‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 67 sur 292 · ESP · texte numérisé non relu

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dos violet et le ventre blancj la nageoire du dos brune. , celles de la poitrine et de l'anus jaunâtres $ celle de la queue de même couleur , allongée et en forme de croissant. La natation de l'espadon est très* rapide, et il perce comme un trait les cétacés, les squales et les autres poissons qu'il attaque. On a beaucoup parlé de ses combats avec ses ennemis ; mais ce qu'on en a dit est exagéré : car , malgré sa force , ses armes et son agilité , il a les mœurs assez douces.

Habitation» — Les espadons hahitent les mers de l'Europe et principalement la Méditerranée; Us vont ordinairement par paires, probablement le mâle et la femelle \ ce qui doit paraître surprenant, puis-

Sue ce poisson est ovipare et ne s'accouple pas. Us éposent leurs œufs pendant l'été sur les cotes, et c'est à cette époque qu'on en prend le plus.

Nourriture* — Ils ne vivent que de petits poissons et de plantes marines.

- Qualités. — La chair de l'espadon est très-blanche , d'assez bon goût, très-nourrissante; on la préfère à celle du thon , sur-tout quand le poisson est pris dans le mois de mai ; car plus tard ellfe est plus dure et difficile à digérer. On estime particulièrement les morceaux du ventre , de la queue et des environs des nageoires. On les sale et on les vend à un prix élevé ; on sale également et on fait sécljer le reste du corps, parce que ce poisson se corrompt promptement.

Pêche. — Les pécheurs redoutent beaucoup l'espadon , parce qu'il perce leurs filets , et qu'u leur fait plus de dommage qu'ils n'ont de profit à en espérer. On en fait des pêches expresses sur les côtes de Sicile et à l'embouchure du Bosphore. Un homme placé en sentinelle sur la pointe d'un rocher ou au sommet d'un mât épie l'arrivée des espadons, et en donne avis aux pécheurs par un signal qui indique la direction de leur marche : alors deux bateaux f montés, chacun, de deux hommes, %un pour la manœuvre et l'autre pour le harponnage , vont à leur poursuite , et lorsqu'ils les ont joints , ils les attaquent tous deux en même temps $ l'un des harponneurs lance son harpon sur le mâle , et l'autre le sien sur la femelle* Dès qu'ils sont touchés , on laisse filer la corde , comme dans la pèche de la baleine ; car si on l'arrêtait on risquerait d'être submergé peur les efforts que fait le poisson pour se sauver. On ne le hisse â bord que lorsqu'il est mort, ou au moins considérablement affaibli par la perte de son sang.

Ennemis de l'espadon. — On dit que ce poisson, est si tourmenté par un insecte , sur-tout quand le temps est disposé à Forage, qu'il entre dans une agitation extrême , saute en l'air, s'élance â terre, et même quelquefois jusque dans les petits bâti mens.

ESPADOT ou ESPARDOT. C'est un morceau de fer ajusté au bout d'un bâton , et qui forme un. crochet; il sert à prendre au fond des écluses , dans les endroits où il reste de l'eau , les poissons qui y sont restés. Cette pêche se fait ordinairement aux flambeaux. V. , au root Pèche , ce qui concerne la pèche â la basse eau.

ESPALIER. Nom qu'on donne à deux paux qui sont à l'entrée de la pantenne de la paradière. V. Parc.

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ESPAR. Levier qui sert pour la grosse artillerie ; on emploie aussi ce terme pour signifier une forle perche plus menue qu'un mâlereau.

ESPARVIER ou ESPERVIER. C'est l'épervier en vieux français. V. Êpervier.

ESPENS. V. Spens.

ESPÈRE. On appelle en Provence tendre à F espère quand on tend des filets dans l'attente du poisson qui y donnera. V. Cibeaudière.

ESPION. On nomme ainsi en Roussillon le filet qu'on nomme ailleurs Sardinal. Y. ce mot.

ESPhOT. Petit poisson connu au Havre , et qui parait avoir beaucoup de rapport avec le sprat*

ESQUAQUE. L'un des noms vulgaires d'un poisson. Y. Angelot.

ESSAUGUE. C'est un filet dont nous avons parlé au mot Aissavgue , et dont on fait un grand usage dans la Méditerranée. Il y a au milieu de ce filet une grande bourse, aux deux côtés de laquelle sont deux ailes. On le tire à terre après lui avoir fait décrire une grande enceinte. V. Aissaugue.

ESSENCE D'ORIENT. Nom qu'on donne aux écailles des s blés préparées pour faire les perles £9 tisses v^ • A.ules

ESTOIRE ov ÊSTOUEYRE. Sorte de tramail dont on se sert sur la Gironde pour prendre des gattes ou feintes , des soles, des turbots y etc. On le nomme aussi bigearreyres ou bigearreyns. V. Martel.

ESTR1TS ou ETRITTE. On donne ce nom , sur les côtes de fiasse -Normandie , à une espèce de crabes.

ESTROPB. Bout de cordage qui entoure la boîte d'une poulie 9 ou des cailloux , pour former une anse par laquelle on les suspend. Y. Corde.

ESTROPIÉE (MORUE). Une morue estropiée est celle qui n'est pas entière. V. Morue,

ESTURGEON 9 acipenser sturio. (Lin.) Espèce de poisson du genre acipensère , qui est célèbre à cause de sa grosseur , de la bonté de sa chair, et de l'utilité qu'on retire de quelques-unes de ses parties. On le pêche non-seulement dans la mer, mais aussi dans presque tous les grands fleuves de l'Europe et de l'Asie septentrionale, et dans les lacs qui s'y déchargent.

Histoire. — Cet acipensère fut connu des Grecs , et on le péchait, dès les temps les plus anciens, dans le Pont-Euxin et sur plusieurs points du vaste lac de Corocondame. Plusieurs forts avaient été bâtis et garnis de soldats grecs , pour assurer la pêche de l'esturgeon et de quelques autres grands poissons : des villes de la Grèce l'avaient fait frapper sur leurs médailles , et on le retrouve aussi empreint sur des médailles frappées en Espagne , dans les temps anciens. Il n'est pas certain que l'esturgeon n'ait pas été confondu par les Romains avec Vhuso, autre espèce à'acipensère. Quoi qu'il en soit , V acipenser des Romains leur arrivait des pays les plus éloignés; ce qui résuite des vers d'Ovide et de Martial , et ce que Macrobe a confirmé dans ses Saturnales : ce dernier en parle comme d'un poisson rare , qu'on servait sur la table des empereurs au son des instruînens. Les Romains tiraient ce poisson des contrées du nord-est de l'Europe. Il était très-abondant dans les principaux fleuves de l'Asie. Dans plusieurs

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pays , l'esturgeon était un poisson qui appartenait au souverain. En Suède, il appartenait au roi 5 en Normandie , il fut réservé aux anciens ducs , qui , par la suite des temps , en firent des concessions aux seigneurs territoriaux des fiefs baignés par la mer ou situés à l'embouchure des rivières. Les seigneurs, à leur tour , se dépouillèrent de ce privilège en faveur de quelques églises , ainsi qu'on le voit par des actes desXle. , XIR et XIIIe. siècles. Le même privilège avait lieu dans d'autres parties de la France , Ainsi qu'en Angleterre , en Prusse > en Espagne, en Portugal et en Italie.

Description* — L'esturgeon ( PL III des Poissons , jzg. 8 ) a la tête longue , terminée en pointe obtuse , et couverte par huit pièces osseuses en losange ; la bouche placée en dessous du museau ; des cartilages assez durs qui garnissent les deux mâchoires et tiennent lieu de dents ; quatre fiiamens menus et semblables à des vers entre l'ouverture de la bouche et l'extrémité du museau ; la langue épaisse; les narines doubles; les yeux petits; l'ouverture des ouïes grande; le corps très-allongé, pentagone , terminé en pointe , couvert sur le dos d'une4 rangée de pièces osseuses , saillantes dans leur milieu , et sur les côtés deux autres rangées de pièces analogues , mais plus petites , moins saillantes , et de beaucoup d'autres intermédiaires ; le corps d'un bleu grisâtre , parsemé de points bruns ou noirs; le ventre blanc; l'anus près de la queue ; la nageoire dorsale très-voisine de la queue , et composée de 38 rayons ; les nageoires pectorales composées de 3o rayons , les ventrales de 2.5 , l'anale et la caudale de 24» Cette dernière est placée en dessous ; sa forme est celle d'une faux , et elle ressemble à celle des squales.

Cette ressemblance n'est pas la seule qui se remarque entre V * esturgeon et le requin, La position de la bouche , la forme générale et la grandeur du corps , la dureté de la peau , l'en rapprochent encore; mais il n'en est pas de même des qualités: l'un est aussi tranquille et aussi doux que l'autre est actif et féroce , et cela tient à la différence de leur nourriture.

Ce poisson parvient à une grandeur considérable , c'est-à-dire à plus de a5 pieds de long. Ceux de 12 à 1 5 pieds ne sont pas rares.

On connaît deux espèces d'esturgeon : la première, V acipenser sturio de Linné, qu'on. appelle aussi estourgeon , sturion, créac , ichthyocolle et belluse dans quelques contrées Ou dans les parties méridionales de la France; cette espèce est celle dont nous allons donner la description. L'autre, qu'on nomme grand esturgeon^ acipenser husoy Lin. ( V. Huso ) , ne se trouve pas dans les rivières de France : elle ne se voit guère que dans la mer Caspienne, la mer Noire, et les grands fleuves qui y versent leurs eaux; elle y parvient à des dimensions bien plus considérables que l'autre. La longueur de 25 pieds , qui est le maximum de l'esturgeon ordinaire , est la mesure commune du second : Pallas en cite un qui pesait 2,800 livres.

Habitation. — -L'esturgeon ordinaire est un poisson de mer , qui remonte les grands fleuves pour y déposer son frai. Tant qu'il reste dans l'Océan pu dans

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la Méditerranée, il est mince et fluet, et n'acquiert] pas ce goût En et délicat qui lofait estimer des gourmets, il fréquente plus particulièrement le Volga , le Tamûs , le Danube , le P6, la Garonne, la Loire , le Rhin , l'Elbe et l'Oder, On trouve aussi ce poisson dans d'autres ritières , et on en prend même de temps en temps dans la Seine. On a remarqué que les rivières que fréquentent le plus les estur-

feons sont aussi celles où abondent les saumons, ont les premiers font leur nourriture. Ce fait est si bien établi, que les pécheurs, certains de voir arriver ces poissons peu de jours après qu'ils ont pris le premier esturgeon f l'ont nommé le conducteur des saumon*.

Nourriture* -— L'esturgeon ne se nourrît que de vers, de reptiles et de petits poissons qu'il attend au passage, caché dans les roseaux ou les varecs, ou qu'il fouille dans la vase avec son museau , comme le cochon le fait avec son groin.

Propagation. — Le temps du frai est en avril et mai. La femelle de l'esturgeon dépose dans les fleuves une immense quantité d'eeufs , qui, malgré la consommation qu'en font les saumons , les brochets, les anguilles , etc. , doivent donner naissance à beaucoup de petits ; cependant on n'en prend jamais. 11 est probable que, dès qu'ils sont nés , ils regagnent la mer, et n'en sortent que lorsqu'ils ont acquis quelques années et qu'ils sont aptes à la reproduction.

Qualités. — La chair des esturgeons est très-délicate : on la compare , pour la consistance et le goût , à celle du veau \ on la mange fraîche , salée , séchée , ou marinée. La laite du mâle est la partie qu'on préfère ; on fait du caviar avec les œufs de la femelle.

La fermeté de la chair de l'esturgeon permet de la faire cuire à la broche comme la viande de boucherie.

On peut garder ce poisson plusieurs jours hors de l'eau , dans un lieu humide , sans qu'il périsse ; il tient cette faculté, qui lui est commune avec la carpe , l'anguille et quelques autres poissons , de la conformation particulière de ses ouïes.

