'on voit aussi en r dans la^. i'e. de la PL 28, N<>. /, qui empêche le poisson de passer à côté de la bourdigue ; et quand il se présente un bateau pour entrer ou pour sortir , les gardiens des bourdigues , qui veillent nuit et jour dans leur cabane pour ce service, laissent tomber le filet au fond de l'eau ; et aussitôt que le bateau est passé , ils relèvent le filet avec le secours du virevaux i, PL 27, qui est établi à terre pour cet usage.
Voici les noms provençaux qu'on donne aux différentes parties des bourdigues.
La tour o se nomme tour de dehors} la nasse qui y répond, la pentenne ; le réservoir^, la serve} le dernier goulet .r, demi-auveau ; les clayonnages qui le forment, le coûte le t; la chambre qui est entre les coutelets a:, le petit baladou ; les goulets qui sont au-dessous se nomment embourigues ; la chambre comprise entre les eniboùrigues ar et q s'appelle grand baladou} les retours de côté pour gagner les tours m, e } n se nomment requin quette ; en m est
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la grande entrée. Les goulets x qui sont à cette partie se nomment bouqnes et contre-bouqnes ;leê tours m, n sont dites reculadou ; et le passage z , qui est formé d'un filet, se nomme capoutière; m est le canal du côté de l'étang. La largeur des capoulières doit être plus considérable que celle des plus grands bateaux qui peuvent y passer.
Comme les bateaux qui passent dans ce canal pourraient endommager les tours s, o, on y met une gare sq , qui est faite avec de forts pieux et des perches 'sans claies. Les petits bateaux qui vont pour visiter les bourdigues et prendre le poisson qui est dans le* tours, suivent la route m, s, o, y, t, n.
$ 2.— De P entrée des Poissons dans les bourdigues.
Nous avons déjà dit que durant l'été les poissons entrent dans les étangs, et que quand les eaux commencent à devenir froides , ils sortent des étangs pour gagner la grande eau.
En jetant les yeux sur les figures du JV*. VI ^ PL 27, on voit que les poissons qui sont engagés entre les grandes murailles mn, faisant des efforts pour gagner la mer, ils traversent la grande passée , et se trouvent dans les passes x dites grand baladou. Ceux qui veulent rebrousser chemin après avoir franchi les bouques et contre -bouques ou les
foulets xxx y entrent dans les coutelets, et de là ans la tour m ou dans celle n, qu'on nomme reculadou. Ceux qui suivent sur leur route franchissent les embourigues ou les goulets ; qui sont* en xx, et ils se trouvent dans une capacité xxx, qu'on nomme petit baladou, d'où ils passent dans la tour du dehors o et la serve y. Si ce sont des anguilles, elles passent dans le verveux ou pentenne , qui communique avec la tour du dehors.
Les pêcheurs des bourdigues vont de temps en temps dans un petit bateau prendre avec une pochette,./^. 2, PL 28, qu'ils nomment coupeillon, le poisson qui est entré dans les tours. Comme le poisson ne souffre point dans les réservoirs , les pê^ cheurs ne sont point astreints à aller faire cette visite à certaines heures.
Maniguyères ou meynadières.
Les étangs qui se trouvent au bord de la Méditerranée sont quelquefois séparés de la mer par une digue naturelle, qui a peu de largeur, et à laquelle on ajoute quelquefois aes ouvrages pour la fortifier ou pour la rendre plus régulière. Ces digues, PL 28 , N°. XI ', sont traversées par une coupure c\ qu'on nomme grau. Cette communication est trop courte et trop étroite pour qu'on puisse établir en dedans une vraie bourdigue , pareille à celle que nous venons de décrire ; cependant on en profite pour prendre le poisson qui cherche à passer de l'étang g, f à la mer e. Pour cela, on fait devant le grau c, et du côté de l'étang , une enceinteff et a, qu'on coupe en différens endroits g, g, g, pour y placer de petits goulets de bourdigues semblables à celui qui est représenté dans la4/g§. 6,-P/. 28. Ces petites bourdigues sont faites avec> des -pieux y des cannes et des traverses . conformément à la des* cription que nous en avons donnée dans le premier paragraphe.
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Les parties y qui forment l'enceinte de la maniguyère sont faites avec des fagots de tamarisc, retenus par des pieux et des perches. On ne laisse de ride à ces palissades que ce qu'il faut pour y former les petites bourdigues g g. Les poissons qui veulent sortir de l'étang g,f pour retourner à la mer, côtoient les palissades f,f,f> puis s'engagent dans les petites bourdigues g y qui les arrêtent et les empêchent de pénétrer dans la maniguyère h.
. On établit ces maniguyères dans les parties des étangs où il n'y a pas une grande épaisseur d'eau. On ne ménage point d'ouverture aux palissades dans la route que pratiquent les bateaux plats qui naviguent dans les étangs. Comme les branches du tamarisc sont pliantes et qu'elles ne rompent point , les bateaux passent par-dessus , à des endroits ou l'on a soin de tenir les fascines presqu'à fleur d'eau. Quand le bateau est passé , les branches se relèvent par leur ressort , sans que la maniguyère en soit endommagée.
