‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 85 sur 292 · GIB · texte numérisé non relu

GIB

GiB

et vin-visch en hollandais : ce nom lui vient Je la nageoire (jînn ) de son dos , qui s'élève vers sa queue.

Description. — ( V. la PI. îo^fig. 2.) C'est un animal cétacé du genre des vraies baleines , dont la gueule est garnie de barbes au lieu de dents , et la tête pourvue de deux évents. Lorsque la gueule est fermée, sa tête, qui a la forme d'un cône, a presque le tiers de la longueur de tout le corps; ses évents sont fendus en long, et ranimai en rejette GASCÀNEL ou GASCON. Nom vulgaire du Cb-1 des flots d'eau avec plus de violence que la baleine.

antres poissons à chair tendre et de facile décomposition pouvaient également y servir. Aujourd'hui on a perdu le goût de ce mets en Italie ; mais on en fait encore usage en Turquie. Les aubergistes de Constantinople conservent dans du garum les poissons cuits qui ne se consomment pas dans le jour. Il serait à désirer qu'on fît quelques essais pour perfectionner cette méthode, l'ammoniaque paraissant avoir une action conservatrice très-marquée sur les poissons.

ranx-Trachure. V. ces mots.

GASTA. Nom de la sardine dans la langue basque. V. Sardine,

GATTE. Nom qu'on donne à Bordeaux à la Feinte* V. ce mot.

GATTEREàU. On appelle de ce nom f en Aunis , les jeunes feintes ou petites gattes.

GATTORUGINE. Poisson du genre Blennie. V. ce mot.

GAU ov MEULETTB. Nom que les pécheurs donnent à l'estomac des morues»

GAULETTE. Petite gaule , synonyme de volet. Ce sont deux gaules menues et pliantes , auxquelles on arrête le bord du filet nommé Bouteux. V. ce mot.

GAT ou GAI (HARENG-GAY). Se dit du hareng qui a frayé, et qui n'a ni laite ni œufs.

GERLE. On donne ce nom, dans quelques cantons , au spare - mendole , poisson de la Méditerranée. V. Mendole.

GERMON , scomber germo. Poisson qui a été confondu avec le Thon et la Bonite (Y. ces mots), et dont les matelots le distinguent cependant, puis* qu'ils lui ont donné â»8 noms particuliers, tels que ceux de germon-albacouj de longue oreille. Ce poisson, qui a été observé par Commerson dans le grand Océan austral, où il se trouve en grand nombre, p%r vient à 3 ou 4 pieds de long 5 il a 8 ou 9 petites nageoires au-dessus et au-dessous de la queue ; les nageoires pectorales assealongues pour dépasser l'anus; le dos de couleur bleue foncée; le ventre d'un bleu argentin ; un seul rang de dents à chaque mâchoire, dont l'inférieure est plus avancée que la supérieure. Sa chair est très-agréable , et comparable à celle du thon. On prend quelquefois à la ligne de si grandes quantités de ce poisson , que les.matelots en mangent jusqu'à satiété , mais sans en éprouver la plus légère incommodité.

GERMON. On donne aussi ce nom au scombresarda de Bloch. Y. Bonite,

GERRES. Nom vulgaire du spare - smaris sur quelques côtes. V. Smaris.

GIALDER ou HIALDER. Cabanes oui sont seulement garnies de lattes, pour que l'air les traverse. Les pécheurs du Nord y suspendent les poissons qu'ils veulent dessécher.

GIARRET. On nomme ainsi, en Provence, un poisson du genre des spares 9 le Smaris. Y. ce mot.

GIBBAR ou PHY&ALE, balanaphysalus. (Lin.) On l'appelle,/?» -jfacA en anglais et en allemand ,

Ses fanons, ou les barbes de corne de sa gueule, sont placés à sa mâchoire supérieure et frangés à leurs bords } mais leur substance est de couleur bleue : ils sont moins longs que dans la baleine franche : aussi sont - ils moins recherchés des pêcheurs. Les franges de leurs bords s'entortillent comme de grosses cordes. La nageoire de son dos est triangulaire , et s'élève de 3 à 4 pieds , et son sommet 6e recourbe en arrière. Cet -animal a des yeux très-petits, et placés fort bas , vers l'angle des mâchoires ; ses nageoires pectorales ont une forme ovale, et sont longues de plus de 7 pieds. De même que dans tous les cétacés, la nageoire de la queue est placée horizontalement et échancrée en deux lobes. Le dos est d'une couleur brune luisante ; mais le ventre et le dessous de la poitrine ont une blancheur très-vive.