Pêche de l'esturgeon. — La pêche de l'esturgeon se fait sur les bords de la Garonne , depuis le mois de février, et dure jusqu'en août et même plus tard , suivant la température de la saison ; elle ne se fait point à l'hameçon, mais au filet, parce que ce poisson se nourrit plutôt en suçant qu'en dévorant. Quand les pêcheurs sentent qu'il y en a quelquesuns de pris , ils les retirent , et les attachent à des bateaux en leur passant des cordes qui traversent leur gueule et leurs ouïes. On a soin aussi de leur attacher la queue avec la tête en forme de demicercle, et il est nécessaire de prendre cette précaution contre leur force prodigieuse; car dès qu'un esturgeon se trouve appuyé , il renverse d'un coup de queue l'homme le plus robuste, et brise les perches les plus fortes.

Pêche du grand esturgeon- — Cette pêche est d'une grande imporlance pour quelques nations, qui font un commerce fort étendu en Europe et en Asie arec sa chair, ses oeurs préparés, et la colle qu'ils en retirent.

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Dans le Danube , on le harponne , et lorsqu'il est arrêté , on le hisse à bord , par le moyen d'une corde, ainsi qu'on vient de le dire , ou bien on l'arrête avec des filets de ficelle à large maille , et on le traîne dans un endroit peu protond , où on le fait échouer , et on s'en empare facilement. Il n'est pas rare d'en voir arriver à Vienne qui ont été pris de cette manière à 40 et 5o lieues plus bas , attachés* par les ouïes à la remorque d'un bateau , et encore pleins de vie. On vend leur chair à la livre comme la viande de boucherie.

La manière de pécher le grand esturgeon dans le Jaïck et le Volga est beaucoup plus remarquable encore. On choisit un endroit où un fond uni s'étend depuis le bord jusque presqu'au milieu du fleuve. Là , on enfonce une rangée d'arbres ou de pieux qui traversent une partie du fleuve , soit en ligne droite , soit en forme d'angle obtus , ouvert vert le courant, de manière que les pieux s'élèvent au-dessus de la surface de l'eau \ après cela , on prend des claies aussi larges que l'eau est profonde , et on les assujettit contre les pieux. Dans le milieu du fleuve est une ouverture d'environ a ou 3 brasses de large, ui sert d'entrée à une chambre carrée, laite aussi e pieux , au fond de laquelle est un cadre* garni d'un filet de grosse ficelle , qui peut se lever trèsfacilement au moyen de cordes et de poulies. Le poisson , qui tend toujours à remonter , trouvant un obstacle, entre nécessairement dans la chambre, où son arrivée est annoncée par le trémoussement des cordes placées à l'entrée : alors les pêcheurs , qui sont en sentinelle, laissent tomber un filet qui ferme l'ouverture , lèvent le cadre , et s'emparent ainsi , sans coup férir , du poisson ; trois hommes suffisent pour cette opération , qui se fait presque toujours pendant l'hiver , lorsque les fleuves sont gelés.

La pêche au filet, usitée dans les environs d'Astracan , se fait avec une certaine solennité. Lorsque la rigueur de la saison annonce l'arrivée des grands esturgeons, qui ont l'habitude de se tenir dans les trous les plus profonds du fleuve, on envoie ordre aux inspecteurs de la pêche de défendre toute espèce de pêche dans les endroits connus pour être les refuges des esturgeons , et on y place des sentinelles. Au jour fixé pour la pêche , on avertit tous les pêcheurs de se trouver à une certaine heure avec tous leurs filets, qui n'ont que a brasses de long sur a brasses de large , et on les divise en plusieurs bandes, chargées, chacune, de l'exploitation d'une fosse. On fait le moins de bruit possible , on coup de fusil donne le signal de jeter les filets 5 et dès que cette opération , qui doit être simultanée, quoiqu'il y ait quelquefois plus de trois cents bateaux , est terminée , de grands cris succèdent au silence. Les poissons , effrayés , cherchent à se sauver; mais ils sont entourés de toutes parts , et ils sont pris dans une autre espèce de filet qu'on nomme pogonas, qui n'est autre qu'une truble longue de 2 brasses et large de deux aunes , qu'on place sur leur passage. Cette pêche dure ordinairement 3 heures, et produit une grande quantité de poissons ; on la répète quelques jours après, même souvent une troisième rois 9 selon que la quantité des poissons est considérable. Dans le même pays , on pêche aussi l'esturgeon

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avec une ligne de fond à l'embouchure mène du fleure , ou dans la mer > aux lieux où la profondeur de l'eau ne permet pas d'employer le filet.

Noua troemma dana la dictionnaire d'Hwtoin naturelle 9 article Esturgeon, lea détails suivons sur l'importance de la pèche àes esturgeons dans la mer Noire et la mer Caspienne , et des produits qu'on en tire r ainsi que sur la manière de préparer ces produits :

« La pèche des esturgeons fait y comme on l'a déjà dit, un objet de grande importance sur tous les fleuves qui se jettent dans la mer Noire et la mer Caspienne. On y en prend chaque année des milliers , et on y* en prendrait des millions, qu'il n'y en aurait pas encore assee pour les besoins du commerce.

» Voici le détail des produits qu'on en tire.

» Dès qu'un esturgeon est amené à terre, on lui fend la tète avec une hache , puis on lui ouvre le ▼entre depuis la tète jusqu'à l'anus, et on tire, les uns après les autres , les intestins, les œufs , la vésicule aérienne, et enfin la moelle du dos. On jette la partie intérieure de l'estomac et le boyau; mais on garde la partie supérieure de l'estomac ou le gosier, pour le manger frais, ou le saler. La vésicule aérienne se met dans l'eau aussitôt qu'elle est détachée, afin qu'elle ne se dessèche pas, et qu'on puisse la vendre toute sa valeur à ceux qui font la colle de poisson. La moelle, après- avoir été lavée, se met sur des bâtons pour la faire sécher à l'air. Lorsque toutes ces opérations sont terminées , on coupe, avec un couteau , la graisse qui se trouve dans l'intérieur de l'abdomen, sur-tout chez les mâles, et on la nettoie. Cette graisse , quand elle est fraîche, est de bon coût , et on peut s'en servir en guise de beurre ou d'huile.

3» Le poisson étant ainsi vidé, on le lave, puis on le porte dans des glacières, où onlelaisse mariner pendant 1a heures dans une forte saumure. Après cela, on le stratifié avec du sel. Les plus gros se coupent d'une manière particulière. On en fait cinq morceaux , qui sont W tète, le ventre, lea côtés et le dos. Ces deux derniers se coupent souvent encore en longues lanières , que l'on fait sécher sur des perches.

» La chair du grand esturgeon est blanche, grasse, douce, et approche, comme celle de l'autre, de la consistance et du goût de celle du veau 5 aussi l'assaisona\e«t-on de la même manière lorsqu'elle est fraîche ; mais la plus grande partie se mie et s'expédie en Europe et en Asie, où on la recherche beaucoup.

» On a dit que lors de l'ouverture d'un esturgeon femelle , on mettait ses œufs de coté sans indiquer leur destination. C'est pour les préparer d'une manière particulière, pour en faire ce qu'on appelle le caviar, dont on distingue deux espèces; savoir, le carier gréné et le saek caviar.

» La fabrication du premier consiste à presser les œufs sur im crible^ à les manier en tous seas pour les nettoyer des peaux et des petits vaisseaux croi y sont attachés, à les mettre pendant une heure dans une saumure forte , à les faire égoutter sur un tarins, à les entasse* avec force dans des barils, dont on ferme le fond après qu'ils sont remplis.

» La fabrication du second ne diffère de celle-ci que

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parce qu'on manie lea eeuft lorsqu'ils sont dans la saumure , pour les amollir , et qu'en le» met par pe» tirée parties, d'une demi- livre, dans des sacs de toile , qu'on tord fortement pour foire égoutter toute la saumure avant de les presser dans des barils.

* Les ouvriers employés à ces opérations fabriquent encore une troisième espèce de caviar, avec toutes les parties qu'ils rejettent; mais elle est des» tinée à la classe la plus pauvre , et ne mérite pas d'être mentionnée.

» Enfin, depuis peu, on a introduit la méthode de saler les œufs tels qu'ils sortent du poisson , de les laisser pendant 7 à 8 mois dans les barils où ils ont été entassés y et enfin de les saler de nouveau , et de les faire ensuite sécher au soleil.

» Le caviar est fort recherché dans la Ruasse , la Turquie, une partie de l'Allemagne et de l'Italie. Les Grecs sur-tout en font presque- lenr nourriture exclusive pendant leurs longs carêmes \ mais on en apporte rarement en France.1 -C^est un manger aussi agréable que sain lorsqu'il: est bien choisi et convenablement préparé. 11 rapporté des semmef considérables au commerce de la Russie , qui , jusqu'à présent , l'a exclusivement vendu. On doit désirer que lea autres nations, suMout celles qui se livrent aux grandes pèches maritimes, prennent l'habitude d'en, préparer) car il -est prouvé que les eeufs de la pLus grande partie des poissons peuvent en fournir d'aussi bon que celui de l'esturgeon. Il n'ya F** de doute que si le prix du caviar baissait, sa consommation s'étendrait en Europe et dans les colonies à sucre, et qu'il naîtrait une nouvelle branche d'industrie avantageuse sous tons les rapports.

a la colle de poisson se prépare de la manière suivante : quand on a lavé la vésicule aérienne , on la coupe en long et on en 6re la peau extérieure ; après cela, on l'enveloppe dans de la toile, et on la presse dans les mains jusqu'à ce qu'elle devienne molle comme de la pète ; ensuite on en fait des tablettes ou des cylindres , qu'on contourne de diverses manières, et que l'on fait sécher à nue chaleur modérée , et non au soleil.

» Quand on dissout eette colle dans l'eau, avec du sucre, et qu'on la fait cuire jusqu'à ce qu'elle de* vîenne jaune et transparente , on obtient ce qu'on appelle la colle à bouche, en y ajoutant de l'eau-devie ; on peut s'en servir pour raccommoder le verre et la porcelaine cassés , pour faire un vernis si fin, qu'il rivalise en apparence avec eeux de la Chine.

» Les Russes possèdent encore le commerce exclusif de cette substance, qu'on emploie clans plusieurs arts, et qui se soutient toujours à des prix trop élevés pour être d'un usage aussi général qu'il serait à désirer. Il est prouvé que la vessie aérienne, et les parties cartilagineuses de beaucoup d'autres poissons, peuvent fournir une colle, sinon aussi Belle et aussi bonne que celle que fournit l'esturgeon , au moins en approchant assez pour pouvoir la remplacer dans un très- grand nombre de circonstances. On doit faire des vœux pour que' cette branche d'industrie s'introduise parmi nos pécheurs r dont elle augmenterait beaucoup les bénéfices.

» La colle de poisson est d'usage pour donner le lustre aux rubans et aux étoffes de soie, pour faire

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lès perles artificielles, clarifier le vin, la bière, le café, enfin pour remplir tous les objets auxquels on emploie ordinairement la colle -Forte ordinaire, qu'elle surpasse beaucoup en bonté.

» Les Turcs ne montent leurs pierreries qu'au moyen de la colle de poisson dissoute dans de l'esprit de vin, chargé de résine ammoniaque, et on prétend que ces pierreries tiennent autant que celles qui sont montées à notre manière.

» On emploie aussi la colle de poisson, dans la médecine , contré la dysenterie, les ulcères de la gorge, ceux des poumons, etc.

» Les Russes et les Tar tares font sécher la peau du grand esturgeon, et s'en servent ensuite en guise de carreaux de vitre. Rochon a depuis indiqué la colle ' elle-même comme pouvant remplir le même objet. Son moyen est très -ingénieux; il consiste à tremper des toiles très -claires de fil de laiton dans une dissolution de colle de poisson, et de les faire sécher à l'air. On a pu voir des lanternes et autres ustensiles ainsi préparés, à l'exposition do l'industrie nationale, qui ont été admirés de tous les connaisseurs. On les emploie généralement aujourd'hui dans la marine royale.