Il y a des maniguyères où on ménage , à quelque endroit de la palissade 9 une ouverture comme celle zde*la bourdigue, PL 27, N°. VI j et qu'on ferme de même avec une corde et un filet. D'autres maniguyères sont uniquement destinées à prendre des anguilles 5 -mais en général les poissons qu'on prend dans les bourdigues et les maniguyères sont des dorades , des loups et sur- tout des muges, dont les œufs servent à faire la pou targue , ainsi que nous l'expliquerons dans l'article Muge, qui est particulièrement consacré à ce poisson.
^ Quand on se propose de prendre des anguilles et des sardines , on resserre les clayonnages.
§ 3. — De la saison de déclore les bourdigues 9 les maniguyères et les crousilles.
Après ce que nous avons dit , on conçoit qu'il est de la plus grande importance aux propriétaires des bourdigues de laisser l'entrée des étangs ouverte dans la saison où les poissons quittent la grande eau pour remonter dans les étangs; et c'est pour cette raison que , par des réglemens qui subsistent depuis, plus de 2 siècles 9 il est ordonné de tenir en Provence les bourdigues ouvertes , depuis le i5 du mois de mars jusqu'au 24 juin.
Un intérêt mal entendu de quelques propriétaires , pour jouir du bénéfice des bourdigues pendant le carême , les engagea , en 1726, à demander qu'on n'ouvrit les bourdigues que le jour de Pâque , cm. quelque temps qu'il arrivât. Ils prétendaient que l'ancienne ordonnance entendait le 1 5 de la lune, au lieu du i5 du mois solaire , Pâque étant fixé au dimanche qui suit le 14 de la lune de mars. En demandant ce changement, on s'autorisait encore d'une ancienne charte latine , qui portait qu'on ferait tous les ans, le jour de Pâque 9 la publicatkm de l'ordre du roi qui enjoint de déclore toutes les bourdigues, .sans délai, à peine de 200 liv. d'amende. Biais sur ce qu'on prétend avoir observé que vers la mi-mars les poissons se présentent pour rentrer àans les' étangs, on n'a rien changé à la polico établie ,.vu que si l'on faisait un obstacle à l'entrée du poisson 9 les possesseurs des bourdigues feraient une perte considérable suir leur pêche 1 année suivante.
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On trouvera , dans l'article des Parts, quelques pêcheries qui ont du rapport avec celles dont nous venons de parler.
§ 4» — Description de la bourdigue du Âïartigue.
Duhamel n'a donné , dans ce qui précède, qu'une idée générale des bourdigues 5 mais ayant. reçu de M. Delacroix la description de la bourdigue dite du roi , établie au Martigue , il a jugé convenable de la joindre à son article. Voici cette description telle qu'elle se trouve dans son le', volume , section 1 x y chapitre III.
Nous avons, dit -il, annoncé que les bourdigues sont des espèces de grandes nasses formées de cannes , qu'on range les unes à côté des autres ; qu'elles sont réunies en forme de paillassons avec des cordes , qui tiennent et assujettissent les cannes en différens endroits de leur longueur. Outre les cannes n,fig. 1, PL 28, N°. I, on emploie pour les soutenir des piquets avec des perches k} horizontales, qu'on voit auprès de o, et tout cela est lié avec cordes.
11 faut se rappeler que ces pêcheries ne peuvent s'établir que dans les canaux qui communiquent des étangs A à la mer. Les Provençaux les nomment routines . L'endroit sur lequel on établit la cabane r des pêcheurs, PL 27, iv°. VI, se nomme sède, du latin sedere.
Comme les cannes qu'on emploie à faire les bourdigues doivent être longues et fermes , on les plante dans des terres substantielles , humides, mais point trop aquatiques. La plupart se tirent des environs de Fréjus et de Saint-Tropez.
Les moyennes, qu'on nomme méjanos, ont de 12 à i5 pans de longueur : le pan est de 9 pouces. Biles se vendent au mille ; les grandes, qui ont depuis 18 jusqu'à 22 pans de longueur, coûtent le double.
Nous avons dit que des femmes enlevaient, avec un couteau, les feuilles et les branches latérales. Cette opération se nommme plumer : on taille le gros bout des cannes en bec de plume , avec une espèce de serpe qu'on nomme cou tel.
Ces opérations étant faites, on assemble les cannes avec des cordes ; ce qu'on appelle ourdir.
Presque toutes les cordes qu'on emploie- aux bourdigues sont faites tfauffe ou spart. On les tire d'Alicante et de Carthagène , et ordinairement on en emploie de trois sortes; savoir, i°. la lignette, qu'on appelle aussi le brume t,' 2!. le baudau; 3°. le filet- prin.
