‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 51 sur 292 · COU · texte numérisé non relu

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CORNION. Partie de la bire ou bure , ou nasse qu'on ajuste à l'extrémité des diguiaux. V. Diguiaux.

CORNUO. Nom d'un assez mauvais poisson du genre clupé , qui remonte la Loire. Duhamel pense que c'est le même que le Couvreau. V. ce mot.

CORP. L'un des noms de l' Umbre, Y. ce mot.

CORPON ou CORPOU. Cinquième chambre oui est à la tête de la madrague , où se prennent les thons. Y. Madrague.

CORPS ou COSSE D'UN BATEAU, On appelle ainsi la partie d'un bateau comprise depuis le mât jusqu'à- peu-près les deux tiers de sa longueur, tant à l'avant qu'à l'arrière.

CORVE. Bâtiment peu différent des dogres , et dont les Hollandais se servent pour la pêche.

CORYPHÈNE , coryphœna. Genre de poisson de la division des thoraciques, qui se compose , d'après Lacépède , de seize espèces , et dont le caractère est : une tête très-comprimée, tranchante, très-obtuse en avant , ou terminée par un quart de cercle , et une nageoire dorsale unique et presque aussi longue que le corps.

Les espèces de ce genre qui intéressent nos pécheurs, sont: le corypnène-hippurus , qui est connu sous le nom de Dorade (voy . ce mot); le coryphènepompile , qui est connu, sur les côtes de la Méditerranée , sous le nom de Lampuge (voy. ce mot ) , et le coryphène- rasoir. V. Rasoir.

COTEREAUX ou COTERAS. On nomme ainsi à la Hogue des pièces de cordages de 1 8 brasses de longueur , avec lesquelles -on joint, à cette distance les unes des autres , des pièces de tramai! , qu'on tient flottantes entre deux eaux.

COTTE , cottus. Genre de poisson de la division des tlioraciques , qui contient, d'après Lacépède, neuf espèces, au nombre desquelles se trouvent le Chabot et le Scorpion de mer. V. ces mots.

COUDRE UN FILET. C'est joindre. plusieurs filets les uns au bout des autres , pour en faire un grand. V. Filet.

COUFFE DE PALANGRE. On nomme ainsi en Provence un panier fait avec de l'auffe , et rempli de pierres, au bord duquel on attache des piles qui portent des haims , et qu'on descend au fond de la mer. On le retire au moyen d'une ligne qui y est attachée. V. Hameçon.

COULETTE. Sorte de truble dont la monture est comme celle d'une raquette:. on s'en sert dans la Garonne pour prendre plusieurs sortes de poissons. C'est un grand ianet. Y. Truble*

COULEUR D'EAU. Quand on n'étame pas les haims, on les fait revenir sur un petit feu : d'abord ils prennent une couleur bleue , ensuite une brUne , qu'on appelle couleur d*eau. V. Haim.

COULEURS DES POISSONS. Y. ce qui en est dit au mot Poisson.

COULOIRS. Petits passages pratiqués autour des ponts , dans les bâtimens où le pont tout entier n'est que des écou tilles cintrées, et où le pont est cintré et élevé.

COULURES. Ce sont les deux longues cordes de crin qui bordent le haut et le bas *de la Seine , où Les pêcheurs attachent les lièges par en haut > et les pareaux ou cailloux par en bas. V . Seine.

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COUP. On donne quelquefois ce nom à la manche du Routier. Y. ce mot.

COUPEILLON. Nom que les bourdiguiers donnent à une pochette ou sorte de truble , qui leur sert à prendre le poisson qui est dans les tours des Bourdigues. Y. ce mot.

COUPERU. Nom que les pécheurs d'Oléron et d'Aunis donnent à une espèce de petite truble ou de nasse , dont ils se servent pour prendre le poisson qui teste dans leurs écluses où courtines quand Peau n'est pas entièrement retirée.

COUPLE. Ce mot se prend en différons sens : quand les pécheurs l'emploient , ils disent pécher au couple lorsqu'ils attachent au milieu d'un fil de fer un peu courbe un petit poids , et aux deux bouts deux piles garnies chacune d'un haim. On amarre ce £1 de fer par le milieu à une longue ligne que les pécheurs tiennent dans la barque , qui va à la voile. Y. Ligne.