» On ne sera pas étonné que le nombre des esturgeons qu'on prend dans les fleuves qui se jettent dans la mer Caspienne fournisse une si grande quantité de caviar et de colle de poisson, lorsqu'on saura que les ovaires de ce poisson équivalent à plus du tiers de sa masse, c'est «à-dire qu'on a trouvé que ceux d'un poisson pesant 2000 livres étaient de 800 livres , et que chaque vessie aérienne est proportionnée à cette grandeur. On se sert d'ailleurs indifféremment du grand et du petit esturgeon , du strelet, de l'acipensère étoile, et de poissons d'autres genres, pour la fabrication de ces articles, dans les pays où on est dans l'usage de les préparer. V. aux mots Strelet et Colle de poisson. ■»

» ÉTABLI des ouvriers qui font les haims. C'est une table épaisse , basse et solide , sur laquelle sont plusieurs ustensiles et outils qui servent à ces ouvriers.

a ETAL. C'est une table placée sur le pont d'un navire destiné à la pêche de la morue, et sur laquelle travaillent ies.décolleurs et les trancheurs. V. Morue/ :

ET A LIER. Ce mot est pris pour deux pêches fort différentes. Quelquefois c'est un établissement de pieux et de perches , qu'on fait au bord de la mer pour tendre des filets de guideaux : les uns s'appeipellent Aaute, et les autres bas étaliers, suivant leur grandeur. Dans les environs de Cou tances, Vétalier est un filet tendu circulairement sur des perches. V.. Guideaux.

ETALIERES. Ce que les pêcheurs de Cou tances nomment étalières diffère beaucoup des grands et petits étaliers dont nous avons parlé à l'occasion des guideaux. Ce sont de petites pêcheries en dëmicercle {PL 32 , N°. jy^ ^ dont les filets ne sont pas entièrement montés sur piquets.

Le pied du filet est ensablé 2 ainsi il n'y a point de lest, et le haut ou la tête est garni de flottes de liège-, et de bandingues.

Les bandingues sont des lignes qu'on attache à la

corde qui borde la tête du filet. Ces lignes sont une fois aussi longues que le filet a de chute , et le bout opposé au filet porte une pierre ou une torche de paille qu'on enfouit dans le sable; de sorte que quand le filet est debout, comme aux parties A> B, C} Ey les bandingues F font l'office d'étais , et retenant la tête du filet , elles empêchent que la force du courant ne le couche sur le terrain ; ainsi elles agissent de concert avec les flottes, pour tenir le filet à-peu-près perpendiculaire. Quand la mer monte, les bandingues n'empêchent point le filet de se coucher sur la plage; mais lorsqu'elle descend, tous ces petits étais .F s'opposent à ce que le filet , obéissant au courant , ne s'abatte vers la mer.

Pour ces petites pêcheries , on ne met que 3 ou 4 piquets A*B , C, 2s , qui souvent n'ont pas la hauteur de la chute du filet, et leur usage est d'en soutenir un peu le fond. On préfère de ne point mettre des piquets aux parties d, d , mais seulement des flottes et des bandingues, pour. que le filet prête et s'abaisse quand il se présente du varec , qui passe par-dessus la tête; le filet se relève quand le varec a

Îiassé à côté des flottes et des bandingues. Comme es piquets sont bas, les immondices légères peuvent passer par- dessus.

ETALON . C'est j en terme de pêche , le nom qu'on donne en quelques endroits aux câblières. Y. Folles.

ÉTAMBOT. Pièce qui s'élève à-peu-près perpendiculairement à l'arrière du bâtiment à l'extrémité de sa quille ,- et à laquelle est attaché le» gouvernail.

ETAMER. C'est couvrir les haims d'étain pour empêcher qu'ils ne se rouillent. V. Haim.

ETANG. Mot qui vient du latin stagnum, lieu où l'eau est stagnante. C'est une grande étendue d'eau qu'on retient par une digue qu'on nomme chaussée, au milieu de laquelle il y a un déchargeoir appelé bonde, qu'on ouvre quand on veut vider V étang "pour le pêcher.. Le poisson croit et se multiplie dans l'étang. Il y a de petits étangs qui- sont uniquement destinés à la multiplication du poisson ; on les nomme alvimers ou carpiers.

Nous diviserons cet article en trois sections : la première sera consacrée à une notice historique sur les étangs;* la deuxième à la description des étangs , à leur entretien , empoissonnement et à -la manière de les pécher; la troisième à la législation sur les étangs.

Première Section. — Notice historique sur les

étangs et viviers.

Quelques poissons et principalement la dorade , en passant, au printemps, dans les étangs naturels et les lacs qui communiquent à la mer, peuvent avoir inspiré aux Romains l'idée de construire des bassins artificiels pour y avoir en tout temps du poisson. Ils poussèrent • cette industrie bien plus loin que les Grecs, qui possédaient une* foule de baies où la pêche était toujours praticable.

Rome , qui n'avait donné quelque attention à la pêche que dans la vue d'augmenter le nombre des hommes de mer pendant les guerres puniques > se trouvant délivrée de la redoutable ri?alité de Car-

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thage, céda insensiblement aux charmes du luxe, et la pèche fut considérée comme un des principaux moyens de satisfaire à la pompe des festins» On rechercha avec ardeur les poissons des mers étrangères $ mais comme les vents contraires et les tempêtes s'opposaient quelquefois à. la navigation des navires qui les apportaient à Rome , on vit les plus riches habitons de cette cité élever sur les bords de la mer des digues assez fortes pour résister aux vagues. D'autres firent ouvrir des montagnes , et on y creusa d'immenses viviers, dans lesquels on déposait les poissons des côtes de Syrie , d'Egypte , des lies de Rhodes et de Crète.

11 y avait deux sortes de viviers : les uns étaient alimentés par l'eau douce, les autres par l'eau salée. Les premiers et les plus anciens de tous furent appelés les viviers plébéiens, depuis que les patriciens dédaignèrent d'en posséder de semblables : ils ne contenaient que des poissons communs, tels qu'il s'en voit dans nos étangs. Les viviers ou bassins qui recevaient l'eau de la mer étaient les plus estimés et les plus dispendieux* L. Lucullus et G. Hortensius , personnages consulaires , et ensuite L. Philippus, se firent une réputation scandaleuse par les sommes énormes qu'ils employèrent à la construction de ces grands bassins , qui entraînaient autant de travaux que l'établissement d'un port de guerre.

Licinius Muréna fut le premier qui donna une grande vogue aux folies de ce genre ; il n'eut que trop d'imitateurs, et fut môme surpassé par Lucullus. Ce dernier fit percer une montagne près de Naples pour introduire l'eau de la mer dans les bassins et il fit creuser des cavernes, où, pendant l'été, les poissons trouvaient une fraîcheur délicieuse , appropriée à leurs besoins.

Après ce goût effréné dont les viviers ou bassins maritimes furent l'objet, la grande passion des hommes riches était de posséder des poissons apprivoisés. 11 nous serait difficile de faire connaître les diverses espèces qu'ils façonnèrent à cette servitude domestique : les auteurs les désignent sous les noms de mulle, de muge, de loup, de rhombe , de murène, de dorade. Nous connaissons la plupart de ces poissons, ou nous croyons les connaître. Quant à ceux dont les étangs de l'Europe sont aujourd'hui peuplés, tels que la truite , le brochet , la tanche , la brème, ils étaient, comme nous l'avons dit, exclus des viviers des. rich es, qui n'admettaient que des poissons rares et dès-lors d'un grand prix.

Les opsophages étaient, chez les Grecs, non ceux qui faisaient bonne chère avec le meilleur gibier , mais bien ceux qui donnaient la préférence aux poissons, comme à la substance la plus délicate. Les Romains ne peuvent se comparer à aucune nation sous les rapports du luxe qu'ils mirent dans ce genre de consommation. Columelle et Varron s'élevèrent avec force contre cette prédilection aveugle' et désordonnée , accordée aux productions naturelles des eaux- sur les autres alimens» Le premier leur reproche avec raison les sommes immenses qu'ils dépensaient ; et de même , dit-il, que de grandes familles se glorifiaient de surnoms qu'elles devaient à la reconnaissance publique pour des actions honorables ou utiles, de même ou voit Sergius-fifo-

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rade et Serglus-murène s'enorgueillir de noms empruntés de ceux des poissons dont leur luxe coupable fait toute la célébrité.

Ces vastes viviers, où les riches trouvaient réuni en tout temps ce que l'Europe, l'Asie et l'Afrique pouvaient offrir de plus rare , exigeaient un entretien qui ruinait les familles $ ce qui fit donner le nom d'anthropophages à certains poissons dont la vajeur n'avait plus de bornes. On ne peut voir sans étonnement le prix qu'on donnait de quelques espèces, et combien il varia successivement ; car elles obtinrent tour-à-tour les suffrages de l'extravagance et les éloges de la folie. Ces viviers, divisés en grands compartimens pour que les poissons ne se mêlassent. point, et pour qu'on pût les pêcher plus aisément, se vendaient des sommes énormes.

Vainement , vers la fin de la république , avait-on multiplié les lois somptuaires , le luxe avait fait trop de progrès pour qu'elles produisissent un heureux résultat, et il en fut de même sous l'empire des premiers Césars. L'histoire nous apprend que le frère d'Othon fit servir à cet empereur un souper où il avait réuni 2000 plats de poissons rares f ce qui suppose qu'il avait mis à contribution , pour ce jour de fête, les mers, les lacs et les fleuves d'une grande partie de l'Empire romain.

Les invasions des barbares firent négliger les étangs; Rome, obligée de pourvoir à sa propre défense , ne . put donner des soins à leur entretien : dans cet état d'abandon général, ils se comblèrent, et il n'est pas surprenant qu'il n'en soit presque plus parlé dans les écrivains du Bas-Empire.

Les lois rendues sous les premiers rois de la monarchie française ne font aucune mention des poissons d'eau douce. Les princes de la dynastie mérovingienne avaient trop d'intérêts politiques à régler parla voie des armes, pour donner des soins particuliers à cette branche de l'économie publique. Long-temps après, on voit, dans un Capitulaire de Chariemagne, une peine imposée à celui qui dérobera des filets tendus pour la pêche de l'anguille, et dans un autre acte, de l'an 800, on trouve que cet empereur prescrivit d'entretenir en bon élat les étangs et viviers de ses maisons de campagne, d'en creuser de nouveaux dans tous les lieux où cela serait possible, et de faire vendre au profit de son trésor le poisson qui en proviendrait. Les enceintes des étangs élevées de main d'homme étaient assimilées aux clôtures, qu'il n'était pas permis de rompre d'après les lois des Visigoths»

Les étangs étaient extrêmement multipliés dans toute l'Europe. Les nations barbares qui s'y étaient établies par la force des armes, ayant adopté, pour la plus grande partie , les usages et la manière de vivre des vaincus, apprécièrent bientôt les avantages des étangs artificiels, dans les. contrées où le sol n'en offrait point de naturels. Presque toutes les maisons religieuses en Angleterre , sous* les rois saxons, en possédaient de très-vastes : et il s'en voyait de semblables dans les domaines des grands seigneurs de la cour. Il y avait en Italie des étangs d'eau douce et des. étangs d'eau salée, et leur nombre ne fit que s'accroître dans les XIIe. et XIIIe. siècles. L'agriculture n'y perdit rien 5 on n'y consacrait

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que les terrains bas et marécageux qui ne poliraient être plantés ou convertis en champs labourables, ou dont le sol humide ne produisait que des plantes dédaignées par les bestiaux.