La lignette est faite de quatre .cordons., et chaque cordon est composé de deux fils commis ensemble , ou de deux de fils de bitord commis en grelin ou câblés. Sa grosseur est d'environ un pouce*
Le bauaau ne. diffère du filet-prin que par la grosseur , le baudau ayant trois quarts, de pouce de grosseur et l'autre à -peu-près un. demi-pouce ; ma$ l'un et l'autre, sont rai ta de deux cordons commis ensemble.
- Ces différentes cordes s'achètent .par balles f la balle est composée d'un tiers de chaque espèce , et elle se. divise en deux parties qu'on nomme faix ; le faix de lignette contient deux douzaines de pièces ,
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qu'on nomme musses, et chacun© de ces masses a environ 14 cannes ou toises de longueur. Il en est de même àxi/aLc de baudauy à cela près que la masse a 22 cannes de longueur. hefaLr dufil-prin est de quatorze douzaines et demie de masses, et chaque masse a 24 cannes de longueur.
Les pieux ou piquets qu'on fait entrer dans le fond du terrain , et qui doivent soutenir les pièces de cannes , se nomment pilotins- Ces perches de pin ont 6 à 8 pouces de grosseur, sur 16 à 18 pans de longueur au moins.
Les perches horizontales , qui sont vis-à-vis de o, PL 28 , fig, 1 9 se nomment temples : elles n'ont guère qu'un tiers de la grosseur des pilotins ; elles sont ordinairement de saule.
Pour monter une bourdigue, il suffit d'avoir deux filets : l'un , qu'on nomme panteno , est une espèce de verveux q , PL 27, N°. VI \ qu'on place tout-àfait à l'extrémité de la bourdigue : on n'ajoute ce filet que durant l'hiver 5 l'autre, z ou r, N°. /, PL 28 , sert pendant toute la saison de la pèche : on le nomme capoulière. Il est fait de baudau d'aufFe; sa maille est de 4 au Pan5 ^ a P^us ou moins de hauteur verticale, suivant la profondeur de l'eau à l'entrée de la bourdigue : on le tient aussi plus ou moins long, suivant la largeur qu'on juge à propos de donner pour le passage des bateaux. La corde sur laquelle la tête de ce filet est montée est ordinairement un liban d'aufFe , de 4 à 5 pouces de grosseur ; l'un des bouts de cette corde est attaché à un fort pieu nommé le prioê , qui termine l'enceinte delà bourdigue comme on le voit en r,fig. 1, PL 28 ; l'autre extrémité est roulée sur un treuil i, PL 27 , qu'on nomme moulinet , et au Martigue moulinot. Quand on lâche le moulinet , le filet se précipite au fond de l'eau , au moyen d'une pierre ou baudo du poids de 1 5 ou 20 livres , qui est attachée au bout de la capoulière opposée au moulinet ; et après que les bateaux sont passés , on relève le filet en tournant le moulinet.
Le liban ou la corde qui borde le bas du filet est xchargé de baudes ou pierres qui pèsent 8 à 1 o livres chacune : elles retiennent le pied du filet au fond de l'eau , ce qui suffit pendant l'été; mais en hiver, on prend la précaution de l'attacher au fond de l'eau par des piquets, qui doivent ne point empêcher le passage des bateaux. Pour cela , on attache fermement la corde qui borde le pied du filet à un pied ou 18 pouces de l'extrémité pointue du pilotin, dit ci-devant prioë , et de même à un autre pieu que l'on place vis-à-vis et sous le moulinet ; puis , suivant la largeur du passage, on attache encore ce liban à quelques autres piquets* Au-dessus de ces amarres , on fait avec une serpe une entaille qui affaiblit les pilotins en cet endroit. On enfonce dans le terrain ces pilotins , et ensuite , en tirant de côté leur tête , on les rompt à l'endroit où l'on a fait l'entaille. De cette façon , qui est ingénieuse , le pied du filet est arrêté à des pieux assez courts pour ne point empêcher le passage des barques ; ce qui se fait d'autant plus aisément que le bois de pin se rompt sans peine lorsqu'il est sec.
En parlant de l'espèce de halle qu'on construit auprès du logement des b ourdi gués , et qu'on ap-
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pelle Vourdidùu, nous avons omis de dire qu'il a environ 72 pana de long sur 3o de large ; que les
Siquets dont cette espèce de halle est formée sont istribués à 10 ou 12 pans les uns des autres, et Qu'ils excèdent d'une pareille hauteur la superficie u terrain* On net par-dessus de vieilles cannes de démolition de bourdigues; ce qui fait la couverture de cet endroit.
Le sol ou plancher de l'ourdidou est battu et uni le plus qu'il soit possible. A ses deux extrémités , on plante de petits piquets qu'on nomme chevilles , qui n'excèdent le terrain que d'un pan : ils sont écartés les uns des autres de 2 pans, et forment des files qui ont 16 à 18 pans, suivant la largeur , et de 56 à 60 dans le sens de la longueur.