Lorsqu'on parle de la construction d'un bâtiment, le couple est une tranche verticale , formée de varangues, de genoux et d'allonges ; on l'appelle aussi une levée* Les couples de balancement sont ceux qui terminent la partie symétrique du bâtiment , un vers l'avant , l'autre vers l'arrière : le maître-couple est celui qu'on met à la partie la plus large du bâtiment.

COURADE. Nom qu'on donne.à une espèce de sardine qui se pèche au Croisic 9 en Bretagne.

COURAN TILLE. Sorte de thonnaire ou filet à prendre des thons , qu'on abandonne à lui-même 9 et qui dérive au gré du courant.

Les anciens connaissaient ce filet, hea Grecs et les Gaulois se servaient de courantilles volantes pour .entourer loin du rivage une troupe de. thons; ce qui leur arrive souvent , dit Aristote , lorsque ces poissons dorment à la surface de l'eau. V. Thon et Thonnaire.

COURE AU. Petit bateau de la Garonne , qui sert pour l'armement des grands bateaux et pour la pèche dans la rivière.

COURBE. Pièce de bois cintrée ou en équerre , qui est d'un grand usage! dans la marine.

COURRIER. Piquet qui assujettit le bout de la pantenne de la paradière. Y. Parc.

COURS D'EAU. V. ces mots dans notre Dietionnaire des Eaux et Forêts*

COURSON. Endroit dans une rivière où il reste des pieux , ou de vieux vestiges d'un moulin, ou de quelque autre bâtiment ruiné.

COURTINE. On nomme ainsi des espèces de gords ou de bouchots , dont l'enceinte est formée par des filets tendus sur des piquets. On nomme courtines vagabondes' ou variantes celles qu'on change souvent de place. Y. Parc.

COURUE. Qn appelle courue d'eau l'espace de temps qui est d'une heure ou deux, pendant lequel l'eau coule des étangs et réservoirs dans le ruisseau qui sert à charroyer le bois d'un port à un autre. Le premier étang ou réservoir, vide , on passe à un autre, où l'on fait la même opération, et successivement à un troisième , quatrième , etc. On parvient ainsi à gagner les rivières, sur lesquelles on procède de même , jusqu'à ce qu'elles soient assez fortes pour porter les trains.

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COUTEL. C'est une espèce de serpe qui sert à couper les cannes qu'on emploie pour faire les Bour dignes. Y. ce mot.

COUTE LETS. Sorte de goulets ou entrées des bourdigues. Y. Traverse.

COUTELIER ou MANCHE DE COUTEAU.

Nom vulgaire du solen sur les côtes de France, Y. Solen.

COUTUME. On nomme poissons de coutume ceux de redevance , qu'on donne, avant la vente, au propriétaire du bateau et au maître-pêcheur. C'est le poisson choisi par le fermier qu'on nomme particulièrement de coutume , celui du propriétaire du bateau se nomme poisson bourgeois. V. Pèche.

COUVERT ou COUVREAU. Nom que l'on, donne, dans l'embouchure de la Loire, à la femelle d'un poisson du genre clupé. V. Feinte.

COUVERTURE. L'un des noms de la raie-bâtis. . V. Raie.

COUVO. Les Espagnols nomment ainsi le coup ^ ou la manche du filet qu'ils nomment Aaqega ou. reddes reaies 9 qui est un filet assez semblable au boulier.

COUYREE. Filet qui sert dans la Loire à prendre les feintes, et qu'on nomme ailleurs feintiers.

COYAU, CORLASSEAU ou GARDE-COTE DU CROISIC. Poisson du genre des spares , et dont voici la description , d'après Duhamel. On distingue aisément, dit-il, le mâle de la femelle. Le coyau femelle est moins gros que le mâle ; sa couleur tire . plus au blanc, avec çà et là des nuages bruns : au. reste, ces deux poissons se ressemblent par la forme . de leur corps. Les écailles des coyaux mâles ont la même couleur que celles de la tanche, et la forme de leur corps ressemble tellement à celle de la tanche de rivière, que quelques-uns l'appellent tanche de mer. Il est vrai que l'aileron du dos de la tanche • d'eau douce a peu d'étendue , qu'il est flexible , au lieu que celui du coyau est grand et épineux) mais cette même différence existe entre la. brème de mer et celle de rivière , ainsi qu'entre la carpe de mer et celle de rivière. Il fraie dans l'algue , où ses œufs éclosent et sont à l'abri des tempêtes.