En France, les rois avaient des étangs dan© les terres de leur domaine , les princes du sang en avaient aussi dans celles de leurs apanages.

Plus tard , les étangs des rois furent administrés par des baillis et des sénéchaux , ensuite par les maîtres ùea eaux et forêts 5 ces derniers furent chargés de peupler les étangs , d'approvisionner de poisson la cuisine des hôtels du roi et des princes , et d'appliquer à l'achat des poissons de mer le produit de ta vente des poissons d'eau douce, qu'ils faisaient tous les 3 ans. Dans le XIV*. siècle , les frais d'entretien des étangs du roi étant devenus trop considérables , on trouva plus avantageux de les affermer. Il y avait des étangs pour les carpes , les brochets , les truites, les perches, les anguilles, suivant que la nature des tonds et àea eaux convenait le mieux à ces diverses espèces.

Dans les premiers siècles de la monarchie , et à mesure que les coutumes s'établirent dans les provinces, il s'introduisit, à l'égard des poissons d'étang , une jurisprudence particulière 5 ils furent assimilés aux productions de la terre, et considérés comme meubles et immeubles, suivant leur condition. Les carpes et les truites mises dans un étang furent censées faire partie du fonds pendant * et même 3 ans , quelquefois pendant la durée indéfinie du séjour qu'elles y faisaient, suivant l'usage des lieux; mais ces poissons devenaient meubles lorsque l'étang était en pèche ouverte. On les assimilait; sous le rapport de la maturité, aux bois taillis en âge de coupe ; l'étang était alors considéré comme un simple vivier. C'est conformément à ce principe qu'aujourd'hui les poissons des étangs sont réputés immeubles parleur destination, comme le sont, par leur nature, les récoltes non séparées des racines et les fruits des arbres qui tiennent aux branches. V. la troisième section de cet article, où nous [>arlons de la législation snr les étangs.

DsuxiBHK Section. — Des étangs, de leur construction, entretien et empoissonnement f et de la manière de les pêcher*

11 existe sur les étangs un grand nombre de traités et de mémoires, parmi lesquels on distingue les articles d'Olivier de Serres dans son Théâtre d? agriculture $ le Traité des "Bêches , par Duhamel; les articles Etangs des Nouveaux Dictionnaires cPagriculture et àJ Histoire naturelle, les Mémoires de Varennes de Penille, et celui de M. Rougier de la Bergerie.

Mous ferons usage de ces ouvrages , et notamment de celui de Duhamel , pour la rédaction de notre article.

Considérations sur les étangs. —M. Bosc, qui a pris une si grande part dans la rédaction des Nouveaux Dictionnaires <P Histoire naturelle et d? Agriculture , y a consacré d'excellens articles sur les étangs , qu'il considère d'abord sous le double rapport de leurs produits et de leurs influences physiques. Il rappelle qu'autrefois l'on construisit des étangs par-

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tout oà la nature et la disposition du sol le permettaient; mais que depuis deux siècles on en a considérablement desséché , et qu'aujourd'hui on les proscrit assez généralement. Il se montre le partisan des étangs ; mais il observe que deux motifs principaux ont diminué la faveur dont jouissaient ces établissemene , leurs moindres produits, et les inconvéniens plue grande qu'ils présentent sous le rapport de la salubrité.

Lorsque la France était sans arts , sans commerce et mal peuplée, les terres avaient peu de valeur; d'un autre côté, l'abstinence de la viande, dans certains jours , était plus religieusement observée. Ces circonstances devaient donner au produit des étangs une valeur supérieure à celui de la même étendue de terre semée en grains ou plantée en bois. Les étangs étaient entourés de bois et de grandes plantes aquatiques propres à décomposer les cas délétères , et ils étaient abondamment fournis d'eau pendant l'été , d'où il résultait qu'ils avaient peu d'influence nuisible sut la santé des hommes; mais aujourd'hui

Sue les arts et le commerce ont pris beaucoup de éveloppement; que la population est considérable, que les fortunes sont divisées, que les bois ont disparu de beaucoup de lieux , que la culture s'est perfectionnée et que les terre» ont acquis une grande valeur, il y a moins de profit et plus de dangers à entretenir des étangs. Ce ne sont donc que les plus mauvais fonds qu'on doit mettre ou conserver en étangs , et encore si ces étangs ne sont pae situés dans les vallées, entourés de bois; s'ils ne sont pas alimentés perdes eaux vives ; s'ils sont dans le cas de se dessécher sur une grande partie de leur surface, ils présentent alors une vase d'où s'élèvent des gaa qui donnent lieu à àûB fièvres et à la mortalité, comme cela se remarque dans la Bresse , la Sologne, le Pores, qui forment les plaines de la France les plus abondamment pourvues d'étangs.

Quoiqu'une humidité permanente soit une cause de maladie , et que de vastes étangs ou des étangs tres-rapprochés produisent cette humidité , ce n'est pas spécialement à cette cause qu'on doit attribuer les maladies endémiques aux pays où il y a beaucoup d'étangs, c'est aux miasmes délétères, à l'hydrogène sulfuré, qui émanent des vases qui les entourent. Or , il est certain que les plantes en général décomposent ces miasmes, et les remplacent par l'oxigène qu'elles transpirent pendant le jour. Il faut donc entourer les étangs de plantations d'arbres et d'arbustes , en donnant la préférence à Y Aune et au Gale (V. ces mots dans le Dictionnaire des Forêts), parce au'ils ont plus que les autres la faculté d'amélioré* l'air des marais. Avec ces précautions et celles d'éloigner les étangs des habitations , et de ne pas trop les multiplier dans le même canton , ces amas d'eau cesseront d'être nuisibles ; ils seront même très-utiles quand, situés dans un vallon, ils seront Alimentés par des eaux dont l'écoulement sera rapide. Le* étangs de cette espèce sont pour la plupart destinés à des usages plus avantageux que celui de nourrir du poisson : les uns' fournissent des moyens d'irrigation ; d'autres font mouvoir des moulins , des scieries et diverses usines établies sur l'eau; d'autres enfin reçoivent et conservent les eaux fournies par

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les pluies d'hiver , et servent pendant Pété à procurer de Peau aux hommes et aux animaux de certains cantons qui manquent de sources en cette saison.

Les étangs, lorsque leurs eaux sont pures, ont encore cet avantage précieux de répandre la vie dans un pays , de tempérer la sécheresse et d'entretenir un degré de fraîcheur utile à la vie des animaux et des végétaux.

Des étangs destinés à nourrir du poisson. — Ces étangs sont des pièces d'eau qui diffèrent des réservoirs et des viviers , en ce que le poisson y peut grossir et s'y multiplier sans qu'on soit obligé de le nourrir; il doit y trouver sa subsistance. On ne peut guère mettre au nombre des étangs des trous ou des mares très-profondes qui ne tarissent jamais. Cependant si l'on y jette 10 à 1a carpes œuvées , avec 3 ou 4 laitées , on pourra se procurer plusieurs milliers de feuilles ou d'aAwz, pourvu qu'il n'y ait ni brochets ni perches , et qu'on n'y envoie pas les bestiaux pour y boire x>u s'y laver.

Précautions à prendre pour V établissement des étangs* — La première et la plus importante précaution à prendre quand on veut construire un étang est de s'assurer si le sol retient l'eau. Pour cet effet, on examine le local après la plnie et on cherche à connaître, par des sondes ou des fouilles, la nature de la couche inférieure. Si cette couche est un banc d'argile, on a de grandes probabilités que Peau se maintiendra dans l'étang ; mais il y a quelquefois des parties qui offrent moins de résistance à Pinfiltration des eaux 5 et cette circonstance mit qu'on n'acquiert une parfaite certitude qu'après l'expérience d'une ou de plusieurs années.

U faut examiner également si les eaux des sources ou des pluies -qui sont destinées à alimenter un étang pourront suffire , pendant les grandes sécheresses , à la conservation du poisson. À. l'égard des eaux de sources, on calcule leur masse et leur vitesse à quatre époques différentes , aux équznoxes et aux solstices, et on évalue , par approximation, quelle- est, arnnée commune, leur évapora tion à raison de la surface. L'évaporation varie suivant cette surface , la chaleur du soleil et la couleur de la vase : elle sera moins grande quand Peau sera profende; ce qui établit la nécessité de tenir les bords des étangs d'une certaine élévation. La négligence de cette précaution , en donnant lieu à une phis grande perte d'eau par l'évaporation, est aussi ta cause de l'insalubrité de Pair et de la destruction d'une grande quantité de poissons, qui deviennent plus facilement la proie des quadrupèdes et des oiseaux qui s'en nourrissent.

On doit ensuite reconnaître far des nivellemens quelle sera l'étendue de terrain couverte d'eau , la chaussée ayant telle hauteur , et examiner si la retenue des eaux ne peut donner lieu à des contestations avec les propriétaires voisins, soit parce qu'ils auraient à se plaindre de leur infiltration , soit parce que le coure d'eau ne pourrait être intercepté sans nuire à leurs droits. Il faut aussi s'assurer si on a une pente suffisante pour l'écoulement facile lors de la mise à sec de l'étang.

On doit examiner si le local et les eaux conviennent au poisson , s'il s'y plaira, s'il y sera bon , si latente s'en fera bien, et si l'on aura quelque a van-

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tage de tirer parti du local en le mettant alternativement en nature d'étang et en nature de terre arable ou de prairie. V. A-Sec.

De l'assiette des étangs. — Les étangs doivent être placés dans un endroit bas , large et spacieux. 11 y en a qui sont traversés par une petite rivière , qui est quelquefois assez abondante pour faire tourner un moulin à la décharge. Les poissons se plaisent singulièrement bien dans ces étangs, et ils y sont exceilens. On peut en dire autant de ceux où se rend un petit ruisseau. Ces derniers étangs ont même cet avantage , qu'ordinairement Peau de ces ruisseaux , étant très-claire, ne porte point de vase dans l'étang ; au lieu que les rivières un peu fortes, étant sujettes à déborder , entraînent presque toujours beaucoup de vase, qui comble l'étang.

Dans ce cas, la chose n'est pas toujours sans remède ; car il est quelquefois possible de détourner la rivière en lui pratiquant un lit à côté de l'étang.

On peut aussi 7 quand les eaux pluviales amènent de la vase en grande quantité dans un étang, creuser un autre petit étang à Paffluve des ruisseaux qui l'alimentent, afin d'arrêter les immondices qu'il* apportent. On cure ces petits étangs tous les 2 ou 3 ans, et on en porte les curures sur les terres arables pour les améliorer.

Si l'on pouvait disposer d'un petit ruisseau d'eau claire , il serait plus convenable de lui laisser traverser l'étang, ayant soin de mettre à son entrée une grille pour arrêter le poisson, qui ne manquerait pas de remonter dans le ruisseau , au grand préjudice de l'étang; mais la plupart des étangs reçoivent leurs eaux de Pégout des terres ou des montagnes voisines. En ce cas, il faut pratiquer des fossés qui aillent de tous côtés rassembler Peau qui s'amasse dans les terres et les mares qui se forment dans des endroits plus élevés que l'étang, et si l'on estasses heureux pour rencontrer quelques sources ^ on ne manquera pas d'en profiter. Il faut qu'il y ait une pente régulière depuis le fond de l'étang jus* qu'à la chaussée , où doit être la plus grande profondeur d'eau. Comme il est très-important pour pécher l'étang que toute Peau s'écoule par ce qu'on appelle la bonde, on fera , dans la longueur de l'étang, un fossé avec àes embranchemens qui s'étendront à droite et à gauche , aboutissant tous à celui du milieu , pour que toutes les eaux s'y rendent lorsqu'on videra l'étang et qu'on voudra le pêcher.