Habitation. ~ Il habite non-seulement dans les mers du nord de l'Europe et de l'Amérique , mais encore dans celles de l'Inde. En 1673, au mois de mars , on en vit au détroit de Gibraltar.

Les pécheurs ont remarqué qu'aussitôt que le gibbar parait dans les parages du Spitzberg , on n'y rencontre plus de baleines franches.

Nourriture. -— Le gibbar vit de maquereaux , de harengs et de petits saumons du Nord.

Qualités.— Le lard de cet animal est peu épais , et son corps , quoique aussi long que celui de la baleine , est bien moins gros ; il n'est guère que le tiers ou même le quart d'une baleine ordinaire du Groenland, et ne fournit qu'environ 10 à 12 tonneaux de graisse. La chair du gibbar a , dit-on , le même goût que celle de l'esturgeon, mais elle est beaucoup plus coriace et plus huileuse ; ce qui n'empêche pas les Groenlandais de la manger avec avidité , aussi bien que la peau et les tendons. Les os même de cet animal servent de poutres pour bâtir les cabanes de ces peuplades sauvages.

Ses fanons bleus sont remplis de nœuds et peu estimés.

Pêche. — C'est un cétacé très-agile et très-fort. Marten rapporte que des pécheurs , ayant harponné un gibbar, furent entraînés tout-à-coup avec leur chaloupe sous des glaçons et y furent noyés. Cet animal devient furieux lorsqu'il est blessé $ sa . fuite est rapide et si soutenue , qu'on a beaucoup de peine à le fatiguer. 11 est dangereux de l'approcher , à cause de ses violons coups de queue et de nageoires, au moyen desquels il extermine les pécheurs, et fait voler leurs barques eu éclats. Sa gueule est aussi très-effrayante , et beaucoup plus grande que celle de la baleine ; néanmoins elle ne peut pas blesser. Y. Baleine.

G1BELE. Poisson du genre cyprin r qu'on pêehe principalement dans Isa tacs du nord de l'Europe , dans les eaux bourbeuses , et qui y réussit mieux ue les autres espèces de poissons. Il fraie à la fin u printemps, et multiplie considérablement ; car on a compté jusqu'à 3oo,OQO œufs dans une seule femelle. U ne devient pas gros , ne pesant pas ordinairement, plus d'une demi-livre. U y a de l'inconvénient à le laisser trop multiplier dans les étants consacrés aux carpes, dont il partage la nourriture sans donner les mêmes produits. Sa chair est ton* dre , peu garnie d'arêtes , et fort saine.

GIBET. Sorte de chevalet de charpente , sur lequel on couche le mât d'un bâtiment pêcheur, quand on est en pêche.

GILLB. Sorte de filet à prendre du poisson , fait en forme de grand épervier, et du double de l'épervier commun : on ne s'en sert qu'en hiver et à rivière haute. L'ordonnance de 1669 en a défendu l'usage par l'art. 10 du rit. XXXI, sous peine de 100 hvres d'amende pour la première fois, et de punitions exemplaires pour la seconde. Y. Engins,

GILIORO. L'un des noms de la raie-oxyringue. V. Raie.

GIRELLB , labrus julis, (Lin.) Poisson du genre labre , que l'on nomme aussi dovelîa sur les côtes de France, et dozella en Italie. Ce poisson (V. la PL 6, fig. 6) ne parvient jamais à la longueur d'un pied : c'est du reste un des plus beaux poissons des mers de l'Europe, et qui a été vanté par les anciens. Il a 9 rayons aiguillonnés et 12 rayons articulés à la dorsale ; les deux dents de devant de la mâchoire supérieure plus grandes que les autres ; une large raie dentelée , longitudinale et d'un blanc jaunâtre de chaque côté du corps ; le plus souvent une raie bleue , étroite et longitudinale en dessous de la raie dentelée ; la caudale arrondie. On le trouve dans la Méditerranée en troupes nombreuses et dans les rochers. Il se nourrit de crustacés et d'oeufs d'autres poissons. C'est au printemps qu'il dépose son frai sur les pierres. Sa chair est tendre, savoureuse et saine ; on le mange frit, et on l'ordonne bouilli aux malades. C'est par erreur qu'Elien et autres l'ont cru vénéneux. On le pêche au filet et à la ligne , à laquelle on attache un morceau de poisson , de coquille ou de crustacé.