Dans l'entre-deux de ces chevilles, on met sur toute la longueur de l'ourdidou des faisceaux de cannes d'environ 7 à 8 pouces de diamètre : on les nomme condor tes. Comme les chevilles sont correspondantes, la première d'une des extrémités à la première de l'autre , et de même à l'égard des suivantes, on y tend alternativement une corde de l'espèce qu'on nomme lignettes , et une de celle qu'on appelle baudaux. C'est sur ces cordes que doivent être liées les cannes avec des bouts de ficelle ou filet-prin , qu'on nomme branco, pour former ce qu'on appelle les orduns.
En plaçant les cannes sur les cordes et sur les condortes, on observe de mettre d'un même côté tous les bouts appointis , et de façon que la partie appointie excède la première cheville.
L'ourdisseur, muni d'une poignée de bouts de ficelle dite branco, coupés de la Longueur d'environ 3 pans, s'assied à terre sur un coussin à l'une des extrémités de l'ourdidou , proche la première cheville . 11 attache par un nœud à la première corde, qui est toujours une ligneUe, un de ces branoosf en» suite il empoigne de la main gauche la première canne , laissant en dehors le bout appointi en bec de plume ; et de la main droite il passe le branco par-dessus la canne , pour l'arrêter sur la corde qui est dessous, au moyen d'un nœud coulant.: il fait de même pour les cannes suivantes. Lorsqu'il en a ourdi un nombre suffisant pour pouvoir s'asseoir dessus, il se place plus commodément, travaillant entre ses jambes , qu'il peut étendre , et dont il se sert même pour approcher les cannes les unes après les autres , jusqu'à ce qu'il soit arrivé à la dernière. Le premier ordun étant fini , c'est-à-dire quand les cannes sont arrêtées sur une corde , il recommence, pour arrêter les mêmes cannes sur une autre corde de la même manière , et il fait ce qu'on appelle le second ordun; puis le troisième et le quatrième.
IL forme ainsi l'espèce de natte ou de paillasson qu'on nomme auvel. Le nombre des orduns n'est pas déterminé : il y a des auvels qui en ont quatre, cinq et jusqu'à neuf, suivant la longueur des cannes, la place à laquelle on les destine et la profondeur de l'eau .
On distingue trois sortes à? auvel; savoir, auvel de séguerié , auvel courant et auvel de canadon. La séguerié est, comme l'on dit, plus sèche, c'est-àdire plus serrée. Chaque canne s'y touche 5 et quand
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b» profondeur de l'eau exige des cannai de 18 à %% pans , cet auvel doit avoir huit orduns pour les bourdigues d'été, et neuf pour celles d'hiver. L'au- Tel courant ne diffère de la séguerié qu'en ce qu'il a un ordun de moins : il est presque aussi serré pour les bourdigues d'hiver , n'ayant que 2 ou 3 lignes d'intervalle entre chaque canne \ pour les bourdigues d'été , cet intervalle est d'un pouce.
Il est bon de remarquer qu'en ourdissant l'auvel courant pour l'été , l'ourdisseur, après avoir attaché la première canne , fait un nœud avec sa branco à distance d'un pouce sur la corde de dessous ; après ce nœud, il ourdit sa seeonde canne , et ainsi de suite , interposant un nœud, entre chaque canne*
L'auvel de cenadon est le moins sec ou le moins serré $ il n'a guère que six orduns ; ses cannes sont à a ou 3 pouces les unes des autres s on les ourdit comme celles de l'auvel courant.
Chaque sorte d'auveLa sa destination particulière , et sa place assignée dans la construction de la bourdigue. On n'emploie pas toujours l'auvel en entier : on en fait de plus courts de moitié , d'un quart et même au-dessous. A mesure que les auveaux sont laits , on les roule et on les couche les uns près des autres, les arrangeant de manière qu'on puisse les levés dans l'ordre où ils doivent être placés.
Les pilotins qui soutiennent les auveaux dans toute la longueur des bourdigues , sont distribués de 5 en 5 pans et ployés en dehors. Pendant Pété , ils sont doublés d'un pilotîn en dedans seulement de dix en dix ; mais en hiver, tous les pilotins sont doubles , c'est-à-dire que l'un est en dedans de la bourdigue et l'autre en dehors..
À l'égard des perches horizontales dites temples, qui s'étendent dans toute la longueur de la bourdigue , celles qu'on met à la surface de l'eau sont 9 comme nous l'avons dit. des branches de saule. Si on jugé à propos d'en mettre plus haut, on les fait avec des cannea.
Nous allons terminer par une explication plus détaillée que nous ne l'avons fait , des différentes
£rtie* qui forment une bourdigue , en employant s termes provençaux.
La lettre o, PL 27 , N°. VI, est la tour de dehors $ son entrée se nomme bouchelle.
q est la pantenne ou panteno qu'on ne met qu'en hiver. On lui donne quelquefois des formes différentes , suivant le coût des bourdiguiers.
y est la serve ou la contre-tour, qu'on ne met aussi qu'en hiver ; la tour communique avec la serve par une bouchelle ou goulet.
Depuis o jusqu'en m , et depuis y jusqu'en », on voitlâ^a/iey ou muraille de cannes qui forme l'enceinte de la bourdigue : elle est garnie de pilotins en dehors pendant l'été , et on y en ajoute pour l'hiver comme nous l'avons expliqué.