De la ckanssée. — La chaussée est la partie sur laquelle repose le succès de l'entreprise :. on ne peut y mettre trop de soin. C'est une élévation de terre ab, PI. îi , N°> Jï, qu'on fait à la tête de l'étang

moins, le poisson souffrirait lorsque Peau diminue par les sécheresses de l'été et les fortes gelées de l'hiver. Il ne faut pas cependant qu'elle soit placée dans l'endroit le plus bas du terrain, puisqu'il doit y avoir derrière un terrain bas y qu'on nomme la fosse, nécessaire pour l'écoulement des eaux lorsqu'on vide l'étang. D'ailleurs un étang qui a 5o arpens d'eau «u printemps, quand il est plein, n'en aura communément que 25 ou 3o à la fin de Pété,,

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a peu d'étangs qui ne soient exposés à avoir trop d'eau en certains temps* soit à cause des débord emens des rivières qui y aboutissent , soit par la grande quantité d'eau que fournissent quelquefois les sources , soit par les eaux de pluie qui découlent trop abondamment des coteaux $ ce qui pourrait tellement gonfler l'eau de l'étang* qu'elle se répandrait par-dessus la chaussée , ou qu'elle se déchargerait dans un endroit bas qui se rencontrerait à quelque partie de la circonférence de l'étang. Des déchargeoira naturels sont très-avantagenx dans ce cas, sur- tout lorsqu'ils ne laissent échapper l'eau que quand l'étang est entièrement trop plein ; mais pt>ur que le poisson ne sorte pas de l'étang avec l'eau, il faut établir en ces endroit» des grillea.de bois d, N°. II, PJ.xi , ou, encore mieux , de fer, dont les barreaux soient aases serrés pour que le poisson ne passe pas au travers»

Tant pour retenir le poisson que pour conserver la chaussée , il est important d'établir des déchargeons naturels avec 'de bonnes pierres dures, bien taillées et posées à chaux et à ciment) rasas quand ces déchargeoirs sont trop. larges pour que la face qui regarde l'étang soit fermée par» une seule pierre, il faut y mettre une pièce de bois noyée dans lama«* oonnerie , les jointe- de pierres né pouvant patirésis* ter à l'écoulement rapide de l'eau. Au reste , àqueLque endroit qu'on les place, il faut qu'ils soient pré* cédée d'une grille qui retienne le poisson dans l'étang.

Si , malgré ces déchargeoira , on s'apfmrvaâtqne l'eau est sur le point de passer sur In chaussée , il faudrait lever la bonde ouïes bondes , s'il y en avait plusieurs $ ce qui ne serait sujet à aucun inconvénient si la cage ou; les planches qui. précèdent la bonde du côté de l'étang étaient en bon état, et on baisserait le pilon lorsque la force de l'eau serait passée.

Fossés et plantations autour de l'étang..-— Pour la sûreté du poisson et des terres voisines , il est bon que l'étang soit entouré d'un fossé de 6 à 8 pieds de large au moins ^ et de 4 à. 5 de profondeur , dont les terres seront rejetées du côté de l'étang , et feront obstacle pour empêcher les grandes eaux de se répandre au-delà. Ce fossé pourra être empoissonné de menuisaille, et recevoir des écrevisses et des anguilles , dont la présence peut être dangereuse dans l'étang , à raison de leurs dispositions à creuser des trous dans la digue. Il réunira à cet avantage celui de servir au besoin de supplément au déchargeoir, et sera par conséquent un motif de sécurité pour le propriétaire lors des> crues extraordinaires.

Une haie de toutes les variétés d'arbres et d'arbustes qui ne craignent pas l'eau sera utilement plantée sur la berge de ce fossé , ainsi qu'une ligne* de peupliers, de saules ,. de frênes, etc. ; mais il ne faut jamais souffrir le plus petit buisson sur la chaussée, à cause des trous qui peuvent résulter de 1a pourriture de leurs racines. Si on a à nmiadre les émanations délétères de l'étang , on plantera une ceinture de bois pbia ou- moine large en. dehors du fossé*

De F empoissonnement des étangs» — - En (Supposant qu'on ait lait des digues pour arrêter ; l'eau ou la détourner 4 pour établir Itttaug, on les «roniptà pour le laisser se remplir; s'il s7 y trouve !des trotta par où l'eau s'infiltre, la première chose* à £airevest

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de les fermer , non pas avec un simpL tampon d'ar-

Êile , mais en ouvrant des tranchées plus ou moins irges , qu'on remplit ensuite de terre bien choisie et bien corroyée. Il en est de même des trous qui peuvent aa trouver au fond même de l'étang , et qui sont ' faits souvent parles taupes, les campagnols, les racines d'arbres pourries.

Quand on pêche de grands étangs , on y trouve des barbeaux, des dards ou vandoises, des meuniers , des che vannes, qu'on nomme aussi chevereaux ou cheveneaux; des goujons, des vérons et autres ménuises, des anguilles, des écrevisses, des grenouilles , etc. Il se trouve toujours de ces poissons qu'on appelle roussaiUt ou blanchaille y quoiqu'on n'en mette point pour peupler les étangs, parce qu'ils ne sont pas marchands* Les poissons estimés et qu'on appelle marchands sont ta carpe, le brochet, la perche, la tanche , la truite. On peut y ajouter le gardon et l'anguille.

Qn appelle jfezo/fe , alvin , menuaille ou fretin les petits poissons de toute espèce qu'on emploie à repeupler les étangs. Le mot feuille parait cependant s'appliquer pins communément aux individus d'un an, et le mot fretin k ceux qui appartiennent à des espèces de petite stature et qui ont peu de valeur.

La quantité d'alvin on de gros poissons à mettre dans un étang' pour l'empoissonner varie suivant les espèces de poissons et la qualité des eaux , abstraction faite de l'étendue de l'étang. Il faut donc indiquer d'abord les espèces de poissons qui doivent être choisies 00 rejetées quand il s'agit de l'empoissonnement d'un étang.

On ne s'avise pas d'empoissonner un étang avec du gardon, qu'on met au nombre des blanchailles, et qui se transporte difficilement $ mais comme il multiplie beaucoup r on en trouve toujours quantité dans tes étangs. Sa principale utilité est de nourrir les poissons voraces, lé brochet, la perche et la truite.

La tanche se platt par- tout, particulièrement dans les étangs limoneux. Ce poisson peuple beaucoup et se transporte aisément en vie. D'ailleurs les grosses tanches sont estimées quand elles ne sentent point la vase) maison prétend assez généralement qu'il faut plus de terrain pour. nourrir cent tanches que pour engraisser 5oo carpes. Outre cela , comme elles se vendent toujours à meilleur marche que les carpes, on en met plutôt dans les. mares vaseuses que dans les étangs.

Le. perche, est un excellent poisson, qui se vend très-bien. Il est vrai qu'il est vorace, mais pas aussi redoutable que- le brochée II se nourrit de petites blanchailles, dont il débarrasse les étangs. Quoiqu'il soit difficile à transporter, on peut en mettre dans de geands étangs qui sont à portée des grandes villes , du l'on est' assuré d'en trouver un débit avantageux. Ce poisson se plaît dans les eaux vives : on prétend qu'en relevant une arête qu'il a sur le dos , il ne craint point le brochet; mais -certainement le brochet parvient à la saisir/ par la tête, et à s'en nourrir, puisqu'on en a tronvé-eonvent dans l'est»* mao des- brochets* j

La truite* est un excellent poisson , qui est plutôt de rivière 4«e d'étang. BlbisulMisIe nskmnoinsdasis

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les étangs où l'eau est vive , mais elle afy multiplie pas. Ce* poisson est vorace comme le brochet > etenr core plus difficile à transporter que la perche. On se borne donc à la truite dans les rivières* d'eau vive, fonds de gravier, où elle se pkit. Si cependant on voulait en conserver pour son propre usage ou pour vendre dans le voisinage, on ferait pour ce poisson une espèce de vivier sur un fond de gravier, où couleraient des eaux de sources : il suffirait de donner à ce vivier 8 à 10 pieds de largeur ; mais plus on lui donnera de longueur, et plus on pourra y mettre de truites. Celles qu'on prendra dans la rivière se conserveront très-bien dans le vivier ; elles s'y multiplieront même, si ce vivier est fort long, cnx- tout si on les nourrit avec de la blanchaille} mais cette pêcherie sera peu profitable e le mieux est de la restreindre à en faire un réservoir, où l'on conservera les truites qu'on aura prises dans la rivière.

-Le barbeau, la vandoise et la brème, de même

Sue la truite, dont nous avons parlé , et le brochet, ont il sera parlé plus loin, sont des poissons qui demandent une eau vive , et qui ne peuvent pros* pérer dans un étang vaseux.

Les anguilles sont un fort bon poisson, qui est vo~ race : mais comme il n'attaque que la menuise , il ne fait de tort que dans les étangs où l'on fait de l'aivin ; il a l'avantage de se transporter aisément, et quoiqu'on ne soit pas dans l'usage d'en mettre dans les étangs, il s'y en trouve toujours* Quelquefois on en met dans des fosses ou des viviers ombragés, dont on proportionne la grandeur à la quantité qu'on désire en avoir. Les anguilles se nourrissent de grenouilles et de têtards; cependant elles prospèrent mieux si on leur jette quelques menuises,. quelques trinailles , des fruits tendres, etc.

Les écrivisses d'étang ne sont pas, à beaucoup près , si bonnes que celles, qu'on, pêche dans les eaux vives et courantes. Comme elles mangent du frai , elles font tort aux alivinières.

Les grenouilles multiplient beaucoup, et on en trouve par-tout. Quoiqu'on en expose dans les marchés, elles ne font pas un objet de commerce. Comme elles mangent le irai, elles détruisent l'alvin^ mais elles ne font aucun tort aux grands étangs ; au contraire, quelques poissons s'en nourrissent, et surtout des têtards ou de jeunes grenouilles , qui se trouvent en quantité au bord de l'eau.

Le brochet est 'avantageux pour la vente , quoiqu'il soit plus difficile à transporter par terre que la carpe et la tanche , tes marchands s'en chargent volontiers, d'autant qu'il se transporte aisément par eau dsns des bascules. Mais c'est un poisson très-vorace, qui coûte au propriétaire de l'étang plus qu'il n'en retire ; car un brochet d'un écu n'est parvenu à ce degré de valeur qu'après avoir mangé pour 40 ou 5o francs de poisson. 11 est vrai qu'il se nourrit de blanchaille , dont il décharge l'étang sans foire tort au propriétaire ; mais il n'en est pas de même quand les brochets sont un peu gros : celui qu'on vendrait 3o sous en mange un de i5 ; il s'ensuit que si l'on ne mettait dans un étang que des brochetons gros comme des harengs, au bout d'un an à peine

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y en trouverait-on six de chaque cent qu'on aurait mis dans l'étang.

Il faut donc faire son possible pour qu'il n'y ait point de brochets dans les étangs qu'on destine à avoir de l'alvin 5 mais cela n'est pas aisé : car quand il y a une fois eu du brochet dans un étang , on ne peut l'en purger qu'en le laissant plusieurs années à sec. S'il y reste un peu d'eau en quelques endroits, il s'y conservera de petits, brochetons, qui «'y montreront quand l'étang sera plein, et détruiront beaucoup de frai et de poisson»

A l'égard des grands étangs, il n'y faut point -met» tre de brochets avec l'alvin ; mais si l'alvin est fort, on peut y jeter de très-petits brochetons. Cependant il est mieux de n'en mettre que la seconde année, lorsqu'on ne r/éche qu'à 3 ou 4 ans ou deux étés révolus , et si l'alvin était très-fort , on pourrait mettre de la bsochetaille après la première année révolue. En général, quand les carpes sont plus grosses que les brochets, on prétend que ce poisson, qui les chasse sans les pouvoir manger, leur fait du bien par l'exercice qu'il leur fait. prendre; et dans les étangs qui ne sont pas destinés à produire de. l'alvin 9 on regarde comme un avantage que le brochet dé* trnise la menuise.

