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1 1 à l'anale 5 la queue légèrement fourchue; la tête petite et cunéiforme; presque toutes ses parties transparentes; les écailles grandes ; les opercules jaunâtres; le dos jaune mêlé de vert; les côtés jaunes au-dessus de la ligne latérale , et d'un blanc éclatant au-dessous; la ligne latérale noire ou d'un bleu d'acier ; les nageoires dorsale et caudale verdâtres; les autres nageoires colorées d'une teinte rougeàtre.
Habitation.— -La bouvière habite les eaux pures et courantes et les fonds de sable. On ne la voit clans les lacs que lorsqu'ils sont traversés par une rivière. On (a trouve assez communément dans la Seine et la Marne.
Propagation.— Qn ignore l'époque où elle fraie, et comme elle sert de nourriture aux autres poissons , elle ne se multiplie pas beaucoup.
Qualités. •— Ce poisson a la chair amère, et ceux qui le mangent mettent un morceau de fer dans la friture , pour détruire cette amertume.
Il est peu recherché par les pêcheurs. On ne le pêche jamais à la ligne ; on en prend une assez grande quantité pendant l'hiver dans la trouble et dans les nasses.
BOYAU DE VER A SOIE. On s'en sert pour empiler les Hameçons. V. ce mot.
BOYBR LE POISSON. C'est le vider de ses intestins et le saler. Ce terme est en usage à Piriac , en Basse-Bretagne*
BRAILLER, c'est remuer le hareng avec la braille lorsqu'il est salé, afin qu'il prenne mieux la salure. On ne braille que quand on sale à terre. Quand on encaque d'abord le poisson , on le tient dans des paniers plais , et on le saupoudre à chaque rangée ou lit qu'on en fait dans la caque , observant quelquefois de le tourner et retourner dans les paniers avant de i'encaqucr.
BRAILLES. On appelle ainsi des pelles dont on se sert pour la salaison des harengs.
BRANCHIES. Cest ce qu'on nomme ouïes dans les poissons. Ce sont des espèces de lamelles disposées comme les barbes d'une plume ou les dents d'un peigne*
Les branchies sont pénétrées par un nombre infini de petits vaisseaux qui apportent le sang et le mettent en contact avec l'eau , de même que nos poumons mettent le sang en contact avec l'air ; car l'eau contient une quantité d'air suffisante pour le mode de respiration qui convient au poisson : les* branchies sont donc des organes propres aux poissons, et qui leur tiennent lieu de poumons ou d'organes de la respiration. V. Poisson.
BRANCOS. Bouts de ficelle d'aufFe , qui servent à attacher les cannes des bourdigues qui s'étendent de toute la longueur de l'ourdidon. V. Bourdigues.
BRANDON. U est défendu aux pêcheurs de rompre la glace sur les rivières et fossés ; d'y faire des trous et d'y porter des flambeaux , brandons , et autres feux. (Cahier des charges de la pêche fluviale , art. 5o, conforme à Part. iSdu tit. XXXI de l'ord. de 1660. )
BRAS DE RIVIERES. Les bras non navigables des rivières navigables sont domaniaux , et il n'est permis à personne d'y faire des constructions. (An. du Cons. , du 10 août itfç4) *V Recueil des Régi. for. ^ f. II, p* 1*7. )
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BRAS&ADB. Cest un filet dont les mailles ont
4 lignes d'ouverture, et qu'on emploie à la manche ou an coup du boulier. V. Boulier.
BRAS&E. Mesure de bt longueur de deux bras étendus, ou de 5 pieds.
BRASSER. C'est agiter et troubler Peau avec la bouloire , pour faire sortir le poisson et le conduire dans les blets.
BRAYJBS. On donne ce nom à des gords qu'on forme au bord de la mer avec des pieux ou des clayon nages. V. Verwux.
BRAYË A CHAUSSB. Ancien instrument de pèche y dont l'usage était prohibé par les ordonnances de i388, 140a et i5i5, citées dans Saint- Yon , p. 225 , et auxquelles se réfère l'ordonnance de 1669 * tit. XXXI, art. 10.
BRÉG£. Tramail dont on se sert dans la Gironde pour prendre les esturgeons ou créais,
BREGIN, BERGItf ou BOURGIN. On donne, en Provence , ce nom à un filet qui diffère peu de l'aissaugue; il est seulement moins grand, et on ne s'en sert point dans les grands fonds. Il prend bien des noms différens dans les ports où on l'emploie : on s'en sert pour pécher au feu , en faisant précéder le filet par un petit bateau qui porte un feu pour attirer le poisson.