Le coyau est constamment tout l'été le long des . rochers caché dans le goémon, d'où il sort quand on lui présente des appâts , sur lesquels, il se jette avec avidité \ ce qui déplaît beaucoup aux pêcheurs, parce que ce poisson , qui est peu estimé , empêche d'au- , très plus recherchés de se prendre aux hameçons. C'est une partie de plaisir pour les femmes du Croisic d'aller à la pêche de ce poisson ; ce qu'elles appellent aller aux, courlasseaux de lune. Pour cela, le soir , au clair de la lune, elles vont de basse mer entre les rochers , et sans autre industrie que de les prendre à la main, elles en. attrapent beaucoup: c'est pour elles un plaisir, qu'elles prennent plutôt pour s'amuser dans la belle saison , que pour l'intérêt. Ce poisson étant peu estimé , on ne le prend point au large.

CRABE, cancer. Les naturalistes donnaient ce nom aux crustacés dont le. corps n'est pas allongé, et c'est ainsi que les pêcheurs et les habitons des bords de la mer l'entendent. encore. Mais aujourd'hui les naturalistes ne comprennent plus sous cette .

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dénomination que les crustacés de la division des pédiocles, qui ont quatre antennes courtes et iné-

f aies 5 les deux antérieures coudées ou pliées, le ernier article bifide ; les deux extérieures sétacées; le corps court , plus large antérieurement ou dans sa partie moyenne que postérieurement) dix pattes onguiculées , et les deux antérieures terminées en pince. Quant aux autres divisions, elles forment les genres ocipode et grapse.

Les crânes proprement dits vivent tous dans la mer , et se tiennent de préférence sur les côtes où il y a des rockers , entre les fentes desquels ils se cachent pour se mettre à l'abri du mouvement des vagues et de la recherche de leurs ennemis. Lorsque la met monte, ils s'approchent ordinairement du rivage , pour s'emparer des débris des animaux marins que la vague pousse contre les rochers, et qui reviennent blessés ou tués ; c'est principalement pendant la nuit qu'ils se hasardent dans cette recherche. Comme ils ne peuvent pas nager , et que leur marche est lente , ils se trouvent souvent exposés à rester à sec dans les basses eaux : alors , s'ils ne voient pas de trous dans lesquels ils puissent se réfugier , ils contractent leurs pattes , se blottissent dans un coin de rocher , et attendent le retour de la marée pour regagner la haute mer. Ce sont principalement ceux qui sont ainsi délaissés par la marée que les pécheurs ramassent ; car les crabes ne mordent pas aux appâts et se mettent rarement dans le cas d'être pris dans les filets. Voyez , pour la manière de les prendre, l'article Pèche, au paragraphe qui traite des différentes sortes de pèche à la basse

eau.

Toutes les espèces de crabes ne sont pas bonnes à manger. Il en est une sur les côtes de France qu'on appelle le crabe enragé , dont la chair est si coriace et le test si dur , qu'il ne peut être employé è la nourriture de l'homme ; le meilleur est celui qu'on appelle vulgairement tourteau. C'est pendant l'été qu'on trouve le plus de crabes sur les côtes de France , et c'est au printemps qu'ils sont meilleurs , parce qu'alors ils n'ont pas encore changé de test, opération qui les maigrit considérablement , et encore parce que les femelles sont alors pourvues de leurs œufs , dont la saveur est fort délicate.

On distingue facilement le crabe mâle de la femelle par sa queue , qui est triangulaire, tandis qu'elle est arrondie dans la femelle»

Les deux pinces antérieures des crabes varient en forme et grosseur selon les espèces ; mais en général elles sont très-robustes et très-propres à prendre et à tuer les poissons , les mollusques ou les vers dont ils se nourrissent : elles sont , comme dans la plupart des autres crustacés , composées de cinq pièces inégales et de forme différente.

On connaît dans les auteurs une quarantaine d'espèces de crabes , dont les plus communs en Europe sont x le crabe-ménade > qui a le coreelet légèrement raboteux , avec cinq dents de chaque côté , le front à trois lobes, le poignet à une seule dent : ce crabe, qu'on trouve dans les mers d'Europe et d'Asie , est bon à manger; le crabe varioleuw, qui se trouve sur les côtes de France , et dont le coreelet est tuberculeux, crénelé des deux côtés, et 4e front fendu ;

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le crabe- pagure , on le tourteau des pêcheurs , qui se trouve sur les côtes de France , et qui a pour caractère le coreelet peu raboteux , avec neuf plie de chaque côté , et qui est très-bon à manger ; le crabe cendré x l'une des espèces les plus commune» sur les côtes de France , mais qui ne devient jamais grosse, et qui a le coreelet rivuleux et très-finement ponctué , trois dents de chaque côté et une très-grosse dent à la base interne dn doigt mobile.