GLACE. Dans l'Amérique septentrionale , en Russie, en Suède, etc., on fait des trous à la glace, et on introduit dans l'eau qui est au-dessous des filets et des haims, avec lesquels on prend beaucoup de poissons. Y. Pèche»

L'ordonnance de 1 669 , tit. XXXI , art. 1 8 , défend de rompre la glace des étangs, mares et fossés, pour y prendre du poisson, à peine d'être puni comme voleur. Y. Etang*

GLAL Herbier de glaïeuls , qui forme des espèces d'Iles dans les étangs.

GLAIVE. Nom vulgaire d'un poisson, Y Espadon, V. ce mot.

GLAN1S, silurus glanis, (Lin.) Poisson du genre des silure» , qu'on nomme aux environs de Strasbourg lotte de Hongrie ; en Italie, hamhaj en Hongrie , hardschaj à Constantinople , glano $ en

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Autriche , schaden ; en Allemagne, wels ou voiler; en Hollande, meervalf en Angleterre, the seatfisch.

Histoire.— Le glanis eut peu de faveur dans l'opinion des Grecs , si même il en fut bien connu ; car la description qu'Aristote a faite de ce silure est si incomplète, qu'il n'est pas possible d'indiquer avec certitude l'espèce dont il a voulu parler. Il hit mieux connu des Romains ; mais il ne fut jamais en grande estime en Italie* On croyait qu'il s'attachait aux cadavres et qu'il dévorait quelquefois des hommes. D'auprès cette opinion, justifiée par l'expérience, on s'abstenait d'en manger , ou bien il ne paraissait que sur la table des pauvres* II ne fut pas plu6 estimé dans le moyen âge) cependant on continua de le pécher dans le Danube et le AHesn , dans les lacs de la Moravie, de la Souabe et de la Bavière. Il parait que ce poisson a été exclu. des étangs, en .beaucoup d'endroits, à cause de sa voracité.

Description» — Ce poisson (V. la PL &ifig. 1) est un des plus grands habitans des fleuves et des lacs. On l'a nommé la baleine des eaux douces* Un individu de cette espèce, vu près de LimriU en Poméranie, avait la gueule aasez grande pour qu'on pût y faire entrer un enfant de 6 ou y ans. On trouve dans le Yolga des glanis de 12 ou i5 pieds de longueur* On en prit un dans les environs de Spandau qui pesait i3o livres, et un autre dans l'Oder du poids de 400 livres*

Le glanis a deux barbillons à la mâchoire supérieure , quatre à la mâchoire inférieure ; 5 rayons à la nageoire du dos, 90 à. celle de l'anus; la caudale arrondie ; la tête grosse, et très-aplatie do haut en bas ; le museau très-arrondi par-devant ; la mâchoire inférieure un peu plus avancée que celle d'en haut ; un très-» grand nombre de dents petites et recourbées) quatre os ovales, hérissés de dents aiguës , et situées au fond de la gueule ; l'ouverture de la bouche très-large ; les yeux ronds , saillans , très- écartés l'un de l'autre , et petits par rapport à la grandeur de l'animal; le dos épais j le ventre trèa-gros ; l'anale très - longue ; la ligne latérale droite ; la peau enduite d'une humeur gluante , à laquelle s'attache une assez grande quantité de vase limoneuse) sur laquelle il aime à se reposer ; le premier rayon de chaque pectorale osseux , trèsfort et dentelé sur son bord intérieur ; la couleur générale de son corps d'un vert mêlé de noir , qui s'éclaircit sur les côtés, et encore plus sur la partie inférieure du poisson , et sur lequel sont distribuées des taches noirâtres irrégulières; les pectorales jaunes 1 ainsi que la dorsale et les ventrales , l'extrémité de ces dernières bleuâtre; l'anale et la caudale d'un gris mêlé de jaune , et bordées d'une bande violette* Ce poisson nage avec beaucoup de lenteur, Habitation, — Le glanis habite non - seulement les eaux douces de l'Europe , mais encore celles de l'Asie et de l'Afrique : on ne l'a trouvé que trèsrarement dans la mer. Il est abondant dans le Yolga et dans le Danube , et on en trouve dans le Feder- Sée , lac situé dans la Souabe , à quelques railles de Donaueschingen (source du Danube) , et à 5o lieues de Strasbourg , d'où l'on a apporté plusieurs de ces poissons pour les naturaliser dans l'Alsace. On | en comptait déjà plue de 5oo dans les étangs de

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