Le filet qui porte , à Marseille 9 le nom de bregin, ressemble beaucoup au petit Boulier (Y. ce mot), et il se tend de même. C'est pourquoi nous nous bornerons à en donner une description fort abrégée. L& ailes des plus grands bregins ont jS brasses de longueur 5 savoir, 60 brasses de mailles dites auréras, qui forment dans le bregin les plus grandes mailles $ ensuite 10 brasses de mailles qu'on nomme bouguières, et qui ont 9 lignes d'ouverture en carré. Ainsi , les bouguières tiennent lieu, dans le bregin, des auréras de l'aissaugue. Les 5 dernières brasses sont de majours, entièrement semblables à celles de l'aissaugue. Les bouguières et les majours du bregin sont bordés d'un galon de chape , comme les auréras et les majours le sont dans l'aissaugue.
La chausse du bregin est la partie qui diffère le plus essentiellement de VAissaugue ( V. ce mot ) : 1 • cette manche n'étant pas faite pour les grands fends , on n'y met point de flancs ou pointes; ce qui fait que cette manche conserve dans l'eau plus de longueur que celle de l'aissaugue, et elle y a toujours la forme d'un sac ; 2°. on ne doit distinguer que 2 pièces dune la manche du bregin; savoir, le culde-eac et les majours. Le cul-de-sac est plus long et plus étroit que celui de l'aissaugue. Le sac de l'aissaugue , en pleine eau , n'a pas une brasse de profondeur 5 celui du bregîn en a 5. Les mailles du cul-de-sftr, de l'aissaugue ont plus d'ouverture que celles du bregin , qu'on fait avec un fil plus gros r qui est retors en trois , ce qui rend cette manche si serrée , au'il n'y a point de petits poissons qui puissent s'échapper : de sorte que , quand on a tiré le filet hors de l'eau, et qu'on en a ôté le gros poisson, on en laisse sur le rivage un tas, qui devient la pâture des oiseaux. Pour que ce filet causât moins de désordre , il faudrait réduire le sac à une brasse ou une brasse et demie \ Caire les mailles au moins de
5 lignes d'ouverture en carré, et que le filet fut d'un fil
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moins gros, comme serait le même fil retors en deux. A l'égard du reste de la manche , qui est composé de majours , lesquels ont un peu moins de 6 ligne» d'ouverture, on ferait mieux de leur en donner 7 , conservant à l'embouchure de cette manche i5 brasses de circonférence.
Ajoutons que le bregin est plus chargé de plomb que l'aissaugue. Il entre en tout pour le bregin 3 quintaux de plomb et autant de liège ; tandis que 1 aissaugue , qui est un plus grand filet, n'est chargé en tout que de 200 livres de plomb. On emploie 3 quintaux de liège pour le bregin, et ce n'est pas trop pour contre-baiancer le grand poids du lest et tenir les mailles plus ouvertes.
U est sensible que l'embouchure de la manche , que les pécheurs nomment souvent la gorge ou la margue, augmente ou diminue, suivant qu'on écarte ou qu'où rapproche l'une de l'autre les ailes en traînant le filet.
Nous avons dit que les pécheurs à l'aissaugue essayant d'établir leur filet sur àes fonds unis, mais dans le voisinage des roches, risqueraient de perdre leur filet s'ils tendaient pendant la nuit. Il n'en est pas de même du bregin. Comme on cale le filet sur des plages unies, éloignées des roches, on s'en sert la nuit et avec d'autant plus de raison , que comme les pécheurs se proposent de prendre des bogues , ces poissons, naturellement fuyards, ne donnent, dans le filet que durant la nuit.
Nous avons déjà prouvé que ce filet , tel qu'on l'établit, détruit beaucoup de menuise. Ajoutons que les pêcheurs au bregin, pour prendre àes ma* quereaux et des bogues , ne font cette pèche que pendant les mois d'avril, mai, juin et juillet, saison la plus dangereuse pour la destruction du frai et de la menuise.
Cette pèche se fait ordinairement avec un bateau plat , servi par quinse ou vingt hommes. La moitié de l'équipage reste à terre et conserve le bout d'un des halins; le reste se met dans le bateau avec la tessure. Le patron jette à la mer le halin à mesuré que le bateau s'éloigne du rivage ; ensuite il met à la mer la moitié de la tessure 5 puis il se rapproche un peu de terre , continuant à jeter à la mer , d'abord le reste du filet, et ensuite le second halin. Lorsque le bateau est rendu à terre, l'équipage fait un feu pour avertir les pécheurs qui sont restés à terre, lesquels répondent par un autre feu. Alors chacun tire sur son halin Tort lentement , et tous se rapprochent peu-à-peu les uns des autres , amenant à eux le filet jusqu'à ce qu'ils aient mis à terre la manche, où l'on trouve ordinairement des maquereaux , des sardines , des bogues , des mulets , de» rougets, des pagets, et auelquefois, mais rarement, des thons. A Marseille, les pécheurs prennent des bols ou postes pour le bregin comme ponr l'aissaugue.