V. | pour les réglemens sur la pèche des crabes , l'article Pêche maritime, $ 3.

CRABE DE BIARRITZ. Duhamel , dans son Traité des Pêches, sect»5, PL IV , fig. i». , donne sous cette dénomination la description de la scorpàne-trcib , scorpœna scrofa, Lin. , qu'on appelle aussi en Provence scorpi , scorpone , rascasse rouge,

Description. — Ce poisson (voy . la PL Vdes Pois* sons yjig. io) est beaucoup plus grand que la Rascasse (voy. ce mot) ; il parvient quelquefois jusqu'à une longueur de plus de 4 mètres. Il a la tète grande f les yeux gros ; l'ouverture de la bouche très-large $ de petites dents aiguës qui hérissent la langue, le palais, le gosier et les deux mâchoires; deux grandis aiguillons et plusieurs petits piquans aux opercules. Le fond de sa couleur est d'uni brun rouge tirant sur le blanc , et marqué de taches brunes; ses écailles sont grandes et rodes au toucher. La membrane des nageoires est bleue , et soutenue par des rayons jaunes et bruns.

Habitation. — Il se trouve dans les mers d'Europe et d'Amérique > et il est sur-tout commun dans la Méditerranée .

Nourriture. — Le crabe de Biarritz est un poisson très-fort et très-vivaoe , qui attaque avec avantage non-seulement des poissons assez forts, maïs encore de jeunes oiseaux aquatiques qu'il saisit par leurs pieds.

Qualités. — La chair de ce poisson est , généralement parlant , maigre et sèche $ elle ne laisse pas néanmoins d'être assez recherchée, sur-tout lorsque le poisson a été pris en pleine mer ou sur des côtes

Sierreuses. Dans le Nord il n'est point estimé , et les forwégiens se contentent de tirer de l'huile du foie. Pêche. — Les pécheurs de Biarritz , dit Duhamel , vont avec des haims chercher ces poissons jusqu'à 6 lieues au large, tirant au nord-ouest , où ils en prennent avec d'autres poissons. Quoique ces poissons ne soient pas de passage , le temps de leur pèche est depuis le mois de juillet jusqu'au commencement de l'hiver, soit parce que dans cette saison ils se rendent avec d'autres poissons sur les lies , où ils trouvent de petits poissons qui tes y attirent , soit principalement parce que , dans les autres saisons, les pécheurs sont occupés à faire d'autres pèches qui leur sont plus avantageuses. lies crabes , étant pris sur de bons fonds et en bonne saison , sont assez estimés; leur chair est un peu sèche, mais point coriace) on en fait du bouillon pour les malades.

CRAPAUD DE MER. Les pêcheurs donnent ce nom et celui de diable de mer à tous les poissons qui ont une figure hideuse; et Duhamel, qui a généralement adopté les dénominations vulgaires , a.

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décrit trois poisson* sous les noms de crapaud de mer ou chaboisseau 7 de diable de mer et de crapaud de mer du Croisic, qui ne peuvent être le véritable crapaud de mer ou scorpène horrible des naturalistes, puisque ce dernier ne se trouve que dans les Indes orientales ; tandis que les poissons décrits par Duhamel se pèchent sur les côtes de la Normandie et au Croisic dans la ci-devant Bretagne. Nous pensons que le crapaud de mer que l'on prend sur lee côtes de Normandie n'est autre chose que la rascasse, qui est décrite aussi sous ce dernier nom par Duhamel. V. Rascasse.

Crapaud de m$m. C'est aussi l'une des dénominations de la Raie-Aigle. V. ces mots.

CRAPAUDIÈHE. Lieu bas, humide et sale, où il y a beaucoup de crapauds.

CBAQUEUN. Nom que les pécheurs donnent sur quelques ports de mer aux crustacés qui viennent de changer de test, et qui sont dans un état mou. Ces crustacés sont très-avantageusement employés à la pèche des poissons de mer. V. Crustacés.

CRAQUJBLOTS. Harengs peu salés et peu fumés.

CRAQUELOT1ÈRE. Femme qui prépare tes hareng» bouffis , qu'on nomme craquelots ou appétits.

CJLAYE. C'est le nom qu'on donne en Picardie aux macreuses*

CRÉAC. L'un 6\es noms vulgaires de V Esturgeon. V, ce mot.