L'espace qui est entre les tours o,srt se nomme entre-bouque. Outre les deux parois ou pareys, il est encore fermé par les deux traverses , qui vont de s et / vers se as. Dans l'intérieur, on aperçoit des ouvertures xxx , qui sont formées par deux lignes courbes* Ce sont des espèces de goulets qu'on nomme cautelets.
far leur moyen , le poisson qui est dans l'entre-
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bouque , lorsqu'il ne suit pas sa route pour entrer dans la tour du dehors o, peut passer par les coûte le ts et se rendre dans les tours s t, qu'on nomme requinque ts.
Les bouchelles ou entrées de ces tours sont fermée* d'un côté par la muraille de la bourdigue , et de l'autre par les traverses qu'on nomme debouques. On voit leurs coutelets en xx.
On ajoute quelquefois, pendant l'hiver, des serves à côté des tours de requinque ta s t, qui communiquent avec la tour par des bouchelles ou entrées.
A la pointe qui est formée par les deux traverses de bouque , il y a quelquefois entre x et x une ouverture d'environ 6 pans de largeur. En ce cas , on construit , au milieu, une espèce de coutelet isolé et renversé , qu'on nomme embourigue. Il diminue la largeur de la passée , formée par les traverses , et laisse de chaque côté , pour le poisson , une passée qui a plus d'un pan d'ouverture.
L'espace entre Q et les tours S T s'appelle grand baladou. v
A la bourdigue dite du roi , il y a entre l'entrebouque et le grand baladou une troisième chambre intermédiaire , semblable au grand baladou, mais plus petite. Ses tours se nomment à'atrouba.
Cette chambre n'est pas représentée sur notre planche , parce qu'elle ne se voit qu'à la bourdigue appelée bourdigue du roi.
Lee tours de l'entrée m n s'appellent reculadous, probablement parce, qu'elles reçoivent le: poûson qui veut revenir vers l'étang.
Il n'y a qu'une de ces tours à la bourdigue du roi î elle est du côté de m ,. la situation du terrain n'ayant pas permis d'en établir une seconde au côté opposé. Ainsi, cette partie, dans laquelle il n'y a point de coutelet, forme un cul-de-sac qu'on appelle effectivement cul-de-tmverse.
Four garantir la tour m d'être endommagée par les bateaux, on a mis du côté de cette tour une contre-garde palissade s , q, PL 27. Elle est élevée d'environ 36 pouces au-dessus de l'eau, et éloignée d'environ 2 toises de la paroi de la bourdigue , pour la garantir du choc des bateaux qui passent de l'étang à la mer.
Au delà des tours dites reculadous, sont à droite et à gauche deux bouts de palissades qu'on fait plus ou moins longues , dont les cannes sont beaucoup moins serrées qu'au corps de la bourdigue : on les nomme concédons.
En m est la grande entrée pour le poisson. : on la nomme grande vengude.
z est le filet dit capouUère, qu'on abat pour laisser passer les bateaux qui entrent dans l'étang et qui en sortent, et qu'on relève avec le moulinet i quand ils ont franchi le passage* On voit en r la sède où est le logement des bourdigues.
ferme ^
nomme concédon, ainsi qu'
N°. I. Cela dépend du passage qu'on juge néces*
saire pour les bateaux, qui sont plus ou moins
grands*
La bourdigue du roi a environ 120 toises de longueur, depuis la tour de réculadou m , jusqu'à celle
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de dehors o; ce qui suffit pour donner une idée de l'étendue de la plus grande bourdigue du Martigue.
§ 5. — Règlement.
Comme les bourdigues peuvent être un obstacle à la liberté de la pêche et de la navigation , il est défendu à toutes sortes de personnes , sous peine de confiscation et de 3,ooo liv. d'amende 9 d'en construire sans une permission expresse du roi. C'est ce quef porte l'art, i du tit. IV du liv. V de l'ordonnance de la marine , de 1681.
Les propriétaires des bourdigues doivent mettre , sur les extrémités les plus avancées en mer, des hoirinsj bouées ou gaviteaux , pour avertir les navigateurs , sous peine de payer le dommage arrivé faute d'avoir pris cette précaution , et de privation de leur droit de pêcherie. C'est ce qui résulte de l'art. 3, où toutefois il n'est parlé que de madragues, autre espèce de pêcherie ; mais les dispositions de cet article doivent s'étendre aux bourdigues , puisqu'elles fieuvent donner lieu aux mêmes inconvéniens que es madragues.
L'art. 4 défend , sous les mêmes peines 9 de placer aucune' bourdigue dans les ports et autres lieux où elle puisse nuire à la navigation. Ces lieux doivent s'entendre , comme le remarque Valin , non -seulement des avenues des ports, mais encore de tout espace qui n'est pas éloigné de 200 brasses du passage ordinaire aes vaisseaux. Ainsi des bourdigues qui seraient placées en contravention de cet article , même avec la permission du roi , ne pourraient subsister , parce qu'une telle permission n'aurait été obtenue que par surprise. C'est pourquoi ceux qui eh auraient usé ne seraient pas moins responsables du dpmmage que leurs bourdigues auraient pu occasionner aux navires , quand même ils auraient mis à ces bourdigues des hoirins , bouées ou' gaviteaux.