On pêche avec le bregin à la lumière / mais nous nous réservons d'en parler lorsque nous traiterons de la pêche au feu.
Aux roartigues , les noms de bourgin et de boulier sont synonymes. C'est le même filet ? g**i quand on pêche dans les étangs, on i^/kïre le bourrin; et à la mer, sur le* plages, c'est le boulier qu'on pour-
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rait nommer grand bourgin. Quelques pêcheurs en distinguent de trois espèces 5 savoir , 1 . le martiégal'j 20. le grand bourgin ou boulier > et le petit ^ bourgin. Mais ces filets ne diffèrent absolument que >ar le plus ou le moins d'étendue en longueur et en lauieur-, et par les mailles plus ou moins ouvertes.
Dans le royaume de Grenade, on se sert beaucoup , pour la pèche des sardines, d'un filet à mailles serrées , semblable au bregin. Sur les côtes de Malaga et de Marveilha, on le nomme xabega et boliche. Il y en a , comme par-tout ailleurs , de différentes grandeurs.
Depuis le ier. septembre jusqu'à la fin de mai, on prend avec ce filet des sardines , des anchois et d'autres petits poissons. Pendant les trois mois suivans, ce sont des bonites , des thons , des aloses, etc. On cale ce filet jusqu'à 3o brasses, et on l'établit à 600 brasses de terre. Le reste de la pêche se fait comme celles que nous avons décrites.
Les pêcheurs sont sujets à corrompre tous les termes propres à leur art. Le bregin se nomme brigin à la Ciotat, et bergin à Antibes. Le bregin de Cette est un sardinal nommé b ouïe j ou. Dans plusieurs ports de Provence, on le nomme bourgin , burgin, petit bouliech l petite eissaugue, traîne , etc.
Le filet que les pécheurs de Martigues nomment soret est une espèce de petit bourgin ; ses alas ont 3o cannes de longueur, et la margue, manche ou poche , est de 3 cannes, tant en longueur qu'en largeur. Chaque alas est composé de 3 pièces : la première , qui est au bout opposé à. la manche , et qui porte le clava , a ses mailles de 24 au pan ,10 cannes de longueur, et 200 mailles de hauteur. La seconde a sa maille de 3o au pan, même longueur que la première , et 3oo mailles de hauteur. Enfin, la troisième pièce, dont la maille est de 36 au pan, a la même hauteur que la seconde ; mais elle est d'une canne et demie plus longue. La margue ou poche du soret, qui se termine carrément comme le fond d'un sac, a 3 cannes en longueur et en largeur; savoir, une canne et demie faisant partie de la troisième pièce d'alas, et une canne et demie d'autre filet, qui est de même hauteur, et dont les mailles sont de 4o au pan. Ces deux guirons, qui se trouvent placés immédiatement après la dixième canne de la troisième pièce, n'ont que 3 pouces en longueur) leurs mailles sont de a5 au pan ; ils commencent par 3o mailles vers l'ouverture de la manche , et finissent par a5 vers le fond du sac.
Le soret diffère des autres filets traînans, en* ce qu'il est monté haut et bas sur des sardons dans toute l'étendue des alas. Le sardon du liège a 3 quarts de pan de hauteur , et sa maille est de a5 au pan , et d'un fil plus fort que la nappe. Le sardon du plomb a un pan et demi de haut, avec ses mailles de 14 au pan. On met ces sardons pour conserver le filet, qui, à cause de la petitesse de ses mailles, est fort cher.
Ce filet sert uniquement à prendre, en automne, des mulets, et on en prend quelquefois plusieurs quintaux d'un seul coup de filet.
BREHAK1NE. Ce mot se dit de tout animal qui ne conçoit point , et par conséquent des poissons qui n'ont ni laite ni œufs.