CRIQUE* C'est un enfoncement dans les terres, ou une espèce de petit port formé naturellement le long des côtes , ou les bâtimens cherchent un asile dans le gros temps*

CREVETTE , gammarus. Genre de crustacés qui contient des espèces très-communes , tant dans la mer que dans les eaux douces, et qui servent de nourriture aux poissons littoraux et aux oiseaux d'eau. On n'en a décrit qu'une douzaine d'espèces ; mais il parait qu'il en existe un bien plus grand nombre. La plus commune de toutes est la crevette des ruisseaux, que Linné a appelée gammarus puisse, et qu'on trouve dans les eaux des fontaines et des ruisseaux; elle a 4 pouces sans doigts, et 10 pattes. On voit ces crevettes, au printemps, accouplées, le mâle emportant la Jemelle, qui est plus petite que lui.

CRIN D'EMPILE. Crin que l'on choisit trèssolide pour attacher V Hameçon. V. ce mot.

CROC. Grand bâton en tonne de perche , armé par le bout d'un fer à pointes recourbées, dont les bateliers se servent pour conduire et arrêter les bateaux.

CROCHET. Instrument de fer ajusté au bout d'une perche , et dont on se sert pour détacher les coquillages des rochers , et tirer las crustacés et quelques poissons d'entre les roches. On t raine sur le sable un double crochet pour faire saillir les vers et lesjpoissons qui «ont enfouis* V. la PI. 17, N°. V.

CROCODILE., crococUlus. Genre de reptiles de la famille des lézards, qui renferme plusieurs espèces 9 dont deux sont bien constatées , le crocodile du NU et le crocodile-caïman ou d'Amérique.

Description. — Les crocodiles sont des animaux redoutables par leur grandeur , leur férocité et les amas dont là nature les a pourvus. Ils ont la peau presque par-tout couverte d'écaillés fortes et solides,

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qui les défendent de la lance et de la balle , si ce n'est à la jonction des cuisses , ou dans les yeux ou dans la gueule ; une large gueule qui s'étend au-delà des oreilles , et qui est garnie , à chaque mâchoire, d'une rangée de dents longues, fortes et d'inégale grandeur , au nombre d'environ trente- six à la mâchoire supérieure et de trente à l'inférieure ; les yeux très-rapprochés l'un de l'autre , placés obliquement au-dessus de la tête , et défendus par une membrane clignotante , ce qui rend leur regard effrayant; la queue comprimée et arrondie en dessous; la couleur générale obscure, avec des bandes et des taches d'un jaune sale ou d'un bronzé rour geâtre. Leur longueur varie ; celle du crocodile du Nil est quelquefois de 3o pieds. Les crocodiles, pendant l'été, ou plutôt au printemps, à l'époque de leurs amours, font souvent entendre des mugisse mens presque aussi forts que ceux du bœuf; ils font aussi entendre un bruit produit par le claquement de leurs mâchoires , et qui a lieu même en plein jour.

Habitation. — - On trouve des crocodiles dans les mers d'Afrique et d'Amérique , dans les eaux du Nil , du Gange , etc. C'est sur les rivages des grands fleuves, au milieu des lacs marécageux, qu'ils s'établissent de préférence; ils s'y rendent en troupes quelquefois très-nombreuses.

Nourriture. — Ils se nourrissent de grenouilles , de poissons , d'oiseaux d'eau , enfin de tous les ani-

pporte qu1

animaux au museau ou par les jambes lorsqu'ils vont boire, et les entraînent dans l'eau pour les y noyer. Ils peuvent rester fort long- temps sans manger , et tous ceux qui n'habitent pas dans les climats voisins de l'équateur s'enterrent pendant tout l'hiver.

Propagation. — C'est au printemps que les crocodiles s'accouplent. Les femelles pondent en deux ou trois fois, mais à peu de distance les unes des antres, une vingtaine d'oeufs, qu'elles enterrent dans les sables voisins des rivières et des lacs , où le soleil les fait éclore. Ceux du crocodile du Nil sont deux fois plus gros qu'un œuf d'oie ; mais ceux du crocodilecaïman égalent à peine ceux d'une poule d'Inde. Les uns et les autres sont blanchâtres , et leur coque est parfaitement semblable à celle des œufs des oiseaux ; ils sont bons à manger , quoiqu'ils sentent fortement le musc. Dès que les petits sont nés, ils vont se jeter à l'eau , et se nourrissent de larves d'insectes et de très-petits poissons. Ce n'est que dans la seconde année qu'ils prennent des dents redoutables, et que leur crème acquiert une épaisseur suffisante pour les défendre des coups. On pense que la durée de la vie des crocodiles doit s'étendre autant et même plus que celle de l'homme.