Les étangs sont particulièrement destinés pour la carpe , dont elle est la reine ; elle y prospère singulièrement bien, croit promptement , se multiplie beaucoup; elle, est aisée à transporter par terre et par. eau, et la vente en est assurée; c'est pourquoi les marchands s'en. chargent volontiers.

Les carpes s'accommodent assez de toutes sortes de fonds, limoneux, sablonneux, etc. , ainsi que de toutes sortes d'eaux *r mais elles sont bien meilleures dans certains terrains et dans certaines eaux que dans d'autres. Des carpes qui ne seraient pas. mangeables au sortir des étangs limoneux se dégorgent dans les bascules ; en les tenant, quelques jours dans une eau vive, elles deviennent très* bonnes.

On estime qu'on peut mettre 18 à ao milliers d'alvin de carpe dans un étang qui a. 1 00 arpens d'eau ; 10 à 1 1 milliers dans celui de 5o arpens , augmentant ou diminuant cette quantité suivant la force de l'alvin , l'étendue de l'étang et la nature du fond ; car il y en a qui sont bien plus propres à nourrir beaucoup de peissons que d'autres. Il serait sur cela difficile de donner des principes certains ; l'expérience eh apprendra plus que tous les raisonnemens*

JDe la saison eP empoissonner les étangs. — ce Ordinairement, dit M. Bosc, on empoissonne les étangs au printemps, parce que c'est l'époque où on les pêche , et où par conséquent on s'en procure les moyens ; mais cette époque est-elle la meilleure ?

a> On empoissonne les étangs , ou avec de petits

Soissons de a ou 3 ans, ou avec des pères et mères e plus de 3 ans.

» Dans le premier cas, l'empoissonnement au printemps est sans inconvénient. Dans le second , il retarde d'une année la production, parce que les pères et mères ont jeté leur frai. »

A cette occasion, M. Bosc observe qu'en général tous les vieux poissons fraient les premiers et les jeunes les derniers , et que chaque espèce est plus ou moins précoce, soit par sa nature, soit à raison

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de la qualité des eaux et du degré de chaleur de la saison. Ainsi , la ponte des truites précède celle des carpes, et celle des carpes a lieu plutôt dans un étang peu profond et vaseux, que dans une eau courante et roulant' sûr le sable. :

De l'étang destiné à fournir de Palrin* — Il serait bon , quand on pêche un étang , d'en avoir un à empoissonner , dans lequel on mettrait les carpes qui ne seraient pas assez grosses pour être d'une vente avantageuse. Mais comme on ne trouve souvent dans les grands étangs que peu d'aivin, sur-tout si dans celui qu'on pêche il y avait du brochet et de la perche, le propriétaire de plusieurs étangs doit faire en sorte d'avoir de quoi alviner ceux qu'il doit empoissonner : sans cela il se trouvera souvent dans le cas de n'en pas trouver à propos , ou d'être obligé d'en acheter fort cher. C'est pourquoi il faut qu'il aie de petits étangs , qu'on nomme car pures ou ahinières , qui soient uniquement destinés à fournir de Pal vin.

Il suffit' que ces étangs aient 8 à 10 arpens d'eau 9 mais il est très-important qu'ils n'en manquent point en été, afin que les carpes qu'on y mettra pour frayer puissent s'égayer sur l'herbe des rivages oifil reste peu d'eau ; car c'est l'endroit où elles déposent leur frai , sur-tout aux parties qui sont exposées au midi et au couchant.

; Les meilleures carpes pour peupler ne doivent être ni trop grosses ni trop petites : on les choisit à-peu-près de 10 à 11 pouces ; elles doivent être rondes et avoir le ventre plein , observant qu'il ne faut au plus qu'an quart de mâles de ce qu'on met de femelles ; c'est-à-dire que pour cent femelles il faut au plus vingt-cinq mâles , et dans un étang de 8 arpens , il ne faut mettre que cent femelles , qui jetteront chacune plus d'un millier d'œufs.

Dans les mois d'avril et d'août, qui sont à-peuprès la saison du frai pour les carpes, il faut bien garder les étangs ; car le poisson , alors engourdi et presque à sec dans l'herbe , se laisse prendre à la main. 11 faut aussi empêcher que les bestiaux n'aillent boire à l'élang ; ils feraient avec leurs pieds une énorme destruction de frai. Les cochons sur -tout sont fort à craindre , parce qu'ils mangent le frai avec avidité.

Il est très-essentiel qu'il n'y ait dans l'étang ni brochets ni perches, ni autre poisson vorace. • La première et la seconde année, ce petit poisson n'étant grand que comme une feuille de saule, on le nomme feuille en plusieurs endroits. Quelquefois au bout de deux étés, il a 4 pouces de longueur lorsque le fond est très - bon ; mais c'est encore de la ieuille, et il prend le nom Calvin lorsque , après le troisième été , il a 5 pouces depuis le bas de l'œil jusqu'à l'angle de la fourchette de la queue, ce qu'on appelle entre œil et bat* Cet alvin est encore petit ; car pour être bon, il faut qu'il ait 6 pouces, et il est encore meilleur quand il en a 7, pourvu qu'il «'ait que 4 ans 5 car on n'estime point l'alvin qui n'est parvenu à cette grosseur qu'au bout de 5 ans.

On doit exiger qu'il ait l'écaillé nette et le corps assez gros, par proportion à la tête; celui qui aurait une grosse tête et un corps menu ne vaudrait rien. On rejette encore l'alvin qui a l'écaillé noire,

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qui ^provient d'un étang bas et vaseux, dans lequel il tombe beaucoup de feuilles d'arbres voisins. Il pourrait néanmoins se réparer dans les grands étangs, où il trouverait de bonne eau.

Lorsqu'on empoissonnera; un grand étang avec de l'alvin de 7 pouces, on fera bien d'y mettre du broeheton , pour empêcher que la carpe ne peuple trop et ne force dans cet étang.

Méthode pratiquée à la Chine pour empoissonner les endroits où il reste de Peau. — La (Jhine offre une prodigieuse abondance de poisson : les rivières^ les lacs, les étangs, les canaux même y sont remplis de poisson, qui fourmille jusque dans les fossés qu'on creuse dans les champs pour conserver l'eau qui sert à la production du riz : ces fossés sont rem* plis de frai ou d'œufs de poissons > dont les propriétaires du fond tirent un profit considérable.

On voit tous les ans, sur la grande rivière de Yangtse-Ryang, dans la province de Kiangsi, un nombre surprenant de barques qui se rassemblent pour acheter du frai. "Vers le mois de mai, les ha bi tan s du pays bouchent la rivière en plusieurs endroits dans l'espace de 9 à 10 lieues , avec des nattes et des claies

que aucun changement à l'eau. Us remplissent des tonnes avec cette eau chargée de frai, pour la vendre à des marchands, qui la transportent en diverses provinces, ayant l'attention de remuer cette eau de temps en temps. Elle se vend par mesure à ceux qui possèdent des étangs. Dans l'espace de peu de jours, te jeune frai commence à paraître et forme de petits bancs , étant si petits qu'ils sont presque imperceptibles. On les nourrit avec de la lentille d'eau ou des jaunes d'œufs , à-peu-près comme on élève en Europe certains animaux domestiques. On empoissonne aussi des canaux avec des poissons qu'on tire des rivières et des lacs.

De P entretien de P étang empoissonné. — Il faut visiter de temps en temps toutes les parties des étangs pour voir si la chaussée ^ la bonde , les déchargeons, la grille sont en bon état. Il faut nettoyer les fossés qui conduisent l'eau à l'étang ; faire la chasse aux renards et aux lapins, qui fouillent dans les chaussées, les endommagent; affûter et tendre des pièges pour prendre les loutres ; tuer les hérons et les autres oiseaux pêcheurs , même les canards , principalement sur les ahinières ; ne pas souffrir qu'on aille pêcher dans l'étang à la ligne, à la truble, au carreau , à l'épervier, et encore avec plus de sévérité à la seine et au tramail : ce serait épuiser l'étang et montrer le chemin, aux voleurs.

Il est bon d'avoir sur l'étang un petit bateau pour se mettre à portée de tirer sur les oiseaux , hérons , grues, canards, etc., pour faire la chasse aux loutres, arracher avec un croc les roseaux, qui forment quelquefois à la longue des îles flottantes, qui servent de retraite aux loutres et aux autres animaux malfaisant. On prétend cependant que les coups de fusil étonnent le poisson et le rendent malade. Enfin , il faut tendre de grandes souricières pour détruire les rats d'eau % qui s'y prennent d'autant plus»

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volontiers qu'Us sont très-gourmands , et des pièges! ou traquenards aux loutres.

Si l'eau baisse considérablement dans l'étang , il faut essayer d'y en conduire , ou d'un ruisseau , si on en a à sa portée, ou même d'un étang supérieur , quand même on devrait pêcher l'étang supérieur hors de saison et mettre le poisson dans celui qui esc plus bas»

A quel âge il faut pécher les étangs. — Quand un ing est en bon fond , et qu'il a été peuplé de bon

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'étang en janvier qu'il a 3 ans en octobre 1828.

Dans un bon étang , qui a été peuplé avec de l'aivin très* fort, les carpes se trouvent quelquefois assez grosses au bout de a ans pour être vendues.

On est encore obligé de pécher un étang au bout de % ans quand -il y a de grandes réparations à faire à la chaussée ou aux bondes, ou quand il y a de gros brochets , qui détruiraient toutes les carpes ; enfin, quand l'élang a été à sec Tannée qui précède son empoissonnement : car on compte qu'uae année d'à-sec et les deux années suivantes de bonne eau valent 3 ans.

Lorsqu'on a été obligé d'empoissonner un étang avec de fort petit alvin, le poisson n'est ordinairement parvenu à une bonne grosseur qu'au bout de 4 ans : alors il ne faut mettre du brocheton dans l'étang que la troisième année.

Si 1 on croyait les marchands, on ne pécherait les «tangs que la quatrième année. Gomme les poissons seraient plus gros , ils y trouveraient leur compte 5 mais le propriétaire perdrait une année et beaucoup de poissons , qui seraient mangés par les brochets.

De la saison oà il convient de pécher les étangs* — Plusieurs personnes pensent qu'il ne faut j>êcher les étangs que peu avant le carême. Gela peut être quand l'étang est tout près de l'endroit où l'on doit vendre le poisson ; mais il y a bien des raisons qui doivent déterminer à pêcher en octobre.

i°. On ne court point le risque des gelées , des crues d'eau , et des autres accidens qui arrivent fréquemment pendant l'hiver; d'ailleurs le poisson n'augmente pas en cette saison ; et s'il y' a beaucoup de brochets , il vit, pendant le retard, aux dépens de l'étang.

20. En péchant en octobre , lorsque le pilon est rabaissé aussitôt après la pêche, l'étang se remplit pendant l'hiver, et il n'est pas rempli entièrement par des eaux de neige, qui sont contraires au poisson.

3°. L'alvinière qu'on pêche en novembre a le .temps de se remplir pendant l'hiver, au lieu que si l'on ne péchait ces étangs qu'en février ou mars , on courrait risque de perdre le frai des gros poissons , qui le jettent à cette époque , et il pourrait arriver que l'étang n'eût pas le )emps de se remplir suffisamment (Peau pour n'être pas à sec l'été, à moins qu'on ne pût conduire à volonté dans l'étang l'eau <ie quelque rivière ou de quelques sources abondantes.

4°- Quand on pêche en octobre , on est plus maî-

tie de ces eaux qu'en février, où iLen tombe quelquefois trop abondamment.

5°. Les gelées continuant quelquefois bien avant en février, la pêche est trop retardée pour le carême.

6°. En péchant en octobre, on a le temps défaire les réparations nécessaires à la levée, à Ja bonde, aux déchargeoirs et aux grilles, qui, au bout de 5 ans , se trouvent quelquefois en mauvais état.