BRÉ
BRE LOT. C'est un poisson demi-plat, de la famille des spares$ le corps est plus large que celui du sarguet 5 sa tête est assez grosse et courte; sa gueule n'est pas grande : on aperçoit sur le devant trois dents assez considérables $ ses yeux sont grands; la nageoire qui occupe presque toute la longueur du poisson n'est pas fort large , et les rayons sont inclinés vers la queue. La nageoire du ventre, commençant derrière l'anus et finissant à la même distance delà nageoire de la queue , est beaucoup moins longue que celle du dos ; au reste , il lui ressemble à beaucoup d'égards. Le brelot a derrière chaque ouïe une nageoire large et moins longue que celle de dessous la gorge. La nageoire de la queue est assez large et fendue ; ses ouïes sont d'un blanc argenté , marquées en quelques endroits de taches d'un rouge très-vif.
Suivant cette courte description , le brelot d'Aunis a plusieurs points de ressemblance avec le sarguet ou sargo de Provence ; mais on estime qu'il fait un meilleur manger.
Le peuple le nomme casse - burgos , parce qu'il brise les coquillages pour se nourrir de l'animal qu'ils renferment. 11 se jette avec avidité sur les appâts. On prend beaucoup de ce poisson aux haims, dans les nasses et avec des filets à manche.
BRÈME , cyprinus brama. ( Lin. ) Poisson, du genre cyprin , qu'on trouve dans les lacs, les étangs et les rivières d'Europe. Il était connu dès le XIIIe. siècle sous le nom de bresna ou brena.
Description. — Ce poisson {PL y^fig* 11 ) a la tête tronquée , la bouche petite , la mâchoire supérieure un peu avancée. Son corps est plus aplati que celui de la carpe , et il a aussi les écailles plus grandes. La tête tire sur le bleu , son dos sur le noir, et son ventre sur le blanc. On remarque une tache noire en croissant au-dessus des yeux, et des points sur la ligne latérale. Ses nageoires sont ordinairement violettes, et les ventrales toujours portées sur une appendice.
Les jeunes brèmes s'appellent éperlans bâtards, et les plus âgées brèmes gardonnées , parmi les pêcheurs de la Seine.
On trouve quelquefois en Allemagne des brèmes où la couleur rouge domine ; on les nomme chefs des brèmes , et les pécheurs rejettent celles qui tombent dans leurs filets, persuadés que les brèmes ordinaires les suivent et qu'elles quitteraient les parages où ils exercent leur industrie. Bloch pense que ce sont des mulets provenant de la brème et du rotengle, cyprinus erythropkthalmus. On en trouve encore une autre espèce qui tient de la bordelière > cyprinus b îllerus , et que le même naturaliste croit être le produit de la brème avec ce dernier poisson -
Habitation. — La brème habite la mer Caspienne, et elle vit aussi dans presque toute l'Europe. On la trouve dans les grands lacs et dans les rivières dont les eaux coulent paisiblement sur un fond compose de marne, de glaise et d'herbages. Elle se tient ordinairement au fond de l'eau, et lorsqu'elle aperçoit un brochet , elle se précipite dans la vase et la trouble pour se soustraire à son ennemi.
Propagation et accroissement. — Les brèmes quittent le fond de l'eau au printemps, à l'époque du frai , et recherchent des rivages unis ou des fonds de
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rivières garnis d'herbes, où lès femelles déposent leurs œufs ; elles recherchent même alors les eaux courantes, et lorsqu'elles le peuvent, elles remontent les rivières : chaque femelle est ordinairement suivie de trois ou quatre mâles; elles font un bruit assez grand en nageant en troupes nombreuses. Los x»lus grosses brèmes pondent les premières, ensuite les moyennes, puis les jeunes.:
Dans le temps de la. ponte, il vient sur les écailles des mâles, corn me dans les autres espèces de ce genre, de petits boutons, qui font croire aux pêcheurs que ce sont d'autres poissons. Ces boutons disparaissent au bout d'un mois.
• Lea femellessont sujettes à périr lorsqu'il survient un temps froid pendant leur irai.
filoch a compté 137,000 œufs à une brème femelle qui pesait 6 livres : aussi ce poisson , malgré quHl ait un. grand nombre d'ennemis, est-il trèsabondant dans Jes eaux qui lui conviennent, et l'un des plus importons pour les propriétaires d'étangs , principalement dans le nord de l'Europe. On en
Îtrend quelquefois des milliers à chaque coup de fiet, dans les lacs de la Prusse $ on cite un de ces coups qui en rapporta 5o,ooo, pesant 18,000 livres, du fond d'un lac de Suède.
Les brèmes croissent assez vite ; mais elles parviennent rarement à plus d'un pied de longueur. Cependant il y a des individus de cette espèce qui ont jusqu'à 18 pouces , et qui pèsent jusqu'à 10 lui. ( 20 livres ).