Ennemis. — Beaucoup d'animaux, et principalement les mangoustes en Afrique , et les loutres en Amérique , vont à la recherche des œufs et en font une grande destruction. Les jeunes crocodiles sont recherchés par les tortues, les poissons voraces , les animaux amphibies , les tigres , les cougouards , et même par les vieux crocodiles; mais lorsque les cro-

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codiles ont acquis toute leur force , ils n'ont plus d'ennemis capables de lutter avec eux.

Qualités, — On trouve dans le corps des crocodiles des bézoards , qui ont joui autrefois d'une grande réputation médicale, mais qui aujourd'hui sont , comme tous les autres bézoards , repoussés de la médecine. Les nègres de la Caroline mangent la queue des crocodiles ; dans l'Ile de Boutau , on les apprivoise pour les engraisser , et on les tue pour en faire un mets estimé. Nous avons déjà dit que leurs œufs étaient bons à manger.

Chasse ou pêche des crocodiles, — 'Malgré les dangers d'attaquer ces redoutables animaux , les nègres osent lutter contre eux. Ils tâchent de les surprendre dans les endroits où , manquant d'eau , ils sont obligés de ralentir leurs mouvemens : alors un homme armé d'une hache les attaque et les tue facilement. Dès que les nègres de la Caroline en aperçoivent qui se sont trop écartés de leur retraite, ils se mettent plusieurs à leur poursuite et leur- coupent la retraite. On les prend aussi , en Caroline , avec des oiseaux ou de petits quadrupèdes vi vans , qu'on lie à un gros hameçon attaché à un arbre par le moyen d'une chaîne de fer.

On lit , dans le Dictionnaire des Pèches de P Encyclopédie , que les nègres vont hardiment sur le crocodile avec un cuir de bœuf qui entortille leur bras gauche , et un dard à la main droite : ils lui mettent le bras garni de cuir dans la gueule pour la tenir ouverte, et comme sa langue est fort petite, sa gueule se remplit d'eau et l'animal se noie ; pour hâter sa mort , ils lui crèvent les yeux à coups de dard.

On tend au travers des rivières de Siam trois ou quatre rangs de filets , de distance en distance : le crocodile épuise ses forces au premier et au second 5 ensuite les pécheurs siamois accourent dans leurs bateaux et le percent sous le ventre. Quand l'animal est affaibli par la perte de son sang , ils lui serrent fortement la gueule, attachent avec la même corde sa tête à sa queue , et lient ses pattes sur le dos : c'est après avoir pris ces précautions qu'ils l'amènentà terre.

CRONES ou CROSNES. On nomme ainsi certains trous ou cavernes qui sont au bord de l'eau, garnis de racines d'arbres, de grands herbiers, ou autre chose de cette nature : c'est ordinairement là que le poisson se retire. V. Carpe,

GROUSILLES. On nomme ainsi en Provence des enceintes de filets ou des espèces de parcs qu'on établit au bord des étangs salés , et qui ont de 5o à 55 brasses d'étendue. Cette enceinte est faite avec de gros piquets, sur lesquels on tend les filets qu'on nomme paradières. On forme une espèce de labyrinthe aux coins, et au fond on ajuste des guideaux ou verveux , qu'on nomme couves ou louves. Les mailles de ces manches de filets sont très-serrées, et ces paradières ont 14 ou i5 lignes d'ouverture en carré. La hauteur des paradières est d'environ 5 pieds.

On prend ddns ces pêcheries des loups , des muces , des plies , et principalement des anguilles 5 on doit les détendre dans le même temps qu'on dépique ou déclôt les Bourdigues ( V. ce mot) , pour lais-

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ser aux poissons la liberté de remonter dans les étangs. V. Parc,

CRUSTACÉS. Classe d'animaux dont le caractère est d'avoir le corps enveloppé d'une croûte à demi calcaire , formée d'une pièce très-grande et de plusieurs autres plus petites, ou d'une suite d'anneaux presque égaux; de respirer par des branchies distinctes ; d'être pourvus de mandibules , munis de palpes, de plusieurs mâchoires, d'un ou de deux veux , de deux ou quatre antennes, et de pattes nombreuses et articulées.