De la pèche des étangs. — Quand on veut pécher un étang, on lève le pilon de la bonde pour laisser écouler l'eau peu à peu. 11 faut néanmoins l'ouvrir assez pour que l'eau baisse dans l'étang ; car, dans ceux où il se rend des sources considérables, on n'avancerait rien , si l'eau qu'on laisse couler par la bonde n'était pas en plus grande quantité que celle que les sources fournissent. Mais si l'on tirait l'eau trop vite, le poisson, n'ayant pas le temps de se débarrasser des herbes, resterait à sec et serait perdu. Il arriverait encore que celui qui serait sous des îles flottantes y resterait pris comme sous une trappe ; au lieu que laissant couler Peau lentement, le poisson, qui sent que l'eau lui manque, cherche des endroits où elle est plus profonde; peu à peu il gagne le fossé du milieu et se rend dans la poêle qui est auprès de la bonde. C'est pourquoi l'eau est quelquefois six semaines ou deux mois à s'écouler. Enfin , lorsqu'il n'y a plus d'eau que dans la poêle , il s'est rassemblé une quantité prodigieuse de poissons en cet endroit , où on les prend avec de petites seinettes ou des trubles. C'est alors qu'il faut garder l'étang jour et nuit; car un voleur aurait bientôt fait une pêche fort abondante avec un épervier.

Pendant que l'eau s'écoule , on forme des parcs de claies, ou avec des planches, à un endroit où il reste de l'eau c, PL 21, JV°. III, et le matin à la fraîcheur, quand on pêche la poêle , des hommes accoutumés à juger par habitude de l'espèce et de la grosseur des poissons les mettent promptement, chacun suivant leur espèce et leur grosseur , dans différons compartimens , les anguilles à part, la menuisedans d'autres parcs ; dans un autre, la blanchaille ; les brochets qui se vendent à la pièce dans un parc séparé , ceux qui se vendent comme carpes dans un autre. Il en est de même des perches. Pour ce qui est des carpes, quand on a séparé les grosses, qui se vendent à la pièce , on distribue les autres suivant leur longueur; celles de 12, celles de 11, celles de 10 et celles de 8 pouces sont séparées, et au moyen de ce triage, on est en état de les vendre au marchand , qui se charge du transport : ou bien, comme cela se pratique souvent, les conventions étant faites entre le propriétaire de l'étang et le marchand, celui-ci préside à la pêche de la poêle et fait sur-le-champ charger le poisson snr ses voitures , et l'enlève.

Quand on veut garder pendant quelque temps les poissons dans les réservoirs , il est essentiel de maintenir toujours un petit courant d'eau dans ces réservoirs, parce que la multitude des poissons les aurait bientôt viciés et qu'ils périraient tous. On

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à sec pendant un , 2 ou 3 ans , tous les 9 à 12 ans, pour raffermir le fond , détruire les roseaux et les grands joncs. Lorsqu'on empoissonnera L'étang ainsi reposé^ on prendra, à la première pêche, peu de blanchaille $ mais la carpe y prospérera tellement, qu'au bout de 2 ans elle sera aussi forte qu'elle l'aurait été à la troisième année. Outre ce dédommagement, on ne perdra pas entièrement son revenu pendant le temps de repos ; l'étang tenu à sec produira de bon foin , et en labourant les parties qui peuvent l'être , on pourra y semer de menus grains , qui y réussiront au mieux ; car le séjour de l'eau aura rendu ces fonds très -fertiles. De plus, par les labours réitérés, on détruira les plantes aquatiques qui endommagent les étangs, et on formera un terrain neuf, où le poisson trouvera en abondance de quoi se nourrir.

Une dépense considérable , mais qui est quelquefois inévitable, est de eurer les étangs qui se sont remplis. On en a vu où l'on était obligé d'enlever dans une grande partie près de 2 pieds de vase et de plantes pourries. V. A -sec.

Méthode qu'on suit en Allemagne , relativement à la conduite des étangs. — • M. Bosc indique cette méthode dans le Nouveau Dictionnaire cP Agriculture, en observant qu'elle est très - avantageuse , mais qu'elle ne peut être pratiquée par-tout, attendu qu'elle exige la possession de trois ou quatre étangs . à la suite les uns des autres , ou au moins très -rapprochés. Voici cette méthode :

L'un des étangs , le plus petit , ne renferme que de grosses carpes, au nombre de 25 femelles et i5 mâles par arpent ou à -peu-près. Ces 25 femelles fourniront par an, à raison de 3oo,ooo chacune, terme moyen, 7,5oo,ooo petits, qui, réduits au sixième à la fin de l'année par la mort naturelle et les accidens, font i,25o,ooo de ce qu'on appelle feuille» Chaque automne , en novembre , on transporte ia totalité de cette feuille dans le second étang. Sx ce petit étang est supérieur, comme cela doit être autant que possible, cette feuille est entraînée par l'eau, et les pères et mères sont arrêtés par la grille. Elle ne demande par conséquent aucuns frais de transport. Dans le second étang , plus grand que le premier , il n'y a pas non plus de poissons voraces; les petites carpes y acquièrent donc de la force, sauf la destruction naturelle ou accidentelle , que l'on peut évaluer au plus à la moitié. Au bout de l'année, on pêche cet étang , dont les carpes auront 6 à 8 et même 10 pouces, selon la chaleur du climat et l'abondance de la nourriture ; la plupart pèseront plus d'une demi-livre. On vend une partie de ces petites carpes , et on introduit le reste dans le troisième étang, dans le rapport de 5oo à 1000 par arpent. Dans ce troisième étang, on met, ou, mieux, on laisse des brochetons d'un ou 2 ans , qui sont peu dangereux pour les carpes , et qui détruisent tous les petits poissons qui sont descendus des étangs su-

Îtérieursfles grenouilles, les crapauds, etc. , même e frai de ces carpes; car il paraît qu'il en est qui fraient à leur troisième année, leur laissant d'autant plus de moyen de subsistance. Dans cet étang, elles augmentent beaucoup plus en grosseur dans le cours d'une année , peut-être du double , qu'elles ne l'auraient fait dans le même espace de temps par la pra-

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tique ordinaire. On les vend donc plus cher. L'augmentation de dépense qu'entraîne cette méthode est presque nulle quand elle se répartit sur un aussi grand nombre d'individus.

Quand on veut avoir des carpes d'un plus fort échantillon , on met dans un quatrième étang celles qui sont tirées de ce dernier, à raison de moins de 5oo par arpent , et on y met également des brochets pour manger les produits de leur frai. Là, on laisse les carpes aussi long- temps qu'on le juge à propos y mais rarement plus de 3 ans, sur-tout si elles sont destinées à la vente \ car, on le répète, une carpe qui a passé 6 ans , croit avec trop de lenteur pour que l'augmentation de son prix doive engager à la conserver plus long-temps. Le luxe seul des grandes villes peut, dans des cas extraordinaires, en dédommager le propriétaire. A cette époque, elle pèse 3 à 4 livres.

ce On conçoit bien, dit M. Bosc, que j'ai développé la série des opérations au rebours de la pratique , puisqu'il faut que le troisième étang soit vide pour recevoir les produits du second , et le second pour recevoir ceux du premier. » Outre l'augmentation de nourriture que cette méthode procure aux carpes ; outre là connaissance presque exacte qu'elle donne de la quantité de pièces qui se trouvent dans le second et le troisième étang , ce qui assure une surveillance plus facile et une vente en gros plus avantageuse , elle fait encore gagner à la feuille 2 à 3 mois de plus la première année ; ce qui est extrêmement important, et ce, parce que les vieilles carpes jettent leur frai les premières, c'est-à-dire en février ou en mars , selon le climat et la chaleur du local ou de l'année.

Observations sur le frai. — C'est encore M. Bosc ui nous fournira ces observations, ce Le poisson, it - il , ne s'accouple pas comme les quadrupèdes et les oiseaux. La femelle fait sortir les oeufs de son ventre à l'époque fixée par la nature , et les dépose sur les plantes, les pierres, etc. , dans les endroits les moins profonds et les plus chauds des étangs et des rivières , et ce n'est que lorsqu'ils sont ainsi fixés, que le mâle va répandre sur eux sa laite, c'està-dire sa liqueur prolifique, ordinairement plusieurs heures après. Un mâle peut féconder les œufs de cinq à six femelles et peut-être plus ; maïs comme le plus souvent le hasard les conduit, il faut gu'il y ait toujours un mâle pour deux ou trois femelles. C'est toujours au côté de l'étang exposé au midi et le plus éloigné de& sources, que se trouve le frai , parce que c'est là que la chaleur est la plus forte* Les étangs ombragés , alimentés par des eaux froides, dont le fond est argileux, dont les bords sont à pic, c'est-à-dire offrent plus d'un demi-pied d'eau, sont très-peu favorables à la production et au développement du frai. Comme les grosses pierres sont très-utiles aux poissons pour comprimer leur ventre et favoriser la sortie des œufs et de la laite, les propriétaires doivent en mettre quelques-unes de distance en distance sur les bords méridionaux de l'extrémité de leurs étangs, et disposées de manière qu'elles ne soient couvertes , à l'époque du frai, que de 2 ou 3 pouces d'eau.

Le frai est une matière gélatineuse parsemée de

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points blancs ou bruns. Beaucoup de poissons vivent de ce frai pendant le peu de jours qu'il subsiste. L'observation que le frai est toujours sur les bords de l'étang doit engager à tenir i'éâu constamment à la même hauteur, à empêcher les bestiaux d'en approcher pendant tout le temps qu'il a lieu , c'està-dire depuis janvier jusqu'en juin , plus ou moins tôt ou tard , selon le climat et l'année. C'est alors aussi qu'il faut faire la chasse la plus active à tous les quadrupèdes et oiseaux qui vivent de poissons ,

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au danger pendant qu'il s'occupe de jeter son frai.

Troisième Section. — De la législation sur les

étangs.

Chaillaud , dans son Dictionnaire des Eaux et Forêts, rapporte les dispositions des diverses Coutumes sur la propriété et la police des étangs , sur les droits attribués aux ci- devant seigneurs relativement aux étangs , sur leur empoissonnement et les réparations à y faire, sur l'écoulement de leurs eaux, sur les étangs en saisie , relief, rachat, retrait et douaire y relatifs, sur les étangs vendus et retirés, etc.

La plupart de ce» dispositions ont été abrogées par la loi du 4 août 1789 , qui supprime les justices seigneuriales.

Suivant les Coutumes de Troyes, Chaumont, Nivernais, JBeàuce, Mézières , Aniou , la Marche , et d'après un arrêt du parlement de Grenoble, du 7 novembre i4^5, et un autre du parlement de Paria, du 24 novembre t46o , il était permis aux seigneurs modaux et même dans quelques localités ,• à tout particulier de faire des étangs et d'en répandre les eaux sur les terres voisines , en dédommageant les propriétaires. Mais aujourd'hui il n'y a qu'un motif de nécessité ou d'utilité publique légalement constatées qui puisse forcer un propriétaire à aliéner sa propriété malgré lui. ( Code civil, art. 5^5. )

fiou tarie, dans son Traité des Droits seigneuriaux, p. 570, édition de 1781, observe que l'on doit, nonseulement, en construisant un étang, le faire de manière qu'il ne puisse nuire ni aux particuliers ni aux chemins , mais qu'il faut encore l'entretenir constamment en cet état. Dès qu'il manque quelque chose à la chaussée ou à la bonde, le propriétaire doit s'empresser de. le réparer , sinon il répondra de tous les dommages que pourra occasionner la .chiite des eaux. Ce n'est pas ici le cas de la force majeure ; le dégât ne provient que de la négligence du propriétaire de l'étang , et c'est sur lui qu'il doit retomber.