En France, les brèmes ne sont pas aussi abondantes que dans le Nord ; toutefois il est des étangs eu elles fourmillent. Lorsqu'elles sont bien nourries, elles croissent aussi vite que la carpe, et quoique plus petites, elles ne donnent guère moins de bénéfice à leur propriétaire. On peut les transporter facilement, sur-tout pendant l'hiver, d'un étang à un autre, même sans les tenir dans l'eau. On peut encore plus facilement peupler un étang qui n'en a
s, en empilant dans un seau, avec un peu d'eau , es herbes sur lesquelles les femelles, ont frayé.
Ennemis et maladies, — .Outre l'homme et les poissons voraces, la brème a principalement pour ennemis les oiseaux d'eau» On rapporte, que les grèbes et les plongeons se réunissent dix à douze en* semble , chassent, en plongeant, les jeunes brèmes vers le bord, où ils les acculent et les mangent. On dit aussi que la.bondrée ou buse d'eau cherche assez souvent à contenter sa faim aux dépens des grosses brèmes,, mais qu'elle est quelquefois victime de sa voracké, ces brèmes L'entraînant au fond de l'eau.
Nous avons dit que les femelles des brèmes étaient sujettes à périr lorsqu'il survient un temps froid pendant leur frai* Il parait, au rapport de-Bloch, que les brèmes qui périssent de cette cause ont le ventre très» enflé , et que leurs œufs sont en .partie décomposés. Lea brèmes sont aussi très-sujettes à renfermer des vers intestinaux , et très-exposées à une phthisie mortelle.
Qualités. ~ La chair des brèmes est blanche, délicate \ elle varie en saveur , suivant les saisons et les lieux où elles ont vécu. Elle prend un goût et même une odeur très-désagréables dans certains étangs vaseux. Les grosses brèmes se cuisent sur le
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gril, et se servent avec une sauce blanche aux câpres ; elles se mettent aussi en étuvée comme la carpe ; les petites se mangent frites. Les meilleures brèmes sont celles qu'on prend dans une eau vive , et dont la grosseur est médiocre ; car les petites sont remplies d'arêtes , et les grosses n'ont pas la chair délicate.
. Pèche des brèmes. — On prend la brème avec ht seine, le trémail , l'épervier , la nasse et autres engins ordinaires. On la prend aussi très-aisément à la ligne amorcée de vers de terre. La brème, s'effarouche au moindre bruit, et l'on assure qu'en Suède, dans les villages situés sur les bords des lacs où il y a beaucoup de brèmes , on s'abstient de sonner les cloches dans le temps de la pèche et du frai. Lorsqu'on les pèche avec la seine dans les rivières du même pays, on a soin de les chasser vers le filet, au moyen du son du tambour.
C'est pendant l'hiver qu'on prend le plus facile? ment et le plus abondamment de brèmes ; elles viennent respirer l'air au trou qu'on a fait dans la glace , quelquefois en telle abondance , qu'on ne voit pas l'eau où elles nagent ; et avec un truble ou tout autre filet, on en enlève , chaque fois , autant qu'un homme peut en soulever.
La pêche à la ligne commence en juin et finit en septembre 5 mais c'est en juillet et août qu'elle est plus abondante.
Quand on pêche avec l'épervier, on amorce, le soir, avec du son ou du blé cuit , et l'on vient jeter l'épervier le matin ; on est presque toujours sûr d?en prendre , mais avec d'autres poissons , tels que des gardons.
BRÈME DE MER. Les pécheurs donnent ce nom à un poisson du genre spare, sparus brama. ( Lin. ) On l'appelle aussi carpe de mer* Ce poisson se trouve dans les mers d'Europe et d'Afrique.
Description. — (V. iaP/.6,Jîg. 7.) lia 10 rayons aiguillonnés et 1 a rayons articulés à la nageoire dorsale y 3 rayons aiguillonnés et 10 rayons articulés à la, nageoire anale ; les dents de la mâchoire supérieure plus larges et plus serrées que celles de l'inférieure ; la ligne latérale large ; les écailles rudes au toucher; le dos gris ; les côtés de couleur argentée et dorée, et le ventre blanc.
Nourriture. — La brème de mer vit d'osufs de pois sons et des petits qui en proviennent.
Pèche. — On la prend au filet et à la ligne , pendant l'été sur-tout.
Qualités. — Sa chair est blanche , molle et peu agréable au goût. Cependant les brèmes de mer que l'on prend dans des endroits pierreux sont assez bonnes, sur- tout si on les mange grillées et assaisonnées avec une sauce aux anchois.