Les naturalistes ont classé les crustacés tantôt parmi les poissons , tantôt parmi les insectes , en en formant une classe à part.

Les crustacés diffèrent des poissons et des mollusques , avec lesquels ils vivent pour la plupart , parce qu'ils ont des membres articulés; ils diffèrent des insectes/avec lesquels ils ont, à l'extérieur, les plus grands rapports d'organisation, parce qu'ils ont des branchies, un cœur musculaire, qu'ils changent de peau tous les ans , et qu'ils engendrent plusieurs fois dans leur vie.

La nature de cet ouvrage ne permet pas de traiter de l'histoire naturelle des crustacés, qui est d'ailleurs très -difficile. On peut consulter à cet égard les ouvrages de MM. Cuvier, Lamarck , Latreille , Olivier , fiosc , etc.

Nous nous bornerons à dire que les crustacés aquatiques comprennent les écrivisses, les langoustes, les homars, les squilles , les crabes, les cancres. Ils habitent les étangs marins, l'embouchure des rivières , les lieux limoneux et les fentes des rochers. Leur chair est plus ou moins agréable au goût , mais difficile à digérer.

CUIR1ER. Sorte de tablier de cuir lié à la ceinture , avec une bavette qui va jusqu'au menton , dont se servent les pêcheurs picards et normands.

CUL - DE -LAMPE D'UN ÉTANG. Enceinte qu'on forme derrière les bords d'un étang, au moyen d'une chaussée, pour retenir l'eau et empêcher qu'elle ne se perde. Y. Etang,

CUL-DE-SAC , CUL-DE-PBIVAN , ou CUL- DE-CHAUDRON. C'est le fond de la manche de Vaissaugt/e et des autres filets dû même genre.

CUL ROND, CUL CARRÉ, QUEUE-D'OI- SON. Noms qu'on donne à difîérens bateaux du Polie t, suivant la forme de la poupe.

CULAIGNON. Partie de la manche des filets , et qui en forme le fond. V. Tartane.

CULETIN. Nom d'une voile que les pêcheurs de morue mettent pour précipiter la dérive d'un vaisseau qui , étant en pêche , va côté en travers.

CURAGE. C'est l'action de- curer un ruisseau , une rivière.

CURURES. Se dit de la lie et de l'égout d'un étang ou d'une mare qu'on dessèche.

CYCLOPTÈRE. Genre de poissons de la division des hranchiostèges, qui présente pour caractères des dents aiguës aux mâchoires; les nageoires pectorales simples, et les ventrales réunies en forme de disque. Ce genre renferme douce espèces.

Le CYCLOPTèRE-LoMPE , qu'on appelle aussi lièvre de mer ou bouclier, et qui habite dans les mers du nord de l'Europe. Il a environ 2 pieds de- longueur ;

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le corps couvert de plusieurs rangs de tubercules très-durs; la tête courte et large en devant $ les deux nageoires ventrales rondes et réunies de manière à représenter, un bouclier lorsqu'elles sont développées ; une couleur qui varie suivant l'âge et le sexe, *ie plus souvent noire sur le dos , blanchâtre sur les côtés , et orangée sous le ventre. Ce poisson se tient habituellement au fond de la mer , ou attaché sous les rochers au moyen de sa nageoire ciypéiforme ; on ne le prend que par hasard dans les filets, et le plus souvent on ne remploie qu'à faire des appâts , sa chair étant dure, huileuse et dé mauvais goût. Ce poisson passe pour avoir les sens moins obtus que les autres poissons.

Le Cycloptèile épineux, qui habite avec le précédent, et qui a la même grandeur et partage les mêmes habitudes;

Le Cyclopte&è menu, qui habite l'Océan et qui fe trois tubercules sur le museau.

Le Cycloftsre-»Sochis, qui se trouve sur les côtes de France et qu'on appelle souris de mer au Havre. Il a 5 rayons à la membrane des branchies , 35 à la dorsale $ les deux mâchoires presque égales et garnies de dents très- fines ; les écailles à peine visibles ; la couleur grise en avant et d'un gris brun vers la queue . Il né parvient pas à plus de 2 à 5 pouces de long.

Le Cycloptere-Liparis , qu'on nomme aussi barbue ) et qui habite les mers au Nord. 11 a un pied et demi de longueur, 7 rayons à la membrane des branchies^ et les nageoires du dos, de la queue et de l'anus réunies.