Lés propriétaires ou fermiers des bourdigues sont tenus 'crèn curer. annuellement les fosses et canaux, en sorte qu'il y ait en tout temps 4 pieds d'eau au moins, à peine de 3oo liv. d'amende, et d'y être mis des ouvriers à leurs frais : c'est la disposition de, l'art. 6. 11 est clair qu'en cela le législateur a eu pour objet de "faciliter la navigation des bâti mens qui peuvent être obligés d'entrer dans ces fosses et canaux. Ainsi l'écrivain qui a commenté l'ordonnance de la marine avant Valin, n'a pas compris le sens de cet article, lorsqu'il a dit que les 4 pieds d'eàu étaient exigés, de peur que les bourdigues, venant à contracter F odeur du poisson , qui de soi est' très-puant , particulièrement quand il est vieux péché ', n'empuantissent Pair du voisinage.
, L'art. 7 défend , sous la même peine de 3oo liv. d'amende , aux propriétaires ou fermiers des bourdigues , de les fermer depuis le premier mars jusqu'au dernier juin. Cet article enjoint en même temps aux officiers de l'amirauté de faire ouvrir fes bourdigues durant cet espace de temps, sous peine de suspension de leurs charges.
L'objet de ces dispositions a été la conservation du frai, que le poisson dépose ordinairement pendant les mois dé mars, avril, ; mai et juin. Ainsi, le commentateur cité n'a pas mieux compris cet ar-
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ticle que le précédent , en disant que le législateur a voulu . faire entendre que c'était principalement pendant les mois de mars , avril , mai et juin de chaque année , que les pêcheurs qui ont établi des bourdigues avec permission sont obligés de les faire valoir sans pouvoir s'en dispenser , etc.
Suivant l'art. 8; les propriétaires ou fermiers ne' peuvent point prétendre de dommages et intérêts ni de ' dépens contre les mariniers dont les bateaux abordent leurs bourdigues, à moins qu'ils ne justifient que l'abordage n'a eu lieu que par la faute de ces mariniers ou par malice.
Une ordonnance du roi, du 3o juillet 1817, décide que l'engagiste d'une bourdigue ou pêcherie du thon , dans un canal communiquant à la ^ier et assimilé aux rivières navigables, ne peut prétendre à l'application de la toi du 14 ventôse an 7, et que la pêcherie doit être régie pour le compte de l'Etat. V. au Recueil des Régiemens forestiers , t. II, p. 725. )
BOURDON ou CANON. On nomme ainsi un bâton qu'on ajuste au bout des seines pour tenir le filet tendu. V. Seine.
BOURDONNORO. C'est le nom qu'on donne à la première chambre de la Madrague. V. ce mot.
BOUREÀU. On donne ce nom , dans les environs de Bayonne, au Rouget. V. ce mot.
C'est aussi l'un des noms du Groneau. V. ce mot.'
BOURGEOIS ou HOTE. Les pêcheurs nomment ainsi le propriétaire du bateau dont ils se servent. De là ils appellent poisson bourgeois celui que cet homme a droit de prendre après celui de coutume. On nomme les turbots , les saumons , les marsouins , les esturgeons poissons privilégiés, parce qu'ils ne peuvent pas être pris pour les poissons de redevance.
BOURGJN ou BREGIN. On nomme ainsi à Marseille un filet qui ressemble beaucoup au petit boulier , et qui ne diffère de l'aissaugue que par la grandeur des mailles. Aux Martigues, on ne distingue pas le bregin du boulier, Y. Bregin.
BOURGNE ou EOURGNON. Sorte de nasse qu'on met au bout des parcs ouverts. V. Parc.
BOURSAL. On nomme ainsi en Provence ce que dans l'Océan on nomme goulet} c'est une sorte de filet conique dont la pointe entre dans le corps du verveux, et qui empêche que le poisson n'en sorte.
BOURSE. Nom synonyme de manche, poche y queue, sac. On dit bourse de F Âissaugue. V. ce mot.
On forme à l'embouchure d'un épervier une espèce de bourse ou de poche, en repliant en dedans du cône les bords de ce filet.
BOURSET. Corps flottant qui sert à tirer un des bouts du filet de la JDre/ge. V. ce mot.
BOUSSARDS ou A LA BOURSE. On appelle ainsi des harengs qui ont frayé nouvellement et qui ne sont pas remis de la maladie du frai. V. Hareng.
BOUT. Poisson appelé aussi Lune-de-mer. V. ce mot.