BRBMOTTB. Nom que les pécheurs de la Seine donnent aux jeunes brèmes.
BRESSEAUX. Terme provençal qui signifie les lignes menues qu'on attache sur la maîtresse corde ou le maître de palangre. V. Lanne.
. BRETEL. On donne ce nom au maquereau sur plusieurs côtes de la Bretagne.
BRÉTEL1ÊRES. Demi-folle, qui s**<> à prendre de petits chiens de mer , que su* [iJusieurs côtes de Normandie on nomme àretlesou bretelles. V . Folles.
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conserve son goût propre, est le court-bouillon* Pour cela , après avoir vidé et lavé le poisson , on le met dans un vase appelé poissonnière , avec du beurre , du sel , du poivre d'un côté , et de l'autre un ros bouquet de persil, de ciboule , d'ail, de thym, e laurier , de basilic , le tout attaché ensemble \ quelques tranches d'oignons , de carottes et quelques têtes de girofle ; on couvre le tout de vin blanc, auquel on ajoute de l'eau lorsqu'il est trop généreux, et on le met sur le feu. Il est important que le poisson ne soit pas trop cuit , pour qu'il ne se brise pas en le sortant de la poissonnière, parce qu'on le sert entier, en place de rôti, sur une serviette , sans l'écailler. On le mange avec de l'huile et du vinaigre.
On sert aussi fréquemment les brochets, lorsqu'ils ne sont pas gros, en entrée dans le même court-bouillon, après les avoir coupés en tranches et écaillés; mais alors on les mange à la sauce aux câpres 9 ou au coulis, ou en fricassée de poulet. Presque toujours on en met dans les matelotes , on en fait des pâtés froids et chauds d'un excellent goût; on les mange rôtis sur le gril , avec une sauce Robert ou telle autre de haut goût , etc., etc.
Dans beaucoup d endroits, on sale les brochets , après les avoir Vidés , nettoyés et coupés par morceaux. "
Sur les bords du Jaïk et du Volga , on les sèche ou on les fume , après les avoir laissés pendant 3 jours dans la saumure. Dans le vaste lac de Tschany , en Sibérie , la pêche du brochet se fait particulièrement en été au filet ; en hiver , on le pêche à l'hameçon sous la glace. Celui que l'on prend en été se sale et se sèche , au lieu que celui d'hiver se transporte tout gelé jusqu'à Tobolsk. On en fait des envois considérables par voitures , et on les vend à très-bon marché. Les pêcheurs sont, pour la plupart, des paysans qui ont abandonné leurs campagnes et se sont établis dans des cabanes sur les rives du Tschany.
Dans d'autres contrées , et particulièrement en Allemagne , on fait du caviar avec les œufs du brochet. Dans la Marche électorale de Brandebourg , on mêle ces mêmes œufs avec des sardines \ on en compose un mets que l'on nomme netzin, et que l'on regarde comme excellent. Cependant ces œufs de brochets passent, dans beaucoup de pays , au moins lorsqu'ils n'ont pas subi certaines préparations, pour difficiles à digérer, purgatifs et malfaisans.
Castration, — C'est sur des brochets qu'on a essayé particulièrement l'opération de la castration , par le moyen de laquelle on est parvenu à engraisser les individus auxquels on l'a fait subir.
Multiplication des brochets dans les étangs. — Si l'on veut se procurer une grande abondance de gros brochets , il Faut choisir pour leur multiplication des étangs qui ne soient pas propres aux carpes, à cause d'ombrages trop épais, de sources trop froides ou de fonds trop marécageux : les brochets y réussiront , parce que toutes les eaux douces leur conviennent. On y placera , pour leur nourriture ; des cyprins ou d'autres poissons de peu de valeur,
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Il paraît, malgré les assertions contraires, que les brochets supportent difficilement les transports lointains, et comme ils. meurent promptement si on ne les conserve dans l'eau, le débit de ce poisson, est toujours moins assuré que celui des carpes , qui peuvent attendre les acheteurs.
On doit éviter de mettre de gros brochets dans les étangs , parce qu'ils nuisent beaucoup aux produits par la consommation qu'ils font des autres poissons. M. Bosc conseille d'adopter l'usage pratiqué en Allemagne pour l'aménagement des étangs, et qui consiste à faire passer successivement, et tous, les ans , les poissons du même âge d'un étang dans un autre. Par ce moyen, on est le maître d'avoir le nombre et la grosseur de brochets que l'on veut, et loin d'être nuisibles, ils deviennent utiles en mangeant tous les produits des carpes, des brèmes, des tanches, etc. ; et toute la blanchaille des étangs, produits qui consomment la subsistance du gros poisson , et empêchent celui-ci de profiter et d'engraisser.