Le Cycxoptere raye , qui habite les mers d'Europe, et qui a des raies longitudinales sur le corps , et les nageoires du dos , de la queue et de l'anus réunies.

Les autres espèces habitent les mers des Indes , du Kamtchatka \ de l'Amérique*

CYPRIN , cyprinus* Genre de poissons de* la division des abdominaux , qui renferme plus de la moitié des poissons vivant exclusivement dans les eaux douces. Le caractère des cyprins consiste à aVoir 3 rayons à là membrane des ouïes ; la bouche souvent sans dents , et le nez creusé de deux sillons.

Gmelin compte jusqu'à cinquante espèces de cyprins , qu'il divise en plusieurs sections.

Voici ceux qui se trouvent en France :

Dans la i". section, qui renferme les cyprins ayant des barbillons à la bouche , on compte le barbeau , la carpe, le goujon et la tanche.

Dans la 2*. section, renfermant les cyprins qui ont la nageoire caudale non échancrée, on trouve le carassin , qu'on appelle aussi hamburge, et le çyprin-gibèle.

Dans la troisième section , qui renferme les cyprins , dont la queue est fourchue, on compte le cyprin-vairon ou véron , le cyprin-vandoise , qu'on appelle aussi dard, le cyprin -dobule , le cyprinrosse ou gardon, le cyprin-chevane , le cyprinnasse, le cyprin-spirlin , le cyprin- bouvière , le cyprin-ab/e , le cyprin-bréme , le cyprin- bonlelière.

Comme nous donnons , suivant l'ordre alphabétique, et d'après leurs noms spécifiques, la description* de ces poissons et là manière de les pécher ,

DACTYLE. On donne ce nom , sur les bords de la Méditerranée , à la moule lit hophage.V. Moule et Pholade.

DACTYLOPTÈRE. Genre de poissons établi par Lacëpède pour placer deux espèces qui faisaient partie des trigies de Linnœus , et qui sont le pirapède et le dactyloptère japonais,

La première espèce est connue sous les noms de poisson volant, a'arondelle , à? hirondelle, de ratepenade , de rondole, de chauve-souris, de pirapède, etc. Y. Hirondelle*

DAMO (POISSON). C'est le Caranx glauque. V. ce mot.

DANE ou DAMNE. Cabane pratiquée au pied du grand mât des gondoles qui servent pour la pêche à Yarmouth, et qui se démonte pour celle du maquereau.

DARD. Poisson du genre cyprin , et que l'on connaît plus généralement sous le nom de Vandoise. V. ce mot.

DARDER. Il y a des sauvages qui sont trèsadroits à lancer un dard sur les poissons qu'ils aperçoivent : c'est ce qui s'appelle darder. V . , au mot Pèche , l'article des Pêches d basse eau.

DAUPHIN , delphinus. Genre d'animaux de la famille des cétacés , qui contient une dixaine d'espèces, au nombre desquelles sont le Dauphin ordinaire, le Dauphin à deux dents, le Marsouin, VEpaulard. ou orque , VEpée-de-mer. (V. ces mots. ) Nous ne parlerons dans cet article que du dauphin ordinaire (V. la PL 10 ,fig* 4) » après avoir dit un mot de l'histoire des dauphins chez les peuples anciens , et des caractères qui distinguent ce genre de cétacés.

Histoire. — Le dauphin, chez les Grecs , fut plutôt l'objet d'un culte que celui de la pêche ; ils ne virent en lui qu'un ami de l'homme , un poisson favorisé des dieux, et dont l'intelligence l'emportait de beaucoup sur celle des autres espèces.

Les Grecs remarquaient avec le plus vif intérêt que les dauphins nageaient en troupes: d'où ils concluaient avec raison qu'ils avaient les mœurs sociales. Hésiode, contemporain d'Homère , décrivant Le bouclier d'Hercule , parle des dauphins d'argent qui le décoraient. Les Grecs pensaient aussi que, entre tous les animaux qui habitent la terre ou la mer, lé dauphin se distinguait par sa vitesse étonnante. Leur imagination avait créé pour le dauj hin un assemblage de perfections morales et physiques, dont la réunion est une des faveurs que le ciel dispense rarement aux mortels : il ne faut donc pas s'étonner s'ils l'entourèrent d'une vénération religieuse ; ils placèrent son image dans leurs temples , sur leurs monnaies et leurs médailles. Neptune fut adoré dans plusieurs villes sous la forme d'un dau*

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