BOUTrDE-QUIÊVRvE. Filet de pêche du genre du grand haveneau) et qui est, comme lui, formé de perches a b ,fig. a , PI. *5, N°. V} mais ces perches n'ont que 6 ky pieds de longueur, et elles ne s'ouvrent que de 5 à 6 pieds. Cette ouverture étant
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fixée par la corde qui borde le filet, et qui s'étend de b en b , il n'y a point , comme au havenetet à la bickette , de traverse de bois d: ainsi le pêcheur est obligé de tenir continuellement son filet ouvert lorsqu'il le pousse devant lui} car cette pêche n'est pas ordinairement sédentaire comme celle du grand haveneau; et c'est pour cette raison qu'on ajuste aux bouts b b des cornes de chèvre , qui les empêchent d'entrer dans le terrain et les font couler dessus. Ce sont ces cornes qui ont fait appelé* le filet bout-dequièvre, par corruption de bout- de-chèvre.
La façon de s'en servir est de le pousser devant soi comme un bouteux , mais beaucoup plus lentement. Quand on le relève, on le plie en deux, en rapprochant les bâtons.
Ce filet est fort en usage du côté de £aen ; et quelquefois les pêcheurs se mettent de file, hommes et femmes, au nombre de douze et plus.
V. , pour les régie m en s forestiers, l'article Pêche maritime, §3 et Te Recueil à la fin de ce Dictionnaire.
BOUTARGUE. Œufs depoissons préparés, et qui proviennent de la pêche des bourdigues. C'est une espèce de caviar inférieur à celui qu'on fait avec l'esturgeon. Les Romains en faisaient volontiers usage.
BOUTEUX. Filet de pêche qui est représenté, PL a5j N°. Il, fîg. i. C'est à proprement parler une sorte de grande truble , puisqu'il est formé d'un filet en poche , dont l'ouverture est tenue ouverte par une monture de plusieurs morceaux de bois, et qu'il a un manche avec lequel on le manie.
La monture de ce filet est formée par une perche a b , de 7 à 8 pieds de longueur, plus ou moins, suivant la grandeur du bouteux. A son extrémité b est fermement assemblée une traverse cd, qui forme avec la perche a b comme un T. Aux deux bouts de cette traverse sont attachées deux gaules menues et pliantes, qu'on nomme volets} on les plie et lie l'une à l'autre pour former, par leur réunion , une portion d'ellipse ce, de , qui est attachée sur la perche. Les bords du filet, qui forme un sac , sont arrêtés tant à la pièce qu'aux volets.
Les mailles du fond de ce filet ont au plus 4^5 lignes en carré ; mais celles des bords sont plus grandes. La profondeur de la poche /est plus ou moins grande ; elle est souvent de 4 ou 5 pieds ; mais il faut tenir la perche a b d'autant plus longue, que la poche a plus de profondeur, afin que le pêcheur ne marche pas dessus. Les chausses profondes ont l'avantage de mieux retenir le poisson ; mais elles sont sujettes à se tordre dans l'eau, et alors elles sont presque dans le même cas que si elles étaient fort courtes, et il est difficile d'en tirer le poisson. Quand elles ont peu de profondeur , on y prend le poisson en y fourrant le bras comme, le fait le pêcheur; mais lorsqu'elles sont longues , il faut en jeter une partie sur le bras gauche , et prendre le poisson avec la main droite.
Le pécheur ayant suspendu à son côté une gline , comme dans le N°. lijtg. 1 , ou un sac, pour mettre le poisson qu'il prendra, il saisit l'extrémité de la oerche ab avec ses deux mains; puis entrant dans l'eau jusqu'au-dessus de la ceinture, il pose la tra-
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verse cd sur le fond , et il court de toutes ses forces, poussant devant lui le bouteux, Jïg. 2, JV°. Z. Il suit de là que la pèche au bouteux ne se peut faire que sur les fonds de sable unis, et lorsque la mer est assez retirée pour que les pêcheurs puissent marcher sur le fond.
On conçoit qu'il est très-fatigant de courir, étant dans l'eau jusqu'au-dessus de la ceinture , et poussant devant soi un bouteux qui est quelquefois assez grand. Cependant cette pèche est pratiquée par des femmes et même des en fans, comme par les hommes; mais chacun prend un bouteux de grandeur proportionnée à sa force, et ordinairement les femmes quittent leurs jupons pour mettre des espèces de culottes à grands canons.
On a comparé le bouteux à une ratissoire avec d'autant plus de raison , que la traverse laboure le sable ; elle en fait sortir les poissons qui s'y sont fourrés; mais aussi elle écrase le frai et beaucoup de petits poissons; de plus, le. poisson qui entre dans la chausse étant souvent traîné assez loin sur le sable, est meurtri, et n'est jamais aussi sain que celui qu'on prend a la ligne ou avec les filets sédentaires.
Cette pêche est donc destructive, quoique , pour diminuer le dommage qu'elle cause , et ménager les petits poissons, l'ordonnance en interdise l'usage depuis le mois de mars jusqu'à celui d'août. Cependant les chaleurs de l'été sont très-favorables pour cette pêche.