Pêche du brochet.
On prend le brochet dé diverses manières : en hiver sous la glace ; en été, avec des appâts ; dans toutes les saisons > au clair de la lune ; dans les nuits sombres, au feu des bois résineux. On emploie pour les pêcher Vhqmeçon , le trident, le collet, la truble , Vépervier, la louve, la nasse, la seine et toutes sortes de filets; mais on n'en fait pas de pêche particulière avec les filets \ cependant la seine et l'épervier sont ceux avec lesquels on réussit le mieux.
Un gros brochet qui a donné dans le filet, y fait quelquefois une trouée avec ses dents ; quelquefois il se maille, ou il se prend par le milieu du corps en essayant de forcer le passage. Lorsqu'il est cerné, il nage à la surface de l'eau , et au moment où il se voit rapproché de la rive, il saute par-dessus le filet, quelquefois à près de 3' pieds de haut , en parcourant une ligne proportionnée à cette élévation.
Pêche du brochet à la ligne. — On pêche le brochet à la ligne volante et aux lignes dormantes.
Ce poisson mord très-bien aux amorces vivantes, et l'on emploie comme telles le gardon, le rouget, la vandoise , la perche , le gangan , la grenouille.
Pêche à la ligne volante. — Quoique la voracité du brochet le porte à attaquer toutes les amorces qu'on lui présente , on doit cependant préférer les gardons vivans. Il faut, quelle que soit l'amorce dont on se sert, que sa grosseur, ainsi que celle du hameçon, soit proportionnée à la grosseur des brochets qu'on suppose exister dans l'étang.
La pêche se mit avec une canne à moulinet, sur laquelle on dévide la ligne jusqu'à la longueur convenable, et comme, dans cette pêche,' l'hameçon doit être entre deux eaux , il faut , si 1** profondeur est de 6 pieds,' laisser 3 pieds de distance entre l'hameçou et le bouchon. Pour amorcer l'hameçon , on en lait entrer la tête dans la bouche du poisson , et on la fait sortir au-dessous des ouïes ; on attache ensuite l'hameçon à la ligne, et on lie par-dessus la queue du poissoni Cette méthode a l'avantage de permettre au poisson de vivre plus long-temps ; on peut ensuite couper au gardon une nageoire pecto-
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raie, ce qui le fait pirouetter dans l'eau, et attire davantage le brochet , qui croit que c'est un poisson blessé , et dont il pourra s'emparer plus facilement. Lorsqu'on se sert de petites perches pour amorcer, on leur coupe la nageoire dorsale , à cause des piquans , dont le orochet se méfie.
Après avoir ainsi disposé la ligne y on jette l'hameçon à l'endroit où l'on suppose qu'il y a'cfes brochets , et, les yeux fixés sur le bouchon , on attend que ses mouvemens indiquent la présence d'un de ces poissons. Comme le brochet saisit l'amorce avec force et vivacité , il est important de faire la plus grande attention pour lui rendre la main et dévider la ligne; sans quoi, il pourrait la rompre si la résistance était trop forte. Lorsqu'on a dévidé la longueur de la ligne, le brochet, fatigué par ses efforts et par la blessure que l'hameçon lui a mite dans les intestins, car il l'avale ordinairement, commence à opposer moins de force; on roule alors la ligne peu -à-peu , et on parvient , en le faisant boire de temps en temps , à le sortir de l'eau , et à l'aide de l'épuisé t te , on achève de le tirer à terre.
Pêche aux lignes dormantes* — Les lignes doivent être très -solides et fortement attachées sur le rivage. On y emploie des hameçons à brochet, no*, i et 2, empilés sur fil de laiton, et amorcés également avec de petits poissons. Si on amorce avec une grenouille , on place l'hameçon dans la bouche de cet animal pour qu'il vire plus longtemps.
Lorsqu'on a amorcé avec l'un ou l'autre appât , on cherche à fixer la ligne à quelque branche près de l'asile du poisson; on tourne cette ligne autour d'un bâton fourchu, à l'exception d'une demi- toi se de longueur; on fend ce bâton à l'un de ses bouts , pour empêcher la ligne de se dérouler. Lorsque le brochet mordra à l'hameçon , il s'y prendra.