Par la même raison , le voisin qui s'apercevrait du mauvais état de l'étang pourrait sommer le propriétaire de le rétablir ; mais indépendamment de cette sommation, le voisin peut toujours poursuivre ses .dommages -intérêts dès qu'il est à même de prouver

Sue. le. dégât a été occasionné par le mauvais état e. l'étang.

Il y a Jilus ; la loi du m septembre 1793 porte que, « lorsque des étangs, d'après les avis et pjocès-verbau* ies gens de Fart, pourront occasionner,

par la stagnation de leurs eaux, des maladies épîdémiques ou desépizooties, ou que, par leur position , ils seront sujets à des inondations qui envahissent et ravagent les propriétés inférieures, les conseils généraux des départemens (aujourd'hui les préfets ) sont autorisés à en ordonner la destruction sur la demande des conseils des communes et d'après l'avis des administrations de district (aujourd'hui les sous-préfets). »

La loi du 28 septembre 1791 , tit. II, art. i5, et l'art. 4^7 du Code pénal de 1810, rendent les 'propriétaires des moulins, usines et étangs, garans des dommages causés par la trop grande élévation des déversoirs de leurs étangs, et déterminent l'amende qui est encourue dans ce cas.

Lorsqu'il est question de rehausser la chaussée pour l'agrandir , Aevel , sur les Statuts de Bresse , liv. III y section î». 5 Collet, sur les mêmes lois,, et Bou tarie , à l'endroit déjà cité , enseignent que le propriétaire ne le peut pas sans le consentement des voisins \ et que même , lorsqu'on est obligé de le faire pour travailler aux réparations, il faut, aussitôt qu'elles sont achevées , rétablir la chaussée à son premier niveau. Il est donc de la prudence de celui qui forme un étang d'élever tout d'un coup sa chaussée à une hauteur qui puisse lui servir dans tous les cas et dans toutes les occasions.

Il arrive souvent, observe Boutaric, que des étangs sont si voisins les uns des autres, que l'eau de l'étang inférieur touche la chaussée de l'étang supérieur. Dans cette position , le propriétaire de l'étang inférieur est tenu de donner à l'autre la vidange en temps convenable pour la pêche.

Quant à l'étang inférieur, dont les eaux touchent la chaussée de l'étang supérieur, Uevel et Collet distinguent lequel des deux étangs a été établi le premier» Si c'est l'inférieur, disent-ils,- le propriétaire de l'étang supérieur a eu tort de n'avoir, pas pris de justes mesures , et d'avoir tenu sa chaussée si bas. Si, au contraire, l'étang supérieur est le plus ancien , en ce cas l'étang inférieur est tenu des dégradations que les eaux causent à l'étang supérieur : c'est la faute du propriétaire s'il a mal choisi son emplacement et s'il a construit son étang dans un lieu où il pourrait continuellement nuire à ses voisins*

Lorsqu'il n'est pas possible, de, constater lequel des deux étangs a été construit avant l'autre > il semble qu'on ne peut rien faire- de mieux que de suivre la disposition de l'art. 175 de la Coutume d'Orléaùs.

Aux termes .de cette loi , quand l'étang supéiieur est tellement plein d'eau qu'il ne peut se, vider par l'obstacle qu'y apportent les eaux de l'étang inférieur, le maître de celui-ci est tenu, sur la sommation qui lui en est faite, de lever sa bonde dans. 3 jours , quand même il n'y serait pas assujetti, à titre de servitude , pourvu* que ce soit dans la saison convenable pour la pêche.

. Tous les auteurs s'accordent à étendre, cette règle aux Coutumes muettes; cependant le. Répertoire de Jurisprudence, au mot Etang j dont nous tirons ces observations , rapporte une espèce dans laquelle on s'en est écarté. Un jugement du 3i mars 1784, des

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eaux et forêts au Souverain, a confirmé une sentence de la maîtrise de Notera , qui avait débouté le propriétaire d'un étang supérieur de la demande par fui faite pour forcer le maître de l'étang inférieur à lever la bonde de cet étang.

« Les juges, est-il dit dans le Répertoire de Jurisprudence, se sont sans doute déterminés par les opérations et les expériences faites par les experts, lis ont vraisemblablement pensé , d'après ces expériences, que la difficulté de l'écoulement des eaux de l'étang supérieur provenait d'un vice de la construction $ qu'il était trop creusé , ou que le croc de sa bonde n'avait pas une ouverture assez considérable: d'où résultait la difficulté de vider ses eaux; que, pour être dans le cas de l'application de la règle générale , et pouvoir exercer cette espèce de servitude sur l'étang inférieur , il fallait être véritablement dans l'impossibilité de pêcher, par la position même du local et par le refluement des eaux de l'inférieur vers le supérieur. 1»

Revel , à l'endroit déjà cité , observe qQe , a si l'eau d'un étang regorge jusqu'à un chemin, et qu'il en soit inondé, le propriétaire de cet étang peut être contraint d'y bâtir un pont pour la commodité du passage. »

Lorsqu'un étang est possédé par plusieurs, les réparations doivent être faites en commun, et si l'un des copropriétaires s'y refuse , il peut être forcé par les autres , parce qu'il n'est pas juste que sa négligence nuise à ceux-ci. C'est encore une observation de Revel.

L'art. it3 de la Coutume d'Orléans, qui forme à cet égard un droit commun , ne permet de pêcher un étang que par la bonde ; la raison en est que l'évacuation des eaux par un autre endroit causerait, sur les héritages voisins, les plus grands ravages.

L'art. 1 77 de la même Coutume prescrit encore une règle importante pour la pêche des étangs ; il porte que le propriétaire de l'étang supérieur ne peut pas le faire pêcher dans le temps que le propriétaire de l'étang inférieur met le sien en pêche.

La Coutume de Normandie porte que « ceux qui ont nouveaux étangs ou écluses ne peuvent retenir les eaux des fleuves et rivières , qu'elles ne courent continuellement pour k commodité de ceux qui sont au-dessous, à peine de tous dépens, dommages et intérêts. » ( V. à cet égard les mots Cours d'eau, dans le Dictionnaire des forêts, )

Le propriétaire d'un étang peut suivre son poisson , qui a. remonté , par une crue ou un débordement d'eau, jusque dans la fosse ou auge de l'étang supérieur, et il peut faire vider cette fosse dans la huitaine , ie propriétaire de l'étang supérieur étant; présent ou dûment appelé. Mais ce droit de suite cesse à l'égard du poisson qui est remonté jusque dans l'étang supérieur.

Cette dernière disposition est consacrée par l'art. 564 du Code civil, portant que « les pigeons, lapins, poissons qui passent dans un autre colombier, garenne ou étang, appartiennent au propriétaire de ces objets , pourvu qu'ils n'y aient point été attirés par fraude et artifice. »

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Peines contre ceux qui péchant dans Us étangs

a autrui.

L'art, 18 du tit. XXXI de l'ordonnance de 1669 fait défenses à toutes personnes d'aller sur les mares, étangs ou fossés lorsqu'ils sont glacés, de faire 4er trous dans la glace, et d'y porter des flambeaux, brandons ou autres feux, à peine d'être punis comme voleurs.

Mais comme l'ordonnance ne parlait que d'un cas particulier, et ne disait point de quelles peines de» valent être punis ceux qui péchaient dans les étangs, gords et fossés d'autrui , on avait recours aux anciennes ordonnances et Coutumes , dont voici ses dispositions :

L'édit du mois de juillet 1607, art* 7> P01*8* Suivant l'édit de notre très-honoré seigneuret grandoncle le roi François, seront les larrons des garennes et étangs très-rigoureusement châtiés et punis des peines ordonnées contre les autres larrons. (Fontanon , tom. a , p. 343. )

Suivant la Coutume d' Orléans, tit. VIII, art. 1 69 : ce Etangs, fosses et fossés qui sont en front et lieu public , sont défendus à ceux qui n'y ont drok pour y pouvoir liquer. pêcher et prendre poisson par filets, nasses, troubfeaux, é trique ts et autres engins, quels qu'ils soient , à peine d'être punis comme de larcin. »

Suivant les Coutumes de Menetou, chap. V, art. i3j Mantargis,ch£Lo.61 art. 1er.} Trembleny, chap. II , art. 8 , et La Ferté-Imbaut, chap. Y, art* o x a Etangs sont défendus, et qui y pêche doit être puni comme voleur. »

Suivant la Coutume de Nivernais, chap. XVI, art. 3 : oc Si aucun pêche en eaux et rivières banav les , sans le congé du seigneur ou de son fermier, il y a amende arbitraire avec restitution des poissons pour chacune fois, et Outre s'il est trouvé en présent méfait avec les filets et harnois , il y a confiscation des nacelles, filets et harnois, avec ladite amende; et s'il est trouvé outre la troisième fois , il doit être puni comme de furt ; et s'il est trouvé péchant de nuit au feu et étangs et fossés en héritage d'autrui, défendus, et n'y a contravention au contraire, il doit être puni comme de furt ; et quant à ceux qui mettent chaux et autres appâts , ils doivent être «punis selon droit, les ordonnances royaux, et ainsi qu'il appartient. »

Suivant la Coutume de la Sale-sur-IsIe , tit* Ier., art. 95 Vitry, tit. XI, art. lai ; Troyes, tit. X, art. 179; Chaumont, tit. IX, Art. 110; Anjou, tit. X, art. 192; Bordeaux, chap. XII, art. îa \ Nivernais, chap. XVI , art. 3 : « Ceux qui pèchent de jpur dans les étangs, viviers, etc. , appartenant à des particuliers, doivent être condamnés en l'amende de 60 s. tournois, et à restitution du poisson Ïtour la première fois , et puis corporellement pour a seconde. »

Suivant la Coutume du Maine, tit. XI , art. 309 * « Si le sujet pêche les étangs ou défends, rivière* ou ruisseaux défensables de son seigneur , il encourt l'amende de 60 s. mansois; et s'il le fait de nuit, il doit être puni extraordinairement. »

Suivant la même Coutume, tit. X, art. 16a,

ÈTJL

part. IV 9 «t De poisson embléen étang) le larron coutumier de ce faire doit être puni corporellement.»

Suivant les Coutumes de Bretagne , tit. XVIII , art* 390 * et Doudan, tit. XIV, art. 147 : * Nul ne peut pécher es étangs et fossés où il n'a droit, sous peine de punition corporelle. »

Suivant la Coutume d'Êtampes , chap. XV, art. i83 : « Il est loisible à toutes personnes ayant étangs, viviers et fossés, prendre et faire prendre cens qu'ils y trouvent pécher et les mener en prison, pour par les juges être punis comme larrons. »

L'article 388 du Code pénal de 1810 considère, ainsi que Pavaient fait les anciennes Coutumes, l'action de prendre du poisson dans un étang comme un vol et non comme un simple délit.

Il porte la peine de la réclusion contre ceux qui auraient volé des bois dans les ventes, des pierres dans les carrières , et du poisson dans les étangs, viviers ou réservoirs*

Ainsi , ce n'est point devant les tribunaux de police correctionnelle que doit être portée la plainte du propriétaire d'un étang où il aurait été enlevé frauduleusement du poisson ; elle doit être remise au procureur du roi pour procéder à l'information et faire suivre l'affaire au criminel, c'est-à-dire devant la cour d'assises.

ÉTANGS APPARTENANT AU ROI. Autrefois la vente du poisson provenant des étangs apparte* nant au roi se misait dans la même forme que les adjudications des bois, ainsi qu'il psJrait par les anciennes ordonnances recueillies par Saint- Ton* Il fut dans la suite jugé plus à propos d'affermer la

Îêche de 3 ans en 3 ans. Enfin le roi prit le parti e les afféager tous , et les officiers des maîtrises lurent déchargés de ce soin.

^ Aujourd'hui les étangs qui font partie ^e la. liste civile sont administrés par l'intendant du domaine de Sa Majesté. Quant aux- étangs qui se trouvent dans les forêts de l'état, leur mise en ferme appartient à l'Administration des forêts.

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