Dans les saisons où il est permis de pécher avec le bouteux, aussitôt que Ta mer est suffisamment retirée, chacun court chercher son bouteux; car il n'y a personne , même dans les plus nombreuses familles, qui n'ait le sien , grand ou petit : et bientôt toute la plage se trouve couverte d'Hommes , de femmes et d'en fans qui poussent leur bouteux le plus vite qu'il leur est possible ; ce qui offre un spectacle assez singulier.
Si les pêcheurs sentent les secousses d'un gros poisson qui soit entré dans la chausse, ils relèvent aussitôt leur filet; mais quand ils ne sentent point de secousses, ils poussent leur bouteux quelquefois assez loin sacs le relever; et après cette course, ils trouvent dans le filet de petits poissons, mêlés tan tôt avec du goémon, et tantôt avec de la vase, et
Ï>our l'ordinaire en assez mauvais état : de sorte que es plus petits , qu'on rejette comme inutiles., sont trop endommagés pour subsister, et sont presque toujours perdus.
On prend à cette pêche non-seulement des poissons ronds qui nagent entre deux eaux, mais encore des plats, que la traverse du bouteux oblige de quitter le sable où ils s'étaient enfouis à la mer b j issante . On y prend aussi quelques grosses chevrettes. La pêche au bouteux se pratique Ta nuit comme le jour.
On donne différentes formes aux bouteux. Quelques-uns , pour que la traverse soit assujettie plus solidement au bout de la perche , la terminent par une petite fourche, fig* 7, et chaque branche delà fourche entre dans la traverse. 1
Le petit bouteux , jig. 4> N0* -H) qu'on nomme volontiers bonquetout à Coutance** et buhotier à Baveux, sert pour prend™ Jes chevrettes, à des jeu*
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nés gens qui Sauraient pas la force de manier les grands bouteux.
On en fait encore de plus petits , qu'en certains endroits on nomme buchots ; et quelques-uns, au lieu de chausse de filet , en ont de serpillière: ils servent à prendre de petites chevrettes ou sauterelles et du poisson au fond des parcs qui n'assèchent point dans les mortes-eaux.
Quand la chausse des bouteux est fort longue , elle est sujette à se replier ou à se tordre sur ellemême : c'est ce qui a engagé quelques pêcheurs à mettre dans cette poche de petits cercles de bois, fig. 6 , pour soutenir le filet et l'empêcher de s'affaisser sur lui-même. Ces bouteux, qu'on appelle à queue de verveux , donnent beaucoup de facilité au poisson pour entrer dans la chausse; mais ils ne sont guère propres à être traînés sur le sable, les parties du filet qui répondent an cerceau étant bientôt usées par le frottement. Ces sortes de bouteux ont ordinairement un cercle, qui est attaché aux extrémités de la traverse.
A Vannes , on se sert d'un bouteux , qu'on y nomme petit haveneau, et qui diffère des bouteux de Normandie en ce que le demi-cercle est quelquefois de fer et que le bout du manche est attaché au milieu de la circonférence du demi-cercle; et pour le fortifier, il y a au bas du demi- cercle, des deux cotés, un morceau de bois long de 18 à 20 pouces, qui s'étend du cercle au manche : les pêcheurs s'en servent comme de ceux de Normandie , en les poussant devant eux sur le sable lorsqu'il est encore un peu couvert d'eau; ils prennent des chevrettes et d'autres petits poissons.
Dans la ci-devant amirauté d'Oistréhan , on fait avec de petits bouteux, qu'on nomme boulets , la pêche de ce qu'on appelle mignon, qui est la même chose que le meslis ou le nonnat; la chausse a 3 ou 4 pieds de longueur, et les mailles ont à peine alignes d'ouverture. Ceux qui s'en servent à l'embouchure de l'Orne le poussent devant eux à la marée montante , et ils écument à la superficie de l'eau tout le frai et la menuise , que la marée y apporte en abondance dans les temps de chaleur. "V . Grenadière, Savre et ffaveneau^am sont encore des-espèces de bouteux.
BOUTIQUE. On nomme ainsi des bateaux percés au-dessous du niveau de la rivière ; et élevés sur l'eau , à cause du vide qui est à l'avant et à l'arrière , dans lesquels les pécheurs renferment et nourrissent du poisson , en attendant qu'ils en aient le débit.
Les agens forestiers peuvent en faire la visite pour connaître s'il n'y a point de contravention à l'ordonnance , dans le poisson qui est renfermé. (Ord. de 1669, **'• XXXI, art. 24.)
BOUTIQUE. On appelle aussi boutique, sut la c6te de la Hogue , des nasses , qu'ailleurs on désigne sous le nom de Bouragrtes. V. ce mot.
BOUVIERE. Nom vulgaire que l'on donne à la plus petite espèce du genrecyprin, \ecyprinusamarus. Ce petit poisson (PI. o^fig. 10), qu'on pêche dans la Seine et la Marne, ressemble pour la forme à une carpe) on lui donne aussi le nom de péteuse.
Description. — Ce poisson ne parvient guère qu'à
a pouces de longueur 5 sa largeur est d'environ un
<lemi-pouce; il a 10 rayons a U nageoire dorsale, et