Si on -veut que la ligne tienne à une place fixe, on y attache va morceau de plomb , une pierre ou un morceau de tuile ; ce qui sert comme d'ancre à la ligne dormante.
Lignes attachées à des corps Jlottans. -— On fait nne sorte de pèche , qui est aises amusante , et qui consiste à attacher les hameçons amorcés avec de
Ktits poissons ou des grenouilles vivantes à une tte de paille , au corps ou aux ailes d'une oie ou d'un canard , qu'on chasse au milieu de l'étang ou de la rivière , ou à des vessies gonflées , à des branches , à des bottes de foin , qui nagent sur l'eau , et servent ainsi à faire la pêche pendant qu'on se promène sur le rivage ; mais on se sert plus ordinairement de vessies , qu'on emploie au nombre de sept à huit. On y attache une forte ficelle, dont la longueur doit atteindre à la moitié de la profondeur de l'eau dans laquelle on veut pécher. On empile sur cette ficelle un hameçon à brochet, n". i et 2 , que l'on amorce avec un petit poisson vivant : on met cas vessies à l'eau, et bientôt le vent les pousse au large. Le lendemain matin, on vient voir ce qu'elles sont devenues , et s'il y a un brochet pris , on le reconnaît à l'agitation de la vessie , qui ne fait que monter et descendre. A l'aide d'un batelet, on court après cette vessie, que l'on est quelque temps sans pouvoir saisir , à cause des efforts que fait le bro-
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chet, qui cherche à s'éloigner. Si l'on veut s'éviter la peine de courir après les vessies , on peut y attacher une longue ficelle. On dit que cette pêche plait beaucoup aux Anglais, qui font des paris assez considérables en faveur d'une de ces vessies , que l'on peint alors de diverses couleurs.
De la chasse du brochet. — On expose, dans un jour serein , un miroir au soleil , et on en fait aller la réflexion dans l'endroit de la rivière où l'on sait qu'il y a beaucoup de brochets. Ils paraissent bientôt entre deux eaux, attirés par la réflexion de la lumière , et on prend cette occasion pour les tuer à coups de fusil : quand ils sont atteints , ils paraissent sur l'eau.
J'observerai que la chasse au fusil , pour toute espèce de poisson, est un moyen destructeur, qui ne profite guère à celui qui s'en 6ert. Je l'ai vu employer dans des étangs pour tuer des carpes au moment où elles se pâmaient sur l'eau ; on en blessait beaucoup, qui mouraient quelque temps après, et qu'on retrouvait corrompues, tandis que celles qui étaient tuées sur-le-champ étaient en très - petit nombre. Comme le brochet présente moins de largeur que la carpe , la chasse au fusil doit être tout* à-fait proscrite à son égard.
Pèche au collet de crin. — Gomme le brochet dort quelquefois au soleil près des bords , on le prend avec un collet . et pour cet effet on se sert d'une perche de bois léger, qui ait une longueur suffisante; on attache au bout de cette perche un collet de crin de cheval en six doubles, et on l'ouvre le long de la perche , et non en travers.
Lorsque le temps est serein et l'eau limpide , ou se promène le long de la rivière , et si l'on voit un
1)oisson dormant , on pourra s'en approcher en sience, pour ne point l'éveiller, jusqu'à ce qu'on soit à portée de le toucher avec la perche; on lui passe adroitement le collet , et on l'enlève d'un coup hors de l'eau. Le brochet ne s'échappe point, quoiqu'on le touche; il ne s'enfuit que lorsqu'il entend du bruit. S'il arrive que le poisson endormi ne soit pas bien tourné, on peut le toucher doucement du bout de la perche , et le placer convenablement sans qu'il s'épouvante.
On fait cette pêche depuis le mois de février jusqu'au mois d'août.
Pèche à lafouane. — On pêche encore le brochet à la Fouane. (V. ce mot.) Cet instrument, dont la forme varie, est le plus communément un trident , qui est monté au bout d'un long manche. On s'en sert pour percer le brochet lorsqu'on l'aperçoit, ou bien on l'enfonce dans l'eau à l'endroit où l'on suppose qu'il y a du poisson.
BROCHET-CARREAU. Nom que l'on donne aux gros brochets.
BROCHET DE MER. Les pêcheurs donnent ce nom au Merlus. V. ce mot.
BROCHETON. Petit brochet.
BROQUER. Ce mot se prend dans plusieurs acceptions, et se dit des poissons qu'on attache aux haims pour .servir d'appâts. On dit aussi que Je* poissons se braquent ou se maillent d*«- ie* nianets , lorsque , étant ©ng^c* dans une maille par la tête , ils